Chapitre 17
Aujourd'hui c'était le grand jour pour Daphné et Théodore. D'ici quelques heures ils ne formeraient plus qu'un seul cœur, une seule âme et une seule chaire et ce pour l'éternité. Par leur union tant attendue, ils proclameraient la grandeur de leur amour éternel. Il n'existait pas plus belle promesse que le mariage et Astoria se sentait d'ors et déjà émue de voir sa sœur aînée se préparer. Cependant, elle n'avait pas le temps de se montrer émotive, non ça n'était pas le moment! Elle qui s'était auto-proclamée organisatrice en chef du mariage se devait de veiller à ce que tout soit absolument parfait. Après tout, ne disait-on pas que le diable se cache dans les détails?
- Bonnie n'oubliez pas le sort de fixation pour les cheveux. Le chignon doit parfaitement tenir en place.
- Elle le sait Astoria, c'est son métier! Tu stresses tout le monde à faire les cents pas avec ton calepin. Va donc t'asseoir un instant, ordonna la future mariée.
La jeune fille accepta de s'asseoir, mais pour autant elle ne lâcha pas son calepin dont elle relisait les pages pour la millième fois.
- Ce soir à la fin de la cérémonie tu pars en Egypte, tu te souviens du déroulement de votre lune de miel n'est-ce pas?
- Oui je m'en souviens!
- Quand vous serez dans la chambre nuptiale, tu ne dois pas oublier que ce qui peut paraître désagréable au commencement peut au final s'avérer être... hum... enfin bref. Tu dois aider Théodore qui sera certainement aussi dérouté que toi. Il doit avoir le "dessus" mais... c'est un travail d'équipe et tu dois... coopérer et...
- Ça suffit! Je n'en supporterai pas davantage. Tu ne vas tout de même pas essayer de programmer ma nuit avec mon époux? S'offusqua-t-elle.
- Non bien sûr que non! Je... bon en tout cas j'ai mis dans la poche intérieure de ta valise une potion aphrodisiaque au cas ou, et aussi une huile de massage pour se.. détendre.
- Sors de cette pièce immédiatement Astoria, déclara Daphné à bout de nerf. SORS.
- Bon très bien, très bien. De toute façon il faut que j'aille donner mes dernières instructions à l'orchestre.
Astoria sorti de la pièce laissant sa sœur finir de se préparer calmement. D'ici une heure les invités arriveraient pour la cérémonie et elle avait l'impression qu'il lui restait un millier de choses à régler. Il était hors de question de décevoir les mariés, ou pire, la communauté sang-pur et ses hautes exigences. Elle travailla donc sans relâche jusqu'à ce que dix- neuf heures sonne.
Fière d'elle, elle observa la magnifique salle décorée de fleurs blanches, de nœuds en soie, de grands lustres et d'une magnifique fontaine en or. Pour sûr que tout le monde trouverait cela charmant et encore ils seraient certainement davantage impressionnés par le cuisinier français qu'elle avait engagé. Elle se souvenait encore de la fois où elle avait goûté quelques uns de ses mets, une explosion de saveurs délicieuses l'avait envahi.
Elle continua son petit tour dans la salle en attendant qu'arrivent ses convives. Tandis qu'elle continuait d'avancer elle vérifia que la pendule colombe fixée au mur était parfaitement droite. En faisant cela, elle se rappela paniquée qu'elle n'avait toujours pas vu le mage chargé d'unir sa sœur et Théodore. Tandis qu'elle s'occupait d'inspecter depuis des heures les moindres petits détails, voilà qu'elle avait oublié l'élément majeur de cette soirée. Considérant qu'il s'agissait là d'une catastrophe, elle se hâta de le chercher partout en vain. S'il n'était pas là pour la cérémonie, alors il n'y aurait tout simplement pas de mariage et quelle humiliation ce serait. Elle continua de le chercher partout le maudissant intérieurement de tous les noms d'oiseaux possibles et imaginables. Si elle ne le trouvait pas bientôt, sa poitrine exploserait, elle en était sûre! Comment diable cet imbécile pouvait-il avoir plus d'une dizaines de minutes de retard?!
Alors que son rythme cardiaque s'était dangereusement accéléré, elle vit enfin arrivé le maître de cérémonie. Furieuse qu'il ait été en retard elle s'avança les bras croisés jusqu'à lui. Elle comptait bien lui faire savoir sa manière de penser d'autant que ce-dernier arrivait là comme une fleur, l'air tout à fait détendu.
