Voici donc la suite de mes OS avec cette fois-ci Angleterre qui est de la partie!
J'espère que vous aimerez, et que ça ne fera pas trop fluffy! -_-""
Bonne lecture! ^^
IXème siècle
Cela faisait maintenant plus de trois heures qu'il était là, mais il n'en avait cure… Ces moments de plénitude, il prenait le temps de les savourer à chaque seconde…
Assis en tailleur sur ce petit rocher, le vent marin soufflant dans ses cheveux blonds ; les désordonnant encore plus qu'ils ne l'étaient d'habitude ; lui procurant un bon bol d'air frais par la même occasion, le petit garçon promena ses grands yeux émeraude sur la surface plane et bleutée que constituait l'océan. Une brise un peu plus fraîche que les précédentes lui fit resserrer son petit manteau autour de lui. L'hiver approchait…
Sentant finalement ses jambes lui faire mal à force de trop rester dans cette position, il sauta du petit promontoire et atterrit sur l'herbe fraîche et douce de la colline. Un petit lapin à la fourrure grise se présenta à lui, remuant ses grandes oreilles et son museau. Le petit d'homme sourit face à cet animal si mignon et innocent… Il adorait ces créatures. Tout comme il adorait les êtres magiques qu'ils pouvaient voir en bas de la colline, près de la mer. Son sourire s'accentua et il courut dans leur direction. Les petites fées multicolores reportèrent leur attention sur lui, toutes souriantes elles aussi.
L'enfant les ayant rejoints, il contempla une nouvelle fois la mer avec ses amies féériques. Qu'est-ce qu'il aimait ces instants de solitude ! Bien qu'il ait des frères et sœurs, ces derniers l'avait tellement brimé par le passé, et ils continuaient encore aujourd'hui, qu'il préférait finalement être seul… Même si ça lui pesait un peu…
L'eau iodée se mouvait paisiblement au fil du vent, brillant sous le soleil qui sortait de derrière les nuages cotonneux. C'était tout de même étrange, mais… A chaque fois qu'il regardait l'océan, le bleu si pur des flots lui rappelait toujours les yeux de son nouveau camarade, celui qui l'avait aidé à faire reculer l'invasion viking… Fra…
« ANGLETEEEEEEEEEEEERREEEEEEE ~~~~ ! »
Ses épais sourcils se froncèrent à l'entente de ce nom… Son nom… Angleterre… Car il était l'allégorie de ce pays…
A peine avait-il pensé à cette personne qu'elle se pointait… Est-ce qu'elle lisait dans ses pensées ou quoi ?
« ANGLETEEEEEEEEEEEEEEERREEEEE E ~~~~ ? »
Il n'aimait pas cette voix affreusement mielleuse et douce, qui prenait un malin plaisir à écorcher son nom avec des consonnes si dures. Bien qu'elle fût claire comme la mer qu'il avait en face de lui, cette voix était teintée d'une sonorité plus sournoise… Plus moqueuse…
Finalement, son instant de repos venait de toucher à sa fin… Le « crétin », comme il aimait l'appeler, venait lui casser les oreilles !
« ANGLETEEEEEEEEEEEERRRREEEEEE EEEEEUUUUUUUH ~~~~ !
- YES, QUOI ? QU'EST-CE QUE TU ME VEUX, CRÉTIN ? »
Il se tourna vers sa gauche pour apercevoir un jeune homme aux cheveux blonds descendant jusqu'aux épaules. Ses yeux bleus s'illuminèrent de joie quand il vit la petite nation anglaise.
« Ah, Angleterre~ ! Je t'ai enfin trouvé, ce n'est pas trop tôt ! Je t'ai cherché partout ! J'espère que je ne t'ai pas trop manqué, mon lapin~ !
- SHUT UP ! Je ne suis pas ton « lapin », c'est clair ? rétorqua violemment le dit lapin, rouge comme une pivoine, en tentant de repousser France, sans grand succès d'ailleurs, qui l'étreignit comme si sa vie en dépendait.
- Oh, tu n'es pas mignon… se plaignit France avec amusement, relâchant l'autre nation, un sourire narquois plaqué sur les lèvres. Je viens te rendre visite et c'est comme ça que tu m'accueilles ?
- J'ai pas besoin que tu viennes ! Je me sens très bien sans toi ! »
Bien sûr, France connaissait un peu le passé d'Angleterre, depuis la bataille d'Hastings, qui avait eu lieu il y a deux mois, d'ailleurs ; et il savait donc que son homologue anglais n'aimait pas être seul. Mais il était doté d'une des pires mauvaises foi qui existe ! Alors avant qu'il consente à dire le contraire, il pouvait s'asseoir là-dessus…
C'est ainsi que France leva les yeux au ciel, faussement amusé, et surtout exaspéré, avant d'annoncer :
« En fait, si je suis venu, c'est par ordre de mon roi… Il m'a conseillé de te présenter à mes frères et sœurs, en vue de prochaines alliances… »
Angleterre le regarda avec étonnement et intérêt, avant de remarquer quelqu'un derrière France… Une jeune fille aussi grande que la nation continentale, aux mêmes yeux bleus, mais aux cheveux châtain clair… Et qui le fixait avec un air neutre et presque… Effrayant…
France nota le regard de l'anglais et se tourna vers l'inconnue.
