Chapitre 16


Mais quel cauchemar! Voilà qu'elle se retrouvait à courir avec son professeur d'art de la magie noire à travers tout le château. Elle essaya bien une fois ou deux de se perdre dans l'immense foule, mais ce fut sans compter sur Amycus qui ne cessait de vérifier qu'elle suivait bien et ce à son plus grand désarroi. Il s'arrêta brusquement et l'attrapa par les épaules.

- Je vais t'initier aux forces du mal, tu vas goûter aux plaisirs interdits. Ô ma chère Astoria, je vais faire disparaître toute trace de candeur chez toi, ria-t-il cruellement.

Astoria déglutit difficilement face à ces paroles. Il commença à lui caresser le visage en la fixant droit dans les yeux. Il se plaisait tant à la faire se sentir mal à l'aise. Doucement sa main descendit à son cou pour compresser sa trachée. Respirer devenait à présent difficile.

- Je te conseil vivement d'être bien docile, crois-moi c'est dans ton intérêt.

Il relâcha la pression et sa main continua de descendre jusqu'à frôler la poitrine de la jeune fille qui était paralysée de peur.

- Ton petit air effrayé, te rend incroyablement désirable... mais nous n'avons pas le temps.

Il relâcha tout emprise sur elle et ils continuèrent d'avancer jusqu'à se retrouver en plein cœur du danger. Le terrible Amycus, pour commencer le massacre avait décidé de frapper fort et de lancer un message clair à la jeune serpentard. Devant eux, se tenait pétrifiée, Bertina Hookednose, une née-moldue de l'année d'Astoria. Outre le fait qu'elles avaient le même âge, elles partageaient de nombreuses similitudes physiques. S'en était malsain. Il lui jeta un puissant sortilège de magie noire qui la fit tomber sur le sol en hurlant. Il laissa durer le plaisir un moment. La vision de cette jeune fille qui gesticuler devant ses yeux était insupportable pour Astoria. Jamais elle n'avait été confrontée directement à autant de souffrance et elle avait envie de fondre en larme.

- Tu veux que soit mis un terme à sa douleur? S'amusa-t-il en lui caressant le dos. Tue-la.

Elle ne put davantage se retenir de pleurer. Refusant d'être complice d'un si terrible crime, elle secoua vivement la tête de gauche à droite.

- Bien alors nous la regarderons mourir dans d'atroces et longues souffrances. Imagine-toi une lame chauffée à blanc la brûlant de toute part et ce de manière constante, chuchota-t-il. Pchiiiiiiiiiiiiiit!

- S'il vous plaît, arrêtez!

- Pourquoi? Le spectacle me plaît, expliqua-t-il en lui tripotant le postérieur un bref instant avant de remonter sa main. Surtout ne t'avise pas de détourner les yeux!

De force plus que de gré, elle observa la scène se demandant si effectivement elle ne devait pas abréger les souffrances de la jeune fille qui finirait de toute façon par périr. Avant qu'elle n'ait eu le temps de prendre sa décision un jet de lumière bleu s'abattit sur la jeune fille et le sortilège du professeur Carrow perdit tout effet. Ce-dernier fut très en colère de la tournure que prenait les choses.

Remus Lupin s'avança baguette tendue, le défiant. S'en suivit un duel des plus éprouvants. La bataille était difficile, les deux semblant être de même niveau. Leurs gestes étaient rapides et violents. Astoria manqua de recevoir un cuisant sortilège, mais elle parvint à l'éviter grâce au professeur Amycus qui la poussa d'un coup sec. Elle se retrouva les fesses sur le sol, saine et sauve. A contre-cœur elle baragouina un léger merci que son professeur n'entendit même pas trop concentré.

- Aide-moi Ast'! Utilise ta putain de baguette! S'énerva-t-il en continuant le duel.

