Voici le troisième chapitre de notre histoire, Les Couleurs du Monde ! J'espère que vous l'aimerez ! :)

Bonne lecture !


Chapitre 03 : Attente

Turmeric et Oregano avait suivit des yeux le lit roulant qui contenait la forme enrubanné du fils de leur patron. Et puis ce dernier demanda à voir sa femme. Prête à le suivre pour l'épauler, Oregano avait été arrêté un instant par Turmeric qui lui avait prit le bras et l'avait retenu.

- Je sors dehors, appeler Lal. Je ne pense pas que Iemitsu soit en état de faire un rapport à Nono…

Oregano hocha la tête et suivit son patron. Turmeric jeta un dernier coup d'œil au visage blême et fatigué de son patron et ami avant de se retourner et de sortir de l'hôpital. C'était affreux de voir son patron normalement si énergique, presque insupportablement joyeux être brisé ainsi. Cela n'affectait pas le respect qu'il ressentait pour lui, bien au contraire. Mais ça restait terrible à voir, l'univers d'un homme que l'on respecte autant s'effondrer sur lui.

L'air frais de l'extérieur lui fit un bien fou. Il était plus de dix heures du soir, et les rues étaient déserte, seul quelques voiture roulaient solitaires avant de disparaitre dans un tournant. Il frissonna, car ils étaient en Novembre, et il n'y avait aucun nuage dans le ciel pour retenir la chaleur. Les étoiles scintillaient fièrement, étonnamment visible alors qu'ils étaient en ville.

Turmeric soupira, créant un nuage de fumée qui se dissipa rapidement. Il sortit son téléphone et composa un numéro. Pour des raisons de sécurité, l'annuaire du téléphone était vide, mais il connaissait par cœur tout les numéros important. Y comprit celui de Lal.

- Alors quelles sont les nouvelles ? Demanda Lal aussitôt qu'elle eut décroché.

- Pas bonne. Sa femme est morte, et son fils est inconscient, a de multiples blessures, risque toujours de mourir, et s'il s'en sort, il pourrait devenir aveugle.

Lal lâcha une flopé de juron qui fit invariablement grincer Turmeric. Il était un peu de la vieille école et avait du mal avec les femmes qui juraient aussi grossièrement que Lal.

- Comment va-t-il ? Finit-elle par demander.

- Aussi bien que tu peux l'imaginer. Il est effondré.

Lal soupira.

- Qu'attends-tu de moi, Turmeric ?

- Simplement de le dire à Nono. Je ne pense pas qu'il soit en état de le faire lui-même.

- Je vois. Se sera fait.

- Merci, Lal.

- Hmph.

Elle raccrocha, et Turmeric réussi à avoir un petit sourire. Cette femme était revêche, rude et implacable, mais elle avait sa façon à elle d'aimer et de le montrer. Il retourna dans le hall d'accueil, et se dirigea vers l'ascenseur pour descendre à la morgue. Là-bas, il découvrit un spectacle à la fois surréaliste et déchirant.

Jamais, ô grand jamais il n'avait vu Iemitsu dans un état pareil. Pleurant et hurlant à la fois, toute composition oubliée, effondré par terre devant le corps de sa femme et sourd au monde extérieur. C'est à ce moment là qu'il prit conscience de l'intensité de l'amour qu'il portait à cette femme. Il savait qu'il l'aimait, il aurait fallu être sourd, aveugle et idiot pour ne pas le remarquer, mais il s'était trompé sur la profondeur de leur amour, et craignait qu'il ne s'en remette jamais.

Oregano était à ses côté, pleurant elle aussi de le voir dans un telle état. Sentant sa présence, elle releva ses yeux encore plus rouges d'avoir pleuré et il comprit ce qu'elle essayait de lui dire. Il s'approcha et, posant sa main sur son épaule, il lui dit doucement :

- Il faut y aller boss.

- Non, répondit Iemitsu d'une voix rauque d'avoir trop pleuré. Non. Nana…

- Boss, vous devez la laisser en paix maintenant. Vous devez vous reposer, venez. On va rentrer chez vous, d'accord ?

Cela plusieurs longues minutes, mais ils arrivèrent enfin à le séparer de sa femme, et ils le soutinrent jusque dans le couloir pour reprendre l'ascenseur. Il continua à sangloter jusqu'à ce qu'ils arrivent dans le hall, où il sembla se réveiller et se figea.

- N-Non, Tsuna, je ne peux pas le laisser seul…

- Boss, il est en train d'être examiné. Vous devez laisser les médecins faire leur travail.

- Mais je ne veux pas le perdre lui aussi…

- Vous ne le perdrez pas, lui assura doucement Oregano. Vous vous rappelez ? Vous nous l'avez dit que votre fils était fort. Il va s'en sortir.

