Hello tout le monde !

Petit chapitre en coup de vent (et oui, toujours pressé en ce moment)

Comme d'habitude, je remercie tous ceux qui me lisent et me commentent, et je m'excuse de la lenteur des publications.

Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture !

Amicalement !


Chapitre 9 : Nouvel arrivant

La réunion était terminée depuis près d'une demi-heure, et les membres du Conseil se restauraient désormais dans le jardin de la mairie. Léonardo, en pleine discussion avec Lucrezia (qui se montrait faussement aimable, et incroyablement hautaine), gardait les yeux rivés sur Ezio, fulminant intérieurement de le voir se pavaner devant cette emmerdeuse de Catherina.

-Et donc, avec mon frère, ça en est à quoi ? demanda effrontément la cadette Borgia.

-Je te demande pardon ?! éluda Léonardo avec un sourire faux.

-Ca va, on est adulte, Léonardo. Je te demande si tu as déjà couché avec mon frère.

Elle avait posé la question à forte et intelligible voix, ce qui fit tourner la tête de plusieurs membre du Conseil, y compris d'Ezio.

Garce ! songea le blond en détournant vivement le regard de son ex, pour tomber sur le sourire satisfait de la jeune femme.

Elle avait calculé son coup pour le mettre dans l'embarras, il n'en doutait pas. Il attrapa la coupe de champagne la plus proche, leva son verre avec un sourire crispé, et ajouta :

-Je crois que cela ne te concerne en rien.

Il relança un rapide regard en direction de son ancien amant, et le vit s'approcher de plus en plus de Madame le Maire…

Il ne va quant même pas… !

-Dans le cas où l'intéressé est mon frère, je pense que j'ai un peu le droit de savoir, riposta la blonde, frustrée de la réponse de l'autre.

Catherina se collait de plus en plus d'Ezio, se qui fit bouillir le sang du peintre. Elle lui glissait à présent une main le long des épaules, et glissait doucement vers plus bas, tout en le fixant avec un air coquin.

Ôte tes sales pattes de là ! hurla intérieurement Léo.

Le pire, c'est que ce crétin avait l'air subjugué par le charme de la jeune femme. Si elle le travaillait encore un peu au corps il allait !

NON !

Si, il venait de pencher légèrement la tête en avant et de déposer ses lèvres sur celles de la femme. Le monde sembla se figer durant une seconde. Une très longue seconde. Il avait l'air d'apprécier ce contact avec la pulpe des lèvres de cette « catin ».

-Léonardo, je te parle, tu pourrais quand même faire semblant d'écouter, râla vivement la cadette Borgia en claquant des doigts juste devant ces yeux. Mais il ne broncha pas, sa coupe de champagne à la main, paralysé dans une position de vive colère. Il était en train de se détruire l'intérieur de la joue en se la mâchonnant pour essayer de se calmer, mais ça ne marchait absolument pas. Tout ce qu'il voyait, c'était le regard qu'Ezio venait de lancer dans sa direction, le petit regard hautain, et le second baiser, un peu plus langoureux cette fois. La blonde, remarquant qu'il ne réagissait plus, lança un regard dans la direction qu'il fixait, sursauta un peu, et se tourna à nouveau face au PDG de la DaVinci Inc, le dévisageant vivement d'un air mi-satisfait mi-gêné.

-Je vois, fit elle sarcastiquement.

-Pas de commentaire je te prierais, rétorqua Léo en la dévisageant presque plus méchamment.

-Je n'ai pas l'intention d'en faire. Tu peux continuer d'être amoureux de ton ex et jaloux de ses nouvelles conquêtes.

En disant cela, elle avait pris une autre coupe de champagne en goutta une gorgée, puis le fixa droit dans les yeux avec un sérieux que le blondinet ne lui avait jamais vu.

-Mais que les choses soit bien clair entre nous : Mon frère n'est pas un jouet ou un lot de consolation. Je pense qu'il éprouve réellement quelque chose pour toi, alors si tu fais quoi que ce soit qui puisse le blesser, je t'attendrais au tournant avec une batte de baseball.

-Des menaces maintenant, railla Léo avec un sourire en coin.

Là, il n'avait pas envie de rire. Il se sentait réellement détruit psychologiquement. Il avait envie de rentrer et d'éclater en sanglot, ou de saccager la chemise qu'Ezio avait oublié d'emmener en quittant l'appartement. Ce salaud se remettait en chasse, après seulement deux mois. A croire que neuf ans de vie commune ne valaient rien à ses yeux.

Attendez, qu'est-ce que Lucrezia venait de dire ?! C'était lui qui faisait souffrir quelqu'un ?

