Hello tout le monde !
Désolé de vous avoir laissé aussi longtemps sans nouveau chapitre ! Celui-ci est fini depuis plus d'une semaine, mais nous avons eu quelque soucis de réseau là où je travail et loge, alors je ne pouvais pas le poster, hélas.
Merci pour vos review, elles me font toujours beaucoup plaisir. Et merci aussi à ceux qui me lise sans commenter !
Par rapport à la petite devinette sur l'anagramme, bravo à ceux qui ont trouvé ! Fasmay est en effet une anagramme de MASYAF.
Fitz : je suis désolé pour la récompense, je voulais te la donner, mais ton adresse mail c'est mal collée. (je réitère et j'insiste [lourdement même], ce serait quant même plus facile si tu avais un compte FF- net ^_^ ) Redonne la moi et c'est parti pour l'info inédite !
Bref, assez de blabla, voici la suite ! Bonne lecture !
Chapitre 5
Desmond ouvrit les yeux difficilement. Il avait un mal de crâne lancinent, la bouche pâteuse, envie de pisser, de la peine à bouger. Pas de doute, il avait la gueule de bois. Il se releva difficilement en position assise dans son lit, se frottant les tempes d'une main. Il avait bien trop bu la veille et se sentait nauséeux. A vrai dire, il ne se souvenait même pas de la fin de la soirée. Le dernier souvenir qu'il en conservait était d'être en train de boire des shot de tequila avec Clay au salon, puis… Puis… Plus rien, le trou noir.
Regardant autour de lui en tournant lentement la tête, il constata qu'il était dans sa chambre, allongé dans son lit, sous la couverture, en caleçon, ses vêtements jetés en tas au pied du lit. Dehors, le soleil brillait et sa lumière, tamisée par les rideaux tirés, éclairait la pièce. Le jeune homme se rassura en se disant qu'il avait au moins réussi à regagner son plumard, mais les maux de tête étaient là pour lui rappeler à quel prix. Il n'avait rien envie de faire, et ce laissa retomber mollement sur le matelas, malgré sa vessie pleine à craquer.
Refermant les yeux, il tendit la main sur le côté pour attraper le duvet et le rabattre sur lui, mais ses doigts entrèrent en contact avec quelque chose d'inattendu. De la peau. Sursautant, il tourna lentement la tête, et remarqua la présence de Clay, allongé à ses côté, aussi dénudé que lui. Le cœur de l'étudiant s'arrêta, ratant un battement, et il manqua de se jeter en arrière.
Qu'est-ce que Clay faisait dans son lit ? Et en caleçon en plus ?! Il avait soudain un très mauvais feeling sur ce qui avait bien pu se passer la veille. Il n'aurait su expliquer ce sentiment, il n'arrivait pas à savoir pourquoi il pensait ça, mais avec deux de ses cousins homosexuels, il était légitimement en droit de se dire que la soirée avait pu, éventuellement, dégénérer. C'est en tout cas les idées morbides qui traversèrent en une seconde sa petite tête.
Prenant une grande inspiration pour éviter de paniquer, son rythme cardiaque s'accélérant malgré lui, il regarda l'autre, profondément assoupi, l'air paisible. Il resongea à une conversation qu'il avait eu une semaine plus tôt avec Assia. Elle lui disait justement qu'il lui semblait que Clay était souvent fourré autour de lui, que c'était un peu suspect. Il lui avait rétorqué, à ce moment là, qu'il ne s'agissait que d'amitié entre mec, et rien de plus. Là, tout de suite, il doutait pour le coup.