Iemitsu sembla hésiter, ses yeux voyagèrent sur l'ascenseur derrière eux, et puis finalement ses épaules s'affaissèrent et il hocha la tête. Oregano et Turmeric l'emmenèrent dehors, sans oublier leur baguage qu'ils avaient laissé à l'accueil. Ils rentrèrent à pied chez Iemitsu et dans le silence le plus complet. Ce voyage d'une petite demi-heure vida le chef du CEDEF complètement de toutes ses émotions, et il se sentit étrangement détaché en ordonnant de sa voix toujours aussi rauque :

- Je veux tout savoir sur ce connard qui m'a prit Nana. Son âge, son poids, sa taille, sa situation de famille, tout. Je veux savoir où il est en ce moment, s'il a de la famille, des amis, s'il a eu des antécédent de boisson, si on lui a déjà retiré son permis- tout. Trouvez moi exactement ce qui s'est passé ce matin, même si vous avez besoin de secouer quelques personnes, je m'en fous, faites-le.

Tout deux répondirent aussitôt par un bref "oui chef" avant de le laisser déverrouiller le portail de chez lui. Ils échangèrent un regard quelque peu soulagé. Leur boss avait repris le dessus, c'était peut-être une bonne chose.

Les deux autres ne le savaient pas, mais ça demandait à Iemitsu toute son énergie pour ne pas craquer et se remettre à pleurer. Seulement son désespoir faisait face à une rage bestiale qui exigeait vengeance. Les mains tremblantes, il eu du mal à prendre la clé de la porte de devant et encore plus à l'ouvrir. Et se fut un nouveau coup au cœur quand il rentra chez lui.

Vide. Silencieuse. Cette maison était repoussante, et il pensa prendre une chambre à l'hôtel. Tout plutôt que d'être ici sans personne pour le saluer avec un sourire lumineux et un tendre baiser, pour lui sauter dans les bras en criant "Oto-chan !" et lui serrer le cou en riant. Tout, de l'odeur caractéristique des produits que Nana utilisaient pour entretenir la maison, aux photos accrochées aux murs lui rappelait ce qu'il avait perdu et qu'il ne retrouverait jamais. Il avait envi de vomir.

Il prit sur lui et rentra dans la maison, déposa ses chaussures avant d'allumer dans la salle à manger. Il eu un triste sourire. Tout était impeccable, comme toujours. Il y avait juste un dessin a moitié finit sur la table basse devant le canapé avec quelques crayons autour. Il s'approcha et eu un petit rire sanglotant en voyant le dessin d'un enfant montrant un robot géant qui avait des cheveux brun. Depuis qu'il avait vu cette série à la télé, les Power-quelque chose, Tsuna voulait devenir un robot géant pour défendre sa mère et sa maison du vilain Chihuahua des voisins qui s'échappait toujours de chez lui et venait l'embêter.

Tsuna ne pourra peut-être plus jamais terminer ce dessin.

Il balaya la pensée aussi rapidement qu'elle était venue. Non, ce n'était pas possible. Il le refusait.

Iemitsu se tourna vers ses deux compagnons, et se souvint qu'il fallait qu'il leur donne une place où dormir.

- Ah, je vais vous montrer la chambre d'amis, suivez moi.

Ils s'écartèrent et le suivit dans les escaliers. Ils passèrent devant une porte sur laquelle était accroché un poisson avec les lettres latine "TSUNA" dessus. Iemitsu l'ignora et leur désigna la porte d'en face.

- Voici la salle de bain. La chambre d'ami est à côté. Je pense qu'il y a assez de place pour vous deux, mais si ça ne suffit pas, l'un de vous pourra prendre le lit de T-Tsuna. Pour le moment, rajouta-t-il rapidement.

Ils le remercièrent, mais Oregano lui assura qu'ils se contenteront de la première chambre. Turmeric acquiesça, et Iemitsu soupira. Se frottant le derrière du crâne, il leur dit de faire comme chez eux, avant de s'excuser et de s'en aller. Il redescendit silencieusement les escaliers et se dirigea dans sa chambre. Ce fut une nouvelle épreuve pour lui de sentir l'odeur de Nana partout et il s'effondra sur le lit et éclata en sanglot qu'il étouffa tant bien que mal avec un oreiller. Ses mains étaient blanches à force de serrer cet oreiller, mais il ne s'en rendait pas compte. Aucune douleur ne pouvait se comparer à celle qu'il ressentait.

Il ne dormit pas de la nuit, incapable de fermer l'œil sans voir le visage trop blanc de sa femme ou les blessures trop grave de son fils danser devant ses yeux. Ses images le hantaient et il ne voulait qu'une chose, c'était que le matin vienne et qu'il puisse retourner à l'hôpital le plus vite possible.


