Bonjour/Bonsoir tout le monde !
Je suis vraiment désolé pour le retard monumental que j'ai pris dans la publication de cette fics. J'espère que vous n'aurez pas trop désespéré en l'attendant.
Je vous remercie tous pour votre patience, votre fidélité et vos commentaires qui me font toujours énormément plaisir !
Merci de me suivre et de me lire.
Je ne m'attarderais pas d'avantage en blabla sur ce préface, mais j'aurais quelques annonces à faire dans celle du prochain chapitre.
En attendant, j'espère que celui-ci vous plaira.
Bonne lecture !
Chapitre 17 : New York – première partie.
Federico resta paralysé de stupeur, la bouche bée, en observant sa sœur. Elle se tenait aussi statique que lui, la bouche entrouverte, ne sachant visiblement plus comment penser. Il s'écoula un long moment de silence pesant, avant que l'un d'eux ose enfin faire le moindre mouvement. Finalement, se fut Federico qui se convainquit de réagir le premier. Il baissa les yeux au sol une seconde, prit une grande respiration, puis reposa son regard sur sa cadette.
-Claudia…
Mais il n'eut pas le temps de poursuivre plus loin, car la voix tranchante de sa sœur le coupa :
-Qu'est-ce que tu fais ici ?
Surpris, presque choqué par le ton employé, le jeune homme posa sur elle un regard dépité, hésita, puis répondit :
-Je suis ici pour le travail…
-Le travail, répéta incrédule la jeune femme en le fixant d'un regard de braise. Je vois…
Elle baisa les yeux. Federico se sentait mal en cet instant. Cette situation était tout sauf plaisante. Il savait depuis l'instant où il avait remis les pieds à Fasmay Hill qu'à un moment où un autre, il lui faudrait faire face à sa fratrie, mais il n'avait jamais envisager que les retrouvailles puissent se passer ainsi. C'en était presque gênant, pour dire vrai.
Un nouveau silence s'installa, plus court cette fois, durant lequel chacun réfléchit à la phrase suivante. La tension était palpable.
-Tu as l'air en forme, se risqua l'ainé Auditore en tentant d'être cordial, un maigre sourire étirant ses lèvres.
-Toi aussi, lui rendit sa sœur sans oser le regarder directement. Mieux que la dernière fois en tout cas…
Cette réplique fit soupirer légèrement Federico. Il était vrai que la dernière fois qu'ils s'étaient vus tous les deux, il n'était pas dans le meilleur des états. Cela appartenait à un autre passé, remontant à une période particulièrement sombre de son existence, qu'il aurait aimé pouvoir oublier. Mais s'en souvenir était le prix à payer pour le mal qu'il avait commis autrefois.
oOoOoOo
New York, dix ans plus tôt :
La Big Apple était vraiment une ville idéale pour lui. Après les évènements survenus à Fasmay Hill, Federico, fraichement rebaptisé Grayson, y était venu dans un but d'oubli. Comme il n'avait finalement aucun diplôme, aucun certificat, aucune qualification dans quoi que ce soit, il s'était reconverti à la vente. Il travaillait à mi-temps dans un shop 24/24 au pied d'un immeuble du vieux quartier pauvre.
Il habitait un appartement miteux, tellement insalubre qu'il ne comprenait pas que les services de l'hygiène ne l'ait jamais fait rasé, mais à l'époque il s'en fichait pas mal. En ce temps là, il était persuadé de ne pas mérité mieux.
Après tout, il avait détruit sa vie, celle de sa famille, et amener son benjamin à une mort certaine. En plus, déjà que la culpabilité et la douleur ne le quittait jamais, son addiction à l'alcool s'était développée. Il était pris dans un cercle vicieux. Il buvait pour oublier sa culpabilité, mais l'alcool exacerbait ses mauvaises pensées, alors il buvait d'avantage encore.
Au bout d'un moment, voyant que l'alcool ne servait pas à grand-chose, il trouva quelqu'un qui pouvait lui fournir de quoi l'empêcher de penser. Une drogue proche de celle qu'il avait découverte grâce (ou à cause) d'Abbas. Et c'était efficace, au début. Seulement voilà, le problème des drogues, c'était que le corps s'y habituait. Alors il en prit plus, la combinant avec l'alcool.
