Bon, je sais, je suis le Diable de vous faire chaque fois autant attendre.
Mais je ne vous oublie pas pour autant.
D'ailleurs, voici (enfin) la suite.
Je vous remercie de votre patience, ainsi que pour les commentaires. Ça me fait toujours plaisir, alors merci beaucoup !
Sur ce, je vous laisse à la lecture !
Chapitre 8 : Imprévu
-Répète-moi ça ?! ordonna Assia, les yeux écarquillés par la stupeur.
Desmond se tenait assis en face d'elle, dans le restaurant chinois près du parc. Le jeune homme avait l'air d'avoir envie de mourir en cet instant. Il avait les yeux fermés, le front posé contre ses mains, les coudes sur la table, et il hochait la tête comme pour faire « non, non ». Après un instant, il soupira profondément, prit une inspiration en relevant l'échine, et répéta d'un ton le plus détaché possible :
-J'ai cru avoir couché avec Clay, et je lui ai posé la question directement.
Assia le fixa, la bouche entrouverte, penchant légèrement la tête sur le côté, puis explosa finalement de rire, se pliant presque en deux. L'étudiant n'aurait su dire pourquoi, mais il s'attendait à une réaction du genre. Il attendit qu'elle se calme un peu, puis ajouta :
-C'est toujours agréable de voir que l'on peut compter sur ses amis.
-Désolée, continua de se marrer la jeune femme en tâchant de se reprendre. Mais tu te rends compte au moins que cette situation est absolument absurde ?
-Sans dec' ! Merci madame Irma !
-Ho, le prend pas mal, c'est pas aussi grave que ça, se contint la jeune femme en continuant de sourire, prenant une gorgée de vin pour éviter de rire de nouveau. Et puis, si le ridicule tuait, il y a longtemps que tous les employés de la DaVinci seraient morts…
-C'est pas tout faux, reconnu l'étudiant en un soupire, prenant à son tour une gorgée (de bière, pour sa part).
-Tu vois, faut pas te prendre la tête avec ça.
-Ok, mais je fais quoi maintenant, par rapport à Clay ? interrogea Desmond en soupirant.
-Bein, rien, répondit Assia en fixant son ami. Tu voudrais faire quoi.
-J'ose plus lui parler, ni même le regarder.
-Andouille ! s'exclama l'autre en s'énervant un peu. Clay était ton meilleur ami…
-C'est toi ma meilleure amie.
-Non, je dis ton seul amI, masculin. Les mecs on besoin d'un pote avec qui discuter de problèmes de mecs !
-Je vois pas l'intérêt, je peux le faire avec toi. T'es ouverte à tout les sujet.
-Tu me désespère parfois, souffla la jeune femme en haussant les épaules, prenant une bouchée de nouilles sautées. Toujours est-il que, va lui parler ! ce serait dommage de gâcher une amitié pour un malentendu, tu ne crois pas.
Desmond baissa les yeux et eut un léger sourire. Décidément, Assia était bien la seule personne avec qui il pouvait réellement parler de tout, et la seule qui ose l'engueuler directement lorsqu'il faisait une connerie. Quelques mois plus tôt, il n'aurait jamais pensé qu'elle deviendrait aussi importante dans sa vie. Au début, il la voyait comme la fille timide, trop assidue au boulot et trop sérieuse le genre de personne avec qui il n'aurait jamais pensé devenir ami. Puis, par la force des choses, ils étaient devenus « les amants désespérés », chacun éconduit par l'être qu'ils chérissaient, et maintenant, il avait dépassé le stade du sexe et étaient devenu… Quoi, en fait ? Il fallut un instant à l'étudiant pour trouver comment tourner la chose dans son esprit, puis trouva enfin. Assia était « sa personne ». Elle était l'être avec qui il avait envie de passer du temps, de discuter, de rigoler. Ce n'était pas de l'amour, en tout cas pas au sens premier. C'était d'avantage une forme de tendresse entre eux, et lorsqu'il s'imaginait son avenir, dans dix ans, dans vingt ans, lorsqu'il serait un grand chirurgien, elle était la seule personne qu'il côtoie actuellement avec qui il aurait envie de rester en contact.
