Disclaimer : Tite Kubo, titre du chapitre musique "Friend [Lover]" de Evenings
Auteur : Crazyitachi-la-malade-de-Shaka~
Bon, j'ai pas lu Bleach depuis 2 ans, j'ai complètement décroché pour être honnête. Gare à l'ooc et à l'ambiance pas drôle, j'ai tendance à projeter mon univers là.
Si qquun s'insurge de l'ooc, qu'il me rappelle GENTIMENT les traits de caractères principaux, genre mini-cv, ça m'aiderait bien. Même si je veux le Ichi de la période 'je suis trop un badass avec mon méga bankai et mes cheveux longs émo avant que je bute Aizen', ce qui doit dater pas mal pour ceux qui lisent les scans...
J'aurais pu corriger plus mais bon, je pense que vous préférez avoir enfin la suite ^^
Luka
Chapitre 8
Friend [Lover]
C'était un matin comme un autre.
Ichigo s'était levé, douché et habillé pour aller en cours, comme à son habitude. Il avait pu profiter des croissants que Chad avait rapportés en revenant de son travail très matinal de livreur de journaux. Les deux amis vivaient ensemble depuis un moment maintenant.
Cela faisait déjà quelques mois qu'ils fonctionnaient ainsi.
Le jeune homme aux cheveux orange faisait défiler l'actualité sur son appli smartphone tout en rejoignant l'arrêt de bus, comme à son habitude, mais cette fois-ci, une chose lui fit réaliser le temps qui s'était écoulé depuis qu'il avait quitté la maison de son père.
Il n'y avait pas eu de disputes mais c'était juste qu'il avait besoin d'air. Commençait-il à prendre son essor ? Sans doute. Il devenait adulte après tout et quitter le manoir s'était imposé comme une bonne idée.
Surtout que le comportement de Grimmjow le laissait parfois si perplexe qu'il sentait qu'il avait besoin de s'écarter pour retrouver un semblant d'objectivité sur sa situation. Le garde du corps se comportait comme un frère mais il y avait aussi autre chose dans ses réactions qui n'était pas entièrement fraternel. Relation parentale ? Ichigo n'en savait rien et préférait s'écarter.
Il se savait être quelqu'un d'instinct et trop réfléchir sur ses actes ne lui réussissait que rarement. En quittant la maison, le jeune homme avait évolué en quelqu'un de beaucoup plus posé maintenant, qui essayait de se faire une vraie place et pas une préparée par son père ou son garde du corps/ami/frère, il ne savait plus lequel était le plus d'actualité.
Il se souvenait encore du jour où Grimmjow avait refusé de laisser Ichigo partir vivre chez son ami Chad sans l'avoir éprouvé lors d'un combat. Ichigo avait failli s'étrangler. Dans quel monde vivait l'Espada pour proposer un truc pareil ? Pourquoi pas un duel au sabre aussi ? Il avait quand même fallu que le géant placide parvienne à repousser les assauts du garde du corps pour qu'il accepte avec une mauvaise volonté très visible de laisser de l'espace à son protégé.
Et si Ichigo n'avait pas suivi l'exemple d'Aizen ce jour-là, en restant maître de lui-même, il aurait sans doute été le premier à casser la gueule de Grimmjow. Il était furieux que Grimmjow le considère à ce point infantile, qu'il ne lui fasse pas plus confiance pour être prudent. La surprotection dirigée vers lui était bien la bête noire du jeune homme qui ne s'était pas privé de montrer sa colère en partant sans un mot pour le garde du corps.
Cependant il obtint tout de même ce qu'il avait désiré : la liberté.
Les premiers mois avaient été un peu maladroits et les deux amis se retrouvaient parfois dans des situations gênantes. Chad avait honte de n'avoir qu'un studio ridicule à offrir à son ami qui avait connu la plus opulente richesse et Ichigo craignait que cela ne perturbe leur rapport. Ce qui arrivait.
Donc oui, ils avaient mis un moment à s'installer dans une nouvelle routine mais finalement, ils y prenaient plaisir et Ichigo se sentait s'émanciper de jour en jour. Alors oui, cela passait par moins d'interactions avec Grimmjow et son père et c'était dommage mais le garde du corps l'avait cherché.
Cependant rancunier n'était pas un adjectif pour décrire Ichigo qui appelait quand même de temps à autre Grimmjow pour l'assurer qu'il allait bien. Il prolongeait rarement les conversations, histoire quand même que le message passe dans l'oreille du fauve. Il n'était pas une demoiselle en détresse mais un jeune homme parfaitement apte à se défendre, doué en arts martiaux et combats de rue.
Le jeune homme avait globalement plus de plaisir à appeler et rencontrer son père régulièrement.
Sôsuke avait pris le départ de son fils avec sagesse, ce qui n'étonnait pas Ichigo. Son père avait commencé à le traiter en adulte dès lors qu'il avait manifesté son désir de quitter le manoir et Ichigo lui en serait toujours reconnaissant. Lors de leur déjeuner, ils parlaient de sujets mondains, parfois des études d'Ichigo qui hésitait parfois à continuer le commerce comme son père ou la médecine. A chaque fois Sôsuke disait que l'un ou l'autre ferait sa fierté.
Oui, à la réflexion, Ichigo venait de passer les six mois les plus enrichissants de sa vie de jeune adulte.
« Tu vas rater l'arrêt, crétin ! »
Ichigo sursauta et avisa Tatsuki qui descendait du bus tandis qu'il demeurait perdu dans ses pensées. Il se redressa en sursaut et rejoignit son amie sur le trottoir. Ils papotèrent tranquillement en attendant Inoue qui prenait une autre ligne.