« Ah, je vois que tu l'as vu… Tu devrais être moins discrète, tu vas lui faire peur ! ajouta-t-il à l'adresse de la jeune fille. Angleterre, je te présente ma jumelle, Auvergne. Auvergne, je te présente Angleterre. »
La susnommée regarda en silence la petite nation anglaise. Puis, un large sourire fendit son visage et elle s'exclama :
« Bounjou, Anlhetarà, siau Auvarnhà ! »
Il y eut un petit moment de flottement où Angleterre regarda avec effarement la jeune blonde.
« … What ?
- Euh… Auvergne ? Parle-lui en français, il ne comprend pas la langue de ton pays, recommanda France.
- Oh, excuse-moi ! Je disais « Bonjour, Angleterre, je suis Auvergne ! » Je suis enchantée de faire la connaissance d'une nation aussi jeune ~ ! »
La nation anglaise tiqua à l'entente de ces derniers mots… Ah non ! Ça n'allait pas recommencer, tout de même ! Ras-le-bol d'être traité comme un gamin !
« Ferme-la, je ne vois pas pourquoi je prendrais la peine de te connaître ! Si tu es la sœur de ce crétin, je sais déjà à quoi m'attendre ! »
Un silence pesa de nouveau entre les trois enfants.
Colère : 20%...
« Hurm… Angleterre, voyons ! Tu n'es vraiment pas gentil ! s'exclama France, riant pour détendre l'atmosphère.
- Je n'ai pas besoin d'être gentil avec des idiots comme vous ! »
Colère : 50%...
Une veine se dessina sur la tempe de France qui se fit un plaisir de se jeter sur son homologue anglais, pour lui montrer de quel bois il se chauffait.
« Retires tout de suite ce que tu viens de dire, Gros Sourcils !
- Tu rêves, Efféminé !
- … Comment tu m'as appelééééé ? murmura France, une aura malveillante se dessinant autour de lui.
- Efféminé ! Efféminé ! Efféminé ! » répéta Angleterre comme un mantra, mais d'une façon beaucoup plus puéril.
Colère : 70%...
« Tu sais ce qu'il te dit, l'efféminé ? Tu t'es regardé, toi, avec tes sourcils ? Moi, au moins, j'ai pas l'apparence d'un homme-chenille ! »
Les insultes puériles durèrent une bonne dizaine de minutes. France et Angleterre se crêpaient le chignon comme pas permis… Et qu'est-ce que son frère lui avait dit déjà ?
Ah oui, qu'il l'avait rencontré il y a deux mois, mais qu'il ne fallait pas se laisser aller par les apparences… Il n'avait pas vraiment tort… Ce gamin était vraiment bizarre…
Et qu'est-ce que son frère pouvait être crétin, quand même… Franchement, se laisser emporter par de telles gamineries… Désolant…
« TOI ET TOUTE TA FAMILLE, VOUS ÊTES QUE DES CRÉTINS !
- RÉPÈTES UN PEU POUR VOIR ? »
Colère : 100%...
Auvergne grinça des dents et hurla un grand :
« SILEEEEEEEEEEEEEEEENCE !
- … What she says ?
- SILEEEEENCE!
- … What she says? » répéta Angleterre, totalement perdu.
…
Plus rien… Le silence le plus total s'était abattu sur la plage, angoissant les deux nations belligérantes. Auvergne ne disait plus rien, ne bougeait plus, comme si le temps s'était arrêté. France eut alors… Un très, très, trèèèèèèès mauvais pressentiment. Il connaissait mieux que quiconque le caractère de sa sœur. Et cette immobilité ne pouvait signifier qu'une chose…
« Angleterre… Cours… Le plus vite possible…
- Quoi ?
- Cours, je te dis !
- Mais pourqu… ? »
Un petit rire malsain attira son attention et il faillit s'étrangler en voyant le visage d'Auvergne. Un sourire des plus sadiques ourlait ses lèvres.
Il n'en faut pas plus aux deux petites nations pour prendre leurs jambes à leurs cous, hurlant de peur face à une furie qui prenait tous les pierres qu'elle avait à portée de main pour les leur envoyer, tout en leur courant après.
« Auvergne ? Mais pourquoi tu m'attaques ? Je t'ai rien fait, moi ! » pleurnicha France.
Mais la jeune fille ne voulut rien entendre, et maintenant qu'elle était à court de munitions, elle envisagea de les rattraper, ce qu'elle réussit à faire avec Angleterre, dont le manteau flottait derrière lui.
« Glups…
- Alors, comme ça, on ne veut pas faire plus ample connaissance, Arbiou (1)? demanda Auvergne avec une voix horriblement doucereuse.
