Chapitre 15
Mon très cher Drago,
Voici mon premier moment de joie aujourd'hui, t'écrire.
Les étoiles ne quittent plus mes yeux. Je me réveille ce matin pleine de toi, envahie par les souvenirs de notre enivrante soirée passée. Un doux vertige me saisit quand je repense à ton regard, à tes mains, à tes lèvres. Je ne souhaite qu'une chose, te revoir car tu me manques déjà. Certainement, penses-tu que j'exagère! Pourtant, je jure sur le soleil que je n'oserais amplifier mes sentiments. J'ignore ce que mon tendre père a pu te dire, mais pitié ne retiens rien de votre discussion, ne te souviens que de moi. Mon très courageux Drago, je suis tellement inquiète de te savoir chez toi par les temps qui court, je t'en prie rassure-moi. S'il t'arrivait malheur, je crois que j'irais de mes mains punir l'auteur de ta souffrance. Crois-moi je n'ai pas peur de défendre ton honneur, vaincre pour toi est à présent ma seule et unique vocation.
J'espère que tu penses, ne serais-ce au moins, qu'un petit peu à moi.
Astoria.
Ma bien chère petite Astoria,
Ici, tout est long, terne et monotone, mais j'aime mieux t'épargner de davantage de détails. Je lis d'abord beaucoup de tendresse et ensuite beaucoup de rage dans ta lettre. Il me déplaît de devoir te faire la leçon, mais crois-moi, il n'est ni dans ton intérêt ni dans le mien de cultiver un tel ressentiment à l'égard de ces-autres que tu ne connais pas aussi bien que moi. Je préférerai que ton unique vocation soit plus raisonnable et moins dangereuse ma douce Astoria.
Malheureusement, je ne crois pas que nous puissions nous revoir avant la rentrée scolaire. Ne soit pas fâchée, crois bien que je préférerai être dans tes bras plutôt que dans cet endroit qu'est mon chez moi d'autrefois.
Il me tarde de te revoir, surtout ne fait pas de bêtises sans moi.
Drago MALEFOY
Astoria reposa la lettre violemment. Elle lui avait livrée son cœur, elle s'était mise à nue! Chaque lettre qu'elle avait couchée sur le papier avait été tracée avec une tendresse incommensurable. Et lui! lui! Il lui faisait la moral plutôt que de lui écrire des mots aussi doux. Elle s'était imaginée que sur papier il oserait davantage se dévoiler à elle, mais non, il n'en était rien. Il restait aussi froid et secret qu'un fichu Iceberg, elle le savait, elle ne voyait que le un neuvième de lui-même et cela l'effrayait. Astoria décida d'aller voir Daphné dans sa chambre afin de savoir ce qu'il en était d'elle et Théodore.
- Il t'écrit n'est-ce pas? Comment sont ses lettres? Sont-elles passionnées?
Daphné esquissa un sourire.
- Il est hors de question que je te fasse lire nos correspondances, mais je peux au moins te dire que Théodore à une plume magnifique.
- Magnifique..? Ô Daphné je t'en prie, j'ai besoin de savoir comment faire fondre la glace, se désespéra Astoria. Je veux des lettres endiablées, enflammées, brûlantes et...
- Astoria! Tes hormones te travaillent à ce que je vois, la coupa Daphné scandalisée. Je crois vraiment que tu t'emballes trop vite. Les sentiments ça prend du temps, crois-moi j'en ai fait l'expérience!
- Ce qui s'est passé à l'opéra n'est pas tombé du ciel, depuis le temps qu'on se connaît il a eu le temps d'éprouver pour moi d'ardents sentiments, s'agaça-t-elle.
- Tu vas lui faire peur ou l'ennuyer si tu continues, bailla l'aînée.
- Mais j'essaie simplement d'entretenir la flamme... ou du moins de la créer!
- Tu crois vraiment qu'il à la tête à cela en ce moment? Vraiment Astoria, il n'a pas besoin de davantage de problèmes.
- Pardon?! Tu sous-entends que je suis une source de problèmes?! Il a de la chance de pouvoir compter sur moi! Je suis une bénédiction pour lui! S'énerva la cadette.
