Bonjours/ bonsoir tout le monde !

J'espère que vous allez bien !

Voici un chapitre un peu plus court que d'habitude, mais c'est parce que, dès le prochain chapitre, on entame la fin de l'Arc (en deux ou trois parties suivant les choix de scission qui seront pris une fois le tout achevé d'écrire en un bloc). Mais j'en parlerais plus à la fin du chapitre.

Je vous laisse à la lecture !

Un grand merci à ceux qui m'on laissé des commentaires (ils me font toujours plaisir) et aussi aux lecteurs qui n'en laissent pas !

Bonne lecture !

Chapitre 19 : Fin de soirée

-Mais arrêtez enfin ! s'exclama Rebecca en essayant de tirer en arrière Ezio, qui s'était positionnée au dessus de son frère ainé et lui assénait coup sur coup.

-Ezio, ça suffit arrête ! ordonna Claudia à son frère.

Federico, qui se protégeait le visage, profita que l'autre marque une courte pause d'hésitation pour le pousser de toutes ses forces. Ezio perdit l'équilibre, et se retrouva à son tour à terre, mais Fédé ne le frappa pas, lui. L'ainé de la famille Auditore se contenta de s'assoir littéralement sur le torse de son cadet et de lui bloquer les épaules avec les genoux, le maintenant du mieux possible au sol pour le maitriser le temps qu'il se calme. Mais Ezio se débattait comme un beau diable, tentant de se libérer en hurlant des insultes.

-Bastardo ! Lâche-moi immédiatement !

-Pas avant que tu ne te sois calmé ! répliqua sèchement Federico en le fixant, mais sans rancune.

Son nez saignait abondamment, et il aurait probablement un sacré cocard à l'œil gauche, mais c'était là le dernier de ses soucis. Le plus jeune tenta de lutter encore un moment, mais tous deux savaient déjà que ça ne marcherait pas. Ezio avait beau avoir fait de la musculation étant jeune dans le but d'impressionné les minettes, et avoir pratiqué le football américain au lycée, Federico était pour sa part bien plus costaud. La gonflette c'était bien beau, mais pour sa part, il n'en avait pas besoin. Il paraissait mince en comparaison de son frère, mais c'était du muscles de nageur, fins mais puissants. La natation, dont il avait été champion régional au temps du lycée, et qu'il avait reprise à l'université, l'avait ainsi sculpté.

Après un moment qui parut durer longtemps, Ezio cessa de se débattre. Mais Federico préféra attendre encore un peu avant de le relâcher, se risquant à lui demander d'une voix posée :

-Si je te relâche, tu promets de ne pas me frapper encore ?

Ezio ne répondit pas, mais posa sur son frère un regard empli d'une sourde colère. Après un instant, comprenant que de toute manière il n'avait pas vraiment le choix, il finit tout de même par hocher la tête en signe d'assentiment. Federico hésita une seconde, craignant de le voir se jeter à nouveau sur lui dès qu'il l'aurait libéré, puis le lâcha, en se redressant.

Son petit frère resta allongé à le dévisager, mais le psychothérapeute qu'il était lisait autre chose au travers de ce soudaine accès de violence. Il avait dû se produire quelque chose – un stimuli extérieur – qui avait déclenché une phase de colère compulsive et le désire de se défouler. Et comme Fédé était sur son chemin et représentait également un élément attisant la colère… En clair, il avait été au mauvais endroit au mauvais moment et avait fait déborder le vase. Heureusement, il n'était pas rancunier, se contentant de soupirer avant de tendre la main à son cadet pour l'aider à se relever.

Cependant, Ezio regarda la main amicale, l'écartant d'un geste brusque, et se remit debout par ses propres moyens. Il dévisagea encore une fois son frère, puis détourna le regard sur les deux femmes. Rebecca les regardait d'un air abasourdi, tandis que Claudia le foudroyait d'un regard réprobateur.

Comprenant qu'il n'obtiendrait pas le soutien de sa sœur, et que Rebecca était trop choquée – et probablement incapable de comprendre le fond du problème -, Ezio claqua de la langue en lâchant un « tsss » sonore, et s'éloigna sur le chemin sans se retourner.

Les autres le regardèrent passer le portail et s'engager dans la rue, en direction du centre ville. Federico, se tenant le nez pour éviter de trop saigner (bien que son tee-shirt soit déjà maculé d'hémoglobine et irrécupérable), se tourna vers sa sœur et lui suggéra :

-Tu devrais peut-être le suivre…

-Quand il est comme ça, ça ne vaut pas la peine d'essayer de la raisonné, répondit la jeune femme en soupirant, regardant toujours son frère s'éloigner à grandes enjambées.

