Chapitre 14


Comme convenu monsieur Malefoy avait pris rendez-vous avec monsieur Greengrass afin de discuter "affaires". Il était assis face à Willem une tasse de café noire fumante devant lui. Ils échangèrent dans un premier temps les banalités habituelles, ennuyeuses et hypocrites. une bonne dizaines de minutes plus tard, ils passèrent enfin aux choses sérieuses.

- Ma fille m'a effectivement parlé du rendez-vous, mais je reste dubitatif Lucius, déclara Willem en se caressant la barbe.

- Puis-je savoir ce qui t'inquiète mon bon Willem?

Il était impossible pour Willem d'avouer la réelle raison. Dire que la relation trop étroite qu'entretenait les Malefoy avec le seigneur des ténèbres le dérangeait, revenait à signer son arrêt de mort. En même temps l'idée de laisser sa petite Astoria entre les griffes des Malefoy le faisait frissonner d'effroi, mais c'était de sa faute à cette petite inconsciente qui avait malgré ses recommandations fréquenté Drago.

- Je ne laisse pas mes filles sortirent sans chaperons, tu comprends je tiens à ce que leur réputation restent intactes, soupira-t-il. Parfois je regrette qu'elles ne soient pas des garçons.

- Ce que tu es vieux jeu, se moqua-t-il. Es-tu certain que c'est la seule raison Willem? Parce que si par exemple ce qui t'ennuie c'est mon implication dans la guerre, je préfère que tu le dises maintenant.

- Je te demande pardon?

- On sait tous que tu n'as pas suffisamment d'audace pour choisir expressément un camp. Tu préfères jouer l'ambiguïté au cas où, c'est tellement lâche, déclara-t-il.

Willem se leva furieux.

- Je t'interdis de venir m'insulter chez moi! Hurla-t-il. Tu oses me parler ainsi, mais regarde-toi, regarde dans quel état tu es!

Lucius se leva à son tour en colère. Ils se défièrent un instant du regard.

- Je te conseil vivement de baisser d'un ton avec moi. De toute façon tu n'as pas d'autre choix que d'accepter, tu crois que je ne suis pas au courant? Je sais pertinemment que tu as fait les pires placements financiers possibles, tu es un si mauvais gestionnaires, sourit-il. Il est dans ton intérêt que tes filles fassent de bonnes unions ou alors tu ne recouvriras jamais tes dettes.

Willem se ré-installa battu. Il étouffa un soupire et sorti de son tiroir une boîte à cigare. Il en proposa un à Lucius qui refusa bien aimablement. Il s'en alluma un et commença à le fumer nerveusement. Astoria irait à cette sortie quoi qu'il en coûte, même si elle lui avait fait savoir qu'elle ne souhaitait pas. C'était de toute façon en partie de sa faute puisqu'elle avait sympathisé avec eux, songea-t-il en recrachant la fumée. Astoria n'était pas très enthousiaste à l'idée de ce rendez-vous pour plusieurs raions: d'abord Drago ne souhaitait pas non plus y aller et il était passablement en colère contre elle. De plus, le fait que monsieur Malefoy ne les contraigne à se voir rendait la chose d'autant plus inacceptable. Cela dit, si même Drago ne pouvait combattre son père, comment le pouvait-elle?

Elle passa une partie de l'après-midi à se préparer avec l'aide de Daphné et sa mère qui en plus de l'habiller et de la coiffer, lui prodiguait des conseils. Une fois qu'elle fut prête, il ne restait plus qu'à attendre que Drago transplane pour venir la chercher. Il arriva en début de soirée. Il fut accueilli un brin sèchement par Willem pas tellement ravi de l'avoir chez lui. Virginia fit appeler Astoria qui descendit et ils disparurent, après s'être brièvement saluer, direction l'opéra. Ils entrèrent en silence dans le hall, Drago présenta les tickets à l'entrée et ils allèrent s'installer dans les places réservés aux plus riches dans les hauteurs. Drago commença à feuilleter le programme, il ne semblait pas disposé à discuter. Madame Zabini arriva quelques minutes plus tard à leurs côtés, elle les salua, s'installa avec un homme et ne leur prêta plus aucune attention trop occupée à flirter avec son nouveau mari. Le contraste était net, d'un côté Drago et Astoria qui se parlait à peine, de l'autre madame Zabini plus chaude que la braise. Un peu agacée, Astoria décida de prendre les devant. Elle se pencha légèrement sur Drago comme pour voir le programme. Il ne se recula pas, c'était déjà un bon début. Elle lu que le spectacle durerait pas moins de 2H40, génial. Elle se ré-enfonça dans son siège cherchant un sujet de conversation puisque le spectacle ne commencerait que dans vingt minutes. Ne trouvant rien, elle décida de s'éclipser un instant.

