Bonjours/ bonsoir tout le monde !
J'espère que vous allez bien !
Donc, voici ce nouveau chapitre, la deuxième partie de « New York ».
Je ne vais pas m'attarder en blabla pour le présenter, je préfère vous laisser découvrir son contenu.
A la place, je vais plutôt passé aux quelques petites annonces promises dans la préface du chap. précédent ^_^
Donc :
Comme laissé entendre il y a quelque temps (je ne sais plus exactement dans quel préface), comme ce Cycle s'étant en longueur [normal, il y a beaucoup à raconté], je vais mettre fin à l'« Arc du Renouveau » d'ici quelque chapitre. Cette fin correspondra à une sorte de fin de saison pour une série TV. Il ira jusqu'à la conclusion de l'arc narratif sur la famille Auditore. Ainsi, j'annonce la fin prochaine de l'Arc du Renouveau [dans 3 ou 4 chapitres au maximum]
Cependant, ce n'est pas la fin du Cylce de la Rédemption car l'histoire est loin d'être achevée. Il reste encore le « nœud principal » avec Abbas, ainsi que plusieurs intrigues secondaires a développé. Donc, il y aura un « Troisième Arc » sur ce Cycle.
Toutefois, comme je suis un peu las de ce dernier, qui dure depuis bientôt deux ans (le 14 septembre), je n'attaquerais pas le dernier Arc narratif tout de suite. Pourquoi [?!] me demanderez-vous surement avec une légère déception. Et bien, parce que - et malgré le fait que j'adore l'univers de cet fic (après autant de temps, je me suis attaché à ces versions contemporaine de nos Assassins préféré) – J'ai envie de travaillé un peu sur d'autre projet. Notamment de revenir aux origines et de refaire une fic qui se passe dans le contexte du jeu (je pense notamment à l'Italie avec Ezio). Mais je parlerais de ces projets plus en détail dans le « mot de l'auteur » à la fin de la saison.
En résumé, le « Cycle de la Rédemption » reviendra effectivement pour un troisième volet, mais il ne sera pas là avant quelques mois, voir la fin de l'année.
Voilà, comme ça les choses sont dites. Je suis vraiment navré de vous laissé ainsi, et de vous abandonner à la fin de cet Arc, mais sachez que je le fais aussi pour vous.
En effet, si je continue à m'acharner sur cet histoire, en enchainant directement avec une troisième « saison », je prends le risque que la légère lassitude qui m'envahi ne transperce dans la qualité du récit. Et je n'ai pas envie de vous infligé la lecture d'une histoire bâclée et de piètre qualité narrative.
(*regarde l'assistance virtuelle avec inquiétude, $à l'affut d'une tomate pourrie)
Voilà, j'ai dit ce que j'avais à dire il me semble, désolé si je me suis trop attardé ^^'
Je vous laisse donc à la lecture de ce nouveau chapitre
Un grand merci à ceux qui m'on laissé des commentaires (ils me font toujours plaisir) et aussi aux lecteurs qui n'en laissent pas !
Bonne lecture !
...
Chapitre 18 : New York – partie 2
Léonardo et César profitaient d'un bain à deux. Le Borgia lavait le dos de son amant en lui déposant de doux baisers dans le cou. C'était érotique au possible, et il sentait que, à ce rythme, il ne tiendrait pas longtemps avant de devenir plus entreprenant encore. Cependant, un détail le perturba. Le peintre ne semblait pas vraiment pris dans le jeu. Il avait un air pensif et troublé. Intrigué, le noiraud posa son menton sur l'épaule de l'autre, passant ses bras autour de son ventre dans un geste de protection affectueuse, et lui demanda dans l'oreille :
-Qu'est-ce qui se passe ? A quoi penses-tu.
Léo resta silencieux un instant, puis posa sa main sur la joue de son nouveau petit-ami avant de l'embrasser doucement. Puis, après encore un instant, durant lequel il se laissa aller un peu plus contre le torse musclé de Cesare, il révéla ce qui le tracassait :
-Tu sais, quand j'ai été bloqué dans l'ascenseur en début de soirée…
-Oui ?
-Il y avait Ezio dans la cabine.
Le Borgia tiqua un peu, sa paupière ayant un léger spasme. Son cerveau commença instinctivement à s'imaginer les pire des scenarii. Il s attendait presque à entendre Léonardo avouer avoir coucher avec son ex. Mais il prit une grande respiration pour calmer la colère qu'il sentait pointer en lui, et attendit la suite. Si ça se trouvait, c'était moins pire que ce qu'il redoutait. Il interrogea pour inciter l'autre à continuer :
-Et … ?
-Il m'a dit qu'il m'aimait encore.
César sentit son sang bouillir. De quoi il se mêlait celui-là encore ! Il n'avait pas déjà assez fait de dégâts comme ça ?! Non, il fallait qu'il vienne insister et en remettre une couche. Et pourquoi maintenant précisément ? Cela faisait presque 3 mois que le peintre avait rompu avec lui. S'il voulait tant que ça le garder ou le récupérer, il aurait dû réagir plus tôt !
-Et toi, que lui as-tu répondu ? interrogea un peu froidement César, essayant de contenir la jalousie qui le possédait.
Léo tiqua à son tour et cligna plusieurs fois des yeux. Il se dégagea de l'emprise de son amant, et se tourna dans la baignoire pour lui faire face, le regardant droit dans les yeux.
-Que veux-tu que je lui ai répondu ?
-Je ne sais pas, fit sarcastiquement le Borgia. Je ne peux pas deviner ce que tu as dans le cœur. J'ignore à quoi tu en es avec lui.
-Tu sous entend quoi exactement ? se crispa un peu le blond, qui comprenait ce qu'essayait de lui faire avouer son petit-ami.
-JE ne suis pas assez claire ?
-Non.
César laissa passa un court silence en se mordant l'intérieur de la lèvre, puis lâcha :
-Est-ce que tu l'aimes encore ?
Pris de court, Léo ne sut pas quoi répondre. Il regarda d'un air abruti son amant, qui le fixait avec un mélange de colère et de déception. Que devait-il répondre ? D'ailleurs, que ressentait-il vraiment pour Ezio ? Il était obligé d'avouer que, même s'il était passer à autre chose, il avait ressentit une forte attraction dans cet ascenseur, mais qu'étai-ce exactement ?
