Bonjours tout le monde !
Voici la seconde partie des explications sur le drame de la famille Auditore
Avant de commencer, quelques petites choses :
Premièrement, j'ai changé le titre de cette fic. Pourquoi ? Parce qu'après réflexion, je me suis rendu compte qu'il ne s'agissait en fait pas d'un nouveau Cycle, mais de la continuité du précédent. C'est pourquoi j'ai rebaptisé cette histoire « Le Cycle de la Rédemption – Arc du Renouveau ». Ca me semblait plus juste.
Deuxièmement, Comme je vais être pas mal occupé à partir du mois de mai-juin, je ne pense pas pouvoir vous fournir des chapitre avec la même régularité que maintenant (c'est-à-dire, au moins un par moins), et ce, jusqu'à la fin de l'été, voir automne bien avancé. Ceci, pour des raisons personnelles qui vont me prendre pas mal de temps IRL.
Alors je voulais savoir une chose : cela vous conviendrait-il si je mettais fin à cet « Arc » en la faisant coïncider avec le dénouement de la partie consacrée au Auditore (qui approche à grand pas) ? Puis de terminer cette fiction avec un troisième arc qui mettra un terme à toutes les autres intrigue, mais que je ne commencerais qu'à mon retour ? De cette manière, je ne vous frustrerait pas en vous laissant des chapitres que tous les X mois, et je ne me sentirais pas coupable. Qu'en pensez-vous ? Cela vous semble-t-il convenable ?
Maintenant, réponse aux review :
LaetiMusa : un grand merci à toi, cela m'encourage à poursuivre ^^
Machiruda : Oui,j'imagine aussi un Giovanni sévère, qui doit maintenir le prestige du nom des Auditore. C'est un rôle qui lui va plutôt bien je trouve. En effet, il y avait beaucoup de chose à raconter, et si je n'avais pas séparer j'aurais été obligé d'écourter un peu, au détriment de l'histoire, ou de faire un super-chapitre qui aurait été un véritable pavé, et donc démotivant à lire (en tout cas, pour moi XD ). Et oui, Ezio est quelqu'un de bien, en tout cas, je le vois comme ça. Et Léo aura de toute manière le cœur brisé, quel que soit son choix. Maintenant, la balle est entre ces main ;-)
Manon : Oui, Abbas a été un humain normal, à peu prêt sympa, par le passé. J'avais envie de développer cet aspect, car je ne suis pas fan de l'idée du méchant qui est réellement « ultra méchant », mais sans aucune raisons. Pour moi, on ne nait pas profondément mauvais, on le devient, à cause de ce qui nous arrive dans la vie. Après, maintenant, il reste un dangereux psychopathe prêt à tout pour atteindre ses buts.
Di : Même réponse en ce qui concerne Abbas. Et oui, Ezio, bien que profondément gentil, adore taquiner son petit Léo d'amour XD
Rachelle NK : Bonjour, enchanté de te connaitre. Merci pour ta review, elle m'a fait plaisir. Je suis passé sur ton profile et j'ai vu que tu es de nationalité chinoise, et que tu apprend le français. Alors, déjà, bravo pour le commentaire, tu te débrouilles super bien en français ! Personnellement, j'aurais adoré apprendre le chinois, mais je n'ai jamais eu la moindre facilité avec les langues.
En tout cas, je t'encourage vivement dans cette voie ! J'espère sincèrement que la suite te plaira !
Voilà, et un grand MERCI également à ceux qui lisent, même s'ils ne laissent pas de commentaires.
Je vous laisse à présent découvrir la suite
Bonne lecture !
Chapitre 16 : Le drame
Federico se leva, regarda Abbas – qui le dévisageait toujours en souriant – avec mépris et désigna la porte d'un geste ample.
-Le temps est écoulé, on continuera la prochaine fois. Maintenant, dehors !
-Pourquoi tant de mépris, interrogea son patient sur le ton de la moquerie, en se levant. Aurais-je rouvert de vieilles blessures ?
-J'ai dit dehors ! ordonna le Dr Grayson, restant incroyablement calme.
-Très bien, merci Docteur, se moqua encore Abbas. Je crois sincèrement que vous parler me fait du bien. Nous disions donc, jeudi, même heures ?
-Non, vendredi ! répondit froidement Federico, fixant l'autre avec une haine presque palpable.
-Pourquoi ?! feignit de ne pas savoir le trafiquant. Êtes-vous occupé jeudi 6 septembre ?
-Dégage ! répliqua le psychothérapeute, perdant un peu son sang froid.
Abbas, avec un sourire satisfait, car il venait de gagner en l'énervant, se dirigea vers la porte, et sortit en lui décrochant un « bonne anniversaire alors ». Federico passa au rouge tomate tant il était énervé par cette réplique. Non, cette anniversaire n'aurait rien de bon ! Et d'ailleurs, on ne pouvait même pas appeler réellement ça un anniversaire. C'était plutôt une commémoration. Un moyen de se souvenir qu'à cette date, douze ans plus tôt, il avait brisé sa vie, et celle de sa famille, en commettant une erreur impardonnable.
Sentant un vif pincement au cœur en repensant à tout cela, il contourna le bureau et se laissa tomber dans le fauteuil en respirant profondément pour se calmer. Il ne put résister à l'envie de sortir le cliché de famille, et ouvrit donc le tiroir où il l'avait rangé. Il la contempla, et se sentit accablé de remords. Cette photo avait été prise à son anniversaire, un moi avant l'altercation qui causerait la mort d'un inspecteur des stup.
A ce moment, alors qu'il fêtait ses 19 ans en famille, le monde lui avait semblé parfait. Il gagnait de l'argent en aidant son ami dans son trafic, s'offrait tout ce qu'il voulait, s'apprêtait à changer de cursus universitaire (bien sûr, il ne l'avait pas dit à son père) pour faire quelque chose qu'il aimerait d'avantage, et son petit-frère était guérit de son cancer et pouvait donc participer aux réjouissances.
