WARNING ! Chapitre qui prouve que cette fic n'est pas classée M pour rien. Vous êtes prévenus !
Voici donc votre cadeau de Nawel ! Je vous souhaite de bonnes fêtes à tous et à toutes ! :D
Merci encore à BlackCerise pour sa review qui m'a fait bien plaisir, et merci à ceux qui lisent.
Chapitre 4 : Welcome to Hell
«J'avale cette couleuvre noire immonde,
Elle se répand et m'inonde
De ce cruor dont tu as décidé de me salir,
Tandis que tu détruis mon âme avec un atroce sourire, »
Plusieurs jours s'écoulent sans que je ne quitte ma chambre. Finalement, lasse de ces murs peints de bleu, je finis par m'habiller de façon négligée pour sortir. Un silence inhabituel règne dans le couloir. Inhabituel mais paisible, ce que j'apprécie. Je longe le corridor avant de rentrer discrètement dans la salle de réunion qui se trouve être vide. Soulagé, je fouine un peu afin de voir s'il s'est passé quelque chose durant mon absence sans rien trouver. Je quitte la pièce tout aussi discrètement pour me rendre dans mon bureau, vide lui aussi. Avec un sourire navré, je m'approche de la masse de papier et les prends en main, lisant rapidement de quoi il s'agit. Rien de très important. Je fais le tour pour m'asseoir dans le fauteuil avec un soupir et entreprends d'écrire ce fameux rapport que je repousse depuis des jours. Celui de Kikyo et de Kyoko.
Le temps passe rapidement et lorsque j'ai terminé, je suis surpris de voir qu'il est déjà midi. Je pose le dossier dans un tiroir et me lève en m'étirant. Je quitte le bureau, hésitant sur ce que je dois faire maintenant. Mon estomac réclame de la nourriture mais je n'aie pas le cœur à ça. Je fais le tour de la demeure lentement, en silence, sans croiser une âme. Bien que surpris, je me demande si tout le monde n'a pas simplement décidé de m'éviter. J'ai beau chercher, je ne parviens pas à déterminer si je ressens de la peine à cette idée ou du soulagement.
Je m'arrête le long du mur et contemple longuement mes mains, n'y voyant que le sang que j'ai répandu pour cette soi-disant notion de « bien ». Je ne crois pas être en mesure de discerner le bien du mal. Suis-je horrible ? Je ne le sais pas. Par contre, l'idée me taraude que je suis un monstre incapable de pardonner. Un monstre revenu tard dans la nuit couvert de rouge et annonçant qu'il avait dévoré sa proie. Une pure vantardise qui me rend malade. La tête me tourne. Je m'assieds dans ce couloir dénué de vie et observe sans vraiment le voir, ce plafond blanc immaculé. Si ça se trouve, ils m'ont tous abandonné et je suis seul. Seul dans cette immense demeure où les fantômes viennent me harceler. Ceux des traîtres, des alliés, des amis, des ennemis… Je frisonne un peu.
Des bruits de pas me font sursauter. Je regarde dans la direction du son et voit Reborn venir dans ma direction, les mains dans les poches. Il me rejoint sans un mot et s'installe à ma droite. Nous restons ainsi sans rien dire. Une complicité qui n'a pas besoin de mot. Pourtant, Reborn semble avoir quelque chose à dire, remarque, critique, moquerie, que sais-je. Léon fait le tour du chapeau et m'observe, sa langue rose s'étirant parfois. Finalement, Reborn se décide enfin :
-« Tsuna, il semblerait que tu aies passé un contrat avec Mukuro pour avoir le nom de Kikyo. »
Alors il est au courant. Je ferme un peu les paupières, fatigué de devoir répondre sans cesse aux attentes de tous.
-« Et alors… ? » dis-je d'une voix lasse.
Reborn se tourne vers moi, ses yeux devenant aussi menaçants que des canons de revolvers.
-« Quel genre de contrat ? »
J'ouvre la bouche avant de la refermer. Non, vraiment, je suis fatigué.
-« Aucune importance… » je réponds. « Dis-moi plutôt pourquoi il fait aussi calme ici ? »
Reborn renifle bruyamment. Il n'est pas dupe. Pourtant, il baisse la tête.
