VII

Friandise

Note de l'auteur : Un chapitre 8, ou je m'essaye à des choses nouvelles pour moi au niveau écriture, où mon amour des croissants déteint sur la fic, où Bones fait son Bones et où Spock fait des cachotteries.


Base stellaire 8, point de vue de l'Enseigne Pavel Andreievich Chekov.

J'ouvris lentement les yeux et m'étirai, délicieusement courbaturé, dans l'immense lit de ma chambre d'hôtel. La place à côté de la mienne était vide, mais encore tiède, et le bruit de la douche me parvint. Je souris bêtement, au souvenir des longues heures que nous avions passé à faire l'amour encore et encore. Elle semblait inépuisable, et moi, j'avais 18 ans. Je décidai de la rejoindre. C'est nu comme un ver que je traversai la pièce, pour me rendre dans la salle de bain envahies de vapeur d'eau. Un miroir embué me renvoya le reflet flou de ma silhouette longiligne, alors que je m'avançais vers la cabine. À travers la vitre trouble, je distinguai le contour de ses formes généreuses. Mon esprit s'éveilla complètement à la vue de ses bras levés, tandis qu'elle rinçait ses longs cheveux bruns, le relief indistinct de son arête frontale qui lui donnait cette expression si déterminée, l'arrondi de sa poitrine plantureuse que j'avais de nouveau envie de tenir dans mes mains, le galbe de ses fesses charnues, la ligne de ses jambes fuselées.

Elle n'avait pas encore remarqué ma présence et se retourna donc brusquement, lorsque je me glissai derrière elle après avoir fait coulisser la porte en verre. Elle manqua de déraper, mais je l'attrapai fermement par la taille, pour la maintenir. Mon érection vint se coller à son bas-ventre et la chaleur presque insoutenable de l'eau attisa mes sens. Mes mèches châtaines se collèrent à mon front, quand je passai sous le jet pour m'emparer de ses lèvres pleines et caresser délicatement ses seins. Un gémissement lui échappa et vint se perdre dans ma bouche, alors que j'insinuais mes doigts en elle, en savourant la moiteur des replis secrets de son corps. De mon pouce, je taquinai le bouton de chair qui la faisait vibrer de plaisir. Elle s'accrocha fermement à mes épaules, lorsque j'agrippai une de ses jambes de ma main libre et la passai autour de ma taille, pour avoir un meilleur accès. Quand je la sentis prête à exploser, je retirai mes phalanges, relâchai sa cuisse et l'incitai à se retourner. Elle plaqua ses paumes contre la paroi et cambra ses reins, en m'offrant une vue imprenable sur les deux globes charnus de ses fesses et son intimité. J'effleurai son dos, suivant la ligne extrêmement visible de son ossature, avant de dériver sur ses hanches saillantes que j'empoignai pour la pénétrer d'un coup sec. Ses gémissements raisonnèrent dans la pièce exiguë, alors que je la prenais à un rythme passionné, sous la cascade brûlante. Elle tourna sa tête vers moi et je me penchai sur elle, pour l'embrasser à perdre haleine. Je glissai mes doigts dans la fine toison brune de son bas-ventre pour la caresser fermement, jusqu'à que ses chairs se serrèrent autour de moi et que sa voix déraille quelque peu. La cadence de mes coups de reins devint chaotique, mon souffle erratique, alors que je me laissais envahir par un orgasme délicieux. Je posai mon front sur sa nuque, en la serrant contre moi, laissant l'eau emporter les traces de nos ébats.

Base stellaire 8, point de vue du Capitaine James T. Kirk.

Une douce caresse sur mon visage me tira du sommeil. Je me collai au corps chaud de Spock, en ouvrant les yeux. Nous étions rentrés dormir quelques heures, après le débriefing des derniers événements.

« J'ai repéré une boulangerie tenue par des Terriens, à deux pas de l'hôtel. Veux-tu une de ces choses beaucoup trop grasses que vous appelez croissant, pour déjeuner ? » Murmura-t-il, avant de m'embrasser.

« J'apprécierais, en effet. » Lui répondis-je, en m'étirant.

« Je reviens dans quelques minutes. » Dit-il, avant de se lever et d'enfiler son uniforme à la hâte.

Puis, il déposa un dernier baiser sur mes lèvres, avant de s'éclipser. Je me renfonçai dans les oreillers, en souriant.