Oui, ça avait été une chouette journée, au bord d'un petit lac, plus haut dans les collines du comté, non loin de Fasmay Hill. C'était un endroit serein, hors du temps. Avec son kiosque à musique en bois, qui enjambait une partie de la rive sud… Quel dommage que l'on ne puisse revenir à cette instant, songerait Federico quelques années plus tard, alors qu'il manquait de mourir d'une overdose, dans un appartement à New York.
Relevant les yeux, son regard vagabonda dans la pièce. Abbas avait beau être parti, sa présence malsaine imprégnait encore le lieu. Se laissant aller en arrière dans son siège, le psy soupira profondément. Le problème de ces séances dérangeantes avec le « Seigneur du Vice », c'était que ça faisait remonter les souvenirs. Fermant à moitié les yeux pour se reposer un instant, se rappela de la suite des évènements.
oOoOoOo
Il avait fuit. C'était la pure vérité. Pris de panique face au corps sans vie du flic, Federico avait pris la poudre d'escampette. Il était sortit en courant comme un dément de l'entrepôt, et avait poursuivit sa course dans le dédale des hangars de la zone industrielle de Fasmay Hill. Il ne s'était arrêté qu'une fois le pont de l'autoroute passé, pour vomir toutes les trippes de son corps, choqué, avant de reprendre sa fuite. Il avait ensuite déambulé durant des heures dans les rues presque désertes de la ville, avant de rentrer chez ses parents, essayant d'oublier, de se persuader que c'était un mauvais rêve, qu'il allait se réveiller le lendemain et que rien de tout cela ne se serait produit.
Hélas, après une nuit hantée par le visage de l'homme mort, Federico se réveilla dans un monde autre que celui qu'il avait connu jusque là. Tout lui sembla plus dur, plus sombre, comme s'il n'était plus le bienvenu ici-bas.
Trois jours s'écoulèrent, durant lesquelles le jeune homme resta enfermé sur lui-même, à fleur de peau, ne sortant presque pas de l'appartement, vérifiant les infos sur internet, dans le quotidien et le télé-journal toutes les dix minutes. Il s'attendait à tout moment à lire qu'un corps avait été retrouvé, à voir des inspecteur de police débarquer à la maison pour lui poser plein de questions, où pour l'embarquer. Mais rien de tout cela ne se passa. On ne parla nulle part d'un cadavre à Fasmay Hill. Pas soulagé pour autant, Federico se décida enfin à sortir. Il fallait qu'il parle sérieusement à Abbas. Il le retrouva dans son studio, , dans le quartier résidentiel modeste au pied de la colline de Fasmay, où dominait l'hôpital. Le même appartement miteux qui, ironie du sort, accueillerait Claudia douze ans plus tard.
-Salut, fit Abbas en le laissant entrer.
Federico ne répondit pas, se contentant de pénétrer dans la pièce, restant debout près du canapé. Abbas retourna à l'évier, dans lequel il s'évertuait à faire disparaitre une grande tâche de sang sur la chemise qu'il portait ce soir-là.
-Qu'est-ce qui me vaut ta visite ? Après tout ce temps ? interrogea-t-il avec un ton pinçant, regardant son ami avec une certaine colère.
Après un moment d'hésitation, Federico répondit :
-Il faut qu'on parle de ce qui s'est passé je crois.
Abbas ferma les yeux en prenant une grande respiration, reposant sa chemise détrempée dans le fond de l'évier, avant de se tourner lentement vers l'autre et de le regarder avec cet air mauvais qu'il arborerait toujours bien des années plus tard. Ce petit sourire qui laissait entendre qu'il se moquait pas mal de votre existence.
-Ok, alors je vais t'expliquer le truc une fois, une seule, et après on n'en reparlera plus jamais.
Surpris, Federico se contenta de hocher la tête, et attendit la suite.
-Il ne s'est rien passé l'autre soir, voilà ! trancha simplement Abbas en se retournant vers son évier pour reprendre sa lessive.
-Pardon ?! s'exclama le jeune homme, manquant de s'étrangler, les yeux écarquillés par la surprise et l'incompréhension.
-T'as eu ta réponse, maintenant laisse-moi.
Federico, encore sous le coup de la stupeur, s'approcha de son ami et lui posa une main sur l'épaule. Celui-ci se retourna et le fixa avec un étrange mépris dans le regard.
-Quoi encore ?!
-On ne peut pas faire comme s'il ne s'était rien passé ! répliqua Fédé, choqué.
-Et pourquoi pas ? Ce n'était rien du tout. Ce genre de chose arrive tout le temps dans le milieu de la drogue, et personne n'en fait toute une histoire pour autant.
-Mais ce n'est pas en ignorant un problème qu'on le fait disparaitre Abbas ! Tu as tué quelqu'un tout de même, et il va bien falloir que l'on trouve une explication pour le corps.
Le regard de l'autre s'assombri, et il persiffla d'une voix emplie de colère refoulée et de haine.
-On ! rappela-t-il froidement. On a tué quelqu'un. Tu étais là aussi, tu es tout aussi responsable que moi de sa mort.
-Ce n'est pas moi qui tenait l'arme ! répliqua vivement Federico, surpris de cette tournure des événements.
-Mais tu aurais pu m'en empêcher ! s'exclama Abbas avec colère, des plis apparaissant sur son front.
Federico resta bouche bée, immobile. Alors comme ça, son ami lui reprochait de l'avoir laissé faire ? Il trouvait cela très injuste et cruel. Qu'aurait-il pu faire ? Se jeter entre lui et le flic ? Prendre la balle à la place de ce type ? C'était vraiment gonflé de la part d'Abbas de lui reprocher se genre de chose.
-Je… balbutia-t-il, n'arrivant pas à mettre de l'ordre dans ses pensées, tant tout se bousculait.
Ils restèrent un moment à se regarder, l'un férocement, l'autre incrédule. Après un court silence, Abbas reprit, continuant de frotter la tâche de sang avec du savon :
-Et ne t'en fait pas, il n'y aura pas de suite à cette affaire.
-Pardon ? interrogea l'autre, encore sonné.
-Ils ne pourront rien prouvé, puisqu'il n'y a pas de corps.
-Quoi !?
Son ami se tourna à nouveau vers lui, et afficha un sourire triomphale digne des psychopathes des productions hollywoodiennes.