- No… FRAAAAAAAAAAAAAAANCE ! HEEEEEEEEEEEEEEEEEEELP MEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEEE EEEEEE! » hurla Angleterre, alors que son tortionnaire l'emmena plus loin avec des « honhonhonhon~ » à tue-tête.
Le pays appelé, bien caché derrière un arbre, eut un tressaillement d'horreur en sachant ce qui attendait Angleterre. Bon Dieu, pourtant, il avait tout fait pour que l'autre pays se taise avec ses réflexions stupides ! Maintenant, il allait savoir qu'il ne fallait jamais, ô grand jamais, contrarié Auvergne… Sans en subir les effroyables conséquences… C'était vraiment ce côté qu'il aimait le moins chez sa sœur.
...
Un quart d'heure plus tard, France consentit à sortir de sa cachette pour partir à la recherche des deux autres. Il les trouva sur la plage, derrière une colline, Angleterre affalé par terre avec de belles bosses, et Auvergne assise en tailleur sur la plage, regardant la mer. Elle semblait s'être calmée…
« Euh… Auvergne ? appela-t-il en rejoignant sa sœur.
- Hum… Oh, c'est toi, fût sa seule réponse.
- Tu crois pas que tu l'as un peu trop amoché ? demande France avec un regard inquiet vers Angleterre.
- Non… Il a eu ce qu'il méritait… Et toi aussi, d'ailleurs… »
Avant que la nation française ait eu le temps de comprendre, il entendit un gros « BONG » et sentit une violente douleur lui traversait le crâne, qui s'orna alors d'une belle bosse.
« Aïe, aïe, aïe… Oui, pardon, Auvergne ! J'aurais pas dû m'énerver avec cet idiot !
- Non, c'est pas ça…
- Hein ? »
Auvergne détourna le regard et continua :
« Tu le sais très bien, pourtant… Que je n'aime pas qu'on soit éloigné l'un de l'autre… »
France écarquilla les yeux de surprise, puis eut un petit sourire. Il est vrai qu'il n'avait pas fait attention au fait qu'ils étaient jumeaux… Et que, par conséquent, Auvergne ne supportait pas l'absence prolongée de son frère. C'était pareil pour lui, mais la peur de voir sa sœur en colère avait pris le pas sur tout le reste.
Soudain, une plainte de la part de la nation anglaise attira leur attention.
« Ca va, Angleterre ? demanda France.
- E… Evidemment que ça va ! balbutia-t-il, se massant le crâne et riant nerveusement. Ce n'est rien du tout, j'ai l'habitude ! »
France se mordit la lèvre, alors qu'Angleterre baissait la tête, dépité. Oui, il avait déjà connu ça à plusieurs reprises par ses frères. Il avait toujours été détesté, de toute façon…
La nation française lança un regard plein de reproches à sa sœur, qui se sentit soudainement mal à l'aise. C'est vrai qu'elle avait agi avant de réfléchir, et qu'elle s'était laissée emporter. Et à voir le regard empli de tristesse d'Angleterre, elle comprit qu'elle avait une énorme bêtise.
Elle se leva et s'approcha de la nation anglaise, avant de murmurer :
« Désolé… »
Le petit pays leva des yeux étonnés vers elle.
« Désolé de m'être emportée aussi facilement ! Je dois dire que je suis vraiment pas douée… continua-t-elle avec un sourire navré.
- N… Non… C'est bon… »
Auvergne le regarda attentivement. Plus particulièrement ses yeux émeraude, à demi-clos par la pensée. Une petite moue boudeuse s'ajoutait au tableau.
« Dis, ça ne se voit pas tout de suite, mais tu as une bouille vraiment adorable ! »
Angleterre devint rouge brique et se recula vivement, sous les rires du français et de l'auvergnate.
« A… Arrête de dire n'importe quoi ! Et… Et c'est pas marrant ! Je… »
Il s'arrêta net quand Auvergne lui embrassa le front, comme pour se faire pardonner. S'il avait pu, de la fumée serait sorti de ses oreilles.
« Arrête, Auvergne, tu vois bien que ça le gêne ! ricana France.
- I… Idiot ! C'est… C'est pas ça! C'est que… C'est que… »
Mais c'est qu'il était presque à croquer, avec sa petite bouille d'ange toute rouge !
Auvergne et France allaient repartir dans une crise de fou rire, lorsqu'Angleterre déclara :
« C'est que… Je suis content que vous soyez là, tous les deux… »
Les deux continentaux le regardèrent avec surprise, avant de sourire affectueusement.
On pouvait dire ce qu'on voulait, Angleterre n'avait pas un mauvais fond, malgré les apparences…
(1) "Arbiou" signifie Albion, en auvergnat.
Bon, j'avoue, ça devait pas être très drôle et c'est mièvre comme pas possible... *court se pendre*
Mais si vous avez aimé... Une petite review, por favor?
A bientôt