- N'exagère pas! En plus vous avez déjà été ensembles et ça a foiré, alors peut-être que pour cette fois tu pourrais être plus patiente.
Daphné ne savait pas que leur relation avait été simulée. Personne ne le savait à part eux deux. C'était bien trop tordu pour être divulgué. La jeune brune croisa les bras boudeuse avant de sortir de la chambre en prenant soin de claquer de la porte. De toute la journée, elle ne cessa de faire la tête ce qui lui valut les réprimandes de la part de ses parents. L'idée d'aller rejoindre en pleine nuit Drago en transplanant avec Zephyr lui traversa l'esprit, mais finalement elle préféra, aux vues des circonstances actuelles, ne prendre aucun risques inutiles. Elle ne répondit jamais à la lettre de Drago, et ce-dernier ne sembla pas s'en formaliser. Il ne lui en envoya spontanément aucune. Elle cultiva l'étrange idée qu'il pouvait n'être avec elle que par défaut, simplement pour combler le vide qu'il devait ressentir. La fin des vacances arriva et il fallut repartir à la gare pour prendre le Poudlard Express. Astoria monta dans le train et vagabonda dans les couloirs à la recherche d'un compartiment adéquat. Quelqu'un lui attrapa l'épaule. Drago? Non, il s'agissait d'Isadora qui la prit dans ses bras. Qu'elle surprise ce fut. Astoria l'étreignit le plus fort possible et elles allèrent ensembles dans un compartiment où étaient déjà assis Blaise et Drago.
- Ça y est, tu l'as trouvé, sourit Blaise. Comment vas-tu Astoria?
- Bien, merci Blaise et toi tes vacances?
Il leur raconta qu'il était parti chez ses cousins du sud. Astoria perdit vite le fil de ce qu'il disait. Elle observa plutôt amèrement à quel point lui et Isadora étaient proches. Blaise avait un bras autour des épaules de la blonde, tandis que celle-ci avait posé une main sur son genoux qu'elle caressait lentement, l'air de rien. Lui de temps en temps, se permettait aussi quelques gestes du même type. Fréquemment, ils se regardaient et se souriaient. Astoria tourna la tête vers Drago et constata qu'au moins une place les séparait. Il ne semblait pas avoir l'idée de se rapprocher d'elle ou même simplement de lui adresser la parole. Pendant la majeur partie du voyage, il ne communiqua pas une fois directement avec elle. Ils partageaient les mêmes conversations, mais Drago se contentait de répondre à Isa et Blaise. Il ne rebondissait jamais sur ce qu'elle pouvait dire. Afin de ne pas s'énerver davantage, elle songea qu'il valait mieux quitter le compartiment.
- J'ai été ravie de vous revoir, mais veuillez m'excuser, il faut que j'aille saluer... les autres, expliqua-t-elle froidement.
- Tu ne peux pas attendre d'arriver au château? Demanda Drago qui pour la première lui accorda un peu de son attention.
- Je ne peux me résoudre à ne pas saluer dès maintenant tous ceux qui m'ont terriblement manqué, continua-t-elle sur un ton sec. Isa, on se voit tout à l'heure? Demanda-t-elle sur un ton beaucoup plus doux en souriant.
- Bien sûr! Oui!
Astoria sortit du compartiment vexée et alla s'installer dans celui où se trouver sa soeur, Théodore, Pansy et Elvis. Bien tant pis, elle serait la cinquième roue du carrosse. Théodore lui fit remarquer qu'il était bien content de la revoir et qu'en rentrant il fallait absolument qu'ils se fassent une partie d'échec comme au bon vieux temps! Elle accepta avec joie. Elle s'était un peu effacée par respect pour Daphné, mais il n'en restait pas moins qu'ils parvenaient à s'accorder des petits moments occasionnels. Daphné en générale ne s'en offusquait pas, elle semblait avoir compris qu'Astoria n'éprouvait aucun sentiments amoureux pour le jeune homme et vice-versa. De plus, le fait qu'elle soit avec Drago était très rassurant pour elle. Enfin si on pouvait réellement considérer qu'ils étaient ensembles continua-t-elle de bouder intérieurement. Une fois qu'ils furent arrivés devant le château Isadora refit apparition accompagnée des deux garçons.
