La liste des envies de Lisa

Chapitre 8 Dans l'ambulance

by Debby69

Beta LyraParleOr et Cullen15000

Déjà… désolée pour les incohérences… j'suis comptable ;-)

Toute ressemblance (même légère) avec une personne réelle est tout à fait voulue…

-E&B-

PIN PON PIN…. PIN PON PIN…

Non mais c'est pas vrai ! Tu vas te pousser espèce d'abruti ?

Je sais que je ne suis pas aussi rouge qu'une ambulance des pompiers, que ma sirène a un ton de plus… mais je reste un véhicule médical d'intervention d'urgence et tout est dans le titre URGENCE !

Une vie est peut-être en jeu…

Tu crois quoi ?

Que je m'amuse à mettre la sirène et les gyrophares juste pour faire joli ?

Pour imiter le sapin de Noël ?

Ou alors pour rentrer plus vite chez moi ?

Parce que je peux t'assurer mon coco que ce n'est pas le cas.

Depuis dix ans que je travaille pour Forks's Angel Ambulance, je n'ai jamais une seule fois utilisé les "grands moyens" alors que ce n'était pas nécessaire (ce qui, je le déplore, n'était pas forcément le cas de mes collègues).

Bref pour en revenir au moment présent… j'avais sorti le grand jeu… le spectacle "Sons et Lumières" d'exception pour représentation spéciale.

Et pourtant j'étais bloquée derrière une vielle Rabbit rouge toute défoncée - et c'est l'heureuse propriétaire d'un pick-up qui aurait pu appartenir à son arrière-grand-mère qui le dit.

Le chauffeur de la Rabbit - qui ne comprenait pas que la politesse - en plus du code de la route, - exigeait qu'il se pousse, se décale, se range sur la droite afin de me laisser passer, persistait à rouler au milieu de la route, pile sur la ligne blanche. Il aurait voulu volontairement me ralentir il ne s'y serait pas pris autrement.

J'vous jure… parfois les gens méritaient juste une bonne claque… Ils n'avaient pas dû en recevoir assez quand ils étaient petits… Attention… Mes parents n'étaient pas violents (loin de là)… mais ils m'avaient appris à respecter les règles… et oui… certains messages passaient mieux avec une bonne fessée.

J'étais sur le point de pousser moi-même la Rabbit sur le côté quand elle décida enfin de se ranger sur le bas-côté.

Miracle !

Profitant de la voie nouvellement libérée devant moi pour accélérer, je passai en moins de 4 secondes des 55 km/h auxquels j'avais été contrainte en étant bloquée derrière l'épave ambulante, à plus de 140 km/h. Je ne pouvais pas rouler plus vite, sous le déluge qui s'abattait sur la région depuis le matin, la route étroite et sinueuse qui reliait Forks à La Push ne me le permettrait pas. En tout cas, pas sans risquer de nous envoyer dans le décor et là c'est nous qui aurions eu besoin d'une ambulance.

Dans le genre, c'était assez… contre-productif…

Après une dizaine de minutes, j'arrivai enfin à La Push, heureusement que je connaissais assez bien la réserve : je mettrai moins de temps à trouver la rue que mon jeune collègue - encore en formation - à régler le GPS.

"Adresse ?"

Je sais… j'étais un peu sèche mais j'étais en mode professionnel… le mode "sauvons des vies…"

"Euh… quoi ?"

Seigneur… donnez-moi la patience parce si vous me donnez la force, je vais l'éclater…

Parfois ce gars n'était vraiment pas une lumière...

Je pris une longue inspiration... Ce n'était pas de la faute de Jasper si le conducteur de la Rabbit avait eu raison du peu de patience qu'il me restait...

J'étais assez fatiguée, plutôt que de faire la sieste avant mon service de nuit, je m'étais perdue dans les pages d'un livre passionnant... Et comble de la frustration... Je n'avais pas eu le temps de lire les 5 derniers chapitres avant que la merveilleuse voix de Robert Pattinson, qui accessoirement me servait de réveil, vienne m'apprendre qu'il était bientôt l'heure de partir travailler.

"L'adresse Jasper ! L'intervention ! Notre blessé se trouve à quelle adresse ?"

"Ah oui…" du coin de l'œil je le vis fouiller dans les notes du dossier qu'il avait écrites sur le trajet… "la voilà… Sur River Drive… pas de numéro…"

Rien d'étonnant à l'absence de numéro… la rue était toute petite même pas une dizaine de maisons.

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'arrêtai mon ambulance devant l'immense grizzli dressé sur ses pattes arrières, qui agitait ses membres supérieurs pour me faire signe… enfin c'est l'impression que j'avais… La rue était sombre et avec la pluie qui tombait sans discontinuer depuis le matin, ce n'était pas facile à dire.

Après avoir coupé le contact et la sirène - en laissant les gyrophares clignoter - je remontai ma capuche tout en attrapant le sac à dos de premiers secours, puis j'ouvris ma portière et sautai à terre. Je me dirigeai aussitôt vers le grizzli, qui à la lumière des phares s'avérait ne pas être un grizzli mais simplement une montagne de muscles, une sorte d'Hercule sans jupette mais en tenue de sport.

"Je suppose que c'est vous qui nous avez appelé ?"

"Oui… je… c'est pas pour moi…"

Non sérieux ? Heureusement que tu me le dis Hercule... J'm'en serais jamais doutée...

"C'est… c'est mon petit frère… il… il..."

Finalement Hercule n'avait peut-être pas besoin d'une ambulance mais un petit calmant ne lui ferait sûrement pas de mal…

"Calmez-vous monsieur… et dites-moi ce qu'il s'est passé…"

J'adoptai une voix plus douce, Hercule me semblait bien assez paniqué sans que j'en rajoute une couche.

"Je… on jouait au basket… avec des amis… et… je sais pas… il y a eu un choc… et mon frère est tombé… violemment… je crois qu'il s'est cogné la tête… il est inconscient… quand… quand je lui parle… ses paupières… elles papillonnent… mais il répond pas…"

"Sûrement une commotion cérébrale… " murmurai-je, plus pour moi-même que pour Hercule. "Où est-il ?"

"Là-bas" me répondit Hercule en montrant l'endroit où se trouvait le vieux terrain de basket qui donnait sur le port.

"On a pas voulu le bouger…"

"Très bien… allons-y…" Puis je me tournai vers Jasper et j'ajoutai :

"Prends déjà la planche, la grande trousse et rejoins-moi."