C'est le monde à l'envers !

Légèrement vexé, Léonardo repris sa coupe de champagne, le leva avec un sourire un peu crispé en guise de salutation, et s'éloigna de cette furie.

-C'est ça, fuis, lui lança-t-elle, plus doucement cette fois.

Il traversa le jardin à pas vifs, salua les membres du Conseil, jeta un coup d'œil à Ezio, qui se bécotait encore avec Madame le Maire, et, furieux, se dirigea vers Malik, en train de réaligner les canapés au saumon sur le plateau.

-On y va ! ordonna-t-il !

-Ils ne sont pas droits, fit le cadre en regardant le plateau d'un air singulier, avant de se tourner calmement vers son patron. Si c'est pour fuir Ezio, je pense que ce n'est pas une bonne idée.

-Parfait ! s'énerva un peu plus le blond. Si tu veux l'attendre, libre à toi ! Moi, je m'en vais !

Il se tourna, mais Malik lui attrapa le bras, et le regarda droit dans les yeux, l'air inquiet. Ils se toisèrent un moment, puis Léonardo détourna le regard, et se dégagea avant de partir à pas vifs. Le cadre l'observa s'éloigner, se disant que son ami avait réellement besoin d'aide. Il était aux portes du burn out.

LA voiture du peintre démarra alors, qu'Altaïr arrivait, et que le cadre se repenchait sur le cas « des canapés mal alignés ».

-Décidément, rien ne va, songea Lurezia, qui assistait à la scène de loin, avec un sourire amusé, buvant une gorgée de champagne.

Son frère arriva, et l'embrassa sur la joue.

-Qu'est-ce qui te fait sourire comme ça ? demanda-t-il, satisfait de cette journée.

-Moi, rien, fit-elle au haussant les épule, lui accordant un clin d'œil taquin.

oOoOoOo

A la DaVinci Inc, ceux qui étaient restés s'afféraient à leurs tâches habituelles. Clay, assis derrière son bureau, jouait avec une règle flexible, regardant l'horrible fond d'écran par défaut que Malik avait bloqué. Ce chaton mignon allait le rendre dingue, il n'en doutait pas. Soupirant d'exaspération, il posa violemment la règle sur le bureau. Son mentor n'étant pas là, Léonardo ne lui ayant rien confié et les autres étant trop absorbés par leurs propres problèmes, il n'avait tout simplement rien à faire. A ce niveau là, il pouvait tout aussi bien se tirer. Et il était persuadé que personne ne le remarquerait. Il pouvait se faire enlever, shooter par une voiture, mourir la bouche ouverte, personne ne le remarquerait.

-RAAA !

Il s'ébouriffa les cheveux violement, et se laissa retomber, la tête entre les mains, sur le bureau. Il avait accepté de devenir assistant dans cette entreprise renommée parce qu'il pensait qu'ici il apprendrait quelque chose. Bein non ! A l'arrivée, chacun restait dans son coin, on ne lui donnait pas de boulot intéressant à faire, et il avait réussi à perdre la seul personne avec qui il se marrait bien. A cause d'un malentendu, en plus ! Oui, ok, il était bi, et il avait dormi à moitié à poil dans le même lit que son meilleur ami après une soirée tellement imbibée d'alcool que sa signifiait qu'il avait envie de le culbuté sur une table. Les mecs hétéros étaient souvent paranoïaques, persuadés d'un grand complot de la part de la gent gay visant à tous les convertir.

Mais bordel ! Qu'ils arrêtent de croire qu'ils sont tellement désirables !

Il était réellement énervé contre Desmond. Depuis ce malentendu, l'étudiant l'évitait, faisant semblant d'être au téléphone lorsqu'il essayait de lui parler, prétextant une affaire urgente lorsqu'ils risquaient de n'être que les deux, prenant l'escalier pour éviter d'être bloquer dans l'ascenseur avec lui, etcetera, etcetera, etcetera.

Et dire que Clay pensait sincèrement que Desmond était son ami, que vu les relations de ses deux cousins, il serait plus ouvert d'esprit et ne le jugerait pas s'il avouait ses penchants... Raté, sitôt qu'il avait su, il s'était senti menacé et l'avait fui, comme tous les autres avant lui. Le jeune homme soupira encore. Il commençait sérieusement à désespérer de ce monde. Que devait-il concrètement faire ? Ce cacher toute sa vie, faire semblant de ne pas avoir d'attirance pour les hommes, se marier avec une femme au hasard, faire des gosses « parce que c'est ce qui est normal », et ne pas vivre heureux car incomplet. Bien sûr, il aimait aussi les femmes, et le problème ne se poserait pas s'il en tombait amoureux d'une. Mais même si c'était le cas, qu'ils se mettaient ensemble, qu'ils vivaient heureux et amoureux, ses pulsions gay se réfréneraient-elles pour autant ? Il en doutait fortement.