La nuit fut longue, mais au petit matin, Iemitsu s'obligea à prendre une douche et à se changer pour partir de chez lui. Souhaitant rester seul un moment, il ne réveilla pas ses amis qui dormaient encore, s'habituant au décalage horaire. Il leur laissa simplement un petit mot leur disant où il était avant de partir de la maison.

Le chemin qu'il fit à pied entre chez lui et l'hôpital lui fit un peu de bien. La fraicheur piquante du matin indiquait l'arrivée prochaine de l'hiver, mais étrangement ce froid là ne le blessa pas. Au contraire, il lui rafraichit les idées, et le remit un peu sur pied. Il n'avait pas encore tout perdu. Sa femme était morte, mais son fils avait besoin de lui, maintenant plus que jamais.

Pendant le chemin, il fit avec détachement une liste des choses qu'il devait faire, et des problèmes qui se poseraient. Il devait prévoir les funérailles de Nana, qui seraient fait dans l'intimité. Tout deux n'avaient pas de famille à part Tsuna, et même si elle avait des amies, il ne voulait pas les voir et les mettre en danger d'une quelconque façon. Après ça, il vendra sûrement la maison, cela ne servirait sûrement à rien de la conserver, même si l'idée lui faisait mal au cœur. Il devra prévenir le Neuvième pour qu'il organise un déménagement sécurisé. Il ne voulait surtout pas attirer l'attention sur lui ou sur son fils en ce moment.

Ensuite… Tout dépendait de Tsuna et des séquelles qu'il aurait. Trop de choses pouvaient en découler pour commencer à faire des projets. Ce fut sur cette note qu'il arriva à l'hôpital qui venait à peine d'ouvrir. Décidé, il entra d'un pas assuré.

À l'accueil, il reconnut l'infirmière qu'il avait fait pleurer la veille, et qui devait juste terminer son service de nuit. Et à son visage effrayé, elle devait aussi l'avoir reconnu. Il ressentit un peu de honte par rapport à son comportement. Même s'il avait des excuses, ce n'était pas une raison de terrifier ainsi cette jeune femme. Il s'approcha de l'accueil, et avant qu'elle n'ait pu faire quoi que se soit (crier à l'aide, s'enfuir en courant, ou lui lancer son sac à main) il s'inclina profondément.

- Je vous prie de m'excuser pour mon comportement d'hier qui était inadmissible. Je suis désolé de vous avoir fait pleurer, sincèrement désolé. J'espère… Ne pas vous avoir trop fait peur.

Ne recevant pas de réponse, il releva légèrement la tête, pour rencontrer le visage stupéfait de l'infirmière. Elle avait apparemment encore plus de mal à se remettre de son comportement poli que de sa violence. Il força un petit sourire et se frotta l'arrière du crâne. Il attendit, mais l'infirmière ne savait apparemment pas quoi dire alors il s'en alla, mal à l'aise. Il sentit le poids de ses yeux sur lui jusque dans l'ascenseur, et quand il se retourna, il croisa son regard. Ce fut à son tour d'être choqué quand elle rougit fortement et détourna les yeux d'embrassement. Les portes se refermèrent et il soupira, un peu gêné.

Il ne voulait pas la charmer ainsi, juste s'excusez… Mais bon. Elle avait dû lui pardonner son comportement.

Oubliant cet incident aussitôt que les portes se rouvrir pour se concentrer sur son fils, il se dirigea dans le service de soins intensif jusque dans la chambre de Tsuna. Et la découvrit vide. Son cœur bondit dans sa poitrine et le sang rugit à ses oreilles. Où était son fils ?! Paniqué, il couru dans le couloir jusqu'à ce qu'il rencontre une infirmière. D'abord mécontente de son comportement, il ne lui laissa pas le temps de le réprimander qu'il la supplia d'une voix tremblante :

- M-Mon fils, Tsuna, Tsunayoshi, i-il n'est plus dans sa chambre ! Vous en avez fait quoi ?!

Aussitôt les méninges de l'infirmière se mirent en marche et elle se souvint du patient dont il était question. Comprenant l'angoisse du père, elle lui sourit calmement, et le rassura.

- Ne vous inquiétez pas, Sawada-san. Tout va bien. Votre fils à simplement été transféré dans le service de réanimation. Les résultats de ses tests nous sont parvenus ce matin très tôt, et le docteur a décidé aux vus de ses résultats de le changer de service. Il est un étage en dessous, demandez à ma collègue, elle vous indiquera sa chambre.

