Résumé: Kirk s'interroge sur la moralité de la sentence de Khan


Bones ne pouvait rester très longtemps. Il y avait tellement de blessés et de morts après que Khan ait joué les kamikazes en faisant écraser le Vengeance sur le quartier général de Starfleet et ses environs, que l'hôpital avait besoin de tout le personnel médical disponible. Par conséquent, alors que les devoirs du Docteur Maccoy se limitait habituellement à s'occuper des membres de l'Enterprise, il devait, désormais, s'occuper d'autant de patients qu'il lui était possible de prendre. Apparemment, les blessés et les morts continuaient d'affluer deux semaines après le crash, bien que cela se soit progressivement calmé.

Jim essaya de ne pas culpabiliser à la satisfaction de voir son ami enfin partir. Il avait beaucoup de choses en tête après tout.

Étant donné que Bones avait vu de ses propres yeux les conséquences des actions de Khan sur ses patients, Jim ne pouvait pas réellement le blâmer à propos de son opinion à l'égard de ce dernier. Il était même partiellement d'accord avec Bones. S'ils avaient pu trouver ce qui permettait à Khan de guérir aussi vite, et ensuite répliquer les propriétés du sang du surhumain, cela aurait pu aider énormément de gens.

L'intérêt du plus grand nombre surpasse celui d'un seul individu, n'est ce pas?

Si Khan avait volontairement accepté l'expérience, alors cela aurait été différent. Mais, il n'avait accepté rien de tout cela. Il a été condamné à le faire. Il n'avait pas le choix. Khan était peut être un salopard de meurtrier à l'égo surdimensionné, il était peut être fou, il était peut être un criminel, mais c'était un être sensible. Il était toujours humain. Même s'il avait été génétiquement modifié pour être "meilleur" selon ses mots, il méritait cependant d'être toujours traité comme un être humain et non pas comme...

Pas comme un esclave. Pas comme un rat de laboratoire. Pas comme s'il n'était pas humain.

C'était une pente glissante. S'il était acceptable de sacrifier une personne pour le bien de beaucoup d'entre, serait il toujours acceptable d'en sacrifier dix pour sauver une centaine? Un millier pour un million? Où était la limite?

Jim aurait voulu répondre qu'il ne pouvait croire qu'un membre de la direction de Starfleet aurait pu suggérer une telle chose dans un premier temps. Mais,... il savait. C'était déjà arrivé. Les hommes et les femmes à la tête de Starfleet n'étaient que des humaines, pas des saints peut importe s'ils affirment être plus civilisés que Khan.

Mais, il y aura toujours des hommes désireux d'exploiter les autres dans leurs propres intérêts. Des Hommes qui croyaient que la fin justifiait les moyens peu importe le coût. Malheureusement, c'était un des aspects les plus détestables de la nature humaine. Que disaient déjà les anciens? L'enfer était pavée de bonnes intentions?

Au départ, même l'amiral Marcus avait certainement dû croire que ce qu'il faisait était pour le plus grand bien. Les Klingons étaient une menace auquel Starfleet devrait faire face d'une façon ou d'une autre, probablement plus tôt que l'on ne le pensait. Si la guerre était inévitable, essayer de créer des armes pour défendre la Terre et ses alliés semblait être une précaution nécessaire. Mais, Marcus était allé trop loin. Ce qu'il avait fait à Khan et son peuple, ce qu'il avait presque réussi à faire à l'encontre de l'Enterprise et de son équipage, tout ça en vue de provoquer une guerre contre les Klingons...

Non, la fin ne justifiait pas les moyens.

Jim soupira avec lassitude. il y a de cela quelques années, il n'aurait jamais cru avoir jouer le rôle d'un quelconque champion des causes perdues, mais apparemment, cela avait changé. Peut être parce que lui- même avait été une cause perdue à un moment donné. Cela aurait été probablement toujours le cas s'il n'y avait pas eu Christopher Pike. Ce n'est pas comme s'il pouvait rester là, les bras ballants, regarder une planète entière et sa population être détruite, peut importe ce que les règles disaient. S'il pouvait faire quelque chose pour arrêter tout cela, il ne pouvait pas rester là, sans agir et laisser subir Khan.

Il était bien conscient de l'ironie de la situation. L'homme qui avait sauvé James avait été tué par l'homme que Jim voulait maintenant sauver. Jim tenta de se consoler en ayant la certitude que même Christopher Pike n'aurait pas voulu voir Khan être traité de cette façon, peut importe ce que ce dernier avait fait. Jim n'excusait pas l'homme ni même ses actions, absolument pas. Mais, il défendait les idéaux qu'il avait juré de respecter en intégrant Starfleet.

De plus, le fait que Khan ait plaidé coupable et refusé tout procès l'intriguait. Bien sûr, Jim le connaissait à peine, et encore, dans des circonstances des plus désagréables, mais il avait fait son travail. Lorsqu'il a finalement décidé, la nuit dernière, que tout effort pour ne pas penser à Khan était futile, Jim avait décidé de trouver tout ce qu'il pouvait sur cet homme.

Cela n'avait rien de facile, mais, au moins, le temps passait plus vite. Jim pris la tablette qu'il était en train de lire avant l'arrivée de Bones ce matin et l'alluma. Toutes les informations sur le passé de Khan que Jim était parvenu déterrer étaient dedans.

Il n'y avait pas grand chose, ce qui ne le surpris guère. La fin du 20ième siècle avait fait l'objet de toute une série de guerres qui avait dévasté la planète entière. Conserver les archives n'étaient pas vraiment la principale préoccupation d'alors, sans compter sur le fait que la plupart des informations avait été récemment classées confidentielles; ce qui, encore une fois n'avait rien de surprenant étant donné les événements récents. mais, cela restait un problème mineur. l'amiral Pike n'avait pas surnommé Jim comme le "seul génie repris de justice de l'Iowa pour rien. Il fut capable, en moins d'une heure, de pirater le système de sécurité et de télécharger toutes les données dont il avait besoin. Il avait déjà tout lu, par 2 fois, mais cela le fascinait toujours autant.