C'est un problème sans solution ! se lamenta-t-il.

-Clay…

Bien qu'ayant le visage enfoui dans ses bras, avachi sur le bureau, le blondinet reconnu immédiatement la voix, et releva la tête, des larmes de rages aux coins des yeux.

-Desmond, fit-il, entre l'étonnement, la colère et le dédain.

L'étudiant se tenait dans l'encadrement de la porte, l'épaule adossée du côté gauche, les bras croisé, le regardant de là. Il y eut une longue minute de silence, durant lequel il se fixèrent intensément, Clay dévisageant ouvertement l'autre, qui semblait chercher ses mots. Finalement, Desmond regarda sur le côté en se mordant la lèvre, prit une grande respiration, puis parla :

-Est-ce que…. Tu vas bien ?

-Ouais, ça va, répondit un peu sèchement Clay.

Desmond tiqua, déviant à nouveau le regard. Il s'attendait à de la hargne, c'était légitime, il l'avait ignoré et fui toute une semaine. Il s'humecta les lèvres, et s'avança d'un pas dans la pièce, gardant les bras croisés.

-Je suis content de le savoir. Alors, est-ce qu'on pourrait… parler, de tout ça ?

Clay baisa les yeux, se mordit violement l'intérieur de la joue, qu'est-ce qu'il convenait de faire. Accepter le dialogue ou non ? Peut-être, mais après ? Pardonner ou continuer à être en colère ? Autant de question que de possibilité. Sans doute, là au milieu, y'avait-il une bonne solution. Oui, surement, mais pour l'instant, il était en colère. La réponse passa le seuil de ses lèvres sans qu'il n'ait eu le temps de réellement la formuler.

-Non.

Desmond eut un sourire attristé, en baisant les yeux sur ses chaussures, et répondit en hochant la tête.

-Ok, très bien. Porte-toi bien.

Il se détourna pour partir et passa le seuil du bureau, dépité. Clay, le voyant ainsi, eu une soudaine pulsion. Il avait beau être en colère, Desmond était son ami, et il n'aimait pas le voir comme ça.

Tu es faible, tu lui laisse le pouvoir, se fit-il la réflexion

-Desmond !

Le jeune homme se sursautait en se retournant à moitié pendant que Clay se levait et contournait le bureau. Il s'approcha rapidement sous le regard étonné. Il s'arrêta sur le pas de porte, l'étudiant était à un mètre de lui et l'observait en silence.

-Ok pour parler.

Le regard de l'autre passa rapidement de la surprise à la satisfaction. Il ouvrit la bouche, mais Clay leva la main pour lui intimer le silence.

-Pas tout de suite. Là, il faut que je prenne le temps de me contenir, sinon je vais te hurler simplement dessus, et ce ne sera pas constructif.

Desmond le regarda en silence. Il poursuivit :

-Alors, je te propose… un verre.

-Un verre.

-Ouais, un verre. Ce soir, chez Mario, où n'importe où d'autre.

-D'accord.

-21h00, je dois d'abord finir le travail, boucler le bureau, faire mon rapport au boss, et passer chez-moi.

-D'accord.

-Ok, bon, bein à tout à l'heure alors.

-A tout à l'heure.

Desmond hocha la tête encore, et eu un nouveau sourire. Il se détourna et repartit vaquer à ses occupation pendant que Clay reprenait sa place devant le stupide chaton mignon de son écran.

T'as perdu cette partie ! ragea-t-il légèrement.

oOoOoOo

Lucy traversa le parking du cimetière, inquiète. Elle avait reçu l'appel d'un homme qu'elle ne connaissait pas, qui lui avait demandé de venir au plus vite, car son amie Rebecca était au plus mal. Pourtant, malgré son inquiétude, elle ne parvenait pas à arrêter de se torturer l'esprit à cause de ce qui s'était passé avec Altaïr. Ça avait franchement été l'éclat, elle devait le reconnaitre. Presque mieux qu'avec Connor – peut-être parce qu'il ne s'agissait là que de sexe pur et simple, sans sentiments en plus. Pourtant, aussi satisfaisante ait été cette partie de jambes en l'air, elle se sentait mal, très mal. Vis-à-vis d'Altaïr, mais surtout de Malik. Elle avait trahi la confiance de son meilleur ami en s'envoyant en l'air avec son copain. Ce qui signifiait, au passage, que c'était la deuxième fois qu'elle était la femme adultère. Elle devait vraiment avoir un grave problème dans sa tête, soupira-t-elle.