Voyant que le peintre n'arrivait pas à répondre simplement et rapidement, César comprit le message. Il baissa le regard sur la surface de l'eau, soupira profondément, puis regarda à nouveau son amant qui le fixait toujours avec un air d'enfant apeuré.
-Ca va, j'ai compris, lâcha-t-il dans un souffle, se sentant étrangement vider de toute énergie.
Il se leva , attrapa la serviette de bain posée à côté de la baignoire et sortit.
-César … tenta de l'arrêter Léo, mais en vain.
-J'ai encore du travail à finir pour la banque. Je risque de travailler tard, alors si tu préfère partir… (il tourna la tête et posa un regard triste sur le blondinet, avant de sortir de la salle d'eau) … tu est libre.
Léo resta pétrifié dans l'eau chaude. Il ne savait plus comment réfléchir, son cerveau se liquéfiait, et il sentit une grande tristesse le submerger.
oOoOoOo
Claudia et Federico marchait depuis un petit moment maintenant. Il se tenait à une distance un peu trop grande l'un de l'autre, et n'échangeait que peu de mots, se contentant de se regarder par instant. Ils finirent par arriver à une aire de jeu pour enfant, dans le quartier du pied de la colline de Fasmay (au sommet de laquelle trônait l'hôpital). Claudia poussa le portique de la barrière qui encerclait la place de jeux. Federico sembla fort étonné en la suivant.
-Alors cet endroit existe encore ?! s'exclama-t-il, plutôt joyeusement.
Il connaissait bien cet endroit, c'était l'un de ses endroits favoris étant enfant. Tous les jeunes venaient se retrouver ici pour s'amuser ensemble. Enfin, les jeune des familles modeste de la ville. Les familles riches (principalement les Fondateurs) emmenaient plutôt leurs rejetons à l'aire de jeux du parc central. Mais la famille Auditore avait toujours mis un point d'honneur à ce que leurs descendants ne se sentent en rien supérieur au reste des habitants de la ville, les emmenant ici pour qu'ils se lient d'amitié avec d'autres jeunes que ceux de « l'élite ».
-Oui, répondit Claudia d'un air assez satisfait. Après délibération du Conseil, notre Père à réussit à convaincre les autres de ne pas accepter le projet de raser cet endroit pour en faire un immeuble.
-Il a bien fait…
-Oui. Et du coup, à la place, un quartier entier à été créer dans le terrain vague derrière chez Mario.
-Quoi, s'étonna Federico en se tournant vers sa frangine, qui venait de prendre place sur une balançoire. Mais alors, où est-ce que les lycéens font la fêtes de remises des diplômes ?
-Lorsque Rodrigo Borgia est parti pour installer une nouvelle banque en Europe, son fils a repris sa place au Conseil et sa première proposition a été de créer un bâtiments destiné aux jeunes de la villes.
-Et les autres ont accepté ?! s'étonna le psy.
-Notre Père était d'accord, donc le reste à suivi. Et puis, César a eu la chance que la même année, Chaterina Sforza devienne Maire de la ville.
-Qu'est-ce qui est arrivé à son père ?
-Attaque cardiaque.
-Je vois… Est-ce qu'il reste un seul ancien au Conseil ?
-Il restait Bachir Al-Sayf, mais il a quitté la ville récemment pour se vouer à sa vie politique, et le Shérif Thorpes, qui malheureusement et actuellement affaibli par un cancer.
-Pauvre Maria…
Claudia se tourna vers lui et le regarda avec une étrange douceur. Cela perturba grandement son frère, qui frissonna en se disant que ce n'était pas possible, qu'elle allait explosé à tout moment. Pourtant, non. Elle lui fit signe de la tête de venir s'assoir à côté d'elle. Il préféra ne pas discuter et vint sur la balançoire voisine. Il s'écoula encore un instant de silence. La nuit était tout à fait tombée à présent, et les étoiles s'allumaient une à une dans le ciel dégagé.
-Tu as réussi à le faire disparaitre ? finit par interroger Claudia dans un murmure, sans quitter le ciel des yeux.
Federico sursauta vivement et tourna la tête dans sa direction.
-Pardon ?!
-Je te demande si tu es parvenu à l'éliminer ? Est-ce que Petruccio est vengé ?
Le calme avec lequel elle posait cette question était déconcertant. De l'extérieur, cette réplique aurait pu paraitre bizarre, mais Federico savait parfaitement de quoi parlait ça petite sœur. Cela faisait référence à une promesse, vieille de dix ans…
oOoOoOo
New York, dix ans plus tôt…
Federico se sentait vraiment mal. Il transpirait à grosses gouttes, son estomac lui semblait être une lessiveuse, et sa tête était prête à exploser. C'était le problème des hôpitaux. S'il savait que vous étiez drogué, ils faisaient en sortes de vous donner le moins de médicaments possible. Autant dire que l'état de manque se faisait rapidement ressentir. Cela faisait presque cinq jours qu'il était ici, et son médecin venait de signer son autorisation de sortie.
Il était en train de ranger dans son sac à dos le peu d'affaires qu'un collègue de boulot lui avait apporté, lorsque l'on toqua à la porte ouverte dans son dos.
-Ça va, je suis parti dans deux secondes, fit-il hargneusement, sur les nerf à cause du manque.
Il se retourna, persuadé qu'il s'agissait d'une infirmière qui l'inciterait à se dépêcher de quitter les lieux, mais il se figea en découvrant qui était réellement là. Dans l'encadrement de la porte, il y avait Claudia. Elle semblait vraiment mal-à-l'aise et à la limite de se demander ce qu'elle faisait ici. Peut-être ne le savait-elle pas vraiment elle-même. Toujours est-il qu'elle était là.
-Cl…Claudia, manqua de faire une crise cardiaque Federico, paralysé par la stupeur.
La jeune adolescente se mordit l'intérieur de la joue en baissant le regard sur le sol, prit une grande inspiration, puis posa à nouveau les yeux sur son ainé.
-Bonjour Fédé.
Ils restèrent un long moment en silence, tâchant de trouver quoi dire, chacun de leur côté. La tension était palpable.