D'une main tremblante, la jeune fille se saisit de sa baguette. Cela eut peu d'effet, elle n'était clairement pas au niveau par rapport à ces deux hommes d'expérience. Le duel continua un long moment et très vite leurs forces respectives commencèrent à s'épuiser jusqu'à ce que le professeur Carrow se retrouve gravement blessé. Lupin leva sa baguette pour l'achever. En réponse à cela, Astoria leva la sienne hésitante se demandant si elle devait rendre la politesse à son professeur en désarmant Lupin. Après tout, il l'avait aidé à éviter un sort fatal, elle devait un faire de même par principe pensait-elle. Enfin, cela dit, il l'avait amené en plein cœur du danger et il la terrifiait plus que n'importe qui...

Finalement, elle n'eut pas le temps de faire quoi que ce soit. Un autre mangemort s'en occupa et Lupin se retrouva prit dans un nouveau duel. Astoria observa attentivement le nouveau combat soulagée de ne pas avoir eu à prendre de décision cruciale.

- Bordel, aide-moi Ast'!

Amycus était assis parterre, le bras ensanglanté ainsi qu'une partie de son abdomen. Elle accourra vers lui et l'observa les yeux écarquillés. Il lui fallut quelques secondes pour reprendre ses esprits. Une fois chose faîte elle se baissa pour se mettre à sa hauteur.

- Vous saignez professeur!

- Perspicace, ironisa-t-il les dents serrés. Bon magne-toi!

- Que dois-je faire?! Paniqua-t-elle.

Il lui expliqua quels soins elle devait lui administrer et elle s'exécuta au plus vite avant qu'ils ne se fassent attaquer. Les blessures ne guérirent pas totalement, mais suffisamment pour qu'il puisse se relever. A présent, il n'était plus apte à se battre en duel ou a plusieurs. Son état était encore trop faible. Il se releva et s'appuya sur la jeune fille qui l'emmena dans un coin plus calme en essayant d'éviter au maximum les attaques de l'ordre. Ils n'eurent pas le temps d'aller se réfugier que Voldemort fit passer un second message. Il accordait une trêve au cours de laquelle Potter était prié de se rendre. Amycus utilisa ses dernières forces pour transplaner avec Astoria direction le QG du seigneur des ténèbres. Leur arrivée se fit remarquer. Les mangemorts se retournèrent sur la jeune fille, tous un peu surpris. Voldemort s'approcha.

- Mon cher Amycus que nous ramènes-tu là? Demanda d'une voix mielleuse Voldemort.

- Il s'agit d'Astoria Greengrass maître. Elle a préféré venir se battre plutôt que de se cacher!

- Intéressant, sourit-il en attrapant le menton de la jeune fille.

Astoria frissonna d'effroi au touché de cette main meurtrière, froide et pâle. Elle n'avait absolument pas préféré venir se battre, Carrow l'avait menacé de mort, mais enfin ça n'était pas le moment de polémiquer là dessus. C'était la première fois qu'elle voyait Voldemort et bon sang qu'il était laid avec son teint cadavérique, ses yeux rouge et sa face de serpent! De son mieux elle tenta de demeurer neutre. Elle ne devait pas montrer sa peur, mais pour autant il ne fallait pas avoir l'air arrogante devant lui. Il tourna autour d'elle et il l'observa de la tête au pied avec un rictus. Finalement il s'arrêta face à elle, la fixa droit dans les yeux et soudainement elle le sentit s'immiscer dans le fond de son esprit. Elle tenta vainement de résister à cette intrusion, mais il était trop fort. Elle se sentit violée dans son intimité, il se permettait l'accès à ses plus secrètes pensées. Sa présence dans sa tête sembla interminable et parfaitement insupportable.

- Tu es si facilement pénétrable, ria-t-il tandis que quelques mangemorts l'accompagnèrent l'air goguenard face à cette allusion lourde de sens qu'Astoria ne sembla pas tout à fait saisir.

Isaac contrarié par la scène qui se déroulait face à lui, s'avança prudemment vers son maître. Il adressa un regard mauvais à sa nièce qui baissa aussitôt la tête.

- Ma douce enfant, pure et belle, fit-il d'une voix plus douce en lui caressant les cheveux de ses longs doigts. Est-ce avec honneur qu'un jour tu élèveras tes enfants en vertu de nos valeurs?

- Oui monsieur, trembla-t-elle.

