XII
Départ
Note de l'auteur : Avant-dernier chapitre, ça sent la fin. J'ai déjà plein d'idées pour la suite. Bonne lecture et merci pour vos commentaires!
Base stellaire 8, point de vue du Capitaine James T. Kirk.
Il était temps de quitter cette chambre. Spock était redevenu lui-même, notre lien plus consolidé que jamais et j'avais promis de consulter Bones pour mes cauchemars, quand nous serions enfin sortis de cette situation. En attendant, Scotty et son équipe venaient de finaliser la réparation des communications et nous avions des nouvelles de Starfleet. Bonnes, puisque les renforts étaient en route depuis qu'ils avaient reçu notre message de détresse.
Ils ne devaient arriver que dans l'après-midi, si tout allait bien et pour le moment, j'avais du mal à trouver une raison de m'extirper de notre lit et des bras de Spock. Il se colla à mon dos, encore à moitié endormi, son érection bien présente dans le bas de mes reins. Je m'étirai lascivement contre lui, en soupirant. Une de ses mains survola mon torse, avant de descendre caresser mon membre et je gémis sensuellement en tournant la tête, cherchant sa bouche derrière moi. Il releva une de mes jambes et me pénétra doucement. Ses gestes étaient calmes, tendres et quelque peu alourdis par le sommeil. Le plaisir se distilla lentement dans mes veines, monta par vagues. Je me cambrai d'une manière volontairement érotique, alors qu'il allait et venait en moi à un rythme mesuré, prenant son temps. Il dévora mon cou, happa une oreille, alors qu'il m'arrachait un cri impudique d'un coup de reins plus profond. Sa main s'empara de nouveau de mon érection, la serra entre ses doigts, bougea lentement, me mettant au supplice. Il garda cette cadence insoutenable durant de longues minutes, embrasa tout mon être, sans pour autant m'accorder ma délivrance.
« S'il te plaît… »
« Qu'est-ce que tu veux ? » Me demanda-t-il, d'une voix suave, emplie de retenue
« Plus fort. Plus vite. » Murmurai-je, contre sa bouche.
« J'hésite. J'aime tellement te voir dans cet état. » Répondit-il, avant de jouer avec ma langue.
Il refusa d'accéder à ma demande, continua à me torturer à ce rythme trop sage, me ceintura fermement de son bras libre pour m'empêcher de me dérober. Jusqu'à ce que je le supplie ouvertement, un sanglot dans la voix. Il se retira soudainement et me plaqua à plat-ventre sur le matelas, avant de s'agenouiller entre mes cuisses. Des ses mains, il écarta les deux lobes charnus de mes fesses et y glissa un pouce, me tourmenta.
« Tes pensées deviennent vulgaires, Jim. » Susurra-t-il, en se penchant à mon oreille.
« La faute à qui. » Répliquai-je, en levant mes hanches vers lui de manière indécente.
Je sentis son membre suintant glisser contre mon entrée, sans pour autant me satisfaire. Puis, il me pénétra profondément d'un coup de reins sec, en ravisant mes lèvres, étouffa le cri qui me déchira la gorge.
« C'est ce que tu désires ? »
« Oui. » Soupirai-je, en enfonçant ma tête dans l'oreiller.
Je plantai mes dents dans le coussin lorsqu'il réitéra son geste, en agrippant fortement ma taille, encore et encore. Il s'empara de mes poignets et les tira en arrière, jusqu'à me redresser et me plaquer contre son torse, en m'empêchant de me toucher. Mon sexe devint délicieusement douloureux, privé d'attention, mais Spock ne lâcha pas prise, me prit quelque peu durement. Mes gémissements se mêlèrent aux siens, alors que je succombais à un orgasme foudroyant, me répandais sur les draps. Il referma ses bras autour de moi, ses mouvements devinrent saccadés. Puis, il se tendit dans mon dos, en murmurant mon nom. Nous basculâmes en travers du lit, essoufflés et en sueur.
« Je tuerais pour une douche. » Soufflai-je, après de longues minutes.