…::::…
Un petit quart d'heure plus tard, ils étaient assis dans la cafétéria de l'hôpital. Claudia avait pris un chocolat chaud (ce n'était encore qu'une enfant, songea son frère en la voyant le prendre à la machine) et lui un café (qui passait mal, il fallait l'avouer, il aurait mille fois préféré un bon bourbon). Il y eut encore des silences, puis Claudia lâcha :
-Tu as vraiment mauvaise mine.
-Je sais, répondit un poil sèchement Federico, qui pourtant faisait des efforts monumentaux pour ne pas être méchant avec elle. Comment es-tu venue ici ?
-J'ai pris un bus, puis un avion, puis un taxi…
-Tu es mineure.
-Une dérogation signée des parents permet à un adolescent de voyager seul.
-S'il te plait, pas à moi, soupira Federico. Les parents ne veulent plus entendre parler de moi, ils ne t'auraient jamais signé ce papier.
Claudia soupira, puis avoua avec un sourire malicieux :
-Tu savais que Kadar Al-Sayf était un as de l'imitation de signatures ?
-C'est un talent récent alors, fit avec un sourire crispé le jeune homme. Mais ça ne me dit pas comment tu as pu me retrouvé. J'ai pourtant changé de nom…
Claudia baissa les yeux sur sa tasse en polystyrène, hésita, puis répondit :
-Pour maman, c'est vrai, elle t'en veut encore à mort, mais ça n'a pas empêché Père de mener son enquête pour au moins savoir où tu étais. Je suis tombé sur le dossier dans son bureau.
-Parce que tu fouilles le bureau de Papa maintenant, soupira son frère, qui ferma les yeux pour réfréné un pic de mal de crâne. C'est du joli…
-Je suis une adolescente perturbée, fit ironiquement Claudia avec un de ses premiers sourires hautains.
-Et donc ?
-J'ai appris que tu avais changé ton nom pour Grayson, et de là, je n'ai plus eu qu'a consulter l'annuaire newyorkais. Tu savais qu'il y avait sept Federico Grayson dans cette ville. Mais je savais que tu étais à l'hôpital, alors je suis venu directement ici en me disant que la réception pourrait m'informer sur l'endroit où tu logeais. Heureusement pour moi, ils ne t'avaient pas encore libéré.
Le jeune homme pouffa un peu. Le terme « libéré » l'amusait énormément. Ça faisait tellement prison. Il prit une gorgée de café, qui manqua de lui retourner l'estomac, puis reporta son attention sur sa sœur.
-Pourquoi es-tu venue ici Claudia ?
-Parce que je m'inquiétais pour toi.
Le regard de Federico s'assombrit et il baissa le regard sur la table. Il ne savait pas pourquoi, mais cette réplique lui brisait presque le cœur.
-Ce 'est pas drôle, marmonna-t-il.
-Je ne plaisante pas, répliqua simplement Claudia. Je suis inquiète pour toi.
Son frère posa une nouvelle fois son regard sur elle. Elle avait l'air sincère. Pourtant, il ne parvenait pas à le croire. Voyant son air troublé, Claudia voulu instinctivement avoir un geste réconfortant en posant ses mains sur les siennes, mais il les retira précipitamment en la fixant. Il semblait soudain paniqué.
-Federico… ?
-J'ai tué Petruccio, manqua-t-il de s'étrangler.
Il sentit toute la culpabilité, la tristesse, le désespoir remonter en lui telle un flot violent, lui amenant les larmes aux yeux. Sachant pertinemment qu'il ne parviendrait pas à réfréner tous ses sentiments, et qu'il allait éclater en sanglot ou faire une crise d'hystérie (ou les deux) d'ici quelque instant, il se leva brusquement et partit en courant en direction de la sortie.
Surprise de la réaction, Claudia se leva à son tour, et partit à sa poursuite. Elle traversa les couloirs sous les regards effarés des médecins et infirmières, et finit pas l'apercevoir, dehors, sur le trottoir devant l'entrée, assis sur un banc, le visage dans les mains, visiblement en plein sanglots.
Elle le rejoignit à pas hésitant, arriva à sa hauteur. Il était réellement en train de pleurer. Se sentant infiniment triste en le voyant comme cela. Elle prit une grande inspiration, et s'approcha encore un peu, lui posant une main qui se voulait réconfortante sur l'épaule. Mais cela le fit réagir violement, il se redressa brusquement et la repoussa vivement. Elle manqua de tomber par terre, mais se rétablit et le fixa d'un air effaré. Il avait l'air désolé, et tellement perdu. Il semblait en train d'essayé de se faire volontairement du mal psychiquement. La douleur se lisait sur son visage. Sa voix était éraillée par les sanglots.
-Pourquoi tu es gentil avec moi ?! J'ai tué Petruccio !
Claudia se redressa et s'avança en tendant le bras dans sa direction, avançant lentement. Autour d'eux, plusieurs personnes s'étaient arrêtées pour assister à la scène, déroutées.
-J'ai tué notre petit-frère ! Alors arrête de t'inquiété pour moi !
Claudia arriva à son niveau, et le saisit dans ses bras, le retenant alors qu'il commençait à se débattre, pris d'une crise d'hystérie. Il était bien plus costaud qu'elle, mais elle tint bon, il le fallait absolument. Voyant qu'il n'arrivait pas à se débarrasser d'elle, il finit par céder et se laissa retomber sur le banc, en larmes, gémissant. Claudia ressera un peu plus son étreinte pour le calmer. Elle-même avait envie de pleurer car la détresse de son ainé la peinait énormément.
-Federico, tenta-t-elle de le ramener à la réalité. Federico, regardes-moi !
Il lui résista encore un instant, puis céda et la regarda droit dans les yeux, se calmant alors u peu. Elle le fixa avec une sorte de sévérité et de douceur mélangées.
-Tu ne l'as pas tué ! s'exclama-t-elle.
-Si, je…
-Ferme-la et écoute-moi ! ordonna-t-elle, agacée qu'il lui coupe la parole. Tu n'as pas tué Petruccio ! Ce n'était pas toi.
-C'est moi qui conduisait ! J'étais shooté, je n'aurais jamais du prendre le volant !
-Oui, précisément !