-Pas de corps, pas de preuve.
-Qu'est-ce que t'as fait ? murmura Federico, qui restait sans voix.
-J'ai réglé nos problèmes. Là où il est, personne ne le retrouvera, crois-moi.
Le jeune Auditore baissa les yeux au sol, et se laissa tomber sur le canapé. Tout tournait. C'était trop, beaucoup trop. Après un moment, Abbas ajouta, en suspendant sa chemise dans la minuscule salle de douche :
-Si personne ne reparle de cette histoire, il n'y aura jamais de retombée. Il suffit d'oublier.
-Je suis… pas sûr… d'y arriver, fit l'autre, respirant fort, pris d'une vive cris d'angoisse.
-Attend, j'ai un truc qui va t'aider, répondit Abbas, haussant les épaules en se dirigeant vers une commode.
Il en tira un sachet plastique contenant des petites pastilles roses, et les lui tandis.
-De la drogue ? fut surpris son ami en fixant le contenu du sachet d'un air dubitatif.
-C'est une nouvelle composition très demandée, expliqua Abbas, en s'asseyant à côté de lui. Ca provoque le même effet que le cannabis, une sensation de bien-être, et ça aide à ne pas penser au trucs lourds psychiquement.
-Non merci, répondit l'autre en lui redonnant le paquet. Je ne veux pas tomber dans ces trucs là.
-Allez, c'est « cadeau de la maison », et t'inquiète, ça ne crée pas de dépendance, argumenta son vis-à-vis en le lui glissant dans la poche de son blouson. Et au pire, même si t'en prend pas pour toi, tu pourras toujours le refilé à d'autres.
Scandalisé, Federico jeta un regard à son ami. Mais en réalité, il constata que ce n'était plus vraiment lui. Il y avait quelque chose de différent, comme si quelque chose c'était brisé en lui. C'était Abbas, sans vraiment être Abbas.
Se levant, le regardant une dernière fois, il lui lâcha, mal-à-l'aise :
-Je dois y aller.
Il serra la main à Abbas, et sortit de l'appartement. Il ne le savait pas encore, mais c'était la dernière fois qu'il le voyait. Il aurait encore l'occasion de lui parler une dernière fois par téléphone, mais le destin ne les remettrait face à face que douze ans plus tard, dans un bureau de psychanalyse de l'hôpital.
oOoOoOo
Claudia regarda attentivement Desmond. Il avait l'air d'un enfant terrifié. Il lui avait raconté ses déboires récent avec Clay, lui révélant le mal entendu lorsqu'ils avaient trop bu et que le jeune homme s'était réveillé à moitié nu dans le même lit. Puis la manière dont il l'avait évité durant des jours entiers, la dispute verbale, la semi-réconciliation, puis l'énorme erreur de l'oublier.
-Et maintenant, personne ne l'a vu depuis samedi dernier, termina-t-il de raconter, fixant son deuxième shot de tequila qu'il n'avait pas encore vidé. Si ça se trouve, Malik à raison ! Il est tombé sur Abbas et il l'a supprimé !
Claudia soupira profondément. Par moment, elle se demandait s'ils avaient vraiment des gènes communs. Pourquoi les hommes de la famille, que ce soit le Auditore, les Ibn'La-Hahd ou les Miles, étaient-ils si stupides ? Et d'ailleurs, en fait, c'était le cas de tous les hommes qu'elle connaissait. Était-elle la seule ici bas, au milieu de cette bande de tarés, à pouvoir raisonner logiquement et calmement ?
Peut-être bien, mais en attendant, elle n'avait pas tellement d'autre choix que d'écouter son cousin se lamenter sur sa petite vie. Ce qui l'énervait, dans un sens.
Que savait-il réellement de la dureté de la vie ou de la souffrance ? De tous, dans cette famille, c'était celui qui s'était le moins fait briser.
Lorsque le drame était survenu, il était trop jeune pour bien s'en rendre compte.
Lorsqu'elle s'était retrouvée seule, accusée de vol par ses parents, fuyant le cauchemar en Italie, abandonnée par un mec qui l'avait engrossée et abandonnée lorsqu'elle avait fait une fausse-couche; lui suivait tranquillement des cours de piano.
Quand elle avait dû ramper devant Fadila Al-Sayf, alors en voyage pour son entreprise de mode Beautyfull en Italie, pour la supplier de l'aider à rentrer à Fasmay Hill; lui accompagnait ses parents aux quatre coins du monde en voyage.
Lorsqu'elle ce faisait lyncher dans le pensionnat pour jeunes-filles où son père l'avait enfermée; il draguait toutes les filles mignonnes de son collège.
Et lorsqu'elle s'était faite voler toutes ses économie par un type qui prétendait l'aimer et l'avait finalement larguer après leurs fiançailles; lui suivait un cursus de médecine dans le but de devenir chirurgien à l'Université du comté.
C'était ce qu'elle avait envie de lui répliquer, en le secouant vivement. Qu'il n'avait pas à pleurnicher sur sa vie, ou les petites erreurs qu'il avait commise. Car en comparaison de ce qu'elle avait traversé depuis douze années, ce n'était absolument rien. Rien du tout ! Mais elle préféra se taire, car elle avait suffisamment de jugeote pour savoir qu'on ne pouvait comparer. Pour lui qui avait toujours eu une vie plutôt facile, si ce n'est relevée, ce qu'il vivait en ce moment devait réellement être pénible et difficile.
Aussi, la jeune femme se contenta de se mordre l'intérieur de la joue pour se forcer à se taire, fixa ses mains un instant, puis vida son verre de vodka, et en commanda un autre à Mario, qui la resservit avec amabilité. Elle se tourna ensuite vers Desmond et lui lâcha :
-Ok, il ne donne plus de nouvelles et c'est inquiétant. Mais de là à s'imaginer que le « grand méchant » Abbas l'a attaqué, tu ne penses pas être un peu paranoïaque ?
-Parce que tu es une spécialiste de la question peut-être ? répliqua un peu froidement le jeune homme en la fixant.
