Bon, je sais que beaucoup m'en veulent à mort pour ne pas avoir posté de chapitres depuis très longtemps.

Malheureusement, je connais de graves difficultés au niveau santé et cela sera très difficile pour moi de m'en sortir. Je tâcherai de faire en sorte que mes derniers chapitres paraissent mais ce n'est pas gagné. Je ferais de mon mieux.

Je vous remercie de vos commentaires, remarques, critiques qui m'ont fait très plaisir et qui m'ont beaucoup aidé à poursuivre dans cette histoire.

Néanmoins, pour vous remercier de votre patience, je vous offre le chapitre 15 :


Chapitre 15

Tom consacra les trois jours qui lui restaient avant le procès à réparer de façon parfaite le navire qui lui avait été confié. Réparer un bateau n'était pas la même chose qu'en concevoir un. La création laissait toujours la place à l'imagination de l'artisan qui pouvait y laisser sa touche personnelle. C'était vraiment lui qui donnait naissance au nouveau bateau. Alors que dans le cas de la réparation d'un navire, il s'agissait plus d'un travail de chirurgien ou de médecin qui effectuait un travail de haute précision pour sauver son patient. Tom excellait dans les deux et aimait les deux aspects du métiers.

Ce qu'aimait Tom, dans la réparation des navires, c'était de voir le lien qui se formait entre un navire et son équipage. Il pouvait constater du premier coup d'œil si un navire était aimé ou pas : il suffisait de bien observer les signes et cela devenait évident. Curieusement, c'était dans les petites dégradations que cela se voyait, : des marques de couteaux superposées qui indiquaient la croissance d'un enfant, des petits dessins sur les murs, des tâches d'encres sur le sol d'une cabine...Des marques de la vie quotidienne qui indiquaient que ce navire était vivant. Tom ressentait moins cette impression dans les navires de la Marine : ils étaient plus uniformes, les soldats n'étaient pas attachés à un navire en particulier et ne créaient pas de vrais liens avec leur bâtiment...Une pitié ! Parfois, certains vaisseaux étaient personnalisés par certains gradés et il y avait donc un plus fort sentiment d'appartenance mutuel entre l'équipage et le bateau. Mais ils restaient rares et peu étaient approuvés par le pouvoir décisionnel.

Le navire dont il s'était occupé ces derniers jours était désormais comme neuf. Il avait été heureux de s'occuper de celui ci : il pouvait presque percevoir son âme, il l'imaginait parfaitement aussi fière et déterminée que celles de ses occupants et surtout de son capitaine. Tel homme, tel navire. C'était cela la philosophie de Tom.

Il regarda une dernière fois le splendide navire dont il venait de finir les réparations et se dirigea vers le port principal. La rumeur s'était propagée ce matin très tôt : le vaisseau judiciaire venait d'arriver. Accompagné de ses deux disciples et de Luffy, il partit en direction du tribunal populaire. L'enfant avait dû confier à son père son chapeau de paille qui risquait de lui donner un signe trop caractéristique et il portait désormais un des foulards d'Iceburg sur ses cheveux noirs. Il ne s'était pas résolu à cet échange de gaieté de cœur mais c'était la condition de Dragon pour qu'il accepte que son fils accompagne les trois artisans tandis que lui même observerait attentivement les événements depuis la fenêtre de sa chambre. Un mauvais pressentiment agitait le révolutionnaire depuis qu'il avait vu le CP5 et les plans que dissimulait Tom : le Gouvernement ne reculerait devant rien pour s'en emparer, il fallait donc s'attendre à un coup fourré de leur part. Tout dépendrait donc de la probité du juge.


Il existait encore, apparemment, des juges intègres qui tenaient parole au sein du Gouvernement Mondial. Le vieil homme avait été visiblement impressionné par le chef d'œuvre de Tom et il tenait toujours ses promesses, même envers les prisonniers. Le voyage qu'il avait effectué à bord du train des mers dont il avait pu admirer l'incroyable technicité l'avait convaincu du propre génie de son concepteur. L'artisan avait tenu sa parole envers le gouvernement en respectant ses délais et grâce à lui, Enies Lobby aurait moins de difficultés à assurer son approvisionnement, le juge ne fit donc aucune difficulté à acquitter Tom de son crime.