En 2004, le jour de l'anniversaire de mort de son petit frère, ne réussissant pas à supporter le poids de la culpabilité, il dépassa la limite. Il s'effondra au beau milieu d'un bar. Heureusement pour lui. S'il ne s'était pas trouvé dans un lieu rempli de monde à ce moment là, son overdose lui aurait été fatale. Mais le destin ne semblait pas décidé à le laisser s'en sortir comme cela.
Il se réveilla le lendemain, dans un lit d'hôpital. Le médecin qui l'avait soigné lui expliqua qu'il était arrivé dans un sal état, mais qu'après un lavage d'estomac complet, plusieurs doses de médicaments pour contrer les effets néfastes de la drogue et de l'alcool, et deux réanimations cardiaques, ils avaient pu le sauver. Elle lui précisa qu'il ferait bien de se faire aider (en sous-entendant avec peu de subtilité qu'une cure de désintoxication serait bien vue) et qu'il ne lui fallait surtout pas rester seul dans cette situation.
Federico se souvenait que lorsqu'elle avait quitté la pièce, il s'était mis é rire et à pleurer en même temps. Pas rester seul ! Elle était bien gentille, mais à qui pouvait-il se confier ? Il ne s'était pas réellement fait de connaissances ou d'amis à New York, et il ne pouvait tout de même pas appeler sa famille.
Quoi que ? Après tout, cela faisait déjà longtemps. Et peut-être qu'après tout, ses parents regrettaient de l'avoir renié. Peut-être que s'il les appelait, il pourrait enfin leur demander pardon. Et ils affronteraient cette histoire tous ensemble, comme ils le faisaient toujours, en famille.
Malheureusement, la vérité était bien plus dur que ce qu'il pensait, et rien ne se passa comme espéré lorsqu'il appela le lendemain.
oOoOoOo
Claudia observait son frère sans réellement oser le regarder en face. Son cerveau était à la limite de l'explosion. Elle pensait à trop de chose en même temps. Les questions se bousculaient dans sa tête, et elle ne parvenait pas à faire le trie.
Et c'était pareil dans ses émotions. Elle ne savait pas ce qu'elle devait ressentir en cet instant. Il y avait de la colère. Oui, une colère sourde et brûlante, qui l'embrassait et l'empêchait de respirer. Mais en même temps, il y avait aussi du soulagement, de la joie, de la peur, de l'appréhension, de la tristesse. Elles luttaient toutes pour essayer de prendre le dessus sur les autres. Elle se demandait laquelle allait gagner le combat. Tout ce qu'elle espérait, c'est que ça irait vite, car c'est l'émotion gagnant qui déterminerait la manière dont elle réagirait ensuite.
Pour l'instant, elle se contentait d'observer Federico sans le voir. Son esprit s'égarait dans ses souvenirs. Elle lui en voulait horriblement à cause du drame, et aurait voulu pouvoir simplement le détester. Mais il était tout de même son frère, et elle ne pouvait s'empêcher de se rappeler tous les bons moments passés avec lui.
Cela l'agaçait grandement, car elle se savait faible à ce niveau là. Elle pouvait jouer les dures, faire semblant d'être une garce, mais elle ne pouvait pas nier que son cœur était rempli d'un attachement profond pour les personnes qu'elle aimait. C'était d'ailleurs à cause de cette « faiblesse » qu'elle avait commis l'erreur qui avait définitivement bousillé sa vie.
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Fasmay Hill, 9 septembre 2004
Claudia se tenait dans le hall de l'appartement familial, observant sa mère au téléphone. Maria était venue répondre à un appel, se demandant de qui il pouvait bien s'agir, plutôt de bonne humeur. Mais elle s'était raidie et son visage s'était immédiatement figé en une expression sombre lorsque la voix de son interlocuteur lui était parvenue. Elle était restée immobile, sans dire le moindre mot, écoutant ce que lui racontait la personne au bout du fil.