Sur ces bons conseils, il reprit son repas, et la discussion étant terminée, ils partirent sur d'autres sujets, plus anodins.
oOoOoOo
-Tu es sûr de vouloir y aller ? demanda Altaïr en aidant Malik à nouer sa cravate, dans son bureau.
Depuis son altercation avec Abbas, son bras gauche avait recommencé à la taquiner certain jour, particulièrement quand il stressait.
-Evidemment, ne t'en fait pas… Elle n'est pas au trois quart, recommence s'il te plait.
Altaïr lui jeta un regard à la fois triste et agacé. Avec ses foutu TOC, Malik voulait que sa cravate soit exactement pliée au trois quart. Il commençait à en avoir marre, car c'était déjà la troisième fois qu'il recommençait, mais il s'exécuta.
-Tu sais, mon Père m'a toujours formaté étant jeune pour qu'un jour je le remplace au Conseil, et j'y ai déjà souvent assisté en temps qu'assistant de Léo lorsqu'il leur présentait des projets.
-Oui, mais…
-Ne t'en fait pas ! répliqua le noiraud en fixant son compagnon droit dans les yeux. Ca va très bien se passer, tu verras. Je suis un Al-Sayf, après tout.
Altaïr tiqua un peu. Cette réplique faisait un peu « toi t'es juste un Ibn-La'ahad, du compte pas », mais il préféra ne pas relever, et s'appliqua pour la cravate. Lorsqu'il eut fini, il soupira en écoutant les remerciements de son petit-ami (au point où ils en étaient, pouvait-on vraiment utiliser ce terme ?) et le regarda sortir du bureau sans un bisous ou un contact physique. Dès que Malik fut hors de sa vue, il soupira longuement en se laissant tomber dans son fauteuil. Il n'en pouvait plus de cette situation. D'accord, ça ne faisait que deux mois qu'il était ensemble, mais depuis le retour d'Abbas, Malik était devenu froid et distant, et vivre sans contact physique le rendait lentement fou. L'être humain était un animal sociable, qui avait besoin de contact. Il ne demandait pas l'extase de la chair non plus, mais au moins un câlin, ou un baiser, ou même, simplement se tenir par la main. Il n'en pouvait vraiment plus.
Il tenta un moment de travailler, pour s'occuper l'esprit, mais ne parvint pas à se concentrer et s'agaça d'avantage. A bout de nerf, il éteignit son PC et sortit de son boxe. Il allait aller faire une balade, ça lui changerait les idées. Mais avant, il devait passer aux toilettes. Il traversa l'étage et gagna la porte des WC prévu pour les employés. Il poussa la porte en défaisant déjà la boucle de sa ceinture, et sursauta en découvrant Lucy, postée devant le miroir, le mascara coulant le long de ses joues, les yeux rougit de larmes. En le voyant entrer, elle s'essuya le visage d'un revers da la main et se redressa en reniflant.
-Désolée, fit-elle en retenant un sanglot. Je te libère la place.
Elle lui passa à côté, mais, frappé par sa détresse apparente, Altaïr l'attrapa doucement par le bras.
-Attend, Lucy…
Elle s'arrêta, tremblante de larmes retenues et ferma les yeux.
-Tu as besoin de parler ?
Elle renifla encore, se tourna lentement vers lui et acquiesça sans dire un mot, fixant ses chaussures, les yeux encore humide.
oOoOoOo
La salle du Conseil, à l'hôtel de ville, commençait à se remplir des membres. Lorsque Léonardo entra dans la pièce, son regard fouillant inconsciemment la pièce à la recherche de son ex, et s'arrêta net sur le seuil, son sourire se décomposant, lorsqu'il l'aperçut près du buffet de petits-fours salés, en pleine séance de drague sur la personne de…
Catherina Sforza, putana ! s'exclama son subconscient dans sa tête.