- Tu as fini de saluer Théodore, sourit-elle.
- Isadora si tu veux bien nous excuser, je voudrais parler un moment avec Astoria, déclara Drago sur un ton neutre.
- Oh! Oui bien sûr! Vous devez avoir des tas de choses à vous dire, répondit-elle joyeusement. Viens Blaise rentrons, il fait froid.
Blaise et Isadora rentrèrent à l'intérieur. Astoria quant à elle, suivit silencieusement Drago. Il l'emmena beaucoup plus loin, à l'abris des regards et des oreilles indiscrètes. Une fois qu'ils furent suffisamment éloignés, Drago lui révéla son vrai visage. Il sembla soudainement très mécontent. Cela tombait bien, elle aussi était de mauvaise humeur!
- Je peux savoir quel est ton problème au juste? L'agressa-t-il. Je n'ai pas beaucoup apprécié ta manière de nous quitter figure-toi.
- Oh vraiment? Parce que tu ne semblais pas vraiment te préoccuper de moi tout à l'heure, lui reprocha-t-elle. Avec ou sans moi ça ne changeait pas grand chose non?!
- Je rêve, soupira-t-il. Tu aurais éventuellement pu commencer par me dire bonjour non?
- Blaise, lui, a pensé à me saluer dès que je suis arrivée, mais peut-être est-il simplement plus galant, lui reprocha-t-elle avec son air de peste. Il faut croire que je ne t'ai pas beaucoup manqué pendant ces vacances.
- Bien sûr, j'aurai dû te montrer à quel point je pensais toi en t'envoyant chaque jour des lettres tout en sachant que tu ne prenais même pas la peine d'y répondre. Qu'est-ce qui s'est passé tu étais trop occupée à faire les boutiques? Ironisa-t-il.
- Je ne t'ai pas répondu, zut alors! Ironisa-t-elle à son tour. Je t'ai envoyé une lettre magnifique et qu'ais-je eu en retour?! S'offusqua-t-elle. Sache que je mérite mieux que le chiffon que tu m'as envoyé.
Aucun mot ne sortit de sa bouche. Son visage se verrouilla. Sa lettre, un chiffon? Quelle garce. Bien sûr qu'il n'avait pas été aussi mièvre qu'elle, ça n'était pas son genre. Mais pour autant, il s'était livré. Il avait dit l'essentiel! Il lui avait fait comprendre qu'elle lui manquait et qu'il ne voulait pas qu'elle agisse stupidement car il tenait à elle! Et elle, elle qualifiait cela de chiffon... et bien qu'elle aille au diable! D'ailleurs il se jura qu'on ne l'y reprendrait plus. A quoi bon faire des efforts, s'ils étaient reçus de la sorte?! De toute façon, elle n'était jamais contente, il lui en fallait toujours davantage. Voyant qu'il ne disait plus rien, elle se sentit mal. Elle avança vers lui et lui toucha le bras, mais il le retira aussi vite comme si le contact était insupportable. Astoria baissa la tête.
- C'est juste que tu m'as beaucoup manqué...
- Sais-tu ce qu'il s'est passé chez moi pendant que tu te reposais tranquillement de ton côté?! Les rafleurs ont débarqué avec Potter, Granger et Weasley! Ça été un véritable désastre. Le seigneur des ténèbres a été appelé, mais devine quoi Potter a pu s'échapper in extremis comme toujours! Je te laisse le loisir d'imaginer la fin de l'histoire. Alors excuse-moi de ne pas être d'humeur sentimental! Je n'ai absolument pas la tête à ça figure-toi!
Encore une fois elle avait fait preuve d'égoïsme. Elle n'osait imaginer la fin de l'histoire comme il disait. La culpabilité s'empara d'elle à mesure qu'elle ressassait dans son esprit ses paroles. Elle devait probablement être la pire petite-amie de l'univers! En vérité Astoria manquait cruellement de maturité, à quinze ans on a le cœur qui s'emballe à mille à l'heure, à quinze ans on n'a pas le sens des réalités, à quinze on se cherche encore. Alors, dans un élan de regret, elle s'avança vers lui et le serra avec force dans ses bras.