Sans attendre de réponse, je partis en courant en direction du terrain et donc du blessé. Il avait été mis en PLS au milieu du terrain. Cinq personnes - toutes plus massives les unes que les autres - se tenaient autour de lui, certaines tentaient de le protéger de la pluie à grand renfort de parapluies. Ironique quand on savait que quatre des cinq "Musclor" étaient torses nus…

Une épidémie de pneumonie à prévoir…

Les gars ? Vous ne connaissez pas les T-shirts ? J'en ai en stock dans l'ambulance si vous voulez…

Rapidement je m'accroupis à côté de mon blessé - un jeune homme d'environ 30 ans. Avec son jean, son épais sweat à capuche et son bonnet, il semblait être le seul à avoir choisi sa tenue en fonction de la météo. Je commençai à prendre les constantes de mon patient pour faire mon premier bilan. Son pouls et sa respiration étaient stables - une bonne chose - il n'avait pas l'air de s'être cassé un membre lors de sa chute - autre point positif - seulement il était toujours inconscient.

J'essayai de l'appeler, mais je n'eus pas plus de succès qu'Hercule, ses paupières papillonnèrent mais rien d'autre.

"Depuis combien de temps est-il inconscient ?" demandai-je à la bande de Musclor qui m'entourait.

"Je sais pas… le temps que vous arriviez… plus deux ou trois minutes le temps qu'on appelle les secours… je dirai 20 ou 25 minutes… peut-être plus, une demi-heure…" me répondit celui qui semblait être le chef de cette meute de muscles. "C'est grave ?"

Je me retins de justesse de lever les yeux au ciel… les gens…

"Une perte de conscience même de courte durée est rarement une bonne chose… alors une demi-heure…"

J'entendais encore la voix de mon instructeur qui me répétait sans cesse "Informer les proches, leur dire les faits tels qu'ils sont, sans être alarmiste (un membre de la famille qui panique n'est jamais bon pendant une intervention) ni promettre que tout allait bien se passer (parfois tout ne se passe pas bien…), leur promettre que nous faisons tout ce que nous pouvons, absolument tout ce qui était en notre pouvoir…"

Une nouvelle fois je maudis cette satanée Rabbit et son débile de chauffeur : sans lui nous serions déjà sur la route de l'hôpital.

Jasper arriva avec une partie du matériel juste à ce moment-là. Avec son aide, j'installai le blessé sur la planche et vérifiai de nouveau sa respiration. Ça passait.

"Jasper, donne-moi la minerve."

Rapide et efficace, mon nouveau co-équipier exécuta mes ordres sans se tromper. Finalement sa formation serait peut-être plus facile que ce que j'avais cru quand il avait débarqué à la brigade - son CCA tout neuf sous le bras, tellement neuf le diplôme que l'encre n'avait pas encore fini de sécher - trois mois plus tôt.

D'un geste sûr - acquis après plus de 10 ans sur le terrain - j'attachai la minerve autour du cou du jeune blessé. Profitant de sa nouvelle position j'examinai ses yeux, ses pupilles étaient tellement dilatées que je distinguai à peine une couronne - verte ? - tout autour. Une très légère rétractation à la lumière, c'était un petit signe encourageant.

"Monsieur ! est-ce que vous m'entendez ?"

Toujours pas de réponse.

Je plaçai ma main dans la sienne : "Est-ce que vous pouvez serrer ma main ?"

Rien.

"Jasper… Va chercher le brancard… on l'emmène à l'hôpital…"

Pendant ce temps, j'allumai le moniteur multi-paramétrique puis branchai les diverses électrodes et autres capteurs qui me permettraient d'avoir un regard permanent sur ses constantes.

Je ne pouvais rien faire de plus ici.

Il devait passer un scanner de toute urgence.

Avec l'aide de Jasper, je transférai la victime sur le brancard et je ramassai mon sac de secours puis je me hâtai de guider la civière dans l'ambulance. Montant à l'arrière avec le blessé je lançai les clés à Jasper.

"Je conduis ?" Me demanda mon jeune apprenti.

Non… va me faire un double des clés… et rapporte moi un double moka… (n/nic : non mais ! lève les yeux au ciel)

Je réprimai un bâillement, tout compte fait une bonne dose de caféine ne me ferait pas de mal… mais plus tard… à l'hôpital quand la victime sera entre les mains des urgentistes et Jasper occupé à laver et réapprovisionner l'ambulance.

Je m'offrirai ce petit luxe...

Je m'apprêtais à refermer l'ambulance quand Hercule posa une main aussi grande qu'une raquette de tennis sur la porte pour la retenir.

"Je peux venir ?"

C'était bizarre, je le savais mais je n'aimais pas spécialement avoir un proche de la victime avec moi à l'arrière de l'ambulance. Je ne pouvais rien faire sans qu'il (ou elle) me demande ce que je faisais et pourquoi je le faisais. Et encore je ne préférais pas penser aux parents de tout petits bébés, totalement hystériques, j'en avais transportés beaucoup, plus souvent que je ne l'aurais voulu.

Bref, une nouvelle fois je m'arrangeai pour que personne ne monte.

"Je ne sais pas encore si nous allons être dirigés vers Forks ou Port Angeles... Il serait peut-être plus simple que vous nous suiviez en voiture... Ça vous évitera de vous retrouver coincé à 30 kilomètres minimum de votre véhicule..."

Hercule sembla hésiter une seconde avant de me répondre.

"Bien... Attendez-moi... Juste le temps de prendre ma voiture..."

"Ok... Mais pas plus de deux minutes... On doit vraiment y aller..."

"Je suis garé juste derrière... Je dois juste faire demi-tour..."

Il était déjà en train de courir en direction d'une énorme Jeep blanche.

Cette fois je fermai la porte et m'adressai à Jasper.

"Tu attends deux minutes que le frère monte en voiture puis tu y vas... Tu roules aussi vite que tu peux sans te prendre pour Fangio... Je te dirai avant qu'on ait atteint la route principale si on retourne sur Forks ou si on va sur Port Angeles..."

C'était la première fois que je lui laissais le volant pendant une intervention. Jusqu'à maintenant nous n'avions eu que des blessés légers (entorses ou autres petits bobos). Le plus souvent nous avions fait du transfert de malades de Forks à Port Angeles (parfois jusqu'à Seattle) nous faisions également de l'accompagnement de personnes âgées ou à mobilité réduite pour leurs rendez-vous médicaux. Dans ces cas-là je me contentais de prendre le volant de répondre aux questions de Jasper quand il avait un doute sur le protocole ou la marche à suivre mais là nous avions un vrai "cas", avec un patient dans un état pas critique mais préoccupant, je préférais donc être avec lui à l'arrière.

