Bon, je suis impardonnable de vous avoir fait autant attendre. Le travail est prenant et les chapitres que je suis en train de rédiger sont parmi mes préférés et je ne veux pas les bâcler.
Pour les reviews, je remercie tous les anciens et nouveaux reviewers, à savoir : Gokudera, Corbac92, Xnekochix, Gu, Luna, Leeloo 250 et RebornX3. J'espère que cette histoire continuera de vous plaire.
Pour la réponse à la question, c'est Gu qui est le plus proche, même s'il n'a pas deviné exactement pourquoi.
Pour Luna, j'ai du mal à me représenter Luffy faisant une crise d'ado face à son père, je le vois plutôt dire simplement "ah, tu es mon père ? salut !" Dans le manga, Luffy ne m'a pas eu l'air franchement traumatisé à l'idée de grandir sans un père et il n'est pas vraiment à la recherche d'une figure paternelle à part peut être celle de Shanks, donc j'ai du mal à croire qu'il lui en voudrait, surtout que son père avait plutôt comme principe d'éducation "fait comme tu veux." cf tome 12.
Sinon, côté relation, je vais suivre la saine doctrine de maitre Oda, à savoir éviter les relations amoureuse dans One Piece. à la rigueur, un faible de Nami pour Luffy, mais ce sera à sens unique. Ce que notre capitaine privilégie dans son aventure, ce sont plutôt les liens d'amitié.
Depuis quelques jours, le calme régnait sur East Blue, le temps était froid et brumeux, dangereux pour naviguer mais idéal pour cacher un navire recherché par le gouvernement. . Sabo voulait à tout prix recommencer à se battre et il avait supplié Dragon de lui permettre de faire des combats d'entrainement avec Luffy. Le chef révolutionnaire avait accepté, du moment qu'il soit là pour surveiller et prévenir tout accident. Durant ces combats, Luffy ne devait pas se retenir afin d'habituer Sabo à se battre contre un adversaire qui n'aurait pas pitié de son état. Il devait également apprendre à réutiliser efficacement sa jambe droite afin que celle ci ne le gêne pas. Luffy, lui, commençait à apprendre à utiliser efficacement son fruit du démon. Il adorait les possibilités que cela lui apportait et s'amusait à s'inventer dans sa tête certaines attaques et à leur trouver des noms.
Lors de l'un de ces après midi, alors que Luffy et Sabo venaient de terminer l'une de leur séance d'entrainement complètement épuisés, Dragon appela les deux garçons à la proue du navire, en leur disant qu'il voulait leur montrer quelque chose d'intéressant. Curieux, les deux enfants plissèrent donc les yeux pour tenter de distinguer cette chose à travers l'épais brouillard qui recouvrait la mer. Si le révolutionnaire affirmait que c'était intéressant, cela avait toutes les chances de l'être. Luffy commençait à se plaindre qu'il ne voyait rien quand il écarquilla les yeux et comme Sabo, ouvrit grand la bouche face au spectacle qui s'offrait devant eux.
Ils voyaient le pilier gigantesque de ce qui semblait être un pont titanesque en pierres et en acier. Une œuvre colossale qui défiait l'imagination humaine : le pont avait plusieurs arches qui se succédaient les unes aux autres et les deux enfants ne pouvaient compter leur nombre car elles finissaient fatalement par se perdre à l'horizon. Cependant, il semblait que le pont n'était pas encore terminé : ils pouvaient voir en plissant les yeux des grues et des échafaudages. Mais même de loin et inachevé, cela semblait déjà énorme et les deux garçons essayaient d'imaginer l'effet que cela ferait si leur navire se rapprochait de l'ouvrage. Mais, leur vaisseau gardait prudemment ses distances et restait caché dans le brouillard. Très vite, la raison devint évidente : des navires de la marine circulaient régulièrement à proximité et ils ne devaient à aucun prix se faire repérer. Les deux enfants finirent par détourner les yeux du pont et se tournèrent vers Dragon en quête de réponses.