- Excuse-moi il faut que je sorte un instant, déclara-t-elle.

Il acquiesça et elle s'en alla soulagée. Il faudrait qu'elle tienne tout le spectacle plus la réception d'après dans cette ambiance étouffante. Elle se dirigea vers les toilettes pour se rafraîchir un tant soit peu. Une fois chose faite elle regagna sa place silencieusement. Il restait encore Treize minutes à tuer avant le début du spectacle en espérant que ce-dernier ne soit pas ennuyeux.

- Drago? Est-ce que toute la soirée va se passer comme cela parce que sinon il aurait fallu que tu essaies de convaincre un peu plus ton père que ce fut une bien mauvaise idée de m'inviter, lui chuchota-t-elle finalement. Je regrette que ce soit si insupportable pour toi comme pour moi.

Il se tourna vers elle surprit.

- Insupportable? Pas pour moi en tout cas, répondit-il sur un ton neutre. Ça me fait du bien de sortir un peu du manoir ces temps-ci et personnellement j'adore l'opéra.

- Oui mais puisque tu me détestes, tu aurais éventuellement pu insister pour inviter une autre fille.

Il soupira.

- Je suis ici pour me détendre Astoria, comptes-tu vraiment m'ennuyer toute la soirée avec ce genre de conneries. Tu peux tout de même sacrifier un soir de ta précieuse vie ici non?

- Oh mais! Je ne me sacrifie pas en étant ici, j'avais davantage l'impression que c'était désagréable pour toi, mais si tu es content alors je le suis aussi. Le souci c'est que je ne comprends pas ce que tu veux vis à vis de moi... Tu te souviens quand je suis venue à l'infirmerie l'an dernier pour te voir, je t'ai offert mon amitié sous conditions d'une confiance et d'une loyauté mutuelles auquel cas je ne voudrai plus te voir. Il s'avère en fait que c'est moi qui ai fauté et si tu ne veux plus me parler je le comprendrais, et si tu veux me pardonner j'en serais ravie, mais là cet espèce d'entre deux me... je ne peux pas.

Il prit une grande inspiration suivit d'une aussi grande expiration. Il referma son programme et le rangea avec un air songeur.

- Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Que je suis en colère, mais qu'en même temps je n'arrive pas à tirer un trait définitif sur toi? Déclara-t-il agacé. Je pense que tu étais suffisamment érudite pour t'en rendre compte, mais j'ai l'impression que tu aimes me forcer à dire ce genre de niaiseries! Tu me rends fou d'accord?! Alors laisse-moi réfléchir encore à ce que je veux ou ne veux plus, trancha-t-il.

- Mais...

- Le sujet est clos, tais-toi ça va commencer et je veux écouter, dit-il fermement.

Elle consenti à faire silence et quelques secondes plus tard les lumières s'éteignirent. L'orchestre commença à jouer, les artistes à chanter dans leur magnifique costume. Drago trouvait cela divin, Astoria c'est vrai, un petit peu moins. Elle tourna la tête vers lui et ne pu s'empêcher de sourire en voyant à quel point il avait l'air d'apprécier, à quel point il était détendu. Elle se reconcentra sur la scène et apprécia elle aussi, autant qu'elle le put, le spectacle. Elle remarqua qu'il avait l'une de ses mains poser sur son propre genoux. Elle décida de glisser la sienne sur le dessus de celle-ci. Voyant qu'il ne la repoussait pas, elle commença à doucement la lui caresser quelques secondes avant d'arrêter sans pour autant se retirer. Il y eut ensuite un entracte. Durant cette courte pause, Drago sembla comme remarquer la main de la jeune fille sur la sienne. Elle entreprit de la retirer, mais il l'attrapa dans la sienne et la leva pour regarder la petite bague à son annulaire.