Ichigo et elle était demeurés bons amis et le jeune homme avait compris ce qu'elle avait voulu dire lors de leur rupture. Il ne l'avait pas aimée comme il aurait pu ou dû et la preuve était que peu de choses avaient changés entre eux après la séparation…
« Chad travaille toujours autant ? s'enquit Tatsuki après un silence trop long.
-Oui, je m'inquiète pour lui. Mais au moins je peux lui alléger la tâche en faisant la lessive et tout ça.
-Ton père lui offrait pas le loyer… ?
-Oui mais Chad veut rembourser, c'est normal, sourit Ichigo. Je préfère le voir travailler pour rester honnête et ne pas s'endetter, même si c'est mon père, plutôt que se ronger à se dire qu'il me doit quelque chose parce qu'il doit à mon père, bref. »
La jeune fille acquiesça. Elle n'était pas certaine des rapports qu'entretenaient Ichigo et Chad. Elle trouvait, depuis quelques temps, qu'ils étaient bien plus proches. Mais l'amitié entre mecs la dépassait un peu alors elle attendait d'être certaine avant de dire quoique ce soit.
Les journées glissaient toujours sans le moindre danger et Ichigo savait que c'était grâce à Grimmjow qui continuait de le veiller. Il avait fini par s'habituer à ce sentiment d'être observé mais au moins, les hommes de Grimmjow ne le protégeaient que des hommes dangereux, ceux armés, ceux qui attaquent à cause du nom Aizen. Ichigo avait le monopole des petites frappes de la rue et ces bagarres-là lui permettaient de s'affirmer sur un terrain où Grimmjow ne cessait de le rabaisser en pensant le protéger.
Quand l'héritier Aizen rentra ce soir-là il était relativement tôt. Il en profita pour nettoyer l'appartement, il savait que Chad était attaché à la propreté. Il avait même eu le temps de descendre à la laverie avant que son ami ne rentre de son énième petit boulot.
« Salut ! lança-t-il enjoué. Tu as l'air crevé… »
Ichigo quitta la télévision des yeux et se leva pour saluer son ami d'un baiser sur les lèvres. Le géant répondit tout en posant une de ses grandes mains sur la joue d'Ichigo. Ils se séparèrent vite, Sado laissa ensuite tomber son sac et enleva mollement ses chaussures avant d'entrer plus dans l'appartement.
« Je crois que je vais arrêter un de mes jobs. »
Le fils Aizen pensa que c'était parfait, que son petit ami travaillait trop alors que son père ne lui avait pas donné de deadline pour le remboursement. Et négliger ses études pour récolter l'argent nécessaire était une erreur. Mais il préféra garder ça pour lui, sachant l'importance que Chad attachait à son autonomie.
« Tu pourras au moins reprendre les cours ? »
Chad secoua la tête et s'assit sur le lit, rejoint vite par Ichigo. Ils étaient proches l'un de l'autre de cette intimité de couple qui se passait de grandes effusions d'affection. Ce n'était du reste pas dans leur caractère de se câliner tout le temps, non merci.
Mais le jeune héritier sentait ce soir-là toute la fatigue dans les épaules du géant et, avec son sourire si particulier, il l'invita à se reposer sur lui. Pendant de longues minutes, Chad parla de ce qui lui pesait sur le cœur, du décès de son grand-père surtout. Ichigo écouta silencieusement.
Quand lui avait été triste, quand il s'était retrouvé loin de son manoir et perdu, ne voulant plus croire Grimmjow et ne voulant plus compter sur son père si parfait, Sado avait été là avec toute sa bienveillance, son aura apaisante. Il pouvait bien faire de même.
Il y avait quelque chose qui tenait de la tendresse dans ce couple-là. Comme un ours qui se laisserait choyer par une hirondelle.
Ce soir-là, ils se couchèrent silencieusement.
xOxOx
« Tu sors avec lui, hein ? »
Ichigo leva un sourcil, interrogateur. Le portrait craché d'Aizen. Il posa sa canette de soda et intima à Tatsuki de continuer.
« Avec Sado, vous sortez ensemble ? »
Ce n'était presque pas une question, le jeune homme le sentait à l'intonation. Ils étaient tous les deux dans un parc à déjeuner. Inoue suivait un autre cours et elle avait repris plus tôt.
« Oui.
-Tu as hésité. Et si y'a bien un truc que je sais, c'est qu'Ichigo n'hésite pas. »
Le jeune homme esquissa un sourire et se gratta l'arrière de la tête, gêné. Tatsuki ne se laissa pas abuser par cette mascarade. Elle voyait qu'Ichigo était sombre, trop calme, même pour lui. Ichigo était vif, c'était un jeune homme au caractère bien trempé. Même si elle voyait dans ses yeux parfois une douleur qu'elle avait peine à soutenir.
« Tu es incroyable, Tats'.
-Depuis quand ?
-Cinq mois. »
Elle eut un tic de la langue et secoua la tête.
« Tu vas droit dans le mur. »
Tatsuki et son honnêteté.
« Je sais. »
xOxOx
« On va faire les courses ? »
Ichigo avait déjà enfilé sa veste en cuir et attendait que Chad se prépare. Le mexicain avait déjà son argent en poche et il passa un bras autour des épaules de son petit ami, le prenant contre lui. Ichigo aimait bien ce sentiment de protection quand le géant l'enlaçait. Et contrairement à d'autres, il n'en abusait jamais.