Federico fut interloqué par cette réplique Claudia reprit :
-Tu n'étais pas toi-même à ce moment là, c'était la drogue et l'alcool qui agissaient, qui s'étaient emparé de ton cerveau.
-Mais c'est moi qui l'ai prise…
-Tu es accro, Federico, c'est une maladie, tu n'es pas fautif ! Ce n'était pas toi qui conduisais ! Tu n'étais que simple spectateur.
Ces répliques frappèrent le jeune homme de plein fouet, et étrangement, il ne sut pourquoi, mais elles lui firent du bien. De son côté, Claudia n'était pas entièrement sûr de croire à ce qu'elle disait, car elle lui en voulait encore énormément. Mais la peur de perdre un autre de ses frères était bien plus grande que la colère. Elle était prête à mentir autant qu'il faudrait pour le sauver. Et qui sait, peut-être qu'en se répétant suffisamment fort que ce qu'elle disait était vrai, elle finirait par être convaincu elle-même que c'était vrai. Elle l'acheva avec une ultime phrase :
-Alors je t'en supplie, arrête de te punir pour ça ! Tu as le droit de vivre !
Elle sentit que les larmes lui montaient aussi aux yeux, et ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre, pleurant à chaudes larmes dans un spectacle absolument pathétique.
…::::…
Un peu plus tard dans la journée, lorsqu'ils se furent enfin calmés, Claudia alla demandé à la réception la liste des différents programmes de désintoxication dans la région. Ils se posèrent à l'appartement de Federico pour l'examiner, et préparer ses bagages. Plus vite il serait là-bas, et plus vite il irait mieux. Ils en choisirent uns, dont les prestations semblaient plus que parfaites. Claudia força son frère à appeler, et elle fit bien. On pouvait le faire entrer le soir même.
Ils prirent un taxi, et elle l'accompagna pour se présenter au centre de désintoxication. On le fit signer les papiers de consentement, et passer d'une une petite salle confortablement aménagée. Il avait droit à dix minutes pour dire au revoir à ses proches.
Une fois la porte refermée, Claudia vint prendre son frère dans ses bras pour la dernière fois avant son isolement (pour la dernière fois avant dix ans, en fait. Mais cela, elle l'ignorait à cet instant).
-Merci pour tout, petite sœur.
-Ne me remercie pas encore, tu vas souffrir avant d'aller mieux, répondit la jeune fille.
Ils rompirent l'étreinte, puis Claudia fixa sont frère avec un sérieux qui n'aurait jamais du pouvoir se lire sur un visage aussi jeune (mais les épreuves de la vie font parfois vieillir trop vite). Federico en fut choqué, car il avait l'impression que c'était en grande partie de sa faute si sa sœur avait dû grandir trop vite. Il se risqua à demander :
-Alors, tu m'as vraiment pardonné ?
Claudia ne s'attendait visiblement pas à cette question. Elle battit des paupières, baissa le regard sur ses pieds en se mordant la lèvre inférieure, puis le fixa à nouveau avec sérieux.
-Promets-moi que tu ne le laisseras jamais revenir !
Cette fois, ce fut Federico qui fut pris de cours. Il ne comprenait pas tout à fait le sens de cette phrase, et demanda :
-Comment ça ?...
-Je n'ai rien à te pardonner, se mentit à elle-même la jeune fille avec éloquence. Je te l'ai dit, tu n'étais pas fautif à ce moment…
-Mais ?... la devança son frère, qui voyait venir la suite.
-Mais si tu le laisses revenir, que tu lui cèdes de nouveau, et que tu redeviens la personne qui a causé la mort de notre petit frère chéri….(elle baissa à nouveau le regard, puis le releva. C'était cette fois un regard dur, presque haineux, et sa voix était marquée)… Alors là, oui, je ne te pardonnerais jamais, que ce soit clair pour toi.
L'autre fut vivement surpris de la soudaine aura de colère qui tournait autour de sa sœur. Il resta un instant pétrifié, puis la regarda avec le plus grand sérieux, et répondit :
-Je te le promets ! Je vais tout mettre en œuvre pour l'éliminer de nos vies.
-Parfait, se relâcha un peu Claudia.
A ce moment, le médecin entra et déclara qu'il était temps. Les deux jeunes se promirent de rester en contact désormais, et Federico fut emmener en zone d'isolement. Il y passerait plusieurs jours jusqu'à ce que les effets du manque se dissipent. Ensuite, il aurait le droit de sortir dans les parties communes et de participer aux séances de groupe, et serait suivi par un psychologue qui lui donnerait les clés pour ne plus retomber dans la dépendance.
Claudia, elle, regagna l'aéroport en taxi, et monta à bord de l'avion qui la ramènerait dans le Nevada. Heureusement, elle avait prétendu qu'elle dormait chez une amie, et ses parents ne s'inquiéteraient donc pas de son absence cette nuit, le temps qu'elle regagne Fasmay Hill.
Elle était plutôt satisfaite à ce moment là, et ce disait que, peut-être, les choses allaient enfin aller mieux. Elle ne pouvait bien sûr pas savoir que rien ne se passerait comme elle l'avait prévu.
oOoOoOo
Federico eut un instant de lassitude en repensant à tout ce qu'il avait fait depuis cette histoire. Pour répondre à la question de sa sœur, il déclara calmement en la regardant fixement pour lui prouver qu'il ne mentait pas :
-Oui, j'y suis parvenu. Il n'est jamais revenu.
-Vraiment jamais ? tenta de le piéger Claudia en tournant la tête vers lui, mais il n'avait rien à se reprocher.
-Au début, j'avoue qu'il a essayé de revenir, et j'ai bien cru parfois que j'allais lui céder. Mais j'ai tenu bon, et avec le temps, il a finit par me laisser en paix.
-Donc tu n'as plus jamais retouché à la drogue, fit Claudia avec un maigre sourire, visiblement ravie de l'prendre.
-Je ne prends même pas d'analgésique lorsque j'ai mal quelque part. Et j'ai également arrêté totalement l'alcool.
