Bonjour, voilà le chapitre 1 de mon histoire.

Cette histoire suit la trame principale, mais du fait des changements induits par le Gouvernement Mondial, ces évènements ne se passeront pas de la même façon. L'ambiance sera plus sombre même si j'essaie d'introduire ici et là des touches d'humour, après tout, on parle de Luffy...

One Piece appartient à Oda sama.


Le vice amiral Monkey D Garp se dirigeait vers son bureau d'un pas énergique et confiant, digne d'un Héros de la Marine, respecté par tous pour son intégrité et sa force légendaire et c'était d'ailleurs l'image que Garp voulait donner de lui. Cependant, en son for intérieur, le vice amiral se sentait beaucoup moins assuré qu'il ne l'affichait.

Dans la Marine, on ne devenait pas officier sans un minimum d'intelligence et, même si le patriarche de la famille Monkey admettait lui même être incapable d'établir des plans aussi complexes que ceux de son vieil ami Sengoku, il possédait un instinct hors du commun et une connaissance des hommes qui le plaçait à égalité avec les autres hauts gradés et en faisait même l'un des plus grands atouts de la Marine. C'était ces qualités qui avaient permises au vieil homme de coincer Roger à plusieurs reprises (même s'il devait bien l'avouer, de ce point de vue là, son vieil ennemi lui avait toujours été supérieur.), c'était également ce sixième sens qui lui disait aujourd'hui que quelque chose n'allait pas. Il avait vu, au fil des semaines, ses vieux collègues détourner leur regard quand il passait, certains s'écartaient de son passage et l'évitaient de leur mieux. La plupart avaient tenté de le faire de façon discrète mais cela n'avait pas échappé au regard aiguisé du vice Amiral et cela ne lui plaisait pas. Voir son vieil ami Sengoku, qu'il connaissait depuis des années chercher à l'éviter à tout prix ne lui disait rien qui vaille.

Garp entra donc dans son office, salua Bogart d'un air presque distrait, s'installa à son bureau et commença à réfléchir sérieusement à ces événements. Durant sa réflexion, une conversation, qu'il avait eu avec son fils via Escargophone il y a une semaine, lui revint à l'esprit. Dragon, dont les discours au fil des années avaient pris une tournure de plus en plus révolutionnaire (à son grand désespoir, d'ailleurs), lui avait, comme d'habitude, parlé des excès de la Marine et du Gouvernement.

Flash back

« Et le massacre de tous ces enfants sur Baterilla, dans South Blue ! Garçons et filles éliminés parce que Gold Roger aurait eu un enfant. Et ils n'en étaient même pas sûrs ! Ce Gouvernement est pire que les pirates qu'ils combattent ! »

Dragon semblait maintenant parler depuis des heures dans ce fichu écouteur. Curieux comme il était beaucoup plus prolixe quand il parlait à distance avec son père que quand il se trouvait devant lui...

« ... »

« Et Ohara ? Le massacre de ces centaines de civils ? Ne me dis pas que c'était nécessaire ! Et oui, je suis au courant de cela, moi aussi j'ai mes contacts! Peux tu justifier cela, Père ? » La voix glacial et d'une ironie mordante du fils de Garp aurait pu rivaliser avec la froideur d'Ao Kiji dans ses meilleurs jours.

« ... »

«Ces archéologues ont été massacrés alors qu'ils faisaient seulement leur travail ! Pourquoi craignent ils tellement qu'on apprenne ce qui s'est passé il y a 800 ans ? Que nous cachent t-ils ? Les connaissant, ce ne doit pas être glorieux ! » Tempêta Dragon d'une voix beaucoup moins calme et beaucoup plus passionnée. La faculté de son fils à changer ainsi le ton de sa voix avait toujours suscité chez Garp, homme pratiquement incapable de parler à voix basse, un étrange sentiment d'admiration...qu'il réprimait rapidement.

«...»

«... Tu ne t'es pas encore endormi quand même...»

«Petit impertinent ! Tu n'as pas changé !»

