VII

Obstination

Note de l'auteur : Un chapitre 7 tout en humour, pour détendre un peu l'atmosphère et une petite surprise à la fin. Bonne lecture et merci de vos commentaires!


« Bon sang, Jim ! Tu es tombé sur la tête ?! » Hurla Leonard dans le communicateur de Scotty.

J'aurais dû me douter que mon ingénieur irait le chercher, dès qu'il serait enfin en contact avec nous.

« Bones ! Je suis content de t'entendre aussi. » Répondis-je ironiquement, alors que nous nous dirigions rapidement vers un tube de Jefferies, pour descendre dans une des soutes à déchets, juste après avoir paramétré son déclenchement.

« Ne joue pas à ça avec moi, gamin ! Sauter d'une boîte de conserve à une autre, n'est jamais une bonne idée ! Tu ne l'as pas encore compris après ton abordage de l'USS Vengeance ? »

« J'ai programmé l'ouverture du sas, Capitaine. » Cria l'Écossais par-dessus la voix du médecin.

« Reçu Scotty. Bones, je n'ai pas le temps de discuter. C'est notre seule chance de sortir de ce cercueil ambulant ! Kirk, terminé. » Abrégeai-je, avant que mon meilleur ami s'engage dans un monologue sans fin sur mes tendances suicidaires.

« Je sais que nous n'avons pas d'autre solution et que le temps presse. Mais, il a raison. C'est risqué, en sachant que nous n'avons pas la possibilité de nous aligner parfaitement. » Me dit Spock.

« C'est pour ça que j'ai choisi la soute la plus proche de la base. Nous n'aurons que très peu de temps pour ajuster notre trajectoire, mais au moins nous ne dériverons pas dans l'espace. J'imagine que tu n'as certainement jamais fait ça avant, mais tu dois avoir confiance en moi. » Répondis-je, tandis que nous nous placions face à l'écoutille.

« C'est le cas, tu le sais très bien. » M'assura-t-il, en s'accroupissant à ma droite.

Je l'imitai, l'adrénaline pulsant déjà dans mes veines.

« C'est juste que tu as frôlé la mort les deux fois où tu as tenté l'expérience. »

« Tout va très bien se passer. »

« Tu ne peux pas en être sûr. »

« Si. Parce que cette fois, je ne risque pas de finir dans un cratère géant et je ne suis pas accompagné d'un psychopathe. » Ironisai-je.

« Tu marques un point. » M'accorda-t-il.

« Scotty ! Combien de temps ? » Demandai-je dans le communicateur.

« Dix secondes, Capitaine. » Me répondit-il.

Je décomptai mentalement. Juste avant l'ouverture, j'agrippai la main de Spock. Puis, nous fûmes projetés dans le vide intersidéral.

Pour la troisième fois, le silence fut de nouveau la première chose qui me frappa. Mais, l'angoisse qui l'accompagnait d'habitude ne vint pas. Notre objectif était proche et assez large pour ne pas le rater. Point de débris à l'horizon. Les doigts de mon compagnon s'accrochèrent fermement aux miens. Au loin, je percevais déjà les silhouettes de Scotty et Bones, à travers une vitre. Le sas grand ouvert se dessina devant nous. Je corrigeai légèrement ma trajectoire, grâce au compas de ma visière, entraînant Spock dans mon mouvement, avant de passer la porte à grande vitesse. Elle se referma immédiatement derrière nous, enclenchant la gravité artificielle. Nous fûmes violemment plaqués au sol, stoppés nets dans notre course. Le choc fut brutal, mais nous étions entiers.

Allongés à plat ventre, je tournai ma tête à droite, pour croiser le regard de Spock. Il n'avait toujours pas lâché ma main. Un rire de soulagement m'échappa. L'autre accès du sas se déverrouilla et nos amis se précipitèrent pour nous porter assistance. Bones m'aida à me relever. J'avais la nausée et le vertige. Rien qu'à ma tête, il comprit que je n'allais pas bien. Il me déposséda de mon casque délicatement, avant de passer mon bras par-dessus son épaule, pour me soutenir.

« Ton teint est cyanosé. Qu'est-ce qui s'est passé, bon sang ? » S'exclama-t-il, en m'amenant à l'intérieur de la base.