S'extirpant le plus doucement possible du lit pour ne pas réveillé le dormeur, il attrapa ses affaires sans faire de bruit, et se faufila sur la pointe des pieds hors de l chambre, fermant la porte, et partit s'enfermer dans la salle d'eau en face, fermant à clé. Il soulagea tout d'abords sa vessie, puis se contempla dans le miroir, s'inspectant sous toutes les coutures pour vérifier qu'il n'avait aucune trace de morsure ou de suçon. N'en trouvant pas, il eut un soupir de soulagement. Surtout qu'il ne ressentait rien dans son bas-ventre, pas de tiraillement désagréable, rien. Ca devait surement vouloir dire qu'il ne s'était rien passé. Ou alors, si, mais dans l'autre sens… NON ! Il préférait ne pas s'imaginer cette possibilité. On allait dire qu'ils avaient beaucoup bu – bien trop bu pour être honnête – et qu'ils avaient fini par succomber à la fatigue, préférant, dans un éclaire de lucidité peu probable, aller se coucher dans un vrai lit. Mais pourquoi auraient-ils pris la peine de se mettre en caleçon dans l'état où ils étaient ?
Desmond douta à nouveau, blêmissant d'un coup. Il était en train de se dire que, s'il s'était envoyé en l'air avec Assia sous l'effet de l'alcool la première fois, sur un coup de tête, qu'est-ce qui l'aurait empêcher de le faire avec Clay dans un état plus avancé ? Il repoussa encore une fois cette pensée, se glissant sous une douche glacée pour se remettre les idées en place, s'habilla rapidement, sortit dans le couloir et jeta un coup d'œil dans sa chambre. Clay dormait toujours profondément, ronflant à moitié, affalé sur le dos, la bouche grande ouverte. N'osant pas le réveillé, de peur que lui se souvienne de la veillée et lui confirme ses craintes, il referma la porte encore une fois, se glissa jusqu'à la cuisine pour prendre une bouteille d'eau minérale au frigo, et sortit de l'appartement en voyant l'heure. Il avait rendez-vous avec Aveline dans moins d'une heure, et il lui fallait le temps d'aller jusqu'à l'hôpital.
oOoOoOo
C'était une nouvelle journée ensoleillée qui s'annonçait, mais une nouvelle journée en enfer pour les membres de la DaVinci Incorporation. Altaïr traversa le hall tout seul, ce matin là. Malik était encore en état de choc, et il avait préférer le laisser à la maison, demandant à Ezio de garder un œil sur lui. Pas qu'il pense Malik incapable de se débrouillé seul, mais il avait sans arrêt peur de le voir refaire une connerie irréversible. C'était un sentiment horrible d'impuissance qui le tenaillait, depuis ce fameux soir. Il se revoyait le ramassant au milieu du salon, pâle, inconscient… Il avait eu un tel sentiment d'impuissance, et une peur bleue de le perdre à cet instant. Il ne voulait plus jamais revivre ça. Dans un couple normal, il aurait sans doute pu en parler à son conjoint, discuter et trouver une solution à cette peur irrationnelle, mais ils n'étaient pas un couple normal, et il n'osait pas en parler. Malik était encore trop instable, et ça lui foutait une trouille monstrueuse.
-Altaïr…
Il avait même peur, parfois, de s'endormir la nuit, peur de ne pas le surveillé et que sa respiration cesse encore une fois, ou que son cœur lâche, où qu'il aille s'enfiler toute une boite de médicaments pendant que lui ne pouvait rien faire. Peur de se réveillé et que ce bonheur qu'il avait enfin trouvé s'arrête, étouffé dans l'œuf.
-Altaïr !
Revenant soudainement à la réalité, le jeune homme cligna plusieurs fois des yeux, et regarda autour de lui. Il était dans son bureau, assis à sa table de travail, et Assia était à côté de lui, le regardant d'un air inquiet.
-Oui ? demanda-t-il après quelques secondes de silence.
-Tout va bien ? s'enquit la secrétaire.
Elle lui posa une main sur le front, sans doute pour vérifier s'il faisait de la fièvre. Il se demanda pourquoi, puis comprit qu'il était en sueur. C'était vraiment gentil de sa part, mais il n'était pas malade.
-Oui, c'est juste un peu de manque de sommeil, lui répondit-il avec un sourire en écartant sa main doucement.
Elle le contempla un bref instant, devinant sans doute qu'il devait y avoir autre chose, mais finit par accepter cette explication et lui conseilla :
-Ne te surmène pas trop, ok.