Finalement, sous le regard intrigué de sa fille, elle avait raccroché, toujours sans rien dire. Lorsque Claudia avait demandé, surprise par cette réaction, de qui il s'agissait, elle lui avait répondu « personne » et avait disparu dans sa chambre.
Au vu de cette réaction, Claudia compris qu'il s'agissait de quelque chose de grave. Cette histoire était louche, et elle voulait en avoir le cœur net. Elle utilisa la touche de rappelle du téléphone, et son cœur manqua un bond lorsqu'une voix d'homme, à moitié brisée par un sanglot, lui répondit par « maman ?! ».
Trop vivement surprise, sursautant littéralement, la jeune fille laissa tomber le téléphone. Il lui fallut quelques secondes pour se ressaisir et parvenir à reprendre le combiné, les mains tremblantes. Son cœur battait à tout rompre, et elle se demandait si elle ne rêvait pas.
-Federico ? murmura-t-elle dans le micro.
Non, elle ne rêvait pas, c'était réellement son frère au bout du fil. Son frère ainé, dont personne n'avait de nouvelles depuis trois ans. Elle s'apprêtait à lui demander comment il allait et où il se trouvait lorsque sa mère apparut dans sn dos. Elle lui arracha le combiné des mains, hurla dans le téléphone à son fils renié de les laisser tranquille et raccrocha brutalement. Elle se tourna ensuite vers sa fille, la foudroya d'un regard noir, et la gifla. La surprise fut telle que Claudia ne compris pas pourquoi et poussa un hurlement de colère. Elle ne comprenait pas pourquoi ce geste.
-Je t'interdits de le recontacter, tu as compris, lui rétorqua froidement sa mère en la dévisageant. Il est mort, alors oublie-le !
-Mais maman !
-Tu as compris ?!
Ne sachant pas quoi répondre, et n'ayant pas vraiment d'autre choix que d'approuvé, elle hocha la tête, n'osant pas regarder sa génitrice, qui la regardait avec une vive colère. Maria avait bien changé depuis le drame. Elle s'était entièrement refermée, était devenue colérique, froide, distante. Ce n'était plus du tout la même personne. Finalement, songerait Claudia bien plus tard, elle était sûrement morte le même jour que Petruccio. Et que Federico. Car oui, d'un certain point de vu, Federico était mort aussi ce jour là, Claudia en était convaincu. Lui comme Maria n'était plus que deux cadavres, déambulant sans but ni raisons, forcé de vivre.
…::::…
Ayant noté sur un morceau de papier, de tête, le numéro qui s'était inscrit dans la mémoire du téléphone, Claudia sortit de l'appartement, prétextant aller se promener pour ce changer les idées. En réalité, elle se rendit au lycée de la ville. Elle savait que si elle se servait de son portable, ses parents verraient la communication sur la facture détaillée à la fin du mois et lui tomberait dessus. Il lui fallait donc ruser et se servir du portable de quelqu'un d'autre. Et elle savait parfaitement qui. La seule personne qui osait encore lui tenir tête car elle avait vue clair dans son petit jeu de garce (une image qu'elle s'efforçait de donner depuis le drame, pour se protéger elle-même de la douleur). Son cousin : Altaïr.
Elle le trouva sur le terrain de baseball, s'entrainant avec quelques autres. Les sélections pour l'équipe de l'année n'avaient pas encore eux lieue, mais elle savait qu'il convoitait d'en faire partie. Réussissant à le harponner, lui faisant signe, elle lui expliqua simplement la situation.
-Ne me dis pas que tu es inquiète pour lui, lui lança Altaïr d'un ton intrigué.