-Peut-être pas, répondit Claudia, mais franchement, reconnait que cette idée et absurde. Que voudrais-tu qu'Abbas puisse lui vouloir ? Il a autant de personnalité qu'une otarie ! Intérieurement, elle manqua d'exploser de rire, car elle trouvait la comparaison très proche. Il était aussi énergique et riant que cet animal.
-Je ne sais pas, peut-être a-t-il surpris la folle aux cheveux rouges qui assiste Abbas, et qu'elle l'a éliminé sans autre forme de procès, tenta de résonner Desmond.
Il vida sa deuxième tequila, grimaça, et fit signe à Mario de lui en remettre une avant de continuer :
- Après tout, elle a bien descendue Shaun et Altaïr devant un hôpital rempli d'agents de sécurité, alors dans une ruelle sombre…
-Ouais, mais Abbas ne fait jamais rien si ça ne lui est pas utile. Il a toujours eut horreur de dépenser de l'énergie pour rien.
-Et tu le sais parce que ?... fit Desmond, agacé par le côté « je sais tout » de sa cousine.
-Parce qu'il venait souvant jouer à la maison. Avant, lorsque ma vie était encore normal ! répliqua-t-elle un peu sèchement, reprenant une gorgée pour ne pas lâcher une pique tout de suite après.
Il y eut un court silence, durant lequel l'étudiant paru un peu gêné. Après un instant, il se risqua à balbutier.
-C'est vrai… je suis désolé.
-C'est pas grave. C'est du passé, fit sombrement Claudia, les yeux fixé droit devant elle, visant cul-sec le reste de son verre.
Desmond posa les yeux sur elle. Il venait de comprendre, à sa réaction, qu'elle était encore très affectée par le drame. D'ailleurs, en y repensant, il constata que, malgré le peu de souvenir qu'il gardait de cette histoire, il ressentait comme un vide. Si Petruccio était encore de ce monde, ils aurait quasiment le même âges. Sans doutes auraient-ils fait les quatre-cent coups ensemble à l'adolescence. Mais qu'importe, dans le fond. Il ne le saurait jamais. Tout ce qui lui restait, c'était un future utopique, qu'il avait construit année après année, privé d'un ami. Car il fallait l'avouer. Petruccio et lui avait pratiquement grandit ensemble. Et lorsque la maladie s'était déclarée, il avait été l'un des seuls enfants à continuer à venir le voir (il fallait dire que c'était sa mère qui était son médecin).
Il reporta son attention sur son verre et le silence s'installa à nouveau. Un silence lourd. Ils étaient chacun plongé dans leur souvenirs, dans leurs souffrance. Maintenant qu'il y pensait Desmond se rendit compte d'une chose.
Abbas était au cœur de leur vie. A tous. D'une manière où d'une autre. Les malheurs de la famille étaient arrivés par lui.
oOoOoOo
Federico entra dans son appartement, jeta sa serviette de travail sur le canapé, et retira ses chaussures avec un soupir de soulagement. Il desserra le nœud de sa cravate, défit la boucle de sa ceinture, et traversa le salon pour aller prendre de la bouteille de jus d'orange dans le frigo.
Son appartement, qu'il venait de loué, était construit sur le même model que celui où résidaient actuellement Malik et Altaïr (même si ça, bien sûr, il l'ignorait). A la différence prêt que le sien possédait deux chambres. Il se demandait d'ailleurs encore se qu'il pouvait bien faire de celle qui était inoccupée. La mettre en sous-location ? Prendre un colocataire ? Il verrait ça en temps voulu. Pour l'instant, ce n'était pas le plus important.
Il prit un verre dans le placard et se versa un peu du substitut chimique à la couleur radioactive et à l'arôme orange. Il en prit une gorgée, et repensa alors, en reposant le verre sur le plan de travail, que ce jour là, il y avait aussi eu du jus d'orange…
oOoOoOo
Les informations télévisées de la ville avaient annoncé, deux jours après sa visite chez Abbas, qu'un corps affreusement mutilé avait été découvert par un randonneur dans la forêt de Fasmay. Il se promenait, et apparemment, aurait glissé à cause du terrain boueux et serait tombé, en contrebas, sur un corps à moitié désenseveli par la pluie abondante de ces derniers jours. Le corps avait toutefois, malgré un état lamentable (visiblement, le visage avait été volontairement défiguré), comme étant Ned Stark, agent de terrain de la brigade des stupéfiants régionale, et dont la disparition avait été signalée quelques jours plus tôt.
En entendant cela, Federico avait déchanté. Son cœur s'était emballé, et il avait quitté la pièce au pas de course, sous le regard intrigué de ses parents et son frère qui regardaient avec lui le télé-journal. Il s'était enfermé dans sa chambre, avait tourné en rond durant des heures, paniqué, ne sachant pas ce qu'il fallait faire. Que se passerait-il si la police remontait jusqu'à lui ? Il irait en prison ? Est-ce que la peine de mort était encore d'usage au Nevada ? Il savait qu'il l'avait appris en cours, mais là tout de suite, il n'arrivait pas à raisonner calmement et à s'en souvenir.
Il avait alors décidé de sortir boire un verre, pour se calmer. Et en plus, avec suffisamment d'alcool, peut-être qu'il arriverait à ne plus penser à ce problème. Il s'était donc rendu chez Mario, et avait descendu tequila sur tequila. C'était ce qui pouvait le saouler le plus vite.
Plus tard dans la soirée, alors qu'il se rendait aux toilettes, il glissa la main dans la poche de sa veste, et se rendit alors compte que le sachet donné par Abbas était encore là. Il en prit dans sa main, regarda la petite pastille rose, et resta dubitatif un long moment, hésitant. Après réflexion, il se dit que ça ne valait pas la peine. Pourtant, il ne s'en débarrassa pas. Après avoir fait ce qu'il avait à faire, il retourna au bar et fut étonné, car la musique avait été arrêtée, et tout le monde se taisait. Il comprit alors, en entendant les seuls phrases qui volaient dans la pièce, qu'elle provenait de la télé accrochée au mur (et normalement uniquement utilisée pour regarder des matchs de foot), qu'il y avait un flash d'info spéciale, à propos du corps, et que tout le monde écoutait attentivement.