- Monsieur? Répéta-t-il surprit. Ce n'est pas comme cela qu'on me nomme. Recommence comme il faut avant que je ne m'énerve, exigea-t-il.

- Oui... m-maître.

- Bien, retourne donc auprès de ton oncle. Amycus doit se faire soigner à présent.

Isaac l'agrippa violemment par le bras et l'entraîna un peu plus loin au pied d'un arbre. Il ne lui lâcha pas le bras, au contraire il resserra sa poigne de plus en plus, s'en était incroyablement douloureux. S'il avait pu, il l'aurait giflé immédiatement. Astoria gardait la tête baissée, n'osant pas affronter le regard sombre de son oncle.

- Je suis désolée d'être ici, essaya-t-elle peu confiante.

Il ne répondit rien.

- Mon oncle s'il vous plaît...

- Tu es une sotte! Que veux-tu que je te dire? S'énerva-t-il. Au lieu d'aller te réfugier, tu décide de te battre avec Carrow! Non mais... Carrow!

- Je vous cherchez et alors c'est lui qui m'a trouvé et m'a imposé de lui suivre, chuchota-t-elle.

- Je m'en fiche, tu n'avais pas à être dans les couloirs! Tu n'es qu'une petite inconsciente!

- On croirait entendre père, marmonna-t-elle.

- Oh vraiment? Ironisa-t-il. Va donc t'asseoir plus loin et tâche de ne plus te mettre dans le pétrin!

Très docilement elle alla s'installer près d'un arbre. Au moins elle était contente de savoir que son oncle n'était ni blessé, ni mort. Elle ramassa une feuille dans sa main qu'elle découpa en un tas de petits morceaux. Elle recommença encore et encore, en attendant que les choses bougent, en attendant que Potter se montre ou non. Tandis qu'elle continuait son petit manège, elle sentit subitement une présence. Elle leva la tête et aperçu madame Malefoy. Aussitôt vu, elle lâcha les feuilles et se releva en époussetant ses vêtements et en recoiffant ses cheveux afin d'avoir l'air un minimum présentable.

- Est-ce que mon fils est vivant Astoria?

Drago..! Elle n'en savait rien! Elle ne l'avait jamais croisé avec Amycus! L'inquiétude se lisait facilement sur le visage de Narcissa et Astoria s'en voulut de ne pas pouvoir la rassurer comme elle aurait dû le faire. Elle était sa petite-amie et elle n'avait pas fouiller le château de fond en comble pour le trouver et s'assurer qu'il allait bien! Elle était si indigne!

- Astoria répondez-moi immédiatement, s'impatienta-t-elle.

- Je.. je n'en sais rien madame. Je ne l'ai pas vu.

A cet instant Narcissa lui adressa un regard que jamais elle ne pourrait oublier, celui d'une mère meurtrie. Narcissa craignait qu'il lui soit arrivé quelque chose de grave et l'idée que son fils unique puisse être blessé ou mort lui était insupportable. Lucius et elle n'avaient eu de cesse que de le chercher en vain. La vie de Drago était menacée et elle était impuissante. Aucune sensation ne pouvait être pire que cela et elle était prête à damner le monde entier pour les beaux yeux de son petit garçon.

- Pourquoi es-tu venu te battre?

- Je voulais voir mon oncle. Je sais que c'est très idiot, mais l'idée qu'il puisse mourir me terrifie et je voulais être avec lui quoi qu'il arrive.

- Ça ne semble pas être idiot... Chuchota-t-elle le regard dans le vide.

Le contact fut rapidement rompu par l'apparition de Potter. Il n'y eut aucune joute verbale, Voldemort tua d'un sort impardonnable l'élu qui étonnamment n'émit aucune résistance. Son corps tomba sur le sol dans un lourd silence. Narcissa alla vérifier son état. Elle se baissa sur lui, puis après quelques secondes annonça sa mort. Alors tout était fini pensa Astoria. Les forces de Voldemort avaient vaincu, la guerre était terminée! Ça avait été si facile, s'en était presque trop beau. Ils retournèrent au château annoncer leur victoire. Astoria marcha près de son oncle qui la tenait fermement par le bras. Sa mauvaise humeur ne sembla pas s'être évaporer par ce qui aurait dû être pour lui une heureuse nouvelle.