Son soulagement fut aussi vif que sa peur, et il faillit s'effondrer. Il la remercia rapidement, et les jambes toujours tremblantes, reprit l'ascenseur. Quand les portes se refermèrent, il jura que cet hôpital souhaitait lui donner une crise cardiaque…

Il trouva rapidement l'infirmière de cet autre service qui l'accompagna dans la chambre de son fils qui dormait toujours. Il était encore branché à un moniteur cardiaque et avait toujours ses étranges bandages autour de la tête, mais Iemitsu remarqua avec joie qu'il n'avait plus de tube dans la gorge, mais un simple masque. L'infirmière répondit à ses questions en lui résumant ce qui s'était passé après qu'il soit partit.

- Nous avons reçu les résultats des scans et des IRM effectués sur votre fils cette nuit. Le choc a bien causé une contusion cérébrale et de petites hémorragies, qui devraient disparaitre avec un peu de temps. Ceci dit, nous le surveillons de près pour savoir s'il ne développe pas d'œdème cérébral. Il a passé la nuit, et son état s'est globalement amélioré, ce qui fait que nous lui avons enlevé le tube respiratoire pour éviter d'irriter sa gorge et ses cordes vocales inutilement. Malheureusement, tant qu'il ne se réveille pas, nous ne pouvons pas nous prononcer sur l'état de ses yeux.

Iemitsu hocha la tête avant de s'assoir près de Tsuna. Il fut ravi de constater que sa main, hier si froide s'était réchauffée. Soulagé, il était près à attendre toute une vie s'il le fallait quand l'infirmière fit une remarque d'un ton innocent.

- Oh, au fait, Sawada-san., reprit-elle. Vous êtes partit hier sans avoir signé les papiers d'admissions. Voulez vous le faire, maintenant ?

- Euh, hésita le mafieux. C'est que j'aimerais bien rester auprès de mon fils, vous voyez…

- Ce n'est pas un problème, répondit-elle. Je peux vous les apporter ici, et cette fois, vous n'oublierez pas de les signer.

Iemitsu tiqua alors que l'infirmière sortait de la chambre sans attendre sa réponse. Il n'avait apparemment pas le choix.

- Tsu-kun… Réveille toi et sauve Oto-chan des papiers administratifs…

Tsuna ne bougea pas. Iemitsu soupira.

- Je n'en fais pas assez au travail qu'il faille que j'en fasse ici aussi ? En plus cette infirmière à l'air bien décidée… Tsunaaaa~ réveille toi… Pour ton To-chan !

Tsuna ne bougea toujours pas, respirant lentement en créant de la buée sur le masque qu'il portait. Iemitsu arrêta ses bêtises et eu un petit sourire triste.

- Il te faut encore un peu de temps, il semblerait. Ne t'inquiète pas, et guérit proprement. Mais… Ne prend pas trop de temps quand même, d'accord ? Oto-chan se sent seul sans toi…


Quand Oregano et Turmeric retrouvèrent Iemitsu, après avoir eu le même coup au cœur en découvrant que Tsuna avait changé de service, ils le virent en train de diligemment remplir les papiers, une main écrivant, et l'autre qui ne lâchait pas son fils. Comme quand il était dans son bureau, il n'eut pas besoin de lever la tête pour savoir qui était entré dans la pièce.

- Oregano, Turmeric. Bien dormit ?

Ils hochèrent la tête, soulagé et rassuré de le revoir presque à la normal. Oregano demanda doucement :

- Et vous, Boss… Vous aller bien ?

Iemitsu soupira et releva enfin la tête avec un petit sourire douloureux.

- Ça ira Oregano. Ça ira. Je veux juste que Tsuna se réveille pour l'instant.

- Comment va-t-il ? Fit Turmeric en s'approchant.

- Plutôt bien. Il n'a pas d'hémorragie interne, même s'ils continuent à le surveiller de prêt. Ils ne peuvent encore rien dire pour ses yeux, mais déjà deux fois ils ont changé les pansements. Ça avait l'air propre. Maintenant, on doit attendre qu'il se réveille pour en savoir plus, rajouta-t-il dans un soupir.

Ils observèrent quelque instant l'enfant endormi avant que Turmeric ne reprenne la parole.

- Chef, nous avons eu ce matin plusieurs coups de fil.

Iemitsu se redressa et son regard se fit dur. S'il y avait des problèmes en Italie, il espérait ne pas avoir à repartir.

- Le premier était de Nono, qui avait apprit par Lal ce qui est arrivé. Il vous présente toutes ses condoléance et vous demande de le rappeler dès que possible pour discuter avec vous de ce qui va se passer.

Iemitsu retint une grimace. Même s'il était reconnaissant de la sympathie de Timotéo, il redoutait un peu cette conversation. Il y avait trop de question, et pas assez de réponse pour que ça se passe bien. Continuant, Turmeric reprit la parole.