- Je suis désolée, tellement désolée, déclara-t-elle en lui caressant le visage.
- Oublie. Aller rentrons. Moi je n'ai pas encore saluer les autres.
Alors qu'il s'apprêta à partir, Astoria resta immobile le regard dans le vide. Il lui attrapa la main pour l'entraîner, mais elle résista. Drago se retourna vers elle perplexe, sans lui lâcher la main.
- Astoria...
- Je suis une source d'ennuis pour toi. Depuis qu'on se connaît je n'ai fait que te causer du souci.
- C'est sûr que chaque jour est un défi avec toi, soupira-t-il tandis qu'elle baissa la tête. Tu es capricieuse, impulsive, immature, vaniteuse, perfide et brutale. Mais tu n'es pas que ça, tu es aussi ma plus fidèle amie.
Astoria attendit quelques secondes et voyant qu'il n'énumérait pas davantage de qualités elle fronça les sourcils.
- Hey! C'est très déséquilibré comme constat! Bouda-t-elle. Tu ne me trouves aucune autre qualité?!
Drago se frotta la mâchoire se donnant l'air de réfléchir, tandis qu'elle attendait patiemment la suite qui ne venait toujours pas. Elle lui mit une tape sur le bras.
- Attends je cherche! Se moqua-t-il.
- Et bien cherche mieux et cherche plus vite surtout!
Il la serra dans ses bras en souriant. De sa main il caressa doucement ses cheveux à un rythme très soutenu. Elle leva la tête, et il l'embrassa. D'abord ce fut très chaste, puis beaucoup plus frénétique. Il descendit lentement sa main au creux de ses reins, puis encore un peu plus bas. Ses deux mains agrippèrent finalement le postérieur de la jeune fille, qui émit un léger petit cri de surprise. Drago esquissa un léger sourire, puis s'approcha de son oreille.
- Tu as un joli petit cul, rebondi comme j'aime, chuchota-t-il.
Elle le repoussa du bout des bras en faisant la moue et en croisant les bras comme le ferait une petite fille.
- Tu ne peux pas m'aimer juste pour mon... enfin pour mes... pour mon... enfin pour, ça quoi! S'offusqua-t-elle.
- Quoi? Tu ne peux même pas dire ce mot? Ria-t-il.
- Si je le peux! Mais il est si vilain que je ne l'emploierai pas! Se justifia-t-elle à toute vitesse.
- Dis-le et je te donnerai une des raisons pour lesquelles je t'apprécie, déclara-t-il avec un air sournois.
Astoria ouvrit la bouche pour le dire, mais les mots ne vinrent pas. Son éducation l'en empêchait. Bien sûr parfois elle s'était permise de dire des grossièretés vraiment vilaines, mais dire quelque chose d'aussi sexuel et vulgaire c'était... impossible. Drago lui avait déjà touché -à travers ses vêtements!- le postérieur, il l'avait aussi déjà embrassé de manière très "libérée", pour autant dire un tel mot était vraiment quelque chose de difficile, de gênant. Les garçons avaient plus d'aisance pour parler de ces choses là. Les jeunes filles, elles, devaient entretenir une certaine pruderie. Elle ouvrit la bouche à nouveau, mais le blocage était toujours là. Elle n'osait pas dire ce mot affreux.
- Bon tant pis mon cœur, nous avons tous nos limites. Aller retournons au château, il fait froid, reprit-il dans un rictus diabolique.
"Mon coeur", bon sang ce qu'elle aimait qu'il l'appelle ainsi. Cela eut suffit à la remettre d'aplomb. Il lui tendit la main et elle l'attrapa avant de se serrer contre lui. Elle l'embrassa délicatement sur la joue. Effectivement, elle était froide. Ils rentrèrent main dans la main et allèrent saluer le reste de leurs camarades.
