Bonjour à tous, comme tous les mercredi, me voici pour un nouveau chapitre de la Dernière Volonté.
La semaine dernière, j'ai écris quelques chapitres sur la suite de cette fic qui se passera dans la trame temporelle actuelle du manga et pour le moment, je n'en ai que cinq qui sont é que je dois aussi me concentrer sur le tome 2 de ma saga Par delà la Porte, les rythmes de parution de L'Héritier du D (voici le nom de la suite en avant première) seront sans doute encore un peu mouvants. Avant de poster cette suite, je posterai un One Shot portant également sur One Piece mais sans rapport avec ma fic.
Voilà pour le programme dans le futur...
Je remercie tous ceux qui ont laissé un commentaire sur ma fic et j'espère, pour ceux auxquels j'ai répondu, que mes réponses ont été satisfaisantes. Je sais que certains pensent encore que je suis une tortionnaire mais je vous assure que non... Du moins je crois...
Bon, sans plus attendre, voici le nouveau chapitre, bonne lecture !
Chapitre 19
Le lendemain, Luffy ouvrit les yeux, et, ne reconnaissant pas son environnement, se plaça aussitôt en alerte maximale, prêt à réagir en cherchant une éventuelle sortie ou une arme quelconque pour se défendre contre d'éventuels ravisseurs. Il se trouvait dans une pièce petite, très peu meublé mais avec du mobilier hors de prix…Le jeune garçon ne comprenait pas. Mais, quelques secondes plus tard, il se souvint brusquement de ce qu'il s'était passé le jours précédent : la tentative d'enlèvement, l'empoisonnement, sa fuite à bord du navire de la délégation d'Alabasta, la décision prise de l'emmener à Marijoa pour le soigner et son arrivée sur la Terre Sainte. En clair, il était dans la panade jusqu'au cou.
La douleur qui s'était installée dans son estomac n'était, pour une fois, pas due au fait qu'il était affamé mais à la peur viscérale d'être coincé dans la gueule du loup pendant plusieurs jours. Il n'osait pas penser à ce qui arriverait s'il se trahissait devant ces gens : la capture, l'interrogation, peut être la torture s'il ne révélait rien, ensuite l'esclavage s'il était "chanceux" ou plus probablement la mort. De quoi déprimer n'importe qui, surtout un enfant dont les talents pour le mensonge approchaient le zéro absolu !
Brusquement, le jeune garçon se redressa : la mort, il pouvait l'affronter, la torture, il pourrait la supporter, après tout, cet épisode avec ce pirate lors de ses aventures avec Ace et Sabo n'avait pas été sans douleur… L'esclavage, il avait déjà décidé qu'il préférait mourir en y résistant de toutes ses forces plutôt que de les laisser le marquer et de le traiter comme une chose. Étrangement, maintenant qu'il savait ce qui pouvait l'attendre en cas d'échec, le fils de Dragon avait beaucoup moins peur de l'avenir et il allait traverser cette situation avec le même optimisme qu'il avait conservé toute sa courte vie.
Tout allait bien se passer : tant qu'il restait à l'écart des lieux de réunions majeurs, qu'il ne croisait personne d'important et que nul ne remarquait un lien de parenté avec son père, tout irait pour le mieux. Cela faisait beaucoup de conditions, mais le futur pirate n'était pas trop inquiet : aucun noble ne consentirait à baisser les yeux vers un plébéien comme lui tant ils méprisaient les gens comme lui. Le peu d'inquiétude de Luffy ne signifiait pas, cependant, qu'il était totalement insouciant : depuis qu'il avait cinq ans, son père et d'autres gens avaient tout fait pour en battre une partie hors de lui, histoire qu'il survive plus d'une dizaine d'année. Du coup, il avait acquis un minimum de prudence et d'instinct de survie et il savait donc que s'il arrivait à se faire discret, son séjour ici ne devrait soulever aucune vague.
Le cours de ses pensées fut interrompu par l'appel de Pell qui désirait le briefer quant à ce qu'il devait faire : dans l'ensemble, les consignes données ressemblaient beaucoup à celles qu'il suivait déjà en temps ordinaire, donc aucun problème. Par contre, ce qui l'ennuyait franchement, c'était les leçons d'étiquette qu'il allait devoir suivre afin qu'il ne commette pas d'impairs durant son séjour. Le seul point positif, c'est que Vivi y assistait, le point négatif, c'est qu'elle rigolait tout le temps quand il se trompait. Mais ce n'était pas du tout par méchanceté, après tout, elle aussi avait dû en passer par là, il y a quelques jours, et les mimiques de Luffy quand il se trompait était tellement amusantes qu'il était impossible de ne pas rire.