Il se demandait la raison qui pouvait pousser sa cousine à retrouver Federico, après tout le temps qu'elle avait passé à le maudire après la mort de Petruccio. Se renfrognant, elle lui répliqua :
-Je ne crois pas que se sont tes affaires Altaïr. Passes-moi ton téléphone s'il te plait, et va t'occuper de ta petite copine pendant que je m'en sers-
En disant cela, elle avait désigné d'un mouvement de tête Malik, qui les observait tous deux depuis les gradins. Déjà à l'époque, bien avant qu'ils ne s'en rendent eux-mêmes compte, elle se doutait que c'était un peu plus que de l'amitié qu'ils éprouvaient l'un pour l'autre. L'avenir lui donnerait raison, mais c'était une autre histoire. Gêné, Altaïr réplica vivement, en lui donnant le précieux cellulaire, rougissant à moitié :
-Ce n'est pas ma copine, tu vois le mal partout !
Puis ils s'éloigna en maugréant, allant tout de même en direction des gradins. Claudia composa le numéro, appuya sur la touche d'appel, et découvrit toute l'histoire.
Au début, son cœur battait fort, et elle avait envie de lui hurler dessus, mais au fur et à mesure qu'elle entendant le récit de sa déchéance, ses sanglots, ses repentirs sincères (elle ne pouvait en douter, aucun homme ne pouvait pleurnicher de manière aussi convaincante en simulant). Sentant une vive tristesse l'envahir, Claudia tenta de le rassurer, jusqu'à ce que vienne la question qu'elle redoutait :
-Petite sœur, est-ce que tu pourras me pardonner ?
Elle hésita un instant, pétrifiée. Que devait-elle répondre ? Oui, pour appaiser la conscience de son frère ? Mais arriverait-elle vraiment à le faire ? Non ! Bien sûr que non, elle ne lui pardonnerait jamais ! Il avait quant même causé la mort de Petruccio avec ses connerie, et fait éclater la famille, en plus de cela. Mais peut-être pouvait-elle lui mentir, afin de l'aider à aller mieux. Non, ça non plus, elle n'était pas de ce genre là. Il fallait qu'elle lui dise la vérité.
Alors qu'elle allait le faire, la communication s'interrompue. Elle regarda le téléphone et jura vivement. C'était vrai qu'Altaïr avait une carte prépayée, et que les communication d'un Etat à l'autre coutaient cher. Voila que du coup, elle n'avait plus de crédit. Elle rendit le téléphone à son cousin, en lui glissant un billet de 20 dollars pour s'excuser d'avoir tout dépensé, et s'éloigna sans écouter un mot de ses réprimandes. Elle était pensive, il lui fallait absolument boucler cette histoire, sinon ça allait l'empêcher de dormir.
Elle réfléchit des heures durant. Cette affaire la taraudait. Elle avait beau en vouloir à Federico, et savoir qu'elle ne lui pardonnait rien, mais il restait néanmoins une personne de sa famille, et elle ne pouvait s'empêcher de s'inquiété pour lui. Elle eut alors une idée. Si elle ne pouvait pas l'appeler ou le voir sans risquer les foudres de sa mères, peut-être pouvait-elle s'arranger pour que quelqu'un d'autre se rende sur place pour elle. Et elle avait une idée de qui pourrait lui rendre se service.
oOoOoOo
Chez Mario, Ezio poussa un soupire d'exaspération et se massa les tempes du bout des doigts. Il était inquiet par la tournure que prenait les évènements. Pourtant, la soirée avait bien commencé, avec Léo dans l'ascenseur. C'était à croire que cette ville était maudite à la longue. Chaque fois qu'il y avait un truc bien, il s'en suivait une myriade d'ennuis plus agaçant les uns que les autres. Dans le cas présent, le problème s'appelait « Federico ».
Il devait bien avouer qu'il n'avait pas spécialement repensé à son frère ainé depuis plusieurs années. Après tout, leurs parents avaient été très clairs (surtout Maria) à son sujet. Il était mort, ce n'était plus un Auditore. Alors pourquoi s'en serait-il soucié un seul instant ?
Mais bon, apparemment, on ne pouvait pas être tranquille. Et donc, voilà que le « fils indigne » de la fratrie revenait au bercail, après douze longues années. A croire qu'il avait patiemment attendu que leur parents meurent pour remettre les pieds en villes. Cela l'énervait d'ailleurs. Il soupira encore.