Malheureusement, tout le monde ne pensait pas comme ça. Dans un coin, Spandam observait le cours du procès tout en souriant d'un air mauvais : cela ne se passerait pas comme ça. Jamais ce poisson mutant ne serait acquitté, surtout une fois que ses hommes auraient fait leur boulot. En plus, ça lui permettrait de se venger convenablement de ce fichu Cutty Flam et de ce sale gosse qui avaient osé le toucher avec un boulet de canon. Utiliser les propres bateau du disciple pour condamner le maitre était certainement une idée de pure génie ! Parfois, son ingéniosité étonnait même Spandam ! Il éclata de rire et donna le signal à ses hommes de commencer l'attaque du navire judiciaire, le sacrifice nécessaire pour que règne la Justice Absolue dans le monde et qui, surtout, était nécessaire à son avancement.

Une énorme explosion secoua le vaisseau judiciaire, détruisant un de ses mats. Les flammes commencèrent à dévorer le bateau et la population qui s'était rassemblée là pour assister à l'acquittement de leur sauveur prit la fuite, éperdue, cherchant à savoir qui pourrait être responsable d'une attaque aussi ouverte contre le Gouvernement Mondial et sa Justice. Ils eurent très vite la réponse quand ils virent les Battles Franky bombarder le navire à coup de boulets de canon et d'obus incendiaires. Très vite, la rumeur se propagea, accusant Franky, le disciple de Tom connu pour ses tendances violentes, d'avoir orchestré l'attaque du navire Judiciaire. Bien entendu, personne ne se donna la peine de réfléchir un peu plus afin de comprendre pour quel raison l'apprenti de Tom attaquerait il le Gouvernement alors que le sort de son maitre était entre ses mains...

Cutty Flam et Luffy courraient vers le cimetière des épaves le plus vite possible, furieux de voir que quelqu'un avait osé s'emparer des créations de l'apprenti pour attaquer un navire rempli de monde. Iceburg et Tom, eux, se dirigeaient vers les Battles Franky avec le mince espoir de parvenir à les arrêter avant que la situation ne dégénère davantage. Aveuglé par la rage ou l'inquiétude, les deux groupes ne voyaient pas que cette réaction était justement celle qu'attendait le chef du CP 5. Dragon, qui avait assisté à tout depuis la fenêtre de sa chambre, avait déjà compris le projet de l'adversaire et surtout le piège vers lequel se dirigeaient à la fois les trois artisans et son fils. Déjà, il craignait le pire et il savait qu'il ne pourrait pas intervenir en plein milieu d'une ville envahie par des soldats de la marine et d'agents du gouvernement. La meilleure solution serait donc d'attendre et voir, et si Luffy se retrouvait piégé dans la nasse, il trouverait un moyen de l'en faire sortir.

Quelques minutes plus tard, Iceburg et Tom se trouvaient à bord des Battles Franky et constataient, avec stupeur, qu'il n'y avait plus personne à leur bord. Ils allaient retourner au port quand d'autres navire de guerre pilotés par le Cp5 les pris en embuscade et les bombardèrent. Quand Franky et Luffy arrivèrent sur le cimetière des épaves, ce fut pour trouver une scène de désolation : Tom et Iceburg, gravement blessés et les Battles Franky de Cutty Flam en miettes. L'apprenti le plus âgé de Tom, fou de rage et de chagrin, se rua vers son condisciple malgré ses blessures et se mit à l'invectiver violemment : ne l'avait il pas prévenu des milliers de fois de ne jamais laisser ses créations aussi facilement accessibles ? Ne l'avait il pas déjà averti que ses armes pouvaient causer des dégâts épouvantables ? Qu'il était responsable de ses bateaux ? Maintenant, leur maitre était grièvement blessé.