- J'ai bien cru que vous n'arriveriez pas, lui reprocha-t-elle. Au prix où vous êtes payé, c'est une honte! Je ne vous recommanderais pas à mes amis mon cher!
- Mademoiselle Greengrass, je vous prie de m'excuser je...
- Oh! Vous me priez de vous excusez?! Et puis-je savoir pour quelle raison le devrais-je? Est-ce que vous avez été pris en otage? Vous avez eu un infarctus peut-être?
- Non, je...
- Bien, alors je ne vous excuse pas, trancha d'elle d'une voix autoritaire.
Le stress faisait d'elle un véritable petit tyran et le pauvre maître de cérémonie qui ne pouvait même pas terminer une phrase s'avoua vaincu. Elle se dirigea ensuite vers l'orchestre qui avait commencé à jouer pour distraire les invités. Conte eux, elle haussa également le ton, la musique ne lui convenant pas. Alors qu'elle ne cessait de les assommer de reproches. Une main vint se poser contre son dos ce qui l'arrêta net. Immédiatement elle reconnut son ex petit-ami qu'elle n'avait pas revu depuis plus d'un an. Qu'il avait changé remarqua-t-elle. Il avait pris un peu de poids et cela lui allait à ravir, son visage et sa carrure étaient devenus davantage virils et il ne restait plus aucune trace visible de guerre sur lui.
- Je crois que tu devrais te détendre ma chère, lui chuchota-t-il.
Son souffle chaud contre son oreille lui provoqua un frisson qui lui parcourra férocement l'échine. Son corps tout entier semblait se souvenir de leur histoire passée. Son simple geste, ses simples paroles avaient suffit à la calmer. Plus d'un an qu'elle ne l'avait pas vu, des centaines et des centaines de nuits qu'elle avait passé à le regretter ou le maudire et tout soudainement il réapparaissait dans sa vie comme si de rien n'était. Il n'avait pas le droit d'ignorer le fait qu'il y avait eu dans leur relation un si grand vide. Leur histoire contrairement à celle de Blaise et Isadora n'avait pas résisté au temps, ils n'étaient pas fait l'un pour l'autre et il fallait aller de l'avant pour ne pas gaspiller davantage de temps. Pour mettre un terme à ce contact, Astoria se décala d'un pas sur le côté et ainsi elle ré-instaura une distance de courtoisie.
- J'ai encore beaucoup de chose à faire, il faut que j'y aille, déclara-t-elle pour Drago avant de tourner la tête vers l'orchestre. Madame, messieurs, quelque chose de plus joyeux et énergique c'est un mariage, pas un enterrement!
Astoria retourna à ses occupations jusqu'à ce qu'il soit l'heure de la cérémonie. Elle passa aux cuisines vérifier l'avancement des choses et pour la première fois depuis ce matin, elle fut ravie du travail effectué. Le dîner avançait très bien et cela lui permit de retrouver un peu de bonne humeur. Elle alla ensuite rendre une petite visite aux mariés et c'est avec soulagement qu'elle s'aperçu qu'ils étaient tous deux fin prêts. Finalement ce mariage serait peut-être réellement parfait, pensa-t-elle tout en se dirigeant vers l'autel extérieur, abrité et fleuri. Elle utilisa sa baguette pour amplifier sa voix et elle déclara:
- Mesdemoiselles, mesdames, messieurs et mes chers enfants, je vais vous demandez s'il vous plaît de vous asseoir car la cérémonie va débuter.
Les derniers invités debout s'installèrent et Astoria reprit:
- Je vous remercie d'avoir répondu présent aujourd'hui afin que nous puissions célébrer tous ensemble l'union de Daphné, ma soeur et de Théodore. C'est le grand mage, monsieur Victorius Aralznox qui va marier ces-deux jeunes âmes l'une avec l'autre. Monsieur Aralznox, je vous laisse la parole.
Astoria se mit sur le côté et le maître de cérémonie prit sa place au centre. Il fit un petit discours de présentation puis s'arrêta tandis que les premières notes de la marche nuptiale se firent entendre de l'orgue. Théodore très beau dans son costume arriva et se plaça devant le mage. Puis après une petite minute d'attente c'est Daphné qui arriva au bras de son père. Vêtue d'une longue robe blanche, le visage caché par son voile, elle avança sur le chemin de pétales de rose d'un pas lent et gracieux sous le regard admiratif des invités debout. Une fois arrivée au bout du chemin Willem prit sa main qu'il glissa dans celle de Théodore. D'un geste très symbolique il remettait sa fille au jeune homme. Le mage continua son discours au cours du quel il expliqua l'importance du mariage. Puis il arriva à l'énonciation des devoirs, des obligations ainsi qu'à l'échange de consentement.