En fait, dans le fond, c'était pour Claudia qu'il était le plus inquiet. Il savait pertinemment qu'elle avait été profondément marquée par le drame, et que ses blessures étaient à vifs. Il était persuadé que, si elle lui mettait la main dessus ce soir, elle allait l'étrangler, voir pire. Enfin, il savait qu'elle n'en ferait rien, car elle restait une fille extrêmement raisonnable, mais la rencontre risquait de chauffer rapidement.
Soupirant encore, il se tourna vers son cousin, qui le regardait d'un air vague, et se prépara à le sermonner encore. Mais celui-ci répliqua, agacé.
-Si les premiers mots qui passent ta bouche sont pour me réprimander, je te jure que je me casse !
- Je pense que tu n'es pas vraiment en position de lancer de telles absurdité Desmond ! Quand on est assez stupide pour lâcher des bombes pareilles au milieu d'une discussion etde gâcher la soirée de tout le monde, on ne se la ramène pas !
-Je me suis excusé ! s'énerva un peu plus l'étudiant, encore éméché et donc très susceptible.
-Bien sûr, fit ironiquement Ezio en le fixant d'un regard sombre. Et cela va arrangé les chose.
-J'y peux rien si ça m'a échappé !
Comme ils se hurlaient presque dessus, ils avaient attiré l'attention de pas mal de monde dans le bar. Mario leur passa devant en les priant de baisser d'un ton, mais ils ne firent même pas attention à lui.
-Ca t'a échappé, répéta d'un air incrédule Ezio en le fixant.
-Parfaitement !
Rebecca et Assia, qui jusque là avaient assisté à la scène de loin, se rapprochèrent en se disant d'un commun accord qu'elles devaient peut-être intervenir avant que ça ne dégénère. D'autant qu'ils se donnaient en spectacle, ce n'était pas bon du tout.
-Les gars, calmez-vous, fit Assia en arrivant vers eux.
-Ouais, soyez cool, ajouta Rebecca en se plaçant entre les deux cousins pour les séparés.
-Vous deux, restez en dehors de ça ! leur rétorqua vivement Ezio, qui regretta aussi tôt son ton sec.
-Ho, tu leur causes meilleur okay !
-Je parles comme je veux !
-Les gars, je vais devoir vous demander de sortir, fit Mario d'un air fâché. Vous vous donnez en spectacle là, vous êtes ridicules !
-Bein nous y voilà, railla Ezio ! Merci Desmond !
-Je te signale que ce n'est pas moi qui fait un scandale à cause d'une petite erreur de timing.
-Et bien, il n'y aurait peut-être pas eu d'erreur de timing, comme tu dis, si t'avais été clean.
Rebecca, comme Mario, tiquèrent. Ils comprirent immédiatement ce que sous-entendait le Auditore, et ce n'était pas exactement le bon moment pour balancer des truc pareil. Il allait trop loin.
-Qu'est-ce que tu sous-entend exactement !? ragea l'étudiant en passant au rouge écarlate.
-Rien du tout voyons. Je dis seulement que le dernier qui as fait une « erreur de timing » dans la famille a causé un accident qui a entrainé la mort d'une certaine personne, puis à fait une overdose dans un quartier miteux de la Big Apple !
-Je ne suis pas alcoolique ! s'égosilla Desmond, fou de rage.
-Dit-il du haut de ses trois grammes et demi d'alcool, le nargua encore son cousin.
Voyant que Desmond était à la limite de se jeter sur lui, Rebecca intervint et balança à l'Auditore :
-Ca suffit maintenant, Ezio tu dépasses les limites !
-Peut-être que j'aime un peu trop faire la fête, admis le jeune homme en fixant l'autre d'un regard noir. Mais moi au moins, je n'abandonne personne !
Ezio releva la tête, vivement choqué par cette réplique, et le dévisagea vivement.
-Qu'est-ce que tu as dis ?!
-Les enfants, stop ! les prévint encore Mario d'un ton sévère.
-Qu'est-ce que tu as dis ! répéta une nouvelle fois Ezio en passant au rouge cramoisi.