- Le deuxième était de Lal, justement. Elle a fait des recherches sur la personne qui a causé l'accident.

Les yeux de Iemitsu prirent une teinte meurtrier. Il serra le crayon qu'il avait dans la main et gronda :

- Alors… Il est où ce…

- Il est dans cet hôpital en fait.

- QUOI ?!

Iemitsu avait rugit, oubliant complètement où il était. La chaise sur laquelle il était assit se renversa en arrière dans un tintamarre qui ne fit même pas frémir Tsuna, mais qui fit sursauter les deux autres mafieux.

- Il est où ?!

- Du calme, Boss ! Vous aller attirer les infirmières !

Iemitsu dû prendre sur lui pour se calmer et il serra les poings avant de reposer sa question. Oregano fut celle qui répondit tendit que Turmeric jetait un coup d'œil à l'extérieur pour être sûr qu'il n'y avait pas d'infirmière qui venaient dans la chambre voir ce qui se passait.

- La personne qui a renversé votre famille se nomme Itsugawa Koga. C'est un cadre de bureau sans histoires à première vu, mais il avait un penchant pour l'alcool assez prononcé, et il lui arrivait souvent de saouler. La veille de l'accident, il s'était fait licencié pour être arrivé en état d'ébriété à son travail, et il a noyé sa peine toute la nuit dans plusieurs bars. Il rentrait chez lui pour le déjeuner quand il perdu le contrôle de sa voiture.

- Je vois… Ce n'était donc qu'un accident, rien à voir avec la mafia ?

- Non, vraiment rien à voir, Lal à vérifié ça avec nos bases de données et avec des taupes dans la police japonaise, et cette personne est inconnue dans le milieu. C'était bien un malheureux accident. Ce n'était simplement pas de chance que votre femme et votre fils se soient retrouvés sur sa route.

Iemitsu ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou frustré. Cette personne, cet Itsugawa, aurait-il fait partie d'une famille, il aurait pu se venger, mais cela n'aurait pas enlevé le fait que la mort de sa femme aurait été de sa faute. Là, il n'avait personne sur qui passer sa colère. Mais au moins, il n'avait pas non plus à se reprocher l'accident.

- Comment s'en sort-il lui ? Si jamais il est indemne…

- Loin de là, soupira Turmeric en revenant dans la chambre. Il est dans un coma éthylique, et si jamais il s'en sort sans devenir un légume, il ne pourra de toute façon plus jamais remarcher. Il s'est brisé la colonne vertébrale dans cet accident.

Une amer sensation de triomphe envahi Iemitsu. Même s'il savait que ce n'était pas vraiment bien, il était satisfait par ce semblant de justice. Cela ne lui rendra pas sa femme, mais cet imbécile ne s'en sortait pas sans perdre quelque chose à son tour.

Il n'était après tout, qu'un humain.


La matinée passa assez rapidement. Iemitsu termina de remplir les papiers d'admissions et d'autorisation d'opérer et les redonna à l'accueil, laissant à ses subordonnés le soin de veiller sur son fils. Il rencontra là-bas une personne qui se présenta comme la petite amie d'une des autres victimes de l'accident. À ses yeux injectés de sang qui devaient ressembler aux siens, il ne douta pas d'elle. Elle lui disait que toutes les familles des trois autres victimes de l'accident se réunissaient pour faire une cérémonie d'adieu et pour installer un bouquet de fausses fleurs sur le lieu de l'accident en leur hommage, et lui demanda si lui aussi voulait participer.

Iemitsu n'eut pas besoin de beaucoup réfléchir. Il accepta évidement de participer à l'achat du bouquet, et demanda même à ce que des lys jaune, la fleur préférée de sa femme soit inclus dedans. Elle accepta et le nota dans un calepin avec les autres demandes des familles. Mais il refusa la cérémonie jointe. Il préféré l'intimité et la discrétion des funérailles privés. De plus il ne savait pas encore quand Tsuna allait se réveiller et souhaitait attendre quelques jours avant d'incinérer sa femme.

Elle insista que légèrement pour qu'il change d'avis, trouvant ça dommage de ne pas être ensemble dans cette épreuve, mais elle se résigna rapidement. Avec un dernier signe de tête, elle repartit, et lui hésita entre retourner auprès de son fils, ou enfin appeler le Neuvième, coup de fil qu'il appréhendait. Apres un bref calcul, il décida que le décalage horaire l'arrangeait, et qu'il n'irait pas ennuyer un vieil homme au milieu de la nuit. Il en profita pour acheter trois bentos dans une supérette juste en face avant de remonter retrouver sa place auprès de Tsuna.