Rebecca continuait pour sa part de fixer l'homme qu'Ezio venait d'attaquer. Elle ne l'avait pas encore reconnu dans le feu de l'action, mais à présent qu'elle le voyait de face et immobile, elle percuta.

-Docteur Grayson…fit-elle d'une voix peu assurée en fronçant les sourcils.

Federico se tourna vers elle, et sembla vivement surpris. Lui non plus n'avait pas pris le temps de voir qui accompagnait son frère, et le découvrir lui faisait un choc.

-Mademoiselle Crane !? fit-il, presque en sursautant, les yeux écarquillés.

Claudia les observa avec stupeur et incompréhension, son regarda allant de l'un à l'autre alors qu'ils se fixaient sans rien dire, encore sous le choc.

-Vous vous connaissez ?! interrogea-t-elle avec incrédulité.

La femme enceinte se tourna vers elle et lâcha :

-C'est le psy que je consulte depuis peu.

Claudia se tourna vers son frère avec la bouche grande ouverte, percutant soudainement. C'était vrai que Rebecca avait évoquer la chose quelque jours plus tôt, mais elle n'avait pas fait l'assimilation tout de suite.

-C'est toi le Dr Grayson ! s'exclama-t-elle à moitié, encore sonnée de constater à quel point le mondée était petit.

-Pourquoi ça a l'air de tellement te surprendre, interrogea avec un sourire amusé le jeune homme (juste avant de faire une grimace car son nez lui fit mal).

-C'est lui le fameux Federico dont vous arrêtez pas de parler avec Ezio !? interrogea Rebecca en les désignant tous les deux d'un doigt incertain.

-Enchanté, sourit le trentenaire en lui tendant la main.

Elle l'observa d'un œil circonspect car elle était couverte de sang, et se tourna vers Claudia.

-On devrait peut-être l'amener à l'hôpital non ? interrogea-t-elle.

-Il n'est pas cassé, protesta mollement le jeune homme, qui avait suivit le cursus de médecine standard avant de se spécialiser en psychologie.

-Je pense que c'est une bonne idée, approuva sa sœur à la question de Rebecca.

-Il n'est pas cassé ! répéta Federico en levant les yeux au ciel.

-J'appelle un taxi ? interrogea la motarde.

-Pas la peine, l'hôpital est en haut de la colline, répondit Claudia en désignant un escalier qui grimpait et s'enfonçait dans le bois recouvrant la butte.

-Je vous dis que je vais bien, tenta encore de protester l'ainé Auditore.

-Arrête de faire le gamin, répliqua avec autorité sa frangine en l'attrapant par un bras.

Rebecca l'imita, et elle entrainèrent Federico en direction de l'escalier. La façade de l'hôpital était visible depuis ici, au sommet de la colline de Fasmay, dominant la ville.

oOoOoOo

Cesare sortit de la douche (il avait été obligé de se laver à nouveau au vu de la transpiration durant le « sport » qu'ils avaient fait) et se passa une serviette autour de la taille pour retourner dans la chambre. Léonardo n'avait pas encore répondu à sa question. En même temps, il était vrai qu'il l'avait un peu pris de court, et lui avait donc accordé un délai de réflexion. Mais il espérait qu'il se déciderait vite, car il n'avait aucune envie de perdre son temps à espérer si jamais le peintre décidait de ne pas s'engager.

En entrant dans la pièce, il découvrit Léo, assit sur le lit, rhabillé, et avec ses chaussures et sa veste. En le voyant ainsi, Cesare s'arrêta sur le pas de porte de la salle d'eau et le regarda avec une grande déception, croisant les bras et baissant les yeux. Alors c'était non. A voir la tête que faisait le blondinet, il devinait qu'il avait pris une décision, et qu'il s'apprêtait à repartir directement après la lui avoir donnée. Il soupira grandement, dans l'attente.

Léo en le voyant revenir de sa douche s'était levé, se tripotant nerveusement les mains le regard baissé. Il hésita un instant, puis s'approcha du Borgia, et s'arrêta à quelques centimètre de lui. Il semblait encore en pleine réflexion, et ses yeux étaient brillant, comme s'il était sur le point de pleurer.

