De la justice pas la vengeance
Note de l'auteur : Encore une histoire qui s'achève, sur la promesse de retrouvailles que j'avais envie d'écrire depuis longtemps. J'espère que ce dernier chapitre vous plaira et ne vous inquiétez pas, j'ai déjà l'intrigue de ma prochaine fic ;) Bonne lecture et à très vite! Merci de m'avoir lu encore une fois.
L'USS Excalibur NCC-1664 était un vaisseau de classe Constitution. En d'autres termes, son infrastructure comportait beaucoup de similitudes avec celle de l'Enterprise. De ce côté-là, au moins, nous n'étions pas dépaysés. Autre point positif, le Capitaine Harris était un ami. Évidemment, je n'avais pas mon mot à dire, en ce qui concernait le commandement, mais j'étais le bienvenu sur la passerelle, ainsi que Spock, qui intriguait certains membres d'équipage. L'Excalibur finalisait une mission de plusieurs mois, non loin de la base stellaire 8, quand Starfleet l'avait contacté pour qu'il nous vienne en aide. L'idée d'enfin rentrer sur Terre en réjouissait beaucoup. En ce qui concernait mes hommes, je me demandais si ce retour forcé, ne ferait pas plus de mal que de bien, au final. Pour notre voyage de cinq ans, nous avions tous subi une préparation intensive et psychologique, en partie pour nous habituer au fait que nous ne reverrions pas notre planète durant cette période. Les autoriser à rentrer chez eux, le temps des réparations, risquait de mettre à mal tous leurs efforts. D'un autre côté, il serait cruel de leur ordonner de ne pas quitter le siège de Starfleet. J'étais donc face à un dilemme. Mais je relativisais en me disant que je disposais d'un long trajet pour y réfléchir. Nous n'arriverions pas avant dix jours, si tout allait bien.
Je devais retrouver Spock au mess des officiers, pour le déjeuner. Pour une raison évidente de manque de place, nous avions dû organiser un roulement pour les repas. Mais Harris et moi avions tenu également à ce que nos équipages se mélangent, pour inciter à de nouvelles rencontres et entretenir une bonne entente générale. L'Excalibur abritait essentiellement des Terriens, contrairement à notre vaisseau. La renommée de l'Enterprise attirait des explorateurs de tous horizons, nous étions donc plus habitués à cohabiter avec d'autres espèces. Mais ici les choses étaient différentes et mes subalternes non-humains attiraient l'attention des plus curieux. C'est ainsi que je croisais Dax, un officier Megazoide, au détour d'un couloir, entouré d'un petit groupe souhaitant le connaître mieux. Je le saluais d'un signe de tête, qu'il me rendit, un grand sourire aux lèvres.
Je pénétrais dans le réfectoire bondé et repérais Spock qui m'attendait seul, à une table pour deux. Enfin, ce n'était pas tout à fait juste, car une femme installée en face de lui, montrait un intérêt certain pour sa personne. Je restais à distance et observais la scène avec curiosité. Non loin de là, Bones, Nyota et Scotty, attablés ensemble, riaient sous cape, en jetant de fréquents regards en direction de mon compagnon. Quand l'ingénieur m'aperçut, il prévint les deux autres et leur fou rire redoubla. Je levais les yeux au ciel, en me rapprochant de mon mari qui me tournait le dos, pour entendre ce que cette nana pouvait bien lui raconter. Elle le complimentait sur ses oreilles et s'apprêtait à tendre la main pour en toucher une. J'attrapais le dossier d'une chaise et la traînais derrière moi, faisant désagréablement crisser les pieds métalliques sur le sol, en les rejoignant. Je la retournais ensuite, à côté de celle de Spock, et m'asseyais dessus en fixant la demoiselle. Les personnes qui se restauraient à proximité, alertées par le bruit strident, observaient la scène avec attention. Mon compagnon leva un sourcil dans ma direction, curieux de voir ce que j'allais faire.
« Désolé de t'avoir fait attendre. » Lui dis-je, simplement, avant de me pencher sur lui pour ravir ses lèvres, dans un baiser à la limite de la décence.
« C'est puéril, Jim. » Pensa-t-il, sans se dérober pour autant.
« Elle le mérite. Tu es à moi. Oses prétendre que ça te déplaît. » Répliquais-je, avant de le relâcher et de me réinstaller correctement dans mon siège.
L'expression sur le visage de la jeune femme était juste inoubliable. Elle nous fixa de longues secondes, bouche bée, avant de marmonner des excuses et de se lever pour quitter la pièce.