- De l'opale noire, constata-t-il de son oeil expert.

- C'est un bijoux de famille, il me vient de ma grand-mère Hariett.

- Tu portes de vieux bijoux...

- C'est un problème? Demanda-t-elle surprise.

- Ma mère s'y refuse. Elles ne portent que du neuf, des bijoux offerts expressément pour elle car elle pense qu'ils ont chacun leur propre histoire. Du coup, les héritages sont gardés précieusement dans un coffre fermé à double tour comme des trésors de famille, expliqua-t-il sans lui lâcher la main.

- Je suis une grande sentimentale, j'aime me dire que ma grand-mère l'a porté toute jeune, puis ma mère lorsqu'elle s'est mariée avec mon père, puis moi maintenant et plus tard ma fille, répondit-elle rêveusement.

- Ta fille? Fronça-t-il les sourcils. Peut-être n'en auras-tu pas.

- J'aimerai bien, je crois, en avoir une un jour. Je pourrais l'habiller comme une petite poupée puis elle pourrait avoir un frère éventuellement pour ne pas trop s'ennuyer. Ce doit-être terrible d'être enfant unique non?

- Pas du tout, c'est tout le contraire! J'ai tout ce que je veux, je n'ai besoin de rien partager et surtout pas mon futur héritage qui sera pour moi seul. C'est comme cela qu'on conserve intact une fortune Astoria! La mienne ne sera pas divisée ce qui fait que nous resterons toujours les plus riches. Pour cette raison je ne veux qu'un fils.

- Ça pourrait-être une fille unique.

- Et alors elle se marierait à un type dont je ne sais rien, elle porterait son nom et ses enfants et elle lui donnerait toute ma fortune. Non, hors de question, trancha-t-il. En plus ça impliquerait à terme la disparition de mon patronyme!

- Tu insinues donc qu'avoir une fille serait la pire chose qui puisse t'arriver?! Trouves-tu horrible que mes parents aient eu deux filles? S'irrita Astoria.

- Non, il faut bien que des familles puissent enfanter des filles pour que les sangs-purs perdurent, je dis juste que les Malefoy s'arrangeront toujours pour ne pas êtres les grands sacrifiés.

Astoria lui adressa un regard mauvais et elle récupéra sa main. Ils n'eurent pas le temps de discuter davantage, le spectacle reprit. Ils regardèrent silencieusement à nouveau jusqu'à la prochaine entracte. Comme pour la première partie, Drago avait été transporté et Astoria beaucoup moins. Entendre des chansons en italien c'était sympa une petite trentaine de minutes, mais ça devenait rapidement lassant tout de même. Il se tourna vers elle et elle lui adressa son plus radieux sourire.

- J'ai bien vu que ça t'ennuyait, t'es pas obligée de faire semblant. L'opéra c'est tout ou rien, on adore ou on déteste. Tu n'as probablement pas suffisamment de culture pour apprécier, dit-il avec un sourire ironique.

- Je te demande pardon?

- Tu ne parviens pas à saisir qu'ici il y a beaucoup plus d'émotions que dans tes bouquins de midinettes.

- La midinette que je suis à très envie de te frapper.

- Je rends toujours les coups et je suis plus fort que toi.

- Si tu me touches, mon père te régleras ton compte, répondit Astoria avec un air de petite peste pourrie gâtée.

Drago se pencha vers elle avec un air vicieux.

- Ton père? Mais lequel? Se moqua-t-il.