« Cet endroit se nomme Tequilla Wolf et le pont que nous voyons est un mystère dont je ne connais pas toute l'étendue. Il est sensé relier plusieurs îles d'East Blue.»
«Qui a pu avoir l'idée d'un tel projet ?» Murmura Sabo pensif.
« Je ne suis pas certain : certaines sources indiquent le Gouvernement Mondial, d'autres affirment que ce serait les Tenryubitos. Mais on ne sait pas quel est le but de ce pont et j'avoue que c'est un mystère qui m'intrigue... » répondit Dragon.
« Ce sont les marines qui construisent ce pont ? » Demanda Luffy.
« Non. Ce sont des esclaves. » répondit l'adulte d'un air dégouté.
« Quoi ? Mais l'esclavage a été aboli et par le gouvernement mondial lui même ! Il n'y avait pas d'esclavage sur Dawn, même si le royaume de Goa était pitoyable ! »Protesta Sabo.
« Les îles locales ne pratiquent pas l'esclavage car ça leur est interdit... en théorie. Mais souviens toi, les membres du Gouvernement Mondial n'applique pas leurs propres règles. La vente des esclaves est camouflée mais elle existe, les Dragons célestes achètent des hommes, des femmes et même des enfants dans des ventes aux enchères monstrueuses sous la protection de la Marine. »
Luffy semblait révolté et Sabo donnait l'impression d'avoir envie de vomir.
« Comment ils trouvent ces esclaves ? » Demanda l'ainé.
« Ce sont des criminels, des pirates qui ont eu la malchance d'être capturés et vendus par des chasseurs de prime ou des Marines. Ce sont aussi les ressortissants des pays qui n'ont pas juré fidélité au Gouvernement Mondial et n'en font donc pas partie. Parfois, il y aussi des citoyens, vendus ''par erreur''. Des personnes qui sont enlevées et qui sont vendus aux marchands d'esclaves peu scrupuleux. Ils ne vont pas trop s'attarder à savoir si leur victime a été vendue illégalement ou pas... Il y a aussi des personnes qui font partie des ''élus''»
« Des élus ? »
« Les Tenryubitos peuvent très bien choisir n'importe qui dans une foule et les amener contre leur gré dans leurs demeures : cela ne porte pas le nom d'esclavage mais c'est exactement la même chose. Un joli visage qui les attire, une femme qui leur plait, quelqu'un qui a une capacité ou un talent qu'ils veulent...Ces dégénérés s'en emparent comme si cela leur appartenait.» Précisa Dragon avec amertume.
Luffy et Sabo étaient furieux et semblaient déjà prêts à en découdre.
« Quand nous naviguerons sur Grandline, et cela ne saurait tarder, vous constaterez ces choses de vos propres yeux. Je ne veux pas qu'il vous arrive la même chose, alors vous ferez profil bas, sinon, vous resterez sur le navire. Si l'un de vous finit à Marijoa, il me sera impossible de vous sauver. J'espère que c'est bien compris. Luffy, c'est surtout à toi que je m'adresse. Tu sais parfaitement ce qu'il risque d'arriver si tu te fais remarquer. »
« J'ai compris, monsieur » répondit Sabo d'un ton solennel.
« Compris, Père » dit Luffy à son tour.
« J'en suis heureux. »
« Donc, les gens qui travaillent sur ce pont ont été réduits en esclavage...Il doit y avoir des centaines, peut être même des milliers d'hommes là haut ! » Murmura Sabo.
« Pas seulement des hommes, mais aussi des femmes et des enfants. Souvenez vous, certains sont des citoyens qui viennent de pays défaits par le Gouvernement Mondial. Un jour, je le jure, je délivrerai ces gens. » déclara Dragon.
« Moi aussi » ajouta Sabo.
« Moi, je battrai ceux qui font ça, comme ça, ils ne feront plus d'esclaves. » Affirma Luffy, radical mais logique.
