Je viens de passer une nuit assez chaotique... Et je ne suis pas la seule je pense ^^
Allons donc voir ce qu'il en est pour Liva et les jumeaux !
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Chapitre 7
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Lorsque Legolas disparaît dans les sylves, Elrohir m'accompagne en silence jusqu'à ma branche. Muet, il m'aide à me hisser jusqu'en haut de l'arbre et je me tourne vers lui.
- Tu aurais vraiment voulu que j'énumère ce que je gagnais en quittant la forêt ? lui dis-je.
- Disons que ça m'a traversé l'esprit, répond-il évasiment en balayant sa réponse de la main. Mais tu sais, je m'invente souvent des scénarios bizarres...
- Pourquoi avais-tu dit ça, au juste ?
- Pour rien.
Il rit doucement, et redescend.
- J'y vais, dit Elrohir, j'ai notre arbre à garder. Tu m'appelles si tu as besoin de quoi que ce soit, d'accord ?
- Promis.
Pour la première fois depuis longtemps, je refoule au loin ce sentiment étrange de tragédie personnelle qui m'accable dès que je pense à mon père ou à ma vie au palais. Je me rappelle l'humiliation que mon père m'avait fait subir, le soutient sans limites de Legolas, ainsi que les soirs où je rêvais qu'une autre vie pouvait m'attendre ailleurs.
- Que veux-tu faire maintenant qu'on va vraiment partir ? je demande à Elrohir en me penchant au-dessous de ma branche.
- Oh, je n'en sais rien... Peut-être aller voir comment les Dùnedains s'en sortent.
- Je ne vais pas être un poids pour vous ?
Elrohir hausse les épaules et se tourne vers moi avec un grand sourire.
- Au contraire, Liva, répond-il. Ca va être un agréable changement de d'habitude.
Je souris.
- Dors, maintenant, conseille Elrohir. Je te réveillerai pour la relève.
- D'accord.
Je me cale contre le tronc du saule, en essayant de trouver une position confortable. Même en sachant qu'Elrohir monte la garde et qu'il a assez d'expérience pour qu'il ne nous arrive rien, je ne dors que d'un oeil, me réveillant souvent en sursaut au moindre coup de vent ou au moindre cri d'animal. Ce n'est pas vraiment de ma faute : je ne suis pas habituée à dormir dehors, sans autre protection que mon arc et mon couteau, et... Je dois bien avouer que je suis morte de trouille. En plus, l'air de la forêt est chargé d'humidité : des fines gouttes d'eau se condensent sur ma peau, sur mes habits, et transpercent le tissu. Ca y est, je ne peux réprimer un frisson lorsqu'une de ces sympathiques gouttes glacées coule le long de ma colonne vertébrale.
Minuit est passé, je me repère facilement grâce à la place de la lune dans le ciel.
Elrohir ne va pas tarder...
Comme pour confirmer mon intuition, les branches du saule remuent et la tête d'Elrohir apparaît, éclairée par un rayon de lune argenté.
- Tu ne dormais pas ? demande Elrohir, surpris.
- Si, j'ai dormi, lui dis-je. Mais je me suis réveillée à cause d'une chauve-souris qui m'est passée sous le nez.
- Ah, pas de chance, rigole Elrohir.
- Rien à signaler ?
- Non. Tu veux que je t'aide à descendre ?
- Non merci, ça ira, je riposte en défaisant le noeud de la corde qui me retenait contre le tronc du saule.
- J'avais oublié que tu as grimpé avant de savoir marcher, plaisante Elrohir.
- C'est pas grave.
- 'Dan dort ?
- Oui...
- On ne le voit pas d'ici, se justifie Elrohir. Bon, j'y vais. Tu m'appelles si il y a le moindre souci, d'accord ?
- Ne t'inquiète pas pour moi.
Avec des gestes prudents, je descend progressivement de mon perchoir.
Il est facile pour moi de choisir les branches adéquates, car j'y vois comme en plein jour malgré l'obscurité de la nuit.
Arrivée au bas de l'arbre, je saute souplement sur le sol en atterrissant sans un bruit. Les feuilles mortes se soulèvent tout de même sous l'impact. Indécise, je reste un instant les bras ballants devant les arbres du bosquet qui s'alignent devant moi, noirs, projetant leur ombre sur le sol.