Ils restèrent un long moment à se regarder en silence, sans toutefois oser croiser leurs regards. LE temps semblait presque figé, et toute la pièce retenait son souffle ( à l'exception du bruit d'une goutte d'eau qui tombait de manière régulière dans la salle de bain). C'était insoutenable pour Cesare, qui se crispa en déclarant de manière presque inaudible :

-Dis-le !

Léonardo leva les yeux sur lui, s'humecta les lèvres, et répondit à sa demande.

oOoOoOo

Assia se rhabilla en essayant de ne pas faire de bruit, Desmond s'était assoupi comme une masse après leurs ébats. Etrangement, bien qu'elle ait comme toujours apprécié de le faire avec l'étudiant, elle se sentait mal. Comme si ce qui venait de se produire était une erreur.

Elle termina de boutonner son chemisier, et revint près du lit, observant son amant, Desmond était assoupi, l'air paisible (bien que ronflant à moitié à cause de l'alcool), allongé nu sous les draps qui ne couvraient que son intimité. Soupirant doucement, elle se pencha et l'embrassa sur le front. Il bougea légèrement, mais ne se réveilla pas, cuvant.

La secrétaire l'observa encore un instant, puis sortit de la chambre en refermant la porte derrière elle. Elle ne savait pas expliquer pourquoi, mais elle avait réellement l'impression qu'ils venaient tous les deux de faire une bêtise. Pourquoi ? Peut-être parce qu'ils venaient de briser leur engagement de ne plus le faire. Ou plustôt, parce qu'elle prenait soudainement conscience qu'ils l'avaient toujours fait soit sous alcool, soit pour palier à la douleur du deuil de Shaun, ainsi que celui du vide affectif après leurs échecs amoureux respectifs.

D'accord, elle devait avouer que c'était très agréable sur le moment, elle ne pouvait pas le nier. D'autant plus que Desmond savait y faire, ça aussi il fallait avouer. Mais la vie se résumait-il réellement qu'à ça ? Non, bien sûr que non, et elle le savait. Et c'était bien là le problème. Elle n'avait plus envie de simplement « coucher » bêtement avec un homme dans le seul but de se faire du bien. Depuis combien de temps n'avait-elle plus « fait l'amour » ? Au moins depuis la dernière année d'université, deux ans plus tôt, avant de rompre avec son ex.

Sans doute certain lui aurait dit, face à de telles pensées, que les deux étaient la même chose, mais la vérité était évidemment que non. Ce n'était pas du tout la même chose. On ne ressentait pas que le plaisir lorsque l'on faisait ça avec une personne dont on était amoureux. Et c'était bien là le problème, ce qui lui donnait un tel malaise à l'heure actuelle.

Desmond était son meilleur ami, son confident. Et elle l'adorait, vraiment ! De tout son cœur même ! Et c'était un super coup, mais elle ne l'aimait pas. Pas de cet amour là du moins. Et elle n'en pouvait plus de cette situation. Ces parties de jambes en l'air n'étaient rien d'autre que des distractions pour elle, entrecoupées de moments de franche amitié et de déconnades. Ce qui signifiait qu'elle se servait de lui. Et probablement inversement (ou peut-être pas, elle ne savait pas ce que Desmond éprouvait réellement pour elle, mais elle doutait fort qu'il s'agisse de plus que pour elle). En tous les cas, ça ne pouvait pas continuer comme cela. Il leur fallait absolument réussir à passer à autre chose, l'un comme l'autre. Sinon, ils allaient continuer de se reposer l'un sur l'autre pour palier à l'excitation sexuelle, et ne se remettraient pas en quête du bonheur…

En d'autres termes, pour leur bien à tous les deux, elle devait « rompre ». En pensant cela, elle ressentit comme un pincement au cœur, car elle savait que ce ne serait pas possible, à moins de s'éloigner plus concrètement de lui. Et elle ne voyait qu'un seul moyen à cela.

Devenir plus froide avec lui.

Soupirant encore en enfilant ses chaussures dans l'entrée, Assia prit cette affreuse décision. Ca leur ferait probablement mal à tous deux au début, mais par la suite, Desmond la remercierait sans doute. Ou alors, il comprendrait pas à quoi elle jouait, et leur amitié serait sans doute gâchée.

Elle sortit de l'appartement en se disant que, de toute manière, ce soir avait déjà tout gâché entre eux. Elle ne pouvait pas l'expliquer, mais elle le savais.

oOoOoOo

Ezio débarqua comme un fou dans son appartement et claqua la porte d'entrée derrière lui, fermant à clé. Il retira ses chaussures en sautillant, et les lança de toutes ses forces en travers du salon. Elles allèrent s'écraser avec un bruit étouffé contre le mur de sa chambre, et retombèrent mollement sur le sol.