- Le mariage suppose que les époux s'engagent l'un envers l'autre sans y être forcés par personne, se promettent fidélité pour toute leur vie et acceptent la responsabilité d'époux et de parents. Est-ce librement que vous choisissez de vous mariez?
- Oui, répondirent d'une même voix les deux futurs époux.
- Vous pouvez échanger vos consentements. Théodore.
- Daphné Mary Virginia Greengrass, veux-tu être ma femme?
- Oui, je le veux, déclara-t-elle les larmes au yeux dans un sourire. Et toi... Thé.. Théodore Augustus Nott, veux-tu être mon mari?
- Oui, je le veux. Moi, Théodore Augustus Nott, je te reçois comme épouse et je serais ton époux. Je promets de t'aimer fidèlement, de te chérir dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l'adversité, dans la santé comme dans la maladie et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare.
- Et moi, Daphné Mary Virginia Greengrass, je te reçois comme époux et je serais ton épouse. Je promets de t'aimer fidèlement, de te chérir dans la richesse comme dans la pauvreté, dans le bonheur comme dans l'adversité, dans la santé comme dans la maladie et ce jusqu'à ce que la mort nous sépare.
Ils échangèrent leurs alliances ensorcelées par le mage puis s'embrassèrent très chastement devant leurs invités ici présent qui applaudir à la fin du baiser tandis que des colombes furent envoyées dans les cieux. Théodore prit le bras de son épouse et il traversa avec elle l'allée fleurie en direction de la salle des fêtes. Les invités s'y dirigèrent aussi, la première danse allant débutée. Sur un air de musique romantique, ils valsèrent sous les yeux pétillants d'Astoria qui admirait grandement la grâce et le talent du joli couple.
- Ils sont beaux pas vrai? Fit Blaise.
- Ils sont magnifiques, tout est... exactement comme je le voulais.
- Tu as les larmes aux yeux Astoria, chuchota-t-il en souriant gentiment.
- C'est parce que... c'est que je me dis que j'ai tout donné pour ce mariage et... et... et c'est MON mariage de rêve. De la décoration, à la robe, au dîner jusqu'à l'Egypte c'est... c'est moi Blaise. Et maintenant quand un jour ce sera mon tour je... mon mariage ne sera jamais plus le plus beau de ma vie, parce que j'ai tout donné pour celui-ci, fondit-elle en larme en regardant la valse.
Il passa un bras autour de sa taille pour la réconforter.
- Excuse-moi, je suis ridicule.
- Ton mariage sera plus épatant encore que celui-ci tu sais pourquoi? Parce que pour le surpasser il suffit de trouver un homme mieux que Théodore et ça croit moi, c'est assez facile, ria-t-il. Par contre, du coup, tu auras du mal à surpasser le mien!
Astoria esquissa un sourire en continuant d'admirer la danse, les yeux toujours embués de larmes. Elle espérait tant, elle aussi connaître ce merveilleux moment. Elle voulait être pour un jour la plus jolie, pour un jour le centre de l'attention tandis qu'elle jetterai à la figure de ses invités son bonheur insolent. Lorsque la première danse fut terminée, Blaise invita Isadora sur la piste et très vite plusieurs couples firent de même. Astoria n'ayant pas de cavalier, elle se recula de plusieurs pas et se retrouva côte à côte avec madame Malefoy qui elle aussi contemplait sans relâche le magnifique spectacle qui se déroulait sous yeux.
- Je ne peux que saluer votre talent Astoria, vous avez fait un sacré travail.
- Je vous remercie madame.
- J'aurais tant préféré que vous soyez celle qui danse avec mon fils ce soir, regretta-t-elle le regard tourné vers lui.