Ils rejoignirent le grand supermarché du quartier, armés de leurs sacs. Ils savaient déjà quoi acheter et évitaient souvent les écarts. Même quand Ichigo payait. Il n'aimait pas étaler sa richesse et encore moins devant Chad. Pour compenser il lui offrait des petits cadeaux de temps en temps, une montre, un nouveau portefeuille… une machine à café aussi.
« Tu vas prendre le pain pendant que je fais la queue à la boucherie ? lança Ichigo en scannant leur liste de course d'un coup d'œil.
-Tout de suite. »
Ils avaient leur routine bien à eux que certains auraient pu qualifier d'ennuyeuse. Mais l'un comme l'autre ne rêvait que d'une vie normale ou d'une vie moins dure, ils se complétaient.
« Monsieur Ichigo ! »
Le jeune homme sursauta avant que son visage ne se fende d'un immense sourire.
« Momo ! »
Il franchit à grands pas la distance qui le séparait de la domestique du manoir familial pour aller la serrer dans ses bras.
« Mon Dieu, ce que tu as grandi ! s'émerveilla-t-elle. Monsieur Aizen serait si ravi de voir quel bel homme tu deviens !
-Je l'ai vu il y a un mois et il l'était oui, répondit Ichigo sincèrement gêné.
-Et tu lui ressembles de plus en plus ! ajouta-t-elle avec un clin d'œil malicieux. Tu as la même allure ! Dis-moi, que deviens-tu depuis tout ce temps ? »
Chad choisit son moment pour revenir. Il fut présenté en tant que petit ami et la domestique les félicita chaudement. Visiblement, le fait d'emménager ensemble signifiait un futur mariage pour elle. Ichigo ni Sado ne la contredirent même s'ils furent clairement mal à l'aise à partir de ce moment.
Ils demeurèrent un moment tous les trois à faire leur course jusqu'après le passage en caisse, sur les parkings. Hinamori proposait de les raccompagner en voiture chez eux. Ils chargèrent les paquets pour elle tout en l'écoutant parler inlassablement du manoir et de Monsieur Aizen ceci, Monsieur Aizen cela. Ichigo avait fini par l'imiter gentiment quand elle ne voyait pas pour faire rire son petit ami. Parce que si Momo avait bien un défaut, c'était sa vénération sans bornes pour son Aizen. Ichigo partit ensuite ranger le chariot quand une femme l'interpela.
« Je peux vous aider ? s'enquit-il poliment. »
La femme en question, peau brune et longs cheveux violet aux grands yeux de fauve, ne répondit pas de suite, absorbée dans ses pensées.
« Madame ?
-Pardon, je vous ai confondu avec quelqu'un d'autre. Bonne journée ! »
Ichigo hocha la tête et rangea le chariot avant de rejoindre la voiture. Une fois assis à l'arrière, avec Chad, il laissa sa tête reposer sur son épaule et sourit de contentement. Même si au fond de lui, il sentait qu'il manquait quelque chose.
xOxOx
« Tu te comportes comme avec Inoue. »
Ichigo avala une gorgée de son soda et secoua la tête, prêt à dénier.
« Ah vraiment ? Vous en êtes où physiquement parlant ? »
Le jeune homme fronça un peu plus les sourcils.
« Je vais pas coucher avec n'importe qui enfin, Tats'…
-N'importe qui ? répéta Tatsuki. Ichi ! On parle de Chad. Une relation avec lui c'est presque pour la vie. Il ne s'engagera pas pour un coup d'un soir ou deux mois. Ça fait cinq mois et tu ne lui fais pas confiance pour ne pas te trahir ? Ou tu l'aimes pas ? »
Ichigo baissa les yeux.
Ils n'avaient pas rien fait tous les deux. Ils n'avaient juste pas été jusqu'au bout parce qu'il… parce qu'il revoyait toujours son beau-père quand les choses devenaient trop intimes. Mais Tatsuki n'avait pas tort sur la confiance.
« Je dis pas que c'est vraiment pareil qu'avec Inoue…
-Je vois ce que tu veux dire, coupa un peu trop sèchement Ichigo. Je sais. »
La jeune fille eut un regard profondément triste. Elle n'aimait pas faire l'avocat du diable mais voir son ami passer par une seconde rupture alors qu'il était le gentleman parfait lui faisait de la peine d'avance.
« Je sais pas ce qui cloche chez moi, murmura Ichigo avant de finir sa canette. »
Je suis incapable de m'attacher, pensa-t-il.
« En tous cas… ça ne date pas d'hier. » murmura Tatsuki.
Et elle ne savait pas combien elle avait raison.
xOxOx
Ils sont tous les deux allongés dans leur lit. Il est un peu étroit mais ils s'en fichent, ça les oblige à se tenir plus proche. Cette fois-ci c'est Chad qui repose sa tête contre le torse d'Ichigo. Leur relation marche dans les deux sens, c'est quelque chose de positif. Car Ichigo ne se sent pas oppressé comme chez lui où Grimmjow ne lui laissait jamais le droit d'avoir des responsabilités. Là, Chad se repose sur lui malgré son apparente force, et cela le gonfle de joie et d'un certain orgueil, il faut l'avouer.
Mais parfois c'est l'inverse et Ichigo est plus que content de trouver le grand corps du géant pour le protéger de l'extérieur.
Oui, c'est peut-être ça qui cloche. Tous les deux, ils se détournent de l'extérieur. Ils vivent dans leur bulle, se gardant mutuellement. Ce n'était pas sain comme relation, non ?