«Je te signale que ce n'est pas moi qui m'endors en plein milieu d'une conversation. »La raillerie était largement perceptible dans la voix de Dragon.

« Grmbbll. Je réfléchissais à ce que tu disais, espèce de vaurien !. » hurla Garp dans l'écouteur du malheureux Escargophone qui semblait presque choqué d'un tel traitement. Quoique, peut être pas tant que ça. Il avait, après tout, survécu au vice amiral pendant près de deux ans.

«D'habitude, tu ne réfléchis pas et tu me hurles dessus quand je te parle de ce que tu appelles « mes lubies de rebelle». Que se passe t-il ? Il y a un problème avec tes collègues meurtriers? »Demanda Dragon d'un ton acide, mais dans lequel on pouvait sentir une légère inquiétude.

« Ils m'ignorent, ils m'évitent et ils ne me parlent plus, pour la plupart. Sengoku n'a pas osé croiser mon regard la dernière fois qu'on s'est vu, comme s'il avait honte. Mais de quoi, je n'en sais rien... » Marmonna Garp, en piochant un donut dans un sac en papier à côté de lui.

«Quoi ? Tu leur a encore abimé un bateau ? Tu as dit quelque chose de stupide à voix haute devant les autres ? Tu as protesté contre les agissements de la Marine ou du Gouvernement Mondial ? Tu les as insulté ? Remarque, si c'est le cas pour les deux dernières propositions, je serais ravie de t'accueillir dans ma petite organisation ! » proposa, moitié plaisantant, moitié inquiet, Monkey D Dragon, avec un petit rire narquois.

« Je ne veux même pas savoir de quoi tu parles, fils indigne! Ne parlons plus de cela, veux tu ? Parle moi plutôt du bébé ! Il arrive quand ? Je veux être sûr de prendre mes congés au bon moment ! » Questionna Garp d'une voix pressante.

« Le bébé arrivera quand il arrivera ! Dans moins d'un mois si tu veux vraiment le savoir ! Mais attention, je t'interdis de chercher à lui apprendre à nager à peine sorti du ventre de Maria! »

« Je n'oserais jamais, voyons ! » répondit le vice amiral d'un air un peu gêné.

« Tu as tenté le coup avec moi juste après ma naissance pour savoir si j'avais les capacités de devenir un Marine. Maman me l'a raconté, tu sais ? »déclara Dragon avec une pointe de nostalgie et de tristesse dans sa voix.

La conversation s'était alors terminée sur un ton beaucoup plus pacifique qu'au début.

Fin du Flash Back

Depuis une semaine, la situation n'avait pas évolué, par contre, son sixième sens s'était fait beaucoup plus insistant. Garp n'était pas un homme de patience, attendre une semaine était presque une tâche impossible pour lui. Assis à son bureau, il pesa une nouvelle fois le pour et le contre puis il finit par se lever et quitta son office et se dirigea vers celui de son vieil ami, Sengoku. Sans prendre la peine de frapper, il ouvrit la porte (sans trop la démolir) et entra dans la pièce...pour la trouver vide. Déçu, il s'apprêta à repartir quand il avisa quelques dossiers soigneusement rangés en une pile parfaite et triés par couleurs. Décidant de patienter, il se saisit de quelques uns et commença tranquillement sa lecture. La plupart n'était pas bien intéressant, cependant, il tiqua un peu en voyant les couleurs de l'un d'entre eux : rouge et noir. Le rouge signifiait prioritaire et le noir désignait un ordre visant à supprimer quelqu'un de façon définitive. Mais pourquoi diable n'avait il pas été informé ? Même si ce n'était pas le genre de mission qu'on lui confiait habituellement, en tant que haut gradé, il était quand même mis au courant habituellement.

Sans qu'il en soit réellement conscient, comme un somnambule, il ouvrit le dossier et ses yeux commencèrent à déchiffrer les pages. Un instant plus tard, le dossier s'échappa de ses mains tremblante. Il ne pouvait pas y croire, c'était irréel, pas possible ! Une mauvaise farce !