« Le système de survie du vaisseau est tombé en panne. Nous avons consommé les dernières réserves d'oxygène en essayant de réparer une navette, en vain. Jim commençait déjà à suffoquer quand il a eu cette idée de saut spatial. Nous n'avions pas vraiment d'autre alternative. » Lui expliqua Spock, qui nous suivait de près, accompagné de mon ingénieur.

Leonard s'arrêta net, surprenant les autres qui manquèrent de lui rentrer dedans.

« Vous vous êtes contentés d'attendre la mort, sans chercher de meilleures solutions qu'une navette en rade ?! Et votre super cerveau ? Il était parti en vacances ? À quoi ça vous sert d'avoir un QI astronomique s'il vous faut trois heures pour comprendre que ce que vous faites ne sert à rien et passer à autre chose ? » S'emporta-t-il contre mon compagnon.

Je savais que c'était l'angoisse qui parlait, mais je n'allais pas le laisser tout mettre sur le dos de Spock.

« Bones… »

« À quel point les dégâts sont importants ? » Me coupa l'ingénieur, paniqué. « Comment je vais faire pour réparer tout ça, si je ne peux même pas monter à bord ? On ne va quand même pas la laisser rouiller toute seule, là-haut, en attendant l'arrivée des renforts ? S'ils viennent un jour et… »

« Scotty ! » Le stoppai-je, quelque peu rasséréné maintenant que je pouvais respirer librement. « Ce n'est pas vraiment le sujet là. »

« Tout à fait ! Revenons à nos montons. À savoir, ton habitude pathologique à te mettre en danger et l'incapacité manifeste d'un certain Vulcain à te ramener à la raison ! » S'époumona Leonard, hors de lui. « Un jour, je vais devoir ramasser tes morceaux éparpillés aux quatre coins du vaisseau et faudra pas venir pleurer ! » Maugréa-t-il, en sortant un hypospray de sa sacoche.

Je fis discrètement un pas en arrière.

« Tu ne vas nulle part ! »

« Tu ne m'enfonceras pas ce truc dans la peau ! Je vais déjà mieux. » Me défendis-je, en me cachant derrière Spock qui leva les yeux au ciel.

« Je peux aussi te le mettre ailleurs, si tu préfères ! »

Nous étions au milieu d'un hall et la nouvelle de notre retour avait apparemment fait le tour de la base, puisque je vis certains de mes hommes débarquer pour s'assurer que nous allions bien. Parmi eux se trouvait T'Prylla et Sinak, ainsi que Koloth et certains de ses subalternes. Un comité d'accueil en bonne et due forme. Auquel nous n'accordâmes aucune attention.

« Vous devenez vulgaire, Docteur. » Commenta mon compagnon, en tentant de me dégager de son dos, pour que je me laisse soigner, sans succès.

« Arrête de faire l'enfant et viens ici ! » S'exclama Leonard, en ignorant la remarque.

« Monsieur Spock, à part le système de survie et les navettes, quels autres dégâts avez-vous constaté ? » Demanda Scotty, insistant.

« Monsieur Scott, ce n'est pas le moment. » Le rembarra mon mari.

Je commençai à avoir mal à la tête et mon avis que ça n'avait rien à voir avec mon début d'asphyxie. Je tentai d'échapper aux mains de Bones, en tournant autour de Spock, le médecin suivant mon mouvement. Dans son coin, mon ingénieur marmonna que nous avions encore cassé son vaisseau chéri. Quand soudainement, une tornade de cheveux bruns s'abattit sur nous.

« Vous allez vous calmer ?! » S'écria Nyota, en nous séparant.

Cela eut le mérite de nous réduire au silence. Elle faisait peur, quand elle s'y mettait. J'époussetai une saleté imaginaire sur mon épaule, mal à l'aise sous les regards amusés ou incrédules de l'assemblée. T'Prylla, pour sa part, se contenta de lever un sourcil curieux dans notre direction. J'ordonnai une réunion immédiate avec mes officiers supérieurs pour désamorcer la situation.

Nous nous attablâmes, Spock, Bones, Scotty et moi, dans ce bar qui allait finir par devenir notre quartier général. Nous fîmes le point, calmement, sur les derniers événements. L'Enterprise hors-service et la plupart des équipements de la base en panne, nous étions bloqués ici pour une durée indéterminée. Nous n'avions plus qu'à espérer que le message envoyé à Starfleet leur était parvenu. En attendant, nous ferions notre possible pour remettre la station sur pied, faute de mieux.