Il n'avait aucune idée de ce qu'était une relation saine. Il n'avait eu que de mauvais modèles ou ceux donnés à la télé, quelles références ! Il pouvait imaginer mais qu'est-ce que ça changerait ? Tatsuki avait raison, ça ne datait pas d'hier et ça se résumait en une phrase.
Incapable d'éprouver quoique ce soit.
Pourtant il aurait été prêt à tout pour n'importe lequel de ses amis, mourir y compris. Il aurait… que n'aurait-il pas fait ?
Après un long moment, Sado se réveilla et se dégagea de l'étreinte de son petit ami. Il le regarda un long moment en caressant son visage. Les rondeurs de l'enfance disparaissaient pour de bon. Avec ses sourcils constamment froncés, cela lui donnait un air parfois un peu austère. Ichigo finit par sourire et c'est tout ce dont son compagnon avait besoin avant de l'embrasser.
Tendrement, lentement. C'était toujours ainsi que ça commençait pour eux. Après seulement, la température montait et ils commençaient à réellement s'amuser. A savoir qui dirigerait le baiser, qui aurait quelle place. Ils prenaient les choses assez aux sérieux quand ils y réfléchissaient et c'était peut-être ce qui pesait sur les épaules d'Ichigo.
Une caresse, une étreinte. Un nouveau baiser.
Sans avoir besoin d'y réfléchir, Ichigo savait déjà que cette relation avec son ami lui en aurait appris beaucoup.
Entre autre qu'une vie calme n'était pas pour lui, malgré toute la gentillesse que lui offrait Chad.
xOxOx
« Tu veux savoir quoi, Tats' ?
-Dis.
-Je l'ai quitté. »
Ichigo soupira et laissa son regard se perdre dans le ciel. Il avait déjà beaucoup pleuré et il était soulagé qu'aucunes larmes supplémentaires ne viennent brûler ses yeux.
« Il l'a pris comment ?
-Il m'a dit que c'était mieux ainsi. Qu'il ne m'en voulait pas. »
Tatsuki secoua la tête.
« Il devrait m'en vouloir, Tats'. Après huit mois ensemble… Je voudrais qu'il m'en veuille. »
Elle lui lança un regard attristé.
« Tu vas retourner chez ton père ?
-Je n'en ai pas vraiment envie.
-Tu sais ce que tu veux ? »
Elle savait que sa question ferait mal, mais il fallait bien quelqu'un pour la poser.
« Je vais d'abord aller courir. »
Elle sourit, c'était une bonne idée. Après un long silence, il ajouta dans un souffle :
« J'suis cassé, Tats'. Et pour le moment j'arrive qu'à me rafistoler. »
Elle ne trouva une réponse que lorsqu'il fut parti.
« Parce que pour te réparer, tu as besoin de quelqu'un. »
xOxOx
Courir.
S'exténuer, s'occuper l'esprit, réfléchir, oublier, y revenir.
Courir.
Ichigo aimait ça. Le sport. C'était quelque chose qu'il maîtrisait et qui ne lui opposait pas la moindre résistance. Au contraire. Il n'avait jamais vécu quelque chose d'aussi relaxant. Ses pensées dérivèrent vers les petits moments seul avec Chad mais il se concentra sur autre chose.
Il avait déjà débarrassé ses affaires de chez son ex (c'était tellement étrange de dire ça), principalement dans l'espoir de ne pas blesser Chad plus qu'il ne devait déjà l'être. Ensuite, l'héritier Aizen avait déposé le tout aux pieds d'un des gardes du corps qui ne le lâchait jamais. Il s'était félicité de cette petite revanche et, vêtu de son jogging et d'un t-shirt, il avait branché ses écouteurs et était parti courir.
Sans réfléchir à plus.
Et quand, trois heures plus tard, il réalisa qu'il faisait nuit et qu'il était au beau milieu d'un parc, il fut pris d'un fou rire. Comment l'expliquer ? Il se sentait libéré. Il réalisait enfin qu'en quittant son père et Grimmjow pour aller chez son ami, il avait commis une erreur. Parce qu'au final, il ne pouvait nier que malgré son affabilité, malgré son bon caractère et sa propension à aider et protéger, il était quelqu'un de solitaire.
Et en le laissant seul faire son chemin sans venir une seule fois ou sans réclamer une seule fois la moindre entrevue, Grimmjow avait été le seul à le comprendre.
Le jeune homme, une fois calmé, s'assit sur un banc et rejeta la tête en arrière. Soudain silencieux, il laissa la brise chaude annonçant l'arrivée de l'été passer dans ses cheveux. Il ferma les yeux, un léger sourire aux lèvres.
Il avait aimé Chad d'une autre manière que pour Inoue. Il l'avait désiré aussi. Mais il réalisait seulement maintenant qu'un caractère comme celui de son ami ne pouvait pas l'aider lui. Une relation comme celle-là, qui appelait toujours le côté protecteur de l'autre, même à tour de rôle, ce n'était pas sain, non.
Il inspira un grand coup. Qu'est-ce qu'il se sentait léger, putain.
Il redressa la tête et laissa son regard vagabonder dans la ramure verte des arbres. Eclairés seulement d'un lampadaire, ils prenaient des couleurs étranges et il avait la curieuse sensation d'être dans un rêve. Ce n'était pas désagréable.
Ce soir-là, il alla dormir à l'hôtel et décida que pendant quelques temps du moins, il y resterait.