Astoria ouvrit la bouche, mais la referma presque aussitôt ne sachant pas le moins du monde quoi répondre à cela. Elle croisa les bras boudeuse, ce qui amusa beaucoup le jeune homme qui passa son bras derrières ses épaules.

- Arrête de faire la tête, chuchota-t-il. Dans le fond, je suis content que Virginia ait une morale assez douteuse, sinon tu n'aurais pas existé.

- Je suis le fruit d'un mensonge tordu et sale, permets-moi de ne pas me réjouir de cela. Que dirais-tu si tu apprenais que tu n'étais pas le fils de ton père?

Il plissa les yeux et la regarda comme si elle était une demeurée. Lui ne pas être le fils de Lucius alors qu'il était physiquement parlant son portrait tout craché?! C'était tout bonnement ridicule comme exemple.

- Bon d'accord, il ne fait aucun doute que tu es son fils, soupira-t-elle tandis qu'il esquissa un sourire satisfait. Tu te plais à me tourmenter n'est-ce pas?

- Tu ne connais pas le vrai tourment, murmura-t-il d'une voix hypnotique en lui caressant doucement le cou. Ce que je te fais est très gentillet, c'est de la taquinerie tout au plus, rien de très violent en somme...

Le regard que Drago posait sur elle la faisait littéralement fondre. Sa voix grave chuchotée l'ensorcelait à n'en plus pouvoir répondre de rien. Sa main caressant incessamment sa peau en un cercle régulier la faisait frémir. Drago tout entier la perturbait à presque n'en plus se souvenir qui elle était. C'était à la fois dérangeant et exaltant. En cela, outre ses mots parfois durs, il tendait à lui infliger une certaine violence. Il cessa brusquement tout geste et se ré-installa convenablement. Astoria resta figée sur place outrée par cette désinvolture dont il faisait preuve. Elle se pencha vers lui à son tour après quelques secondes.

- Avant que l'opéra ne reprenne je veux juste te dire, que si tu ne me donne pas une réponse claire ce soir, je profiterai des vacances pour définitivement t'oublier, te rayer de ma vie. Si tu ne sais pas choisir je le ferais.

Elle se ré-installa à son tour dans son siège et le spectacle reprit sans que Drago ne paraisse se formaliser de quoi que ce soit. Quand enfin ce fut terminé ils durent encore se rendre à la petite réception prévue pour tout le gratin britannique. Ils se dirigèrent dans une grande salle où résonnait un air de classique. Il y avait un buffet et de l'alcool à volonté pour les invités. Sylvio Gravencci fit son apparition, il vint saluer un peu tout le monde comme le protocole l'exigeait. Il y avait aussi quelques journalistes dans la salle qui photographiaient ses moindres faits et gestes. Drago la tira par le bras pour qu'ils aillent à sa rencontre. Quel bel italien il était ce Sylvio avec sa peau matte et ses cheveux grisés par l'âge.

- Bonjourno signore Malefoy, l'opéra était magnifico, n'est-ce pas? Déclara-t-il en bougeant ses mains dans tous les sens tandis que les flash et les bruits de "clic" envahissaient la salle.

- Absolument, monsieur Gravencci! S'exclama Drago mielleusement. Je vous présente mademoiselle Astoria Greengrass.

- Oh! Cara mia, que vous êtes belle! Approcciate, viens plus près que je te vois. Magnifica. Si tu n'étais pas déjà prise, je t'enlèverai pour que nous vivions dans ma belle Italie.

- Oh je vous en prie Sylvio, ria-t-elle niaisement.

- Tu vas peut-être craquer et rentrer avec moi, dit-il avec son fort accent en lui faisant un clin d'oeil. Avec moi, pas de soucis c'est la bella vita!

Drago intervint auprès de Sylvio pour discuter du spectacle. Cela dura un bon quart d'heure avant que Sylvio ne les quitte. Avant de partir il fit un baise main à Astoria ce qui la fit irrémédiablement rougir. Drago se tourna vers elle blasé.