Je m'étais assoupi, mais pas suffisamment pour ne pas être réveillé par le bruit de la porte. Ce que Spock ne remarqua pas tout de suite. J'en profitai donc pour l'observer. À peine entré, il s'empressa de ranger un paquet dans sa sacoche. J'eus à peine le temps d'apercevoir un logo sur le sachet, avant qu'il ne disparaisse de ma vue. Il ne m'était pas inconnu, mais je fus incapable de me rappeler de quel type de boutique il s'agissait. Je fis semblant de me réveiller, alors qu'il se faufilait de nouveau sous les draps, après s'être déshabillé, avec les viennoiseries à la main et une bouteille de jus d'orange bien frais.

« Tu en as pris deux ? » M'étonnai-je, en ouvrant le sac en papier légèrement gras.

« A vrai dire, je n'en ai jamais mangé. J'ai envie de goûter. »

Je m'emparai d'un des croissants et en coupai un morceau, avant de le glisser entre ses lèvres gourmandes qu'il referma sur mes doigts. Il les lécha avant de les relâcher et de savourer sa bouchée. Je réprimai un frisson de plaisir, en attendant son avis.

« Ça a un goût de beurre. » Dit-il simplement. « De levure aussi. Un peu sucré. »

« Tu trouves ça bon ? »

« Très. Je comprends maintenant pourquoi tu aimes en manger tous les matins. »

« Ceux fabriqués par les synthétiseurs de l'Enterprise ne sont pas comparables à ça. » Précisai-je, en croquant à pleines dents dans la friandise.

Trois coups résonnèrent alors contre la porte. Je m'empressai d'enfiler un boxer pour aller ouvrir, laissant le temps à Spock de s'habiller. Bones apparut derrière le battant.

« C'est des miettes de croissant sur ton visage ? » Demanda-t-il, en jetant un œil à ma bouche.

« Pas du tout. » Répondis-je du tac au tac.

« Jim. Je t'ai déjà dis d'arrêter de te goinfrer avec ses cochonneries. »

Je levai les yeux au ciel.

« Je peux entrer ? »

Je m'effaçai pour le laisser passer.

« Je suis venu pour t'examiner. Voir si tu t'es bien remis de vos péripéties de cette nuit. »

J'attrapai un t-shirt, tandis qu'il posait sa sacoche sur la table basse du petit salon. Spock vint le saluer, vêtu seulement de son pantalon, buvant à même la bouteille de jus de fruit. La sensualité incarnée. Du moins, de mon point de vue, puisque Leonard n'en fit pas grand cas et sortit son tricordeur médical. Je m'installai dans le canapé et me pliai, bon gré mal gré, à une batterie de tests et une prise de sang dont je me serais bien passé. Mon compagnon s'assit à côté de moi et passa une main dans mes cheveux. Bones nous jeta un regard attendri, mais ne fit aucun commentaire.

« Puisque mon dispensaire portatif a fini en morceaux, je vais aller au laboratoire de la base, pour voir si je peux emprunter du matériel d'analyse. » Dit-il en remballant ses affaires. « Sinon, comment tu te sens ? »

« Très bien, Bones. Arrête de t'inquiéter. Tu sais bien que je me remets rapidement maintenant. »

Il hocha simplement la tête.

« Et toi ? » Ajouta-t-il en s'adressant à Spock.

Si le tutoiement le choqua, il n'en montra rien. Après tout, nous n'étions pas sur la passerelle.

« Ma santé est satisfaisante, Docteur. Merci de vous en inquiéter. » Répondit-il, en me tendant la bouteille qu'il tenait toujours.

Mon meilleur ami le regarda longuement, alors que je me désaltérais.

« Faut-il que moi aussi je couche avec toi, pour que tu acceptes enfin de m'appeler Leonard, en privé ? »

J'avalai de travers et m'étouffai à moitié. Bones me tapa dans le dos. Mon compagnon ne trouva pas ses mots.

« Ne fais pas cette tête-là. Je plaisante. Ça n'arrivera pas. » Ajouta-t-il, en se levant.

Au passage, il ébouriffa la coupe déjà quelque peu désordonnée de Spock, avant de se diriger vers la sortie. Je le raccompagnai. En sortant, il se tourna vers moi.

« Quand j'aurai les résultats, je te préviendrai. Et, Jim, je suis content que ça fonctionne toujours aussi bien vous deux. Je ne t'ai jamais vu t'attacher à quelqu'un de cette manière. »

« Si. Avec toi. »

« Ce n'est pas pareil. »

« Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de sexe entre nous ? Ça n'a absolument rien à voir. Je serais incapable de choisir entre vous deux. Je prie pour que ça n'arrive jamais. » Répondis-je, en prenant sa main. « Tu es important pour moi. N'en doute jamais. »

Il hocha simplement la tête, en regardant ailleurs, les yeux brillants.

« À plus tard. » Dit-il, d'une voix enrouée, avant de s'engager dans le couloir.