-« Ils sont tous partis en mission à l'extérieur » dit-il. « Il n'y a que moi et quelques larbins. Ils pensaient qu'il fallait te laisser un peu tranquille après ce qui est arrivé. Sauf Gokudera bien sûr, j'ai dû lui tirer dessus à trois reprises avant de le voir partir. »
Il me fait un léger sourire auquel je ne réponds pas. Je me remets sur mes jambes après quelques efforts, suivis par Reborn. Je tente de retenir mes bras de trembler et marche dans le couloir. A mon grand soulagement, mon ancien professeur ne me suit pas. Il reste là, au milieu du couloir à me dévisager. Je suis sur le point de tourner lorsqu'il me lance :
-« Tsuna, méfie-toi. »
Sur ces énigmatiques paroles, j'emprunte le couloir de droite et soupire. Je ne sens plus son regard plein de reproches dans mon dos. Me méfier ? Et de quoi ? Je suis toujours sur mes gardes ne sachant jamais quand l'ennemi va frapper. Malgré cela, je ne suis pas en mesure de sauver la vie des gens que j'aime. A cette idée, ma poitrine me fait mal, et j'y porte la main dans un geste futile. Il n'y a rien à faire contre ce genre de blessure.
Je fais le tour de la propriété, croisant en effet des hommes de mains et des serviteurs en très petit nombre. Lorsque je regarde ma montre et m'aperçois de l'heure, je décide de me rendre à mon bureau une dernière fois avant la fin de la journée. Les lumières s'allument dans le couloir et luttent contre la nuit qui s'installe pesamment sur le pays. Mes pas semblent résonner trop fort dans ce silence. Une sensation familière me parcoure, très désagréable, et j'ouvre la porte en sachant déjà à quoi m'attendre. Je la referme derrière moi et demande d'un ton sec ce qu'il se passe. Lentement, la personne qui est assisse dans mon fauteuil pivote et se retrouve face à moi, un sourire moqueur qu'il a l'habitude d'avoir.
-« Bonsoir, Sawada Tsunayoshi-kun. »
Je m'avance jusqu'au bureau de bois et dévisage ses yeux vairons qui cachent leurs réelles intentions dans ce plagiat de sourire. Je peux aisément comprendre pourquoi la plupart des gens évitent ce regard. Il est terrifiant.
-« Encore toi Mukuro » dis-je d'un ton froid. « Tu apparais souvent ces derniers temps, un peu trop à mon goût si tu veux tout savoir. Tu n'as pas reçu une mission à faire à l'extérieur ? »
Il pose son coude sur le meuble et pose sa tête contre sa main sans se départir de cet air suffisant et sûr de lui. Cet homme n'a peur de rien, ni de personne.
-« C'est de cette façon que tu traites tous tes gardiens ou c'est juste moi ? » réplique-t-il. « Enfin, pour tout te dire, j'ai déjà terminé. Je me suis dit qu'il était temps de venir te demander de respecter ta parole. »
Cruel, tel est le mot qui qualifie le mieux cet individu. Tout, dans son attitude jusque dans ses paroles m'évoque ce mot.
-« Quelle parole ? » dis-je en sachant pertinemment bien où il veut en venir.
Il incline la tête et ses lèvres s'étirent encore plus. Impossible de savoir si je dois considérer cela comme une menace ou non. Pourtant, la chair de poule m'envahit telle une vague trop pressée.
-« Ne joue pas, Tsunayoshi-kun. C'est agaçant. Tu dois me donner ton corps, c'était notre marché en échange de la vie de Kikyo. Tu as eu ce que tu voulais et j'aimerais bien obtenir ma part du marché. C'est logique, n'est-ce pas ? »
Je ne réponds pas. Je serre les poings et fronce les sourcils. Il rit avant de se lever du fauteuil et de faire le tour pour se poster à côté de moi.
-« Bien » dit-il d'un ton léger. « J'ai déjà vu à quoi ressemblerait mon bureau, et je connais le restant de la demeure, sauf ta chambre, la mienne en l'occurrence, et deux ou trois pièces secrètes je suppose. J'aimerais que tu me conduises d'abord à mon lit, je suis fatigué et je pense que j'aurais le temps de visiter le reste demain matin. »
Il poursuit jusqu'à la porte qu'il ouvre avant de se tourner vers moi.