« Pars devant, je te rejoins. »
Tant bien que mal, je me relevai et enfilai un boxer à la va vite, avant de me diriger vers la salle de bain. En sortant de la chambre, je tombai sur Bones, assit dans le canapé. Il avait l'air mortifié et sa tête semblait sur le point l'exploser, tant elle était rouge. Je marquai un temps d'arrêt, hésitant sur la marche à suivre.
« Je ne prendrai pas la peine de te demander depuis combien de temps tu es là, c'est écrit sur son visage. » Raillai-je.
Il se tourna vers moi, les yeux écarquillés.
« Vous êtes des animaux. » Dit-il, simplement.
Je levai les yeux au ciel, plus gêné par la situation que je ne voulus bien l'admettre. Son regard se fixa soudainement sur mon ventre avec insistance, avant de se détourner vivement.
« Nom de Dieu ! Jim ! » Jura-t-il.
« Quoi ? » M'exclamai-je en regardant mes abdominaux, avant de m'emparer précipitamment du premier tissu à ma portée, à savoir un plaid, pour m'essuyer sommairement.
« Allez, Bones ! Je t'ai raconté bien pire que ça. » Essayai-je de dédramatiser.
« Il y a quand même une différence entre t'écouter le dire et y assister. »
« En même temps, on ne t'a pas invité à regarder. D'ailleurs, tu n'as fait qu'entendre, si j'ai bien compris. Qu'est-ce que tu fais là, de toute manière ? » Demandai-je, pour changer de sujet.
« J'étais venu te rapporter ta bestiole. » Dit-il, en soulevant la cage que je n'avais pas encore remarquée.
« Il a un nom, tu sais. » Lui rappelai-je, en le déchargeant de son fardeau, pour le poser sur la table basse.
« Tu ne me feras jamais le prononcer, Jim. Mais, on sait que les ronronnements des tribbles ont un effet apaisant sur la plupart des humanoïdes. J'ai donc pensé que tu aimerais l'avoir avec toi. »
Je fus touché par l'attention et sortis l'animal pour le caler contre mon torse. En effet, son roucoulement me détendit instantanément.
« Merci. Je vais lui faire prendre l'air. Nous comptions aller manger quelque part. Tu viens avec nous ? »
« Sans façon. Je pense qu'il va me falloir un moment, avant de pouvoir regarder Spock en face de nouveau. » Déclina-t-il, en se levant.
Sa démarche vers la sortie eut des allures de fuite et je ne fis rien pour le retenir.
…
Ce n'est qu'une heure plus tard, douchés et habillés, que nous sortîmes finalement, direction les restaurants. J'avais hissé le petit Leonard sur mon épaule et beaucoup de passants se retournèrent sur notre passage, intrigués. L'animal semblait ravi de sa liberté retrouvée, si tant est qu'un tribble puisse l'être. À vrai dire, il ne faisait que roucouler avec plus d'entrain de d'habitude. Mais, cela eut le mérite de chasser quelque peu mes idées noires. Ça, et Spock qui me tenait la main, complètement hermétique à ce que purent bien en penser les autres Vulcains. Par-dessus le haut de mon uniforme, j'arborais fièrement mon pendentif. Mon compagnon, plus discret de nature, avait décidé de le porter en dessous. Mais, je savais qu'il le chérissait, au moins autant que moi le mien, et cela me suffit.
Nous avions opté pour un établissement qui proposait des spécialités culinaires de tous horizons, pour que chacun y trouve son compte. Une fois attablés, j'installai Leonard près de mon assiette. La petite boule de poil intrigua une jeune fille, à la table à côté, et il eut droit à de nombreuses caresses de sa part, quand deux Klingons passèrent près de nous. L'animal se mit alors à couiner, en se débattant, pour finalement bondir sur moi et se réfugier sous mon t-shirt.
« Quelle est cette chose ? » Demanda l'un d'entre eux, alerté par les cris.
« C'est un tribble et manifestement, il ne vous aime pas. »
Il afficha un air contrarié, mais décida de passer son chemin.