Encore en colère, l'Auditore se rendit dans la partie cuisine, se pencha pour ouvrir un placard au sol, et en tira une bouteille de vin rouge. Il la débouchonna et revint dans la partie salon en déboutonnant sa chemise. Il se laissa tomber dans son fauteuil (ou plutôt, l'ancien fauteuil d'Altaïr, qu'il lui avait céder en même temps que l'appartement) s'envoya une grande gorgée de vin directement au goulot, la reposa brusquement sur le petit guéridon à côté de lui, et entrepris de défaire l'agrafe de sa ceinture. Il la retira et elle suivit le même chemin que les chaussures.

Agacé par cette soirée infernale, il poussa un soupire qui tenait plus du borborygme, et reprit une grande gorgée de vin. C'était dommage de gâcher une bouteille d'un si bon cru californien (surtout au prix qu'il coûtait) de manière aussi barbare, mais il en ressentait le besoin. Il n'était pas alcoolique et se passait très bien d'alcool durant des jours sans en ressentir le besoin, mais là, trop c'était trop. Il avait envie de ressentir l'ivresse, quitte à avoir la gueule de bois le lendemain.

Entre sa prise de tête avec Desmond, le retour de Federico qui l'agaçait, la prise de position de Claudia de refaire ami-ami avec lui, le fait qu'il venait de se faire licencier… bon, ok, il avait posé sa démission, mais le résultat était le même. Il n'avait plus de boulot. Non pas qu'il en ai besoin, les avoir de la famille Auditore lui assurait de pouvoir vivre au moins trois vies de débauché sans être à sec, mais sans boulot, il n'avait plus rien pour s'occuper l'esprit et ne pas songer à…

Léonardo !

Il se renfrogna encore un peu plus en repensant à son ex. Enfin, son ex, façon de parler. Il avait bien l'intention de se battre pour le reconquérir, mais savoir que pour l'heure, quelqu'un d'autre – son ancien meilleur ami dans ce cas – était probablement en train de faire l'amour avec lui ne l'aidait pas à avoir le moral. Il termina la bouteille en trois gorgée, et s'en bava une gorgée sur le torse en retirant trop vite la bouteille. Il poussa un juron, et se releva en titubant légèrement pour aller chercher de l'essuietout.

Il se lava à la plonge de la cuisine, prit une autre bouteille dans le placard, et revint s'assoir. L'alcool commençait à lui monter à la tête, car il avait bu trop vite, et des images assez perverses lui montèrent à l'esprit.

Dévergondé par le vin, il sentit la chaleur envahir son corps et descendre dans son pantalon en se rappelant de ses folles soirées de jambe en l'air avec Léonardo. Sentant que l'excitation serait trop dur à réfréné dans son état, il décida d'y palier en y succombant, s'en occupant à l'ancienne. Il vira son pantalon, et se mit à besogner en repensant à son peintre adoré, et à ses petits cris lors de leurs rapports…

Il s'endormit sans avoir terminé, assommé par le vin et arasé par la tension accumulée au cours de la soirée.

oOoOoOo

Federico se fit prendre en charges immédiatement comme il n'y avait pas trop de monde aux urgences cette nuit là. Pendant qu'un interne en chirurgie s'occupait de lui, les deux filles discutèrent ensemble. Claudia expliqua la triste histoire de la famille Auditore – tout en gardant pour elle les moment qu'elle estimait ne leur appartenir qu'à eux – à Rebecca, lui donnant ainsi la raison pour laquelle l'ainé des Auditore c'était fait appeler Grayson.

-La vache ! fit la motarde en baisant les yeux au sol, ne trouvant rien d'autre à dire. Quelle histoire !

La comptable lui accorda un maigre sourire. Elles n'étaient pas amies, mais elle avait bien l'impression que cette affaire leur avait permis de briser un peu plus la glace entre elles. Alors qu'elle ne s'y attendait pas, Rebecca eut un geste de compassion qui la fit sursauter.

-Je suis vraiment désolée pour vous trois que vous ayez endurez tout ça, fit la motarde en attrapant l'autre dans ses bras.

Se rendant compte que c'était très gênant, elle se ravisa tout de suite, troublée, et s'empressa de rajouter, comme une excuse bidon :

-Les hormones !

-Evidemment, répondit Claudia avec un petit sourire amusé.