-Ne t'en fait pas, ça va. Tu voulais quelque chose ?
-Oui, voici les dossiers que tu m'avais demandé hier, répondit la jeune femme en lui tendant trois gros classeur. L'intégralité des rapports marketing de ces trois dernières années. J'avoue que je ne vois pas bien à quoi ça va te servir.
-Merci, écourta Altaïr avec un petit sourire avant de faire semblant de se plonger dans la lecture.
Elle le regarda encore quelques secondes, puis partit. Elle fit quelques mètres dans le couloir, passa devant le bureau de la compta et entendit la voix désagréable de Claudia l'appeler.
-Hé, la secrétaire ! Viens ici j'ai besoin de toi !
S'arrêtant net, serrant les dents, elle respira profondément. Si cette fille, en plus de venir voler la place de Shaun, commençait à traiter « la secrétaire » avec mépris et arrogance, elle allait lui faire savoir qui elle était, que cette pétasse soit la sœur du patron ou non. Prenant sur elle pour ne pas l'envoyé boulé tout de suite, elle se retourna avec un sourire légèrement crispé et l'aperçu sur le pas de la porte de son bureau. Claudia se tenait parfaitement droite, l'air hautin, l'épaule appuyée sur le linteau.
-Mademoiselle Auditore, fit Assia avec le plus de politesse qu'elle puisse. Que puis-je pour vous ?
-Pas de « Mademoiselle », s'il te plait, répondit la nouvelle avec amusement. Tutoie-moi, veux-tu. Tu peux venir dans mon bureau un instant ?
En disant cela, elle désigna l'intérieur du box d'un pouce, puis entra. Assia ferma les yeux une seconde, pris une nouvelle longue inspiration, puis la suivit à l'intérieur.
-Assia, c'est ça ? demanda l'autre en se tournant vers elle. Tu peux fermer la porte, s'il te plait ?
Peu ravie, la jeune femme s'exécuta, puis fit de nouveau face à la sœur d'Ezio. Elle jeta un rapide coup d'œil à la pièce. Pour le moment, il était encore presque tel que Shaun l'avait laissé avant de… Enfin, comme il l'avait laissé. Le bureau était carré, chaque étagère était parfaitement rangées, rien ne trainait, les rares tableaux aux murs étaient parfaitement parallèles au sol. Il y eut un court silence, puis la jeune Auditore interrogea, avec un léger sourire.
-Je parie que tu me prends pour une pétasse.
-Je vous demande pardon ? sursauta légèrement sa vis-à-vis.
-Allons, ne fais pas la surprise. Je sais parfaitement que tous les gens de cette entreprise me détestent d'avance.
En disant cela elle avait fait une moue de dédain en haussant légèrement les épaules et s'était assise sur le bureau, croisant les jambes d'un air presque hautain.
-Ce n'est pas grave, tu sais. Ce n'est pas ça qui va m'empêcher de trouver le sommeil ou de faire mon travail. J'ai l'habitude qu'on réagisse comme ça quand on me voit arriver. Je suis une vraie peste tu sais.
- Je ne saisis pas où vous… ou tu veux en venir Claudia, avoua la secrétaire en plissant les sourcils.
-C'est très simple pourtant, rétorqua l'autre en soupirant d'un air exaspéré, levant les yeux au ciel, ce qui irrita un peu Assia. Mon frère m'avait souvent parlé de cette entreprise, et du fait qu'ici, tout le monde s'entendait à merveille, comme une famille, et ce malgré toutes vos différences. Ce qui devrait vous éloignés vous rassemble et vous veillez les uns sur les autres, c'est ce qu'Ezio m'avait dit pourtant. Alors permets-moi d'être extrêmement déçu de constater que vous avez décidé de me voir comme la « pétasse qui remplace un des votre » sans même avoir essayé de me connaître.
