Nous passons en POV Mukuro !
Les habituels lecteurs reconnaîtront bien mon geste puisque j'adore vous montrer les différents points de vue des protagonistes. Je vous préviens, ce chapitre est lourd.
Merci beaucoup à Elodie et Jayn pour les review, merci aux lecteurs.
PS : Jayn, pour tes questions, je répondrais que la relation de Tsuna et Reborn va évoluer un peu, mais Reborn sera mis de côté d'ici peu. Quant à savoir si Tsuna et Mukuro finiront ensemble… Je te laisse le découvrir, car j'ai moi-même hésité jusqu'au bout. ^^
Chapitre 5 : Chain
«Le changement de luminosité radical,
Les chaînes qui m'entravent lourdement,
Tout cela me sera sûrement fatal,
Si personne ne met fin à ses faux-semblants.»
Marchant dans les couloirs, je fredonne un air joyeux que peu de gens connaissent tout en tirant sur mes gants. Je pousse la porte avec un grand sourire et entre dans la pièce en arrêtant cette chanson stupide. Au vu de la tête des personnes présentes, Karamel Danssen n'est sûrement pas approprié pour l'heure. Sans leur prêter plus d'attention qu'il ne faut, je vais me poser contre le mur, près de la cheminée. Hibari semble aussi arrogant que possible, me dédiant un sourire carnassier. Il peut bien sourire autant qu'il le souhaite, aujourd'hui, rien ne pourra me mettre de mauvaise humeur. Enfin presque.
Chrome arrive la dernière, s'excusant de son retard avec gêne et courbettes excessives. Vraiment, cette fille est d'un ennui. Pas étonnant que Tsunayoshi préfère que ce soit elle son gardien plutôt que moi. Bien que ce ne soit d'aucune importance aujourd'hui. La réunion commence dés que Chrome s'assoit et que l'arcobaleno prend la parole.
-« Où est Tsuna? »
Dans un silence pesant, ils s'observent tous, secouent la tête, soupirent, serrent les poings sans qu'une réponse ne soit donnée. Finalement, je ne peux m'empêcher de ricaner et j'obtiens l'attention générale. Le Gardien de la Tempête, et accessoirement bras droit de Tsunayoshi se redresse et m'apostrophe avec son agressivité habituelle. Je croise les bras dans un geste provocateur qui l'énerve encore plus, si bien que le Gardien du Soleil lui barre le passage et lui ordonne de se calmer.
-« Tu sais où il se trouve ? » demande l'arcobaleno.
Je hausse les épaules, fermant les yeux pour savourer ce moment.
-« Qui sait… »
-« Enfoiré ! » s'exclame le Gardien de la Tempête.
Il y a un bruit d'agitation et je soupçonne fortement le Gardien de la Pluie de retenir son acolyte. Pour autant, je n'ouvre pas les yeux, pas avec la confiance et l'assurance qui m'emplissent la gorge. L'arcobaleno leur ordonne de se calmer avant de me dire que si je ne leur donne pas la réponse, il demandera aux Vendicare de me renvoyer dans ma cellule. Je rouvre les yeux et hausse un sourcil avant de répondre avec un sourire moqueur :
-« Tu penses vraiment avoir assez de prestance pour ordonner quoi que ce soit aux Vendicare, arcobaleno ? »
Il sourit à son tour d'une manière assez effrayante.
-« Ne me sous-estime pas, Mukuro. »
Je l'observe en perdant mon sourire, agacé. Pesant le pour et le contre, je me décide à répondre à la question, désolé de ne pas pouvoir profiter plus de la situation.
-« Il est dans sa chambre, il ne se sentait pas bien » dis-je d'un ton morose. « A la place, il m'a donné ceci. »
Je sors un papier de ma poche et l'envois au bébé qui le saisit d'une main. Les autres semblent assez étonnés mais ne bronchent pas. Ils attendent fébrilement, se déplaçant avec gêne dans leurs sièges. Tout ce cirque est d'un ennui… Surtout lorsqu'on sait déjà ce que contient le papier. Je ne peux m'empêcher de sourire à la pensée de ce contenu aucun doute, ce qui va suivre sera on ne peut plus intéressant. Ce n'est qu'une question de minutes.
L'arcobaleno termine de lire avant de me lancer un regard noir. Quelque chose me dit qu'il a très envie de me tuer sur place. Manque de chance, il ne peut rien faire. Je pourrais presque en rire. Il tend le papier au Gardien de la Pluie qui se met à le lire en même temps que le Gardien de la Tempête. Leurs réactions ne se font pas tarder, puis d'autres se mettent en devoir de lire. Lorsqu'ils ont tous eu le papier entre leurs mains, il revient dans celles du tueur à gages qui le montre à tous. Une flamme de volonté à la pureté infinie marque l'intitulé.