Rebecca le lui rendit, puis un court silence s'abattit. Elles ne savaient pas trop de quoi parler toutes les deux. La femme enceinte se sentait un peu mal à l'aise face à l'autre jeune femme. Elle l'avait tellement repoussée et mal accueillie lorsqu'elle était arrivée, lui menant la vie dure. D'accord, elle était encore sous le choc de la mort de Shaun, mais était-ce une raison. A présent, maintenant qu'elle se rendait petit-à-petit compte que Claudia était une fille plutôt sympa et avec un bon fond, elle se sentait un peu coupable. Elle décida donc de profiter de cet instant pour lui présenter des excuses, mais elle n'en eut pas le temps, car Federico arriva le long du couloir avec un simple pansement sur le nez.

-Alors ? interrogea Claudia en se tournant vers lui.

-Comme je l'avais déjà dis, rien de grave. Ils ont juste stopper le saignement avec de l'alcool et on mot un sparadrap sur l'écorchure externe, expliqua calmement le jeune homme en haussant les épaules. On aurait pu faire ça chez moi.

-P'têtre bein, répondit sa sœur sur le même ton, imitant l'accent d'un campagnard du fin fond de l'Oregon.

Federico esquissa un sourire et lui frotta affectueusement la tête, se qui la fit légèrement grogner, mais elle ne protesta pas, malgré le fait qu'il vienne de la décoiffer. Il se tourna ensuite vers Rebecca en prenant un air un peu plus solennel.

-J'imagine que je vous dois des explications…

-C'est bon, répondit-elle en hochant doucement la tête, Claudia m'a déjà expliqué. Je suis désolé pour le comportement d'Ezio, j'aurais dû le retenir.

-Il n'y a pas de soucis, il a toujours été un peu excessif, rigola à moitié le psy. Et de toute manière, rien ne peut l'arrêter quand il est comme ça.

-Ca c'est bien vrai, pouffa aussi Claudia.

Tout en continuant de discutant de cet soirée, comme s'il s'agissait d'une simple anecdote, le trio sortit de l'hôpital. Les lumières de la ville s'étalait en contrebas de la butte. Comme le ciel était dégagé, on voyait jusqu'au pont de l'autoroute, qui marquait la limite entre les zones urbaine et industrielle.

Après un moment à échanger dans la bonne humeur, le taxi commandé par Rebecca arriva et elle les salua pour les quitter. Il était déjà tard et ils travaillaient tous le lendemain. Elle monta dans le véhicule, et fixa les deux autres à travers la fenêtre alors qu'il démarrait. Claudia aperçut alors dans le regard de la motarde quelque chose qu'elle n'aurait jamais imaginé. Elle tourna alors vivement la tête vers son frère, qui faisait encore un petit signe de la main à Rebecca avec un petit sourire timide. Elle en resta bouche-bée et l'observa dans une immobilité totale durant un instant. Lorsque son frère capta l'expression de son visage, il ressentit un terrible frisson en comprenant ce qui se passait dans sa tête.

-Nonnnnn…. fit la jeune femme, d'un ton amusé autant qu'abasourdi.

-Claudia, s'il te plait, soupira Federico en glissant ses mains dans ses poches avant de se diriger vers l'escalier qu'ils avaient précédemment emprunter pour venir.

-Nonnnn, persista sa sœur en le suivant avec un grand sourire, décidée à le taquiner.

-Claudia…

-Elle te plait ! fit-elle, sur le ton d'une question qui n'en était déjà plus une.

-Pas du tout ! protesta son ainé un peu trop vite et avec trop de vigueur pour être convainquant.

-Ho, aller, ça va, souffla l'autre en haussant les épaules, le suivant dans les marches au travers du petit bois. C'est pas comme si c'était un crime non plus !

-Fermes-la s'il te plait sœurette…

-T'as bien le droit d'être attiré par elle si t'en a envie, je reconnais qu'elle est pas mal canon, et assez ton genre de fille non ? (face au silence de son frère – qui dévalait les marches plus vite qu'elle – elle voulut le charrier un peu plus d'un ton moqueur). Allez, avoue…

-D'accord, elle me plait beaucoup ! craqua Federico en se tournant vivement vers elle.

-Bein voilà ! se moqua doucement sa sœur avec un grand sourire.

-Mais c'est une passion impossible !

- Je vois pas en quoi ?

-Claudia, soupira-t-il à la limite de l'exaspération en levant les yeux au ciel et soupirant, je suis son thérapeute…

-Et alors ?

-Je ne peux pas draguer une de mes patientes voyons !

