Dites donc, vous n'avez pas été très productifs ! Moi, j'ai bossé, et voilà le résultat.

Liva va (enfin) sortir des cavernes…

Enjoy !

OoOoOoOoO

Chapitre 1

OoOoOoOoO

Le soir, je peine à m'endormir.

Je tourne et me retourne sans cesse dans mes draps, ressassant la conversation que j'ai eue avec Legolas ce matin, avant que mon père ne l'appelle pour qu'il lui fasse son rapport.

Du coup, je n'ai pas pu lui répondre.

Il m'attend vers minuit dehors, dans la forêt, dans les quelques lieues qui subsitent encore à l'invasion progressive des araignées, des Orcs, de la noirceur et de la maladie.

C'était notre refuge quand nous étions encore des elflings, et nous savons parfaitement que nous avons de la chance.

Beaucoup des sujets de Père ont vu leur maison ou leur village détruits par les araignées et les monstres, il arrive chaque jour au palais des blessés, des Elfes défigurés et mutilés.

En bonne princesse, j'aide les guérisseurs à soigner ceux qu'on peut encore sauver, mais je préfère surtout remonter le moral des survivants. Il paraît que je suis assez bonne dans ce jeu-là.

Enfin... Même si c'est tout sauf un jeu.

Je fixe le plafond, dans l'espoir que les dessins du bois et de la pierre m'aident à trouver quoi répondre à Legolas.

Au lieu de l'aide que j'attendais, j'aperçois le visage d'Elrohir entre mes paupières mi-closes.

Et deux questions se rajoutent aux autres : pourquoi lui ? Pourquoi maintenant ?

Sans chercher à y répondre, je m'extirpe de mes draps alors que le cor sonne une fois, pour signaler la relève des sentinelles qui a lieu un peu avant minuit.

Je troque ma robe de nuit contre ma tenue la moins princière: un pantalon de cuir brun, une cape assortie, un foulard brun pour cacher le bas de mon visage.

Pendant que j'enfile ma tunique, je sens du métal froid contre mes doigts.

C'est le médaillon de ma mère, qui représente un papillon sur une feuille verte... La signification de nos prénoms, à Legolas et à moi. Le papillon, c'est moi, Wilwarin, et la feuille verte, c'est mon frère, Legolas Vertefeuille.

Le médaillon ne me quitte jamais et je ne vois pas pourquoi je le laisserai ici, à la merci de n'importe-qui.

Parce que je sens au fond de moi que je dois partir... Même si j'ai du mal à l'accepter.

Je sais que ma fuite passera facilement inaperçue pendant deux à quatre jours, car mon père n'a cure de mes faits et gestes... Enfin, dans deux jours les patrouilleurs commenceront à me chercher.

Car dans deux jours, je dois être présente aux épreuves de la Sélection aux côtés de mon père.

J'enfile ensuite mes bottes de chasse, j'installe mon carquois sur mon dos et je démonte mon arc afin de le glisser dans un sac en toile légère.

C'est pratique, car il est fait en trois parties de bois que l'on assemble ou sépare selon les circonstances. Je m'accorde quelques instants pour me regarder dans le miroir au-dessus de ma coiffeuse.

Mes cheveux blonds sont emmêlés, sans doute à cause de mes tours sur mon oreiller.

Des cernes violets s'étendent en-dessous de mes yeux fatigués.

En effet, je n'ai presque pas dormi la nuit dernière et celle d'avant.

Mes iris verts me fixent gravement. Hisiel a raison, finalement j'ai plus l'air d'une des réfugiées de ce matin que de l'Héritière du royaume de Mirkwood.

Je souris en revoyant ma duègne courir comme une folle vers Legolas et moi, essoufflée, les cheveux en désorde, essayant de ne pas faire tomber ma cape blanche tout en retenant le bas de sa robe afin de ne pas se prendre les pieds dedans et s'étaler de tout son long sur le sol du couloir. Dommage, j'aurais bien rit.

Quand un brusque éclair de lucidité me traverse, j'attrape un ruban noir, et je rassemble mes cheveux en une natte après les avoir rapidement peignés. Là, ca commence tout de suite à être mieux.

Comme tout les elfes, mon apparence se module selon mon humeur, et grâce à cette faculté bien utile, mes cernes disparaissent progressivement tant l'enthousiasme de ma prochaine balade nocturne me gagne.

Une fois que je suis prête, j'entoure une écharpe autour de mon cou.

Non parce que je risque d'avoir froid, les elfes étant insensibles aux températures, mais pour dissimuler mon visage tout en laissant mes yeux visibles. C'est la moindre des choses, si jamais je n'arrive pas à sortir du palais ce soir...

Des coups rapides à la porte interrompent le fil de mes pensées.

Un, deux, trois... Cinq coups brefs.

C'est Legolas.

Nous avons mis ce signal au point pendant le siècle dernier, il fonctionne parfaitement.

- Entre.

La porte s'ouvre et Legolas apparaît.

- Tu es prête ? demande mon frère d'une voix anxieuse.

- Oui.