Et chaque jour, après les cours, il retournait courir. A chaque pas il avait l'impression qu'il reconstruisait quelque chose et il se disait qu'à un moment, tout irait mieux. Il parlait à Chad curieusement sans se sentir trop coupable et ce dernier ne semblait pas lui en vouloir. Il proposait quand même de l'aider pour les lessives par exemple ou pour l'entretien de l'appartement mais le géant déclinait. C'était compréhensible.
Tatsuki elle-même s'étonna, un midi, de le voir sourire.
« Ma relation avec Chad n'était pas une erreur, lui déclara-t-il finalement un jour. Je pense au contraire que j'en ai appris beaucoup sur moi et sur mes besoins.
-Ah oui ?
-D'abord, je suis définitivement gay. »
Elle haussa un sourcil, clairement étonnée. Pas parce qu'Ichigo était gay, mais plutôt pour l'honnêteté dont il avait fait preuve. Il était rarement aussi direct.
« Yep ! lança-t-il presque joyeux. J'aime définitivement les hommes.
-Mais… ?
-Je crois que j'ai besoin d'un bon coup de pied au cul de temps en temps ! »
Tatsuki éclata d'un grand rire.
« Exactement, mec ! T'es putain de borné et carrément émo quand tu t'y mets ! »
Ichigo darda un regard amusé vers elle et hocha la tête.
« Je pense que je vais bientôt retourner au manoir.
-Ton père et Grimm seront heureux de te revoir. »
Ce soir-là, quand il parvint au parc où il faisait habituellement sa pause dans son marathon, Ichigo attrapa son téléphone. Il composa vite le numéro qu'il connaissait par cœur et ne s'étonna même pas qu'on décroche après la seconde tonalité.
« Berry ?! C'est bien toi ? P'tain comment tu vas ?! »
Ichigo s'amusa de la réaction de Grimmjow.
« Bonsoir à toi aussi, Grimm. Oui c'est bien moi et oui j'vais bien. »
Il entendit le grognement à l'autre bout du fil. Le fauve serait-il vexé ?
« Ouais bon… Tu reviens quand ?
-Tu viens me chercher au parc ?
-Maintenant ? »
On sentait à peine l'excitation et la joie.
« Oui, Grimm. Je rentre ce soir.
-J'arrive, Berry ! »
Ichigo raccrocha ensuite, amusé comme pas deux. Il avait oublié à quel point Grimmjow avait un caractère entier. Du genre à ne cacher ni ses colères ni ses joies. C'était vivifiant.
Le temps passa vite jusqu'à l'arrivée du garde du corps, surtout avec les autres qui l'observaient dans les buissons en croyant qu'il n'avait rien remarqué. Ichigo se leva lorsqu'il aperçut les cheveux bleu électrique familiers. En avisant l'homme il se sentit comme s'il était à la maison. Tout en Grimmjow évoquait de bons souvenirs et l'espace d'un instant, il avait oublié pourquoi il avait demandé à ce qu'on le laisse respirer.
Grimmjow était l'archétype même de la confiance en soi, de sa démarche à son air supérieur. Ichigo eut un sourire amusé en voyant néanmoins que l'homme courait presque, comme un enfant à qui on annoncerait qu'on va lui offrir le jouet de ses rêves.
« Grimm ! »
Ichigo allait vers lui pour l'embrasser mais il se contenta de rire, étouffé par l'étreinte surprise du plus âgé.
« P'tain tu m'avais trop manqué, Berry. »
Après l'avoir empêché de respirer un moment, Grimmjow finit par s'écarter et avisa son protégé.
« Ouah, t'as bien grandi… Et t'es carrément beau gosse. »
Ichigo haussa un sourcil, la même mimique que son père, encore.
« Je ne l'étais pas avant ?
-Nan, rétorqua Grimmjow moqueur, t'étais un bébé tout mignon, ou un gosse trop choupi. »
Le ton odieusement narquois fit éclater de rire Ichigo.
« Et comment va Chad ? s'enquit le garde du corps, tu n'es pas avec lui ? »
Le jeune homme secoua la tête et enjoignit son interlocuteur à s'asseoir avec lui. Grimmjow alluma une cigarette.
« Tu fumes maintenant ? »
Le plus âgé acquiesça nonchalamment.
« Me dis pas d'arrêter, Berry, y'a d'jà Aizen pour me saouler. »
Ichigo eut l'image de son père réprimandant son garde du corps. Crédibilité, zéro.
« Je ne suis plus avec Chad, lança Ichigo avec un ton plus soulagé qu'attristé. Ça ne marchait pas vraiment.
-Oh ? »
Grimmjow faisait beaucoup d'efforts pour ne pas avoir l'air intéressé et garder sa nonchalance caractéristique, mais intérieurement, il sentait la bête gronder de joie. Après huit mois loin d'Ichigo, il avait eu le temps pour les introspections et le verdict était tombé. Amoureux. Une honte quand on s'appelait Jaggerjack mais il était plutôt ravi que ça tombe sur Ichigo. Même si légalement parlant c'était pas le plus pratique.
Bref, ascenseurs émotifs pendant huit mois pour le garde du corps.
« Tu crois que Papa aura du temps ?
-Du temps à quoi ? demanda Grimmjow étonné. A te consacrer ?
-Oui.
-Bien sûr que oui. T'as l'air de surchauffer de l'intérieur, t'as b'soin du 'papa psy' c'est ça ? »
Le jeune homme acquiesça.
« C'est délicat d'en parler parce que personne ne sait vraiment par quoi je suis passé, Grimm. »
Grimmjow était soudain plus attentif, sachant qu'Ichigo ne parlait presque jamais d'avant son arrivée au manoir.
