Chapitre 13
Mon cher Théodore,
La honte m'empêche de venir à toi. Je ne peux pas imaginer avoir eu la bêtise de te délaisser toi,le seul qui m'ait toujours été loyal. Mon comportement a été irréfléchi et totalement injuste. J'ai déporté mon immense colère sur toi et je le regrette plus que tout. A présent que je sais tout de mes origines, j'ignore si je suis soulagée ou totalement dévastée. J'ai confié mon secret à Drago, j'ai cru qu'il pourrait comprendre et me soutenir, j'ai eu tort. Notre relation peu importe ce qu'elle fut est définitivement rompue. Il est temps d'aller de l'avant et de laisser sur le bas côtés les personnes néfastes, il en fait parti. Toi en revanche, tu restes à jamais dans mon cœur. Je conçois tout à fait que tu puisses éprouver de la rancune ou de la rancœur à mon égard. Peut-être le temps nous aidera-t-il à surpasser ma maladresse? Je le souhaite et je ferais tout pour regagner ton amitié.
Tu me manques.
A. Greengrass
Une fois la lettre glissée dans l'enveloppe, d'un coup de baguette elle la scella. Il ne lui restait plus qu'à la lui faire parvenir en espérant qu'il accepte de la lire. Quelques minutes elle admira la lettre avec un air satisfait. Dur comme fer elle croyait à leur amitié, rien de tout cela ne changerait leur relation! Elle leva la tête et vit Daphné plus radieuse que jamais arriver jusqu'à elle. La cadette adressa un grand sourire à son aînée qui le lui rendit
- Tu as l'air d'aller bien, constata Daphné ravie.
- Oui je me suis interdite de me morfondre, expliqua-t-elle souriant toujours.
- C'est bien, c'est bien. J'ai une nouvelle à t'annoncer au fait! Théodore et moi... ça y est! On est ensemble! S'exclama-t-elle enjouée.
- C'est vraiment super chouette, félicitation! Répondit la petite brune sur le même ton.
- Je suis vraiment désolée de te balancer mon bonheur comme ça à la figure alors que tu viens de vivre une rupture, mais...
- Dis pas de sottises! Je suis absolument ravie pour vous et tu n'as pas à contenir ta joie pour moi.
Daphné commença à lui racontait à quel point son petit-ami était fabuleux et à quel point elle était heureuse. Certainement aussi que leurs parents seraient contents d'apprendre cette nouvelle. Après tout les Nott était un très bon parti et se mélanger à eux ne pouvait être qu'une bonne chose. Soudainement Daphné s'arrêta de parler. Elle fixa l'enveloppe posée sur la table avant de l'attraper et de froncer les sourcils en voyant à qui elle fut adressée. Son sourire eut vite fait de s'évanouir pour laisser place à un air pincé qui la faisait plus que tout ressembler à leur mère. Astoria resta silencieuse observant minutieusement la réaction de sa sœur.
- Astoria, tu es ma sœur et tu veux mon bonheur n'est-ce pas?
- Oui.. répondit Astoria en plissant les yeux suspicieusement.
- Alors tu ne m'en voudras pas de faire ceci, déclara-t-elle avant de déchirer sans remords aucun l'enveloppe en deux morceaux avant de la faire brûler d'un coup de baguette. Depuis que tu t'es éloignée, il s'est rapprochée de moi. A présent quand il va mal, qu'il est en colère, angoissé ou heureux, il le partage avec moi et moi seule. Je ne veux pas que cela change. J'ai réduit à néant ta lettre et je sais que tu pourras en faire d'autres ou aller le voir ultérieurement, mais si jamais tu tiens à moi tu ne le feras pas car tu sais que cette relation est importante pour moi. Si elle échouait par ta faute, je ne te le pardonnerais jamais.