« Pourquoi les esclaves ne tentent pas de s'enfuir ou de se révolter ? Si je devais être condamné à un destin pareil, je serais prêt à tout pour m'échapper. » Poursuivit Sabo qui voulait avoir plus d'informations.
« S'enfuir n'est pas facile quand on a des chaines aux pieds et quand on est surveillé par des gardes armés. Et regarde ce pont : où pourraient ils s'enfuir ? La mer est surveillée et sans cette brume qui nous protège, nous même, nous nous serions déjà fait arraisonner et ils ne peuvent fuir par le pont sans se faire abattre par leurs geôliers. Souvenez vous qu'on ne s'enfuit pas pour mourir, mais pour vivre. Dans le cas de l'esclavage à Marijoa, c'est un cas très particulier : les esclaves portent un collier de métal autour du cou, s'ils tentent de s'enfuir ou de l'enlever, il explose. C'est l'une des marques qui indiquent leur statut d'esclave, ça et la marque des Tenryubitos.
« Quelle marque ? »
Dragon sortit un morceau de craie et traça en quelques coups la griffe des Tenryubitos : un rond avec trois pointes en haut et une en bas, puis il l'effaça rapidement après que Luffy et Sabo l'aient bien vue.
« Les Nobles mondiaux impriment cette marque au fer rouge sur le dos de chaque esclave, lui enlevant toute dignité et toute estime de soi. Les personnes qui les portent savent qu'elles ne seront plus jamais libres et même si quelques uns sont parvenus à s'échapper, ces anciens esclaves garderont toujours inscrits dans leurs corps et dans leur âme des cicatrices indélébiles. »
« Vous en avez rencontrés ? »Demanda Sabo, curieux du passé de son sauveur.
« Il y a environ cinq ans, alors que j'étais sur Grandline, j'ai rencontré un homme poisson du nom de Fisher Tiger qui avait réussi un exploit jugé impossible : il a escaladé à mains nues la paroi de Redline sur 10000 mètres, s'est introduit dans la ville sainte de Marijoa et a libéré des milliers d'esclaves, aussi bien des humains que des hommes poissons et des représentants d'autres races. Et avec ces anciens esclaves hommes poissons, il a formé un équipage : les pirates du Soleil. Leur signe est un soleil resplendissant qui est apposée au fer rouge pour effacer la griffe des Tenryubitos. Lors de ma visite à son bord, j'ai rencontré certains de ces fugitifs et anciens esclaves. Il haïssait les humains, non sans raison, d'ailleurs, mais lors de notre discussion, nous avions vu que nous avions des points en commun malgré nos différences. »
« On pourra le rencontrer ?» Demanda Sabo plein d'espoir.
« Malheureusement, j'ai appris qu'il est mort récemment. »Dit Dragon avec le regret qui perçait dans sa voix.
Soudain, un des hommes de Dragon vint interrompre la conversation : il tenait un journal qui venait d'arrivé et annonçait que les nouvelles semblaient graves. Le chef des révolutionnaires saisit la gazette et la parcouru brièvement et son visage devint dur comme pierre, ses sourcils étaient froncés et il serra les poings d'un air résolu. Il ordonna aussitôt de mettre le cap sur le sud en proclamant qu'ils retournaient sur Grandline et fut rapidement obéi par ses hommes, puis, il demanda aux deux enfants de retourner dans leur cabine. Sabo s'empara du journal qui était tombé à terre et lu le gros titre : « Le Gouvernement Mondial renouvelle sa confiance à Aka Inu. L'amiral Sakazuki retourne à East Blue pour mener la lutte contre l'ennemi »
Au même instant, Dragon parlait avec l'un de ses hommes :
« Monsieur, pardonnez moi, mais pourquoi ne mettons nous pas le cap sur Reverse Mountain si nous retournons sur Grandline ?»
