Hello !
Chapitre 8, où un certain Arathorn fait son entrée... :D
:::::::::::::::::
Chapitre 8
:::::::::::::::::
Les cinq jours qui suivent la nuit du départ de Legolas se déroulent dans une monotonie impressionnante. Plusieurs fois, je me surprends à souhaiter un peu plus de rythme.
Mon souhait est exaucé le matin du sixième jour. A l'aube, alors que les jumeaux et moi marchons depuis seulement deux heures, nous sortons enfin de Mirkwood. Malgré moi, je reste bouche bée devant un tel changement de paysage. Je n'étais jamais sortie de la forêt auparavant, à part lors du voyage jusqu'à Imladris, mais... Je ne m'attendais pas du tout au paysage désertique qui s'étend devant mes yeux. Elrohir s'approche de moi avec un grand sourire. C'est drôle de voir comment nous nous sommes rapprochés ces derniers jours. A force de rester souvent tous les deux à chasser, parce qu'Elladan préfère garder le camp, nous sommes fourrés ensembles. Et il adore me faire tourner en bourrique. D'après lui, je suis bien trop douce, bien trop princesse pour pouvoir affronter la vie du dehors. A chaque fois, je lui réponds. J'essaye de faire en sorte d'avoir le dernier mot mais il me devance toujours... Je soupire et, sans accorder un regard au fils d'Elrond, je détaille la plaine qui s'étend devant moi à perte de vue. Il n'y pousse aucun arbre. J'en ai presque mal au coeur. Nous sommes bien plus au Nord que ce que j'avais imaginé et la végétation se fait rare sur ce paysage dont l'altitude augmente en pente douce. En effet, tout ce qu'on peut appeler "plantes" se résume à une herbe rase, quelques buissons d'ajoncs piquants, d'autres, encore plus bas, sont des myrtillers avec des touches minuscules du violet caractéristique des baies. Je soupire quand Elrohir passe son bras autour de mes épaules.
- Ca va, petite souris ? demande-t-il avec son sourire habituel, celui qu'il réserve à Elladan et moi.
Je souris à mon tour rien qu'avec le surnom dont il m'affuble. Ca lui est venu naturellement, parce que d'après Elladan, je suis aussi discrète qu'un de ces rongeurs. Dès que quelqu'un s'approche de moi, je m'arrange pour disparaître avant même qu'il ne me voie. Ou sinon, je m'accroche dur comme fer quand j'aime quelqu'un. Je ne le lâche que lorsque j'y suis contrainte et forcée. Je ne me rebelle pas non plus, je suis capable de me faufiler partout tant que je peux m'y cacher en sécurité.
- Ca va, dis-je.
- C'est ma partie préférée du voyage, confie-t-il. J'adore cet endroit. Pas toi ?
Un regard vers la plaine me confronte dans ma décision que je n'aime pas les paysages trop vides mais j'évite de le contredire. Elladan est déjà devant, et commence à gravir une colline non loin de nous. L'air est frais, l'herbe humide de rosée. Je remarque en souriant que la prairie est recouverte de bruyère à certains endroits et je ne peux m'empêcher de comprendre Elrohir. C'est si paisible qu'on pourrait y passer une éternité.
Comparé à Mirkwood, où l'influence de l'Ennemi devient vite irrespirable, cette plaine sereine offre un certain réconfort. Et puis, ca n'a rien à voir avec une prison, comme les arbres de la forêt peuvent vite le devenir quand on ne s'y send pas chez soi.
- Je te comprends, lui dis-je. C'est si tranquille...
- Le calme avant la tempête, prédit Elrohir. Allons-y avant que 'Dan ne se sente exclu.
Je hoche la tête... Et Elrohir s'élance en courant, pour rejoindre son double qui nous fait de grands signes joyeux depuis le haut de la colline.
Je réponds à Elladan avant de suivre Elrohir. Je cours à petites foulées, en me ménageant, mais au bout de quelques minutes j'accélère, grisée par le contact du vent gelé sur mes joues, le froid de la plaine... Cette course me réveille totalement de l'état semi-comateux dans lequel je baignais jusqu'alors, elle est vivifiante et achève de dérouiller mes muscles ankylosés. Que du bonheur. J'ai vite fait de rattraper Elrohir, et je lui tire la langue quand je le dépasse. Il affiche une mine faussement outrée, et essaye à son tour de me rattrapper.
- Un point pour Liva ! s'écrie Elladan en plaçant ses mains en porte-voix.
Je lève mon pouce en signe de victoire et j'éclate de rire quand j'arrive au sommet de la colline, après avoir échangé une accolade affectueuse avec Elladan.
Je ne me suis jamais sentie aussi bien.
:::::::
L'après-midi se passe sans aucun danger quelconque.
Tard dans la soirée, alors que la soleil se couche, nous nous arrêtons au bord d'une petite rivière, vraiment rapide, sans cesse remuée par un courant incessant. On dirait presque la Rivière de la Forêt.
Cette pensée me fait monter les larmes aux yeux mais je ne montre rien, je me contente de jouer avec une pierre grise et plutôt plate entre mes doigts. Elladan et Elrohir ont décidé de partir chasser à deux.
C'est la première fois qu'ils me laissent seule, comme ça, sans qu'ils ne soient près de moi si jamais il se passe quelque chose. Mes mains tremblent et c'est pour cela que j'ai pris la pierre. Je suis de nouveau morte de trouille.