En voyant sa lettre être ainsi déchirée puis brûlée, son cœur s'était, elle l'aurait juré, momentanément arrêté de battre. Une nausée l'avait envahi, pourtant elle ne se sentait pas de protester. Peut-être était-ce une sorte de fatigue morale, de résignation,le fait est qu'elle resta de marbre face au terrible spectacle se profilant devant elle. En deux temps trois mouvements, son amitié avait été comme détruite par Daphné. D'un autre côté elle comprenait son geste. Il est vrai qu'un couple se vivait à deux et non à trois. Daphné pour sauver ses intérêts la tenait à l'écart, c'était parfaitement rationnel et légitime de son point de vue. Après tout beaucoup pensait que la relation qu'entretenait Astoria avec Théodore n'était pas très claire... Sur ce Daphné s'en alla, laissant sa cadette à la réflexion. Aussitôt qu'elle fut partie, c'est Elvis qui arriva s'installer face à elle. Elle cligna plusieurs fois des yeux comme pour vérifier qu'elle ne rêvait pas. Il l'ignora royalement et sortit de quoi étudier. En jetant un coup d'œil autour d'elle, elle remarqua qu'effectivement il n'y avait pas de place ailleurs dans la salle commune. Se sentant observé il releva les yeux de son parchemin et elle détourna les yeux. Le petit manège recommença une fois ou deux, si bien qu'il se leva de sa chaise pour venir se mettre à côté.
- Bonjour Astoria, je suppose que tu souhaite me dire quelque chose pour m'observer de la sorte, déclara-t-il avec confiance et arrogance.
- Non Elvis, tu peux retourner t'asseoir, répondit-elle en souriant poliment.
- Tu as la rancune tenace, c'est incroyable. J'admets avoir agis comme un salaud, tu m'as rendu la monnaie de ma pièce et après passons à autre chose, non? Et puis je suppose qu'à présent ta colère s'est déportée sur Malefoy. Tout de même c'est humiliant de se faire remplacer aussi vite, même si je dois avouer que la petite Travers est plutôt bien faîtes si tu me permets l'expression.
Drago l'avait remplacé par Harmony Travers? Pourquoi avait-il fait aussi vite?! Ne pouvait-il pas attendre quelques malheureuses semaines! C'était totalement irrespectueux. Pourtant elle n'aurait pas dû être étonnée, il aimait les coups bas et il ne s'en cachait guère. C'était désormais officiel, il l'avait rayé de sa vie de la manière la plus humiliante possible. Drago l'avait piétiné,jeté, puis remplacé et maintenant elle devrait supporter de les voir ensembles complices et amoureux?! Un seul mot lui arriva à l'esprit: NAUSÉABOND. Puis elle n'était pas si "bien faîte que ça" cette fille avec ses cheveux ternes et son constant regard de merlan frit!
- J'aime bien ta façon de froncer le nez quand tu es agacée, ça te rends terriblement craquante.
- Je ne suis pas agacée! Et... et...! Je ne fronce pas le nez, déclara-t-elle en cachant son nez avec ses mains ce qui fit rire son camarade.
- Bien sûr que si, quand j'hésitai entre Pansy et toi j'ai passé beaucoup de temps à t'observer. Je sais donc que tu fronce le nez quand quelque chose te chiffonnes, tu lis en moyenne un livre par semaine, tu préfères avoir les cheveux détachés pour cacher tes oreilles décollées, tu fais souvent la moue pour essayer d'attendrir les gens, tu as la mauvaise habitude de fumer le cigare avec Nott, tu sors toujours ton épouvantable pull difforme quand les températures sont des plus fraîches, tu gribouilles sur le coin de ton parchemin quand tu t'ennuies et je pourrais continuer comme ça longtemps, sourit-il.
- Oh Elvis, soupira-t-elle. Tu aurais pu être un petit-ami si formidable! Pourquoi faut-il qu'au final tu sois un terrible saligaud, regretta-t-elle.
- Tu es folle de moi, sourit-il. Ça ne fait aucun doute.