C'était bon, sa journée était foutue. Il redoutait la confrontation avec Ezio depuis l'épisode de César sortant de la douche, mais ça – le voir tourner la page – s'était particulièrement vexant et humiliant. Bon, s'il le prenait sur ce ton, pas de souci ! Il avait joué le prude jusqu'à maintenant avec César, mais désormais, il tournait la page Ezio pour de bon ! Pourtant, il aurait aimé lui dire qu'il ne s'était rien passer la semaine précédente. Pour de vrai ! Le seul contact entre lui et le Borgia avait été un chaste baiser. Et si l'autre s'était retrouvé nu dans sa douche… c'était uniquement parce qu'il s'était renversé une bouteille de vin dessus au restaurant. Mais bon, autant passer à autre chose, vu que Monsieur Auditore en faisait autant.
-Bonjour Léo, fit une voix à côté de lui.
Il reconnu immédiatement le timbre de voix et se tourna avec un grand sourire vers César, qui lui sourit en retour. Puis le nouveau venu jeta un rapide coup d'œil à son ancien meilleur ami et demanda en le désignant d'un mouvement de tête.
-Tu lui as expliqué ?
-Pourquoi faire, ma vie ne le concerne plus, répondit froidement le blond.
Le Borgia soupira intérieurement. Il se rendait compte que Léonardo était encore accro à son ex-compagnon, mais sa fierté lui interdisait de reconnaitre que l'autre se servait simplement de lui. Il préférait continuer à espérer et à se jouer des films dans sa tête. La chance de l'avoir pour lui se présentait enfin, il ne fallait pas la rater. Cela faisait neuf ans qu'il se terrait dans le silence, observant de loin celui qu'il aimait. Neuf longues années de souffrances, de silence et d'espoirs cachés, de torture mentale de sourire et de déception, de fausses conquêtes et d'illusions dérisoires mais tout ça ne lui faisait rien, il était d'accord de l'endurer puisque l'être aimé était heureux. Tant que Léonardo était comblé de bonheur, même s'il était avec un autre, c'était tout ce qui comptait pour Cesare. Du moins jusqu'à ce qu'il se rende compte que ce bloc de bonheur n'était qu'illusion et qu'il souffrait de sa relation avec Ezio. Dès cet instant, il s'était juré de revenir sur le devant de la scène, et de le tirer de là.
-Vous me bloquer le passage, fit Lucrezia (l'odieuse sœur de Cesare) en faisant voler sa crinière blonde dans la figure de Léo, qui la regarda rejoindre la grande table ovale, s'installer en face de lui et le dévisagea en arborant un sourire presque carnassier.
-Je vois que ta sœur m'apprécie toujours autant, fit Léo en lui faisant un « coucou » de la main digne du « faux-cul » parfait.
-Elle n'aime aucune de mes relation, répondit le Borgia en
-Je n'ai franchement pas de chance avec les belles-sœurs, fit l'autre au haussant les épaules.
Léonardo ne se rendit pas compte sur le coup, mais sitôt que le mot « belle-sœur » eut franchi le seuil de sa bouche, Cesare sursauta quelque peu et posa sur lui un regard insistant. D'abord trop surpris, il finit par mesurer toute l'impact de la phrase et esquissa un sourire. S'il parlait de Lucrezia comme d'une « belle-sœur », c'était qu'inconsciemment, il le considérait comme son petit ami. Non ?
Alors qu'il s'apprêtait à dire quelque chose, Maria entra à son tour dans la pièce par l'autre porte (le bureau du Conseil était une grande pièce circulaire au centre de la mairie), en compagnie de Malik et annonça d'une voix forte.