Une fois arrivé, Voldemort annonça avec fierté la mort de l'élu et des cris de désespoirs résonnèrent depuis l'autre camps. Il appela ceux qui le souhaitait à le rejoindre maintenant, tandis qu'il ne cessait de triompher de sa victoire. Le camps des vaincus était abattu et découragé. Que faire alors même que les mangemorts étaient plus nombreux et que l'élu ne vivait plus? Voldemort se délectait de leur état piteux, la victoire n'en était que meilleure, elle était écrasante.

Neville Longdubat décida malgré l'effrayante réalité, de se battre jusqu'au bout et de remotiver autant qu'il le put ses troupes. Il s'avança vaillamment et accomplit son oeuvre sous les yeux du seigneur des ténèbres qui l'observait d'un œil moqueur. Si Longdubat ne voulait pas se plier, alors il suffirait de le tuer. Voldemort était désormais le sorcier le plus puissant et tout ceux qui refuserait de se prosterner connaîtraient la mort ou un sort plus terrible encore. Enfin.. c'était sans compter sur Harry qui subitement sembla se réveiller d'entre les morts. A cet instant l'agitation gagna les rangs de Voldemort et certains quittèrent le combat. La colère du seigneur des ténèbres était à son paroxysme. Ce petit morveux était décidément increvable! Astoria tourna la tête vers son oncle, elle remarqua à quel point il était furieux. Ainsi Narcissa avait menti...

- Va te mettre à l'abri, ordonna-t-il. Tu me gênerais plus qu'autre chose.

- Vous... vous restez? C'est de la folie!

- Si la défaite est pour notre camps, je serais condamné. Je n'ai absolument rien à perdre, trancha-t-il.

- Si! Votre vie et ça, ça n'est pas rien! S'offusqua-t-elle paniquée. Vous pourriez fuir, vous êtes un corbeau après tout, chuchota-t-elle.

- Très franchement je préfère mourir que de vivre dans un monde où Potter est le héro, où tous nos idéaux sont bafoués par ces moins que rien. Maintenant fiche-moi le camp! S'exclama-t-il brusquement tandis que les yeux de la jeune fille s'embuèrent de larmes. Astoria, reprit-il d'une voix plus douce en lui frottant affectueusement le bras. Va te cacher et ne sors que lorsque tout est redevenu calme. Quoi qu'il arrive, peu importe qui sera le vainqueur, tout ira bien pour toi.

- Je ne veux pas que vous mourriez.

- Ma vie a peu d'importance Astoria, mais pas la tienne. Tu es encore si jeune, crois-moi tu as des tas de choses à vivre.

- Vous êtes important pour moi, vous n'imaginez pas le chagrin dans lequel je serais si vous...

- Ecoute-moi bien ma petite, mon sang et ma chaire, chuchota-t-il en lui caressant le visage. Ma décision est prise, je ne changerai pas d'avis. Je suis... Je suis désolé d'être un si mauvais parent et de ne pas être à la hauteur de ce que tu mérites. Je suis bien souvent trop égoïste et ce soir je vais l'être plus que jamais en t'abandonnant, ne pleure pas pour moi, va de l'avant et essaie de devenir une femme responsable et raisonnable... enfin pas trop non plus, sinon la vie perd toute sa saveur, sourit-il.

- Je ne sais pas pourquoi je pleur, je suis si défaitiste! Si ça se trouve vous allez survivre, déclara-t-elle soudainement un brin optimiste.

- Oui si ça se trouve, haussa-t-il les épaule toujours avec son léger sourire. Maintenant va-t-en, je dois impérativement y aller.