Se rendant compte qu'il n'arriverait jamais à gérer le stress qui le submergeait à cet instant, il glissa une nouvelle main dans sa poche, et referma les doigts sur le cachets de drogue. Il regagna son siège, plaça discrètement la pilule dans sa bouche en faisant semblant de bailler, et l'avala en la faisant passer avec un shot de tequila.
Après seulement dix minutes, il se rendit compte que cela donnait les effet qu'il souhaitait. Il était euphorique, et son seul problème alors avait été de savoir s'il allait réussir à draguer la fille sexy qui jouait aux fléchettes toute seule. Et la réponse, s'avérerait être oui, mais ça s'était une autre histoire, sans réelle importance.
…:::::…
Près de deux semaines s'étaient à présent écoulées, et Federico avait terminé toutes les pastilles que contenait son sachet. Il s'était donc refourni, via un des fournisseur de la ville voisine (il n'avait pas envie de revoir Abbas). C'était vraiment génial, le temps que ça durait. Environs une heures trente de planage.
Mais le problème, ce n'était pas tellement ces moments de purs bonheur où il arrivait à tout oublier. C'était surtout le redescente, qui le rendait d'autant plus agressif que les mauvaises pensées étaient exacerbées.
C'était d'ailleurs à cause de ça que le conflit avec son père s'était encore intensifié durant ce même laps de temps. Federico répondait, et plus aussi gentiment. Il en avait assez de s'écraser sans cesse face à son paternel. C'est ainsi que, ce jours là, le six septembre 2001, le conflit gagna une dimension totalement inattendue.
En effet, Maria, sa mère, faisait les poches de son pantalon pour le mettre à laver, lorsqu'elle était tombée sur un petit sac contenant des pastilles roses. Choquée, comprenant tout de suite de quoi il s'agissait (car elle s'était doutée que le comportement si changeant de son ainé était provoquer par quelque chose du genre), elle en avait parler à son mari. Giovanni, fou de rage, c'était alors presque jeté sur son fils lorsqu'il avait franchit le seuil de la pièce. Les deux hommes s'étaient donc empoignés pour de vrai, cette fois, et se rouaient de coup l'un l'autre.
Bien évidemment, se fut Federico, en état de manque, et bien alcoolisé (il buvait à présent du matin au soir), qui avait pris le dessus. Ce fut à ce moment que Ezio, voyant que la situation dégénérait, s'était interposé entres son frère et son père. Federico, ne se rendant même pas compte de ce qu'il faisait, lui avait balancé son poing dans la figure. Sous l'effet de la surprise et de la violence du choque, Ezio tomba à terre, ce qui n'arrêta pas Federico, qui le roua encore de coup de pieds. Le jeune homme, roulé en boule par terre, avait la lèvre fendue (il en garderait d'ailleurs une cicatrice).
Federico aurait sans doute continué à latter son frère encore un moment, si Claudia n'avait pas intervenue à son tour. Elle avait retenue le bras de son ainé, en pleure, et l'avait supplié d'arrêter. Etrangement, cela marcha, car le jeune homme s'était arrêté. Il regardait autour de lui en tout sens, semblant ne se rendre compte que maintenant de ce qui s'était passé. Terrifié, il s'était agenouillé près de son frère pour s'enquérir de sa santé, mais sa mère s'était interposée, le repoussant d'un regard noir et lâchant un « Tu en as assez fait « assassin. Giovanni s'était également relevé, se frottant la mâchoire, et lui avait hurlé de quitter immédiatement cet appartement, fou de rage. Désorienté, titubant, Federico s'était précipité hors des lieux, Claudia le suivant pourtant pour le convaincre de rester. Il lui avait dit de ne pas le retenir, et il avait sauté dans la voiture familiale. Son choix s'était porté dessus car il y avait déjà les clés sur le contact, la famille étant censée aller manger chez les Thorpe, qui les avaient invités à déjeuner.
Il savait parfaitement qu'il ne fallait pas conduire dans son état – il devait avoir une demi bouteille de scotch dans le sang, et tremblait à cause de l'état de manque – mais il démarra tout de même. Il n'avait pas la moindre idée d'où aller, mais la réponse lui paraissait évidente : Loin !
Il avait traversé la ville à toute vitesse, grillant au passage quelques feu rouges, et était sortit des limites de Fasmay Hill, s'aventurant sur une route un peu sinueuse dans les colline. Il avait une idée d'où aller le temps de se calmer. Au petit lac, là bas, dans les colline, au cœur du bois. Il roulait trop vite, bien trop vite, et il le savait. Il coupait les virages, se faisait klaxonner à plusieurs reprise, mais il ne ralentissait pas. Tout en conduisant, il n'arrêtait pas de se répéter « qu'est-ce que j'ai fait, mais mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?! » et ses pensées se tournaient vers son frère cadet.
Ça avait été à ce moment qu'un petit bruit avait attiré son attention. Un toussotement. Il avait levé les yeux dans le rétroviseur, et son cœur avait manqué de s'arrêter. Assis sur la banquette arrière. Il avait dû décidé de venir déjà s'y installer en voyant que les hommes se disputaient, et d'attendre qu'ils se calment et le rejoigne.
-Petruccio ?! s'était exclamé Federico en tournant instinctivement la tête vers son benjamin, médusé, terrifié.
Le regard du petit garçon avaient alors semblé se dilater, et il avait pointé du doigt vers le pare-brise en poussant un cri. Federico avait tourné la tête, et vu le camion qui leur arrivait de face. Il avaient dévié sur l'autre voie, et le klaxon impérieux du dix-tonnes lui ordonnait de regagner sa place. Hurlant à son tour, le jeune homme avait alors fait un geste trop ample pour redresser le véhicule. La 4x4 avait heurter la glissière et, avec l'inertie car il roulait toujours trop vite, se souleva légèrement et passa par-dessus. De l'autre côté, il y avait un dénivelé de près de trente mètres. La voiture avaient rebondit, Federico s'était cogner la tête, et avait sombré dans l'inconscience, avec comme dernier son à l'esprit, le cri de son petit frère.