Il surveilla tout les gestes que les infirmières et infirmiers faisait sur Tsuna avec des yeux de lynx. Il leur demanda ce qu'il faisait et pourquoi, stockant ça sans sa mémoire au cas où. Il connaissait chaque goutte qu'ils mettaient dans les yeux de Tsuna, dans quel ordre, à quel intervalle et pourquoi il le faisait comme ça. Des gouttes pour soigner, des gouttes pour endormir, des gouttes pour nettoyer et enlever les derniers morceaux de verres qui n'étaient pas visible à l'œil nu. Et puis à nouveau le pansement qui cachait à nouveau ses yeux du monde et les protégeait contre une infection.

Il y eu une alerte à un moment de l'après-midi, où la température de Tsuna augmenta un peu. Cela n'étonna pas outre mesure le personnel hospitalier qui s'y attendait presque vu la nature de l'accident. Ils combattirent la fièvre à coup de perfusion contenant des antibiotiques et par une surveillance accrue pendant quelques heures.

- Ce n'est pas une si mauvaise chose, cette fièvre, lui dit une infirmière avant de sortir de la pièce. Cela signifie que son corps est assez fort pour se défendre à nouveau seul contre les infections. C'est peut-être un signe qu'il va bientôt se réveiller.

Les trois mafieux furent soulagé au-delà des mots, et Iemitsu fut surprit de sentir à nouveau des larmes monter. Il les laissa couler avec joie, remerciant chaudement l'infirmière qui lui avait annoncé cette nouvelle. À peine fut-elle partie, un peu surprise par cet emportement, qu'il se précipita au chevet de Tsuna et se mit à lui parler avec enthousiasme. Oreganao et Turmeric échangèrent un regard et se retinrent d'éclater de rire, à la fois soulagé et exaspéré de retrouver leur chef de d'habitude. Turmeric ne pu résister à l'occasion de l'embêter à nouveau.

- Maintenant que Tsuna va mieux, chef, il serait peut-être temps de téléphoner à Nono, non ?

Iemitsu se figea et rentra sa tête dans ses épaules. Oregano secoua la tête tandis que l'allemand continuait avec un plaisir sadique.

- Vous ne l'avez toujours pas fait, n'est-ce pas ? Malgré ses ordres de le tenir au courant. Il doit s'inquiéter pour vous et vous n'osez même pas l'appeler. Franchement…

Vaincu, les épaules de Iemitsu s'affaissèrent et il partit de la chambre de Tsuna, lançant un regard suppliant à Oregano. Elle lui répondit par un simple sourire au grand désespoir son boss. Elle secoua la tête dès qu'ils avaient passé la porte, amusée et rassurée par son comportement infantile face à ses devoirs. C'était un comportement presque normal, qui trahissait son soulagement face aux nouvelles sur la santé de son fils.

Elle s'installa sur la chaise qui était normalement occupé par Iemitsu et laissa son regard se balader sur le visage pâle de l'enfant. Invariablement, son cœur se serra ; aucun enfant ne devrait voir à vivre une telle épreuve… Elle se demanda brièvement ce qu'il allait advenir de lui, même s'il conservait la vue. Il ne pouvait pas rester à Namimori, même le confier à une famille d'accueil serait dangereux pour lui et pour elle dû à sa connexion avec Iemitsu. De plus, ce dernier ne supporterait sûrement pas de le laisser derrière lui. Mais l'emmener au QG…

Oregano soupira légèrement avant de défroisser son pantalon et de croiser les jambes. Elle redirigea son regard sur Tsuna et ses yeux s'écarquillèrent. Ses mains, qui étaient resté immobile depuis tout ce temps frémissaient. Elle s'approcha du lit et pris la main la plus proche, la serrant dans son poing. Elle sentit son cœur bondir en elle en sentant la faible, mais immanquable réponse. En même temps la tête enrubannée s'était tourné légèrement dans sa direction, et elle était sûre que l'enfant avait dit quelque chose, malheureusement étouffé par le masque.

Aussitôt, elle sonna les infirmières, n'osant pas bouger le masque et ne sachant pas vraiment quoi faire. Heureusement un infirmier arriva rapidement et avant même qu'il n'ait le temps de demander ce qui se passait, elle lui dit :

- Je crois qu'il s'est réveillé.

L'infirmier écarquilla les yeux activa immédiatement son biper avant d'entrer complètement dans la chambre et de se diriger vers le patient. Il se mit à lui parler doucement, avec un grand sourire et un ton rassurant.

- Tsunayoshi-kun ? Tu es à l'hôpital, ne t'inquiète pas, tout vas bien. Tu as un masque sur le visage, c'est pour t'aider à respirer. Je vais l'enlever, mais tu ne crains rien, d'accord ?