Astoria acquiesça avant d'étreindre pour la première et peut-être dernière-fois de sa vie Isaac. Ce fut très bref, il n'y avait plus une minute à perdre. Elle regarda une dernière fois son oncle tentant de mémoriser au mieux chacun des traits de son visage ce qui fut difficile du fait que sa vision avait été rendue trouble par les larmes. Ensuite, elle alla se réfugier dans un coin plus calme, l'estomac incroyablement serré. Elle ne sortit de sa cachette que lorsque l'environnement autour d'elle parut moins hostile, que lorsque l'effroyable boucan cessa. Tout semblait plus tranquille à présent mais elle ignorait si tout était réellement terminé. Elle marcha dans les décombres. La poussière dans les airs gênait sa respiration à tel point qu'elle fut prise par une violente quinte de toux. L'idée de trouver le corps mort d'une des personnes qu'elle chérissait le plus la rendait folle. Une soudaine sensation de vertige l'obligea à s'arrêter à instant.

- Astoria.

Elle reconnut aussitôt la voix d'Elvis, bien que contrairement à d'habitude elle soit particulièrement faible et tremblante. Qu'il était étrange de le voir aussi vulnérable, lui qui d'habitude affichait une assurance et une arrogance sans limites. Cette nuit, il était juste sale et désemparé.

- Aurais-tu croisé mon oncle par pur hasard? Demanda-t-elle une once d'espoir dans la voix.

- Je l'ai... oui... il... il est mort désolé, répondit-il l'étant sincèrement.

Voyant sa camarade s'effondrer, sans hésiter il l'a prit dans ses bras où elle se laissa longuement aller. Tandis qu'elle laissait sortir son chagrin, il lui caressait le dos. Cette nuit, c'était tout ce dont elle avait besoin, un peu de réconfort. Il l'écarta quelques instants plus tard.

- Je ne trouve pas mon père, lâcha-t-il lui aussi au bord des larmes.

La jeune fille sécha ses yeux et respira un bon coup avant de lui tendre la main.

- Allons le retrouver.

Il acquiesça et lui attrapa la main. Ils cherchèrent un bon bout de temps sans parvenir à trouver son corps. L'expérience était des plus éprouvante. Parfois Elvis pensait voir le cadavre de son père parterre, alors il resserrait pendant une seconde sa main sur celle de la jeune fille avant de s'apercevoir qu'il faisait erreur. Ils continuèrent d'avancer, mais le résultat resta le même. Ne pas trouver le corps était la pire chose possible. Cela signifiait ne pas savoir pour de bon si la personne vivait encore ou non. Cela signifiait restait dans une insupportable ignorance.

- S'il n'est pas mort, il ira pour sûr à Azkaban... Il a été tellement impliqué, c'est... c'est inévitable. Il a dû s'enfuir... je suppose..

- Partir sans toi?

- Sûrement qu'il fallait faire vite Astoria, se cacher avant qu'on ne l'attrape. Mais il va être retrouvé, ils feront tout pour, c'est peine perdu, déclara-t-il défaitiste. Ma pauvre mère, elle va être dévastée.

Ils continuèrent de chercher un moment en vain. Monsieur Yaxley demeurait introuvable. Fatigués par les événements survenus tout au long de la nuit, ils allèrent s'asseoir sur le banc le plus près à l'extérieur du château. Astoria aurait bien voulu entrer afin de chercher sa sœur, Drago, Isa, Théodore et tout les autres, mais Elvis ne semblait pas avoir le cœur à aller plus loin. Face à sa peine immense, elle décida d'obtempérer. C'était évident qu'il ne voulait pas aller dans la grande salle où les vainqueurs fêteraient leur triomphe.

- C'est insupportable de rester ici, je voudrais rentrer chez-moi au plus vite.

- Je sais... ça ne devrait plus trop tarder je suppose.

- Non tu ne sais pas ce que je ressens. Tu as perdu ton oncle, moi j'ai perdu mon père ce n'est pas tout à fait la même chose. Même si pour la société entière il est un salaud, pour moi il est et restera l'homme le plus extraordinaire qu'il m'ait été donné de rencontrer. Tu comprends, j'ai jamais eu besoin de tous ces héros qu'on trouve dans les bouquins... je l'avais lui...