…:::::…
Lorsqu'il avait repris conscience, allongé dans un lit d'hôpital, un bandage serré autour de la tête, sonné par les analgésiques, on lui avait appris la terrible vérité qui le hanterait jusqu'à la fin de sa vie. Il avait survécu, et avec peu de dommage, il avait eu de la chance. Mais Petruccio avait succombé sur le coup. Quand les secours étaient arrivés, il était déjà trop tard pour lui. Les médecins légiste avaient supposés que le long traitement qu'avait subit l'enfant pour combattre son cancer avait du affaiblir son organisme, et qu'il avait donc moins bien résister aux chocs.
C'était les médecins qui lui avaient expliqués tout cela, lui indiquant que l'enterrement aurait lieux le douze, soit dans deux jours. Ils lui avaient également conseillé de se rendre en désintoxication, mais ne pouvaient pas l'y forcer. Il avait juré d'y réfléchir. Et c'est ce qu'il fit, car il ne pouvait faire que ça.
Personne n'était venu le visiter ce jour là. Personne.
Avant de se rendormir pour se reposer, il se souvenait qu'il y avait eut du jus d'orange et de la compte de pommes pour le déjeuner.
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Federico, seul dans son appartement, ressassant ses souvenirs. Sentit la rage, la colère, la tristesse, la culpabilité et encore bien d'autre sentiments l'envahir. Tous en même temps. Tremblant de fureur, il se saisit du verre vide et le lança de toutes ses forces contre le mur du fond. L'objet éclata en un millier d'étoiles, tendis qu'une tâche oranges coulait le long du mur blanc.
Le trentenaire resta un moment debout, respirant profondément pour reprendre son calme. Lorsqu'il eut réussi à enfin recouvrir un peu de son sang froid, il se dirigea vers le placard de l'entrée, et en tira l'aspirateur. Il ne pouvait pas laisser tout ses éclats de verres par terre. Quelqu'un risquait de se blesser. Et par quelqu'un, il entendait bien évidemment lui-même.
Il fit donc un peu d'ordre, s'assura qu'il ne restait plus de débris, rangea l'appareil, puis commença à se dévêtir en se rendant à la salle de bain. Il avait besoin d'une bonne douche pour se débarrasser de ses tensions, et de la présence oppressante d'Abbas.
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Au même moment, à la DaVinci Inc, l'ascenseur se remettait en marche, arrivait au rez-de-chaussée comme initialement prévu, et les portes s'ouvrirent. Ezio et Léonardo se faisaient toujours face, ne se quittant pas des yeux. LE blondinet semblait perturbé par les dernières phrase de son ex. Son cerveau était de la soupe, il ne savait plus du tout à quoi il en était. Ezio lui avait balancé dans la figure une vérité qu'il avait voulu se voiler lui-même. Il aimait Cesare ! cette information était absolument vraie. Et il ressentait encore quelque chose pour son ex. Ceci était également vrai. Alors que faire ?
Après encore un moment de silence, Ezio eut un léger sourire et regarda vers la sortie, avant d'ajouter avec douceur :
-Je ferais bien d'y aller.
Il se tourna pour sortir, sous le regard incrédule de son amant, fit quelques pas hors de l'ascenseur, puis se ravisa, revint vers lui, et posa avec lenteur ses lèvres contre celles de Léo, sans tenter plus. Juste un baiser, une caresse, pour dire au revoir. Léonardo frissonna, mais ne résista pas. Son cœur s'emballa, et il sentit que la chaleur lui montait au visage. Lorsqu'Ezio rompit le contacte, il le regarda dans les yeux avec une infinie douceur, et lui chuchota :
-J'attendrais que tu te décide. Mais ne tarde pas trop, ne soit pas cruel avec nous.
Puis, il s'éloigna tranquillement, sortant du bâtiment. Le peintre, encore sous l'effet de la stupeur, avait la sensation de flotter dans une sorte de bulle. Rien ne semblait réel.
Sans le vouloir, instinctivement, il se passa le bout des doigts sur les lèvres, comme pour retenir le baiser. C'était cliché, il s'en rendait compte, mais c'était bien involontaire.
Après un petit instant, il se décida enfin à bouger. D'ailleurs, il y serait forcer d'un instant à l'autre lorsque le gars de la maintenance descendrait du toit (où se trouvait le moteur de l'ascenseur).
Il échangea quelques mots avec, le remercia de son intervention – bien qu'il trouva intérieurement qu'il avait mis beaucoup trop de temps), puis regagna le parking, où il prit sa voiture pour rejoindre enfin Cesare.
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Federico, finissant de se rhabiller avec un costume noire, apporté par une des nounous de la familles, vit entrer sa mère, dans une robe sombre extrêmement sobre, dans sa chambre d'hôpital.
-Mère ?
Elle resta un instant dans sur le pas de porte, n'osant pas le regarder, puis posa ses yeux rouges et gonflés par les larmes sur son ainé. Elle s'avança, et ouvrit la bouche pour parler, mais rien ne sortit. Elle tremblait presque, retenant sa colère et sa tristesse. Son fils la regardait avec appréhension, s'attendant au pire. Après un instant, elle parvint enfin à parler :
-Je ne veux pas de toi au cimetière.
La phrase atteignit Federico avec la dureté d'un boulet de canon.
-Mais… Mère… ! tenta-t-il de répondre, mais elle lui intima le silence en levant une main gantée.
-Tu… as tué ton petit frère ! sanglota sans larmes la femme, plus par colère que chagrin. C'est bien trop pour moi, alors je te l'ordonne, ne viens pas à l'enterrement !
Elle fixait sur lui un regard haineux. Bien sûr, si on le lui avait demander des années plus tard, elle aurait répondu qu'elle regrettait ce jour là d'avoir réagit ainsi, mais elle avait été aveugler par le chagrin et le désespoir.
Elle glissa sa main dans son petit sac à main, et en tira une liasse de billets de 100 dollars roulée, et la lui tendit. Le jeune homme regarda les billets, puis sa mère, alternativement, incrédule, ne comprenant pas ce qu'elle voulait.
-Qu'est-ce ? se risqua-t-il à demander.
Le visage impassible, la femme répondit :
-Deux milles dollars, prend les !
Federico s'exécuta, les prenant dans sa main, avant de reporter son attention sur sa mère, ne comprenant toujours pas où elle voulait en venir.