- Je croyais qu'on devait se rejoindre dehors, dis-je pendant que nous marchons sans bruit dans le couloir désert.

- Les plans ont changé, explique doucement mon jumeau. Les sentinelles sont habituées à ce qu'on aille souvent s'entraîner la nuit, donc ils nous laisseront plus facilement sortir si on va tous les deux dans la forêt.

Je le comprends, je n'avais pas pensé aux gardes.

- Qui est en faction ?

- Orodreth, je crois. Et un autre dont j'ai oublié le nom.

- Les pauvres. Je leur souhaite bien du plaisir.

Legolas rit silencieusement.

- Pourquoi ? A cause de ce que tu vas leur faire subir ?

- Peut-être, je réponds mystérieusement.

Pendant un instant, je crois être de retour dans l'une de nos séances d'entraînement nocturne pendant lesquelles Legolas m'initiait à l'escalade et au lancer de couteau. Parfois, il sortait des cibles de l'armurerie, ou en traçait sur les arbres qui cicatrisaient au bout de dix minutes... Mais cela, c'était avant que la forêt ne soit malade.

- Je vais vraiment profiter de cette soirée, poursuit Legolas.

- En quoi ?

- Une dernière leçon, petite soeur.

- D'accord.

Les larmes me montent aux yeux et je refoule des sanglots. Si je pars... Je ne reverrai sans doute jamais Legolas.

Nous arrivons bientôt devant la porte du palais, close, devant laquelle se tiennent deux gardes, que nous saluons aimablement. Ils ouvrent et nous laissent passer sans poser de questions, connaissant nos habitudes.

Nous sortons en silence sur le pont qui sépare l'entrée des cavernes, plongé dans l'obscurité.

Consciente que je ne reverrais pas avant longtemps ces lieux, j'observe chaque détail et tente d'emporter chaque recoin avec moi. En dessous du pont coule la rapide Rivière de la Forêt, glaciale été comme hiver. Pendant quelques mètres à l'extrémité du pont, on se trouve encore dans le Vertbois d'antan : une forêt luxuriante, dans laquelle hululent les chouettes, aux arbres magnifiques, avec des feuilles vertes et une kyrielle de plantes sauvages.

Les lucioles volent avec légèreté autour de nous, telles des étoiles mobiles et proches de la terre.

Quand j'étais toute petite et que mon père me supportait encore, il me disait que les lucioles étaient des fées, envoyées par les Valars pour nous rappeler de leur présence et de leur bienveillance.

Il disait que, le jour où les lucioles ne voleront plus, il ne nous restera qu'à prier pour notre salut. Au lieu de chercher une cible, Legolas s'assoit sur une souche et m'invite à le rejoindre.

- Liva ?

Je tourne ma tête vers lui, contemplant chaque détail de son visage pour l'imprimer à tout jamais dans ma mémoire.

Je ne veux pas partir. Pas sans lui.

- Je ne veux pas partir sans toi, je murmure en laissant une larme couler.

- Il le faut, répond Legolas en soutenant mon regard. Je ne veux plus te voir souffrir.

J'ai la gorge tellement serrée qu'il m'est impossible de lui répondre une phrase censée.

- Et tu ne seras pas seule, ajoute Legolas. Elladan et Elrohir seront là aussi.

Elrohir.

A l'idée de le revoir plus tôt que prévu, ma gorge se serre douloureusement. Notre dernière entrevue remonte à présent au siècle dernier et... Disons qu'elle ne s'était pas si bien déroulée que ce que j'aurais souhaité.

- Ca, je sais, dis-je à Legolas. Mais c'est de toi que je parle.

Nos doigts se rejoignent et le silence s'installe entre nous.

Depuis longtemps, nous n'avons plus besoin de parler pour nous comprendre.

C'est ça, la magie des jumeaux.

Un lien fort, quelqu'un à qui on peut tout dire et qui vous comprendra mieux que votre meilleur ami. Un double de vous-même, en somme.

Legolas se lève brusquement.

Il n'a jamais aimé les effusIons, et trouve toujours des excuses pour les écourter.

- Bon, les jumeaux m'ont proposé de laisser des signes sur le sol pour indiquer leur position. Tu connais lesquels ?

Un test. Encore.

- La tige de la feulle montrant la direction, les branches croisées pour interdir un chemin ?

- C'est ca. D'autres ?

- Quatre branches croisées pour indiquer le début de la piste, une feuille coincée sous une pierre pour signaler un obstacle.

- C'est bien, fait Legolas en m'ébouriffant les cheveux.

- Arrête ça !

- Si tu veux.

Il s'accroupit et commence à étudier le sol.

Au milieu d'un trou fait par une trace d'animal, quelqu'un a tracé le signe distinctif du début d'une piste à suivre, plus la flèche pour indiquer la direction à prendre.

- Au moins c'est lisible, je commente. Ils n'ont pas peur de se salir les mains.

- On les rejoindra plus tard, lance Legolas.

Souriant devant mon regard interrogateur, mon frère réclame un duel amical entre nous afin de vérifier mes compétences.