Après m'être assurée une nouvelle fois que le brancard était correctement arrimé, je décrochai la radio et appelai le PC.

"Central ici 98-Charly" m'annonçai-je.

"98-Charly… j'vous écoute…"

"Jeune homme, environ 30 ans, inconscient après une chute pendant un match de basket… bonnes constantes mais pupilles dilatées et très peu réactives… inconscience de plus de 30 minutes… Un scanner sera sûrement nécessaire… il y a de place à l'hôpital de Forks ou on va directement jusqu'à Port Angeles ?"

"J'vous mets en attente 98-Charly"

Deux ou trois minutes de silence puis un grésillement m'apprit que le standard allait reprendre la ligne.

"Le scanner de l'hôpital de Forks est surchargé… Aller à Port Angeles sera plus rapide…."

"Bien reçu Central… 98-Charly terminé."

Je reposai la radio et prévins Jasper de notre nouvelle destination.

"Jasper... Tu prends à gauche sur l'avenue principale. On va à Port Angeles... Si tu ne te souviens pas de la route pour l'hôpital : tous les hôpitaux du coin sont préprogrammés dans les GPS des ambulances de la compagnie..."

Sur ces indications je laissai mon collègue se débrouiller tout seul pour nous conduire à l'hôpital. Je dis une rapide prière pour que le crétin à la Rabbit rouge soit rentré chez lui ou ailleurs tant que ce n'était pas au milieu de notre route.

Étant maintenant à l'abri dans l'ambulance, je détachai mon énorme parka réglementaire et la laissai tomber sur le siège derrière moi.

Ouf... J'étais déjà plus libre de mes mouvements. Et surtout j'avais moins chaud.

Je jetai un rapide coup d'œil aux constantes de mon patient : toujours stables.

Le nouvel éclairage me permit pour la première fois de l'observer correctement, même couché je pouvais voir qu'il était grand, très grand, bien plus que moi.

Même s'il était moins massif qu'Hercule et la bande à Musclor, il me semblait plus que convenablement musclé.

Juste comme j'aimais...

Hé ! Cerveau là-haut... Ce n'est pas le moment !

Je continuai mon rapide examen pas du tout clinique...

Il portait des baskets neuves, jean mouillé qui lui collait à la peau.

Je mis bien une bonne minute à convaincre mon cerveau que ce n'était toujours pas le moment de regarder (ok ,fixer) une certaine partie (merveilleusement mise à son avantage par le denim devenu moulant) du corps d'un patient inconscient - d'ailleurs… petit mail pour le cerveau : on ne reluque pas les patients… qu'ils soient ou non inconscients… on est PROFESSIONNEL !

Il portait un sweat à capuche soit noir, soit bleu marine à moins qu'il ne soit gris foncé, le tissu était totalement détrempé, ce n'était pas facile d'en définir la couleur.

Sa tête était tellement enfoncée dans son bonnet en acrylique que même sa chute et les soins ne l'avaient pas fait bouger d'un millimètre (enfin je crois... Je ne l'avais pas vu avant sa chute).

Dans un coin de ma tête je notai à quel point il était mignon... Physiquement c'était tout à fait le genre d'homme qui pouvait me faire craquer.

STOP ! On ne reluque pas les patients !

Je repassai aussi vite que possible en mode pro...

Il était trempé de la tête aux pieds et même si nous étions à l'abri de la pluie dans une ambulance dont le chauffage était poussé au maximum, le risque que le patient attrape une pneumonie ou tombe en hypothermie était toujours là. Me hissant sur la pointe des pieds j'ouvris le placard de l'autre côté du brancard et en ressortis la couverture chauffante pour l'étaler rapidement sur le corps allongé devant moi.

Je m'installai sur mon siège à côté de la civière tout en gardant un oeil sur le moniteur, guettant le moindre changement.

Rien.

Nous venions de tourner sur la route principale quand j'eus l'impression que mon patient reprenait peu à peu conscience. D'abord un grondement, presqu'un grognement, qui s'échappait de sa poitrine puis ses paupières qui luttaient pour s'ouvrir.

Aussitôt, j'étais debout et examinai ses yeux.

Sans avoir repris une taille normale, ses pupilles étaient beaucoup moins dilatées. Et sans vouloir me montrer trop optimiste c'était vraiment un très bon signe. Tout comme le fait qu'il essayait parler, même si pour l'instant ça ne ressemblait pas à grand-chose.

"Monsieur ? Est ce que vous m'entendez ?"

Nouveau grognement, je glissai une main sous la couverture et posai mes doigts sur les siens.

"Est-ce que vous pouvez serrer ma main Monsieur ? Si vous me comprenez essayez de serrer mes doigts..."

J'attendais quelques secondes et juste au moment où j'allais retirer ma main, je sentis ses doigts bouger contrer les miens. C'était léger mais c'était là.

Tout comme la petite décharge qui remonta lentement le long de mon bras, jusqu'à venir exploser à la base de mon crâne...

"Monsieur... Est-ce que vous m'entendez ?"

Après plusieurs minutes passées à l'écouter grogner, j'entendis enfin quelque chose qui ressemblait à un mot... Enfin si on veut...

"Aïe"

Mot qu'il répéta plusieurs fois - comme le fait un jeune bébé une fois qu'il a réussi à dire son premier "maman" il le redit... Encore et encore... (n/Nic : pour le plus grand bonheur de la jeune Maman ^ ^ )

"Je sais que c'est dur mais est-ce que vous pouvez ouvrir les yeux ?"

Je vis mon patient lutter puis finalement réussir à garder les yeux ouverts.

"Aïe... Ma... Tête..."

Bien.

Visiblement, il connaissait d'autres mots.

Il devenait de plus en plus lucide, c'était très bien, maintenant je devais vérifier s'il se souvenait de l'accident et surtout s'il était cohérent. Le contraire pouvait indiquer des séquelles neurologiques, plus ou moins graves.

"Monsieur... Est-ce que vous pouvez me donner votre nom ? Pouvez-vous me dire comment vous vous appelez ?"

"Ma tête..."

J'étais sûre à 99% que ce n'était ni son prénom ni son nom de famille...

"Mal..."

"Je sais... Je vais vous donner quelque chose... Savez-vous si vous êtes allergique à certains produits ?"

"Crois pas..."

"Bien... Je vais vous injecter une dose de morphine..."

