Dernier chapitre en POV Mukuro !
3 ans. Voilà 3 ans que j'avais mis cette fanfiction en pause. Mais là, j'ai envie de la finir. Je pense aller plus loin et exploiter à fond la psychologie des personnages que je construis.
Merci à ceux qui continuent de me lire, en espérant que vous continuerez ce voyage jusqu'à la fin.
Chapitre 8 : Break me Down
«Si je dois continuer à vivre,
Si je dois continuer d'être libre,
Si je dois continuer de détruire,
Si je dois continuer à te voir mourir, »
Assis autour d'une table, il n'y a plus trace de sang désormais sur les vêtements de Tsunayoshi. Le regard posé sur des plans que je viens de lui tendre, il parait curieux. Il ne reste aucune trace de cette nuit terrible durant laquelle le monde de la mafia a sombré. On parle, dans les revers de l'histoire sombre, de « La Nuit du Démon Blanc ». Aucune archive, aucune trace, aucun indice ne permet de prouver quoi que ce soit, mais les gens parlent, et les rumeurs se propagent un démon a surgit dans la nuit de l'intronisation et a tué le gratin de la pègre. Voilà ce que j'avais récolté comme informations en me promenant en ville. Personne ne soupçonnait le chef des Vongola. On disait même qu'il était fou de douleur et qu'il allait venger ses amis. Ridicule. Pathétique.
-« Qu'est-ce qui te fais sourire ? »
Je lance un regard agacé à l'opposé de la table. Il parait bien innocent dans son costume immaculé avec ses grands yeux interrogateurs. Comme si rien ne s'était passé.
-« Rien de particulier. Reste concentré. »
-« Dis-moi. J'ai envie de savoir. »
Un doux sourire s'épanouit sur son visage. C'est écoeurant. Je détourne le regard et pose un coude sur la table.
-« Rien de particulier. »
Je ne vois pas sa réaction mais le grattement de la plume contre le papier reprends. Il continue de prendre consciencieusement des notes des plans que je lui ai apportés. Un vrai petit pantin. Du moins, en apparence.
Je le regarde à la dérobée. Il a toujours l'air aussi calme et paisible. Pourtant, je ne peux que me souvenir de ce qu'il s'est passé cette nuit-là, alors qu'il tuait à tour de bras sans faire de distinction. Qu'est-ce qui l'avait retenu de me tuer ? S'il l'avait fait, il aurait été possible qu'il se libère en récupérant les données de l'enregistrement. A moins, bien entendu, qu'il ne sache que si jamais je venais à mourir, les données seraient automatiquement envoyées via Ken à qui j'avais donné mes instructions. Mais à quoi bon ? Il ne restait plus grand monde que ces infos intéresseraient. Non. Alors pourquoi était-il toujours assis là ?
-« Mukuro ? »
Dérangé dans le fil de mes pensées, je le scrute.
-« Oui ? »
-« Ca veut dire quoi ça ? » demande-t-il en me montrant un mot. « C'est un mot italien que je ne connais pas… »
-« Les égouts. »
Pas étonnant qu'il ne connaisse pas ce mot. Comme si le parrain des Vongola avait besoin de savoir ça. En même temps, je trouve que c'est affligeant. Tout m'agace et tout me fait jubiler à la fois, surtout lorsque cela concerne Tsunayoshi. J'ai obtenu ce que je désirais, néanmoins, je restais frustré par la facilité qu'avait représenté ce plan. Comme si, au lieu de tomber au creux de ma main, la mafia m'avait était posée dans le creux de la main, donnée, offerte, sans défense. Il n'y avait rien de plaisant dans cette victoire, si ce n'est le goût de la victoire.
-« Tu connais bien l'italien » fait remarquer Tsunayoshi. Il griffonne la traduction avant d'ajouter : « Tu pourrais m'apprendre ? »
-« En quoi ce te serait utile ? » je lui fais remarquer.
Il penche la tête. Ses yeux expriment une question. Il cherche quelque chose en m'observant mais quoi ? Mon approbation ? Une réflexion acerbe ? Un sourire moqueur ?
-« Je ne sais pas » dit-il enfin, déçu. « Mais j'aimerais bien que tu m'apprennes. »
- « Concentre toi sur ce que je te dis de faire. Tu n'as pas besoin d'apprendre l'italien puisque je te sers de traducteur » je réplique, agacé par le comportement presque enfantin de celui qui représente la mafia.