La blonde atteignit l'allée principale, et vit rapidement sa meilleure amie, assise sur un banc en compagnie d'un homme qu'elle ne connaissait pas. Plutôt grand, athlétique, la trentaine, type italien apparemment, plutôt séduisant. Il avait des traits faciaux qui lui rappelait un peu quelqu'un, mais qui ?

Elle s'approcha à pas rapides, légèrement tendue. En la voyant s'approcher, l'homme se leva avec un léger sourire de convenance (bien qu'apparemment, il n'ait pas le cœur à rire, cela se voyait dans son regard) et tendit la main.

-Mademoiselle Stillman je présume.

-En effet, répondit Lucy en l'observant un instant de plus près.

-C'est moi qui vous ait appelé.

-Oui, je vous remercie.

Elle lui sera la main en lui rendant son sourire, puis se tourna vers Rebecca, qui semblait absente, assise sur le banc à fixer le vide.

-Becca, ça va ?

La noiraude, remarquant seulement sa présence, leva le nez vers elle et la fixa. Elle avait les yeux encore brillants, mais un sourire étira ses traits. Un vrai sourire, sans crispation ou forcing comme elle avait pris l'habitude de les faire pour prétendre que tout allait bien. Simplement un sourire. Cela perturba un peu Lucy qui la regarda avec inquiétude.

-Shaun est mort, fit l'autre d'un ton neutre, continuant de sourire.

Perturbée par cette réplique, Lucy l'observa comme si elle venait de lui révéler la réponse à la grande question sur la vie, l'univers et tout le reste, puis se tourna lentement vers l'homme, la bouche légèrement bée.

-Qu'est-ce qu'elle a ? Qu'est-ce que vous lui avez fait ?

-Disons que je ne suis pas pour grand-chose, expliqua l'autre.

-Comment ça, « disons que » ?! s'exclama la jeune femme en le dévisageant violemment, suspicieuse. Qui êtes-vous et qu'avez-vous… ?!

-Lucy, fit Rebecca en se relevant, époussetant son jeans. Ça va.

Son amie se retourna vers elle et la considéra un instant pour essayer de se confirmer que ce que venait de dire la femme enceinte était vrai. Elle semblait sincère en disant ça. Pour la première fois depuis deux mois, elle semblait vraiment le penser en le disant.

-OK, que quelqu'un m'explique se qui ce passe, parce que là je ne capte pas bien.

Rebecca lui sourit une nouvelle fois, puis lança un regard à l'homme en penchant légèrement la tête.

-Docteur, vous pouvez lui expliquer ? demanda-t-elle doucement.

-Docteur ?! s'étonna vivement la blonde en se tournant à nouveau vers le type.

-Oui, je ne me suis pas vraiment présentez, fit-il en prenant un air plus décontracter. Veuillez me pardonner. Je me nomme Federico Grayson, je suis psychothérapeute.

Lucy le considéra avec des yeux exorbités, tombant des nues. Dans sa surprise, elle ne releva pas le nom de famille et fit volte face à son amie.

-Qu'est-ce que tu fous avec un psy ? fit-elle abasourdie.

-Je l'ai trouvée ici, expliqua le dénommé Federico calmement. Elle était en train de s'effondrer sur elle-même, alors je lui ai tenu compagnie, et on a beaucoup discuté. Je pense sincèrement que cela lui a fait le plus grand bien…

Lucy leva les yeux au ciel. Elle ne croyait pas un instant à toutes ces conneries de psychologie. Peut-être parce que la seule fois de sa vie ou elle avait dû faire appel à un psychothérapeute, celui-ci avait été un incompétent total ? Peut-être bien. En tout cas, depuis, elle n'avait que peu de considération pour eux. Si réellement une simple discussion avec un parfait inconnu (qui pompait tout votre fric par la même occasion) aidait à résoudre les problèmes, le monde irait mille fois mieux.

-C'est formidable, se moqua-t-elle à moitié.

Le sourire de l'homme s'effaça quelque peu. Il avait capté l'ironie et la considérait à présent. La jeune femme savait pertinemment ce qu'il était en train de faire. Il analysait chacune de ses réactions, chaque tique, chaque mimique, pour tenter de la cerner. Mais il fonçait droit sur un mur d'intolérance.

Rebecca, remarquant la terrible tension qui augmentait, connaissant son amie et ses réactions, décida d'intervenir.