-Ok les gars ! Tout le monde est là ? Ok, on va pouvoir commencer !
Elle ferma la porte et vint prendre place à la table. C'était toujours le représentant de la famille Torpe qui donnait l'ordre pour débuter la conférence, puis le Maire prenait la relève. Aussi, Catherina prit la chaire de dirigeante de la ville, en bout de table, et poursuivit d'une voix calme, de leader.
-Bien. Bonjours à tous ! Avant de commencer, je tiens à souhaiter la bienvenue à Malik, qui prendra désormais la parole auprès du Conseil en tant que représentant de la famille Al-Sayf à la place de son père.
Il y eut quelques applaudissements. Malik se leva, fit un rapide discours comme quoi il allait faire de son mieux, et vu ses référence, personne n'en doutait. Puis, Maria se leva à son tour, visiblement fatiguée, l'air sombre et annonça :
-Mon père a fait un infarctus il y a deux jours. Il est désormais entre les mains de notre star locale, le Dr DeGrandpré. En attendant qu'il aille mieux, je participerais en temps que porte-parole de ma famille.
-Nous espérons sincèrement que tout ira bien pour ton père, fit Ezio, assis en face d'elle avec un regard réellement compatissant.
-Aveline est la meilleur dans son domaine, renchérit Léo. Il n'y a rien à craindre.
Ezio lui lança un bref coup d'œil, pour la première fois depuis qu'ils étaient dans la même pièce, et leurs regards se croisèrent, rien qu'un instant, car chacun détourna presque immédiatement le regard. Léo bouillonnait intérieurement. Son ex s'était assis bien à côté de Catherina, et il ne doutait pas, au vu du sourire étrange que celle-ci arborait, qu'il lui caressait la cuisse par-dessous la table. Ce n'était absolument pas vrai, mais il paronoïait gravement.
-Bien, nous allons pouvoir commencer, finit par enchainer la jeune femme. Nous avons à l'ordre du jour la fête de la fondation. Léonardo, je vous laisse la parole pour nous expliquer ce que propose votre équipe.
Un nœud dans la gorge, car Ezio le fixait, Léo se leva et appuya sur le bouton de réglage de la lumière alors qu'un projecteur au plafond s'enclenchait.
-Vous avez tous devant vous une copie du dossier, fit-il en tapotant sur son ordinateur portable pour afficher ledit dossier sur l'écran géant au mur.
Il afficha le premier diaporama, prit une gorgée d'eau, respira profondément, puis prit la parole, comme chaque année. Sauf que d'habitude, Ezio l'aidait à présenter. Cette fois, il était seul, mais il se devait d'y arriver, à tout prix.
oOoOoOo
Rebecca était assise sur un banc, dans le cimetière, non-loin de la tombe de Shaun. Elle était étrangement soulagée. Peut-être à cause de la décision qu'elle avait enfin prise vis-à-vis de son bébé. Elle l'avait expliqué en long et en large toute la matinée à la pierre tombale. Elle était persuadée que c'était ridicule, mais elle ressentait le besoin de se justifier, et était désormais persuadée qu'il le comprendrait très bien. S'il avait encore été en vie, ils en auraient sûrement discuté longuement, et se seraient probablement disputés à ce sujet, mais il aurait fini par lui donner laisser le choix, et aurait accepté sa décision.
-Bon, voilà, fit-elle en se levant avec un petit sourire. Je dois retourner au travail, à bientôt Shaun.
Elle trouvait ça vraiment stupide de dire au revoir à un mort, mais elle n'avait pas encore totalement passé le cap du deuil. L'acceptation commençait à arriver, mais pas encore à cent pour cent. Ca viendrait, tenta-t-elle de se rassurer.