« Nous ne passerons pas par Reverse Mountain mais par Calm Belt. Si le journal d'aujourd'hui annonce que l'amiral Aka Inu retourne à East Blue, cela signifie qu'il y est déjà. C'est très certainement un piège :son but est de nous affoler et de nous pousser à commettre une erreur en filant vers Reverse Mountain où il pourra nous coincer. Calm Belt est remplie de monstres et le vent n'y souffle jamais mais avec l'aide de mon fruit du démon, nous pourrons, je l'espère, franchir cette zone avant d'en rencontrer. »
« Bien compris, monsieur. »
Pendant ce temps, du côté de Reverse Moutain, l'amiral Aka Inu se trouvait effectivement posté comme son adversaire l'avait prédit et, dans sa cabine, il relisait attentivement les descriptions qu'il avait rassemblé sur son ennemi juré. Depuis trois ans, il semblerait qu'il n'y avait pas eu beaucoup de changements à part sur un détail, insignifiant pour les observateurs, mais qui avait son importance pour l'amiral : les rapports mentionnaient la présence d'un enfant très jeune dans les rangs des révolutionnaires depuis presque trois ans. Aka Inu avait su dès le début que le bébé qu'il avait entraperçu il y a plus de huit ans avait survécu malgré sa disparition. Il en avait eu la conviction depuis qu'il avait entendu les rires du petit bâtard au milieu de cette tempête qui l'avait soustrait, lui et son père, à sa juste fureur. Ces rires qui semblaient le tourner en dérision hantaient ses nuits dans ses cauchemars et le réveillaient la haine enracinée dans son cœur.
Cet enfant ne devait survivre à aucun prix. Certes, aux yeux des civils, il pouvait paraitre inoffensif, mais tôt ou tard, il grandirait tel une mauvaise herbe et deviendrait une aussi grande menace que son géniteur. Sa haine à l'égard de l'enfant n'était surmontée que par celle qu'il vouait au père et qui était dictée à la fois par la Justice Absolue et par des motifs personnels. Mais, après tout, rien n'interdisait de mêler ces deux raisons. Et quelle meilleure vengeance contre cet homme qu'il haïssait que de tuer son enfant sous ses yeux ?
Il grinça des dents quand il songeait à tout le retard qu'il avait pris dans sa traque parce qu'il avait été rappelé par le Gouvernement Mondial. Il avait presque réussi à coincer son ennemi sur une île mais celui ci avait utilisé les pouvoirs d'un fruit du démon pour fuir. Pour le stopper, Sakazuki avait dû utiliser son magma mais les destructions occasionnées avaient affolé les civils et certains en étaient même morts. Aux yeux de l'amiral, le jeu en valait la chandelle, mais pour des raisons politiques, la Marine l'avait fait rappeler. Cependant, même les politiciens du Gouvernement Mondial avaient vu le bien fondé de ses actions, mais lui reprochaient la destruction de l'île qui les plaçait en porte à faux vis à vis de ceux qu'ils défendaient. Mais désormais, il n'y aurait plus de soucis : il n'était plus sur une île et il n'aurait plus à s'inquiéter des effets collatéraux. Oui, il était fin prêt à les recevoir...
Pendant ce temps, à Marinford...
L'enseigne 1ère classe Smoker marchait d'un pas vigoureux dans les couloirs du QG de Marinford vers le bureau où il devait rejoindre son mentor. Mais si son pas était décidé, son esprit, depuis deux ans, était la proie aux doutes depuis une certaine rencontre dans une île d'East Blue. Il ne pouvait s'empêcher de remâcher dans sa tête les paroles que cet homme mystérieux avait prononcé et ces paroles avaient attisé en lui le désir d'en savoir plus sur celui qui avait été un héros : le vice amiral Garp.