…
Les journées se suivaient et se ressemblaient. L'ennui me guettait, mais je prenais mon mal en patience. La phase nocturne était déjà bien entamée, en ce cinquième jour de trajet et je contemplais l'Enterprise, prise dans le rayon tracteur de l'Excalibur, par la baie d'observation, à l'arrière du vaisseau. Ma Dame de fer semblait bien seule, mais n'avait rien perdu de sa majesté. La porte s'ouvrit sur un visiteur dont je devinais l'identité.
« On m'a dit que je te trouverai ici. » Dit Spock, en s'avançant vers moi.
Il contourna le banc sur lequel j'étais assis et vint face à moi, avant de s'installer à califourchon sur mes genoux. Je passer mes mains dans son dos et il noua les bras autour de mon cou, avant de m'embrasser tendrement. Il bougea ses hanches, se collant délicieusement à moi.
« On va se coucher ? » Me demanda-t-il, en pensée.
« Hum hum. » Marmonnais-je, alors qu'il se relevait.
Nous rejoignîmes rapidement les quartiers qu'on nous avait alloués. Les couloirs étaient déserts à cette heure, un silence apaisant nous accompagna. Une fois la porte refermée sur nous, je poussais Spock sur le lit drapé de blanc, après l'avoir débarrassé de son t-shirt. Nous étions loin de la décoration vulcaine de la chambre qui était devenue la nôtre sur l'Enterprise. J'avais tout de même insisté pour que mon compagnon augmente la température. Je savais qu'il se sentait mieux comme ça et pour ma part, je m'étais adapté. Je posais une main sur la boucle de ma ceinture, pour la défaire, quand une idée me vint. Je l'ouvris et tirais dessus pour la sortir des passants de mon pantalon. Spock me lança un regard dubitatif.
« Qu'est-ce que tu fais ? »
Je pris un air angélique et haussais les épaules en le rejoignant sur le matelas.
« Tu me caches tes pensées, ce qui n'augure rien de bon, de mon point de vue. »
« Je ne vois pas de quoi tu parles. » Répondis-je, innocemment.
Je m'assis à cheval sur ses hanches et m'emparais de ses lèvres, sensuellement, en glissant discrètement la lanière de cuir noir sous oreiller. Puis je m'emparais de ses mains, l'air de rien, et les ramenais au-dessus de sa tête. Il se tendit alors, d'une manière presque imperceptible, mais je sentis à travers notre lien, qu'il comprenait où je voulais en venir. Mais avant qu'il puisse réagir, j'enroulais ma ceinture autour de ses poignets et refermais la boucle sur la tête de lit. Il gigota sous moi, ce qui m'excita encore plus. Je me redressais ensuite, pour contempler le résultat. Et on pouvait dire qu'il valait le détour. Spock, d'habitude si lisse en public, ou encore quelque peu sauvage en privé, était entravé sur ce lit, torse-nu, sa coupe désordonnée et un air incertain sur le visage. C'était assez fier de moi, que je me penchais sur lui.
« Il n'y a pas que toi, qui sais faire languir. » Murmurais-je, avant de croquer une oreille.
Un léger gémissement me répondit. Je descendis sur son torse, mordillant un téton au passage, léchant la peau douce de son ventre qui prit une teinte plus verte, jusqu'à buter sur la fermeture de son pantalon. Ses abdominaux se contrastèrent, sous la caresse de ma langue. Je me relevais et me débarrassais de mes derniers vêtements, avant de faire de même avec les siens. Spock tira sur ses liens. J'étais tout à fait conscient que s'il le voulait, il avait une force physique suffisante pour en venir à bout très facilement. Il n'y mettait pas vraiment de volonté. J'en déduis donc que ça ne lui déplaisait pas autant qu'il essayait de me le faire croire. J'attrapais un de ses pieds et le massais lentement, mais avec fermeté, puis fis subir le même traitement au deuxième. Spock laissa retomber sa tête sur l'oreiller, en soupirant d'aise. Je remontais ensuite sur ses mollets, avant d'agripper l'arrière de ses genoux pour écarter ses jambes, afin de m'y glisser. Sur son bas-ventre, reposait une imposante érection, suintante de ce liquide translucide qui s'écoulait quelque peu sur sa peau. Ses vrilles, encore inactives, se déroulèrent à l'approche de mes mains sur ses cuisses. Mais je tournais autour du pot, caressais son aine, l'os saillant d'une hanche, ses flancs, sans jamais le satisfaire. Je m'inclinais vers lui et, impulsivement, léchais son membre sur toute sa longueur. Il eut un sursaut de surprise, avant de gémir lascivement. Je retrouvais, avec délice, son goût sirupeux et ne pus m'empêcher de le prendre entièrement dans ma bouche, pour m'abreuver de ses cris de plaisir contenus. J'insinuais délicatement mes doigts en lui, effleurant ses points sensibles. Le montant du lit grinça de protestation, quand Spock tira un peu plus fort, en se cambrant sur les draps. Il poussa ses hanches vers moi convulsivement, inconscient de l'image divinement érotique qu'il donnait, les yeux fermés, mordillant sa lèvre inférieure. Je le relâchais et m'agenouillais entre ses cuisses, tout en continuant à le tourmenter de mes phalanges.