- Pourtant tu n'imagines pas le nombre de fois où j'ai voulu te botter le postérieur. D'ailleurs dans mon esprit je l'ai déjà fait une bonne dizaine de fois, déclara-t-elle en souriant à son tour.
- J'ai aussi imaginé te faire des choses à peu près similaires, chuchota-t-il d'une voix perverse.
Les joues d'Astoria se teintèrent de rouge comprenant parfaitement l'allusion. Elvis cessa de discuter pour revenir à ses cours. L'intelligence, rien n'était plus important mis à part peut-être la richesse et la pureté, mais comme le démontraient si bien Crabbe et Goyle, ça ne faisait guère tout. Astoria se leva finalement puis regarda autour d'elle avant de se rendre compte qu'elle était un peu seule à présent. Isadora et elle s'étaient plus qu'éloignées, Théodore était maintenu à distance par sa dragonne de sœur et Drago et bien... il s'était lui même mis à l'écart. A présent qu'elle n'avait plus personne, le temps lui paraissait long. Elle sortit de la salle commune pour aller errer dans les couloirs histoire de tuer l'ennui par une longue marche solitaire.
Elle s'arrêta au bout d'un moment dans un couloir vide et tranquille. Elle regarda par la fenêtre et vit quelques élèves traîner. Elle pensa qu'il fallait être fou pour sortir dehors par un temps pareille. Sa contemplation fut interrompue par le grincement d'une porte. Astoria se retourna et avec stupeur vit Harmony et Drago sortirent d'une salle de classe déserte. Harmony semblait remettre de l'ordre dans ses cheveux et Drago quant à lui resserrait sa cravate. Au minimum, ils avaient échangé un baiser fougueux pensa-t-elle le cœur lourd. L'idée qu'il ait été enfermé avec elle dans cette pièce, la rendait malade. Elle ne supportait pas de le savoir proche d'une autre fille, même si c'était injustifié car ils n'étaient jamais réellement sortis ensembles. Drago ne lui appartenait pas et surtout il ne lui avait jamais rien promis. Il était en droit de voir qui il souhaitait même s'il s'agissait de cette petite peste d'Harmony Travers. Cette-dernière parut d'ailleurs satisfaite du malaise ambiant. Elle s'avança vers le petite brune avec toute l'arrogance qui lui était possible de réunir.
- Greengrass s'il te plaît ne me regarde pas avec ses petits yeux là. Je n'y peux rien si tu ne sais pas satisfaire les garçons! Ria-t-elle.
- Contrairement à toi c'est certain, je ne suis pas ce qu'on appelle une fille de joie. Je ne satisfais pas les garçons, j'attends celui qui sera suffisamment digne pour espérer que je lui ouvre mes bras, rétorqua Astoria souriante. Mais je te remercie cela dit, il faut des jeunes filles comme toi, prêtre à se salir pour divertir les hommes et libérer leurs pulsions bestiales. M. Travers doit être bien satisfait lui aussi des prouesses de sa fifille adorée n'est-ce pas?
- Je t'interdis de me parler ainsi petite conne! S'exclama Harmony en attrapant violemment Astoria par le col pour la plaquée sur le mur et la bloquer. Si jamais c'est trop subtile pour toi, je t'annonce que tu es officiellement désinvitée au bal annuel des cygnes. Petite sainte-ni-touche qui se croit parfaite, mais qui est juste incapable de quoi que ce soit!