Il avait eu l'occasion de se renseigner discrètement pendant ses deux années de fonction dans ce qui avait été la mer la plus pacifique du globe et il en était arrivé à cette conclusion : Garp le poing, héros de la Marine n'était pas sur cette mer. Il avait donc décidé de profiter de sa récente promotion au grade d'enseigne 1ère classe pour retourner au QG afin de découvrir la vérité à ce sujet. Car, pour le Marine aux cheveux blanc, la Justice ne pouvait s'exercer sans vérité. Il se dirigeait donc maintenant vers le bureau de l'officier qui l'avait formé à son arrivée ici, l'homme qui lui avait transmis toutes ses valeurs sur la Justice et l'avait encouragé à poursuivre dans cette voie, la seule personne à qui il accepterait de faire confiance.
Smoker avait depuis quelques temps le pressentiment qu'il ne pouvait plus réellement se fier à ses collègues et cela l'effrayait de savoir que les paroles d'un proscrit aient pu avoir autant d'influence sur lui. Aussi s'était il abstenu de révéler quoi que ce soit sur sa rencontre avec cet homme aux officiers qui étaient venu l'interroger après l'intrusion de cet homme dans la base. Il avait seulement affirmé avoir été assommé et n'avoir pas eu le temps de distinguer son agresseur et les enquêteurs avaient accepté sa version des faits. Mais l'officier aux cheveux blanc se demandait encore pourquoi il n'avait rien dévoilé sur cet inconnu : était ce parce que les paroles de cet homme avaient l'accent de la vérité ? Ou à cause de l'attitude étrange de l'enfant, le fils de cet inconnu ? Lui même n'en savait rien : peut être pour ces deux raisons...
Cependant, il devait obtenir des réponses avant de laisser le doute le ronger plus longtemps, ce qui était la raison pour laquelle il s'adressait au vice amiral Kuzan. Son supérieur hiérarchique lui avait toujours paru un homme de confiance. Sa paresse naturelle, son indépendance d'esprit et sa perception plus relâchée de la justice lui avait interdit toute promotion depuis bientôt neuf ans mais c'était cet homme qui avait enseigné à Smoker qu'il n'existait pas une seule justice mais que chaque homme en avait sa propre perception qui différait selon leur personne. L'autre motif de confiance tenait dans le fait que le vice amiral Kuzan avait lui même été élève du vice amiral Garp et que c'était sans doute de lui que le vice amiral tenait sa vision de la Justice...
Après avoir toqué à la porte, l'enseigne Smoker pénétra dans le bureau de son mentor. Son protecteur semblait plus occupé à faire la sieste qu'à travailler de façon sérieuse et responsable. Le chasseur blanc se racla la gorge, ce qui réveilla Kuzan qui le regarda d'un air amical et l'accueillit chaleureusement, ravi de revoir son protégé qu'il n'avait plus revu depuis longtemps. Après les questions habituelle concernant la santé, le travail et leurs quelques relations communes, Smoker trouva enfin le courage de poser sans détour la question qui le rongeait : qu'était il arrivé au vice amiral Garp puisqu'il n'était pas sur East Blue ? Kuzan lui avait rapidement fait signe de se taire et lui avait proposé une ballade dans les jardins zen de Marine Ford. Ce fut dans cet endroit, hors de portée des éventuelles oreilles indiscrète, que Kuzan accepta de lui révéler la vérité, à savoir que le Vice amiral Garp avait été transféré à Impel Down, sans chef d'accusation, sans procès et dans la discrétion la plus totale.