- Ne te mets pas dans cet état, il fait ce numéro à toutes les femmes! C'est un Casanova! Tu es tellement sensible aux belles paroles, soupira-t-il en faisant allusion à Elvis. Enfin toi, toi en particulier, mais les filles en générale.

- J'aime qu'on me dise que je suis jolie, j'ai aimé le "cara mia" qu'il m'a dit! Tu n'aimes pas toi qu'une belle femme te dise à quel point tu es grand, beau, fort et intelligent? Sourit-elle.

- Ce n'est jamais désagréable, mais pour autant je ne suis pas là à imaginer nos fiançailles, le prénom de nos enfants et la couleur du papier peint juste parce qu'on m'a dit que j'étais pas mal.

- Hey! Je ne fais pas ça!

- Bien sûr que si, tu es beaucoup trop sensible à la flatterie, lui reprocha-t-il.

- Ce qui est sûr, c'est que tu ne m'as jamais donné l'occasion d'imaginer le prénom de nos futurs... pardon de notre futur fils, rétorqua-t-elle avec son petit air de chipie.

- Veux-tu que j'y remédie alors? Demanda-t-il dans un rictus.

Il lui tendit le bras. Elle hésita un instant, mais le prit finalement et il l'emmena hors de la salle, ils traversèrent plusieurs couloirs et ils se retrouvèrent dans une salle où il était écrit "interdit au public". Ils entrèrent malgré tout et trouvèrent la salle vide. Il jeta un sort pour fermer la porte, la souleva rapidement et la fit s'asseoir sur un espèce de bureau.

- Bon sang tu es fou!

- Peut-être bien, dit-il avec un sourire vicieux en posant ses mains sur ses cuisses ce qui la fit frissonner. Tu voulais une réponse claire ma douce Astoria? Je vais te la donner.

Il retira ses mains puis il l'embrassa tandis qu'elle enroula ses jambes autour de sa taille. Elle passa ses mains dans ses cheveux puis sur son torse. Lui, les siennes allèrent se loger dans le bas du dos de la jeune fille. Drago à mesure qu'il entendait la respiration d'Astoria s'accélérer, sentait le désir monter en lui. Dans l'élan, il descendit vers sa poitrine et recouvrit de baisers son décolleté. Elle le laissa explorer un bref instant son décolleté se délectant des sensations que cela lui procurait en oubliant un bref instant la bienséance.

- Ô juste ciel, un chaperon n'aurait pas... Oh là là! Pas été de trop..!

Avant qu'il n'y ait des débordements trop importants, elle attrapa son visage et le fit remonter vers le sien pour qu'ils s'embrassent de nouveau sur les lèvres. Il ne broncha pas. Ils continuèrent jusqu'à être essoufflés. Ensuite, il la fit descendre et après avoir repris leur souffle leur langue repartirent dans une danse endiablée. Il la plaqua contre le mur, ce fut si fort que des bouquins tombèrent de l'étagère fixée sur le mur. Leurs mains se baladaient chacun sur le corps de l'autre, la proximité les rendaient fous, leur respiration étaient bruyantes, ils n'avaient aucune envie de s'arrêter mais il le fallait! Drago mit fin au baiser le premier puis il engouffra sa tête dans le creux du cou de la jeune fille. Elle continuait de sentir son souffle chaud contre sa nuque. Elle lui caressa lentement le dos en pensant qu'il était raisonnable et galant. Ce n'était pas tout les garçons qui en de telles circonstances pouvaient s'arrêter. S'il ne l'avait pas fait, elle l'aurait fait plus tard de toute façon car elle tenait à sa vertu.

- Il faut que nous sortions d'ici Drago.

- Attends, laisse-moi un peu de temps pour.. redesc... reprendre mes esprits, se reprit-il toujours à bout de souffle. Il faut que tu te recoiffes, c'est le fouillis.

- Comment?! S'offusqua-t-elle. Oh non! Non, non, non!

Elle le repoussa vivement et posa une main sur ses cheveux et constata en effet que plusieurs mèches s'étaient échappées de son chignon. Elle chercha dans son sac un petit miroir et elle commença à se recoiffer tant bien que mal. Il fallait qu'elle se recoiffe de la même manière où alors ses parents se demanderait ce qu'il s'était passé.