Astoria tourna les yeux vers Drago qui regardait la scène sans rien dire le visage impassible. Il s'en fichait définitivement d'elle, ça ne faisait plus l'ombre d'un doute. Puis cette saleté d'Harmony qui pensait que la désinviter de son fichu, ridicule bal serait la fin de son monde! N'importe quoi elle s'en fichait pas mal... d'ailleurs elle espérait que ses parents s'en ficheraient autant qu'elle et qu'elle n'aurait pas d'ennuis pour s'être faite exclue de cette mondanité... Mince, bien sûr qu'ils seraient furieux qu'elle ne soit pas invitée à cet horrible cérémonie... Le bal des cygnes de la famille Travers était la soirée à ne pas manquer! Toutes les jeunes filles et les jeunes hommes de bonnes familles s'y retrouvaient afin de créer des liens et de montrer leurs affinités. C'était l'endroit rêvé pour afficher ses relations! Ne pas être invitée était un réel déshonneur! Harmony relâcha la pression et recula de quelques pas avant de tourner le dos afin de partir avec Drago. Astoria sortit sa baguette de sa cape qu'elle pointa en direction de la rouquine.
- Offocare !
Une fumée noire et épaisse jaillit de la baguette de la petite brune. Le nuage encercla l'autre jeune fille avant de pénétrer son être. Elle tomba sur le sol suffocante. Il s'agissait d'un puissant sort de magie noire qui empêchait la respiration et pouvait s'il durait trop longtemps entraîner la mort. C'était bien entendu illégal et Astoria risquait de terribles problèmes, mais elle avait agit impulsivement et n'avait pas songé un instant aux conséquences. Drago se retourna l'air accusateur avant de désarmer Astoria et de mettre fin à la souffrance de la rouquine. Harmony demeura vivante, mais inconsciente.
- Tu as essayé de la tuer! Tu sais ce que tu risques au moins espèce d'idiote?!
- Elle me provoque et me tourne le dos, c'est une invitation au crime! Et puis je ne comptais pas réellement la tuer, sinon elle aurait été morte pour de bon!
Drago après avoir vérifié rapidement l'état de sa camarade se leva furieux pour se mettre à la hauteur d'Astoria. Il ne semblait pas être de son avis. Il la regarda durement avant de lui mettre une énorme gifle, si forte qu'elle en saigna de la lèvre inférieure et que les larmes perlèrent au creux de ses yeux. Le geste fut impulsif et incontrôlé. Un mélange de rancœur, de rancune, de déception et de colère. C'était juste arrivé. La petite brune posa une main sur sa joue endolorie.
- Je vais l'emmener à l'infirmerie et tu régleras tes problèmes avec Rogue ou la justice magique qui sait?
Elle fronça les sourcils sans pour autant rien dire. Ils étaient autant en colère l'un contre l'autre. Toute discussion civilisée semblait impossible.
- Si ce n'est pas moi, c'est elle qui le fera et à juste titre, trancha-t-il.
- Je vois qu'il n'a pas été très difficile pour toi de mettre de côté notre amitié! Lui reprocha-t-elle.
- Je te l'ai déjà dit, tu m'as menti! Tu m'as fait prendre de gros risques inutiles. Peut-être ne l'as-tu toujours pas remarqué, mais c'est la guerre! Alors déjà qu'il n'est jamais bon de sortir avec une sang-impure, tu imagines bien que dans ce contexte je risquais la mort, mais tu t'en fichais! Tu te fiches de tout le monde! La vie des autres t'importes peu! Lui reprocha-t-il d'une voix dure et amère.
- J'ai vu mon oncle et il m'a dit la vérité, je suis une sang-pure c'est un fait avéré! Alors ne me parle plus de cela! S'agaça-t-elle.
- J'en suis ravi pour toi, mais ça ne change rien.
Il lui attrapa le menton et avec son pouce il essuya le sang qui coulait de sa lèvre. Il appuya si fort sur la plaie que ça en fut douloureux.
- Malgré ce que tu penses, tu es plus sale qu'Harmony, plus sale que n'importe qui ici. Tu n'a pas levé ta baguette, tu l'aurais laissé mourir! Tu es aussi dangereuse que ton oncle, tu as été une bonne élève félicitation. D'ailleurs, je n'ai plus aucun doute concernant l'origine de ta naissance, tu es forcément sa fille n'est-ce pas? Lui chuchota-t-il à l'oreille lentement en insistant sur chaque mot.