Je soupire et je finis par m'accroupir à même le sol, m'enveloppant de ma cape qui prend la couleur du tronc du saule. Je deviens invisible aux yeux de tous, même aux yeux des gardes du palais. La première heure de mon tour de garde se passe sans une seule anicroche, malgré que je manque plusieurs fois de me rendormir. Heureusement, je le sens à temps et je me secoue afin de me réveiller.
Sans doute par une intervention des Valar, l'air est beaucoup moins humide près du sol de la forêt. J'aurais dû prévenir Elrohir de ce caprice de la météo, mais il s'en apercevra assez tôt... Et puis je pense qu'il ne va pas m'en vouloir pour une telle broutille. Je manque une nouvelle fois de fermer l'oeil quand je remarque un mouvement étrange entre les troncs. Quelqu'un ou quelque chose avance entre les arbres... Je suis presque certaine qu'il s'agit d'un des gardes.
Pas le temps de traîner, je me relève, les doigts crispés sur le bois de mon arc, une flèche prête à être tirée. Par mesure de précaution, je baisse mon capuchon et je remonte mon écharpe afin de masquer mon visage. A présent, seuls mes yeux seront visibles et ils ne sont pas reconnaissables. Je me dis que je pourrais toujours masquer ma voix si jamais je suis forcée à parler.
Je lève la tête vers les branches de l'arbre. Elladan et Elrohir sont totalement invisibles, seuls les yeux ouverts d'Elladan brillent entre les feuilles.
Il n'a pourtant pas l'air d'être réveillé. Quoique... Si on considère les mouvements presque indiscernables de ses pupilles, il m'a plutôt l'air parfaitement réveillé.
Je hausse les épaules et je m'avance en silence entre les troncs des arbres, quand je remarque une lueur rouge tremblant dans les sylves. Etrange... Nous ne sommes pourtant pas le jour de Mereth-in-Gilith !
La seule solution qui me vient à l'esprit est que cette lueur provient d'une des lanternes que les gardes peuvent utiliser lors de leurs battues.
Je progresse un peu plus dans le bosquet, afin de repérer la position du garde et de (peut-être) savoir de qui il s'agit. Si c'est Tauriel, je suis bonne pour un aller simple dans les cavernes du palais.
J'ai soudain peur en imaginant ce que cette chose pourrait bien être. Un Orc... Une araignée géante de Dol Guldur... Ou même Tauriel...
Je suis proche de lui, maintenant. Très proche, même. Un seul buisson épineux me sépare du garde, car c'en est bien un, je le comprends facilement à la tenue qu'il porte.
Pourtant je ne peux pas m'empêcher de me poser cette question : Comment un garde du palais aurait pu trouver aussi vite l'arbre dans lequel nous nous étions cachés sans que Legolas ne le lui dise ?
Mais c'est impossible, Legolas est mon frère, il m'a toujours soutenue. Pourquoi me trahirait-il maintenant ? Alors qu'il m'avait juré de me laisser partir et qu'il m'avait même proposé de fuir ?
Non, ce garde a dû entendre des bruits étranges et s'approcher de notre arbre sans trop savoir ce qu'il attendait. Il devait penser qu'une araignée s'était rendue dans la Veine ou autre chose du genre.
Lentement je monte mon arc au niveau de mon front.
A cette distance, je pourrais facilement tirer une pierre pour l'éloigner sans qu'il ne me voie, car je sais que je serais incapable de le tuer. Le caillou gris entre mes doigts, j'attends qu'il se lève de son examen du sol et qu'il fixe les sylves. Puis je tire ma pierre en direction d'une branche assez haute sur laquelle une chouette hulotte s'est posée.
Avec un hululement indigné, l'oiseau s'envole sans demander son reste quand ma pierre rencontre le bois entre ses serres.
Je ne peux réprimer mon soupir de soulagement quand le garde repère la chouette qui s'est entre-temps rabattue sur une souris malchanceuse, et qu'il se détourne pour partir.
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C'est sympa, les gardes qui ne vous attrapent pas :)
J'espère que vous serez sympas aussi !
A très vite sur mes autres fics,
El'