A nouveau, je fouillai dans les placards à la recherche de ce que j'appelais les "stylos magiques", des doses de morphine à injection rapide, sans aiguille...

Idéal pour les transports en ambulance (allez piquer une veine du premier coup quand vous êtes secoué comme un prunier dans un véhicule qui fonce à 150 km/h), pour les enfants ou pour les bélénophobes.

Je dégageai son avant-bras et pressai rapidement la détente du stylo.

"Voilà... Ça devrait vite calmer vos douleurs..."

Je repris alors mon examen.

"Maintenant... Pouvez-vous me dire votre nom ?

Il émit une sorte de grognement avant de me répondre:

"Edward Masen... Ou alors c'est Cullen maintenant... Ou les deux..."

Pas très clair tout ça... Je me contenterai d'Edward... Un peu vieillot mais vraiment charmant comme son propriétaire. Charmant le proprio pas "vieillot"... Pas confondre...

"Vous vous souvenez de ce qu'il s'est passé ?"

"Pas vraiment..."

Rien d'étonnant après une chute avec perte de conscience.

"Est-ce que vous savez où vous êtes ?"

Je le vis regarder autour de nous - enfin autant qu'il pût en étant couché et minervé (NdA : si ça existe... Dans le Grand Robert) sur le brancard - avant de poser ses yeux verts sur moi.

La partie de mon cerveau - celle qui était sensée être en veille pendant que j'étais au travail - remarqua aussitôt à quel point son regard était intense et troublant.

"Au paradis..."

Pas bon ça...

Je craignais que sa chute ait de lourdes conséquences, il avait l'air d'être assez confus.

"Non Edward… vous avez fait une chute… vous êtes dans une ambulance" le rectifiai-je.

"Mais si... Je suis au paradis... Je vois un ange..." Affirma Edward en me fixant.

"Il y a pas d'ange ici Edward... Il n'y a que moi et Jasper qui conduit..."

"Si vous... Vous êtes un ange... Mon ange...Rien qu'à moi..." M'apprit-il avec un sourire sur les lèvres.

"Je ne suis pas un ange... Je suis secouriste-ambulancière..."

"Alors pourquoi vous avez des ailes ? Il n'y a que les anges qui ont des ailes ? Les anges et les oiseaux..." Edward fit une petite pause avant d'ajouter sur le ton de la confidence : "Et vous n'êtes pas un oiseau... Vous n'avez pas de plume... Juste des ailes..."

Il commençait à me perdre dans son délire...

"Je n'ai pas d'ailes Edward... Regardez..." J'agitai mes mains devant son visage. "Vous voyez… j'ai deux mains, chacune accrochée à un bras comme n'importe quel humain mais pas d'ailes…"

"Pourtant j'en vois une jolie paire là…" m'affirma-t-il en fixant ma poitrine.

J'hallucine… Il était en train de mater mes seins !

Il avait beau être mignon - plus que mignon pour être honnête… Carrément sexy même - ça ne se faisait pas. Dixit celle qui a bloquée sur le jean mouillé et moulant me rappela mon cerveau. Ouais… ben c'est pas pareil…

Voilà que je commençai à me disputer avec moi même…

Hésitant entre être gênée et être furax, je croisai fermement les bras devant moi pour soustraire ma poitrine à son regard.

J'inspirai profondément, hurler sur un patient commotionné ça le faisait pas.

"Je ne suis pas votre ange... Ni celui de personne..." Affirmai-je.

"Je maintiens que vous êtes un ange... Mon Ange Swan... Avec sa jolie paire d'ailes... Si c'est pas un signe ça !" (NdA: Swan veut dire Cygne) (n/Nic : ouais ...tu pousses un peu là non ? excès de morphine toi aussi Debby ? )(NdA: Oui j'ai piqué la perf à papy ;-) )

Mais qu'est-ce qu'il racontait ?

La morphine le faisait bien délirer...

Ou le choc qu'il avait reçu à la tête avait été plus violent que je ne le pensais...

Je reviendrai sur le délire de l'ange plus tard... Fallait que je finisse mon bilan.

Je plaçai ma main à une trentaine de centimètres de son visage et lui demandai :

"Vous voyez combien de doigts ?"

"De jolis doigts..."

Je soupirai... J'avais pas l'impression d'être en face de quelqu'un de coopératif...

"Edward... Je ne vous demande pas comment ils sont mais combien... Faites un effort..."

À son tour il soupira et me fit une petite moue qui, dans d'autres circonstances, m'aurait fait fondre...

"Pour Mon Ange Swan, j'veux bien faire un effort... Alors il y a un, deux, trois jolis petit doigts... J'ai tout bon ?"

Seigneur... Donne-moi la patience... Parce que sinon... Je ne réponds plus de moi... Surtout s'il continue comme ça... A être si exaspérant-mignon-et-sexy...

"C'est bien... Suivez mon doigt."

Il obéit sans difficulté.

Il avait l'air d'aller plutôt bien... Enfin si on mettait de côté son délire sur le fait que je sois un ange avec des ailes...

"Vous avez bientôt fini ? J'ai envie de dormir..."

"Il ne faut pas... Vous vous êtes cogné la tête... Vous devez rester lucide..." Il bailla me semblant sur le point de s'endormir.

"Edward... Vous devez rester avec moi... Restez concentré..."

"Maaaiiiisssss euh... Je suis si fatigué"

Retour de la moue qui tue... Puissance 10...

"Allez Edward... Faites un effort... Pour moi..."

"Pour mon ange j'vais faire un effort..."

"C'est bien... Mais aidez-moi... Distrayez-moi..."

Le distraire ? Comment j'étais censée le distraire ? (N/Nic : J'ai bien quelques idées lol)

"J'ai rencontré votre frère…"

"Emmett ?"

"Possible… un grand tas de muscle… j'l'ai renommé Hercule… mais va pour Emmett…"

Edward émit un gloussement pas du tout viril qui faillit me faire exploser de rire.

"Ouais… Hercule ça me plaît…. j'vais l'appeler comme ça maintenant…"

"Je suis pas sûre qu'il apprécie l'attention…"

"Mais justement c'est le but… Il arrêtera peut-être de m'appeler Eddy-chou…"

"Eddy-chou… C'est mignon comme tout…" Gloussai-je.

"Ouais… c'est mignon… quand on a 5 ans… pas à plus de trente ans…"

"C'est vrai… c'est pas très viril" concédai-je. "Et comment voulez-vous qu'on vous surnomme ? Rambo ? ou Rocky ?"