Astoria baissa la tête sans rien dire. Drago se recula pour retourner voir Harmony, à sa plus grande surprise cette-dernière était entrain de se relever. Elle pointa sa baguette à son tour sur la jeune brune furieuse et lui lança un sort silencieux. Astoria tomba à genoux et posa les mains sur ses oreilles. Elle avait l'impression que sa tête allait imploser. C'était comme entendre un énorme cri aigu et perçant. Son nez commença à saigner ainsi que ses oreilles. A présent elle était incapable de penser à quoi que ce soit ou sinon juste à l'épouvantable douleur qu'elle ressentait. Il fallait que cela cesse au plus vite, c'était insoutenable. La rousse avait un regard cruel, elle jubilait de la souffrance qu'elle infligeait à sa jeune camarade. Drago leva sa baguette prêt à neutraliser Harmony. Cette-dernière d'elle-même mit fin au supplice. Les filles n'étaient-elles pas supposées être la douceur incarnée?!
- Maintenant on est quitte sale petite garce! Viens Drago! S'exclama-t-elle avant de partir furieuse en vacillant légèrement.
- Je n'ai pas terminé de parler avec Astoria, rétorqua-t-il. Je viendrais te voir après, ça ira?
- Je suppose que oui, répondit-elle en lui adressant un regard des plus sombre.
Une fois que la rouquine fut partie, Drago se baissa à la hauteur d'Astoria qui était complètement étourdie par le sort. De ces mains, il attrapa son visage et la regarda dans les yeux pour examiner ses pupilles. Il n'était pas médicomage, mais a priori rien ne semblait anormal. Il la nettoya tant bien que mal avant de l'aider à se relever. Elle essaya de le repousser mais lorsqu'il la lâcha elle manqua de retomber sur le sol. Pour autant, elle refusa son aide de toutes ses forces.
- Ne soit pas ridicule!
Elle poussa un grognement avant de poser une main sur son front en fronçant les sourcils. La migraine était moins forte, mais toujours bien présente. Sur une échelle de A à 10 il s'agissait à présent d'un bon 7.
- C'est bon arrête, lève-toi, ordonna-t-il.
- Hmmm
D'un coup de baguette il fit disparaître les tâches de sang, puis il la releva et l'attira jusqu'aux toilettes les plus proches. Une fois arrivés, il mouilla un mouchoir en tissu qu'il avait dans la poche et il commença à lui humidifier le visage. Autant dire qu'elle était plutôt amochée aujourd'hui. Il passa sur sa lèvre tuméfier sans aucune délicatesse ce qui fit gémir la jeune fille. Il soupira d'agacement. Elle regarda son reflet dans le miroir et remarqua son teint pâle. Même le baron sanglant devait avoir meilleure mine. Manifestement le sort d'Harmony avait été efficace, bien plus que celui qu'elle lui avait jeté pensa-t-elle amèrement. Malgré les soins prodigués par Drago, elle conserva sa pâleur cadavérique et son fond de migraine.
- Pourquoi tu fais ça? Demanda-t-elle d'une voix faible.
- Pour éviter qu'Harmony ait des ennuis évidemment, répondit-il sarcastiquement.
La jeune fille soupira puis se leva. Drago en fit de même. Il épousseta les épaules d'Astoria qui se laissa faire bien que quelque peu déconcertée. Par la suite il tira d'un coup sec sur le bas de son pull pour le repositionner, puis il glissa ses doigts dans ses cheveux pour les arranger, et enfin il défit sa cravate, un peu de travers, pour la renouer convenablement. Quand il eut terminé, il se recula d'un pas afin de ré-instaurer une certaine distance de courtoisie.
- Je vais y aller.
- Non reste, tu m'as suffisamment torturé, murmura-t-elle. C'est bon tu l'as eu ta vengeance.
- C'est à moi d'en décidé.
- Fais quand même attention que je ne perde pas patience Drago.