-Uniquement la vérité ! rétorqua Desmond en se mettant debout. Chaque fois que quelque chose ne va pas comme tu le veux, que quelqu'un n'agit pas comme toi tu le voudrais, tu l'abandonne ! Tu agis exactement comme tes parents !
-Comment oses-tu ?!
-Regarde un peu la vérité en face ! C'est chaque fois la même chose ! Demande à Federico, ou Claudia, ou même à Léo ! Tu leur as à tous tourné le dos ! Pourtant ce n'était pas faute de leurs parts d'avoir tenté de te contenter ! Mais dès que ça n'allait plus comme tu le voulais, tu les as lâchés !
Cette phrase réveilla étrangement un souvenir dans la mémoire d'Ezio. Un souvenir qu'il avait toujours jugé sans importance, mais qui aujourd'hui en prenait au fil de la discussion houleuse.
oOoOoOo
Chicago, 10 septembre 2004
Ezio, décrocha le téléphone de la chambre du motel qu'il occupait avec Léo. Ils avaient décidés de faire le tours du pays avant de se lancer dans les études supérieures. Ce n'était pas tout à fait l'idée qu'il s'était fait de ce voyage. Il aurait imaginé pouvoir compter sur l'aide financière de ses parents, et loger au moins dans des hôtel convenable, mais son père lui avait vivement rétorqué qu'il n'avait pas d'argent à dépenser pour les tire au flancs. Il souhaitait le voir rapidement partir en étude de droit, afin de prendre la place que son Federico avait perdu au sein du Conseil de la Ville. Bon, il savait qu'il y avait aussi le problème Léonardo DaVinci. Ezio n'était pas dupe, ses parents regrettaient vivement son choix de se mettre en couple avec le jeune homme. Pas spécialement par soucis d'homophobie, mais plutôt parce qu'Ezio était le dernier à pouvoir perpétuer le nom des « Auditore » en fondant une famille. Dans le cas ou Petruccio était mort, et que Federico n'était plus considéré comme un membre de la famille, cela mettait beaucoup de poids sur les épaules du jeune homme.
-Allô ?
-Un appel de Fasmay Hill pour vous, fit la voix grinçante de la réceptionniste du motel à l'autre bout du fil. Une certaine Claudia.
Surpris, Ezio accepta l'appel. Il y eut le cliquetis d'un changement de ligne, et la voix de sa petite sœur résonna dans le combiné.
-Ezio ?! c'est toi ?
-Claudia, ça fait plaisir de t'entendre ! Comment vas-tu ?
-Bien et toi ?
Ils échangèrent quelques modalités, celles qui sont de mise dans ce genre de situation, puis l'ainé demanda, sachant que la jeune fille ne l'appelait pas pour rien :
-Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
-Federico es à New-York.
Ezio cligna plusieurs fois des paupières. Avait-il bien entendu ? Federico ?
-Et alors ? interrogea-t-il, stupéfait par la déclaration de sa frangine.
-Il a fait une overdose…
-Vraiment ! s'exclama-t-il. Alléluia !
-Ezio, il a vraiment faillit mourir ! se renfrogna Claudia au bout de la ligne.
-Seulement failli ? railla un peu le jeune homme. Quel dommage, se râté si près du but.
-C'est ton frère ! s'exclama cette fois la jeune fille, furieuse du côté mesquin et revanchard de son ainé.
-Et alors ?
-Il vient de manquer de mourir ! Il est seul, désespéré, et il a besoin de sa famille pour s'en sortir !
-Et tu voudrais que je fasse quoi, au juste ? que je l'appelle en lui disant « c'est pas bien ce que t'as fait, surtout ne recommence pas », puis on aurait droit à un happy-end, puis au générique de fin avec les violons en fond sonore ?!
-S'il te plait, fit Claudia, presque choquée par le manque de bonne volonté d'Ezio. Tu es plus proche que moi, et tu es majeur. Vas à New York et aide-le je t'en prie !
-Alors, chère petite sœur, pour que les choses soient bien claires : Pour moi, Federico est mort et enterré. Je n'ai absolument aucun besoin d'aller le voir pour me prouver à moi-même qu'il ne mérite pas de rédemption.