Qu'il était flatteur d'entendre cela. Cependant, ça ne changeait rien aux faits, Drago dansait avec Harmony et pas avec elle. S'ils n'étaient pas officiellement en couple, des rumeurs circulaient à leur sujet. On racontait qu'ils avaient déjà échangé des moments de tendresses et par cela comprenait qu'ils avaient déjà été intimes. La réalité fut que Drago après la guerre s'était senti très seul et triste, il avait eu grand besoin d'affection et c'est dans les bras d'Harmony qu'il avait trouvé refuge. Grâce à elle, il s'était de nouveau senti fort et puissant. Si au début il avait eu l'impression de trahir Astoria, cela ne dura pas bien longtemps tant le besoin de chaleur humaine lui était devenu vital. À l'heure d'aujourd'hui, il ne regrettait pas l'ombre d'une seule seconde de s'être abandonné et de toujours le faire, dans les bras de la rouquine.
- Quand je n'étais pas là pour lui, c'est elle qui l'a soigné. Ce genre de chose, ça compte énormément dans le cœur d'un homme, répondit Astoria dans un sourire.
- Vous me désespérez à dire cela, soupira la femme. Vous devriez vouloir vous battre pour lui, vous devriez refuser de renoncer.
Comment osait-elle lui dire une telle chose? Ce n'était certainement pas elle qui avait renoncé la première. C'est Drago qui avait commencé à écrire des lettres de moins en moins longues et de moins en moins fréquentes et pour cause puisqu'il était occupé dans d'autres bras. Après tout ça, Astoria ne pouvait décemment pas lui courir après. Sa fierté le lui interdisait formellement.
- Il reviendra vers vous, je ne le sais que trop bien, murmura-t-elle. J'espère juste qu'il ne sera pas trop tard...
Astoria haussa subrepticement les épaules avant de s'éloigner de la mère de Drago pour aller rejoindre sa table à laquelle Elvis et Pansy était encore assis. Durant tout le dîner, elle avait senti entre eux une vive tension qu'elle n'arrivait toujours pas à s'expliquer.
- Tu viens tenir la chandelle? Demanda Pansy moqueuse.
- Voyons Pansy, soit plus délicate, rétorqua amusé Elvis. Astoria joins toi à nous, c'est toujours plus agréable à trois...
- Elvis! S'exclama Pansy scandalisée.
- N'ai-je pas raison franchement? C'est important de pimenter les choses, pour ne jamais s'ennuyer, reprit-t-il d'une voix suave tandis qu'Astoria commença à se sentir très mal à l'aise.
- Je crois que tu as bu beaucoup trop de champagne Elvis.
- Et toi pas assez.
- Absolument, reprit Astoria gênée. C'est pourquoi je vais vous prendre cette bouteille et m'en aller la finir, déclara-t-elle enfin dans un sourire crispé en s'éloignant.
Astoria posa la bouteille sur une autre table puis elle s'en alla prendre l'air dehors. Il fallait à tout prix qu'elle respire un peu. Elle resta quelques minutes seule dans l'obscurité avant d'être finalement rejointe, à son plus grand étonnement, par Pansy qui s'installa juste à côté d'elle. Elles ne se parlèrent pas tout de suite observant chacune pensivement le ciel étoilé.
- Je suis désolée pour tout à l'heure. Il a beaucoup trop bu, finit par dire Pansy au bout d'un certain temps.
- Ne t'inquiète pas, c'est déjà oublié.
- Bien sûr que non, c'était très déplacée comme remarque et je me sens très gênée.
- Pansy, ce n'est pas grave, vraiment.
- SI, c'est grave! S'emporta-t-elle subitement en faisant les cents pas devant Astoria. Tu imagines à quel point c'est humiliant?! Pour nous deux, mais enfin lui ne semble pas s'en rendre compte alors voilà qui est parfait!
Astoria se leva à son tour pour arrêter Pansy dans sa marche folle furieuse qui avait d'ailleurs fini par lui donner un léger tournis.
- Viens t'asseoir avec moi et discutons, tu veux?
- Au point où j'en suis, soupira-t-elle.
- Que se passe-t-il? Demanda Astoria d'une voix très douce.
Pansy garda le silence un bon moment ressassant sans cesse dans son esprit ses problèmes. Perdue plus que jamais, elle finit par renifler avant de fondre littéralement en larme aux côtés d'Astoria. Cette-dernière, resta un instant choquée avant de lui passer un bras autour des épaules dans l'espoir de lui apportait ne serait-ce qu'un peu de réconfort. Pansy posa sa tête dans le creux du cou d'Astoria qui se retrouva mouillée par la tristesse de la jeune fille. Elle lui frotta affectueusement le dos de manière circulaire, sans véritablement savoir quoi lui dire. Peut-être que Pansy ne voulait que pleurer? Pleurer sans se confier. Si tel était le cas, elle devait respecter cela sans la forcer à lui raconter quoi que ce soit.