Il y avait un truc chez Edward qui me plaisait - vraiment - qui me faisait me sentir à l'aise et qui je dois bien l'avouer m'attirait d'une façon pas du tout appropriée. Enfin pas pour une ambulancière face à son patient.

Le traître qui me servait de cerveau choisit ce moment pour me faire remarquer que nous venions d'entrer dans Port Angeles, il en profita même pour me rappeler que d'ici quelques minutes Edward ne serait officiellement plus mon patient… Alors… il y aurait plus de barrières, plus d'éthique… plus rien entre nous…

"Edward… ça me suffit… en plus j'adore la façon dont mon prénom glisse entre vos lèvres… c'est assez sexy… très même..."

Pas besoin de vérifier dans un miroir, je savais que j'étais passée de mon blanc pâle naturel à une jolie teinte carmin.

"Euh… ben… je…"

Je bafouillai, mais qu'est-ce que j'étais censée répondre à un homme que je connaissais à peine - environ une heure dont la moitié inconscient - quand il me dit que ma façon de l'appeler est sexy ?

"J'peux vous poser une question ?"

J'étais heureuse qu'il change lui même de sujet.

"C'est ce que vous venez de faire… mais allez y… vous pouvez recommencer…."

"Est-ce que vous êtes célibataire ?"

Hein ? Quoi ? Comment ? Qui ? Moi ?

Pourquoi il voulait savoir ça d'abord ?

C'est… c'est personnel…

Comme je ne répondais pas, Edward reprit.

"J'vais être honnête… vous êtes belle… et vous me plaisez… vraiment beaucoup... et je sais que je ne vous laisse pas indifférente... j'vous plais... Et je sais que tout les deux... ça serait une belle histoire... »

« Euh... je... »

J'étais partagée.

Une partie de mon cerveau (l'aventurière) était là, à me crier : Vas-y ! Tu es célibataire... ce gars est trop canon pour le laisser passer. Il a peut-être raison... ça pourrait marcher... donner quelque chose de vraiment bien et pourquoi pas sur du long terme. Et au pire tu auras passé d'agréables moments avec le mec le plus sexy de la planète.

Et l'autre partie de mon cerveau (la raisonnable) qui me répétait : Fais attention... si tu es seule c'est parce que tu as bonne raison... tu te consacres et c'est très bien comme ça... pas de soucis... pas de complications et pas de cœur brisé. Et pis si ça se trouve ce gars est un psychopathe... ou alors c'est la morphine qui parle (ou sa commotion cérébrale)... Il est peut-être déjà en couple... pire... marié ! avec des enfants !

Je devais reconnaître qu'une certaine partie criait plus fort que l'autre.

"Approchez… j'veux vous dire un secret…"

Je m'inclinai de façon à ce que mon visage ne soit plus qu'à une dizaine de centimètres du sien.

"J'vous promets que je saurai vous rendre heureuse"

Puis sans prévenir, je sentis sa main venir se plaquer à la base de mon cou pour m'inciter à m'approcher encore plus près et avant que je réalise totalement ce qu'il était en train de faire ses lèvres étaient sur les miennes.

Le temps semblait s'être figé.

Son baiser fut à la fois extrêmement court et extrêmement long. J'avais perdu la notion du temps. Une minute, dix minutes, une heure… aucune idée.

Ce n'est qu'en sentant sa langue essayer de forcer le passage entre mes lèvres que je repris contact avec la réalité et me redressai d'un bond.

Edward me regardait avec ses grands yeux pétillants et un petit sourire en coin. Sourire qui à lui seul pouvait être tenu pour responsable de la fonte de calotte glacière.

Mais qu'est-ce qui s'était passé ? Qu'est-ce qu'il lui était passé par la tête ? Comment je devais réagir ?

Parce que soyons honnête tout aussi "innocent et inattendu" qu'il soit ce baiser ne m'avait pas laissée indifférente.

Loin de là.

J'avais l'impression d'avoir fondu de l'intérieur et une chose était sûre… je n'avais jamais été embrassée comme ça.

Edward me souriait toujours et je ne savais toujours pas quoi dire.

Mais heureusement je fus sauvée par le gong.

Enfin... par l'arrêt de l'ambulance et l'ouverture des portes arrières.

Ce brusque changement d'ambiance me remit aussitôt en mode professionnel.

Du bout du pied, j'enlevai la sécurité puis aidai les brancardiers à sortir la civière de l'ambulance.

« Qu'est-ce qu'on a ? » me demanda un homme sur ma gauche, un grand brun d'âge moyen, sûrement un urgentiste.

« Homme, la trentaine, trente à quarante minutes d'inconscience après une chute de sa hauteur, a repris conscience dans l'ambulance. Il a reçu une dose de morphine. Lucide et cohérent, il parle et répond aux ordres tests mais présente des petits signes de délire... peut-être à cause de la morphine... il me prend pour un ange… Son frère nous suivait en voiture… il ne devrait pas tarder.»

Je continuai à faire mon bilan alors qu'on transférait Edward dans une salle d'examen.

Edward, qui était maintenant installé sur un lit en trauma 3, subissait une nouvelle série de tests. Il était entre de bonnes mains, j'allais pouvoir retourner à mes obligations (dossiers et remplissage de l'ambulance) puis prévenir le central et rentrer sur Forks. Avec un peu de chance le reste de la nuit sera assez calme.

Pas sûre de survivre avec un second patient comme Edward.

J'étais sur le point de franchir la porte avec mon brancard vide quand la voix d'Edward me fit m'arrêter net.

« Hey mon ange... ne partez pas... »

Je me retournai et le regardai, il avait toujours la minerve mais la tête de lit était légèrement redressée, une petite dizaine de personnes tournaient dans tous les sens autour du lit, reprenant encore et toujours les mêmes constantes, je vis même une infirmière lui poser une perf' dans le bras gauche, sûrement pour lui donner plus de morphine.

« J'ai fini mon travail Edward... vous êtes entre de bonnes mains... »

« Si je dois rester avec vous... vous devez rester avec moi... ça me paraît juste non... »

« Pendant que les médecins vous examinent, je vais voir si je trouve votre frère et lui donner de vos nouvelles... je passerai vous voir avant de partir... promis... »

« D'accord » Il me fit un sourire digne d'un gosse le matin de Noël. « A bientôt mon ange... »

Je quittai la salle d'urgence et retrouvai Jasper au comptoir des infirmières. Étant la chef, je décidai – à l'unanimité de mes voix plus une – que c'était au tour de Jasper de laver et remplir l'ambulance.