Khan Noonien Singh était le produit du programme eugénique. Le résultat d'une reproduction sélective de gènes censé améliorer la race humaine. Mais, même parmi les surhommes, Khan était considéré comme exceptionnel.

Une dizaine d'années seulement après le début du programme, les Humains génétiquement modifiés avaient déjà pris le contrôle de presque toute la terre entière. Khan, lui même, dirigeait un peu plus d'un quart de la planète. Il avait été un tyran. Inutile de tourne autour du pot. Mais, il était aussi connu pour être le meilleur des tyrans parce que, même si ses sujets avaient peu de libertés...Il n'y avait pas de tueries de masse. Pas de génocide. A une époque où la planète entière avait été ravagée par les innombrables pertes humaines, le règne de Khan avait même été bien accueilli.

Cela ne ne collait absolument pas avec ce que Jim avait entendu sur le pont du Vengeance lorsque Spock avait accusé Khan de vouloir éradiquer toute personne considérée comme inférieure. A ce moment là, il ne s'était pas posé de questions. ll pensait que Khan avait juste essayé de jouer avait lui lorsqu'il avait affirmé avoir été génétiquement conçu pour être supérieur afin de ramener la paix dans un monde marqué par la guerre. Mais, apparemment, il avait eu tord. Il semblerait que Khan l'ai laissé se fourvoyer. L'histoire que Jim était en train de lire en était la preuve.

Mais, il y avait d'autres Hommes génétiquement modifiés qui avaient pris le pouvoir de façon moins honorable que Khan, qui étaient coupables de génocides de masses considérées comme inférieures ainsi que d'autres crimes contre l'humanité. Il n'y avait rien de surprenant qu'une guerre ait éclaté entre ces tyrans durant les guerres eugéniques. La plupart des surhumains avaient été finalement défaits par leurs sujets qui se sont élevés contre eux, mais certains, Khan inclus, n'ont jamais le règne être remis en question.

Jim fronça des sourcils la tablette entre ses mains.

Il ne connaissait peut être pas personnellement Khan mais il était au moins certain d'une chose: Khan n'était absolument pas le type d'homme qui abandonnait sans se battre. Khan s'était, certes, rendu sur Kronos. Mais, Jim n'était pas un idiot. Même à ce moment là, il suspectait que Khan ne s'était pas livré parce qu'il avait été intimidé par les les torpilles pointées sur sa tête. Jim savait que ce dernier préparait quelque chose, seulement il n'avait aucune idée de ce que cela pouvait être. Ou peut être avait-il été trop arrogant, pensant qu'il pouvait surpasser Khan. Alors peu importait quels aient été ses plans dès lors qu'il avait Khan dans une cellule. Mais, pour Khan, juste tout abandonner maintenant, cela n'avait aucun sens. Cela ne lui ressemblait pas, et il n'en retirait aucun bénéfice. Tout du moins, pas d'après ce que Jim pouvait voir.

Rien de tout cela ne paraissait vraisemblable. Si Spock avait ne serait- ce que l'ombre d'une idée de ce à quoi Jim pensait, il l' aurait sans l'ombre d'un doute sermonné...encore une fois.

«En dépit de votre tentative de me persuader du contraire, vous semblez avoir une conscience, Mr Kirk. Si cela n'avait pas été le cas, cela m'aurait été impossible de vous convaincre."

Et bien, ce n'était certainement pas la première ni la dernière fois que la conscience de Jim allait lui attirer des problèmes.

Ok... la décision était prise. Jim allait faire quelque chose. La question restait à savoir quoi?

Si l'amiral Pike avait toujours été en vie, la réponse aurait été simple. Il serait allé demander conseil auprès de son ancien mentor sur la façon de traiter avec la direction de Starfleet. Cela n'avait rien de secret que le haut commandement de Starfleet n'appréciait guère Jim Kirk. La plupart d'entre eux le pensait arrogant, insoumis et trop inexpérimenté pour être aux commandes d'un vaisseau. Si Jim n'avait pas eu un dossier exemplaire, l'étiquette de héros, et s'il n'avait pas été aussi populaire parmi les moins gradés de Starfleet et la population, ils auraient probablement essayé de lui retirer l'Enterprise bien avant Nibiru.

Essayer de négocier avec le haut commandement de Starfleet sans l'aide de l'amiral Pike comme tampon n'allait pas être une partie de plaisir. Mais, il devait certainement avoir un moyen d'adoucir la sentence de Khan. Certains règlement pouvaient être cités concernant le traitement des prisonniers et bannir les expérimentations humaines. Jim grogna doucement, il ne parvenait pas à trouver une façon plus rapide d'obtenir les réponses désirées. Il n'avait juste, vraiment vraiment pas envie d'appeler. Parce que cela impliquait de devoir expliquer et... une fois qu'il aura tout craché, ils allaient certainement le prendre pour un fou. Que lui, plus que toute personne, ait envie d'aider Khan.

Jim soupira, résigné, et appuya sur la sonnette pour faire venir une infirmière dans sa chambre. Il n'eut pas à attendre très longtemps.

« Pouvez – vous, s'il vous plaît, contacter le commander Spock de l'USS Enterprise et lui dire que j'ai besoin de lui parler dès que possible ? Merci ».

Si quelqu'un avait une connaissance parfaite du règlement de Starfleet, ce serait certainement son 1ier officier.