- Je ne devrais pas t'en parler, on n'est pas véritablement amie... Mais, je n'en peux plus! La guerre l'a tellement affecté, c'est terrible! Il passe son temps à boire et... je crois qu'entre lui et moi ça ne va plus très bien. Je sens bien que je ne lui suffit pas! S'exclama-t-elle entres deux sanglots.
Leur couple battait de l'aile. Pansy ne supportait plus le mal-être d'Elvis qui lui ne parvenait pas à guérir. La situation était en effet très délicate et Astoria comprit le désarroi dans lequel était plongé son ancienne camarade. Cependant, elle songea qu'il ne fallait pas laisser Elvis alors qu'il était au plus bas, voilà qui serait une bien cruelle chose à faire.
- Ne le laisse pas tomber Pansy. J'imagine bien que ce doit-être difficile, mais crois-moi il a besoin de toi pour se relever.
Elle secoua sa tête de gauche à droite, toujours les yeux inondés de larmes.
- Je n'ai pas les épaules assez fortes. J'y pense depuis quelques semaines déjà et je crois que je vais le quitter...
Astoria baissa la tête sans lâcher la jeune fille qui continuait de s'effondrer dans ses bras.
- Est-ce bien mûrement réfléchi? Hésita Astoria.
- Oui! Crois-moi, oui! Je n'y arrive plus. Je tiens beaucoup à lui, mais je ne supporte plus de le voir se détruire ainsi. Je me sens si mal... tellement mal...
Manifestement, c'était au-dessus de ses forces. Elle ne pouvait plus rien pour lui et si elle restait malgré tout, alors c'est elle qui risquait de dépérir. Astoria sentit bien qu'il n'y avait aucun égoïsme dans sa décision, ou peut-être un peu, mais il lui était vital dans ce cas précis.
- Allons, allons, tu as raison, il faut aussi que tu penses à toi. Ton bonheur compte tout autant que le sien, tenta de la rassurer Astoria. Ne te culpabilise pas, tu fais ce que tu as pu et c'est déjà beaucoup.
Pansy acquiesça vivement en reniflant une nouvelle fois. De sa poche, la petite brune sortit un mouchoir qu'elle lui tendit pour qu'elle essuie sa tristesse et au passage son petit nez pointu. Reconnaissante, Pansy s'en saisit puis elle se moucha très bruyamment.
- Astoria?
- Oui?
Après quelques secondes d'hésitation, elle ajouta:
- Il aura besoin de quelqu'un, d'une épaule sur laquelle se reposer et... Ô Astoria, je t'en prie, aide-le parce que moi je ne le peux plus. Promets-moi d'essayer de l'aider, je t'en supplie!
Le regard dans le vide Astoria songea aux paroles de détresse de Pansy. Il lui était difficile de rester insensible à tant de désespoir, alors elle la serra encore un peu plus fort tout contre elle. Dans cette histoire, elle n'avait pas tellement le choix de toute façon. Si jamais elle refusait de venir en aide à Elvis, alors il était possible qu'il fasse une belle connerie et si cela arrivait, jamais Pansy et elle ne pourraient se le pardonner. Un peu obligée, Astoria décida donc qu'elle allait accepter de s'encombrer de ce lourd fardeau, même si très franchement, l'envie n'y était pas.
- Je serais là pour lui, je ferais de mon mieux pour le soutenir.
- Dans le fond, tu es une fille bien Astoria.
- ... Merci? ... Je suppose..?
Avant de se lever et de s'en aller, Pansy déposa le mouchoir sale dans la main d'Astoria qui en ouvrit la bouche d'indignation. Pansy aussi, très certainement, avait beaucoup trop abusé du champagne. Dans la panique, elle laissa tomber le bout de tissu et elle se mit à courir le plus vite possible pour rattraper la future ex petite-amie d'Elvis.
- Attends! Pansy! L'interpella-t-elle en lui attrapant le bras.
- Oui?
- Ne le quitte pas ce soir surtout, je veux dire pas pendant le mariage.
- Mais pour qui me prends-tu?! S'énerva-t-elle avant de retourner à la fête, laissant Astoria dehors.
Le lunatisme de Pansy semblait s'être amplifié avec l'alcool. "Et de rien... hein?!" Songea Astoria légèrement amère. A son tour, elle retourna à la fête bien que le cœur n'y fut décidément plus.