A nouveau il me dévisage et met un temps avant de demander : « Tu seras toujours là, alors ? » Il réfléchit. « Pour traduire. »
Je réprime un rire narquois. A la place, je pointe un endroit sur la carte. Son regard se détache de moi pour regarder la carte.
-« C'est ici que l'assaut aura lieu » dis-je à la place. « Il faudra positionner des hommes ici, et là. Ainsi ils seront pris en épingle et ils ne pourront plus faire marche arrière. Il ne nous restera plus qu'à les écraser. »
Un sourire illumine son visage, un sourire enfantin.
-« D'accord ! Ca m'a l'air simple ! »
Ce n'est pas simple. Du moins, pas en apparence. Il s'agit d'hommes lourdement armés, mais Tsunayoshi s'en moque. Il sait pertinemment qu'il pourra les tuer sans souci. Ce sourire, cette phrase… On dirait vraiment un enfant qui ne distingue plus les limites du bien et du mal et qui s'amuse à arracher les ailes d'un papillon. Sauf que le papillon n'en n'est pas un.
Je détourne les yeux et me lève pesamment. Il n'est plus temps de se demander si j'ai bien fait. Il n'est plus temps de se dire « si j'avais ». La seule chose qui compte, c'est que je suis sur le point de m'emparer de la mafia italienne, et très bientôt, de la mafia hispanique et chinoise. Les japonais et les russes me mangeaient déjà dans la main. J'étais presque à la portée de mon but. Peu importe si pour ça j'avais été obligé de le briser lui.
-« Tu vas où ? » demande sèchement le parrain.
Saisi, je pivote et croise un regard acéré. Décidément, alors que je pensais l'avoir cerné, voilà qu'il changeait de comportement comme un acteur changerait de rôle.
-« Je vais prendre l'air » dis-je calmement.
-« Tu reviens ? »
Je hoche la tête, ne sachant pas si son ton est suppliant ou menaçant. Il finit par retourner à sa carte. Vraiment, on dirait un animal sauvage. Je grince des dents et quitte la pièce sans me retourner.
Dans la ruelle, la nuit commence à assombrir ma vision. Le froid tombe lentement en cette fin d'automne. J'ai envie d'une cigarette mais je m'abstiens. Les autres crétins ne vont pas tarder et je ne veux en aucun cas manquer le spectacle. A côté de moi, Tsunayoshi trépigne et respire bruyamment. A plusieurs reprises j'ai été obligé de le retenir de foncer dans la ruelle alors qu'il croyait entendre un bruit. Frustré, il m'avait lancé un regard glacial avant de reprendre sa position. Quelque chose me disait que les autres gars n'allaient pas faire long feu.
Des bruits de combats retentissent au loin. Le boss des Vongola tressaillit, alerte. Je lui fais signe de rester en place. Tout ça, c'est devenu la routine pour nous. Les autres hommes de main qui se trouvent là n'ont absolument pas envie d'assister à ce qui va se passer, mais en même temps, c'est un boulot peu cher payé pour eux. Ils doivent juste veiller à ce que personne ne se mette en travers du chemin de leur boss. En gros, ils ne font rien. Je me charge d'éviter que Tsunayoshi ne se prenne une balle dans le dos et c'est tout. L'autre groupe à pour but d'amener les ennemis dans ce traquenard.
Les bruits de combat se rapprochent. Je constate alors que Tsunayoshi a son regard braqué sur moi. Visiblement, il a compris qu'il devait attendre mon approbation avant de foncer tête baissée dans le carnage. Bien. Il n'empêche qu'il pourrait se passer de cet air naïf.
Alors que les premières balles frôlent le mur, je lui donne l'ordre d'y aller. Un large sourire s'étend sur son visage tandis qu'il sort son arme, un magnum, et qu'il pivote en faisant virevolter sa cape puis il commence à tirer. Un coup, deux coups, trois coups. A chaque fois, il touche sa cible. Un coup d'œil en arrière me fait cependant comprendre que notre plan n'a pas vraiment marché aussi bien que prévu. D'autres ennemis arrivent, des chinois à en juger par leur baragouin. Tss… Visiblement il y avait eu des fuites.