- Ça va je suis bien là?

- Oui tu es bien... enfin, jolie d'ailleurs. Très jolie même.

Un sourire se dessina sur ses lèvres et elle s'approcha pour l'embrasser de nouveau. Il la prit par les épaules afin de la maintenir à distance.

- Non, je viens de retrouver mes esprits, tu es recoiffée on retourne à la réception boire une coupe de champagne et je te raccompagne chez toi.

- Je n'ai plus la tête à aller à la réception Drago et si on allait dehors prendre un peu l'air?

- D'accord. Astoria?

- Hum?

- Je t'ai fait oublié Sylvio n'est-ce pas? Demanda-t-il sur un ton suffisant.

- Oh caro mio, fit-elle d'une voix sensuelle. Face à toi de toute façon, personne n'est à la hauteur.

Cette fois ce fut autour de Drago de sourire satisfait. Il lui tendit son bras et ils sortirent s'asseoir sur le banc le plus proche de l'opéra. Le vent frais leur fit du bien. Au dessus d'eux un ciel étoilés, autour d'eux un petit coin de verdure fleuri. Bon sang heureusement que Willem n'était pas au courant de ce qu'il venait de se passer ou sûrement qu'il les aurait tué de ses mains. Enfin qu'importe Astoria venait de vivre son plus beau rendez-vous et cette fois le baiser, Drago, tout était pour de vrai. Finalement l'opéra allait peut-être devenir une passion! Ils restèrent une bonne demie-heure sur le banc puis Drago la raccompagna au manoir ou Willem l'attendait assis sur un fauteuil, feuilletant le journal et arborant toujours son air stricte qu'il aimait réserver à Drago.

- Alors cette soirée ma chérie?

- Ô père si vous saviez! L'opéra est un vrai régal pour les sens! S'exclama-t-elle joyeusement.

- Oh vraiment? Fit-il suspicieux en adressant un regard mauvais à Drago. Je suis ravi que ça t'ai plus Astoria. Dis bonsoir à Drago et monte, je voudrai m'entretenir avec lui un instant.

- Vous entretenir père?

- Tu as bien entendu, allons dépêche-toi.

- Merci Drago pour cette agréable soirée, lui sourit-elle.

- Je t'en prie.

Sur ce ils se quittèrent et Willem fit signe à Drago de le rejoindre dans son bureau. Il n'était pas très enthousiaste à l'idée de le suivre, mais puisqu'il le fallait! Il arbora son air le plus neutre possible et suivi monsieur Greengrass. Ce-dernier avait intérêt à ne pas être trop désagréable ou Lucius viendrait lui remettre les pendules à l'heure. Willem fit signe au jeune homme de s'installer face à lui. Il claqua des doigts et demanda à Zephyr de leur apporter deux whisky pur. Drago ne pouvait décemment pas refuser de boire où il passerait pour un homme faible, il devait le savourer pur, l'apprécier sans ciller.

- Monsieur Malefoy, Drago.. vous avez passé une bonne soirée avec ma fille?

- Oui monsieur.

- J'en suis fort aise vraiment. Soyez honnête mon cher, Astoria vous plaît-elle?

Cette question était très gênante et il n'avait aucune envie d'y répondre, mais Willem semblait bien déterminé à obtenir une réponse claire, nette et précise. Drago fronça les sourcils face à ce ridicule petit interrogatoire. Il était risible pour lui de voir monsieur Greengrass jouer les pères protecteurs et tenter de l'intimider en vain. Finalement il ne put s'empêcher d'esquisser un rictus, qui déplut fortement à l'homme en face de lui qui commençait à s'impatienter. Willem avait en horreur le petit air suffisant qui semblait ne jamais quitter le garçon.

- Répondez, ordonna-t-il.

- Oh mais je vais vous répondre monsieur Greengrass, répondit-il de sa voix traînante en se demandant si Théodore avait eu le droit au même interrogatoire pour Daphné. Disons que je l'apprécie beaucoup.