Il ne répondit rien et s'en alla. Apparemment il avait la rancune tenace. Des semaines passèrent sans qu'il n'y ait de grands changements particuliers et très vite les vacances arrivèrent.
Le retour au manoir ne fut pas de tout repos, il était difficile pour Astoria de faire face à ses parents après les récents événements qu'elle avait vécu. En même temps, il était bon de renter chez soi, dans un environnement relativement calme.. enfin.. pour combien de temps? La jeune brune défit ses valises et retrouva sa chambre bien plus douillette et agréable que son dortoir au château. Elle fut très vite interrompue par l'elfe de maison qui frappa à sa porte. Il venait lui annoncer que ses parents l'attendaient au rez-de-chaussé. Elle ne se fit pas prier et se dépêcha de descendre. En bas, Daphné était d'ores et déjà avec assise entrain de discuter avec leur père. Quand Astoria arriva dans le salon, sa mère lui adressa un sourire bienveillant qui pourtant lui tordit l'estomac. La jeune fille alla s'asseoir près de son aînée.
- Nous avons reçu vos invitations pour le bal des cygnes, annonça leur père en secouant d'une main les enveloppes déjà ouvertes.
Son ton était calme et leur mère souriait... cela signifiait donc qu'elle était aussi invitée finalement? Forcément que oui, autrement elle se serait faite réprimandée et certainement baffée. Elle se demanda bien ce qui avait pu faire changer Harmony Travers d'avis.. Enfin peu importe, l'important était d'y être à ce fameux bal et elle y serait! Virginia Greengrass claqua des doigts pour appeler l'elfe qui arriva avec deux grandes housses de protections contenant sûrement leur robe. Pas une fois elles n'avaient eu le droit de choisir par elles-mêmes. Il n'aurait pas fallu qu'elles commettent une regrettable faute de goût et puis de surcroît Virginia adorait s'occuper de cela. Zephyr, l'elfe, tendit à sa maîtresse une première housse. Celle-ci contenait une longue robe bustier en tulle charmeuse. Le tissu à partir de la taille était d'un marron clair et le bustier était doré et perlé. Daphné la regardant en avait les yeux qui brillaient, cela tombait bien ce serait la sienne. Virginia se saisit en suite de la seconde housse. Astoria trépignait d'impatience à l'idée de découvrir sa tenue. Daphné aussi mais pour bien d'autres raisons. Il ne fallait surtout pas que la robe de sa cadette soit plus jolie que la sienne! La dite robe était aussi une robe bustier mais cette fois faîte en mousseline rose pâle et avec une traîne asymétrique. Sous la poitrine il y avait une rangée de perles puis au niveau de la taille une seconde. Astoria fut absolument ravie de choix de sa mère, cette année il n'y aurait aucun conflit semblerait-il.
- Merci beaucoup mère, tout cela est très joli, déclara Daphné aux anges.
- Je suis ravie que ça te plaise. Et toi Astoria qu'en penses-tu? Tu as vu avec le soutien-gorge intégré ta poitrine paraîtra plus grosse.
- Je vous remercie également mère.
- Astoria je te prierai d'être davantage enthousiaste! Ta mère a dépensé beaucoup d'énergie et d'argent pour vous contentez! La réprimanda Willem.
Astoria se leva pour aller embrasser sa mère en signe de remerciement. Le bal aurait lieu d'ici trois petits jours. En attendant il s'agissait de ré-apprendre les diverses danses et de se cultiver un maximum pour ne faire honte à personne. Virginia revoyait avec ses filles les grands peintres, compositeurs, écrivains, scientifiques, philosophes, personnages et événements historiques, mais aussi les plus grands couturiers, comment reconnaître un alcool de qualité, la bonne posture à avoir et tutti quanti.