-« Je sais ce que vous en pensez, mais ce document est officiel : c'est bien la flamme de cet idiot de Tsuna qui le scelle et assure donc son authenticité. »
La pression de l'air pourrait être agréable si elle ne paraissait pas parasitée par la pitoyable rancœur des personnes réunies. Tant de haine dans cette pièce… C'en est presque agréable.
-« Reborn-san, tu veux dire que nous sommes obligés de suivre les ordres de ce traître ?! » s'exclame le Gardien de la Tempête.
-« Oya, tu y vas fort en me traitant de traître. Ais-je jamais trahis les Vongola ? » je réplique.
-« Tu as tenté de tuer Juudaime par le passé ! » crache-t-il bruyamment en réponse.
Je ris quelque peu en énervant encore plus le bras droit de la famille très vite rappelé à l'ordre par l'assassin. Ce dernier me lance à nouveau le rouleau que j'attrape au vol avant de le déplier aux yeux de tous. Ainsi, ils peuvent tous voir la flamme de la volonté scintiller de sa puissance.
Au fond de moi, je ris à gorge déployée convaincre Tsunayoshi de rédiger ce document avait été on ne peut plus simple. Au début, il avait protesté, mais après, il avait été très obéissant. En fait, dés que j'ai mentionné tout ce que je pouvais lui faire, et tout ce que je ferais s'il brisait notre contrat, il s'est plié à toutes mes volontés. Il ferait n'importe quoi pour éviter de faire du tord à sa famille. Il n'a pas tord au fond, car dés que je les vois, j'ai l'irrésistible envie de leur causer toutes sortes de malheurs.
-« Pour les jours à venir, je serais donc le remplaçant de Tsunayoshi, votre Boss de substitution si je puis dire… » je déclare avec un rictus.
Le Gardien de la Tempête se relève brusquement, très vite suivis d'Hibari.
-« Il n'est pas question que je suive tes ordres ! » rétorque-t-il avec fougue.
-« Il en va de même pour moi, je ne me suis jamais considéré comme un membre de cette famille, je vais donc me retirer pour quelques temps » annonce Hibari en quittant lentement la salle.
Le Gardien de la Tempête semble prêt à le suivre mais il est stoppé dans son élan par l'arcobaleno lui demandant de rester ici. Hibari quitte donc la pièce dans le plus grand silence.
-« Peu importe ce que nous en pensons » débute lentement Reborn. « Tsuna est le Boss des Vongola, et on ne discute pas les ordres de son Boss. On ne peut pas demander à Hibari de rester au vu de son caractère, mais toi, Gokudera, tu ferais mieux d'obéir si tu ne veux pas déshonorer Tsuna. »
A ces mots, le bras droit fronce les sourcils, serre poings et dents et retourne s'asseoir avec un dernier regard empoisonné à mon égard. Il fait craquer ses jointures, sort une cigarette et se met à fumer avec rage.
-« Bon, dans ce cas, Mukuro, tu vas devoir prendre quelques décisions, et assez rapidement » annonce soudain le Gardien de la Pluie.
Le tueur à gages et lui échangent un regard entendu avant de poursuivre :
-« La famille Pelloni ne va pas tarder à lancer une offensive contre les Vongola. Malgré les efforts de Tsuna, il semble qu'ils soient décidés à entamer les hostilités avec nous d'ici peu. Peut-être en fin de journée, d'après les derniers rapports de nos hommes. Ils ont la puissance numérique de leur côté, bien que savons déjà que ça ne leur servira à rien. Malgré tout, nous risquons d'être débordés, alors, il faudrait peut-être demander à la Varia d'envoyer quelques uns de leurs membres en soutiens. Cela dit… »
Il me regarde et fronce les sourcils, ce à quoi je souris.
-« Tu te demandes s'ils accepteront d'écouter mes ordres ? » dis-je à sa place. « C'est une éventualité, bien que ça me soit égal. Quoique vous en pensiez, si la base Vongola est attaquée, Hibari sortira de son trou pour défendre son territoire, c'est plus fort que lui. Il n'y a donc rien à craindre, nous allons simplement les éliminer. »
Leurs visages montrent leur désaccord, sans importance à mes yeux.
-« Pourquoi ne pas demander à la famille Cosa Nostra de régler le problème ? » demande soudain le Gardien de la Foudre. « Ils ont une dette envers nous. »
Je lui dédie mon expression la plus affligeante. Ce gamin n'a jamais eu sa place ici.