Il y eut un silence au bout du fil, puis Claudia lâcha, d'une voix atterrée, dans un soupire :
-Je pensais que tu étais quelqu'un de bien, je vois que je me trompais.
-La culpabilisation ne marche pas sur moi Claudia…
-Je ne cherche pas à te culpabilisé. Je dis juste que tu ne vaux finalement pas mieux que lui.
Ezio tiqua à cette réplique, et voulut répliquer, mais sa sœur le devança en ajoutant, avant de raccrocher.
-Je te souhaite une bonne fin de voyage, frangin. Passe le bonjour à Léo de ma part. A bientôt.
La tonalité se fit entendre. Elle avait bouclé. Ezio resta un instant face au téléphone, se demandant s'il ne venait pas de faire une grosse bêtise.
oOoOoOo
Le cerveau d'Ezio était en feu. Il sentait que la colère était en train de prendre le dessus sur tout le reste. Comment ce petit merdeux osait-il lui balancer des trucs pareil ?! Comment osait-il la ramener tout court ! Concrètement, qu'est-ce qu'il pouvait bien savoir de ce que lui ou sa sœur, ou ses parents, ou même Federico avaient bien pu endurés. Pour lui c'était facile de parler, de lancer des pics hargneuses. Il ne savait rien de la vie, n'avait jamais eu à luter pour quoi que ce soi. Ses parents l'avaient toujours choyé. De tous les enfants de la famille, c'était lui qui avait eu le plus de facilité en tout. Des parents aimants, sans aucun problèmes financiers (lui non plus, mais il pensait d'avantage à Altaïr en disant cela), le droit à des voyages aux quatre coins du mondes tous les ans, pas d'obligation de ramener une note minimum de 18/20 dans toutes les matières, tous ses caprices exaucés ! Oui, lui avait eut droit à une vie facile, alors pourquoi ce permettait-il de parler ?!
Sans qu'il ne s'en rende réellement compte, il s'était levé, et avait chopé son cousin par le col de son tee-shirt. Tout le monde dans le bar s'était arrêté, il n'y avait plus que le bruit de la musique que diffusait le juckbox, du côté des fléchettes. Chacun retenait sa respiration.
-Ezio, finit par se risquer Assia, immobile à côté de Desmond.
Ce dernier le regardait avec un air hautain, comme pour le mettre au défit. C'était tellement agaçant, qu'il se demanda s'il n'allait pas vraiment lui en foutre une dans la tronche. Heureusement, Rebecca s'approcha d'un pas, lentement, et posa ses deux mains sur son bras pour lui intimer sans brusquerie de lâcher.
-Ezio, calme-toi, lui intima-t-elle, encore choquée par la tournures des évènement.
Il resta encore un instant à fixer son cousin d'un regard mauvais, puis le lâcha enfin. Il y eut comme une sorte de soulagement silencieux dans l'assemblée, comme si les gens osaient à nouveau respirer. L'Auditore prit une grande respiration pour se calmer, puis se détourna pour partir, posant un billet sur le comptoir en lâchant :
-Désolé pour le dérangement Mario.
Il était prêt à laisser couler, à rentrer chez lui et oublier. Après tout, ils étaient tous les deux un peu sur les nerf, avec un verre dans le nez, et le sujet Federico était tendu, surtout à l'approche du six septembre. Malheureusement, Desmond ne semblait pas tout à fait du même avis, chauffé par l'alcool. Il lança une dernière pique, qui lui fut fatale :
-Tu vois, tu fuis même là ! espèce de lâche.