Assia fut fortement surprise de ces paroles. Elle devait bien avouer qu'elle ne s'attendait pas le moins du monde à ce genre. Ce qui la choquait le plus, en réalité, c'était la véracité des dires de Claudia. En effet, elle était arrivée la veille, n'avait échangé que quelques mots avec eux, et pourtant ils s'étaient tous ligués contre elle, sans lui laisser le temps de quoi que ce soit. Que devait-elle dire à présent ?
-Je… Suis navrée Claudia, fit-elle en baissant les yeux au sol et en se mordant l'intérieur de la joue.
-Ne t'en fait pas, comme je l'ai dit, j'ai l'habitude qu'on me juge trop vite, répondit l'autre en détournant le regard avec un sourire étrange, presque triste.
Il y eut un court silence, que la jeune Auditore rompit, se redressant et contournant le bureau :
-Mis à part ça, je voulais savoir comment allait… Rebecca, c'est ça ? Ce doit être dur j'imagine de me voir prendre la place de son défunt fiancé…
-Ils n'étaient pas fiancés, fit Assia, encore une fois surprise par les paroles de l'autre.
-Ho… Je croyais pourtant… peut importe. Elle va bien ?
Assia soupira intérieurement et arbora un léger sourire. Finalement, peut-être aurait-elle dû prendre le temps de connaître cette personne avant de la classifier sous « pétasse ». Après tout, elle semblait vraiment gentille et se souciait des gens, malgré ses faux airs de Grande-Dame et son caractère pédant. La secrétaire se tourna, ferma la porte, et vint près du bureau, sous le regard surpris de Claudia. L'autre lui tendit la main en arborant un grand sourire.
-Reprenons s'il n'est pas trop tard, et si tu veux bien… Enchantée, je m'appelle Assia El'Buli, je suis ravie de vous rencontrer.
Son interlocutrice ouvrit de grands yeux étonnés, puis sourit à son tour et lui serra la main.
-Claudia Auditore, j'espère que nous travaillerons bien ensemble.
-Moi aussi, fit Assia en s'asseyant dans le siège des visiteurs. Et en ce qui concerne Rebecca…
oOoOoOo
-Tu es sûr que ça va aller ? demanda Ezio depuis le pas de porte à l'attention de Malik.
Celui-ci, allongé sur le canapé, enfoui sous une couverture malgré la chaleur, regardait le plafond d'un air absent, tirant la tronche. Le chef de la famille Auditore soupira. Altaïr lui avait demandé de garder un œil sur son conjoint, surement par peur de sa dernière tentative de suicide, mais il devait aller travailler normalement.
-Si tu veux, je peux téléphoner au bar et prendre congé…
-Non, il faut que tu y ailles, répondit Malik, ouvrant pour la première fois de la journée la bouche et tournant la tête dans sa direction.
Ils se regardèrent un court instant, puis le cadre se redressa brusquement, plia la couverture, la reposa parfaitement centrée sur le canapé et fit face à son ami.
-Je vais bien ! s'exclama-t-il d'un ton énervé. Arrêtez de tous croire que je vais replonger ! J'ai fait une erreur, une fois ! Ca ne se reproduira plus !
-Si ça va aussi bien que ça, pourquoi restes-tu ici, tout seul sur ton canapé au lieu d'aller travailler ? répliqua Ezio avec un grand sourire, constatant qu'il allait plutôt bien.
Malik attrapa un cousin et le lui lança, il le rattrapa avec l'agilité du quaterback qu'il était et le retourna à l'expéditeur.
-Va travailler toi ! lui ordonna Malik, grognon.
-Bonne journée !
Il ferma la porte et partit, laissant son ami seul, debout au milieu de son salon. Celui-ci regarda la porte quelques secondes, puis se laissa retomber dans le canapé. Qu'est-ce qui lui arrivait ? Depuis la veille, il se sentait vide. C'était atroce, mais il avait l'impression que rien ne pourrait y changer quoi que ce soit. Il avait ce qu'il avait toujours voulu, bien évidemment, mais il ressentait quant même un vide.