-« Parce que la Cosa Nostra nous penseraient affaiblis, et que les Vongola perdraient leur qualité d'hommes d'honneur en s'abaissant à cela » je réplique sèchement.
Le gamin s'enfonce dans son siège en marmonnant quelque chose. Cependant, l'arcobaleno hoche la tête et croise les bras.
-« Mukuro a raison, nous devons régler ce problème nous-mêmes. Puisque les négociations et l'intimidation n'ont pas fonctionné, il ne nous reste plus qu'à les éliminer. »
Je souris de satisfaction. Tout compte fait, il semble que la tâche ne sera pas aussi hardie que prévu. Si l'arcobaleno est de mon côté, les autres suivront assez vite, même cette tête brûlée de bras droit. Tout le monde m'obéira.
Et ce n'est que le commencement.
Le reste de la réunion se base sur les aspects stratégiques de la future bataille. Lorsque tout le monde est d'accord pour admettre que le plan semble efficace, tous quittent la salle. Tous, sauf Chrome qui s'attarde, me lançant un regard insistant. Nous nous retrouvons seuls dans la pièce, et elle se lève, son arme serrée contre elle. Cette petite semble partagée entre sa peur et son admiration pour moi, pourtant, c'est avec un ton déterminé et une voix calme qu'elle me parle. Elle me demande de but en blanc si je n'ai rien à voir dans la maladie du Decimo. Je souris. Vraiment, cette petite n'a rien de stupide…
-« Qu'est ce qui te fait croire ça ? » je lui demande en réponse.
Elle resserre sa prise sur son arme et sa tête s'enfonce un peu dans ses épaules. Chrome est forte, c'est vrai, mais en comparaison avec moi, elle n'est qu'un moucheron que je peux balayer sans effort. Or, elle le sait très bien. C'est pourquoi je suis très surpris qu'elle continue sur sa lancée.
-« L'autre jour, quand le Boss sortait pour trouver l'assassin de Kyoko-chan… C'était moi qui devais l'accompagner. Mais vous êtes arrivé pendant que je l'attendais, et vous m'avez dit que Reborn-san avait changé d'avis, que je devais rester à la base. Cependant, ce n'était pas vrai. Vous avez mentis, Mukuro-sama. »
Très perspicace, peut-être trop. Ce n'est pas que je ne m'y attendais pas, mais elle a rudement bien choisis son moment pour en parler. Je m'approche d'elle, traversant la pièce dans de grandes enjambées. Je m'arrête, un fauteuil entre nous pour délimiter la distance. Cet obstacle semble la rassurer un peu, bien qu'elle semble sur le point de reculer.
-« C'est vrai, mais je n'ai pas à respecter les lois de la mafia vu que je ne me considère pas en tant que mafieux. Tu sais très bien pourquoi j'ai rejoins les Vongola. »
-« Justement, c'est pour cette raison que je trouve cette lettre suspecte » répond-t-elle sans hésiter. « Avez-vous réussi à prendre le pouvoir comme vous le souhaitiez, ou est-ce encore un de vos tours ? »
Voilà qui est très agaçant. La petite se rebiffe. C'est normal vu son attachement pour Tsunayoshi-kun, mais je ne pensais pas qu'elle viendrait à se retourner contre moi. Oui, c'est très agaçant. Il faut que je trouve quelque chose à lui donner pour qu'elle se fasse les dents le temps que je trouve une solution plus… radicale.
-« Si j'avais obtenu ce que je souhaitais, crois-tu que je me tiendrais encore ici, avec ces sales mafieux ? » je lui réponds d'un rire sans joie. « Si tu ne me crois pas, tu peux toujours aller voir comment se porte ton précieux Boss. J'ai du travail qui m'attend. »
Je passe à côté d'elle en posant ma main sur son épaule. Ses joues s'empourprent un peu à ce contact et elle baisse le visage. Elle n'est pas en mesure de voir le sourire cruel que je lui dédie. Elle n'est ni plus, ni moins, qu'un petit moineau pris dans les serres d'un démon. Je quitte la pièce sans me retourner, satisfait.
Le reste de la journée se passe en toute quiétude les hommes de mains suivent mes instructions à la lettre, et même les Gardiens semblent courber l'échine lorsque je leur donne des ordres, en grinçant des dents bien sûr. Seul l'arcobaleno vient me contrarier une fois ou deux, pour des broutilles. Il ne me quitte pas des yeux, son regard calculateur cherchant probablement une faille en moi. Il peut bien s'amuser ainsi s'il le souhaite, je n'en n'ai cure. Non, car en ce moment, je goûte au plein pouvoir des Vongola.