-C'est merveilleux…
Federico fut satisfait de voir qu'elle le croyait. Il aurait pensé qu'elle le prendrait pour un menteur, mais elle était apparemment lassée de tout ça. Il y eut un nouveau court silence. Le psy leva les yeux et vit une étoile filer dans le ciel. Après un instant, il reposa son attention sur sa sœur, et lui posa la question qu'il s'était souvent posée durant ces dix dernières années. Il avait su une partie du « pourquoi » par une maladresse de Fadilha Al-Sayf (qu'il avait croisée à New York alors qu'elle y venait pour un défilé de mode), mais il n'avait pas les détails, et mourrait d'envie de savoir. Mais Claudia le prit une fois de plus de court :
-Et alors ?
-Alors quoi ? fut surpris Federico.
-Alors, que c'est-il passé après que je t'ai laissé là-bas ? Il me manque dix ans de l'histoire, raconte moi ce que tu es devenu durant tout ce temps ?
Federico hésita un instant, essayant de remonter dans ses souvenirs, et sélectionna les éléments importants pour faire le plus court possible. Mais avant, il voulait absolument poser sa question.
-Non, toi d'abord.
-Quoi moi ?!
-Racontes-moi ces dix dernières années.
-Tu tiens vraiment à savoir ? se renfrogna un peu la jeune femme.
-Oui, je veux savoir ce que tu as enduré durant mon absence.
-C'est pas joyeux tu sais…
-Qu'importe. Je veux savoir ce qu'a vécu ma petite sœur.
Claudia fit une moue étrange, baissa le regard l'air soudainement triste, et soupira profondément avant de céder :
-Très bien…
oOoOoOo
Ezio marchait à pas vifs en grommelant dans sa barbe. Rebecca avait beau être une bonne marcheuse, elle avait de la peine à le suivre. C'était sans doute en partie à cause du truc qui poussait dans son ventre et lui volait une partie de son énergie pour se développer. Aussi horrible que cela lui paraisse, elle avait presque hâte en cet instant de s'en débarrasser la semaine suivante, puis se reprocha intérieurement d'être un monstre sans cœur.
-Ezio, tu ne crois pas qu'on est allé assez loin là ? se risqua-t-elle à lui demander pour l'inciter à s'arrêter.
Ils avaient déjà traversé la moitié de la ville, et atteignaient le quartier du pied de la colline à présent. Visiblement, le Auditore savait parfaitement où il se dirigeait, mais Rebecca en avait assez. Elle portait des talons de quatre centimètre, et ses pieds étaient en compote. Poussant un jurons en voyant que l'autre n'avait aucune considération pour elle, elle s'assit sur un banc et retira ses chaussure pour pouvoir marché plus vite. Pieds nus, elle le rattrapa et marcha à côté de lui, essayant de le raisonner pour la millième fois.
-Ok, il t'a énervé en te cherchant, mais tu ne penses pas que ce que tu fais là c'est puéril ?
-Mêles-toi de tes oignons Becca, rétorqua Ezio sans même la regarder, continuant d'avancer droit devant lui.
-C'est vraiment sympa d'essayer d'aider ses amis, très agréable, rétorqua ironiquement la jeune femme en le dévisageant.
Ezio s'arrêta enfin, et se tourna vers elle pour lui faire face, les épaules relâchée. Il la considéra un instant, puis lui fit remarqué :
-T'es vraiment chiante comme nana, tu sais ?
-Et toi tu es un imbécile impulsif qui passe son temps à repousser les gens, répondit la motarde avec un grand sourire. Tu vois, on fait la paire.
Cette remarque réussit à arracher un demi-sourire à l'Italien. Il se remit à marché, plus lentement cette fois.
-T'as peut-être pas tort.
-Non, c'est juste que j'ai toujours raisons, fit d'un ton moqueur la jeune femme en le suivant. Tu comptes aller encore loin comme ça ?
-Non, on est presque arrivé.
-D'accord, mais où ?
-Une place de jeu pas loin d'ici.
-Laisse-moi deviné… Tu y jouais étant enfants, et cet endroit à donc une signification importante pour toi.
-Oui ! Chaque fois que je suis énervé ou que j'ai un problème, je m'y rends pour m'y calmer.
-Allons, allons, je ne vois pas vraiment ce qui pourrait te pousser à aller là-bas ce soir, se moqua un peu Rebecca, qui avait toujours trouvé les petits rituels de ce genre absolument stupides.
-Moi j'en ai une de raison, se renfrogna un peu Ezio, fronçant les sourcils. Et elle tient en un nom : Desmond !
oOoOoOo
Desmond éternua, bruyamment, juste avant de pousser une sorte de grognement car son nez était encore en sang. Il se maintenait un mouchoir en appuyant pour couper l'hémorragie au mieux, pendant qu'Assia cherchait de la glace dans le congélateur. Elle l'avait raccompagné à l'appartement de Léonardo et tentait de l'aider à se soigner, mais ce n'était pas évident, car il était encore un peu bourré et faisait l'enfant lorsqu'elle tentait de toucher son nez.
-Je suis sûr que c'est lui qui est en train de penser du mal de moi, geignit-il depuis le canapé.
-Je te l'ai déjà dit, cette histoire d'éternuements n'est qu'une légende, rétorqua doucement Assia en revenant de la cuisine.
-Je suis sûr qu'il jubile ce crétin, se plaignit encore Desmond.
Assia leva les yeux au plafond, presque exaspérée, et s'assit sur le canapé à côté de son ami.
-Laisse-toi faire, lui ordonna-t-elle doucement en le forçant à lâcher son nez pour qu'elle puisse le soigner.
Avec une certaine délicatesse, elle passa un élastique bien serré autour du petit doigt du jeune homme. Le saignement stoppa. Puis elle désinfecta la blessure, et posa un sparadraps en travers de son nez. Puis, elle lui ordonna de maintenir le glaçon emballé dans un mouchoir, contre l'arrête meurtrie de ses naseaux.
Il y eut ensuite un moment de silence, le temps qu'elle range la trousse à pharmacie. Desmond la regardait aller et venir dans l'appartement. Il ne savait pas si c'était à cause de l'alcool qui le chauffait, mais il sentait monter en lui une certaine excitation en la voyant. Elle était belle, vraiment sexy, et au lit (il le savait) c'était une bombe…
Sentant que son sang descendait, il détourna les yeux de la jeune femme. Il ne fallait pas ! Elle avait été claire avec ça, elle ne voulait plus de sexe juste pour le sexe. La prochaine fois qu'elle le ferait, ce serait avec quelqu'un pour qui elle avait des sentiments profonds. D'accord pour elle, mais c'était très égoïste. Et puis d'ailleurs, qu'elle ose venir lui dire que, avec tout ce qu'ils avaient vécu les deux, elle ne ressentait rien pour lui.