Le sang d'Ezio ne fit qu'un tour et, se retournant dans un mouvement d'une extrême fluidité, envoya son poing serré en travers du visage de son cousin, qui partit à la renverse sous les cris de plusieurs personne, dont Assia. En reprenant son équilibre, Ezio croisa le regard désapprobateur de Rebecca, qui restait immobile à le regarder d'un air déçu. Puis, il se tourna vers Mario, qui, il le savait, était également en train de bouillir. Comme il le connaissait assez bien pour deviner ce qu'il allait dire, il le devança, presque désabusé :
-Je sais, je suis licencié…
Puis, cette fois, il se dirigea vers la porte et sortit dans la rue. Rebecca soupira profondément, jeta un coup d'œil à Desmond, qu'Assia aidait à se relever (son nez saignait abondamment sur son tee-shirt blanc). Etrangement, elle ne ressentit aucune pitié ou compassion pour l'étudiant. Il l'avait bien cherché, il n'avait qu'a assumer. En revanche, elle s'inquiétait un peu plus pour Ezio. Elle demanda donc à la secrétaire :
-Tu te charges du gamin ?
Son amie approuva d'un hochement de tête. La motarde se dirigea donc vers la porte et sortit dans la rue à son tour. Ezio était déjà presque au bout de la rue (il avait largement dépassé l'entrée de son immeuble. Sans doute avait-il besoin de marcher pour se changer les idées, ce qu'elle pouvait comprendre aisément). Elle partit donc en petite foulée à sa suite. Dans ce genre de situation, elle préférait ne pas laisser les gens seul. Elle avait perdue une amie de cette manière lorsqu'elle était à l'université. Sofia. Elle s'était tailladé les veine à la suite d'une dispute un peu similaire, et Rebecca s'en était souvent voulue de ne pas avoir écouter son instinct ce jour là et d'être restée avec elle. Bien sûr, elle ne culpabilisait pas, elle était suffisamment intelligente pour savoir que ce n'était pas de sa faute. Et Ezio n'était pas le genre d'homme à commettre de telles bêtises. Mais elle préférait tout de même l'accompagner. Comme elle avait pu s'en rendre compte ces derniers temps avec ses séances de psychanalyse, parler faisait du bien, et aidait à passer à autre chose.
-Ezio, attend-moi !...
oOoOoOo
Ils étaient toujours sur le pas de porte à se faire face, n'osant toujours pas se regarder directement. Après un moment, Federico se risqua à poser une question qui le taraudait quelque peu :
-Au fait, comment m'as-tu retrouvé ?
Claudia eut un petit rire nerveux, et le fixa enfin, lui accordant un mince sourire, avant de répondre :
-De la même manière que je t'ai retrouvé à New York. Avec l'annuaire de la ville. Pratique ces nouvelles applications en ligne.
En disant cela, elle sortit son portable de son sac à main. Federico sourit à son tour, regardant toujours vers le sol.
-Je suppose que ça a dû te prendre un peu moins de temps que là bas.
-Disons que c'est plus facile lorsqu'il n'y a qu'un seul Federico Grayson, et que le périmètre de la ville est dix fois moins important.
Il y eut un nouveau silence. Décidément, il ne savaient pas quoi dire, que ce soit l'un ou l'autre. Cependant, Federico se rendit compte qu'il avait omis un détail important. Une règle de politesse essentielle. Il s'écarta un peu du passage et désigna l'intérieur de l'appartement, demandant d'un air mal-à-l'aise.
-Tu… Tu veux rentrer un moment pour discuter ?
Elle sembla hésiter, regarda le sol en se mordant la lèvre inférieure, puis répondit calmement :
-Ca te dérange si on sors plutôt marché un peu ?
-Heu, fut surpris le psy. Non… pas du tout. Attends-moi juste une seconde s'il te plait.
Il rentra, s'assis dans le hall pour enfiler des chaussures, attrapa une veste (parce que la soirée se rafraichissait un peu) ainsi que ces clé dans le cendrier de l'entrée. Il sortit, et ferma la porte à clé derrière lui. Toujours mal-à-.l'aise, réfléchissant chacun de leur côté à quoi dire après tant de temps, ils prirent l'ascenseur. Un instant plus tard, ils marchaient dans la rue, à pas lents, en silence.
Voilà !
Alors, votre avis sur ce comme-back ?
N'hésitez pas à commenter, je lis chaque commentaire avec intérêt ^^
Merci d'avoir lu,
A très très vite pour la suite !