Plusieurs jours passèrent et une certaine routine s'instaura entre eux. Ils prenaient leurs différents repas assis l'un à côté de l'autre. S'ils se croisaient dans un couloir entre deux cours, ils s'échangeaient un léger sourire pudique. Le soir avant d'aller s'endormir ils essayaient de se retrouver à l'abris des regards pour s'échanger un baiser de bonne nuit, sinon c'était tout simplement un baiser sur la joue. Ils n'étaient pas comme Isadora et Blaise, ils ne s'affectionnaient pas sans arrêt en public. Bien au contraire, ils préféraient que ces moments ne soient réservés qu'à eux deux, ils ne partageaient pas grand chose de leur relation avec le reste de leurs camarades. Pour autant, tout le monde savait qu'Astoria était la petite-amie de Drago, si un garçon quelconque osait se montrer trop intime envers elle, il fallait qu'il s'attende à en payer les conséquences.
Très vite le mois d'avril toucha à sa fin. Le premier mai de prime abord sembla être une journée ordinaire Ce vendredi comme tous les autres jours de la semaine, ils avaient petit-déjeuner ensembles. Ensuite chacun avait été en classe. Astoria avait eu art de la magie noire avec le professeur Carrow. Comme d'habitude ce-dernier s'était montré sadique et pervers envers les élèves impurs. Ensuite elle était sortie puis avait été déjeuner avec ses camarades et Drago. Elle avait réussit par chance à se dégoter un blanc de poulet, la partie que préférait la plupart des élèves. Ils étaient ensuite retournés en classe. Isadora et Astoria s'étaient dirigées vers la salle de métamorphose pour deux heures de calvaire. Le soir pointa ensuite le bout de son nez et c'est à partir de là que la fameuse journée ordinaire bascula en quelque chose de tout à fait invraisemblable.
Tous les élèves furent réunis en rang dans la grande salle. Personne ne savait pourquoi. L'ambiance était très tendue et la plupart des estomacs noués. Le silence dans la pièce pesait énormément et Astoria priait pour que le professeur Rogue commence à parler. Il demeura quelques instants silencieux. Elle tourna alors discrètement la tête vers Drago qui se tenait quelques rangs derrières elle. Ce-dernier se tenait droit et ne quittait pas du regard le directeur. Quand Severus Rogue se décida enfin à parler, ils apprirent que Potter pouvait être dans le château. Si jamais quelqu'un avait eu vent de la présence de l'élu, il fallait à tout prix se manifester. Des chuchotements résonnèrent à travers la salle, Rogue y mit fin. Plus personne ne parlait, tout le monde s'observait.
Rogue arborait son traditionnel air pincé. Il commença à déambuler patiemment entre les rangs. Chacun de ses pas étaient lourd et bruyant. Subitement le calme fut rompu par l'apparition de Potter. Toutes les têtes sans aucune exception se tournèrent vers lui. Tout se passa très vite, rien de tout cela ne paraissait être réel. Astoria regardait la scène sans véritablement la voir. Potter défiait Rogue avec cette impertinence qui lui allait si bien. Elle perdit rapidement le fil des événements. Elle reprit conscience de son environnement lorsque Voldemort fit passer un message. Il fallait lui livrer Harry, la guerre était déclarée. Ce soir tout se jouait. Des vies seraient sacrifiées au nom d'idéaux. Son oncle serait présent et il se battrait aux côtés du seigneur des ténèbres. Il pourrait mourir ce soir. Elle aussi et puis Daphné, Drago, Isadora, Théodore et tous les autres. Un frisson d'effroi la traversa. Les élèves commençaient à s'agiter et très vite ce fut la cohue.
- Mais il est là ! Potter est ici ! Que quelqu'un s'en empare ! S'exclama Pansy.
La réponse du professeur McGonagall se fit rapide et ferme. Rusard avait pour ordre d'escorter tous les serpentards aux cachots. Ils seraient traités comme des prisonniers. Enfermer comme des moins que rien, comme des parasites. Astoria n'avait aucune envie de suivre ce stupide concierge. Il fallait qu'elle trouve son oncle. Tout ce qui lui importait c'était d'être avec lui. Elle craignait plus que tout qu'il puisse être sacrifié pour Voldemort. Il fallait qu'elle le voit, car il se pouvait bien que ce soit la dernière fois. Elle avança tête baissée par l'humiliation, poings serrés par l'énervement. Ses pieds se traîner sur le sol, elle ne savait pas quoi faire. Absolument pas.
- Astoria, fit Drago en lui attrapant le bras.