Tel un gentil petit Padawan, Jasper obtempéra sans discuter. Immobile, je le regardai s'éloigner avec le brancard vide.

Je poussai une sorte de soupir-bâillement, cette intervention avait été mentalement épuisante, j'avais largement mérité ma dose de caféine.

Je me retournai pour aller vers le distributeur de la salle d'attente et me cognai contre Hercule, enfin Emmett, le frère d'Edward, qui heureusement me rattrapa par le bras avant que je me retrouve assisse par terre.

« J'vous cherchais... comment va mon frère ? »

« Je... moi aussi... heu... il semble aller bien... il a repris connaissance... les médecins l'examinent, il va sûrement passer un scanner... ils se prononceront quand ils auront les résultats... vous devriez allez en salle d'attente... c'est là qu'ils vous chercheront... et profitez-en pour prévenir sa femme et votre famille... »

Hercule/Emmett paru étonné et haussa un sourcil.

« Il n'a pas de femme... ou alors il s'est marié sans nous le dire... et si c'est le cas... dites aux docs d'arrêter de le soigner... c'est inutile notre mère va le tuer pour avoir osé faire une telle chose... » Il me fit une légère grimace et ajouta : « Mais vous avez raison... je devrais appeler à la maison sinon c'est moi que maman Cullen va tuer... pour ne pas l'avoir prévenue... »

Entendre Emmett parler de sa mère me fit penser à quelque chose qu'Edward avait dit et qui me chiffonnait.

« Donc c'est Edward Cullen ? En reprenant conscience, il était un peu confus... et il a hésité entre Masen et Cullen »

« Ouais » Soupira Emmett... « Biologiquement parlant Edward n'est pas mon frère... c'est mon cousin... nos mères étaient sœurs jumelles... il est né Masen... c'est le nom qu'il a porté pendant plus de 15 ans... jusqu'à ce que mes parents l'adoptent un peu après la mort de ses parents... il est alors devenu un Cullen... mais même après tout ce temps, il a du mal à s'y faire... »

Oh...

Il avait perdu ses deux parents à 15 ans... c'est vraiment jeune... je n'imaginais pas ma vie sans Charlie ou Renée... Ma mère vivait de l'autre côté des USA et je trouvais ça horriblement loin et pourtant nous nous parlions au moins une fois par semaine au téléphone et j'essayais d'aller à Jacksonville aussi souvent que possible – dès que j'avais quatre ou cinq jours de repos consécutifs – je ne voulais pas penser à ce que ce serait de ne plus jamais les voir.

« Bon... j'vais prévenir mes parents... on se reverra plus tard ? » me demanda-t-il en sortant son téléphone.

« Oui... j'ai dit à votre frère que je passerai lui dire au revoir avant de partir. »

Sans rien ajouter de plus qu'un léger signe de tête Emmett me laissa de nouveau seule.

La suite du programme ?

Ah oui... café...

Telle une automate je me dirigeai vers le distributeur, je sélectionnai un double moka avec supplément lait et sucre puis attendis que la machine me serve mon précieux breuvage.

Ma dose de caféine dans les mains, j'allai m'installer sur un des nombreux sièges inconfortables qui meublaient la salle d'attente. Machinalement je tournai la tête vers l'écran de télé qui tournai en boucle... chouette... une redif d'une série Allemande – « Le Destin de Lisa » – rapidement je me laissa prendre au piège et commençai à espérer que David (NdA : J'ai hésité à remplacer par Rob ;-) ) ouvre enfin les yeux et se rende compte qu'il était irrévocablement et inconditionnellement amoureux de Lisa.

Dieu merci pour mon cerveau, Jasper revint à ce moment et me sortit de cette spirale infernale avant que je ne devienne complètement accro.

« L'ambulance est propre et j'ai fait le plein de matos... » m'apprit-il en souriant.

« C'est bien... on est en stand-by... tu peux... aller te dégourdir les jambes... boire un café... faire une sieste... mais tu restes dans les parages... »

« Oui chef... Bien chef... » me répondit-il en effectuant un semblant de salut militaire.

L'insolent.

Je sortis mon téléphone et après avoir vérifié mes mails, j'ouvris l'application eBook, j'allai peut-être réussir à finir le livre commencé dans l'après-midi. C'était pas très professionnel mais c'était toujours mieux qu'une nouvelle plongée dans les tréfonds du monde Berlinois.

Comme cet après midi, je me laissai happer avec plaisir par mes personnages. J'avais lu deux des trois chapitres qui me restaient quand le médecin et Emmett arrivèrent au même moment dans la salle d'attente.

« La famille Cullen ? » demanda le docteur.

Automatiquement, je me levai alors qu'Emmett s'approchait.

« Monsieur Cullen va bien... le scanner n'a révélé aucune lésion permanente... on va tout de même le garder en observation 24 à 48 heures mais il ne devrait pas garder de séquelles. »

« Merci doc... » Emmett relâcha un souffle qu'il devait retenir depuis qu'on avait quitté La Push. « On peut le voir ? »

« Bien sûr... mais une personne à la fois... et ne le fatiguez pas... il a besoin de repos... »

« Comptez sur moi... »

Le médecin nous indiqua la chambre dans laquelle Edward avait été installé après ses examens puis il repartit. Sans doute pour s'occuper d'autre patient.

Sans que je comprenne pourquoi Emmett se tourna vers moi et me demanda :

« Ça vous dérange si je passe le premier ? »

« Euh... allez-y... c'est votre frère... »

Même si une part de moi était pressée de le revoir, j'avais conscience de n'être qu'une vague connaissance. L'ambulancière de garde le jour de sa chute. D'ici quelque temps il m'aura complètement oubliée.

Et sans que je sache pourquoi cette idée me rendait malade. Je voulais qu'Edward se souvienne de moi, comme je me souviendrai de lui... c'était le seul patient à m'avoir embrassée comme il l'avait fait lors d'une intervention.

Sans compter qu'il était sacrément sexy.

Je réalisai alors que j'avais envie de le revoir.

« Mon frère demande à voir son ange... »

Je fis un bond de quinze centimètres avant de me lever et de regarder Emmett qui revenait dans la salle d'attente.

« Et vu la belle paire d'ailes que vous avez là, je suppose que vous êtes son ange. »

Je rêve ou le frère d'Edward avait aussi reluqué mes seins en parlant des ailes de l'ange ?