Mais les deux disciples n'eurent pas le temps de se lamenter davantage : les hommes du CP5 les avaient encerclés les garrotèrent tous les quatre, y compris Luffy qui avait eu le simple malheur de se trouver là. Mais Spandam avait malheureusement une excellente mémoire et se souvenait parfaitement que le gamin se trouvait avec ce maudit Cutty Flam qui avait osé le bombarder. Le chef du CP5 tenait là l'occasion parfaite de se venger de ses ennemis tout en remplissant sa mission , c'était certain, désormais, il allait recevoir sa promotion tant désirée ! Peut être comme chef du CP9 comme son père ! Son plan avait marché à la perfection , ils étaient tous à sa merci : d'ici quelques heures, il aurait les plans de Pluton et il enverrait tous ces criminels pourrir à Impel Down ! Le fait que l'un d'eux soit un enfant de moins de dix ans ne le gênait pas le moins du monde...

L'enfant en question était menotté et assis sur le sol en se demandant vaguement ce qui allait lui arriver après...Il était dans un sacré pétrin. Il était accusé devant un juge du Gouvernement et il risquait d' être envoyé à Impel Down dont son père lui avait parlé. Son habituel optimisme était parti et, aux yeux de l'assemblée, le petit paraissait étrangement détaché quant à son sort. L'enfant ne pleurait pas, ne se débattait pas et tous en avait déduit que le pauvre gosse ne comprenait tout simplement pas ce qui lui arrivait ou qu'il était tellement terrifié que la peur l'avait rendu stupide... En réalité, c'était plutôt le contraire : il réfléchissait plus qu'il ne l'avait jamais fait auparavant et les questions affluaient dans la tête de Luffy quant à son sort : allait il être condamné à mort ? Être envoyé à Impel Down ? Serait il torturé ? S'il arrivait dans la prison souterraine, pourrait il s'échapper ? Après tout, ses menottes n'étaient pas en granit marin et personne ne connaissait son fruit du démon, cela voulait donc dire qu'il avait ses chances, non ?...Ou alors, son père viendrait le sauver, mais ce serait difficile pour lui...

Tout occupé qu'il était à réfléchir, Luffy ne s'était pas aperçu que le procès avait recommencé. Le juge avait commencé par redire à quel point le train aquatique l'avait impressionné et il avait affiché son incompréhension quant à l'attaque qui venait d'avoir lieu. La pauvre défense de Franky qui avait accusé Spandam du méfait fut tournée en dérision : comme si des agents du Gouvernement allaient s'en prendre à un de leurs propre navire ! Tout le monde éclatait de rire et le chef du CP5 ajouta de l'huile sur le feu en affirmant haut et fort les avoir pris sur le fait et en ajoutant que les Battles Franky étaient bel et bien les créations du disciple de Tom. Le plus jeune apprenti, désespéré en voyant où l'avait mené son travail, considérant les blessures que ses bateaux avaient infligé aux deux êtres qu'il aimait le plus, renia alors haut et fort ses navires.

La fureur s'empara de Tom comme jamais auparavant et, usant de sa force colossale d'homme poisson, l'artisan brisa ses chaînes et assena une bonne droite à son disciple, ce qu'il n'avait jamais fait auparavant et clama, de sa voix puissante, de ne jamais renier ses navires, peu importe ce qu'ils faisaient, un artisan devait aimer ce qu'il bâtissait et plus encore, il devait être fier de son œuvre ! Le discours de Tom retentit à travers toute l'esplanade, choquant profondément toutes les personnes présentes, y compris le Juge et Spandam, Luffy, lui, le regardait, admiratif, Franky, enfin, était en larmes. Le maitre artisan se retourna pour faire face à ses juges tout en ordonnant à ses disciples de n'intervenir sous aucun prétexte. Il savait désormais que tout était terminé pour lui, il allait être condamné à mort pour un crime ou pour un autre... Mais avant, il allait venger l'âme meurtri de son apprenti.