La nuit approche, jette son voile obscure sur le domaine et engloutit tout. Descendu dans la salle de contrôle, j'observe les écrans en compagnie du tueur à gages, du tacticien, et des deux mécaniciens. J'ai beau avoir entendu leurs noms, ils me paraissent insignifiants tant ils sont faibles. Je me rappelle juste celui d'Irie Schoichi parce qu'il travaillait auprès de Byakuran en tant qu'espion au même titre que moi. Il faut avouer qu'il compense aisément sa faiblesse par son intelligence. Je comprends pourquoi Tsunayoshi-kun l'a accepté dans la famille : ses talents sont on ne peut plus utiles.
Les autres sont dispersés dans le domaine, attendant à leur poste que les ennemis se manifestent. Tout n'est que silence dans cette pièce d'un blanc clinique. La tension guète, à l'affut, mais elle ne m'aura pas. Je sais que ce n'est qu'une question de temps. Et peu après, l'alarme résonne. La pièce devient rouge sang, éclairée par les lumières d'alerte, et le bruit d'une explosion fait trembler les fondations. Je croise les bras en souriant : ça y est, la bataille commence !
Des ombres noires se déplacent sur les écrans, parfois des éclairs de couleurs signalent des tirs et des attaques, ponctuées par les voix des Gardiens qui gardent leur calme en expliquant leur situation. Irie leur répond pour leur confirmer le déplacement des ennemis et quelle stratégie utiliser. C'est un bourdonnement agréable de signaux, de cris lointains, de voix, et de détonations.
-« Ici Yamamoto, les ennemis de la zone D-6 sont éliminés. »
-« Rejoins la zone B-4 pour soutenir l'équipe secondaire. »
-« Bien reçu. »
-« Ici Lambo, les ennemis de la zone B-2 se retirent en direction de la zone C-1. »
-« L'équipe de Gokudera s'en chargera, occupez-vous de la zone triangulaire en E-4. Votre équipe complètera la formation. »
-« Okay. »
-« Heu, Ici Chrome…Les ennemis de la zone A sont tous à terre. »
-« Très bien, avec ça, il ne reste plus que quelques zones à défendre. Rejoins… »
Le ballet incessant des communications prend fin lorsque le Boss de la famille Pelloni apparait sur les écrans. Sur le point de sortir, l'arcobaleno me retient par un simple bruit de satisfaction. Je me tourne à nouveau pour observer la scène et sourit à mon tour : Hibari Kyoya n'a pas pu s'empêcher de quitter son trou pour se mêler à la bataille. Il ne m'est plus nécessaire de sortir maintenant que c'est lui qui mène la danse. Je retourne à ma position initiale et observe le combat qui se termine presque trop vite. La famille Pelloni était vraiment mineure dans le monde de la mafia, et elle était faible. Le simple fait qu'ils aient envié les Vongola en était la preuve. Ils en payaient le prix par l'extermination totale de leur groupe.
Les cris de joie s'élèvent, la salle redevient d'un blanc immaculé tandis que les gardiens rugissent dans leurs écouteurs. Lorsque le calme reprend le contrôle, l'arcobaleno se lève et s'approche du micro, demandant à Hibari ce qui l'a fait changer d'avis. Ce dernier sourit en retour.
-« Pas question de laisser le beau rôle à cet enfoiré. »
J'aurais dû m'y attendre. Bah, de toutes manières, c'est bien plus agréable de donner des ordres et d'observer. Je n'ai jamais aimé faire les choses moi-même. Un détail qui semble échapper à Hibari. Je me contente de rire avant de tourner les talons.
-« Où vas-tu ? » demande impérativement l'assassin des Vongola.
La porte s'ouvre automatiquement devant moi, révélant un ascenseur métallique et froid. Je rentre dans la machine et répond en appuyant sur les boutons :
-« Oya, ne faut-il pas que j'aille faire un rapport au Vongola Decimo… ? »
La porte se referme tandis que l'arcobaleno fronce les sourcils. Evidemment, il doit se poser une tonne de questions. Cependant, il n'a aucun moyen de m'empêcher d'accomplir mon devoir en tant que remplaçant. Bien que je n'aurais pas utilisé le mot « devoir ». C'est plutôt par pure orgueil.
L'ascenseur me conduit au rez-de-chaussée du bâtiment. Quelques membres sont déjà sur place, occupés à déplacer des corps. Je ne leur prête par un regard et emprunte les escaliers recouverts d'un tapis rouge que je trouve d'un très mauvais goût. J'arrive au second étage sur cette réflexion et emprunte le couloir de droite. Quelques mètres plus loin, je frappe à la porte avant d'entrer.