Et toi Des,qu'est-ce que tu ressens ? interrogea soudain la petite voix intérieur du jeune homme.
C'est vrai, que ressentait-il vraiment pour Assia ? Perturbé par ce questionnement, le jeune homme ne sut pas trop quoi répondre. Il tenait énormément à elle, plus qu'à n'importe qui sans doute. Mais de là à dire que c'était plus que de la simple amitié…
…::::…
Assia revint s'assoir auprès de lui, et le regarda attentivement. La jeune femme se sentait étrangement mal-à-l'aise. Elle n'arrivait pas à savoir pourquoi, mais depuis quelque temps, elle n'arrivait plus à s'ôter Desmond de l'esprit. Elle le voyait partout, entendant son rire, imaginait ses lèvres contre les siennes. En se l'imaginant en cet instant, elle se sentit chauffé. Était-elle en train de tombé amoureuse ? Ou était-elle juste en manque de sexe ? Après tout, c'était possible, ils en avaient tellement profité durant deux mois, qu'un sevrage aussi brutal que ce qu'elle avait proposé provoquait forcément un état de manque, non ?
Poussant encore un soupire en tâchant de repousser de son esprit les images obscènes qui lui montait au cerveau, elle tenta de changer de sujet, mais ne choisit pas le meilleur.
-Enlève ton tee-shirt, ordonna-t-elle calmement.
Elle se rendit compte de la connerie qu'elle venait de dire lorsqu'elle croisa le regard quasi-choqué, mais pas mécontent, de Desmond. Elle tenta de se rattraper :
-Non, va pas t'imaginer des trucs… c'est juste que tes habit son couvert de sang et…
Trop tard, Desmond avait cerné ce qui se passait, et, avec un sourire et les yeux pétillant d'alcool, il retira son pull tel un athlète, dévoilant son torse musclé. Assia manqua de défaillir en voyant ça, son cœur s'accélérant. Elle se sentit rougir lorsqu'il déposa son maillot à côté de lui, et qu'il s'avança un peu vers elle, souriant toujours.
Frémissante, elle posa sa main sur son torse, à la limite de céder, mais réussit in-extremis, alors qu'il approchait son visage du sien, à le repousser, et se leva, paniquée.
-Je… dois y aller… utilise du bicarbonate pour les tâches de sang…
Elle attrapa son sac à main dans des mouvements un peu désordonnés, et se dirigea vers la porte. Mais Desmond, qui s'était levé immédiatement à sa suite, la rattrapa, et lui posa une main sur l'épaule, ce qui la fit se retourner instinctivement.
Le cœur battant, ils se regardèrent encore un instant dans les yeux, puis il l'embrassa. Tendrement d'abord, mais cela évolua rapidement en quelque chose de plus langoureux. Il la plaqua contre la porte alors qu'elle l'attirait dans ses bras, le forçant à coller son corps contre le sien. Après quelque étreinte, il la souleva en la maintenant sous les jambes, et tout en continuant de l'embrasse, l'emmena jusqu'à son lit.
oOoOoOo
César était assis à son bureau, encore sous l'effet de colère qu'avait susciter en lui la révélation de Léonardo. Pour tenter de s'occuper l'esprit et de se détendre, il faisait des notes de service, l'un de ses passe-temps favoris. C'est alors qu'il avait presque réussi à se vide la tête que Léo entra.
Se mordant l'intérieur de la joue, voyant que son amant faisait semblant de ne pas le voir, le blondinet s'approcha de lui, et prit appui sur le bureau, se tripotant les main. Il l'observa en silence, jusqu'à ce qu'enfin, Césare lève les yeux vers lui et demande, un peu sèchement :
-Quoi ?!
-Tu as raison, répondit simplement Léo, très calmement, en le regardant dans les yeux.
Pardon ?! fut surpris César.
-Tu as raison, je ressens encore quelque chose pour Ezio.
Le Borgia resta bouche bée. En plus, il l'avouait ouvertement, et devant lui. C'était vraiment humiliant. Il se renfrogna, poussant une sorte de grognement, et s'apprétait à se lever pour pfuir cette conversation, mais le peintre se redressa, posa ses mains sur ses épaules pour le forcer à rester assis et se pencha pour le regarder bien en face.
-Oui, je ressens encore des choses pour Ezio. Mais c'est normal. Il est mon premier amour, mon premier amant, et je viens de passer neuf longues et belles années de ma vie avec lui. Ce n'est pas quelque chose que l'on peux oublier aussi facilement. Alors, est-ce que ça me passera un jour ? Je ne peux pas te le jurer, et il te faudra faire avec si tu me veux. En revanche, s'il y a une chose que je peux te garantir, c'est qu'ici et maintenant, je suis avec toi, et uniquement avec toi.
César le regarda comme s'il venait de lui annoncer un miracle, abasourdi. Il ne savait plus à quoi il en était. Léo était tellement sérieux et mignon en faisant son petit laïus. Comment ne pas lui pardonner ? Il poursuivit :
-Ezio appartient à mon passé, il est une partie de moi. Mais pour l'venir, je ne veux que toi ! Alors non, arrête de t'inquiété tout le temps. Je ne retournerais pas avec mon ex, non, je ne te tromperais pas. Et oui, je t'aime !
Ayant terminé, il se redressa et se retourna pour partir, mais César, ému par ce discours, lattrapa par le bras et l'attira à lui. Il le fit tomber sur ses genoux, et l'embrassa avec envie. Léo, commençant à déboutonner la chemise de son homme, le sentit se relever en le soutenant. César, d'un ample mouvement de bras, vira tout ce qui se trouvait sur le bureau, et y allongea son amant.