-« Tu viens ? »
Je déglutis et fais demi-tour, un automate qui fonctionne sans réfléchir, déconnecté de la réalité. J'ai donné ma parole, juré sur mon nom. Il n'y a aucun moyen de faire marche arrière. Je me décide à le suivre dans un état d'abrutissement qui me surprend. Nous marchons jusqu'à la porte de ma chambre sans échanger une seule parole. Je le fais entrer à l'intérieur et il se positionne au centre de la pièce en inspectant le lieu. Je referme la porte et me demande si je ne viens de m'emprisonner moi-même.
Mukuro se défait de sa cravate qu'il jette sur une des chaises avant de se laisser tomber sur le lit. Il croise les bras sous sa nuque et je l'observe en silence. Dans mon esprit, quelque chose me tiraille mais je ne n'y prête pas attention. Je ne peux pas me défaire de ce vide qui continue d'inonder ma tête.
-« Oui, ce n'est pas mal » lance soudain Mukuro. « Pas mal du tout quand on sait que c'est la place du boss le plus puissant des entrailles de la mafia. »
Il se relève et s'assit sur le lit, ses gants noir me font signe de m'approcher ce que je fais en étant sûr d'être sur le point de commettre une erreur monumentale. Je le fais parce que quelque part, c'est mon châtiment, ma punition. Je me suis vengé, alors peu m'importe si dorénavant Mukuro prend les commandes de mon corps. Il sera certainement un bien meilleur boss que moi.
Je suis très surpris lorsqu'il agrippe mes vêtements pour me faire basculer sur le lit. Je m'étale de façon lamentable sur les draps avant de lancer un regard furieux vers Mukuro qui se contente de me sourire. Je me redresse sur un coude, la bouche ouverte pour lui dire ma façon de penser quand il me retourne sur le dos et se positionne au-dessus de moi. A nouveau, l'angoisse me secoue mais je suis incapable de bouger. La souris tétanisée devant le serpent.
Il se saisit de mon menton d'une main et attrape de l'autre mon bras qui allait déjà le repousser. La colère me submerge soudain.
-« Qu'est-ce que tu fabriques ?! » dis-je d'une voix offusquée.
Il sourit de façon si candide qu'il est difficile de l'associer au sens de ses paroles.
-« Je prends ce qui m'est dû : ma récompense était ton corps, pas vrai ? »
Il pose ses lèvres sur ma joue en même temps qu'une effroyable pensée me traverse. Ses paroles, son plan, sa façon d'agir, tout devient claire et dans un mouvement de peur, je le repousse brutalement. Malheureusement, il ne lâche pas mon bras et il se retrouve seulement repoussé de quelques centimètres. Il s'assied sur moi, sa main faisant pression sur mon bras en serrant sauvagement.
-« Tu vas manquer à ta parole ? » dit-il d'une voix acide. « Tu as fait une promesse je te signale. »
-« Ce n'est pas ce que j'imaginais ! » je crie en retour.
-« Ah ? Tu m'en vois désolé, mais ça ne change rien à notre marché : le nom de l'assassin de ta bien-aimée contre ton corps. Ton corps étant le mien, je peux en faire ce qu'il me convient, peu importe ce que tu avais en tête. »
Horrifié, je me redresse et tente de lui coller un coup de poing qu'il évite en penchant la tête. Il agrippe mon bras et dans ses yeux, je vois cette lueur de cruauté pure étinceler. Dans un bruit de craquement qui me soulève les entrailles, il me brise le bras. Ebahis, je contemple la forme étrange de mes os lorsque la douleur balaie tout. Je pousse un cri en serrant mon bras contre moi. Je suis très vite stoppé par un coup dans mon visage qui arrose ma bouche de sang. Les yeux écarquillés, je relève le visage pour ne voir que ce sourire bienfaisant. C'est impossible, impossible !