-Pour quoi faire ?
-Tu vas quitter cette ville, et aller à Carson City, au service d'Etat, expliqua Maria, de façon presque hachurée, tant elle retenait ses larmes. Et tu vas utiliser cet argent pour faire changer ton nom.
Les yeux du jeune homme s'écarquillèrent. Sous le choc, n'étant pas sûr d'avoir bien compris (ou se refusant à comprendre) il se risqua à demander :
-Quoi ?
-Tu as causer la mort de ton plus jeune frère, reprit la femme endeuillée. Tu ne mérite plus de porter le même nom que lui. Tu l'as entaché, avec son sang.
-Mais ! s'insurgea presque Federico, mais elle lui intima encore le silence, et trancha.
-Pars sur l'heure, et ne remet jamais les pieds dans cette ville ! Adieu.
Sans attendre de réaction de la part de son fils, désormais renié, elle tourna les talons, et partit.
Federico resta pétrifier. Il avait mal, vraiment très mal. Partout. En dedans, en dehors, dans son cœur, dans son âme. Il tituba, ses jambes ne le portant plus vraiment, et tomba assis sur le lit, un cri de désespoir remonta alors dans sa gorges, lui fansant presque mal, et résonna dans la pièce.
Mais personne ne vint.
Il était seul.
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Ezio traversa la rue, son cœur battant à ton rompre. Il n'aurait jamais imaginé que se retrouver seul face à Léonardo, dans une situation pareille, lui ferait cet effet. Ses jambes étaient en coton. Mais il était plutôt satisfait du résultat. Il avait pu dire ce qu'il avait a dire. Maintenant, la décision n'appartenait plus qu'à Léo et, quoi qu'il choisisse, il respecterait son choix, même s'il espérait sincèrement qu'il se porterait sur lui.
Il poussa la porte du bar et fut surpris de découvrir sa sœur et Desmond, riant ensemble au comptoir. Ils avaient l'air complètement saouls, mais d'humeur joyeuse. Cela fit plaisir à Ezio de voir sa sœur comme ça. Au moins, même si elle avait peut-être un peu trop bu, elle ne passait pas sa soirée seule à ressasser ses idées noires. Il la connaissait par cœur, et savait parfaitement qu'en se moment, elle devait passer toutes ses nuits à repenser à Petruccio.
De tous dans la famille, c'était elle qui en avait le plus été affectée. Petruccio avait toujours été son frère préféré, parce que c'était le plus jeune, et que grâce à lui, elle n'avait pas l'impression d'être la petite dernière. Mais cela ne signifiait pas qu'elle n'aimait pas ses deux ainés. Ce qui voulait dire que ce jour là, douze ans plus tôt, elle avait perdu deux de ses frères. Trois, en fait, si l'on voulait bien dire.
Car il était vrai qu'à la suite de ces évènements, Ezio s'était mis en retrait, faisant son deuil par le déni, en laissant sa petite sœur sur la touche. Il ne s'était pas occupé d'elle, ne l'avait pas soutenue dans cette épreuve. Et cela resterait probablement le plus grand regret de sa vie, car elle en avait été brisée. A force de lutter seule contre son chagrin, sa sœur avait finie par entièrement se refermer, et avait dû traverser à cause de cela des épreuves qu'elle n'aurait jamais dû endurer. Ou du moins, pas à l'âge où elle les avait subies.
Sentant cette bonne vieille culpabilité resurgir, il décida de la repousser, et rejoignit les deux autres.
-Ezio ! s'exclama joyeusement Desmond. Quelle bonne surprise !
-Salut frangin, fit Claudia en levant son verre pour le saluer.
Elle semblait encore assez sobre, en comparaison de Desmond, mais était tout de même trop souriante pour ne pas être pompette.
-Salut, vous faites quoi ? interrogea le nouveau venu en se posant sur un tabouret libre, à côté de sa sœur.
-Il boit pour oublier que c'est un idiot, expliqua Claudia en désignant d'un doigt incertain son cousin, et moi je bois pour oublier qu'il me vole la fille que je kiffe, marmonna-t-elle en finissant sa phrase dans son verre.
-Pardon ?! s'exclama Desmond qui n'avait pas bien entendu, et qui de toute manière ne comprenait plus très bien se qu'on lui disait.
-Rien du tout, lui sourit Claudia, échangeant un bref regard avec son frère.
Celui-ci la fixa avec surprise, ayant pour sa part très bien entendu, leva un sourcil, et se tourna légèrement pour jeter un coup d'œil à Assia, qui creusait désormais l'écart aux fléchettes contre Rebecca. Il reposa alors son regard sur sa sœur, et lui caressa doucement la tête, avec tendresse. Il avait parfaitement deviné ce qu'elle voulait dire. Il était de notoriété public que Desmond et Assia entretenait une relation plutôt ambiguë.
-Qu'est-ce que je te serre ? interrogea Mario en lui passant devant, tout sourire.
-Un verre de rouge, répondit Ezio.
-Seulement un verre ? fut surpris le barman.
-Tu sais très bien que je travail demain, ajouta Ezio avec un sourire. D'ailleurs, vous aussi, je vous signal, ajouta-t-il à l'attention des deux autres.
-Moi ça ira, rétorqua calmement Claudia en reposant son verre. Tu devrais plutôt t'adresser à notre cher cousin.
Ils tournèrent tous deux la tête vers lui et le regardèrent. Ça se voyait au pétillement de ses yeux qu'il avait déjà une certaine quantité d'alcool dans le sang.
-Quoi ?! s'exclama-t-il. JE suis encore en vacances pour le moment, je reprend que lundi.
-Et ça veut devenir médecin, lâcha ironiquement Claudia.
-Ca fait peur, ajouta son frère sur le ton de la plaisanterie avant de trinquer avec elle. Tchin !
-Ho, ça va hein, fit Desmond, boudeur, un peu vexé. Et puis, si un méga alcoolo comme Federico a pu devenir psy être engager à l'hôpital, je ne suis moins instable.
Ezio manqua de s'étouffer avec son vin, avalant de travers, son cœur ratant un bond ! Il tourna lentement la tête vers son cousin, et lâcha :
-Quoi ?!