-Je sais que tu ne crois pas à tout ça, mais je te jure que lui parler m'as fait du bien, fit-elle en venant se placer entre elle et le psy.

-Je n'ai fait qu'écouter, renchérit l'homme, qui toisait d'un air satisfait et insolent Lucy.

Décidément, cette physionomie faciale, cette attitude, le léger pli au coin de la lèvre lorsqu'il souriait d'un air suffisant lui rappelait quelqu'un, mais elle ne parvenait pas à trouver à qui.

-Croyez-le ou pas, fit l'homme en haussant légèrement les épaules. Mais Rebecca a commencer son travail de deuil.

-Je vous demande pardon ?

-Shaun est mort, donna comme seule réponse Rebecca, qui visiblement luttait entre l'envie de sourire, de pleurer, de rire et d'hurler en même temps.

-T'avais pas vraiment besoin d'un psy pour t'en rendre compte, riposta Lucy, sans élever a voix, hochant la tête avec l'air de s'en ficher.

-Je n'aurais pas réussi à me relever s'il n'avait pas été là, riposta à son tour Rebecca en fronçant les sourcils, agacée par l'attitude de sa meilleure amie.

-Bien sûr que si, la ravisa Federico.

-Là, tu vois, même lui te le dit qu'il est inutile, se moqua ouvertement la blonde en désigna l'homme de la main.

-Je vous embête, répondit simplement l'autre sans réplique, comme s'il n'avait lui non plu que peu de considération pour ce que pouvait dire cette septique. En tout cas, elle va commencer à aller mieux maintenant, expliqua-t-il ensuite.

-Vous allez lui prescrire un antidépresseur qui va la shooter à moitié, interrogea Lucy, décidée à se passer les nerfs sur cet inconnu prétentieux.

-Non, plutôt par… commença-t-il

-Des séances de psychothérapie, termina la noiraude en fixant son amie.

Celle-ci fut frappée par la conviction qu'avait eu son amie. Elle l'observa un instant, puis eut une moue dépréciative et se tourna pour repartir vers le parking.

-Bon, comme tu veux. Ce sont tes sous après tout. Je t'attends à la voiture pendant que tu fixe ton rendez-vous psychomachin.

-Lucy…fit la femme enceinte, déçu de la réaction de la blonde.

Elle la regarda s'éloigner avec une sorte de tristesse, puis entendit le psy marmonner à côté d'elle :

-C'est elle qui aurait bien besoin d'une séance…

-Je suis navrée, docteur s'excusa Rebecca en se tournant vers lui. D'habitude elle n'est pas comme ça. Il a dû lui arriver quelque chose…

-…Dont elle ne veut pas parler et qui la braque, termina l'homme en hochant la tête avec un sourie amusé. Ne vous en faite pas, j'ai l'habitude, je m'en fais trois comme elle avant le déjeuner.

Il y'eut un petit rire venant des deux, puis un court silence gêné avant que Becca ne demande :

-Alors ? Quand commençons-nous ?

-Heu, je n'ai pas mon organisateur sur moi, mais… (il fouilla dans la poche de son pantalon, en extirpa son portefeuille et en sortit une carte de visite qu'il lui tendit)… appelez-moi en fin de journée, vers 18 heures, je serais à mon bureau, je pourrais vous répondre à ce moment.

-Vous ne connaissez pas votre planning par cœur ? interrogea l'autre, légèrement surprise.

-Je viens d'arriver en ville, j'ai été engagé par l'hôpital et je ne sais pas encore exactement comment eux gèrent les patients, expliqua-t-il.

-D'accord, alors bien venu à Fasmay Hill, l'accueillit-elle en lui tendant la main avec le second sourire non crispé de la journée.

-Merci.

Ils restèrent un instant comme ça, leur mains serrées, leur regards plongés l'un dans l'autres, un sourire en coin. Il y avait une atmosphère particulière à cet instant, comme si aucun des deux n'avait envie de quitter l'autre…

-Rebecca, tu te bouge ! beugla Lucy depuis le parking.

Soupirant d'exaspération, Rebecca lâcha la main de Federico, le remercia pour tout, lui promis d'appeler, puis se retourna et partit à petits pas en direction de son amie. Le trentenaire la regarda s'éloigner avec un sentiment étrange, comme s'il était triste de la laisser partir.

Pas d'attachement à tes patients, se raisonna-t-il.