-A cause de votre code de déontologie ?

-A cause de ça, et que si je tentais le coup, je ne pourrais alors plus lui être utile en temps que psy !

Il y eut un court silence durant lequel on entendit le hululement d'une chouette. Claudia fixa son frère, qui faisait la moue. Elle n'était pas entièrement d'accord avec son raisonnement, car pour elle qui n'avait de connaissances sur les lois médicale que ce qu'elle voyait dans les série (et elle savait que ce n'était pas la vraie vie) le problème était simple à résoudre. Il n'avait qu'à confier le dossier à un de ses collègues pour pouvoir la courtiser. Mais elle préféra se taire. Ils venaient de se retrouver, elle n'allait pas déjà déclencher une guerre ouverte en se montrant détestable. Pas comme d'habitude. Elle attendrait quelque temps avant de le lui suggérer, en attendant, il valait mieux s'en abstenir.

-Ok, fit-elle simplement en haussant les épaules.

Elle se remit en marche, dépassant son Federico dans l'escalier. Celui-ci la rattrapa rapidement et l'interrogea pour changer de sujet :

-Et pour Ezio, on fait quoi ?

-J'irais lui parler demain quand il sera calmé.

-Tu penses qu'il va me pardonner.

Elle tourna la tête vers lui et lui fit un demi sourire qui signifiait clairement qu'elle n'en avait aucune idée, mais qu'elle avait un doute. Ezio avait toujours été le plus borné de la fratrie. Il ne restait plus qu'à espérer qu'il reviennent vite à de meilleures grâces.

-Tu habites loin ? interrogea encore Federico alors qu'il arrivait à la place de jeu.

-De l'autre côté de la ville, répondit Claudia, soupirant intérieurement en rependant à son taudis.

Federico se pinça les lèvres et dévia le regard en hochant légèrement la tête. A la façon dont elle venait de répondre, il devinait qu'il y avait un hic dans la vie de sa sœur au niveau du logement.

-C'est assez loin et il est tard, tu veux rester dormir chez moi ? J'ai une chambre d'ami…

Claudia se stoppa net et se tourna vers lui, le considérant d'un air surpris.

-C'est gentil, mais non merci, répondit-elle après avoir toutefois hésiter un instant.

-Ou je peux te ramener en voiture…

-Federico, soupira Claudia en fermant les yeux, à la limite de l'exaspération. Tu en fais trop. On vient à peine de se retrouver après dix ans, alors ne te précipite pas.

Son frère tiqua un peu, baissant les yeux au sol. Cette réponse le décevait légèrement, mais en même temps, il comprenait le point de vu de sa sœur. Il s'était passé trop de temps, et trop de choses s'étaient passées pour qu'ils puissent simplement reprendre une vie normale et faire comme si les douze dernière années (et ces épreuves) n'avaient pas existé.

-Ok, fit-il simplement.

Claudia, voyant son air dépité, compris qu'elle avait peut-être été un peu brusque sur ce coup là, et tenta de se rattraper.

-On… essaie de se voir demain ?

Federico releva le visage et cligna plusieurs fois des yeux pour s'assurer qu'il ne rêvait pas. Non, il avait bien entendu, et un mince sourire étira ses traits.

-Avec plaisir.

Ils échangèrent leurs numéros de téléphone, et se séparèrent pour repartir chacun de leur côté. Ils se demandaient encore si ces retrouvailles étaient quelque chose de bon ou de mauvais. Sans doute le découvriraient-ils très vite.

Et voici donc la fin de ce chapitre.

Il marque la fin de la « très longue journée » du 4 septembre 2013, débutée dans le chapitre 12. D'où le tire : fin de soirée.

J'espère qu'il vous à plu !

(un p'tit commentaire est le bienvenu -)

Et donc, comme je le disais en début de chapitre, celui-ci est un peu plus court, mais c'est parce que les deux ou trois suivants seront bien plus longs. Ils ferons partie du season finale(pour parler comme nos amis américains), mettant ainsi fin à l Arc du Renouveau.

Ce final, je le posterai à la fin de ce mois de juillet, en une seule fois, les deux ou trois chapitre à la suite le même jours.

Je vous rappelle qu'il y aura une Foires aux Questions après la fin, comme pour le précédent Arc, et je vous invite donc encore une fois à me poser toutes les questions qui vous viennent à l'esprit, ainsi qu'à faire d'éventuelles suggestions. Elles seront traitée dans le FAQ

Merci d'avoir lu ce chapitre.

On se retrouve à la fin du mois !