La suite ne leur appartient qu'à eux -)
oOoOoOo
-Les parents ont découvert que j'avais pioché dans le coffre familiale. Comme je ne voulais pas leur avouer que c'était pour payer ta désintox et tes frais médicaux, ils m'ont accusé de vol, expliqua Claudia en regardant le sol, la voix presque éteinte. Je me suis disputée avec eux, et maman m'a dit qu'en plus de n'avoir plus qu'un seul fils, elle venait de perdre sa fille. Je me suis sentie brisée à ce moment, et j'ai fui en Europe, à notre résidence de vacances.
La voix de la jeune fille n'était presque qu'un murmure. Son frère la regardait avec un point sur le cœur. Il était triste d'entendre les misères qui étaient arrivée à sa sœur. Et il se sentait coupable. Si elle n'avait pas pris de l'argent pour lui permettre de se soigner, elle n'aurait pas eu à subir la colère de sa mère. Claudia poursuivit sur le même ton.
-Là, j'y est rencontré un charmant jeune homme, Darim, il avait 19 ans, et était très serviable, c'est lui qui m'a aidé à reprendre ma vie en main. Je suis tombée amoureuse de lui, et c'était réciproque. Il a été mon premier… et il était très doux. Après ça, je suis entrée dans un lycée privé en Italie, et c'est là que j'i découvert que j'était enceinte.
Elle eut un étrange sourire en racontant ce passage. Visiblement, c'était un moment de sa vie qu'elle avait apprécié. Federico l'écoutait attentivement, et ouvrit de grands yeux lorsqu'elle lui révéla cela. Il ne s'en doutait pas. Elle continua, une ombre revenant soudain sur son visage.
-Au début, Darim avait peur, et j'ai bien cru qu'il n'assumerait pas. Mais il est resté, et il était prêt à m'épouser pour que notre enfant soit légitime. Sauf que mon corps n'étais pas encore prêt pour ça. J'ai fait une fausse-couche, la veille de Noël.
Elle dut s'arrêter un instant, pour refouler un flot de larmes qu'elle sentait monter. Visiblement cet épisode la bouleversait encore, mais elle réussit à repousser ses émotions et à continuer.
-A cause de ça, Darim m'a abandonnée. Je n'ai plus eu qu'à me débrouillé pour trouver un moyen de rentrer à la maison. Je suis tombée sur Fadhila Al-Sayf alors qu'elle était à Milan pour un défilé de mode de sa marque. Elle m'a prit en pitié et m'a aidé à revenir auprès de nos parents. Mais ils étaient en colère, et Père m'a faite placé dans un internat pour jeune fille. C'était absolument affreux, un royaume de chipies et de garces, mais je leur ai survécu. Finalement, j ai fait l'université, on je suis devenue expert comptable. Et j'ai déménager à Dallas dans un cabinet privé. J'y ai épousé un homme, mais une fois encore, la vie ne m'a pas fait de cadeau. S'était un escroc, et il m'a ruinée… alors je suis revenue ici en espérant pouvoir refaire ma vie et profité du soutien de notre frère Ezio.
Elle se tut enfin, ayant fini son récit. Elle resta un instant immobile, regardant droit devant elle, puis poussa un long soupire. Federico ne savait pas quoi dire. Alors elle aussi avait traversé d'innombrable épreuve. Si seulement il n'avait pas été imprudent lorsqu'il était jeune, s'il n'était pas tomber dans les pièges de la vie, alors sa petite sœur n'aurait peut-être pas eu à subir tout cela. Il se mordit fort l'intérieur de la joue, baissant les yeux sur le sol, et tendit la main pour la poser sur l'épaule de sa sœur, mais elle semblait ne pas avoir envie de se geste de « pitié ». Ce qui était fait était fait. Pour l'empêcher de terminer son action, ell se tourna vers lui avec un maigre sourire et lui demanda :
-Bien, à ton tour maintenant. Qu'as-tu fais de ces dix ans.
Surpris, Federico eut besoin de quelques secondes pour retrouver ses esprits, et retrouver ce qu'il avait précédemment préparé. S'éclaircissant la gorge, il commença à son tour son récit.
-Je suis resté en désintoxication durant 45 jours, puis ils m'ont relâché dans le monde réel. Je t'avoue que ça a été très dur au début, je ne savais plus exactement où était ma place. J'ai cherché du travail les premières semaines, et j'ai finalement trouvé dans une boutique de prêt-à-porter. En même temps, j'ai continué à voir mon psy, et j'ai fini par me rendre compte de ce que je voulais vraiment faire de ma vie. J'ai donc économisé quelques mois, puis j'ai commencé à suivre des cours du soir pour pouvoir passer l'examen d'entrée en fac de médecine.
-En fac de médecine ? s'étonna Claudia en le fixant d'un air éberlué. Tu es médecin ?
-Non, répondit Federico avec un léger rire. J'ai suivi un cursus de psychologie. Je voulais pouvoir à mon tour aider ceux qui connaissaient les mêmes problèmes que moi par le passé.
-Ho, je vois, tu es devenu psychiatre.
-Psychothérapeute, je préfère, sourit Federico. J'ai brillamment réussi mes études, puis j'ai été engagé dans une clinique privée du centre de N-Y.
-Je vois… et pourquoi es-tu revenu à Fasmay Hill ? interrogea sa sœur.
Federico marqua alors une pause. Il ne pouvait tout de même pas lui avouer la raison réelle, c'était quelque chose de trop… tordu, pour qu'elle comprenne. Il fit donc rapidement travailler ses méninges et trouva une petite histoire satisfaisante.
-C'est à cause d'un transfert. J'ai échangé ma place avec un collègue de l'hôpital de Fasmay Hill.
-D'accord, fit Claudia, visiblement convaincue par ce qu'il venait de lui raconter. Autre chose ?
-Heu… que voudrais-tu savoir d'autre.
-Je ne sais pas, est-ce qu'il y a quelqu'un dans ta vie, ou…
-Il y a eu quelqu'un, pendant cinq ans. Une femme, que j'ai rencontrée à la Fac.
-Comment s'appelait-elle ? Tu l'aimais ? interrogea Claudia, piquée par la curiosité.
-Elle s'appelle Shao Jun… (il baissa les yeux) et oui, je l'aimais.
-Peine de cœur ? interrogea sa sœur en le regardant, comprenant que quelque chose avait mal tourné dans leur relation.