Le futur seigneur des Pirates était désespéré : le protocole d'Alabasta comptait cent huit règles à respecter impérativement. Mais ce n'était franchement rien comparé à Marijoa qui avait élevé le protocole et l'étiquette au rang d'art et de tortures raffinées : le jeune garçon avait été complètement perdu dans les milliers de règles à respecter en toutes circonstances, à croire que personne, ici, ne savait se comporter de façon naturelle.
Par chance, il était connu qu'Alabasta était plutôt laxiste en matière de règle, donc personne ne s'étonnerait d'un petit écart, surtout si la princesse commettait des petites erreurs elle même. En plus, ils étaient encore des enfants, donc leurs erreurs pourraient être excusées…à condition qu'ils n'en fassent pas trop. De toute façon, en théorie, ils n'étaient pas sensés participer aux grandes réunions officielles, donc Luffy aurait fort peu de chance de rencontrer des membres du Gouvernement Officiel pendant la journée.
Les deux enfants passaient donc leurs matinées à travailler sur le protocole (à leur grand désespoir et plus profond ennui). Les après midis étaient plus amusants et consacrés à la visite de Marijoa : la cité était encore plus belle et majestueuse que la haute ville de Goa, somptueuse, jetant aux passants leurs splendeurs comme pour les défier de faire mieux.
Les trottoirs étaient pavés d'albâtre et de marbre et reflétaient la lumière au point qu'on avait l'impression de marcher sur de l'or, les portes de chaque demeure étaient ornées de pierres fines ou semi précieuses comme de la grenat, de la citrine, des aigues marines, topazes, ambres, jade, dans une débauche de couleurs. Les portails des villas des nobles les plus prestigieux, elles, étaient ornées de vraies pierres précieuses : rubis, diamants, saphirs, émeraudes… Chacune de ces pierres pourraient sans doute permettre à une famille de vivre à l'abri du besoin pendant la durée d'une vie.
Des fontaines fastueuses ornaient la moindre petite place, ainsi que des arbres aux essences les plus rares et des fleurs qui émettaient un parfum des plus agréables. Chaque jardin avait un thème différent mais tous étaient raffinés et enchanteurs, avec des statues à la gloire de héros passés.
On ne pouvait s'empêcher d'être ébloui devant cet étalage de merveilles et Vivi et Luffy affichaient exactement le même visage ébahi, même la petite princesse qui avait pourtant vécu dans un magnifique palais n'avait jamais vu autant de richesses exposées à tout va. Tout ici respirait la paix, la prospérité, l'oisiveté, un véritable paradis sur terre, les nobles semblaient vaquer majestueusement à leurs occupations avec des sourires éclatants, conscients qu'ils vivaient dans le meilleur des mondes, qu'ils étaient les rois de cet univers. Ils semblaient avoir tout pour être heureux, satisfaits, et pourtant leurs visages n'affichaient qu'un mépris hautain, comme si toutes cette fortune leur était dû.
L'autre point noir de cet endroit était bien évidemment les esclaves. Bien entendu, ceux qui s'occupaient de l'entretien des rues et des jardins étaient invisibles, les seuls qu'on voyait étaient ceux qui portaient les nobles sur leurs dos et leur vue avait horrifié la jeune princesse, même si on l'avait prévenue de cette pratique. Elle avait refusé fermement la proposition du majordome de prendre un esclave porteur mis à leur disposition en masquant son dégoût pour cette offre répugnante et les deux enfants, escortés uniquement par Igaram et Pell, étaient partis à pied, ignorant totalement l'air dédaigneux des passants.
Luffy, en voyant les esclaves, ressentait une immense pitié, alimentée par tous les récits de son père, de Shaki et de Rayleigh. Il savait que pratiquement personne n'avait réussi à se libérer de leurs chaines, à part il y a sept ans, grâce à un Homme poisson nommé Fisher-Tiger qui avait libéré à lui seul des milliers d'esclaves et détruit une bonne partie de Marie Joa. D'ailleurs, les deux enfants pouvaient constater qu'une bonne partie des bâtiments étaient neufs, bien qu'aussi splendides que les autres. Vivi, évidemment, en ignorait la cause exacte mais son ami n'avait nul doute que si elle connaissait les événements passés, elle aurait prit le parti des évadés. Mais il ne pouvait rien lui dire, à son grand regret...