Comme toujours Elvis savait trouver les mots les plus beaux et les plus justes qui soit. Il débordait d'admiration pour son père et ce soir il était meurtri par sa perte. Cependant, elle eut un pincement au cœur quand il suggéra que la perte d'Isaac n'était rien à côté. Bien évidemment c'était différent, mais il était douloureux de voir sa peine être minimisée par les autres. Elle décida de laisser passer ce commentaire, n'ayant pas la force d'entrer en conflit cette nuit.

- J'ai perdu mon père ce soir... je l'ai perdu pour toujours... je... mais qu'est-ce que je vais faire? S'effondra-t-il.

Le voir dans une telle détresse la déstabilisait au plus haut point. Elle sortit un mouchoir en tissu de sa poche et elle essuya soigneusement son visage noircit par la crasse, humidifié par les larmes et la transpiration.

- J'aimerai pouvoir faire quelque chose pour toi, regretta-t-elle.

- A ce stade il n'y a plus rien à faire. Il ne reste plus qu'à... attendre.

Il laissa tomber sa tête sur l'épaule de la jeune fille qui resta aussi droite qu'un piquet. Les parents devaient avoir été prévenus de la bataille. Certainement qu'ils arriveraient d'une minute à l'autre à présent. Astoria attendrait avec lui, jusqu'à temps que madame Yaxley arrive pour s'occuper de lui. Elle ne pouvait décemment pas le laisser seul. Le voir aussi triste l'avait forcé à mettre un instant sa propre peine de côté, même si elle était toujours bien présente et douloureuse. Alors que le temps défilé effroyablement lentement, elle vit soudainement la famille Malefoy passer devant elle. Ils devaient être en chemin pour rentrer chez eux. Voir Drago la soulagea d'un poids. Il était vivant. Il la remarqua au loin, il parla un bref instant à ses parents avant de venir la rejoindre. Astoria aurait voulu se lever pour se jeter dans ses bras, mais ça n'était pas possible car Elvis s'était endormi sur son épaule.

- Tu es vivante... chuchota-t-il presque pour lui-même.

- Ma sœur? Est-ce que tu as vu Daphné? Et les autres? Théodore? Et Isadora? Pansy aussi, est-ce qu'elle va bien?! Ils vont tous bien n'est-ce pas?Demanda-t-elle à toute vitesse inquiète.

- Tout le monde va bien, enfin.. sauf Crabbe il est... mort.

- Oh... Vincent, soupira-t-elle tristement.

Elvis n'étant plongé que dans un demi-sommeil, ouvrit les yeux à l'entente de cette nouvelle. Vincent n'était plus, comme il était étrange d'imaginer qu'un camarade de leur âge soit mort, un camarade qu'ils avaient connu. Il enleva sa tête de l'épaule de la jeune fille. Normalement Drago aurait dû s'énerver de voir un garçon aussi proche de sa petite-amie, mais pour ce soir, aux vues des circonstances, il resta calme et silencieux.

- Est-ce que vous ne devriez pas vous cachez, tes parents et toi? Demanda Elvis en fronçant les sourcils.

Narcissa avait contribué à la victoire, ils avaient donc de grandes chances d'être relaxés mais comment dire cela à Elvis. Cela revenez à lui annoncer que son père irait à Azkaban en parti par la faute de sa famille qui avait menti et sauvé l'élu. Cela revenait à admettre une haute trahison envers la communauté sang-pur. Evidemment, comme tout, cela finirait par ce savoir, mais il valait mieux se garder de le dire pour ce soir.

Cependant, Elvis qui n'était pas bête comprit que derrière ce silence se cachait une vérité peu reluisante. Après tout, les Malefoy au cours des dernières-années, avaient acquis la réputation de personnes peu fiables.

- Dis-moi Malefoy, qu'est-ce qui fait croire à ta famille qu'elle peut se pavaner ainsi aux yeux de tous? Répéta Elvis d'une voix mêlant suspicion et colère.

- Elvis s'il te plaît, ça a été une longue et difficile nuit pour tout le monde, déclara Astoria d'une voix douce.

- Manifestement pas pour tout le monde!

- Je ne te dois aucune explication, répondit Drago d'une voix calme mais ferme.