Avec douceur, et tout en continuant de lui parler, il enleva le masque alors que d'autre membre du service arrivaient, et Oregano recula pour ne pas les gêner. Elle hésitait entre partir d'ici pour prévenir Iemitsu ou rester pour ne pas laisser l'enfant tout seul.

- Est-ce que tu as soif ? Demanda l'infirmier.

Tsuna hocha imperceptiblement la tête et l'infirmier releva le haut du lit tout en soulevant l'enfant avec l'aide d'une infirmière pour l'installer confortablement. Oregano eu un coup au cœur en voyant l'enfant se laisser faire, trop groggy et trop faible pour même comprendre ce qui se passait. L'infirmier approcha un verre d'eau avec une paille et le mit directement sur les lèvres de Tsuna. Ce dernier mit quelques secondes avant de réussir à prendre la paille et à aspirer de l'eau. Il n'en prit pas beaucoup avant que l'infirmier ne recule le verre de peur qu'il s'étouffe.

- C'est bien Tsunayoshi-kun. Si tu as encore soif, tu peux me le dire, d'accord ? Tu as encore soif ?

Il y eu un moment de silence, seulement perturbé par une infirmière qui réglait la perfusion avant que Tsuna ne secoue doucement la tête. L'infirmier parut un peu déçu de ne pas avoir réussi à le faire parler, mais très vite son expression se changea en concentration alors qu'il se penchait sur le garçon qui avait ouvert la bouche. La voix était éraillé et faible de ne pas avoir été utilisés depuis un moment, mais Oregano entendit distinctement la question :

- Où je suis ?

- Tu es à l'hôpital, Tsunayoshi-kun, répéta doucement l'infirmier. Tu sais ce qu'est un hôpital ?

Tsuna sembla réfléchir, longuement, la bouche ouverte avant de répondre faiblement :

- C'est là où on va… Quand on est très malade… Je suis malade ?

- Non, tu n'es pas malade Tsunayoshi-kun, juste blessé.

Étrangement, cette nouvelle parue soulager Tsuna qui murmura sûrement plus pour lui que pour l'infirmier.

- Lion-kun va pouvoir me rendre visite alors…

L'infirmier eut, comme Oregano une expression de surprise, ne comprenant pas le sens de ces paroles. Lion-kun ? C'était peut-être un ami de Tsuna…

Tsuna lui avait du mal à penser. Il avait mal un peu partout, mais la douleur était comme engourdie et ne le dérangeait pas plus. Il y avait du monde autour de lui, il l'entendait vaguement, mais il ne les voyait pas, il faisait tout noir autour de lui, et l'odeur de la pièce était comme celle des médicaments qu'Okaa-chan lui donnait quand il était trop mal pour sortir. Peut-être avait-il de la fièvre, et que c'était pour ça qu'il était à l'hôpital. Mais le monsieur lui avait dit qu'il n'était pas malade, et la seule chose qui lui vint à l'esprit avec une clarté étonnante, c'était que comme ça, Lion-kun pourra venir le voir pour jouer avec lui, comme avait dit Okaa-chan.

Okaa-chan.

- Où est Okaa-chan ? Demanda-t-il d'une voix un peu plus forte.

L'infirmier tressaillit et son visage se fit triste. Il hésita un peu, mais avant qu'il n'ait pu dire quoi que se soit, Oregano intervint.

- Bonjour, Tsunayoshi-kun…

La tête de l'enfant se tourna vers elle, et elle fut rassurée de le voir se réveiller de plus en plus. Elle se rassit dans la chaise et lui prit doucement la main pour la serrer. Tsuna répondit faiblement, et elle sourit. Il demanda dans un murmure qui elle était, et elle lui répondit avec douceur.

- Je m'appelle Oregano, je suis une amie de ton To-san.

- Oto-chan ? répéta Tsuna avec ses mots et avec un peu de surprise dans la voix. Il est là ?

- Oui, il est là, je vais aller le chercher d'accord ?

Tsuna eu un petit sourire timide et hocha la tête. Oregano se leva et partit rapidement, entendant vaguement l'infirmier reprendre l'interrogation du patient pour savoir exactement comment il allait. Elle était heureuse que cet enfant se soit réveillé, mais aussi anxieuse de savoir comment les choses allaient se dérouler.


Iemitsu avait rencontré la snipeuse au rez-de-chaussée, alors qu'elle sortait de l'ascenseur. Il s'était renfrogné, près à lui demander pourquoi elle était là et pas aux côtés de son fils. Mais elle le devança et prit la parole.