Il attendit de voir la voiture partir, puis rejoignit à son tour le parking pour prendre sa voiture. Il devait se rendre à l'hôpital pour rejoindre son bureau, et s'occuper de son premier patient ici. Il soupira en allumant sa radio.

oOoOoOo

La baffe avait fusé à une vitesse fulgurante, et Connor n'avait rien fait pour l'esquiver, malgré ses reflexe d'ancien militaire. La main avait claqué bruyamment en entrant en contact avec sa joue, et une vive douleur l'avait submergé une seconde, mais une fois la stupeur passée, c'était parfaitement supportable. Il rouvrit les yeux et regarda droit en face son ex-femme qui fulminait. Il savait qu'elle était costaude, mais il n'aurait jamais pensé qu'elle frappait aussi fort. C'était la première fois en quatre ans qu'elle le giflait, et c'était humiliant. Surtout qu'elle venait de le faire en plein milieu de la cafétéria de l'hôpital.

-TU AS FAIT QUOI ?! s'exclama-t-elle, vivement en colère.

Il était venu lui dire son choix par rapport à l'armée, il lui devait au moins d'être sincère à ce niveau là, mais c'était heurter à sa réaction immédiate. A présent, toutes les personne présentes les fixaient comme s'ils étaient l'attraction du moment. Un homme d'une cinquantaine d'années, avec une veste de médecin s'approcha à pas vif, l'air lui aussi en colère, mais visiblement pas pour les mêmes raisons.

-Dr DeGrandpré, commença-t-il d'un ton autoritaire mais contenu. Je vous prie de bien vouloir régler cette affaire ailleurs que devant nos visiteurs.

-Je vous prie de m'excuser, fit-t-elle avec l'air légèrement gênée. Nous allons aller ailleurs…

-Je préfère, répliqua l'homme.

Aveline regarda le Chef de chirurgie de l'hôpital retourner à sa place, puis regarda à nouveau son ex-mari et le dévisagea férocement. Elle déclara dans un murmure en désignant du menton la sortie.

-Si c'est tout ce que t'avais à me dire, alors dégage.

-Aveline, il faut qu'on en parle, soupira Connor.

-Non, je ne suis plus ta femme, ta vie ne me regarde plus ! fit-elle, relevant un peu le ton.

-Aveline ! l'interpella l'homme à la blouse depuis une table non loin en lui faisant signe de baiser la voix.

-Je voudrais que tu comprennes, tenta de se justifier le militaire.

-Comprendre que tu gâches notre mariage pour une jeune femme dont tu as bousillé l'intégrité. Tu te rends compte que par ta faute, Lucy devra porter toute sa vie le fait d'être la « femme adultère », la « briseuse de couple » ?! Et maintenant, alors qu'elle a sacrifié son amour sur l'autel de tes ambitions personnelles. Tu es un lâche et un beau salaud.

-Tu es assez mal placée pour parler de « sacrifier l'amour sur l'autel des ambitions », riposta l'amérindien, fâché et vexé par les propos de la chirurgienne.

-Ne remet pas cette histoire sur le tapis !

-Je t'aimais, et tu m'as trahi avec mon propre frère. Et ensuite, tu as délaisser notre couple pour te donner à fond à ton travail de chirurgie !

-Ce n'est pas pareil, je sauve des gens !

-Mais moi aussi ! Tu te rends compte du nombre de jeunes que je pourrais former correctement et ainsi sauver. Si je ne pars pas, que je ne saisi pas cette chance, là, et seulement là je me sentirais coupable !

Aveline se tut et le fixa un long moment. Il n'avait pas entièrement tort, et ses motivations semblaient plutôt bonnes, mais pour l'instant, elle lui en voulait. Alors qu'elle réfléchissait à un contre argument, le Chef arriva à nouveau vers eux, l'air réellement en colère, et ordonna :

-Cette fois, ça suffis. Monsieur Kenway, je cous prie de bien vouloir partir, votre dispute importune tout le monde. Et vous Aveline, retourner à votre poste tout de suite ! Vous avez une opération dans moins d'une heure, allez vous préparer.

-C'est vrai, j'y vais de ce pas, s'excusa à moitié la femme couleur café sans cesser de fixer son ex. Celui-ci, soupirant, se détourna et partit à pas trainant. Il aurait réellement souhaité qu'elle le comprenne. Même s'ils divorçaient, et qu'ils n'étaient plus en supers bons termes, elle restait la personne qui avait partagé sa vie et l'avait le mieux compris durant plusieurs années.

Pour sa part, Aveline alla se préparer mentalement pour la prochaine intervention, et relire le dossier une dernière fois, bien qu'elle connaisse le patient et la procédure comme sa poche. Une banalité, à son niveau.

oOoOoOo

Judith, dite le « Bonhomme » se laissa rouler sur le côté, à bout de souffle, et se cala tout contre le corps de son amant. Abbas, lui aussi exténué par le récent ébat, fixait le plafond. Ils avaient, lui, Judith et le « Nabot » prit un appartement. Ou plutôt, on le leur avait donné. C'était un spacieux loft dans la zone industriel de Fasmay Hill.