« Évite de casser ce meuble, Ashayam, ça serait malvenu de notre part. » Murmurais-je, ironiquement, en remuant plus profondément en lui.
« Tu n'as qu'à arrêter de te faire désirer. » Soupira-t-il, en réponse.
« C'est bien ce que tu m'as fait subir la dernière fois, pourtant. Jusqu'à ce que je te supplie. » Lui rappelais-je, d'une voix suave, en me retirant.
« Pas tout à fait. » Dit-il, frustré.
« C'est vrai. Laisse-moi rétablir les choses. » Susurrais-je, en le pénétrant brusquement.
Il gémit sans pouvoir se retenir et noua ses jambes autour de ma taille, tentant de me pousser à accélérer. J'agrippais ses mollets fermes et les hissais sur mes épaules, avant de me pencher sur lui pour l'embrasser langoureusement. Je lui imposais un rythme lent mais dur, durant de longues minutes, restant sourd à ses soupirs. Mais je savais que je n'avais pas son contrôle et que je céderais le premier. Au final, cela était sans importance, seul comptait son plaisir. J'abdiquais finalement, et augmentais la cadence de mes coups de reins, pour sa plus grande satisfaction. Il empoigna mes cheveux trempés de sueur et mordit ma lèvre, avant de jouir entre nos ventres soudés. Je me noyais alors dans la chaleur de son corps, jusqu'à sombrer à mon tour.
Je me laissais tomber à ses côtés, tendais un bras paresseux pour défaire ma ceinture et libérer ses poignets. Il me prit immédiatement dans ses bras, m'emprisonnant dans une étreinte fébrile, alors qu'il reprenait son souffle. J'embrassais son épaule, la ligne de sa mâchoire, pour finir sur ses lèvres écorchées par ses dents. De ma langue, j'apaisais sa douleur, puis calais ma tête dans le creux de son cou en me laissant emporter par le sommeil.
…
La Terre tournait paisiblement sur elle-même sur l'écran principal, alors que l'Excalibur s'amarrait au spatio-dock. Je mentirais en disant qu'elle ne m'avait pas manqué. L'Enterprise fut arrimé juste à côté et nous embarquâmes par groupes dans les différentes navettes qui nous amèneraient au sol. Une fois au siège de Starfleet, vint le temps des rapports ennuyeux et de la réunion interminable avec les Amiraux. C'est encore dans ses moments-là que j'appréciais réellement mon lien télépathique avec Spock. Avoir des conversations en parallèle des longs monologues des officiers supérieurs, m'aida grandement à ne pas perdre patience. Ce n'est que des heures plus tard, alors que la nuit tombait et que mon équipage avait pris ses aises, que j'ordonnais officiellement une permission jusqu'à nouvel ordre. Spock m'avait finalement convaincu qu'il était plus logique de laisser chacun vaquer à ses occupations librement. Qu'ils savaient pourquoi ils s'étaient engagés sur cette mission et qu'ils ne changeraient pas d'avis. C'est ainsi que nous prîmes la décision de rendre visite à ma mère dans l'Iowa. Cela faisait trop longtemps que je repoussais cette confrontation, ça en devenait ridicule. Les événements de ces deux dernières années m'avaient fait mûrir et me remettre en question. J'étais devenu Capitaine de vaisseau, m'étais marié selon deux cultures différentes, sans compter le sauvetage de Vulcain, même si personne ne le savait à part nous. Après avoir rassemblé quelques affaires dans une voiture et calé la cage de Leonard sur la banquette arrière, nous prîmes la route pour un long road trip vers mes origines et la ville qui m'avait vu grandir.
FIN
*Le titre est un extrait des paroles de « Sur la route » de Raphael qui, je trouve, donne bien le ton de ce chapitre.