- Tsunayoshi vient de se réveiller

Il crut que ses intestins se mettaient à danser la samba, et sans réfléchir, il prit le bras du pauvre Turmeric et faillit lui déboiter l'épaule en se précipitant dans l'ascenseur. Il avait envie de trépigner d'impatience, mais ce n'était pas digne d'un chef du CEDEF, aussi il resta complètement immobile pendant le long, long, long parcours de l'ascenseur jusqu'à l'étage où se reposait son fils. Est-ce que ces boites de conserves avaient toujours été aussi lentes ?!

Finalement il arriva, et les portes n'étaient pas encore ouvertes qu'il était sortit, ignorant les soupirs désespérés derrière lui de ses subordonnés. Il savait qu'il agissait bêtement, mais ça n'avait aucune importance. Son fils l'attendait, et l'idée de le faire patienter une seconde de trop était insupportable. Il finit par arriver à la chambre de Tsuna, dont la porte était encore ouverte. Il entra et immédiatement, ses yeux furent attirés par son fils qui semblait discuter doucement avec l'infirmier.

- Tsunayoshi… Souffla-t-il, presque effrayé.

Mais Tsuna l'entendit, et tourna sa tête vers lui. Sa tête enrubannée qui le faisait ressembler à une momie d'un film d'horreur, mais qui ne cacha pas l'expression curieuse et interrogatrice de Tsuna.

- Oto-chan ? Demanda-t-il avec hésitation, pas vraiment sûr de ce qu'il avait entendu.

Iemitsu retint un sanglot de soulagement et se précipita sur lui, voulant le serrer tellement fort dans ses bras, mais s'en empêchant au dernier moment, s'arrêtant presque brusquement pour simplement prendre d'une main tremblante celle de son fils. Se dernier la serra de toutes ses forces, cherchant à être rassuré alors qu'il ne comprenait rien. Il était fatigué, et avait envie de dormir, mais avait peur et ne comprenait pas les questions que le gentil monsieur lui posait. Il se sentait tellement soulagé que son père soit là, même si étrangement, le fait que se soit lui et non pas sa mère provoquait une étrange sensation dans le ventre. Il voulait savoir où elle était, on n'avait pas répondu à sa question d'avant. Il répéta sa question, avec autant de force que possible. Il n'émit qu'un doux murmure.

- Oto-chan, où est Okaa-chan ? Pourquoi elle n'est pas avec Tsu-kun ?

Tsuna sentit la main de son père se tendre brusquement, et la sensation qu'il avait dans le ventre empira. Pourquoi il n'y voyait rien ? Il aurait pu alors savoir ce qui se passait et pourquoi sa tête était si légère et si lourde à la fois. Tsuna souleva en tremblant son autre main, tellement lourde qu'il se demanda si elle n'était pas attachée, et essaya de toucher ce qu'il avait sur la tête et qui rendait le monde si noir. Mais le monsieur à sa droite l'en empêcha et remit sa main sur le lit. Il ne recommença pas, trop épuisé. Il poussa un petit soupir avant de retomber dans l'inconscience s'en même s'en rendre compte.

Iemitsu faillit paniquer, mais l'infirmier lui fit un gentil sourire et le rassura aussitôt.

- Ne vous en faite pas, Sawada-san. Il s'est juste rendormit.

- C'est normal ?

- Oui, après ce qu'il a vécu, c'est normal. Le fait qu'il ait reprit conscience aussi vite est un bon signe, il se remet bien de ce traumatisme. On va bientôt pouvoir le transférer en pédiatrie, où il sera suivi avec toute l'attention qu'il mérite.

Iemitsu eu un petit sourire, soulagé. Mais les paroles de Tsuna résonnaient encore dans sa tête. Comment expliquer à un enfant de cinq ans que sa mère était morte ? Sans même parler du risque qu'il devienne aveugle…

Comme sentant son trouble, l'infirmier, après avoir une dernière fois vérifié les machines et modifié quelques réglages se tourna vers lui.

- Si vous le souhaitez, Sawada-san, je peux vous mettre en relation avec le psychologue du service pédiatrie. Il pourra vous aidez, vous et votre fils dans cette épreuve.

Iemitsu fut soulagé presque malgré lui. Il avait pourtant l'habitude d'être autonome, et de savoir comment parler aux personnes. Mais il ne savait absolument pas quoi faire dans le cas présent… Il hocha la tête avant de suivre des yeux l'infirmier qui sortit de la pièce. Les autres infirmières étaient déjà retournées à leurs devoirs, et il se retrouva seul avec son fils et ses subordonnés.

Il voulait parler au médecin (Hiko-sensei, s'il se souvenait bien) de ce qui allait se passer maintenant. Il serra une dernière fois la main de son fils avant de sortir avec Turmeric, Oregano restant volontairement pour veiller sur Tsuna.

Et puis, songea-t-il sombrement, il fallait aussi qu'il s'occupe de la crémation de sa femme.


^_^ Tsuna est réveillé !