- Oh... tu ne veux pas me raconter comment ta famille a encore réussit à faire preuve de lâcheté?! Aurais-tu honte?!

- Laisse-moi te dire une bonne chose Yaxley, sauver ses intérêts ça ne relève pas de la lâcheté mais de l'intelligence, reprit-t-il d'un ton suffisant.

Elvis se leva violemment, le visage déformé par la fureur.

- Alors tu avoues!? Sale traître, l'insulta-t-il en crachant sur le sol.

- Elvis! S'offusqua Astoria.

- Par respect pour Isaac, tu devrais en faire de même! S'il a bel et bien contribué à sa mort, alors il ne mérite pas mieux de ta part.

Les deux jeunes hommes observèrent Astoria attendant impatiemment qu'elle réponde quelque chose en leur faveur. Ses yeux brillèrent légèrement à l'évocation de la mort de son oncle, pour autant elle réussit à ne pas craquer cette fois.

- Elvis, est-ce que tu pourrais nous laisser Drago et moi s'il te plaît? Il faut que nous parlions seuls, déclara-t-elle d'une voix incroyablement paisible mais intransigeante.

- Oui je vous laisse, répondit-il en posant sa main sur l'épaule d'Astoria. N'oublie pas ce que je t'ai dit.

Puis sur ces mots, il adressa un regard très sombre à Drago avant de s'en aller. La jeune fille se réinstalla sur le banc sans rien dire. Face à ce silence délicat, Drago ne savait que faire. Après une brève réflexion il décida de s'accroupir face à la jeune fille pour être plus ou moins à sa hauteur. Il appuya ses bras sur les cuisses d'Astoria pour garder l'équilibre. Elle ne le repoussa pas, il considéra que c'était déjà un très bon début.

- Ta mère a menti dans la forêt interdite. Potter n'était pas mort, elle a délibérément menti.

- Oui, elle l'a fait pour moi.

- Je sais.

- Tu es en colère? Si tu l'es, tu dois me le dire, déclara-t-il calmement en fixant droit dans les yeux.

- Non. Je suis juste triste, admit-elle dans un souffle. Enfin "juste triste" que dis-je! Je suis complètement dévastée en vérité, mais... il paraît que le temps adoucit la peine... alors... laissons-le agir.

- Je suis désolé que tu aies perdu Isaac, je sais qu'il comptait beaucoup pour toi.

Il lui frotta affectueusement la jambe. Elle passa ses mains autour du cou du jeune toujours accroupi.

- Je sais ce qu'à dit Elvis, mais je ne t'en veux pas. Ni à toi, ni à ta famille. Mon oncle s'est engagé auprès du seigneur des ténèbres, il connaissait les risques et il a eu à plusieurs reprises l'occasion de le quitter. Il ne l'a pas fait. Tu-sais-qui a fait beaucoup de mal à ta famille, je comprends le geste de ta mère.

Drago se releva serein d'entendre qu'elle ne lui en voulait pas. Il la fit se lever, puis il la serra très fort dans ses bras. Depuis qu'il l'avait revu, il n'avait eu envie que de cela, la sentir près de lui.

- Tout à l'heure quand ma mère m'a dit qu'elle t'avait vu dans la forêt interdite, j'ai été furieux contre toi, chuchota-t-il sans la lâcher. D'autant que je ne te voyais pas revenir. J'ai imaginé qu'il t'était arrivé les pires horreurs.

- Il fallait que je vois mon oncle et il semble que j'ai eu raison de le faire... car... car ce soir c'était la dernière occasion que j'avais, fondit-elle en larme tandis qu'il lui frotta le dos. Je... je ne sais même pas où est son corps, c'est Elvis qui... qui me l'a annoncé!

Drago émit un soupire ironique à l'évocation d'Elvis. Astoria décida de ne pas relever. Elle ne pouvait décemment pas lui demander d'être compréhensif vis à vis du désarroi de son camarade, alors que lui cela faisait plus de deux ans qu'il s'inquiétait pour son père ou son avenir dans l'indifférence la plus totale de la plupart de leurs camarades.

- Je suis désolé, mais il va falloir que je rejoignes mes parents... ils m'attendent.