- Tu m'as déjà fait le coup hier soir, je proteste, sachant que nous ferions du bruit.

- Je m'en fiche, répond Legolas. En garde !

Je me positionne, poignard en main, et Legolas attaque en premier.

Pendant deux minutes, je pare toutes ses offensives aisément, changeant à chaque fois de tactique jusqu'à ce que je décide que ce petit jeu a assez duré. Cette fois, c'est à mon tour de décider.

Je m'accorde trois secondes pour souffler, toiser mon frère d'un regard narquois, et nos armes s'entrechoquent. Legolas résiste. Longtemps.

Jusqu'à ce que la lune vienne passer à travers les arbres.

A ce moment là, il déclare forfait, me complimente chaleureusement.

J'aime l'expression de son visage quand un entraînement s'arrête enfin : ses yeux brillent, il a le souffle court, ses cheveux d'ordinaire impeccablement peignés se rebellent.

Il est essoufflé, mais étrangement heureux.

- Ce sera tout pour ce soir, déclare-t-il d'une voix légèrement fatiguée. Prête pour affronter les terribles jumeaux Peredhils ?

- Prête !

Nous nous élançons en courant dans la forêt, Legolas connaissant déjà le lieu de rendez-vous fixé par Elladan et Elrohir.

Mon impatience quant à l'idée de revoir nos amis grandit pendant ma course, m'empêchant de penser à mes bras raidis par des crampes, à mon coeur battant à une vitesse folle.

Nous progressons vite, assez pour parvenir à la limite entre la partie encore saine de la forêt et celle atteinte par la maladie.

Un grand gouffre s'étend devant nous, infranchissable pour qui n'habiterait pas dans Mirkwood depuis sa naissance.

Il y a bien une passe, secrète, connue des patrouilleurs et de notre peuple seul.

Il suffit de marcher en équilibre sur les plus hautes branches des arbres sains, puis de sauter sur le sol de la forêt malade. Un jeu d'enfant pour un elfe, moins facile pour les autres races.

A coup sûr, il doit exister d'autres accès plus simples, mais en général les gens l'ignorent et restent bouche bée devant la beauté de la forêt non atteinte par le mal. Je n'ai traversé qu'une fois la forêt entière, pour aller à Imladris lors d'une visite protocolaire, mais je garde un souvenir précis de la route que nous avions empruntée.

Sauf que, cinq cent ans auparavant, cette partie de la forêt n'était pas envahie par un air vicié et hallucinogène.

- On ne va pas traverser Mirkwood, j'espère ? je demande à Legolas d'une voix effrayée.

- Non, vous prendrez à l'Est en marchant dans la vallée en contrebas.

Il désigne le sol, loin en-dessous de nos pieds. En effet, une sorte de vallée large d'une demi-lieue permet de sortir de la forêt.

Une rivière coule au milieu.

Et... Si on regarde avec attention, deux silhouettes qui me sont familières évoluent dans les arbres.

- Tu les as vus ?souffle Legolas.

- Oui, dis-je d'un ton que j'espère plus assuré.

- Ce sont eux. Après la Sélection, je passerai vous voir. Vous ne serez pas sortis de la Veine en deux jours.

- La Veine ?

- C'est le nom qu'on donne au gouffre, avec les autres.

- Autant pour moi.

Je ne lui demande pas de qui il veut parler par "les autres" de peur de passer une nouvelle fois pour une idiote.

A ma réponse, Legolas sourit et empoigne une des branches les plus proches.

Il escalade rapidement l'arbre et me fait signe de monter à mon tour. Ce que je fais tout aussi vite. Nous avons appris à grimper avant même de marcher, et comme je ne porte pas de robe, l'escalade en est d'autant plus facile.

Arrivés au sommet, nous courons sur une branche énorme, large d'au moins un mètre, sur laquelle l'équilibre est plus que facile à tenir. Nous n'échangeons pas un mot. Mes mains sont irritées par le contact de l'écorce rugueuse, et commencent à me faire mal.

Je serre les dents et me force à poursuivre. Il est hors de question de déchanter maintenant.

Nous sommes à l'extrémité de la branche.

Si je baisse les yeux, le gouffre s'ouvre devant moi.

On dirait un trou sans fond, aux couleurs allant du gris clair à des zones d'ombre noires à cause de la pénombre de la nuit. Je tourne un regard inquiet vers Legolas, qui m'encourage d'un sourire.

Et je regarde de nouveau le sol, des dizaines de mètres en-dessous de moi.

Je vais devoir sauter.

OoOoOoOoO

Ce sera tout pour cette semaine…

J'avoue bloquer sur mes deux autres fics, mais je sens que l'inspiration va me revenir. Quant à vous, songez cette fois à me laisser un message, parce que, qui sait, je pourrais faire exprès de vous énerver en ne postant sur aucune de mes histoires parce que vous ne cliquez pas sur « Submit Review »…

*rire sadique de l'auteure*

Sur toutes ces bonnes paroles, permettez-moi de vous souhaiter un bon week-end )

Bonne journée/soirée,

Ellana