Il se saisit aussitôt de l'escargophone de Sengoku et composa rapidement un numéro qu'il connaissait par cœur.

« Dragon, c'est moi ! Écoute, tu dois ... »

« Ah, pour une fois dans ta vie, tu tombes bien ! » C'était la première fois qu'il entendait ce timbre de voix chez son fils...

« Tu avais raison. Fuyez, Maria et toi. Ils vont vous tomber dessus d'un instant à l'autre. D'après le rapport, ils seraient même déjà sur place ! Tu as peut être encore un peu de temps ! Mais... »

« Père, Maria est en train d'accoucher en ce moment même. De quoi est ce que tu parles ? »La voix de Dragon semblait lointaine, comme s'il ne percevait plus vraiment la réalité qui s'apprêtait à lui tomber dessus.

« Ils avaient tout prévu. Sakazuki, c'est lui qui est en charge de l'opération. Il a pour ordre de vous tuer jusqu'au dernier, y compris le petit. Je n'arrive pas à y croire...Comment ? Pourquoi ? »

« Qu'est ce que tu sais sur cette opération, père ? Dis m'en le plus possible ! Vite ! »L'affolement perçait dans la voix du fils de Garp. En bruit de fond, on percevait les cris d'une femme en plein accouchement et qui hurlait les pires insultes envers son mari, qui était déchiré entre le besoin d'informations vitales et par les cris de sa femme..

« Je ne sais pas exactement. L'ordre d'extermination vise tous ceux qui portent l'initiale du D dans leur nom, qu'ils soient jeunes ou vieux !Merde, comment ai je pu être aussi aveugle ! » jura le vieil homme, presque en larmes.

« Connais tu la raison de ce massacre ? »

« Ils disent que la volonté du D doit être éradiquée. Je ne sais même pas ce que cela veut dire ! »

« Toi aussi, tu dois t'enfuir ! On peut se donner rendez vous... »

« Non. Par contre j'ai une tâche pour toi. Le village de Fushia, les monts Colbo, le clan Dadan, tu t'en souviens ? Le gosse que je leur ai confié est en danger, lui aussi. Protège le aussi, je l'ai promis à son père. Dadan t'en diras plus. » les mots s'échappaient rapidement, de sa bouche presque inaudible et incompréhensibles.

« Attends, de quoi est ce que tu...clic. »

La communication venait d'être coupé. Garp raccrocha doucement l'écouteur et se retourna pour faire face à son vieil ami qui se trouvait devant son bureau. Sengoku le regardait, les regrets, la tristesse, la douleur s'affichaient sur son visage, habituellement impassible. C'était le visage d'un homme qui s'apprêtait visiblement à accomplir son devoir à contre-cœur.

« Je t'ai laissé cinq minutes. »

« C'était amplement suffisant. » répondit Garp en le dévisageant simplement.

« Je ne suis sensé t'arrêter que dans une demi heure, Garp... Tu peux encore t'en aller, tu sais.. » Murmura Sengoku en s'autorisant cette dernière offre, même s'il savait que celui qu'il en était venu à considérer comme son meilleur ami la refuserait.

« J'ai servi fidèlement la Marine pendant toute ma vie, tu sais ? Je n'ai pas l'intention de renier mon serment maintenant. » Déclara Garp d'un ton abrupte.

« Je regrette, tu sais. »

« Je ne connais même pas les raisons à cela : ce n'est qu'une simple initiale dont je ne connais rien, tu sais ? » murmura le Vice Amiral, comme s'il ne parvenait pas à croire qu'une simple lettre dans un nom pouvait justifier le meurtre de son futur petit fils.

Sengoku voulu prononcer quelques paroles réconfortantes, mais il ne pouvait trouver les mots appropriés pas plus qu'il ne s'en sentait le droit. Les deux hommes restèrent donc là, silencieux, assis dans la même pièce, sans se regarder; attendant la fin de l'échéance de Garp, à la fin de laquelle il serait emmené dans un endroit où il ne reverrait pas la lumière du jour.


Bon un chapitre bien sinistre. J'espère qu'il vous a quand même plu...