- Figurez-vous Drago Malefoy que j'apprécie également beaucoup, comme vous dîtes, ma fille. Si votre affection plus qu'amicale, je présume, est partagée, je me dois de vous rappelez certaines règles de bienséances. Savez-vous quel âge à ma fille? L'interrogea-t-il froidement.

- Elle a quinze ans, dit Drago simplement.

- Seulement quinze ans, vous êtes plus vieux Drago et j'ose l'espérer plus mature, mais je ne peux en être certain. Je tiens à ce que les choses soient claires, mes filles sont mes trésors, leurs bras sont de l'or vous comprenez? Je vous demanderai d'avoir avec ma fille une relation saine et pure, je vous demanderai de penser avec votre cerveau et pas ce qui se trouve entre vos jambes.

- Excusez-moi monsieur Greengrass, mais je puis vous assurer que cette discussion est inutile. Je respecte votre fille, vous l'avez bien éduquée et elle connaît ses limites. A défaut d'avoir confiance en moi, ayez confiance en elle et en votre éducation, répondit-il las.

Monsieur Greengrass plissa les yeux sans rien dire et il caressa lentement sa barbe en réfléchissant.

- Vous êtes un mangemort Drago, je ne veux pas que ma fille en soit une. Je veux qu'elle soit impérativement tenue à l'écart de tout cela, je ne la veux pas aller dans votre manoir, déclara-t-il d'une voix ferme.

Le père d'Astoria avait la conviction que Drago voulait la corrompre et la pervertir. L'inquiétude se lisait aisément dans ses yeux. Drago se saisit de son verre et en bu longue une gorgée qui lui brûla l'œsophage. Il reposa ensuite le verre toujours sous le regard de Willem. Ses gestes étaient lents et agaçants. Au fond il se fichait de donner une mauvaise image, Willem avait décidé de ne pas l'aimer et rien ne changerait cela. Dans le fond c'était plutôt compréhensible. Drago voulut signifier qu'il n'avait guère l'intention d'influencer Astoria dans les forces du mal, mais quelqu'un frappa à la porte et entra aussitôt. Il ne put donc dire un mot. Il se retourna et aperçut Virginia Greengrass. Ce fut la première fois qu'il vit madame Greengrass sans maquillage et il ne put s'empêcher de penser que sans, elle perdait bien du charme.

- Bonsoir mon garçon, comment allez-vous? Demanda-t-elle aimablement.

- Bonsoir, je vais bien merci.

- Willem laisse-le donc tranquille, ses parents vont s'inquiéter de ne pas le voir rentrer.

- Nous n'avons pas terminé notre petite discussion, rouspéta-t-il. Astoria est-elle couchée?

- Elle est à la salle de bain. Elle m'a confié avoir passé une merveilleuse soirée avec vous Drago, sourit Virginia.

- Moi également madame.

- Très bien, c'est très bien de partager les mêmes ressentis... Rentrez chez vous Drago et saluez vos parents de notre part.

- Je le ferai soyez en sûre. Bonne soirée.

Drago disparu aussitôt et Willem fut furieux de voir son autorité bafouée devant un jeune garçon par sa femme. Il se leva et s'approcha furieusement de son épouse.

- Tu penses pouvoir me contredire devant un enfant?! M'humilier?! Hurla-t-il.

- Tu n'as pas besoin de moi pour être ridicule Willem, siffla-t-elle.

- Tu es froide et incapable d'aimer saleté de bonne femme!

- Je ne vis que pour le bonheur de mes filles, toi, tu peux aller au Diable!

Virginia monta se coucher et laissa là son époux plus furieux que jamais qui frappa son poing contre le mur. Bon sang ce qu'il la détestait cette sale harpie qui ne faisait que son malheur. Il sortit de sa poche une clef, il déplaça un tableau et en ouvrit le coffre, lequel contenait les lettres passionnées de ses maîtresses qu'il passa la soirée à lire en buvant il ne sut combien de verres de Whisky.