Je refermai la porte sur lui, rejoignis Spock, qui était resté prostré dans la même position, et m'assis à califourchon sur ses cuisses.

« En langage McCoy, ça veut dire qu'il veut que vous soyez plus proche, tous les deux. »

« Pourquoi ? Nous n'avons pas beaucoup de points communs. J'ai toujours eu l'impression de plus l'agacer qu'autre chose. » S'interrogea-t-il, en passant ses mains dans le bas de mon dos, pour me serrer un peu plus contre lui.

« Parce qu'il me considère comme le frère qu'il n'a jamais eu et que c'est également mon cas. Tu es mon mari, en plus d'être mon premier officier. Il souhaite donc te montrer qu'il te voit également comme un membre de sa famille. C'est quelqu'un de très solitaire, tu sais. Depuis que je l'ai rencontré, le jour où je me suis engagé dans Starfleet, je suis la seule personne qu'il a autorisée à entrer dans sa sphère privée. Nyota est une exception et j'en suis ravi pour eux. Depuis son divorce, il n'accorde plus sa confiance facilement. Alors, s'il te tend la main, ne la rejette pas. Il a un sale caractère, il est bourru et parfois râleur, mais il est surtout loyal et à l'écoute. Tu peux parler de n'importe quoi avec lui. »

« Je vais faire un effort, si c'est si important pour vous deux. Je le considère comme un ami depuis bien longtemps maintenant, je lui ai déjà dit, le jour de notre union sur Vulcain. Mais, j'oublie parfois que les humains ont besoin qu'on leur montre souvent que l'on tient à eux. » Consentit-il, en déposant un baiser sur mes lèvres.

« Montre-moi à quel point tu m'aimes. » Chuchotai-je contre sa bouche.

« Si je le faisais vraiment, tu ne t'en remettrais pas. » Répondit-il, sur le même ton.

Un léger rire m'échappa et un délicieux frisson d'anticipation remonta le long de ma colonne vertébrale.

« Je ne suis pas en sucre, tu sais. »

« Ce n'est pas ce que j'ai dit. »

« J'ai très bien compris où tu voulais en venir, Ashayam. » Lui dis-je, en me penchant pour l'embrasser de nouveau.

« Je pourrais te le montrer autrement. » Rétorqua-t-il, mystérieusement.

« Tu parles du paquet que tu as tenté de cacher tout à l'heure. »

Il me lança un regard surpris.

« Tu ne peux rien me cacher, Ô descendant du grand Sherlock Holmes. » Le taquinai-je, avant de basculer sur le côté, pour le laisser se lever.

Il se dirigea vers son sac et en sortit le sachet que j'avais aperçu plus tôt, avant de me le tendre.

« Par contre, je n'ai aucune idée de ce que c'est. D'où t'es venu l'idée ? » Demandai-je, déchirant le papier cadeau.

« Je voulais t'offrir quelque chose qui me représente, pour que tu aies toujours l'impression de m'avoir avec toi. »

« Je ne l'ai même pas encore déballé, que je suis déjà sûr que c'est forcément magnifique. Rien que pour la raison qui t'a poussé à l'acheter. » Lui assurai-je, en ouvrant la petite boîte dorée.

À l'intérieur, dans son écrin, se trouvait un médaillon qui représentait le symbole de l'IDIC. Il était en argent, finement gravé. Une petite pierre bleue ornait le centre du cercle.

« C'est un lapis-lazuli. Universellement connu comme étant la pierre de l'amour et de l'amitié. Il aurait un effet calmant et supprimerait les angoisses, d'après certains ouvrages sur le sujet. L'insigne, tu le connais, il illustre l'essence même des principes de vie de mon peuple. Une infinie diversité dans d'infinies combinaisons. » M'expliqua-t-il.

« Il est somptueux. Je ne sais pas quoi dire. À part que je t'aime. » Murmurai-je, ému. « Tu peux me le mettre ? »

Il se rassit à côté de moi et me prit la chaîne des mains pour l'attacher à mon cou. Le bijou vint se poser entre mes clavicules, le métal précieux se réchauffa rapidement au contact de ma peau. Il était juste assez lourd pour que je n'oublie pas sa présence.

« Merci. » Chuchotai-je, avant de happer ses lèvres dans un baiser voluptueux.

Il me rendit mon étreinte, puis me fit basculer sur le canapé. Et ce collier fut la seule chose qu'il me laissa, alors qu'il se perdait dans la chaleur de mon corps une nouvelle fois.


NB : Le pendentif est inspiré du fanart de eerok1955 : "Kirk wearing a gift from Spock" que vous pouvez trouver sur deviantArt.