De toute sa force, il frappa le chef du CP5. Cet acte était complètement inattendu pour les citadins qui s'étaient habitué au caractère débonnaire et pacifique de l'homme poisson. Iceburg et Franky étaient pétrifiés par la stupeur et assistèrent, impuissants, incapables de dire un mot, à ce qui suivit. Quelques secondes plus tard, les agents du Gouvernements tirèrent sur l'artisan qui tomba à genoux, sentant la paralysie envahir son corps. Mais il avait encore le temps de tenter un dernier recours, non pour lui, mais pour ses deux apprentis et l'enfant, qui, il le sentait, était destiné au titre vacant de Seigneur des Pirates.

Il s'adressa au juge qui avait montré plus tôt son admiration en espérant qu'il accepterait son offre : il acceptait de plaider coupable pour l'attaque du navire judiciaire, mais la construction du train des mers rachèterait cette 'faute'. En entendant cela, les trois autres accusés commencèrent à protester mais furent réduits au silence par un seul regard de Tom. À la déclaration du juge l'informant qu'il serait condamné pour avoir construit l'Oro Jackson, l'artisan naval prit une grande inspiration et clama, avec panache, qu'il était fier d'avoir construit le navire de Gold Roger, faisant ainsi écho à sa dernière leçon donnée à Franky, i peine quelques minutes...

Tom sentait ses dernières forces le quitter et il décida de les utiliser pour réconforter ses malheureux disciples. Il aurait dû savoir que les agents du Gouvernement ne le laisserait jamais en paix, qu'ils seraient prêts à tout pour s'en emparer, mais désormais, les plans seraient en sécurité entre les mains de ses apprentis. Mais ces plans n'étaient pas la seule chose qu'il léguait à ses disciples : Iceburg et Franky hériteraient également de ses rêves. Maintenant qu'il y songeait, il avait été un homme comblé : Peu de personnes, après tout, avaient l'opportunité de réaliser leurs ambitions, et lui, Tom, avait pu en réaliser deux : bâtir un navire capable de faire le tour du monde et sauver sa ville de sa dépression. Désormais, tout le reste reposerait entre les mains de ses disciples et il sombra dans l'inconscience.

Le triomphe de Spandam semblait total, il exultait en regardant les quatre condamnés à sa merci, il se réjouissait de chacune des larmes qui coulaient des yeux des accusés humiliés et accablés par la peine et la douleur, comme devaient l'être les criminels et opposants au Gouvernement. Il était impatient d'arracher tous ses secrets à l'artisan naval et de faire payer à ses prisonniers les blessures qu'il avait dû subir au nom de la Justice du Gouvernement Mondial. Triomphant, il ordonna à ses hommes d'embarquer les condamnés vers Enies Lobby, sûr, désormais, que plus rien ne s'élèverait contre lui. Mais ce fut alors que la voix du juge s'éleva pour rappeler à Spandam que Tom était accusé d'avoir conçu le navire du Seigneur des Pirates mais que ses disciples, en revanche, étaient libres de partir. Il demanda également d'une voix plutôt froide, la raison pour laquelle l'enfant comparaissait devant lui alors qu'il ne faisait apparemment pas parti des Tom's Worker.

Spandam dû donc, la rage au ventre, libérer ceux qui étaient certainement des criminels ou qui en deviendraient certainement dans le futur. Il jeta un regard noir vers les trois acquittés mais finalement détourna le regard : les disciples ne l'intéressaient pas et une fois en possession des plans, un accident pourrait très bien leur arriver...

Luffy, lui, observait immobile, glacé, les agents du gouvernement entourer son ami ensanglanté de chaines et le trainer vers le train, en le bourrant de coups de pieds, en l'agonisant d'injures. La colère habitait désormais tout le corps de l'enfant, les larmes de chagrin qui avaient coulés à la fin de l'audience s'étaient taries et il restait là, debout, comme s'il ne pouvait ni détourner le regard, ni fuir hors de cet endroit. Mais, il savait qu'il ne pouvait rien faire : il n'était pas assez fort pour battre tous ces soldats, mais il ne pouvait empêcher un maigre espoir de s'élever en lui : son père était fort, non ? Il pourrait battre ce salopard de Spanda sans aucun problème et en plus, Tom était son ami, et donc il le sauverait ! Mais son père n'arrivait pas, n'intervenait pas pour sauver l'artisan naval et Luffy ne pouvait plus supporter de rester là, à regarder ce qui se passait devant lui, et, dégoutté par sa faiblesse et par le monde entier, il s'enfuit le plus loin possible, aveuglé par sa rage, sa tristesse et sa souffrance. Il ne vit pas Franky démolir la face de Spandam, pas plus qu'il n'assista à sa tentative désespérée de secourir son maitre.