Je tends la main et la flamme de la volonté commence à nourrir l'énergie de la bague. Quelle illusion vais-je utiliser ? Bah ! Ce n'est que du menu fretin, pas besoin de faire dans l'élaboration. Alors que la toile de l'illusion se forme, les hommes se figent et au bout de quelques secondes, se mettent à hurler. Tout n'est plus que cri et bruit de bataille. Les hommes tombent à terre, s'arrachent les yeux, s'ouvrent la gorge, et s'étouffent dans leur vomi. Autrefois, je ne poussais jamais mes illusions aussi loin car j'aurai dû subir les plaintes de l'arcobaleno et des autres. Ce n'était désormais plus le cas.
Soudain, le bruit assourdissant s'estompe. Les hommes morts, je me retourne et constate qu'il ne reste plus personne derrière moi. Avec un soupir, je m'engage dans la ruelle d'où me parviennent des sons étouffés.
Marchant dans le sang, les bouts de cervelle, et les entrailles, je m'avance en grimaçant. Les corps jonchent la ruelle et il est difficile d'éviter de trébucher dessus. Finalement j'en vois le bout. Plus loin, l'un des hommes de mains des Vongola est touché et il essaie de maintenir le flot de sang qui s'écoule de sa blessure. Futile. La balle qui lui avait perforé le poumon est mortelle. Je m'approche de lui.
-« Où est le Boss ? »
Il me regarde avec pitié. Je lève les yeux au ciel avant d'enfoncer mon pied sur sa blessure et de répéter ma question. Il hurle. Il hurle mais il finit par me donner une réponse. Je dégaine alors mon arme et abrège ses souffrances avant de filer dans la direction qu'il m'a indiqué.
Quelques déflagrations résonnent dans la ville qui s'éveille. Les sirènes des voitures de police commencent à hurler au loin. Il est temps de plier bagage. Je hâte le pas vers la provenance des sons. Je débouche ainsi sur une grande place où trône une immense église. Un cadavre gît sur là et je m'avance en constatant que les coups de feu proviennent depuis l'église. Puis, ce fut le silence. Je marche en écoutant au loin la police qui se rapproche dangereusement, et j'entre dans la grande bâtisse.
Le monument mesure une centaine de mètres de brique grises et ternes. Quelques bougies à peine éclairent les pas des voyageurs égarés, et il me faut un temps avant de m'habituer à la demi pénombre. L'aube commence à poindre et je distingue peu à peu les grands vitraux aux couleurs vives et aux dessins complexes.
Je m'avance entre les bancs de prière. Au centre du chœur, dans le prolongement de la nef, Tsunayoshi jette avec nonchalance le corps mutilé du dernier mafioso. Il retombe comme une poupée de chiffon. Les mains couvertes de sang et les vêtements tâchés, Tsunayoshi se tourne vers moi, un éclat inquiétant dans les yeux malgré son sourire.
-« Dis, Mukuro… Tu crois en Dieu ? »
Je m'arrête à quelques pas du jubé. Derrière Tsunayoshi, la grande croix où repose le corps crucifié du Christ attire mon regard.
-« Non » dis-je. « Je n'ai pas besoin de croire en un Dieu quelconque. »
Tsunayoshi hoche la tête. Il contemple ses mains et les essuie sur son costume. Puis il se tourne vers la croix.
-« On devrait plutôt clouer cet homme sur cette croix. Lui il est mort au nom de sa fidélité pour son boss, il est mort avec conviction tu sais. Les autres gémissaient qu'ils avaient des enfants, une femme, ou ils pleuraient et imploraient pour leur vie. Lui il n'a pas bronché. Il a essayé de me tuer jusqu'à la fin. » Il désigne alors une éraflure à son front. « Mais il n'a pas réussi. Alors c'est moi qui l'ai tué. A mes yeux, c'est un bien meilleur martyr que lui. »
J'éclate d'un rire tonitruant. Lorsque je suis en mesure de me calmer, je le regarde avec amusement.
-« Dans ce cas, est-ce que je ne devrais pas plutôt te clouer toi ? »
-« Si c'est ce que tu souhaites, je te laisserais faire. »
-« Tu évites la question » fis-je avec un sourire moqueur.