« Il n'y a bien que les Terriens pour s'attacher à des bêtes stupides. » L'entendis-je affirmer à son collègue, juste avant qu'ils ne sortent en riant comme des gorets.
Je pris parti de les ignorer et tentai d'apaiser mon petit compagnon. Une main imposante s'abattit soudainement sur mon épaule.
« Mes hommes vous posent encore des soucis, Capitaine ? » Me questionna Koloth, puisque c'était lui, en me faisant face.
« Pas du tout. Ils ont juste effrayé Leonard. » Lui dis-je, en extirpant la créature de sous mon vêtement, pour la lui montrer. Craignant une nouvelle réaction malvenue de sa part, je pris garde à le tenir fermement. Le Klingon s'assit à côté de moi, pour l'examiner de près. Etrangement, le tribble n'eut aucun mouvement de recul.
« C'est bizarre. J'ai pensé, à tort, que cela s'étendait à toute votre espèce, mais il semble vous apprécier. » Constatai-je.
« J'ai plutôt l'impression qu'il se calque sur ton jugement. » Avança Spock.
« Tu as sûrement raison. »
C'était plutôt logique. En sachant ça, je ne pus m'empêcher de m'imaginer le lâcher dans la chambre de Sinak, pour voir s'il l'étoufferait dans son sommeil. L'idée n'était pas déplaisante.
« Quoi ? » M'exclamai-je, rieur, quand Spock leva les yeux au ciel.
Un serveur vint prendre notre commande, mettant fin à notre échange. Koloth prit congé et rejoignit sa femme, quelques tables plus loin. Je remarquai que Miria n'était pas avec eux et eus une pensée pour Chekov. Il me semblait ne pas l'avoir aperçu depuis des jours.
…
Le repas terminé, nous retrouvâmes T'Prylla, pour accueillir le vaisseau qui venait à notre secours, au hangar des navettes. L'aire de téléportation étant toujours instable, c'est par ce biais qu'ils viendraient nous rejoindre. Ils ne se firent pas attendre longtemps, et c'est avec un certain soulagement que nous pûmes voir le navire arriver et s'amarrer à l'un des spatio-dock.
…
La décision fut prise de rapatrier l'Enterprise sur Terre pour qu'il puisse y être réparé comme il se doit. Scotty était ravi, mais c'était bien le seul. Nous allions devoir cohabiter durant plusieurs jours avec l'équipage d'un autre vaisseau, puisque le nôtre n'était plus habitable et notre mission était provisoirement suspendue. Les Klingons, dont le bâtiment avez mieux résisté, resteraient encore un moment, le temps de qu'il soit en état de repartir. C'était donc ici que nos routes se séparaient. J'étais tout de même satisfait d'avoir rencontré Koloth, qui avait au moins eu le mérite de me faire quelque peu revoir mon jugement sur son espèce.
Une équipe d'ingénieurs fut assignée sur place, pour remettre la base sur pied. Quant à Sinak, il partirait avec le prochain cargo. Sur la piste d'embarquement, j'aperçus Chekov, qui à mon grand étonnement, était plus occupé à embrasser Miria, qu'à aider les autres à porter les bagages. Elle l'avait finalement pris dans ses filets. J'étais peiné qu'il doive la quitter. Mais, ainsi était la vie d'explorateur de l'espace. Jamais fixé, toujours en mouvement. Peut-être finirait-il par trouver chaussure à son pied, à bord de l'Enterprise.
Les adieux furent chaleureux, malgré les événements qui étaient venus gâcher ce qui aurait dû être une permission des plus banales. Nous montâmes à bord du vaisseau où je devrais laisser le commandement à son Capitaine, même si cela ne me réjouissait pas. Je décidai d'en profiter pour me reposer encore un peu, alors que la base stellaire 8 s'éloignait sur l'écran principal de la passerelle, et me retirai, avec Spock, dans les quartiers qu'on nous avait généreusement prêté. Le chemin du retour promettait d'être long.