-Bein oui, je l'ai croisé cet après…(il laissa sa phrase en suspend, se rendant compte qu'il venait de faire une méga boulette, mais termina pour la forme)… midi.
Le cœur d'Ezio s'affola. Federico était en ville ?! C'était plutôt surprenant, après tout ce temps. Personnellement, ça ne le dérangeait pas tellement – enfin si, mais non – mais il savait que cette révélation allait faire réagir…
Il tourna vivement la tête vers Claudia, qui fixait Desmond avec de grands yeux ronds. Avait-elle bien entendu ?!
-Federico est… revenu, balbutia-t-elle.
N'osant pas répondre, Desmond baissa les yeux au sol. Malheureusement pour lui, Claudia était suffisamment perspicace pour savoir que cela signifiait « oui ». Son frère, comprenant immédiatement l'éclat qui passa dans son regard, s'exclama :
-Claudia, non !
Mais elle se leva d'un bond, attrapant sa veste, et fila à grandes enjambées à la porte. Ezio s'était lancé à sa poursuite, et tenta de la retenir. mais elle disparu à l'angle de la rue en moins de temps qu'il n'en faut pour dire « ouf ».
Ezio revint dans le bar, et fixa son cousin depuis la porte. Celui-ci, parfaitement conscient qu'il venait de déclencher un ouragan, marmonna inutilement, bien que sincèrement :
-Désolé...
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Federico sortit de la douche, se sécha rapidement, et alla s'habiller de manière détendue pour passer la soirée. Il travers ensuite le salon, et attrapa un prospectus qui trainait sur le tas de courrier encore non lu. Il s'agissait d'une réclame pour un nouveau drive-pizza. Comme il était fatigué et qu'il n'avait plus envie de cuisiner à cette heures déjà avancée, il composa le numéro, et commanda une petite hawaïenne, avec une salade pour se donner bonne conscience. Il se posa ensuite à l'une des chaise du comptoir de la cuisine, et tira à lui une tablette tactile. Il n'avait pas encore acheté de télévision, et se tenait donc informé des nouvelles via internet. Rien de spécial en ce jour. Si ce n'était un article sur Carson City.
En voyant le nom du chef lieu de l'Etat, les souvenir remontèrent une fois de plus, bien malgré lui.
oOoOoOo
Seul dans une cabine téléphonique, dans le hall du bâtiment administratif de l'Etat du Nevada, Federico écoutait patiemment la tonalité. Après un instant, durant lequel il tapota nerveusement le bord de la console téléphonique du bout des doigts….
…Je veux un verre, rien qu'un verre, juste un petit verre, là, maintenant, tout de suite, ici même !…
…On décrocha enfin.
-Allo ? fit une voix familière au bout du fil.
-Abbas, marmonna-t-il.
-Federico, c'est toi ? fit la voix à l'autre bout du fil. Ca va ?
-Salut vieux.
-J'ai appris pour ton frère, je suis vraiment désolé…
-Ta gueule ! le coupa sèchement Federico, fermant les yeux.
Il avait mal à la tête, c'était horrible. Il se sentait transpirer et trembler intérieurement. Il avait les lèvres sèches et passait son temps à se les humidifier avec la langue. Il voulait un verre de scotch, c'était horrible. Il en avait besoin.
-Pardon ? fut surpris Abbas à l'autre bout du fil.
-Rien de tout ça ne serait arrivé sans tes merdes de pilules à la con ! Alors ne viens surtout pas me dire que tu es désolé.
-Je te signal que je ne t'ai jamais forcé à les prendre ! s'insurgea son interlocuteur. Et puis, si t'es assez con pour conduire sous leur emprise, qu'est-ce que j'y peux moi, hein ?! Ce n'est pas moi qui tenait le volant.
-Fermes ta putain de gueule ! rétorqua Federico.
Il n'en pouvait plus, il avait besoin de se verre. Maintenant !
-Tu sais quoi, je crois qu'il vaut mieux que je raccroche maintenant. Tu m'appelleras quand tu seras plus calme…
-Non, je ne te rappellerais plus jamais ! s'exclama Federico, attirant sur lui le regard des gens dans le hall (il leur fit signe que tout allait bien et de circuler). C'est fini, tu es mort pour moi !
-Mais…
-Je te hais, Abbas !
Et il raccrocha vivement sans attendre d'autre réponse. Il se plaqua contre la parois de la cabine, et ferma les yeux, prenant une grande respiration. Il se reprit ensuite un peu, et traversa le hall, faisant la queux avec plein d'autre gens qui attendaient pour régler des affaires administrative.
Au bout de deux heures, il put enfin quitter le bâtiment, avec de nouveaux papiers. Federico Auditore n'existait désormais plus du tout. Il s'appellerait maintenant Federico Grayson. Où aller maintenant, se demanda-t-il Pourquoi pas à New-York. Il avait toujours voulu savoir ce qu'était la vie à la Big Apple. Peut-être, pourquoi pas.
Mais en attendant, il se glissa dans un bar, et commanda un scotch double. Il n'en pouvait plus.
oOoOoOo
Le bruit de la sonnerie le tira de ses souvenirs. Il jeta un coup d'œil à l'heure sur l'horloge du micro-onde et fut surpris.
Déjà !?
Cela faisait à peine dix minutes. Ça ne pouvait tout de même pas déjà être le livreur ? Intrigué, il se leva et alla ouvrir la porte, et se figea sur place en voyant qui était là. Il y eut un court silence, le temps qu'il revienne de sa surprise, puis sentit une légère panique l'envahir. Il réussit enfin à bredouiller :
-C…Claudia ?!
La jeune femme ne répondit rien, se contentant de rester debout, immobile, visiblement aussi surprise que lui. Un silence d'une incroyable densité s'installa entre eux, et le temps sembla suspendre sa course.
Voilà !
Alors, qu'avez-vous pensé de cette deuxième partie ?
Ce chapitre était uniquement centré sur les membres de la famille Auditore, mais les autres protagonistes reviendront dès le prochain chapitre, c'est promis !
Merci d'avoir lu
A bientôt
Amicalement