Tsunayoshi perd son sourire innocent et me regarde droit dans les yeux. Quelque chose… Quelque chose me gênait…
-« Je ne suis pas un martyr » dit-il. « Je suis parfaitement conscient de ce que je fais, et je n'obéis à aucun idéaux, aucune foi. Je t'obéis parce que c'est toi. »
-« Tu obéissais à l'arcobaleno autrefois tout aussi aveuglement que tu le fais maintenant. »
-« C'est faux ! » crie-t-il brusquement.
Non, vraiment, il y a quelque chose qui me gêne dans son comportement, dans son regard, et ce, plus que d'habitude. Il n'est plus temps de sourire. Je reconnais les cris étouffés des sirènes.
-« Bien, en attendant, la police commence à se rapprocher et il ne faudrait pas qu'elle nous trouve ici, avec le cadavre, et toi qui ressemble à un boucher. »
-« Nous n'aurons qu'à les tuer. »
-« Bien sûr, et avoir ensuite les services de l'ordre sur notre dos ? Ca ralentirait nos actions et nous serions sans cesse traqué dans le pays. »
-« Alors nous n'aurons qu'à les acheter, eux, et le gouvernement » dit-il, implacable. « Et s'ils refusent, nous tuerons encore pour leur montrer qu'ils ne font pas le poids. Et si jamais tout se corse, nous pourrons toujours aller au Japon. »
Je soupire. Non seulement j'ai l'impression de m'entendre moi-même lorsque j'étais plus jeune, mais en plus, il semble résolu à vouloir rester là. Autant en découvrir la raison, le satisfaire et puis filer.
-« Dis-moi plutôt ce qui nous retient ici ? »
-« Nous n'avons pas fini notre conversation. »
L'aube commençait à traverser les vitraux et la lumière inondait la croix. Combien de temps avant que la police ne débarque ici ? Combien de temps avant que cet imbécile ne finisse son monologue.
-« Très bien, finissons-la alors » dis-je avec impatience.
-« Ca ne fonctionne pas comme ça… » réplique-t-il avec une mine boudeuse.
Il réfléchit, observe le sol, puis ses mains à nouveau. Il essaie de retirer le sang restant sur son pantalon. Je commence à taper du pied par terre pour exprimer mon impatience. Cela attire son attention et il semble un peu inquiet. Il se met à triturer ses mains.
-« Tu aimerais me clouer sur une croix ? » demande-t-il soudain.
Après un instant de silence, je réponds : « Non ».
-« Pourquoi ? »
-« La question serait plutôt : pour quelle raison ferais-je ça ? » soufflais-je avec agacement en estimant le temps qu'il nous restait.
-« Pour me garder. Comme un papillon qu'on épingle. Mais sur une croix, c'est plus amusant, non ? »
La notion « amusante » me laisse perplexe. Il n'y a certainement rien d'amusant à être cloué sur une croix, que ce soit de mon point de vue ou du sien en temps normal. Mais il n'y a plus rien de normal depuis quelques temps. En regardant son visage sincère, je frisonne.
-« Je te garde déjà, pas besoin de t'épingler. Et si tu devais essayer de t'enfuir, je préférerais de loin t'attacher avec des chaînes. »
Tsunayoshi rit.
-« C'est vrai que c'est bien ton genre ! »
Il descend du chœur et s'approche de moi, les mains dans le dos, un grand sourire, et toujours, toujours cette lueur inquiétante au fond des yeux.
-« Dis, Mukuro… Tu ne t'es jamais demandé pourquoi j'étais encore là ? »
Touché. Je m'étais régulièrement posé la question. J'en avais conclu que c'était parce qu'il avait trop honte de revoir les autres après avoir commis autant de crimes. Ca, ou alors il était devenu fou. Les deux solutions se tenaient. Le sourire du dernier Vongola s'agrandit.
-« Tu penses sans doute que je n'ose pas rentrer chez moi, que j'ai peur de leurs réactions, que j'ai honte, que je suis trop lâche pour tenter de mettre fin à mes jours. Ce n'est pas faux. Ce n'est pas vrai non plus. »
Il virevolte pour retourner vers le chœur et imiter quelques pas de danse. Puis il rit.