Allongé ainsi, délassé, le truand ressassait tout ce qui s'était passé depuis deux mois. Il n'avait toujours pas très bien compris les raisons que son « bienfaiteur anonyme » avait eu pour le libérer. Il était toujours dangereux, et prêt à tuer, cela ne le gênait pas le moins du monde, et tout le monde le savait. Alors, dans ce cas, pourquoi le libérer, sachant cela. Il avait veau y réfléchir, tourner la question dans tous les sens, il ne trouvait aucune explication valable. La seule chose qu'il savait, c'était les quelques information, et l'aide sociale que lui fournissait son bienfaiteur. Il pouvait vivre sa vie normalement, à condition sine qua non de suivre les instructions qu'il recevait de manière hebdomadaire et de s'y plier.

Seulement, le terrible Abbas ne se pliait normalement à personne, peut importait son statut sociale ou ses ressources. Mais là, il était vraiment tenu « par les couilles », pour réutiliser l'expression vulgaire employée par Judith la veille. S'il ne se conformait pas aux lubies du bienfaiteur, ce serait retour à la case prison directement. Sauf que la dernière série d'instruction l'obligeait à faire une chose qu'il n'avait vraiment aucune envie de faire, et qui, en plus, lui semblait parfaitement saugrenue.

Sentent qu'il recommençait à se crisper, le Bonhomme se blottit un peu plus coutre lui, appuyant sa poitrine dénudée contre sa corps robuste. Elle lui souffla à l'oreille d'une voix suave, alors que sa main glissait sous le dras vers l'entrejambe de son amant :

-Tu es vraiment obligé d'y aller.

-Pas le choix, sinon le plan tombe à l'eau, persifla Abbas d'un air grave, fixant toujours le plafond.

-Peut-être que non. Si ça ce trouve, ce n'est qu'une blague d'un politicien véreux qui…

-Judith, ferme ta gueule ! ordonna Abbas durement.

Il la foudroya du regard, se qui la fit frémir d'horreur et de passion. Elle l'adorait, et le détestait tout à la fois. Syndrome de Stockholm ? Peut-être bien.

L'homme jeta les draps et s'extirpa du lit pour attraper ses vêtements par terre. Tout en se rhabillant, il déclara de sa voix ferme :

-Tout ceci est loin d'être un jeu, pauvre conne, c'est très sérieux !

-Ouais, tu me l'as déjà expliqué des centaines de fois, et je ne vois toujours pas… répliqua la rousse en se redressant un peu sur le matelas.

La main de son amant la gifla brutalement et elle se retrouva à nouveau étalée, la joue rouge vif. Elle se plaqua une main sur la joue, et regarda Abbas avec crainte et hargne. Ce qu'elle détestait et aimait chez cet enfoiré, c'était les sentiments contradictoires qu'il lui inspirait sans cesse.

-Salopard ! s'exclama-t-elle en le foudroyant, une larme perlant au coin de son œil.

Vif comme l'éclair, il se jeta à moitié sur elle, plaquant sa main sur sa gorge, pressant juste suffisamment pour la soumettre et la regarda droit dans les yeux.

-Je n'ai pas le choix pour le moment, alors oui, on va se plier à la volonté de notre bienfaiteur, et dès qu'il aura donner son aval pour nous rendre notre liberté, ce qui devrait être bientôt régler, nous pourrons reprendre nos vies et faire ce qui nous plaira. Mais pour l'instant, je t'ordonne de fermer ta grande bouche et de rester dans l'ombre, sinon je te promets que ça va barder pour ton matricule ! C'est clair !

Il lui faisait vraiment peur quand il parlait sur ce ton, qu'il la fixait avec se regard, que sa main se resserrait sur son cou…

-Ggngn… c'est entendu Abbas, je suis désolée…

-Brave fille !

Il relâcha son emprise. Elle toussa en se massant la gorge pendant qu'il finissait de s'habiller. Quelques instants plus tard, il partait à son rendez-vous. Elle resta seule dans la pièce, recroquevillée dans le lit, et, sans vraiment comprendre pourquoi, se mit à sangloter en silence, prise de spasme et de larmes.

Pourquoi suis-je tombée amoureuse de ce monstre ?