Il releva la tête, et regarda autour de lui pour voir s'il n'y avait pas quelque chose qu'il pourrait faire pour s'occuper l'esprit. Il vit deux tasses dans la plonge, se leva et se précipita pour faire la vaisselle. Et tant qu'à faire, il allait refaire toute la vaisselle, il y avait des trace de calcaire sur les plats en verre, il l'avait remarqué quelques jours plus tôt. Altaïr ne savait pas le faire correctement, il n'essuyait pas après le programme de la machine.
Maintenant qu'il y pensait d'ailleurs, il fallait aussi faire la lessive, et laver les sols, et faire la salle de bain… Et merde ! Il sentait que ces tocs commençaient à refaire surface ! Et il savait que là, il n'arriverait pas à y résister. Il avait fallu à Lucy plus de six mois pour parvenir à l'aider à les contrôler, du temps de l'université. Et elle n'était pas là.
oOoOoOo
-Lucy, tu vas arrêter de me fuir maintenant !? s'exclama Connor en poursuivant la blonde sur le parking.
-C'est hors de question ! rétorqua-t-elle en lui jetant un coup d'œil par-dessus son épaule, atteignant sa voiture.
Il avait tenté d'ouvrir le dialogue avec elle, essayant de la harponner à la sortie du bureau à l'heur du déjeuner. Hélas, elle l'avait vu arriver et avait immédiatement pris ses jambes à son cou. Il parvint à la rattraper au moment où elle ouvrait sa portière et la claqua. Elle le foudroya du regard et le gifla. Il ne broncha pas et reposa son regard dans le sien.
-Lucy, parles-moi, je t'en prie.
-Te parler de quoi ?! s'énerva-t-elle, sentant un flot de larme monter, mais elle le retint. Tu es marié !
-Je sais !
-Tu es marié et tu as quand même couché avec moi ! Tu as trompé ta femme ! Une femme belle, intelligente, intègre, qui fait tous pour réussir à garder son couple, et toi tu me poursuis ! Alors arrête, je t'en prie !
Elle ferma les yeux et respira profondément pour tâcher de se calmer, sinon elle allait vraiment craquer. Il lui caressa la joue du bout des doigts. Elle réagit immédiatement et le gifla à nouveau.
-Ne me touche pas ! Pourquoi tu fais tout ça ?!
Cette fois, ça y était, les larmes roulèrent sur ses joues. Connor ressentit un sérieux pincement à son cœur, et, sans y penser, la prit dans ses bras pour la consoler. Contre toute attente, elle se laissa faire, enfouissant son visage contre son torse.
-Je suis fatiguée, fit-elle. Tellement fatiguée…
Elle avait une boule dans la gorge. Elle se sentait faible et minable. Au point ou elle en était, autant dire directement ce qu'elle avait sur le cœur. Elle redressa le visage et le regarda droit dans les yeux.
-Je suis fatiguée de me forcer à te détester. Et j'y arrive plus. Je t'aime trop.
Elle posa ses lèvres sur les sienne au moment où une voiture se garait à quelques mètres d'eux. Une portière s'ouvrit et Desmond en descendit. Les deux tourtereaux le regardèrent un instant. Il les fixait d'un air désapprobateur, puis tourna la tête vers la conductrice, qui sortit à son tour. Aveline !
-Tu peux y'aller Desmond, à lundi, fit-elle avec un sourire pour son étudiant.
-Merci pour ce cours Docteur DeGrandpré-KENWAY, répondit le jeune homme en appuyant le dernier nom et fixant Lucy avec un sourire désinvolte.
Lucy le prit assez mal, alors que Desmond n'en avait rien à faire. Quelque mois plus tôt, il aurait surement été jaloux de la voir collée aux lèvres de quelqu'un d'autre, mais à présent, il avait tourné complètement la page. Aujourd'hui, il avait bien d'autre souci en tête, et il mourrait d'envie d'en parler à Assia. Il s'éloigna et rentra dans le bâtiment pendant que les autres continuaient à se toiser.
-Bonjour Lucy, bonjour chéri ! lança Aveline en les foudroyant du regard.