Machinalement, je baissai la tête et regardai ma poitrine.

Les nouveaux T-shirts...

Sacrée Alice !

Notre nouvelle dispatcheuse avait voulu donner un coup de neuf au logo de l'emprise et maintenant je me retrouvai avec deux belles ailes blanches qui entouraient le nom de l'entreprise Forks Angel's Ambulance. Seulement comment j'étais une femme avec une poitrine suffisamment généreuse pour ne pas en avoir honte (je remplissais convenablement mon 95C) je me retrouvai avec une aile dessinée sur chaque sein.

Elle allait me le payer...

Je ne savais pas encore comment, mais comme on dit : la vengeance est un plat qui se mange froid.

« Euh oui... je crois aussi que c'est moi… Je vais aller voir comment il va... »

Je me dirigeai vers la chambre qu'Emmett venait de quitter en pensant qu'au fond... tout s'expliquait... Maintenant je comprenais pourquoi Edward n'arrêtait pas de m'appeler son ange... et surtout pourquoi il avait fixé ma poitrine en parlant de ma paire d'ailes...

Finalement Edward n'hallucinait pas tant que ça.

J'étais sur le point de passer la porte quand Emmett me rappela :

« Vous savez pourquoi mon frère m'appelle Hercule ? »

Il l'avait vraiment fait.

« Euh... non... je ne sais pas... » pouffai-je avant de rapidement filer en direction de la chambre.

Si Edward ne lui avait pas dit que c'était le surnom que je lui avait donné avant de savoir son prénom, ce n'était pas moi qui allait le faire.

Je trouvai facilement le chambre 62.

Je donnai un coup bref sur la porte avant d'entrer. Je m'avançai lentement dans la chambre, on ne sait jamais, s'il s'était endormi je ne voulais pas le réveiller. Je savais d'expérience que les infirmières se feraient un devoir – et un plaisir – de le faire toute les heures jusqu'à demain matin.

« Revoilà mon ange »

Maintenant que je savais pourquoi il m'appelait comme ça, ça me mettait un peu moins sur les nerfs. Et une part de moi trouvait même ça mignon.

Je relevai la tête et faillis exploser de rire en le voyant.

Il était allongé sur son lit, les couvertures remontées jusqu'à la taille, les médecins l'avaient débarrassé de sa minerve et de son bonnet – je notai au passage que ses cheveux avaient une jolie teinte brune avec des reflets cuivrés, il était vraiment canon – mais surtout ce qui avait failli causer ma perte était sa tenue.

Ou plutôt son manque de tenue.

Après tout, ses vêtements étaient trempés, alors rester habillé comme ça n'aurait pas été bon pour sa santé alors à la place, il portait pour seul – et unique ? – habit l'infâme blouse aux couleurs de l'hôpital – ici un mélange entre le bleu et le vert... du blert ? – vous savez... celle ouverte dans le dos et qui ne laissait aucun doute quand à la couleur de vos sous-vêtements.

Et pourtant même avec cette blouse, Edward arrivait à être sexy... elle lui allait bien...

Je rougis en pensant au fait que j'aimerais bien le voir marcher devant moi... pour que je puisse vérifier s'il était plutôt boxer ou caleçon... à moins qu'il m'achève en se baladant en commando...

« Hey... j'ai entendu dire que vous n'aviez rien de grave... c'est une bonne nouvelle... »

« Ouais... juste des micro-fractures à l'endroit où ma tête a tapé le sol mais ça va... » Il me désigna le panneau lumineux. « Vous voulez voir les clichés... il paraît que j'ai un très joli cerveau... »

« Un joli cerveau je ne sais pas... Une jolie tête j'en suis sûre... »

« Je suis content que vous pensiez ça... c'est un pas dans la bonne direction... je vous plais... au moins physiquement... »

Je me cachai derrière mes mains... comme si ça allait m'aider...

« Je n'ai pas dit ça à haute voix... »

« Et si... mais ce n'est pas grave... je pense la même chose mon ange... vous avez vraiment une... jolie... tête... »

De l'index, il me fit signe de m'approcher. Sans même réfléchir, je m'avançai lentement. Il m'indiqua la place vide sur son lit, juste à côté de sa cuisse.

« Asseyez-vous... promis je ne mords pas... enfin... sauf si vous me le demandez... »

J'hésitai... j'en avais envie, je voulais passer du temps avec Edward mais ce n'était pas vraiment déontologique de sortir avec un patient.

Ce n'est plus ton patient depuis que tu as transmis son dossier aux urgences... il y a plus de trois heures.

J'en avais marre d'être toujours trop sérieuse, de ne jamais prendre de risque dans ma vie personnelle, je décidai de prendre les choses comme elles venaient avec Edward. Si cela devait nous mener quelque part, nous aviserions en cours de route.

Je m'installai à côté de lui et glissai ma main dans la sienne, il entrelaça nos doigts et aussitôt je ressentis le même frisson, cette espèce de courant électrique, qui parcourut chaque centimètre carré de ma peau pour finir sa course dans mon bas-ventre.

« Tu l'as ressenti toi aussi ? Cette décharge... comme dans l'ambulance quand tu me demandais de serrer tes mains... »

« Oui... je l'ai sentie aussi... quand tu m'as embrassée aussi... je n'avais jamais ressenti ça non plus... »

Mon cœur loupa un battement quand il me fit le plus beau des sourires de tous les temps... il allait finir par me tuer à être aussi sexy... un jour mon cœur ne repartira pas.

Mais au moins... j'aurai une belle mort.

« J'ai juste une question avant de recommencer... tu sais où est mon bonnet ?»

Je m'attendais à tout – ou presque – mais pas à ça.

« Euh... non... Pourquoi ? » demandai-je, en essayant de comprendre pourquoi il voulait son bonnet maintenant.

« Je... c'est bête mais... je... le bonnet... c'est... c'est le dernier cadeau que ma mère m'a fait...je... j'y tiens énormément... »

Oh...

Je me souvenais de ce qu'Emmett avait dit tout à l'heure et de ce que j'en avais déduit : Edward avait perdu ses parents alors qu'il n'avait que quinze ans... peut-être même moins.

Je resserrai mon emprise sur sa main et sans réfléchir à ce que je faisais, je me penchai et allai chercher ses lèvres.

Edward enroula rapidement son bras autour de mon dos et me rapprocha de lui, nos corps étaient aussi proches l'un de l'autre qu'il était humainement possible à la vue de nos positions initiales.