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L'heure de la quille était arrivée et Assia finissait de ranger ses affaires. Elle était contente de pouvoir partir à l'heure. Depuis que Clay était là, elle pouvait un jour sur deux lui laisser faire la fermeture des locaux. C'était pratique de l'avoir comme assistant, et elle lui était franchement reconnaissante de faire tant d'efforts, surtout que personne ne lui accordait réellement d'importance.

Elle glissait un classeur dans le placard au dessus du comptoir quand Claudia arriva, souriante, mais visiblement tendue. La secrétaire trouva ça un peu bizarre, surtout venant de la cadette Auditore, mais ne fit aucune remarques. La brune avait semblé un poil déçue, voir même jalouse, lorsqu'elle lui avait déclaré ne pas pouvoir déjeuner avec elle pour cause de « Desmond ». Sans doute voulait-elle s'entretenir de quelque chose avec elle. Quoi qu'il en soit, Assia se rattraperait ce soir. Elles devaient aller boire un verre ensemble

-On y va ? demanda-t-elle de sa voix enjouée.

-On est go, approuva Claudia en ajustant son sac à main sur son épaule.

Elles quittèrent tranquillement le bâtiment et traversèrent la rue pour aller se poser chez Mario.

La comptable attaqua immédiatement au gin, tendit que son amie préféra rester soft en demandant un long drink, elles avaient la soirée devant elles.

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A l'hôpital, Federico rangeait soigneusement le canapé de son bureau de consultation. La pièce était joliment aménagée, ça le changeait du dernier endroit où il avait exercé, à Denver. Spacieux, chaleureux, accueillant, dans des coloris un peu africain (ocre-rouge, jaune, noir). Il avait hâte de travailler ici. Bien qu'il appréhende réellement d'être de retour à Fasmay Hill. C'était la ville qui l'avait vu naître, mais il s'y sentait comme un parfait inconnu, et avait peur que les fantômes de son passé ne resurgissent. Il avait eu beaucoup de mal à ce reconstruire après le terrible drame qui avait ébranlé toute la population et profondément bouleversé sa vie. Il avait failli sombrer complètement, disparaitre, mais il avait finalement réussi à se ressaisir, avait fait psychanalyse à l'université, et s'était rétabli. Ou plutôt, il était re-né, car le lui d'avant était mort au moment du drame. A présent, il avait changé de nom de famille, pour mieux guérir des blessures du passés.

Il ferma les yeux et se mordit l'intérieur de la joue. Il n'aurait en fait jamais imaginé revenir ici, ça n'avait jamais fait partie de ces plans. Mais en temps que psy, il devait reconnaitre que cela l'aiderait surement à définitivement tirer une croix sur le passé (en tout cas, il l'espérait de tout cœur). Il allait devoir appliquer ce qu'il conseillait jour après jour à ses patients : faire face à ses problème, et accepté. C'était d'ailleurs ce qu'il avait conseillé l'après-midi même à cette jeune femme au cimetière. Il était content d'avoir pu l'aider un peu, et satisfait qu'elle l'ait rappelé. Il lui avait fixé un rendez vous le lendemain, entre deux patients que l'hôpital lui refourguait. Il espérait pouvoir l'aider encore d'avantage à faire son deuil et aller de l'avant. Surtout qu'il l'avait trouvée plutôt attachante.

Rebecca Crane, quel beau nom songea-t-il.

Mais il se ressaisit immédiatement en secouant la tête. Pas d'attachement aux patients, s'était le B.a.-ba de la vocation. Et puis, il avait une autre personne qui allait arriver dans quelque instant. Il ne comprenait d'ailleurs par encore tout à fait à quoi s'attendre. Un politicien influant l'avait engagé et muter à Fasmay Hill (sans réellement lui laisser le choix ou lui demander son avis) afin qu'il expertise et atteste de la stabilité mentale d'un patient singulier…

Alors qu'il se disait cela, on toqua à la porte. Sursautant un peu, légèrement tendu pour cette première dans ce bureau qu'il ne connaissait pas encore bien, le Dr Federico Grayson, psychanalyste doué, se tourna vers la porte et déclara d'une voix forte et assurée, un sourire accueillant étirant ses lèvres :

-Entrez !

Sitôt que le battant pivota sur ses gonds, le sourire de l'homme se décomposa. Il reconnut immédiatement le personnage en face de lui (bien que celui-ci eut changé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus). Durant une fraction de seconde, il cessa entièrement de penser, puis finit par réussir à articuler :

-Abbas…

-Bonjour, mon vieil ami, railla le criminel en face de lui, avec un sourire étrange, ou se mêlait surprise et ironie malsaine.


Alors, votre avis ? Ca vous a plu ?

A bientôt pour la suite