Je me suis enfin décidée à reprendre cette fanfic ! Aujourd'hui est un jour à marquer d'une pierre blanche, on dirait.
Bonne nouvelle, ce sont vos reviews qui m'ont remotivée à retrouver Liva. Et j'avoue franchement qu'elle m'avait manqué. J'imagine que mon retard est inexcusable, j'en suis franchement déqolée ! En voyant mes crises de page blanche à chaque fois que je me disais : "Bon, Ethyl, c'était pas comme si Wilwarin attendait depuis hyper longtemps que tu continues son histoire...", j'ai failli abandonner cette fanfic. Mais je n'ai pas pu m'y résoudre en voyant le nombre de reviews que j'ai reçues pour cette histoire. 43 pour 9 chapitres, quand même.
C'est la première fois qu'une telle chose m'arrive.
Je ne saurais pas dire combien vous m'avez aidée, mais pour vous remercier, voici ce fameux chapitre 10 qui s'est fait bien trop désirer !
ENJOY !
Chapitre 10
J'avance lentement, sous le regard intrigué des Dùnedains. Il fait presque nuit, la soleil se couche lentement. Et moi, je découvre Taurdal avec de grands yeux intrigués. Arathorn mène la danse, les jumeaux m'encadrent. Protecteurs. Je m'applique à ne laisser aucune émotion visible sur mon visage. On ne sait jamais. Ils ne savent pas qui je suis, je ne sais pas qui ils sont. Amis, ennemis ? Aucune idée.
J'observe Elrohir à la lumière du soleil couchant. Ses yeux gris, alertes, ont sans doute déjà repéré toutes les issues possibles et imaginables. Sauf que mon raisonnement n'est pas vraiment logique non plus.
En effet, un léger sourire plane sur ses lèvres. Ses yeux brillent, lui qui est d'habitude impassible a l'air plus serein que jamais. Amis, alors. De longue date apparemment. Je tends l'oreille. Les gens se murmurent entre eux en Westron. Parfois j'ai du mal à comprendre, ils parlent trop vite, avec un accent étrange. Certaines fois, j'entends des mots de sindarin. Une langue familière.
Je me retiens de sourire. Surtout ne rien montrer. Qui sait comment ils réagiront en devinant qui je suis ?
Je soupire, courage, Liva. Ce n'est pas le moment de penser à ce genre de choses. J'aimerais bien pouvoir voler. Pour que personne ne puisse me retrouver ensuite.
Elladan est résigné, les yeux neutres, à quoi peut-il bien penser ?
Je me rends compte que je frissonne. Pas à cause du froid du crépuscule, d'ailleurs on vient d'entrer dans la plus grande des maisons du village. Ce n'est pas le grand luxe mais j'aime cet endroit. Ça me change des salles souterraines de chez moi, du luxe qu'aime afficher mon père. Je me secoue, passe distraitement la main dans mes mèches blondes.
Arathorn disparait derrière une porte, qui se referme. On se retrouve seuls. Elrohir se met à faire nerveusement les cents pas dans la pièce. Il n'y a rien pour s'asseoir, on va devoir attendre la suite.
Je dois cesser de m'étonner de tout, arrêter de regarder les Hommes avec des yeux curieux comme si je contemplais un Mumakil pour la première fois de ma vie.
Alors que j'essaie vaguement de me convaincre qu'ils ne sont pas si différents de nous, la porte s'ouvre de nouveau sur Arathorn, de retour. Il ne s'est passé que deux minutes.
Je ne me sens pas tranquille quand Elrohir m'effleure le bas du dos, sa main au creux de mes reins, pour me forcer à avancer.
Je me lance une gifle mentale, ce n'est encore une fois pas le moment !
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Je me sens me liquéfier devant le regard transperçant du chef des Dùnedains, Arador. Il est le portrait de son fils. Mais en beaucoup plus impressionnant. J'observe les cheveux blancs, le visage vieillissant, la peau grisonnante à cause de l'âge. Je sursaute quand les yeux d'Arador se posent sur moi. D'un bleu éclatant, pleins de vie, ils me fixent et me sondent, tournent les pages du livre couvert de lignes hasardeuses. Sans trop m'en rendre compte je pâlis, j'ai toujours du mal à rester calme devant un souverain, ou un chef, quel qu'il soit.