En passant le long de l'allée principale, elle fouilla dans son sac à la recherche du papier du médecin, afin de revérifier l'heure du rendez-vous pour l'IVG. Alors qu'elle fouillait en pestant contre tout ce bric-à-brac que contenait son foutu sac. Elle voulait d'un seul coup en changer, changer de vêtements, de coiffure, de marque de maquillage, d'appartement. Tiens, et pourquoi ne pas aussi changer de boulot, même de ville ! Refaire sa vie, rencontrer quelqu'un d'autre peut-être
Elle eut un rire nerveux. Qu'est-ce qui lui arrivait soudainement ? Changer de vie, non mais qu'est-ce qu'elle se racontait encore comme connerie ?! Pourquoi changer de vie, sa vie était très bien comme ça, non ? Elle aimait cette vie, elle continuait sur sa lancée. C'était toujours sa vie ! Sa super vie, ses amis, son boulot qu'elle aimait, son belle appartement avec vu sur le parc…
Mais Shaun n'était plus là.
Dit-le !
Shaun était vraiment…
DIT-LE !
Shaun était mort !
Les larmes se mirent soudain à couler le long de ses joues, alors qu'elle continuait de se marrer comme une démente, les mains encore dans sa main. Elle s'imagina ce que devait penser les gens qui pouvaient la voir. Mais heureusement, il semblait n'y avoir personne dans le cimetière. Elle n'arrivait pas à se rattraper. Shaun était mort ! Mort et enterré, depuis deux moi. Et elle, elle était enceinte de lui. Et elle allait avorter, et elle essayait de se convaincre que tout allait bien. Décidément, c'était une grande malade !
Elle était à moitié pliée en deux, les côtes lui faisant mal tant elle riait, et ses yeux lachant un flot d'eau saline, retenue depuis tellement longtemps. Et la phrase qui tournait en boucle dans sa tête :
Il est mort, mort, mort… tralala ! Et enterré !
L'hilarité se changea soudainement en tristesse. Une vague de chagrin telle qu'elle lui fit mal, compressant son cœur, ses poumons, son âme. Ca faisait mal, horriblement mal, comme des milliers de lames chauffées à blanc plantées dans son corps. Ses jambes se dérobèrent et elle s'effondra complètement, se mettant à sangloter.
Elle avait tout à coup la sensation que l'univers s'effondrait sur elle. Toute la peine qu'elle essayait de refouler depuis la fusillade fatale remontait à la surface. Comment pouvait-elle en arriver là ? Ce n'était pas ce genre de femme pourtant. Pas la femme qui s'effondrait au milieu d'un chemin en terre battue, salissant ses vêtements, et pleurant la mort de quelqu'un. Pas elle, pas elle, pas elle. Mais là, elle n'arrivait pas à se calmer.
Alors qu'elle se disait qu'elle n'arriverait jamais à se calmer, à se relever toute seule, elle entendit un pas dans son dos, et leva légèrement la tête lorsque des jambes entrèrent dans son champ de vision par la gauche. Elle voulait lever la tête, pour voir qu'est-ce qui se passait, mais elle n'y parvenait pas. Elle n'en avait pas la force. C'est là que la personne s'agenouilla face à elle, lui posant une main sur l'avant bras, l'autre sur l'épaule, et la regarda avec inquiétude. Elle réussit, dans un effort surhumain, à le regarder et le reconnu immédiatement.
Le jeune homme du cimetière !
Il s'humecta les lèvres en regardant par terre, visiblement mal-à-l'aise, puis lui demanda d'une voix douce :
-Et-ce que ça va mademoiselle ?
Elle le fixa, sanglotant encore sans pouvoir se concentrer. Il regarda encore sur le côté en réfléchissant visiblement à la meilleure chose à faire, puis l'aida à se relever et la conduisit jusqu'à un banc, où il la fit s'assoir.
-Je suis… vraiment désolée ! sanglotait Rebbeca, prise de spasme. Je ne sais pas ce qui m'arrive.
-Ne vous en faite pas… Est-ce que vous voulez que j'appelle quelqu'un pour vous ?