La blonde écarta vivement Connor en le poussant, puis fit face à la chirurgienne, la regardant d'un air sincèrement désolé. Aveline semblait fâchée, mais pas contre elle. La femme couleur café tourna un regard mauvais à son mari. Elle se demandait ce qu'elle allait dire. Devait-elle hurler ? Non, ça ne valait pas la peine. Il lui souriait d'un air hautain. Il n'en avait rien à faire de son avis. Elle soupira intérieurement, puis eux une idée diabolique.
-Lucy…
-Oui Aveline ?! sursauta Lucy, la regardant comme si elle s'apprêtait à la crucifier sur place.
-Me feriez-vous l'honneur de venir manger à la maison ce soir ? Nous pourrons discuter entre adulte.
La blonde la regarda avec de grands yeux, la bouche bée. Connor fixa sa femme avec un air furieux, jeta un coup d'œil à Lucy, puis demanda à la première :
-Je peux savoir à quoi tu joues ?
-Mais à rien, mon lapin, répliqua Aveline un peu sèchement, mais d'une voix mélodieuse. Je veux juste faire un bon repas entre « ami ».
Elle se tourna ensuite vers la blonde et lui adressa un grand sourire carnassier. Pour dire la vérité, elle s'en voulait un peu de la mettre dans une telle situation, mais si cela pouvait nuire à Connor, elle n'avait aucun scrupule. Leur mariage était terminé, elle en était absolument convaincue à présent. C'était vraiment dommage ! Elle l'avait aimé, de tout son cœur, mais la réciproque n'était plus de mise, hélas. Elle pouvait tenter tout ce qu'elle voulait, quand un homme se mettait à soupirer le nom d'une autre durant l'acte, il n'y avait plus grand-chose à espérer. Elle allait retirer son épingle du jeu, alors autant le faire en beauté.
-Disons vingt heures chez nous, fit-elle. Et si vous souhaitez emmener un ami, il est le bienvenu, bien sûr… N'est-ce pas chéri ?
Elle le dévisagea, et lui la foudroya littéralement. De toute façon, il ne pouvait rien dire de plus.
-Bien, bonne journée et à ce soir, donc ! Conclut aimablement la chirurgienne en faisant un petit signe de main à la blonde en reprenant place au volent de sa voiture. Elle les contempla encore un instant au travers du pare-brise, puis mis le moteur en marche, et repris la route. Elle allait commander le repas au meilleur traiteur de la ville, et prier pour qu'aucun cas chirurgical grave sollicitant son intervention ne vienne la déranger durant le petit repas « entre ami ».
Lucy regarda la voiture s'éloigner, resta un instant figée, songeuse, puis sentit la main de Connor se poser sur son épaule. Elle l'écarta d'un geste brusque, le toisa, et ouvrit sa portière.
-Ou vas-tu ? lui demanda l'autre.
-Chercher des vêtements de rechange, puisqu'on a un repas ce soir ! rétorqua-t-elle sèchement en claquant la portière, démarrant à son tour, laissant le responsable de la sécurité seul comme un con.
oOoOoOo
Altaïr entra dans le restaurant, regarda autour de lui, et aperçut son rendez-vous assise à une table près de la fenêtre donnant sur le parc. Le Central était l'un des meilleur restaurant standard de la ville, et un de ses préférer. Il était idéalement placé à l'entrée du Parc, ans le centre-ville, près de la mairie. Il s'approcha de la table avec un grand sourire, et fit la bise à la jeune femme qui l'attendait. Elle arborait, sur une veste en jeans, l'étoile du shérif de Fasmay Hill.
-Salut Alty, comment vas-tu ? demanda-t-elle en se rasseyant.
-Bonjour Maria, très bien, et toi ? répondit-il en prenant place en face d'elle.
-Je t'ai commandé le cocktail de crevettes et l'entrecôte 300g sur ardoise.
-Avec des frites ?
-Evidemment.
-Tu te rappelle de mes goûts malgré six longues années ? s'amusa-t-il.