Dire que Smoker avait été étonné par cette nouvelle était un doux euphémisme. Il venait de se voir confirmer ce qu'il craignait le plus depuis les révélations de cet inconnu. Il n'envisagea même pas l'idée que Garp ait pu se rendre coupable de trahison, c'était inconcevable et la réponse prudemment formulé du vice amiral Kuzan laissait entendre la même chose. Celui ci lui demanda alors ce qui l'avait poussé à se poser seul ce genre de questions. Kuzan était peut être paresseux, mais il n'était pas un imbécile : il se doutait qu'il y avait eu un déclencheur à cette réflexion de son protégé et sa curiosité le poussait à en savoir plus. Le jeune officier avait semblé très réticent à lui confier sa source mais avait finalement décidé de faire confiance à son supérieur et lui avait donc avoué que l'homme à l'origine de ses questions avait prétendu être le fils de Garp. Le vice amiral n'avait pas semblé très perturbé par cet aveu : il savait, comme ses plus anciens collègues, que Garp avait un fils, lui aussi recherché en tant que l'un des plus grands ennemis du Gouvernement.
Par contre, ce qui avait étonné Kuzan, ce fut d'apprendre que le petit fils de Garp était toujours en vie. Il savait que la quasi totalité des personnes qui portaient la lettre D dans leur nom avaient été éliminées pour une raison mystérieuse. Or, d'après les rapports, celle qui était la femme de Dragon et qui portait également cette lettre, avait été tuée alors qu'elle était en train d'accoucher. Certes, l'amiral Sakazuki avait affirmé haut et fort que l'enfant avait survécu mais Kuzan avait eu du mal à croire cet homme qui devenait obsédé par sa vengeance à la simple mention du nom du fils de Garp. Cependant, il semblerait qu'il ait eu raison en affirmant que ce bébé, qui devait maintenant avoir bien grandi, était bien en vie.
Kuzan respectait profondément le vice amiral Garp, l'avait admiré et aujourd'hui encore, son admiration et son respect pour lui étaient intact. Il lui devait beaucoup. Quand il avait intégré la Marine, il avait été pris sous la protection de Garp qui était considéré comme un formateur émérite au sein du QG : l'entrainement avait été un véritable enfer (qui n'avait fait que le conforter dans l'idée que le repos était la meilleure chose sur cette terre) mais finalement, il s'était élevé au sein de la hiérarchie pour atteindre ce poste prestigieux de vice amiral. Quand il avait appris par Sengoku l'emprisonnement de son mentor, il avait subi un choc effroyable. L'amiral en chef avait refusé d'en parler avec Kuzan et lui aussi visiblement avait très mal pris le fait de devoir faire enfermer son ami mais son devoir, selon lui, était d'obéir aux ordres du Gouvernement car tel était la raison d'être d'un membre de la Marine. Kuzan, lui, se sentait avoir de moins en moins d'affiliation avec le Gouvernement (pas au point de trahir, mais bon...), par contre, il se sentait toujours lié à son mentor par des liens qui ne s'étaient pas rompus en huit ans.
Après avoir recommandé à Smoker de garder le silence au sujet de cette histoire, le vice amiral Kuzan se dirigea vers le bureau de l'amiral en chef et là, il lui demanda s'il pouvait visiter son mentor à Impel down. Sengoku avait paru s'étrangler quand il avait entendu la demande extravagante de Kuzan et avait voulu débouter sa demande. Mais l'ancien protégé de Garp pouvait faire preuve d'obstination quand il le voulait et il avait patiemment argumenté en sa faveur. Mais Sengoku ne voulait pas, ne pouvait pas permettre cette visite : cela signerait la fin de la carrière de Kuzan mais celui ci avait rétorqué que apparemment, le simple fait d'avoir été l'élève de Garp avait mis fin à ses chances de promotion, ce que l'amiral en chef avait dû agréer à contre cœur : la chasse aux sorcières au sein de Marinford était encore d'actualité, même huit ans après. Sengoku avait donc contre-attaqué en affirmant que cela pouvait le placer en position délicate vis-à-vis du Gouvernement mondial mais cela ne découragea pas Kuzan.