Je conviai Koloth et Keelia, en les apercevant à une table voisine, pour m'enquérir de l'état de leur vaisseau. Il m'apprit qu'il n'avait pas mieux résisté que le nôtre.

« Miria n'est pas avec vous ? » M'étonnai-je, après quelques minutes.

« La dernière fois que je l'ai croisée, elle cherchait ce jeune homme. Comment s'appelle-t-il déjà ? Celui avec un drôle d'accent. » Me répondit la Klingonne.

« Chekov ? »

« C'est ça. »

« Elle lui courait après ? » Demandai-je, mi-amusé, mi-inquiet.

« Vous savez, quand ma sœur a une idée en tête… » Dit-elle, vaguement.

Cela me fit sourire.

Base stellaire 8, point de vue de l'Enseigne Pavel Andreievich Chekov.

Cela faisait plus d'une heure maintenant, que je m'étais terré dans la salle de bain de ma chambre. Cette Klingonne complètement cinglée m'avait poursuivi jusque dans mon hôtel. Hikaru était venu me prévenir qu'elle me cherchait. Un véritable ami. Depuis, je faisais le mort, tout simplement. Mais, elle était tenace, comme tous ceux de son espèce et toquait régulièrement à ma porte, depuis de longues minutes. Par quel prodige savait-elle que j'étais là ? Elle me parlait à travers la porte, essayant de me convaincre de lui ouvrir. Mais, certains côtés d'elle m'effrayaient. Pas qu'elle soit moche, loin s'en faut. Néanmoins, une telle obstination, ça forgeait le respect. Une nouvelle fois, elle tenta de m'amadouer, prétextant vouloir uniquement discuter. Ma patience était à bout. J'étais encore un homme et un Russe. Il fallait que j'agisse comme tel.

Je sortis de ma cachette, d'un pas décidé et ouvris brusquement la porte. Elle ne s'y attendait manifestement pas, puisqu'elle se figea, le poing levé dans l'intention de toquer de nouveau.

« Écoutez-moi bien, parce que je ne le dirais qu'une fois. Je ne suis pas intéressé. » Commençai-je, d'un ton que je voulus ferme.

Elle ne réagit pas plus que ça.

« Ce n'est pas votre faute, vous êtes tout à fait…heu…belle, mais je… »

Elle referma la porte et me coupa d'un baiser, sans que je le voie venir. Mon premier réflexe fut de plaquer mes mains sur ses épaules pour la repousser, mais je calculai mal mon coup et les posai beaucoup trop bas. Ce qu'elle prit évidemment pour une invitation à aller plus loin. Elle noua ses bras autour de mon cou, en collant son corps au mien, me poussa à reculer, jusqu'à ce que l'arrière de mes genoux percute le canapé, me faisant chuter sur les oreillers. Elle suivit le mouvement, interprétant mal mes intentions et s'assit sur mes hanches en continuant à dévorer ma bouche. Sa langue mutine passa la barrière de mes dents et je me laissai prendre au jeu, malgré moi, remontai mes doigts dans son dos, en la serrant contre moi. Elle souleva mon t-shirt, pour me l'enlever, et je me retrouvai torse nu sous son regard quelque peu féroce. Je n'étais ni très musclé, ni bien épais et cela me mit mal à l'aise. Elle stoppa ses gestes et me fixa très sérieusement.

« Ne me dis pas que c'est la première fois que tu te retrouves dans ce genre de situation ? »

Sa question me fit piquer un fard phénoménal.

« Bien sûr que non. » Tentai-je de nier.

Mais, elle n'y cru pas une seconde.

« C'est trop d'honneur de m'offrir ce privilège. » Dit-elle, en glissant une main dans mon pantalon.

Je ne trouvai pas la volonté de lui dire que je ne lui avais jamais donné ma permission, alors qu'elle se délestait de sa robe d'uniforme. Elle était magnifique, sa peau douce et elle sentait bon. Je fus incapable de me rappeler pourquoi je ne voulais pas d'elle au début, tandis qu'elle me débarrassait du reste de mes vêtements. Je me laissai emporter par la vague de plaisir qui m'envahit quand elle s'empala d'elle-même sur mon membre et oubliai pour un instant, que tout ceci ne durerait pas.