« J'ai… du mal à détacher mes souvenirs du présent, expliqua Ichigo d'une voix blanche. Je mélange les deux. »
Manière subtile de dire que quand je suis avec quelqu'un et qu'on passe le stade physique, je revois mon beau-père qui me viole quand j'avais six ans ? Grimmjow se retint d'exploser la tête du salaud. Surtout que ça aurait été compliqué.
« Berry… pour ça, Aizen trouvera toujours du temps. »
Ichigo eut un petit sourire.
« C'est pour ça que ça n'a pas pu marcher et que ça ne marchera jamais avec qui que ce soit. Pas tant que je ne serai pas complètement guéri.
-Tu vas t'en sortir, Berry, t'es bien plus fort que tes souvenirs.
-Oui, répondit-il avec un hochement de tête. En attendant, je pense que j'arrêterai les frais niveau relations sentimentales…
-Sage décision. »
Et ce n'était pas la jalousie qui parlait, Grimmjow pouvait l'assurer en toute mauvaise foi.
Après un moment où ils parlèrent de tout et de rien, évoquant des souvenirs amusants ou se taquinant simplement, ils quittèrent enfin le parc pour rejoindre la voiture de Grimmjow et rentrer. Dans les buissons, là où Ichigo croyait avoir déniché un des gardes du corps pas vraiment discret, se trouvait une femme aux yeux de fauve et à la peau d'une panthère noire.
Et elle se demandait furieusement pourquoi Ichigo parlait d'Aizen comme son père.
xOxOx
Ichigo eut besoin d'un instant une fois face au manoir. Il était juste habillé de son jogging, c'était comme s'il rentrait après une petite course. Une course qui avait duré huit mois. C'était étrange comme sensation.
Rentrer à la maison.
Il était à la fois impatient et nerveux. Sans raison apparente puisqu'il avait vu son père régulièrement pendant ces huit mois. Il était nerveux à l'idée de replonger dans le monde des affaires de son père, ces histoires d'héritier et d'Espada. Il était aussi pressé de pouvoir s'affirmer en tant qu'homme auprès d'Aizen.
« Y'avait réunion de l'Espada ce soir, par contre. S'tu veux les éviter, c'est…
-Non, coupa Ichigo avec une résolution qui ébranla Grimmjow. Je vais passer par l'entrée principale. Je suis chez moi après tout, non ? »
Le garde du corps acquiesça, impressionné malgré lui par le charisme qui émanait d'Ichigo. Même en survêtement, transpirant encore de son marathon, il se dégageait de lui une force tranquille aussi imposante qu'Aizen mais bien plus bienveillante.
« Quand tu veux, Berry. »
Le Retour du Roi, comme Grimmjow s'amusa à surnommer cette soirée, fut, pour chacun parmi les plus mémorables du manoir.
Pour Grimmjow d'abord qui fut le plus heureux des hommes en voyant Nnoitra ou Syazel le lèche-cul se faire rembarrer par un Ichigo d'une telle prestance qu'Aizen aurait pu pleurer de joie. Pour certains membres de l'Espada, plus adultes, ce fut le soir où ils comprirent que l'avenir de l'Empire d'Aizen serait résolument entre de bonnes mains si le jeune homme acceptait la suite. Pour Aizen ce fut le soir où il eut pour la première fois le sentiment sincère d'avoir accompli quelque chose de bien en élevant cet enfant comme son fils.
Mais autant de pompe ne put durer trop longtemps et le charme fut presque rompu quand Ichigo rejoignit son père et l'enlaça avec un « Papa » vraiment trop choupi chou. Du moins c'était ainsi que Gin se rappellerait de la scène.
xOxOx
« Tu reviens définitivement, Ichigo ? »
Le père et le fils étaient tous les deux dans le bureau. Sôsuke rangeait les papiers relatifs à la réunion qui venait d'avoir lieu dans son coffre. Ichigo s'était installé sur un fauteuil, douché et habillé d'un bas de pyjama et d'un t-shirt.
« Oui, je pense que j'ai assez réfléchi et je me sens plus prêt. »
Aizen haussa un sourcil et vint s'asseoir sur un autre fauteuil, mais pas derrière son bureau pour ne pas instaurer une distance d'ordre professionnel.
« Prêt à quoi ?
-A accepter que je ne suis pas comme les autres d'abord, répondit-il avec moins de gravité que son père ne l'aurait cru. Je suis le fils de Sôsuke Aizen, pas n'importe qui. Je commence seulement à l'admettre. »
Le sourire du jeune homme réchauffa le cœur d'Aizen.
« Je suis content si tu le prends bien. Mais sois sûr que si tu ne souhaites pas suivre ma voie je ne veux pas que tu…
-A ce sujet, j'ai décidé. J'ai toujours rêvé d'avoir un passé, des racines ou des souvenirs auxquels me raccrocher. Des choses positives j'entends, expliqua Ichigo. Et renier ce que tu me lègues serait… pas vraiment cohérent. »
Le père attendait patiemment qu'Ichigo finisse de s'exprimer avant de renchérir.
« J'ai donc décidé que je suivrai mes études pour prendre ta suite. Je ne ferai sûrement pas les choses comme toi, mais je veux perpétuer notre nom comme ton œuvre. »
Tant de solennité eurent presque raison d'Aizen qui afficha d'abord un air étonné avant un sourire serein et fier.
« Quoique tu fasses, Ichigo, je serai comblé. »
Le visage jusqu'alors résolu du jeune homme se fendit d'un air conquérant mais plus relaxé.
« Ces huit mois m'ont vraiment été utiles.