Le grand soir j, Virginia était incroyablement stressée. Elle avait était ravie d'apprendre que Daphné avait trouvé un petit-ami bon sous tout rapport, maintenant il importait de faire en sorte qu'Astoria ne finisse pas non plus vieille fille bien qu'il lui restait un peu plus de deux ans pour trouver un fiancé. Cette soirée était celle de l'année, toute la bonne société s'y retrouvée et au moindre faux pas, une avalanche de critiques s'abattait sans aucun scrupule sur vous. La famille Greengrass transplana jusqu'à la salle de réception des Travers. L'endroit était merveilleusement bien décoré il y avait deux grands cygnes sculptés dans de la glace, des cascades de champagne, des lustres en diamants, un immense orchestre et des statues mouvantes. Ils allèrent saluer les Travers, puis les filles purent quitter leurs parents pour profiter de la réception par elles-mêmes. Au loin, Astoria aperçu qu'Isaac discutait avec M. Malefoy et Drago.
- Tiens Astoria!
Elle n'eut pas besoin de se retourner pour reconnaître la voix d'Harmony.
- Bonsoir Harmony, j'ai été surprise de recevoir une invitation de ta part.
- J'ai dit ce que j'ai dit sur le coup de la colère, je ne suis pas tellement rancunière. Considérons cette affaire comme étant réglée, trancha-t-elle. Et puis la communauté sang-pure ne va pas en s'agrandissant, alors ne commençons pas à nous désunir, soupira-t-elle.
- Je suis d'accord, déclara Astoria en souriant. Comme d'habitude la réception est magnifique! Je n'ose même pas imaginer à quel point ton mariage sera fabuleux, s'enthousiasma-t-elle.
- Il faudrait déjà que je trouve l'heureux élu, ria-t-elle.
- Je suis persuadée que tu n'auras aucun mal! J'ai cru comprendre que beaucoup de garçons te trouvait très charmante.
- Ce n'est pas la quantité qui compte, c'est la qualité! J'en ai assez des petits merdeux pour être honnête. Il me faut un homme un vrai, avec des principes et des valeurs. Tu sais je suis une fille vertueuse malgré ce que tu as pu dire. Je crois en l'amour, en la fidélité, en la pureté et ce genre de chose. Je ne voudrais pour rien au monde un mariage de convenance et pour information ma robe sera à juste titre totalement blanche, fit Harmony sur un ton qui laissait supposer qu'elle avait malgré ce qu'elle disait encore en travers de la gorge les propos de la jeune fille.
- L'heureux élu aura beaucoup de chance alors de tomber sur une jeune fille comme toi.
- Bon excuse-moi il faut que j'aille saluer les autres invités, passe une bonne soirée, conclu Harmony en souriant.
Astoria alla voir sa sœur et Théodore avec qui elle continuait de parler, mais moins qu'avant par respect pour Daphné. Très vite il fallut se trouver un cavalier afin de débuter les danses. Ne pas participer était très humiliant. Astoria regarda autour d'elle espérant que quelqu'un aurait l'audace de venir l'inviter. Quelqu'un, mais pas n'importe qui non plus. Le choix du cavalier était déterminant pour la réputation! Bon sang toutes ses convenances étaient vraiment agaçantes... Une main lui attrapa subitement l'épaule. Il s'agissait de Drago qui tenait deux coupes de champagnes. Il était très beau ce soir dans son élégant costumes avec son petit nœud papillon violet. Il lui tendit une coupe.
- Buvons et allons danser.
- Peut-être que je n'en ai pas envie, répondit-elle hautainement.
Après tout ils avaient passé quelques semaines à s'ignorer mutuellement.
- Ce n'est pas dans ton intérêt de me refuser cela Astoria, rétorqua-t-il avec condescendance. Mon père et ton oncle ont fait pression sur moi pour que je t'invite, nous n'avons pas le choix. Faisons au moins semblant de nous entendre pour ce soir.
- Tu n'as même pas un petit peu envie de danser avec moi?
- La question ne se pose pas, aller débarrasse-toi de ta coupe et viens, déclara-t-il avant de lui tendre son bras.