Elle se remis à rire démentiellement. C'était bien sa veine. Elle se faisait aborder par un jeune homme super mignon, et elle passait pour une cinglée.
-Non, articula-t-elle. Il faut juste…. que je… me calme, hahaha !
Il hésita à partir, regardant la sortie du cimetière, puis se ravisa, la regarda un instant l'air inquiet, et s'assit à côté d'elle. Il lui prit la main, elle leva la tête et le regarda sans réussir à s'arrêter de rire.
-Je reste avec vous alors. Jusqu'à ce que vous vous soyez calmée.
-Merci-i-i-i.
-Je pense que l'on pourrait se présenter, vu que ça à l'air bien partit pour durer quelques heures, fit-il avec un léger sourire rassurant.
Rebecca tiqua, elle avait déjà entendu ce genre d'intonation suave, déjà vu un sourire de ce genre, plein de joie de vivre et d'énergie.
-Rebecca, lâcha-t-elle entre deux éclats de rire.
-Federico, enchanté ! lui répondit-il dans un sourire.
oOoOoOo
Allongé dans un lit, Lucy et Altaïr ne comprenait pas exactement ce qui venait de se passer. Comment en étaient-ils arrivés là ?
Elle pleurait, il l'avait raccompagnée chez elle pour qu'elle puisse se lâcher. Ils avaient ensuite bu un peu de vin (idée stupide, il ne supportait pas le vin), et de fil en aiguille, discutant de leurs relations bancales, ils s'étaient échauffés en arrivant au sujet des rapports sexuels. Inexistants chez lui, adultère chez elle. Et là, ce fut le drame, incontrôlable. Altaïr tenta de se convaincre que c'était le manque qui l'avait poussé à tromper Malik, mais il savait qu'il n'y avait pas que ça. Il était hétéro. Sauf pour Malik, parce qu'il l'aimait, mais pour le reste, il était hétéro.
Et là, ils étaient tous les deux allongés, nus sous les draps fripés, à ne pas se regarder, fixant le plafond sans oser en parler. Ils entendaient leurs respirations, terrifiés par ce qui venait d'arriver. Comment allaient-ils le gérer ?
-Je… tenta Altaïr, vraiment mal-à-l'aise. Tu… On a vraiment ?
-N…Non !
-Alors on fait comme si de rien ?
-Ouais, c'est-ce qu'il y a de mieux à faire… je crois.
Altaïr s'humecta les lèvres, ne sachant pas quoi dire d'autre. Ils savaient tous les deux que le point commun entre eux, c'était Malik. Elle était sa meilleure amie, il était son petit-ami ! Il en souffrirait trop, s'était certain. Et il ne lui pardonnerait pas cette fois-ci. S'il l'apprenait. C'était définitivement la fin entre eux. Et quitter la ville pendant six ans ne suffirait plus. Il voulut ajouter quelque chose, mais leur téléphones sonnèrent en même temps.
-Allô, Stillman !
-Altaïr à l'appareil !
Le visage de Lucy passa en mode incompréhension. Elle se jeta hors du lit, en déclarant :
-Très bien, je vous remercie, j'arrive tout de suite.
-Je suis là dans cinq minutes, répondit Altaïr en l'imitant. Non, non, ne t'inquiète pas, ça va bien.
Il avait Malik en ligne, qui lui demandait de venir le chercher. Sa réunion s'était bien passée. Il enfila ses vêtements, elle aussi, et ils sortirent de l'immeuble, sans se regarder. Ils partirent chacun de leurs côté.
Le jeune homme s'en voulait horriblement. Qu'allait-il faire ?! Rien, s'il écoutait Lucy, et c'était peut-être le mieux à faire. Il ne voulait pas le faire souffrir, pas encore une fois. Pas comme ça. La culpabilité le gagna totalement lorsqu'il démarra le moteur de sa voiture.
Alors, ça vous à plu ?
J'essaye de faire plus vite pour la suite, promis