Luffy était assis sur la plage du cimetière des épaves à regarder la baie et les carcasses des Battles Franky qui achevaient de sombrer : il repensait aux quelques jours durant lesquels il s'était amusé à naviguer dessus en compagnie de son ami sous les rires de Tom et les regards désapprobateurs de Iceburg. Le soleil se couchait mais l'enfant était complètement insensible à la beauté du paysage, ses yeux étaient vides de toute lueur et il se mordait les lèvres jusqu'au sang pour s'empêcher de pleurer. Il ne réagit pas quand il vit une ombre se profiler juste à côté de lui : il savait qui c'était, bien sûr, mais il refusa de prononcer un mot. Il se sentait bien trop trahi dans ses espoirs et dans sa perception du monde pour parler à son père. Dragon lui même ne dit rien, il attendait simplement, sachant bien que son fils devait prendre l'initiative avant de lui expliquer les raisons de ses actes. Au bout de quelques longues minutes, alors que le silence s'appesantissait sur le pères et le fils, Luffy finit par craquer et hurla, son visage couvert à nouveau de larmes de rage et de chagrin :

« Pourquoi ? ! Pourquoi tu ne l'as pas sauvé ? Pourquoi n'es tu pas intervenu ? Il était notre ami à tous les deux ! Tu parlais avec lui, tu t'entendais bien avec Tom ! Je sais que moi, je n'étais pas suffisamment fort pour le sauver, que j'étais trop faible ! Mais pas toi ! Toi, tu pouvais le sauver les doigts dans le nez ! Un coup de vent et tout les soldats étaient à terre ! Une tornade et cet enfoiré de Spanda aurait été envoyé à l'autre bout du monde ! Je sais que tu pouvais le sauver, je sais que tu pouvais tous les battre sans problème ! Je sais qu'ils étaient plus faibles que toi ! Alors pourquoi, pourquoi n'as tu pas sauvé Tom ?! ».

Luffy s'effondra, épuisé par sa crise, complètement vidé. Il ne pouvait plus crier maintenant, tant il n'en pouvait plus. Les quelques heures passées l'avaient brisé. Ce fut alors que Dragon prit la parole:

« Luffy, je ne suis pas intervenu pour deux raisons. Veux tu que je te les explique afin que tu comprennes mes raisons ou préfères tu rester là, à pleurer sur ce qui aurait pu être ? »

Un reniflement lui répondit, manifestement signe d'approbation.

« Ma première raison, c'était que, quoi que tu en penses, Luffy, je n'étais pas assez fort aujourd'hui pour sauver Tom. »

« Menteur. Je sais que tu aurais pu tous les battre sans problèmes. »

« Sur le moment, oui. J'aurais pu battre sans problème tous les soldats et agents rassemblés ici. Mais après ? Avec le Puffing Tom, le QG de la Marine se trouve à environ six heures d'ici et il suffit d'un simple escargophone pour le prévenir si un accident arrive. En moins de douze heures, les plus hauts gradés de la Marine, voir même le CP9 dont je t'ai déjà parlé, auraient débarqué ici. Quant à s'enfuir avant qu'ils n'arrivent, notre équipage et nos hommes sont encore dispersés dans les îles des alentours et sans eux, ils nous aurait été impossible de partir. »

« Mais tu es fort, peut être que tu aurais pu les battre... » Protesta faiblement Luffy.