-« Tu vois, si j'en ai envie, je peux aussi briser ton corps en mille morceaux » dit Mukuro sans aucun remords. « J'aimerais mieux éviter car tu ne me serais d'aucune utilité dans cet état. Bien, tu as compris maintenant, Tsunayoshi-kun ? »
Mon corps tout entier se rebelle à cause de la douleur et la terreur qui s'empare de moi. Lorsque je parle, ma voix n'est qu'un murmure tremblant et fragile :
-« Je pensais que tu allais prendre possession de mon corps… Prendre ma place en tant que boss… Je croyais… »
-« Kufufu ! Comme si j'étais intéressé par ton minable groupe ! Et puis je ne suis pas capable de posséder un corps aussi pur que le tient. Ton esprit me rejetterait sans cesse et je finirais par être obligé de retourner dans mon propre corps. Ce serait un retour à la case départ. Non, je pense que ceci est beaucoup plus intéressant… »
Sa main caresse ma joue et j'ai un mouvement de recul, écœuré.
-« Je ne veux plus de ce marché ! » dis-je brusquement.
-« C'est trop tard, tu m'as donné ta parole » répond Mukuro d'un ton joyeux.
-« Peu importe, je refuse » dis-je d'une voix rendue neutre par la flamme de la dernière volonté que j'ai activé malgré moi.
Mukuro ne semble pas impressionné. Au contraire… Il semble s'amuser !
-« Tu refuses ? Pourquoi ? Qu'est-ce qui t'empêche de respecter ta parole ? » persifle le gardien de la brume. « Tes sentiments ? Lesquels ? Es-tu encore capable d'éprouver quoi que ce soit alors que tu as tué celle que tu aimais ? »
-« La ferme ! » je hurle en me libérant mon bras valide pour lui donner un coup dans l'estomac.
Mukuro se plie en deux et je le pousse jusqu'à ce qu'il tombe du lit. Je me redresse pour quitter la pièce. J'ouvre la porte…
Perplexe, je contemple ma main posé sur la poignée. Puis je regarde le vide qui s'étend devant moi. Il n'y a que le noir des abysses qui y règne. Il n'y a rien. Mukuro rit et je me retourne. Il s'est remis debout. Je le dévisage, les pensées rendues claires par ma flamme.
-« C'est ton œuvre je suppose ? » je demande.
Il ne répond pas et se contente d'aller s'asseoir dans un fauteuil magnifique, orné de perles blanches et noires cousues en fil d'or. Je referme la porte car je sais que je ne pourrais rien faire contre ses illusions. Si c'en est une d'ailleurs. On n'est jamais sûr avec Mukuro.
-« Laisse-moi sortir d'ici » je lui ordonne.
-« Je n'en n'ai pas envie » répond-t-il.
-« Tu oses me défier… ? » je rétorque aussi vite.
-« Pas du tout, je te propose un nouveau marché ! » lance-t-il avec enthousiasme.
Je ne réponds pas tout de suite. Quel qu'il soit, il est mieux d'accepter plutôt que d'affronter Mukuro dans un lieu alors qu'il utilise déjà ses illusions. De plus, avec mon bras gauche cassé, ce serait un trop grand handicap.
-« Dis toujours, je verrai ensuite. »
Le sourire de Mukuro s'agrandit à nouveau. A ce moment précis, il ressemble trop à Byakuran à mon goût.
-« Voici ce que j'imagine : tu respectes ta parole, et en échange, je ne distribue pas cette vidéo de ta promesse à toutes les familles de la mafia. Quand je dis toutes les familles, cela veut dire, les Vongola aussi. »
Ma bouche forme un rond presque parfait. Je laisse choir mes bras lorsqu'il sort de sa poche un stick USB miniature qu'il agite devant moi. Il se lève pour prendre l'ordinateur de poche posé sur la commode et s'en sert pour insérer l'engin. Il fait démarrer la vidéo qui me glace sur place. Il avait tout filmé. C'était pour cette raison qu'il avait insisté que je lui fasse une promesse solennelle ! Il le savait ! Il savait qu'il pourrait utiliser cette vidéo contre moi ! Il m'a berné depuis le début en sachant que j'étais aveuglé par la vengeance !
-« Si tu fais ça… » je commence d'une voix étouffée par la colère. « Ce sera la guerre. Les familles vont renier mon autorité alors que je viens de conclure un pacte de paix entre la plupart. Ce sera le chaos… Plus personne ne fera confiance aux Vongola. Tu ne peux pas diffuser cette vidéo ! »
Mukuro retire le stick et s'amuse à le jeter en l'air avant de le rattraper.