-On a été ensemble pendant presque un an, et on venait ici presque une fois par semaine, alors oui, je me rappelle de tes goûts, lui répondit-elle avec un grand sourire.
Un serveur leur amena les entrées, puis ils continuèrent leur discussion, évoquant quelques bons vieux souvenir de lycée, à l'époque où ils sortaient –couchaient– ensemble, puis Altaïr entra dans le vif du sujet alors que les plats étaient servis.
-J'avoue que je ne pensais pas que tu reprendrais l'uniforme de shérif de ton père.
-Tu sais, ça fait 150 ans, depuis la fondation de la ville, que la famille Torpe se transmet l'étoile de père en fils, sauf que voilà, pas de fils sur cette génération, alors c'est moi qui l'ai eu ! La première femme shérif du comté, et c'est moi qui est cette incroyable honneur !
En racontant cette petite histoire, elle semblait très fière et arborait un sourire vraiment magnifique. S'il n'avait pas été avec Malik et si elle ne s'était pas révélée lesbienne, il aurait pu songer à se remettre avec elle. Mais l'eau avait coulé sous les ponts depuis leur rupture. Il avait enfin trouvé l'amour de sa vie, et elle aussi. Elle s'était même mariée, et il avait hâte de connaitre la femme qui la comblait de bonheur à ce point. Elle rayonnait, et il en était vraiment heureux. Il s'était souvent senti coupable, après leur rupture, mais là, il se disait qu'il avait bien fait. Et c'était merveilleux qu'ils arrivent à encore aussi bien s'entendre, malgré tout. Elle le ramena soudainement à la réalité.
-Bon, mis-à-part ça ! C'est bien beau d'évoquer nos souvenirs, mais à la base, c'est au shérif que tu souhaitais parler, je crois, non ?
-C'est vrai, admit-il, son sourire s'évaporant de son visage.
-Je t'écoute !
Il hésita un instant, prenant le temps de bien mastiquer le morceau de viande qu'il venait de prendre en bouche. Il réfléchissait à comment aborder le sujet, puis avala et se décida :
-Tu savais qu'Abbas était à nouveau en liberté ?
Le sourire de Maria se décomposa à son tour, et elle le fixa d'un air grave, reposant sa fourchette et son couteau, abandonnant son pavé de saumon.
-Il y avait des rumeurs… mais je ne pensais pas que… Tu es sûr ?
-Un peu, il est venu nous parler directement, à moi et Ezio, hier chez Mario.
Elle continuait à le fixer, ne sachant pas quoi dire. Son travail de shérif consistait à éviter que des nuisible ne vienne perturber la sérénité de la ville. Hors, Abbas, sur une échelle de la nuisibilité de 1 à 10, était déjà à 1000.
-Et tu me dis ç parce que … ? demanda-t-elle, secouant légèrement la tête comme si elle n'y croyait pas encore.
-J'aimerais que tu me dises comment cela peut s'être produit, répondit Altaïr. Comment a-t-il pu sortir de prison ?
Un silence pesant s'installa. La chose était dite. Maria ferma les yeux, respira profondément, puis fit :
-Ok. Je vais investiguer et je te tiens au courant. Si tu le revois, préviens-moi immédiatement.
-Entendu, merci Maria.
Ils terminèrent le repas en silence, payèrent l'addition (il l'invita) et se séparèrent devant le restaurant. La jeune femme lui lança, en prenant son casque dans le coffre de sa moto :
-Fais bien attention à toi Altaïr, on ne veut pas d'un nouvel accident comme celui d'il y a six ans !
- Ne t'en fais pas. Et TOI, fais attention à toi. Tu as une femme.
-Et toi un chéri, alors fais pas le con.
Ils se firent une dernière bise, puis partirent chacun dans leur direction. Lui devait retourner à la DaVinci Inc, quant à elle, elle devait retourner au poste de police.
Voilà, alors, comment avez-vous trouvez ?
Je sais qu'il ne se passait pas grand-chose au niveau action dans ce chapitre, mais les choses vont gentiment s'accélérer dès le prochain.
Merci d'avoir lu !