- Bienvenue à Taurdal, lance-t-il d'une voix calme, détruisant d'un seul coup le silence pesant qui s'était installé ici depuis notre entrée.
Je frissonne de nouveau et une décharge traverse ma colonne vertébrale. Je serre les dents, décidée à ne rien dire. Arador s'avance vers nous, lui et Elrohir s'étreignent d'une accolade forte. Je finis par sourire devant le tableau.
Arador passe devant moi, me jauge du regard. Me salue d'un signe de tête. Je lui réponds avec un «Mae Govannen» timide.
- Elle ne parle pas beaucoup, s'excuse Elladan. Ce n'est pas de sa faute, on a été attaqués par des Orcs en chemin et elle l'a mal digéré.
Je hoche timidement la tête, la gorge nouée.
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La soirée s'achève dans la bonne humeur. On se réunit tous dans une salle avec les autres Hommes, plus personne ne nous dévisage maintenant qu'ils ont reconnus les fils d'Elrond. Je suis toujours une personne étrange pour les autres mais ça ne me dérange pas plus que ça. Je reste debout, timidement, au milieu des gens qui s'installent un peu partout. Les enfants prennent place au centre, c'est presque un rituel. Les adultes s'assient sur des coussins, des sièges disposés un peu partout. Je suis perdue dans ma contemplation quand je sursaute, alors que les doigts d'Elrohir rencontrent les miens.
- Tu viens ? chuchote-t-il. Je connais les meilleures places pour ceux qui sont de passage dans la communauté.
Je hoche la tête, souriante.
Il me guide, un bras autour de ma taille. Je fais mine de ne pas le remarquer, je le laisse m'aider à m'asseoir sur un banc, au fond de la salle, à l'écart.
Et le conteur commence son récit. Ça parle de légendes d'avant. Je les connais toutes. Mais les entendre du point de vue d'un autre peuple est toujours particulièrement instructeur. Je sens que son bras me serre.
Je frémis.
Puis je me décale, comme si il m'avait brûlée. Je me contente de regarder la scène mais mon esprit vagabonde ailleurs.
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Je regarde le soleil depuis le haut d'un arbre. Je souris, ris à perdre haleine alors que le vent vient parcourir mon visage. Les feuilles me giflent, mes cheveux claquent, j'aime ça, je me sens vivante. Les oiseaux chantent. L'un d'eux me passent sous le nez.
- Petite Altesse ! s'écrie Anairë de sa voix stridente. Descendez de là, ce n'est pas correct !
Je fais la seule chose qu'il est possible de faire dans ces cas-là. Je lui tire la langue.
Me résignant, je quitte souplement mon perchoir, au milieu du tronc je frotte mon nez contre la mousse, pour m'envahir de cette odeur de nature humide. Ensuite, je saute sur la bruyère qui tapisse le sol. Anairë essaye de m'attraper mais c'est impossible quand j'ai envie de courir.
- Bouge pas ! Là, on avait dit que c'était neutre ! crie Legolas de sa petite voix.
- Je bouge si je veux !
J'agite mes mains, juste pour l'énerver, je me cache dans les pans de la jupe d'Anairë, ma mère de substitution.
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Je me réveille en sursaut. J'halète, j'ai du mal à calmer les battements incessants de mon coeur qui cogne dans ma poitrine comme si il voulait en sortir à tout prix. Mes doigts accrochent les draps de cotons, je mets un moment à me rappeler d'où je suis.
J'y aurais cru. Je sentais le vent, je sentais les branches sous mes doigts. J'entendais les geais, les rossignols. Je sentais l'odeur de la bruyère de mon enfance.
Et j'ai vu le sang d'Anairë, son corps étalé sur le sol en une position étrange, au milieu du lait renversé.
Mon frère, ma nourrice, les habitants des cavernes... Je les ai tous laissés derrières moi.
Ce cauchemar est la preuve que je ne vais peut-être jamais revenir chez moi. L'idée est difficile à accepter.
Une Liva terrifiée, Arador qui fait son entrée en scène, la découverte de Taurdal de nuit... je sais pas comment ces toutes petites idées de paragraphes minuscules ont pu avoir un lien logique mais je suis contente d'avoir réussi un chapitre à peu près présentable.
Merci pour votre soutient ! Et je m'excuse encore platement de ce retard.
Je peux me risquer à demander des reviews ?
A bientôt j'espère...