A court d'argument, Sengoku finit par signer une autorisation extrêmement limité en temps qui permettrait au vice amiral de visiter Garp. Cependant, il tint à prévenir son subordonné qu'il assumerait seul ses actes, il l'informa également que son ami n'avait pas prononcé un mot depuis qu'il était enfermé à Marinford et qu'il ne devait pas s'attendre à pouvoir lui parler, surtout sous la surveillance des geôliers. Kuzan accepta toutes ces restrictions et une heure après, embarqua pour Impel Down. Après ce qui était communément appelé dans le jargon de la prison souterraine ''la descente aux enfers'', le vice amiral, accompagné du deuxième gardien en chef Shiryu de la pluie, parvint au sixième niveau. Garp était enfermé dans un caveau, à l'écart, dans le secret le plus total, même les prisonniers ignoraient sa présence ici, ce qui valait sans doute mieux. Il était également le seul à ne pas être torturé, un privilège qui le rendait inintéressant aux yeux du gardien sadique et assoiffé de sang qui préféra s'éloigner pour ''s'amuser'' avec certains détenus. Ce qui convenait parfaitement à Kuzan.
Il n'avait droit qu'à une visite de cinq minutes et seul le hasard avait permis qu'il n'y ait personne pour surveiller cet entretien . Kuzan avait interdiction formelle d'approcher le prisonnier et il distinguait à peine sa silhouette dans les ténèbres de la cellule. S'il n'était pas torturé, c'était vraiment la seule consolation qu'il pouvait avoir concernant son ancien supérieur : être enfermé ainsi dans les ténèbres et dans le silence le plus total, puisque les gardes avaient ordre de ne pas lui parler, c'était certainement l'équivalent de l'enfer, un supplice qui rendrait fou n'importe qui. Malgré cela, l'ancien élève tenta d'amorcer une discussion avec son mentor, mais, comme l'avait prévenu Sengoku, celui ci semblait inaccessible à toute tentative de dialogue. Finalement, après avoir vérifié que personne ne l'écoutait, espérant que la folie n'avait pas emporté définitivement l'esprit du prisonnier, Kuzan osa révéler à son ancien professeur l'information cruciale qui l'avait poussé à venir le visiter :
« Garp san... Votre fils et votre petit fils vont bien. »
Pour la première fois, il y eut une réaction sous la forme d'une question posée d'une voix éraillée à force de ne pas avoir servi depuis des années :
« Ils ne sont donc pas morts ? »
Kuzan comprit que personne n'avait jamais informé Garp que sa famille avait survécu à la traque qui avait été lancée contre eux voilà plus de huit ans. Demeurer dans l'incertitude sur le sort de son fils et d'un petit fils qu'il ne connaissait pas encore avait dû se révéler une torture plus grande que l'enfermement auquel Garp avait été soumis. Kuzan entendit le son étouffé de pleurs de soulagement, puis il y eut une autre question :
« Le nom du petit ? »
Déjà, la fin de la visite s'annonçait, alors Kuzan, dans un souffle, lâcha le nom du petit fils de Garp que Smoker lui avait révélé il y a de cela quelques heures :
« Luffy »
Puis, escorté du gardien dont l'uniforme, entre temps, s'était couvert de sang, le vice amiral remonta à la surface, plus heureux pour la première fois depuis des années.
Dans les ténèbres de sa prison, Garp se rallongea et murmura :
« Monkey D Luffy, hein ? C'est un bon nom. »
Surprise, surprise ! On revoit Garp dans ce chapitre. Vous avez de la chance, je pensais le mettre plutôt vers la fin, mais comme ce chapitre va marquer une transition avec la partie Grandline, j'ai décidé de la placer là pour marquer le coup.
J'espère que ce chapitre vous a plu et je m'excuse encore pour le retard.
N'hésitez surtout ps à me faire savoir si vous avez aimé le chapitre ou pas.
Sinon, avis à la population : Pensez vous, vous aussi, que dans le manga, la haine démente d'Aka Inu contre Luffy est due à un conflit avec Dragon ? Je dis ça parce que Aka Inu n'arrête pas d'appeler Luffy fils de Dragon et vu son acharnement à le poursuivre, pour moi, cela cache quelque chose.