« Mon fils, même moi, je ne suis pas invincible. Il m'aurait été impossible de battre les hommes les plus forts de la Marine sans l'aide de mes compagnons. Si tu veux devenir capitaine d'un vaisseau pirate, n'oublie jamais que tu n'es rien sans tes nakamas : ce sont eux qui gardent tes arrières, qui prennent le relais, qui pallient tes faiblesses. Et ton devoir en retour est de les protéger au maximum de tes forces et de les mener vers le sommet. C'est pareil pour moi, tout comme un capitaine n'est rien sans son équipage, moi même, je ne peux changer les choses si personne ne me suit. »

« ... »

« Tu comprends, n'est ce pas, Luffy ? »

« Ta deuxième raison... C'est quoi ? »

« Si j'avais accepté de me battre ici pour libérer notre ami, alors la bataille aurait certainement détruit une bonne partie de la ville. Et lorsque la Marine aurait débarqué, c'est toute l'île qui en aurait payé le prix. »

« Je m'en fiche...Ils croyaient tous que Tom était un criminel ! »

« Peut être, mais Tom, lui, ne s'en fichait pas. Il aimait cette ville. Ce train, ce n'était pas pour le gouvernement qu'il l'a conçu, mais pour sauver sa cité. Ne l'as tu pas entendu ? Son rêve était d'aider sa cité à s'en sortir et il l'avait réaliser. En combattant contre la Marine, je n'aurais pas seulement saccagé la ville, j'aurais anéanti son rêve et ça, je suis certain qu'il ne me l'aurait jamais pardonné. »

« Ce n'est pas juste... »

« Je sais »

Et, étreignant son père comme si sa vie en dépendait, l'enfant se remit à sangloter en pensant à la perte de ses amis. Au bout d'une heure, il s'endormit, épuisé par toutes les péripéties qu'il avait subi. Le plus délicatement possible, Dragon le ramena vers le navire dont les réparations étaient achevées et en se souvenant de la hâte de Tom à finir le travail et en contemplant les finitions, le révolutionnaire ne pu s'empêcher de se demander si l'artisan avait pressenti ce qui allait arriver... Désormais, il ne le saurait jamais.

En couchant Luffy sur sa couchette, il songea à la troisième raison qui l'avait empêché d'intervenir et qu'il n'avait pas voulu avouer à son fils : s'il était intervenu, les agents et les marines auraient certainement tués les accusés afin de les empêcher de s'enfuir et Luffy n'aurait pu échapper à la mort.


Deux jours plus tard, une fois son équipage rassemblé, le navire leva l'ancre et mit les voiles vers l'île blanche de Baltigo, le repaire du mouvement révolutionnaire. Il était probable qu'il y resterait pendant quelques années. Luffy et Sabo pourraient s'y entrainer tout leur saoul et y devenir bien plus fort. Et d'ici un an ou deux, qui sait, Luffy aurait suffisamment mûri pour qu'il puisse se faire, lui aussi, ses propres expériences. Mais avant cela, son fils aurait à apprendre la portée de ses actes, ainsi que la limite de ses forces et ses faiblesses. Pour le moment, il semblait en bonne voie mais lui apprendre à réfléchir un peu plus ne serait pas un mal.

Mais, il ne se faisait pas d'illusion : même quand Luffy serait en âge de suivre sa propre aventure, il était probable qu'il continuerait à suivre ses instincts et son cœur. Lorsqu'il se sentirait suffisamment fort, son fils n'hésiterait plus à défier le monde entier si quelque chose le révoltait et alors, plus rien ne l'arrêterait. Dragon songea qu'il était impatient de voir cela et voyant Luffy qui se rapprochait de la proue, il replaça sur la tête de son fils le précieux chapeau de paille et l'enfant lui sourit , quoique avec un peu de tristesse. En regardant la mer, il se fit une promesse solennelle : un jour, il serait assez fort pour protéger ses futurs nakamas.


Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu.

Je vous offre la preuve que Dragon n'est pas dépourvu de cœur mais qu'il ne l'exprime pas. Dans la famille Monkey, on a Garp qui exprime ses sentiments par ses poings, Dragon qui ne les exprime pratiquement pas et Luffy qui est exubérant.

Je vous remercie d'avance pour vos commentaires.