Il fait nuit noire dans la pièce, les rideaux ne sont pas tirés, et il y fait froid. Je ferme la porte d'un geste brusque et allume le lustre. Avec un soupir venu de loin, je tire les rideaux, branche des lampes de bureaux à la lumière plus douce que celles du plafond que je retourne éteindre. Je regarde alors du côté du lit où Tsunayoshi est recroquevillé, serrant les draps blancs autour de son corps. Il n'a pas bougé depuis ce matin.
Je m'approche lentement de lui et m'assis doucement à ses côtés en effleurant le drap du bout des doigts avant de tirer un peu dessus, découvrant son visage et la peau nue de ses épaules. Il me lance un regard, excellant mélange de haine et de terreur. Je lui souris en retour, et il frissonne avant de détourner les yeux.
-« Qu'est ce que tu veux ? » demande-t-il d'une voix qui se veut dur mais qui tremble un peu.
Mes doigts recouverts des gants noirs caressent lentement sa joue. Cela m'évoque l'image d'araignées noires glissant sur une proie à la pureté irréprochable.
-« Rien de spécial » je lui réponds d'un ton doucereux. « J'étais juste venu t'annoncer que nous avions vaincu les Pelloni. »
A ces mots, Tsunayoshi relève les yeux, attiré par ces précieuses informations concernant sa famille. La peur semble soudainement disparaître et je m'en sens frustré.
-« Comment ? » demande-t-il.
-« Très simple, je n'ai pas eu besoin de faire grand chose si ce n'est donner des ordres auxquels tout le monde a obéis. Ils ont été annihilés par la puissance écrasante des Gardiens. Il faut dire qu'ils n'étaient pas très coriaces. On ne peut donc pas parler d'exploit. Rapide et efficace, c'est autre chose quand je suis aux commandes. »
Tsunayoshi se redresse quelque peu, une lueur de défi dans le regard.
-« Que veux-tu dire ? Je… »
Je retrousse mes lèvres en dévoilant mes dents ce qui l'empêche de continuer. Il détourne son visage mais je l'attrape avec ma main et l'oblige à me faire face. Il y a de nouveau ce délicieux tourment qui lui ronge l'âme et qui transparait sur son visage.
-« Je veux dire que c'est la bataille la plus rapide que nous ayons jamais eu, couronnée de succès qui plus est. Peux-tu en dire autant ? Toi qui resteras toujours le raté de la classe… »
Il écarquille ses yeux à cette réplique avant de froncer les sourcils, visiblement en colère.
-« Je n'ai pas de leçons à recevoir de ta part ! Tu es la pire des ordures ! »
Je lui assène un violent coup et du sang se met à couler le long de sa bouche, tâchant sa peau et les draps blancs. Il tente de me frapper à son tour mais le coup suivant le percute à la tempe, le sonnant si bien qu'il s'affale sur le lit. Oui, rien ne peut m'empêcher de le meurtrir encore et toujours plus, il n'y a rien qui puisse se mettre en travers de mon chemin dorénavant.
Je le saisis par les cheveux et il émet un cri désarticulé tandis que j'approche son visage du mien avant de poser mes lèvres sur ce sang si savoureux au goût de victoire. Il frémit mais ne fait rien pour m'empêcher de continuer. Il est à ma merci.
-« Peu importe ce que je suis, car dorénavant, tu n'as plus ton mot à dire. Tu es toujours ce petit crétin naïf d'autrefois, et tu espères qu'un miracle te sauvera. Mais crois-moi quand je te dis ceci, Tsunayoshi-kun : il n'y a personne pour te sauver. C'est à toi de sauver les autres, non l'inverse. Tu les sauves en te sacrifiant parce que tu es et resteras le même idiot que par le passé. Parce que tu n'as su sauver ta chère petite Kyoko… »
-« La ferme ! » rugit-il soudain.
Craignant un éclat de colère, je le relâche vivement, mais il s'affaisse sur moi, probablement encore trop sonné par le coup de tout à l'heure. Mais je désire le voir pleurer, supplier, implorer, crier, je désire le voir sombrer dans les ténèbres, je désire le détruire. Un sourire se répand sur mon visage, un sourire qu'il ne peut pas voir.
Un sourire qu'il vaut mieux ne pas voir.
Mes mains glissent sur son corps, et je me demande si je trouverais une excuse pour des draps maculés de sang…
To be continued in « Search and Destroy »…