Le jeune homme laissa filé un court silence, puis soupira et répondit sans la regarder :
-On est resté ensemble cinq belles années, et… (il se rendit compte que ce qu'il allait dire allait faire un choc à Claudia, relevant le regard sur elle). On a eu une petite fille ensemble.
Les yeux de sa sœur doublèrent de volumes et sa bouche s'entrouvrit. Elle n'était pas certaine d'avoir bien compris ce qu'il venait de dire.
-Pardon ? interrogea-t-elle d'une voix perdue.
-Elle s'appelle Flavia, elle va avoir 6 ans, répondit Ezio en sortant de sa poche son téléphone cellulaire pour lui montrer des photos.
Claudia restait bouche bée en prenant l'appareil. Elle n'en revenait pas du tout, son cœur battait à tout rompre en observant les photo d'une petite fille à la belle chevelure brune. On aurait dit elle était petite.
-Comme Shao a fini par rencontrer quelqu'un d'autre et qu'elle est ensuite partie à l'étranger pour son travail, elle a demandé à l'emmener et avoir sa garde officiel, expliqua Ezio avec une sorte de tristesse dans la voix (qui était parfaitement compréhensible). J'ai accepté, et du coup, elles habitent en Australie, et Shao m'envoie souvent des photos et des vidéos de notre fille. J'essaie de leur rendre visite le plus souvent possible, vu qu'on a décidé avec sa mère et son fiancé qu'il fallait éviter à son âge de trop la faire voyager…
-Je… fit Claudia, qui ne semblait plus l'écouter depuis qu'il lui avait donné le téléphone. Je suis tata ?
Elle leva sur son frère un visage où se lisait le bonheur, et ses yeux étaient brillants de larmes. Federico en fut surpris. Il ne pensait pas que cette révélation lui ferait cet effet. Prit d'une poussée de tendresse, il la pris dans ses bras, et lui murmura à l'oreille en la serrant fort, la voix tremblante d'émotions.
-Tu m'as manqué petite sœur.
-Toi aussi…
Claudia pensa une seconde qu'ils devaient vraiment avoir l'air pathétique vu de l'extérieur, à se pleurer presque dans les bras l'un de l'autre, mais cette étreinte n'était pas désagréable. Elle lui fait presque oublié les dix années de souffrance qu'elle venait de passer. Mais comme il fallait s'y attendre, c'est à ce moment que survint l'élément perturbateur.
Une voix tonitruante s'éleva sur le chemin menant du portique aux balançoires. Une voix que tous deux connaissaient : celle d'Ezio.
-Lâche ma sœur immédiatement, paria !
Les deux autres regardèrent dans sa direction. Il semblait furieux, les yeux lançant des éclaires, et fonçait sur eux d'un pas lourd, le poing armé.
Derrière lui, Rebecca lui criait de sa calmer, mais il ne l'entendait pas de cette oreille. Il était encore énervé de Desmond, et avait bien l'intention de passer sa rage sur quelqu'un. Le coup partit, et son poing rencontra la tempe de Federico, qui partit à la renverse et s'étala sur le sol. Le tout sur un cri de stupeur de Claudia et Rebecca réunies.
oOoOoOo
Le bureau était à moitié retourné, une partie des livres de l'étagère gisaient au sol, le bureau avait été déplacé de près d'un mètre, un vase était tombé d'une commode en explosant en mille morceaux, et des vêtement étaient épars dans la pièce. Au centre, confortablement installé sous le tapis persan (un vrai, pas une imitation), Léo et César tentait de reprendre leurs souffles. La partie de jambes en l'air qu'ils venaient de partager avait été sauvage et torride, et ils étaient tous deux à bout de souffle.
Léonardo, le visage posé dans le creux de l'épaule de son amant, lui demanda entre deux respirations fortes.
-Alors… (respiration) tu es convaincu… (respiration) maintenant, que je suis à toi ?
La question était posée en toute innocence, pourtant, malgré tout le plaisir de la scène qui venait de se déroulé, César n'était pas encore totalement convaincu. Il lui manquait encore quelque chose pour être absolument sûr que le peintre ne lui appartiendrait qu'à lui, et à lui seul. Il aimait que l'on sache lorsqu'il possédait quelqu'un. Il pensa d'abord à une « ceinture de chasteté », mais l'idée lui sembla immédiatement stupide et moyenâgeuse, lui arrachant cependant un demi sourire amusé. Alors quoi ? Soudain, il eut la révélation et répondit, également encore essoufflé. :
-Non, il me manque quelque chose pour être sûr que tu ne me mens pas…
Léo tiqua un peu. Il voulait absolument que le Borgia ait confiance en lui. Il en avait besoin pour se sentir bien.
-Alors qu'est-ce que je peux faire pour te prouver ma bonne foie ? interrogea-t-il d'une petite voix d'enfant.
César eut un sourire satisfait. Il posait exactement la bonne question. Celle qui lui permettrait d'enchainer sur sa réponse choc. Il ne doutait pas qu'elle allait faire l'effet d'une bombe, et c'est bien ce qu'il espérait. Mais avant, il lui fallait se redresser. Ce n'était pas le genre de chose que l'on faissait juste comme ça, à l'arrache, il y avait tout de même un certain protocole à respecté.
Il se redressa donc en s'appuyant sur l'épaule, et se pencha au dessus de son amant, le regardant droit dans les yeux et lui caressant tendrement la joue. Juste avant de donner sa réponse, il remercia intérieurement les dieux de l'avoir fait vivre dans un état qui avait accepté de légaliser la chose qu'il s'apprêtait à faire. Les mots sortirent doucement, comme une mélodie, après quelques secondes de battement :
-Epouse-moi !
...
Voilà, c'est fini pour cette fois !
J'espère que ce chapitre vous a plu
N'hésitez pas à commenter, les review sont toujours les bienvenues quel qu'elles soient ^^
Merci d'avoir lu !
A bientôt pour la suite !
Amicalement
Gabriel
PS pour Machiruda :
Et bien, en ce qui concerne le quartier de New York, j'avoue ne pas vraiment y avoir pensé…. Mais disons que je verrais bien le quartier de Harlem, ou peut être plus classiquement le Bronx.
Merci à toi !