-« Tu m'as tout pris tu sais ? Mes amis, ma famille, mes subordonnés, ma fierté, ma maison, mon corps, même mon âme quand tu m'as obligé à tuer encore et encore ! »
Il rit à nouveau mais son visage ressemble à un masque. Le bruit des sirènes est plus proche, plus pressant. Le soleil descend lentement et commence à l'éclairer, lui, au centre du prolongement de la nef.
-« Tout pris, tout pris… Mais je ne me suis pas suicidé, et je ne suis pas devenu fou, pas encore ! Je tiens bon, et je ne m'enfuis pas ! Dis, dis Mukuro. Est-ce que tu sais pourquoi ? Est-ce que tu sais ? Non, et bien non tu ne sais pas. Tu ne sais pas du tout. Hé hé ! En même temps, peut-être bien que je suis fou, ou peut-être qu'il faut être fou pour deviner. Tout pris. Tu m'as tout pris. Peut-être ma raison aussi. Mais ce n'est pas grave, je m'en accommoderais, je m'accommoderais de tout si ça vient de toi. Dis Mukuro… Moi j'aimerais bien te clouer à une croix. J'aimerais bien. Peut-être un jour. Ou alors tu m'aurais mis des chaînes. Mais en attendant, toi sur la croix ! Oui. Oui, j'aimerais bien, j'aimerais beaucoup… Ce serait moi qui te prendrais tout. Tout, tout, tout. Et après je prendrais ton cœur et je le conserverais. Non. Je pense que je le mangerais. Comme ça il ne sera pas conservé, il sera pris. Pris par moi. Sauf si moi enchaîné. Alors tu pourras manger le mien si tu veux. Tu le veux ? »
Je reste bouche bée. C'est la première fois que j'entends Tsunayoshi parler autant depuis des lustres, et, alors que l'on croirait à la parole d'un fou, sa logique s'emboîte sombrement. Il me regarde avec le même sourire, la même étincelle. Quelque chose… Quelque chose… Puis il glousse.
-« Ah, c'est bête ! Je te demande si tu le veux, mais en fait, tu l'as déjà. »
Déjà. Je l'ai déjà. Quoi donc ? Non. Impossible. Totalement impossible. Non.
-« Et oui, tout pris ! Vraiment tout ! Tout du début à la fin ! Et tu peux encore prendre, ça m'est égal. Tu ne pourras pas prendre la dernière chose qu'il me reste. Tu sais ce que c'est ? Tu sais maintenant ? » Il fait quelque pas vers moi, le visage illuminé des premières lueurs de l'aube. « Dis Mukuro… Tu sais ? »
Les sirènes crient. Des voix commencent à résonner. Le soleil descend encore et toujours, et du visage angélique il met maintenant tout ce cruor en valeur. Les vitraux brillent désormais et témoignent des scènes atroces qui furent les supplices du Christ.
Tu sais ? Je ne sais pas. Non. Je ne veux pas savoir même. Ecoeurant, c'est répugnant. Comme si une mélasse noire et fumante pleine de grumeaux venait de me tomber dessus et tentait de m'ensevelir. C'est abject, ignoble, infect.
Tu sais ? Oui je sais. Je sais. Je sais. Je sais. Je sais ! Bon sang ! Depuis combien de temps est-ce que je le sais, merde ?! Je sais ! Mais je ne voulais pas savoir parce que, ça, cette chose, c'est mon résultat, c'est ma création, c'est mon infâme petit monstre.
Les portes derrière moi s'ouvrent et des hommes entrent en criant des ordres italiens. Tsunayoshi s'avance calmement jusqu'à moi. Il ne comprend pas les ordres de toutes façons. Ou alors, il s'en moque complètement. Il s'en moque en fait, je le sais. Son sourire le trahi. Dans cette nouvelle clarté, il s'approche de moi, se hisse sur la pointe des pieds et pose un baiser qui a le goût du sang. Puis, par-dessus mon épaule, il observe les policiers et s'écarte pour aller au massacre.
J'efface le goût de mes lèvres et me tourne lentement. Les balles commencent déjà à ricocher et le bruit devient vite assourdissant dans l'église. Je dresse la main devant moi, l'observant lui, lui dansant parmi les corps et semant la mort pour moi, lui qui sourit et dont les yeux dorés se posent régulièrement sur moi.
-« Dis Mukuro… Tu sais ? »
To be continued in « Walk with me »…