- Oh.. oui bien sûr! Excuse-moi, déclara-t-elle confuse en mettant fin à leur accolade.

- Écris-moi dès que tu arrives chez toi, même si tu tombes de sommeil Astoria.

Il l'embrassa sur le front avant de retourner auprès de ses parents. De son côté Astoria se dirigea vers la grande salle pour retrouver Daphné et ses amis. Quand Willem et Virginia arrivèrent une heure plus tard, les deux soeurs se jetèrent dans les bras de leurs parents, submergées par l'émotion. Ils rentrèrent et comme convenu Astoria envoya un mot rapide à Drago.

" Je suis rentrée. Je me couche. Puisse le sommeil aussi te presser les yeux.

Tendrement, Astoria."

C'était concis. Toute force l'avait quitté.

Durant les mois qui suivirent, Poudlard fut restauré, les sorciers prirent le temps de dire adieu à leurs morts et enfin la justice magique s'occupa de punir les criminels de guerre. En effet, le peuple avait soif de vengeance. Monsieur Yaxley qui n'était pas mort, mais en fuite, fut retrouvé puis soumis au baiser du détraqueur avant d'être enfermé à vie.

La famille Malefoy comme espéré s'en tira bien. Drago fut relaxé notamment grâce au témoignage d'Harry Potter. Il fut retenu qu'il avait été enrôlé de force, qu'il n'avait jamais tué et qu'il n'avait pas dénoncé le trio lors des événements survenus dans le manoir familiale. Quant à Lucius qui ne méritait pas mieux que la prison, les actes de son épouse jouèrent en sa faveur. Finalement il fut déclaré coupable, mais il échappa à Azkaban et ne fut condamné qu'à une amende très coûteuse, en guise de réparation. La famille Malefoy perdit une bonne partie de son patrimoine, mais resta néanmoins dans une situation aisée notamment du fait des comptes cachés à l'étranger que détenait Lucius.

Le père de Théodore fut condamné à la prison à vie. Etant orphelin de mère, le jeune homme se retrouva totalement seul dans un manoir beaucoup trop grand pour lui. Afin de remédier à son sentiment d'abandon et de solitude, il se pressa de demander en fiançailles sa charmante petite-amie, Daphné.

Astoria, de son côté, retourna à Poudlard à la rentrée qui suivit. Le deuil de son oncle fut très difficile pour elle et son moral tomba si bas, que son père songea à l'envoyer chez un mage thérapeute. Il n'eut finalement pas besoin de le faire, la jeune fille ayant parvenu avec le soutien de sa famille à se remettre de son terrible chagrin. Isaac n'ayant pas d'enfants déclarés, sa fortune alla directement dans les poches de Willem qui recouvrit aussitôt la totalité de ses dettes. Virginia dans le plus grand des secret pleura toutes les larmes qu'il lui fut possible de verser. Son unique amour était mort... son cœur brisé pour de bon.

Deux ans passèrent durant lesquels Astoria continua d'étudier jusqu'à obtenir ses Aspics. Durant cette période, sa relation avec Drago devint principalement épistolaire. Ils ne se voyaient plus que pour les vacances et la lassitude les gagna très vite. Qu'il était difficile d'entretenir une relation amoureuse sans se voir... Faute de la distance meurtrière, ils ne surent plus quoi s'écrire. Le nombre de courriers diminua petit à petit et l'ennui s'installa. Recevoir une rare lettre n'était plus source d'excitation pour aucun des deux. C'est ainsi que tout doucement leur relation s'éteignit, sans qu'ils n'en prennent réellement conscience.


Tout d'abord merci pour vos reviews. J'apprécie toujours de lire vos avis.

A présent la scolarité d'Astoria est terminée, mais pas ma fic ^^ J'ai envie de continuer sur du "post-poudlard" donc voilà. J'espère que ce chapitre vous a plu, j'ai eu un peu plus du mal à l'écrire que d'habitude.

J'espère vous retrouver très vite, pour la suite des aventures d'Astoria et Drago! Voilà voilà. Bon week-end à tous :D