-Qu'est-ce qui t'a décidé à revenir ?
-J'ai quitté Chad et je pense que je suis arrivé à un nouveau carrefour, je crois. »
Le plus âgé prit un air sérieux, concerné.
« Tu as quitté Yasutora ?
-Oui, j'ai réalisé beaucoup de choses et je crois que je suis perdu. C'est aussi pour ça que je suis revenu. Pour te parler. »
Sôsuke acquiesça.
« Peut-être pas ce soir cependant, non ?
-Bien sûr que non, Papa, lança Ichigo avec un sourire forcé. Il est tard maintenant et… »
Le père remarqua instantanément la tactique d'Ichigo. Il mourait d'envie de parler et pourtant, préférait encore une fois ne rien dire pour ne pas déranger, comme dans son enfance.
« Tu me laisses m'habiller plus confortablement et tu me rejoins dans ma chambre ? Nous serons plus à l'aise pour parler. »
Ichigo eut un air soulagé.
« Merci, Papa.
-C'est normal. »
xOxOx
Quelques jours plus tard, la vie avait repris un cours rassurant chez Aizen. Ichigo avait des « sessions » régulières avec son père qui l'aidait à combattre toujours les mêmes démons.
Il avait aussi toujours autant de problèmes avec des petites frappes qui venaient le provoquer. Certains jours il était réellement fatigué de devoir toujours se défendre ainsi, juste à cause de ses cheveux. C'était ces jours-là où Sado et Tatsuki venaient à la rescousse. Et Ichigo ne cachait pas le soulagement qu'il éprouvait à chaque fois qu'il les voyait.
Le reste du temps, en dehors des cours, Ichigo étudiait un peu plus. Il se posait à la bibliothèque et y passait une bonne partie de sa soirée.
Il voulait prouver à son père qu'il n'avait pas sorti des paroles en l'air quand il avait dit à son père qu'il voulait lui succéder. L'économie, la bourse, l'histoire et même la diplomatie ou la géopolitique, tout y passait. Il étudiait avec son niveau bien entendu, histoire de ne pas se dégoûter inutilement, mais il se préparait dans l'espoir d'intégrer prochainement les grandes écoles.
Cependant la succession passait également par la connaissance du passé d'Aizen. Et pour le coup, il avait de quoi lire.
Avec les outils dont il disposait, il avait découvert rapidement que Aizen Senior avait été très loin d'un homme modèle. Il était clair qu'il avait été un parrain ou à défaut, un contact dans le commerce et les trafics souterrains. En creusant, Ichigo avait découvert plusieurs coupures de presse qui montrait la victoire de la police sur des affaires sordides où surgissait parfois le nom d'Aizen.
Il se souvenait encore de l'air étonné du bibliothécaire quand il avait demandé, faute de l'avoir trouvé seul, les ouvrages mentionnant l'Empire financier Aizen. L'homme avait été abasourdi avant de montrer les rayons finances et politiques et d'en sortir quelques ouvrages qui furent fort instructifs.
Les affaires sombres, parfois sentant carrément le rance, le troublèrent mais ne l'ébranlèrent pas. Il avait fini par se douter de quelque chose. Le caractère de son père, la présence d'homme du calibre de Nnoitra, clairement délinquant, et une aussi grande fortune. Ce qui le rassurait était plutôt la tournure que prenait l'entreprise familiale après la mort du père de Sôsuke.
Il y avait peu de détail dans la presse mais le nom était moins souvent mentionné. Comme si son père avait décidé de se ranger ou de se cacher des yeux du monde.
Ichigo prenait soigneusement des notes sur son ordinateur portable. Il n'était pas paranoïaque mais la prudence maladive de Grimmjow l'avait sensibilisé plus qu'il ne voulait bien le croire, ce qui expliquait pourquoi il prit le soin de crypter les documents qu'il rédigeait.
Il préférait amplement lire ce qu'on disait de sa famille actuellement. Son père s'impliquait dans des œuvres humanitaires, en particulier pour améliorer la prise en charge des orphelins en famille d'accueil. Ichigo crut un instant qu'il allait avoir les larmes aux yeux. Peu de gens comprenaient son père, certains journalistes, se croyant plus intelligents parce que blessants, disaient qu'il se créait une couverture pour masquer ses magouilles.
Mais Ichigo pouvait se targuer d'en savoir plus.
Sôsuke se serait fait passer pour le plus impitoyable des monstres pour se protéger. Mais en réalité, c'était son incapacité à gérer des émotions qui le rendait aussi froid et aussi distant. Son intelligence et son charisme l'avait propulsé au rang de personne « au-dessus de la moyenne » et que faire de toutes ces qualités une fois en haut du panier, lorsqu'on est seul ?
Ichigo eut un coup au cœur en pensant à son père ainsi. Même Grimmjow ne le voyait principalement que comme un être mécanique et manipulateur ! Et les autres qui le raillaient parce qu'il essayait de diriger l'entreprise vers des activités plus humanitaires…
Le jeune homme prépara une série de questions à poser plus tard à son père en se demandant si le fait d'avoir été abandonné par la femme qu'il aimait était aussi une des raisons pour laquelle il était si solitaire.
Il rangea ses affaires, reposa les livres et passa son sac sur l'épaule. Il s'apprêtait déjà à faire de mauvaises rencontres. Le chemin entre le manoir et la bibliothèque passait dans une zone moins bien fréquentée.
A peine avait-il quitté le quartier de la bibliothèque qu'on l'interpelait. Il soupira, un sourire amusé aux lèvres.