J'étouffai un gémissement de plaisir en sentant la langue d'Edward venir caresser la mienne. Seigneur (NdA : ou Rob ;-) ) cet homme embrassait comme un dieu...

Quand je pensais aux sensations qu'il faisait naître dans mon corps simplement en m'embrassant... je me demandais ce que ça allait être quand nous ferions l'amour.

Parce que oui.

J'avais l'intention de faire l'amour avec Edward.

Et bientôt.

Sinon j'allais prendre feu de l'intérieur.

Je glissai ma main dans ses cheveux – ils étaient encore plus doux que ce j'avais imaginé – et j'approfondis encore plus notre baiser.

Je me demandai quel genre d'amant serait Edward.

Serait-il tendre et doux ? Me murmurant des mots d'amour à l'oreille alors que nos corps danseraient lascivement l'un contre l'autre jusqu'à s'imbriquer et ne faire plus qu'un.

Serait-il fougueux et passionné ? Grognant des choses cochonnes à voix haute pour nous exciter tout en me prenant de plus en plus fort, n'hésitant pas à me mordre ou me donner la fessée pour augmenter notre plaisir, jusqu'à ce que nous explosions ensemble repus et au comble de bonheur.

Serait-il un mélange des deux ? A la fois tendre et fougueux, doux et passionné...

Je ne savais pas.

Je savais juste que j'avais envie de tout essayer avec lui.

Parce que je savais que quelle que soit la manière, ça serait merveilleusement jouissif.

A bout de souffle, je quittai ses lèvres.

« Je ne veux pas attendre... » murmurai-je contre sa bouche.

« Moi non plus… mon ange »

Je sentis sa main essayer de se faufiler sous la ceinture de mon jean. Son geste était à la fois doux et hâtif... ce qui laissait présager un beau feu d'artifice pour plus tard.

« Tu ne dois pas aller si mal que ça si tu es capable de peloter les ambulancières. »

La voix venait de derrière moi.

Merde.

Quelqu'un était entré dans la chambre.

Je me raidis et essayai de me lever mais Edward m'en empêcha en resserrant son emprise sur ma taille. Il s'arrangea même pour que je me retrouve assise presque à côté de lui.

Je fini par me résoudre à relever la tête.

Un couple se tenait à l'entrée de la chambre. Lui, grand avec un visage bienveillant et des cheveux blonds impeccablement bien coiffés. Elle, plus petite avec un visage en forme de cœur et des cheveux longs d'une couleur identique à ceux d'Edward.

Derrière le couple, je pouvais voir Emmett en train de se marrer...

Mon cerveau fit rapidement le calcul... 1+1=2

L'oncle et la tante d'Edward, ses parents adoptifs, se tenaient à trois mètres de nous alors que nous étions en train de nous bécoter sur son lit d'hôpital.

Je devais était toute rouge, décoiffée, débraillée, mes lèvres devaient être toutes gonflées.

Comme bonne première impression, tu repasseras...

« Esmée, Carlisle... Hercule » Il ajouta le dernier prénom en resserrant ses doigts autour des miens. « Je vous présente Mon Ange... Mon ange... voici mes parents... et mon frère que tu as déjà croisé. »

Edward, lui ne semblait nullement gêné par la position dans laquelle nous avait trouvés sa famille.

Je décidai d'en faire autant.

Ou au moins d'essayer.

« Enchantée, je m'appelle Bella Swan... »

« De même enchanté(e)... »

Edward glissa son bras autour de mon épaule et me murmura à l'oreille :

« Pour moi tu restes Mon Ange... »

Il m'embrassa sur la joue et se tourna vers ses parents.

Je profitai d'un bref moment d'inattention, pour me libérer de son bras et me glissai hors du lit.

« Je vais vous laisser... je... vous devez avoir des choses à vous dire... »

« Nous ne vous mettons pas dehors j'espère ? » s'enquit Esmée. « Vous pouvez rester... il n'y a pas soucis... »

« Je... j'aurais voulu... » Demi mensonge. « Mais... »

Edward tendit le bras dans ma direction, et je faillis fondre. Comment lui refuser quoi que ce soit ? Il avait une petite moue d'enfant - pris la main dans le pot de Nutella – totalement irrésistible.

« Je... je suis toujours de garde... je devrais déjà être repartie... Je... je vais voir si trouve ton bonnet... et je reprends mon ambulance... »

Je pouvais voir qu'il était partagé entre son désir de me voir rester près de lui et celui de retrouver son précieux bonnet.

« Tu reviens après ? »

« Si tu veux... »

« Alors un bisou et à tout à l'heure. »

Je me penchai pour poser un léger baiser sur le coin de ses lèvres et me redressai avant qu'il n'ait le temps de tenter quoi que soit.

Je pris rapidement congé de sa famille et quittai la chambre.

En refermant la porte il me semble avoir entendu Esmée glousser quelque chose comme « charmante ».

Je passai rapidement par les toilettes pour essayer de reprendre forme humaine. Je refis ma queue de cheval et m'aspergeai le visage. Je ne pouvais pas faire mieux.

Puis je fis le tour de tous les services en cherchant le fameux bonnet. Que je finis par retrouver une heure plus tard en radiologie, dans la salle des scanners.

Je retournai alors dans la chambre d'Edward et frappai. Pas de bruit, j'ouvris lentement la porte, la famille d'Edward était partie et la chambre était plongée dans le noir.

Je m'approchai lentement du lit, Edward semblait profondément endormi. Je fouillai dans mes poches et trouvai un petit bout de papier sur lequel je griffonnai quelques mots avant de le laisser avec le bonnet sur sa table de chevet.

Avec un peu de chance ce serait la première chose qu'il verrait en se réveillant.

Une fois mon message délivré, je partis retrouver Jasper pour reprendre la route en direction de Forks. Comme nous étions à vide, je pris le volant et laissai mon coéquipier somnoler sur le siège passager.

Les gardes de nuit...

Quand on a pas l'habitude, ça ne pardonne pas.

Il pleuvait toujours autant mais ça ne me dérangeait pas. J'étais bien. Je souriais même en repensant au petit mot que j'avais laissé à Edward.

« 360-374-5412

Ton Ange »

J'avais dessiné une petite aile de chaque coté de ma signature.

Maintenant la balle était dans son camp.

Je n'avais plus qu'à attendre son coup de fil.

En espérant qu'il le fasse un jour.

Fin… (à moins que le téléphone sonne)

(n/Nic : si il le fait pas je te jure que je prends l'avion avec Lisa pour lui botter le derrière)

THE END

A suivre …