Je m'avance vers l'eau, histoire d'étancher ma soif. Depuis ce matin nous n'avons cessé de courir, d'abord parce que nous avions besoin d'accélérer le rythme, mais aussi parce que cela nous faisait un bien fou.
A l'intérieur de Mirkwood, même dans la Veine il était impossible de courir sans marcher sur un fil d'araignée qui résonnait des vibrations de votre courses. Dans certains coins, il s'en ait fallu de très peu pour que nous ne soyons pas transformé en cocons géants. Heureusement j'avais toujours vécu avec la menace des araignées, je repérais le moindre filament argenté. J'avais vraiment l'impression de servir à quelque chose. Maintenant que nous sommes sortis de Mirkwood, les jumeaux ont repris les rènes du groupe. Je suis redevenue, comme au début du voyage, l'égal d'un sac à dos que l'on traîne pendant des jours et des jours.
Mais je sursaute juste avant de recueillir un peu d'eau dans ma main, que je m'apprêtais ensuite à boire, car ma gorge est encore désespérément sèche.
Il y a quelqu'un dans mon dos.
Je ne saurais peut-être jamais ce qui m'a alertée, un bruit de pas dans les bruyères ou peut-être seulement une petite perturbation de l'air. En un mouvement souple, j'encoche une flèche. A la seconde d'après, je contemple le visage d'un homme aux cheveux noirs et drus, avec une barbe de trois jours, sans oreilles pointues. Il affiche un visage serein, mais les muscles du haut de son corps son bandés, prêts à l'action. Au léger frémissement qui agite le coin de ses lèvres, j'ai l'impression qu'il se moque de moi. Mais comment pourrait-il deviner ce que je suis ? Une femme elfe ?
Mon visage est presque entièrement caché. Seuls mes yeux bleus sont visibles.
Pendant quelques secondes nous restons figés comme des troncs d'arbres, à nous jauger du regard, à soupeser nos armes, détailler le corps de chacun. Je soupire. Au sourire qui éclaire son visage, je devine qu'il a deviné que je ne suis pas comme lui. Reste à savoir jusqu'où se porte son raisonnement...
Soudain, je commence à paniquer.
Elladan et Elrohir ne sont pas avec moi, je suis toute seule. Seule moi pourra me sortir de ce pétrin. Même si l'homme n'a pas l'air dangereux, je n'abaisse pas mon arc. Mes doigts tremblent légèrement alors que je vise l'espace entre les deux yeux de l'inconnu. Finalement, les Hommes ne sont pas si différents des Eldars...
Il écarte les deux mains, paumes ouvertes en signe de paix. Je ne relâche pas la pression.
- Qui êtes-vous ? bredouillé-je d'une voix rauque, dont j'essaye tant bien que mal de masquer la féminité.
Il ne va pas me le dire. Si j'étais lui, je ne dirais pas mon nom à un inconnu qui me menace avec un arc, et qui a encore plein de flèches en réserve.
- Vous pouvez abaisser votre arme, dit-il en conservant son sourire, d'une voix grave à l'accent chantant.
Au début, j'ai du mal à comprendre ce qu'il me dit, c'est un mélange de Westron et de Sindarin, assez hésitant.
Je soutiens son regard, en évaluant ma vitesse et la sienne. Mes bras sont tellement tendus que je ne suis pas sûre de pouvoir les rabaisser un jour. Quand mes muscles commencent à me faire un mal de chien, je me résous à abandonner la partie.
- C'est mieux comme ça, apprécie-t-il.
Apparemment, il a opté pour du sindarin. Pourtant je ne sais pas ce qui a pu me trahir. Mes flèches, peut-être ? Ou les gravures sur mon arc ?
- Hé, vous avez perdu votre langue ?
Je le fusille du regard. «C'est ça, et moi je suis une statue de Dol Guldur». C'est ce que je meurs d'envie de répliquer. Mais je vais me retenir.
Je devrais éviter d'insulter un ennemi potentiel...
- Non. Je sais parler, répliqué-je d'une voix sèche.
- Encore heureux...
Je me détends imperceptiblement. A sa carure, peut-être qu'il fera un excellent allié, même si la vie des Edain est plus vulnérable que la nôtre.
- Vous n'avez pas répondu à ma question, lui dis-je d'une voix déterminée. Qui êtes-vous ?
Il s'approche de moi, d'un seul pas, et incline brièvement la tête. Il a une allure et un port assez royal. C'est des choses que je sais reconnaître.
- Arathorn, fis d'Arador, annonce-t-il d'une voix douce.
Arathorn. Un Dùnedain. Je fronce les sourcils. Où ais-je déjà entendu ce nom ?
Arathorn...
Je décide d'ôter ma capuche. Enfin libres, mes cheveux blonds tombent en cascade sur mes épaules. Mais je ne lui dirais pas mon nom véritable. On ne sait jamais, et prudence est mère de sûreté.
Je lui rend son signe de tête.
Et lui donne le premier nom qui me passe par la tête.
- Je m'appelle Lindórië, fille d'Isil.
Arathorn. Ca y est, j'y suis. Arathorn, fils d'Arador. On ne peut se tromper.
C'est l'Héritier d'Isildur.
:::::::::::::::::
Well... désolée du retard... mais j'ai du mal à avancer dans cette fic-ci, il faudra que je regarde de nouveau Born Of Hope. Merci à tous pour vos reviews adorables ! J'attends vos commentaire, comme d'hab :p
Et promis, j'essaierai de poster le chapitre suivant plus rapidement...