Elle lui prit le bras sous le regard insistant et oppressant de M. Malefoy et de son oncle au loin. Drago l'entraîna au milieu de la salle avec tous les autres danseurs et une valse débuta. Son père ne serait certainement pas très ravi de la voir ainsi se pavaner avec un mangemort en herbe! Quoi qu'il en soit Drago était un très bon valseur et à eux deux ils devaient former un couple très gracieux. C'était assez étrange de l'avoir si proche d'elle après autant de temps, surtout que les adultes les observaient.
- Harmony et moi nous sommes réconciliées.
- Ne parle pas et concentre-toi sur tes pas, exigea-t-il. Je ne tiens pas à ce que nous soyons ridicules.
- Ne sois pas de mauvaise foi, je suis une excellente cavalière.
Il ne dit rien et la danse se continua dans le silence le plus total. Une fois terminée, Drago entraîna Astoria vers son père et Isaac qui arboraient un sourire satisfait. Les deux jeunes adolescents étaient au contraire plutôt gênés sinon agacés. Lucius voyait bien que son fils n'était pas ravi, mais il s'en fichait. Il ne comprenait pas pourquoi Drago avait rompu avec la jeune fille qui semblait pourtant très correcte. Pour lui cela relevait d'un caprice pur et simple et il fallait rétablir la situation, il tenait à ce que la lignée des Malefoy perdure et si pour cela il devait un peu forcé la main de son fils, alors ainsi soit il.
- Vous êtes resplendissante Astoria.
- Merci monsieur, répondit-elle poliment.
- Drago m'a fait une confidence à votre sujet, déclara-t-il dans un sourire tandis qu'elle se força à en faire un également.
- Oh vraiment?
- Il m'a dit à quel point vous appréciez l'opéra, n'est-ce pas vrai mademoiselle?
Absolument pas. Drago ne lui avait certainement pas fait une telle confidence. A vrai dire l'opéra n'était pas une passion, même si elle appréciait de temps à autre assister à quelques représentations. Cela dit, bien que ce ne fut pas tout à fait la réalité, elle ne pouvait décemment pas contredire monsieur Malefoy.
- Effectivement, j'aime beaucoup.
- Bien bien, vous n'êtes donc pas savoir que Sylvio Gravencci va nous honorez de sa présence ce jeudi. Il est si apprécié que les places sont difficiles à obtenir, mais comme vous vous en doutez j'ai pu m'en procurer malgré tout. Malheureusement mon épouse et moi-même sommes très occupés ces temps-ci, j'ai alors pensé que vous pourriez y aller avec mon fils.
- Ce serait avec grand plaisir, vraiment, mais il faut que j'en parle à mon père avant tout.
Elle espérait vivement que ce-dernier refuse.
- Soyez sans craintes ma chère, j'irai parler avec votre père et je ne doute pas qu'il sera ravi d'une telle invitation, déclara-t-il avec condescendance tandis que mon oncle émit un petit rire étouffé.
- Bien entendu. Y aura-t-il un adulte pour nous accompagner? Demanda-t-elle ensuite innocemment tandis que son oncle arborait un sourire moqueur.
- J'apprécie de voir que vous êtes si soucieuse, sourit-il. Cela étant je doute que ce soit nécessaire après tout vos places seront juste à côtés de celles de madame Zabini et de son nouvel époux, ensuite il y aura une petite réception à laquelle vous serez conviés. Vous êtes bien éduqués, je sais que vous saurez rester raisonnables, expliqua-t-il en tournant la tête vers son fils.
- Bien sûr père.
- Est-ce que...
- Astoria cesse donc de poser des questions et remercie plutôt monsieur Malefoy pour sa généreuse invitation, ordonna finalement Isaac las.
- Oui excusez-moi. Merci beaucoup monsieur, déclara-t-elle embarrassée.
- Je vous en prie, vous devriez aller retrouvez vos amis à présents, passez une bonne soirée, dit Lucius pour libérer Drago et Astoria.