« Bon les mecs, on commence vite ? lança-t-il goguenard. Je voudrais pas rater le dîner. »
Et à chaque coups de poing esquivés, à chaque réplique bien sentie, Ichigo savait qu'il n'avait besoin de personne pour se défendre maintenant. Au contraire, il s'amusait presque.
Il rentra chez lui sans une égratignure et s'assit à table pour le dîner comme si de rien n'était.
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La femme cachée dans les buissons du parc marchait d'un pas déterminé vers le centre-ville. Depuis ce jour où elle avait croisé le jeune homme aux cheveux orange sur le parking du supermarché, elle l'avait suivi pour être sûre. Parce qu'en le voyant pour la première fois, elle avait réellement cru voir un fantôme. Et maintenant, elle découvrait qu'il portait le nom d'Aizen ? Pire, qu'il était son fils ! Cela n'était pas logique ou au contraire, c'était une trop grande coïncidence.
Elle rejoignit un magnifique immeuble aux grandes vitres éclairées de l'intérieur et passa le premier contrôle de sécurité sans un regard pour le garde. Elle montra rapidement un badge à l'accueil et emprunta directement l'ascenseur, clairement pressée. Elle n'avait pas fait trois pas au second étage qu'un collègue l'interpelait.
« Yoruichi ! Qu'est-ce que tu foutais, on avait une bagarre de gang ! »
La jeune femme lança un regard furibond à l'homme qui ravala immédiatement sa fierté.
« Excusez-moi, Madame, je… »
Elle ne lui adressa même pas la parole et continua d'une traite jusqu'au bureau du chef de la police, Kisuke Urahara.
« Yoruichi ! entonna-t-il de sa voix chantante, quelle surp…
-Pas maintenant. »
La femme claqua la porte derrière elle et la ferma à clé. Elle ferma ensuite tous les rideaux et inspecta la pièce à la recherche de micro. Elle débrancha même le combiné téléphonique. Puis elle fouilla dans la poche intérieure de sa veste pour sortir son smartphone.
Urahara demeurait silencieux, dans l'expectative.
« Regarde ces photos. »
Le blond fit défiler les images sur l'écran et ne put retenir un hoquet de surprise.
« Mais…
-Il est son portrait craché, non ?
-Absolument ! »
Kisuke se passa une main dans les cheveux, choqué. Il laissait rarement l'émotion prendre le dessus sur la réflexion mais à cet instant, il croyait voir un fantôme dans les traits de ce jeune homme à la crinière orange.
« Je suis tombée sur lui par hasard, il faisait juste ses courses.
-Et tu ne l'as pas abordé ?
-Trop choquée, j'ai préféré le suivre pour être sûre. Au début j'ai cru qu'il était un étudiant un peu fauché qui vivait avec son pote. Il s'est avéré qu'il vivait avec un petit ami mais il est absolument pas fauché. »
Le policier était prêt à croire tout ça mais il jugea qu'il fallait quand même garder la tête froide.
« C'est vrai qu'il lui ressemble beaucoup mais tu ne peux pas rouvrir cette affaire juste pour ça, Yoruichi. Il en faut bien plus.
-Tu veux son nom de famille ?
-Que…
-Aizen. Il s'appelle Ichigo Aizen ! s'exclama-t-elle d'un coup en colère. C'est trop pour être un hasard ! »
Kisuke reporta ses yeux sur le visage juvénile et pourtant terriblement mature du jeune homme. Certains détails de son physique ne trompaient pas. Ces yeux… Il secoua la tête et se leva, traversant son bureau d'un pas pensif.
« On ne peut pas rouvrir le dossier officiellement… Non, pas avec juste ça. »
Yoruichi frappa du poing sur la table.
« Kisuke ! Réveille-toi ! C'est sûr à 100% ! »
L'homme baissa la tête, ayant peur d'entendre la suite du discours de sa collègue et amie. Il refusait d'y croire. Depuis plus de 16 ans… Pourquoi seulement maintenant ? Comment avait-il pu ne pas voir ça ? Comment Aizen avait-il fait pour lui cacher l'existence d'un fils ? Il y avait tellement de question et par-dessus tout… quel serait la réaction… ?
« Quand bien même, Yoruichi ! Si c'est vrai, Aizen a été assez fort pour nous cacher son existence, je ne peux pas faire une perquisition ou rouvrir un dossier, même d'enlèvement, avec si peu de preuves.
-Si !
-Mais non, surtout qu'Aizen s'engage dans des associations caritatives, des projets humanitaires et passe pour le bon samaritain du moment, ragea-t-il. Sans dossier solide, il est aussi intouchable que d'habitude. »
Il s'assit sur le bord de son bureau, dépité mais pensant furieusement à d'autres alternatives. Il y avait forcément un moyen. Yoruichi, elle, observait encore la photo du jeune homme avec un air attristé.
« J'en suis sûre, Kisuke, murmura-t-elle finalement, j'ai trouvé le fils d'Isshin Kurosaki… »
1) bon, je suis très nerveuse après autant de temps, j'espère que y'a encore des gens...?
2) le ton n'est probablement pas le même que les autres chapitres après 2 ans. Mon frère est mort et même si j'essaie de limiter les projections en écrivant d'autres trucs à côté (cf one-shot star trek), c'est... pas forcément concluant.
3) Je répondrai à TOUTES les reviews (pas forcément dans la minute hein!) pour ce chapitre, alors c'est le moment
ah et... Je ne suis absolument pas désolée pour le cliff-hanger… loki'd et sans rancune, hein !