-« Exactement ! A un détail près : les Vongola eux-mêmes risquent de se retourner contre toi, et donc, tes précieux amis seront tous en danger de mort. Tu penses vraiment pouvoir prendre ce risque ? Quoique…Tu as bien réussis à causer la mort de Kyoko, alors pourquoi pas le reste… »
Sidéré, je le regarde, plongé dans un effroi sans nom. Avec un rire étouffé, il fait quelques pas dans ma direction. Il glisse sa main derrière ma nuque et se penche pour passer sa langue dans mon cou. Je ne bouge pas d'un millimètre. En réalité, j'ai l'impression que mon esprit vient de disparaître et que mon cœur se retrouve épinglé, prêt à être disséqué.
-« Alors ? Acceptes-tu mon marché ? » murmure-t-il à mon oreille.
Je baisse la tête. Si je n'accepte pas, alors il ne me restera plus rien. Plus d'amis, plus de familles, plus de maisons, plus rien que ces ténèbres qui rampent en moi. Je connais déjà la réponse. Je suis pris au piège. C'est la punition que je reçois pour avoir tué Kyoko. Pour avoir déçu les gens qui m'entourent. Pour être devenu ce que je suis. Je n'ai pas le choix.
-« J'accepte… »
Il émet un rire satisfait et me relève le menton. Son visage se rapproche et je ferme les yeux, sentant mon cœur écartelé bondir. Puis soudain, il m'agrippe par les cheveux et me tire jusqu'au lit. Surpris, le cuir chevelu douloureux, j'ouvre la bouche mais mes mots se retrouvent avalés par celle de Mukuro. J'écarquille les yeux, l'horreur se peignant sur mon visage dans un tableau atroce aux couleurs ternes. Non, il n'y a pas de couleur, il n'y que cette nuance froide : le noir.
Son contact me rend malade, c'est une bile infecte qui se déverse en moi, avilissant ce qu'il restait de mon âme. Puis sa langue se fraye un passage et ce qui me paraissait immonde me devient insupportable. Je détourne le visage mais tel un tentacule visqueux, la langue continue de parcourir mon visage, chatouillant mon oreille, humidifiant ma joue, puis mon cou, jusqu'à ce que je décide de lui donner un coup de coude. A cet instant, Mukuro mord brusquement mon épaule et un cri de douleur s'échappe de mes lèvres.
-« Je te prierais de bien vouloir rester tranquille, Tsunayoshi-kun » dit-il d'une voix suave avant d'arracher les boutons de ma chemise, révélant ainsi ma peau.
Ma bouche se tord dans un appel à l'aide silencieux tandis que ses mains caressent mon corps. Si je continue de le contrarier, il pourrait fort bien dévoiler cette vidéo. Je tuerai de mes propres mains tous ceux qui me restent. Sans plus prêter attention aux gestes de Mukuro, je lève l'une de mes mains et la contemple, fine, et pourtant couverte du sang de ceux que j'ai tué. Je ne veux plus que quelqu'un meurt à cause de moi. J'étouffe ma voix lorsque la bouche de Mukuro s'attaque à mon téton. J'étouffe ce qu'il me reste de volonté et ferme les paupières, posant ma main contre moi.
Il me défait de mon pantalon sans que je ne dise un mot, serrant fermement les paupières mais ne pouvant pas empêcher mon corps de trembler sous ses caresses, ni mon souffle de s'accélérer lorsque sa main descend entre mes jambes. J'étouffe mes pensées et me laisse faire en espérant que tout cela passe vite, en gardant en mémoire les vies qu'il y a entre lui et moi. Rien ne m'empêche d'avoir envie de hurler, hurler du plus profond de mon être. Des sons désarticulés sortent de ma bouche lorsque le désir finit par l'emporter dans ce mélange de dégoût et d'horreur. Mon bassin brûle sous le contact des gants de cuir.
Lorsqu'il écarte mes jambes, la peur m'envahit.
J'ai beau lutter, j'ai beau me débattre, rien n'empêche son doux raisonnement de résonner à mes oreilles. Mes cris emplissent le vide de cette pièce et son regard me cloue sur place, papillon épinglé sur un tableau. Douleur, aigreur, rancœur, peur… Tout s'embrouille dans mon esprit embué. Des larmes qui refusent de couler. Et puis vint le temps des ténèbres où il n'y eut plus rien d'autre que le néant.
Un néant profond dans lequel j'étouffe.
To be continued in « Chain »…