Il allait partir, il ne resterait pas aux cachots, elle pouvait le lire sur son visage. Il avait sa mine inquiète, sa mine habituelle lorsqu'il s'apprêtait à faire quelque chose qu'il savait dangereux mais sans issues possibles. Elle se mordilla nerveusement la lèvre sans rien dire. Drago fouilla dans le fond de sa poche tout en continuant d'avancer. Il en sortit l'amulette que la jeune fille lui avait donné l'an dernier. Il l'avait gardé pendant tout ce temps.
- Garde-la avec toi.
Elle s'en saisit à contre-cœur sans rien dire. Sa main était tremblotante et son teint incroyablement pâle. Jamais auparavant elle ne s'était sentie aussi mal. La peur de perdre ses proches la rendait malade. Elle serra le plus fort possible l'amulette dans sa main en songeant qu'il en aurait certainement davantage besoin qu'elle malheureusement.
- Je dois y aller, j'ai des choses à faire, chuchota-t-il. Toi tu vas aux cachots avec les autres et tu attends... tu m'attends.
Les larmes montèrent à ses yeux. Elle dut se faire violence pour ne pas les laisser couler. Ça n'était pas le moment de pleurer, en fait, c'était bien la dernière chose à faire.
- Astoria tu m'as bien compris? Demanda-t-il sur un ton intransigeant.
- Fais bien attention à toi surtout. Ne pense qu'à ta propre survie, à partir de maintenant tu n'as plus d'amis, seul toi compte tu entends? Et si pour vivre tu dois faire quelque chose d'immoral, d'humiliant ou que sais-je tant pis! Tu comprends? Déclara-t-elle au bord de l'effondrement la voix tremblante.
Il acquiesça avant de disparaître dans la foule. Astoria respira un grand coup pour essayer de se calmer. Ça ne fonctionna pas. Jamais elle ne pourrait tenir dans les cachots, jamais elle ne pourrait attendre des heures cachées avant de savoir si oui ou non son oncle ou Drago avaient été tués! Peu importe si Daphné la voyait, il fallait qu'elle parte maintenant! Elle s'en alla en courant, le plus vite possible et sans se retourner pour éviter d'entendre ou de voir les remontrances de sa sœur aînée. Elle couru à toute vitesse dans les couloirs. Elle n'avait que faire de rentrer dans les gens ou de manquer de trébucher. Elle ne voulait qu'une seule chose, la survie des siens. Petit à petit les couloirs se remplirent. Des sorts en tout genre étaient jetés de par et d'autres. Elle manqua de se prendre un doloris à deux reprises. Elle passa entre les jambes d'un géant, elle manqua de tomber en se prenant les pieds dans les divers cadavres, mais peu importe elle continuait d'avancer. Subitement quelqu'un la stoppa dans sa course effrénée. Une énorme main l'avait attrapé par le col et soulevée à quelques centimètres du sol. Elle se sentait étouffer par la compression de sa chemise serrée sur sa gorge. La personne relâcha la prise pour la laisser respirer de nouveau. Elle se retourna et découvrit affolée la personne qui l'avait arrêté.
- Oh mince!
- Qu'est-ce que vous faîtes là imbécile? Vous devriez vous cachez plutôt que d'être ici! Je ne vois pas très bien ce qu'on pourrait attendre d'une fille qui se laisse plus facilement guider par l'émotion que par la raison! L'agressa-t-il en la maintenant face à lui par les épaules.
- Lâchez-moi espèce de brute, s'agita-t-elle.
- Remarque.. il se pourrait que cette expérience t'endurcisse. Reste avec moi bécasse, tu vas te battre à mes côtés ou je te tue, est-ce clair? La menaça-t-il.
- Si vous me tuez, Isaac se chargera de vous!
- Encore faudrait-il qu'il sache que je suis à l'origine de ta perte, ria-t-il froidement. Bon trêve de bavardage, on y va!
Et c'est ainsi que malgré elle, Astoria se fit entraîner en plein cœur de la bataille.
Merci pour vos reviews, j'espère que ce chapitre vous plaira. Bisous!
PS : Ce chapitre peut sembler un peu court, le prochain sera plus long.
Merci d'avoir lu. Au revoir :)