- Astoria?
Elle se retourna pour faire face à la jolie mariée et bon sang qu'elle était radieuse! Voilà qui lui mit un peu de baume au cœur.
- Merci beaucoup pour tout ce que tu as fait. Tu t'es vraiment impliquée et... Ô! J'ai l'impression de vivre un rêve! Non! En fait, c'est même mieux qu'un rêve! C'est fabuleux!
- Ton bonheur me ravie Daphné.
- Bien. Cela étant, il y a un petit delta, reprit-elle très sérieusement.
- Comment ça?
- Disons que je suis prématurément... indisposée. Je parie, que tu n'avais pas pensé à ce... détail pas vrai? Déclara-t-elle dans un rire forcé.
- Ô ciel... zut à la fin! C'est pas possible on avait tout bien calculé et dame nature à tout fichu en l'air! S'exclama déçue Astoria, puis voyant la mine dépitée de Daphné, elle s'empressa d'ajouter, enfin vous pourrez profiter des derniers jours je suppose.
- C'est un cauchemar! Ma lune de miel va être gâchée... je suis déjà une mauvaise épouse!
- Pourquoi? Demanda Théodore qui venait d'arriver.
Daphné et Astoria se mirent à rougir en baissant la tête silencieusement. Voilà bien une première fois qu'il les voyait aussi muettes! Il fronça les sourcils en se tournant vers son épouse.
- Daphné?
Totalement embarrassée, elle approcha de Théodore pour lui chuchoter son problème à l'oreille. Le jeune homme parvint à garder son sang froid. Il prit la main de Daphné sur laquelle il déposa un tendre baiser.
- Ça n'a aucune importance Daphné. Nous avons de longs jours devant nous.
Bien que toujours déçue, elle se sentit rassurée d'entendre les paroles de Théodore. Elle lui adressa un sourire timide qu'il lui rendit et ils s'observèrent comme s'ils étaient tous deux seuls au monde. C'était mielleux à souhait et Astoria n'avait jamais soupçonné que Théodore puisse être si... sentimental. Le bonheur à l'état pur, simple et beau, se pavanait devant ses yeux et elle se régalait à le contempler.
- Mon grand frère est un véritable gentleman, fit rêveusement Astoria en les regardant.
- Tu en doutais? Répondit-il un léger sourire sur les lèvres.
Aux alentours de trois heures du matin, Théodore et Daphné quittèrent les lieux en direction de l'Egypte. Bien que leur lune de miel serait assez particulière, c'était à ne pas en douter, une semaine qu'ils n'oublieraient jamais. Quand ils furent partis, les invités peu à peu commencèrent à leur tour à déserter la salle et très vite il ne resta plus qu'Astoria et ses parents qui devraient d'ici demain s'occuper de faire tout nettoyer. Soulagés que la soirée se soit passée sans encombres, ils soupirèrent un grand coup tous les trois en même temps. Willem prit ensuite sa cadette affectueusement dans ses bras puis lui dit:
- Prends tout ton temps, rien ne presse.
- Mais qu'est-ce que tu racontes Willem! Si passé 25 ans, elle n'est toujours pas mariée ce sera une tragédie! S'offusqua la mère. Ne l'écoute pas Astoria. Je te laisse jusqu'à tes vingt ans pour trouver un fiancé et si tu n'y parviens pas, je me chargerais de forcer le destin.
- Tu ne forceras rien n'y personne Virginia! Nous en avons déjà discuté des centaines de fois!
- Tais-toi Willem! Moi vivante, je ne permettrais jamais que ma Astoria devienne vieille fille!
- Notre Astoria ne sera pas victime de tes manigances! Elle épousera qui elle le souhaitera!
- Ben voyons?! Et pourquoi pas un moldu tant qu'on n'y est?! Soyons fou, puisque le seul critère c'est l'humeur d'Astoria. Tu es inconscient de dire de telles choses!
Ils se disputèrent encore une bonne demie-heure au sujet du destin maritale de leur cadette qui resta silencieuse tout du long, puis quand ils eurent terminé ils rentrèrent se reposer au manoir, après cette soirée riche en émotions!
J'espère que vous avez aimé. Maintenant que je suis en vacances, je vais faire tout mon possible pour écrire plus vite. Je suis désolée d'être si longue, je sais que c'est très frustrant...
Merci à toutes/tous, de m'avoir lu!
Pleins de bisous ;)