Détournant ses pensées de ce problème, Luffy porta son regard sur l'immense château qui se profilait à l'horizon et où se tenait le sommet de Rêverie. Il aurait bien aimé se trouver là bas afin de surprendre les conversations des Grands : certes, c'était certainement ennuyeux à mourir, mais s'il avait pu surprendre des informations intéressantes, alors peut-être que son père aurait montré de l'indulgence quant à sa dernière bêtise… Mais ce n'était malheureusement pas le cas et à la place, le pauvre garçon se retrouvait à faire du shopping dans les rues de la cité sainte. Vous parlez d'une injustice !
Pendant ce temps, dans la salle de conférence du palais, le roi Cobra prêtait attention à l'exposé devant lui, tentant de faire abstraction de son voisin d'en face, le roi Wapol du royaume de Drum qui semblait plus occupé à se goinfrer des pâtisseries mises à sa disposition qu'à écouter le roi d'Illusia. Une telle attitude portait franchement sur les nerfs du roi du royaume d'Alabasta qui avait déjà suffisamment de sujets d'inquiétude pour le moment. À côté de lui, les autres souverains semblaient partager son agacement quant à l'attitude de ce piètre monarque. Certes, il venait de succéder à son père, mort il y a deux ans, et c'était la première fois qu'il devait assister à un tel Conseil, néanmoins, cela n'excusait pas un comportement aussi pitoyable. Le père de Wapol avait été un bon roi, soucieux de son peuple, un homme juste, responsable, qui avait fait bénéficier de sa sagesse les membres de la conférence pendant de nombreuses années. Son seul échec semblait être son incapacité à avoir su transmettre ses qualités à son fils.
S'apercevant que ses pensées avaient dérivé, le roi d'Alabasta se reprit et prêta à nouveau attention à l'exposé. Le roi Thalassa Lucas abordait la question de l'île des Hommes Poissons : la mort, il y a quelques années, de la reine Otohime, avait fait à nouveau reculer les tentatives de rapprochement entre les deux races. Une véritable tragédie pour cette paix qui, même après deux cents ans suite à l'acceptation du royaume Ryugu au sein du Gouvernement Mondial, n'arrivait toujours pas à s'installer. Mais au fond de lui-même, le roi Cobra se demandait comment la pacification pouvait se faire quand les vieux préjugés étaient profondément ancrés dans les esprits et que subsistait, encouragé par les Nobles Mondiaux, un commerce d'esclaves visant les habitants de la mer. Comment parler de justice absolue quand celle-ci tolérait deux poids, deux mesures ?
Ses questions prenaient désormais un tour dangereux : depuis une dizaine d'année, le Gouvernement Mondial s'était encore radicalisé sur ses positions, rendant les discussions de fond beaucoup plus périlleuses. Les Grands avaient adopté une position toujours plus rigide et inflexible, avec une politique beaucoup plus interventionniste dans les affaires des États. Cobra aurait aimé pouvoir parler en toute liberté concernant les dernières mesures permettant à la Marine et aux agents Gouvernementaux d'intervenir dans les procédures policières et judiciaires locales, outrepassant le pouvoir régalien des dirigeants…
Malheureusement, il ne pouvait se permettre d'agir imprudemment : forcer un roi à se retirer faisait désormais partie des prérogatives que le le Conseil s'autorisait par le biais d'un vote à l'unanimité. Si cela arrivait, dans le meilleur des cas, cela laisserait sa petite Vivi sur le trône à onze ans. Malgré sa vivacité d'esprit, sa passion pour la liberté et son amour pour son peuple, sa petite princesse ne serait rien de plus qu'un monarque fantoche, manipulée par les Grands. Dans le pire des cas, cela pourrait signifier un Buster Call : la tragédie d'Ohara il y a presque quinze ans avait rappelé de façon terrifiante que tous les États étaient mortels, même ceux qui faisaient partie du Gouvernement Mondial. Et jamais le roi Cobra n'autoriserait son peuple à subir un tel châtiment.
Se détournant de ses sombres pensées, le roi Cobra suivit attentivement la fin du rapport sur les Hommes Poissons. Thalassa Lucas était en train de faire la transition pour le prochain exposé mais fut interrompu par l'entrée dans la salle d'un officier de la marine qui lui parla quelques instants avant de se retirer. Le roi d'Illusia se leva alors et reprit la parole :
"Je devais normalement aborder le sujet des révolutionnaires mais il semble que cette tâche ait été confiée à un amiral de la Marine. Je laisse donc le soin à l'amiral Sakazuki de faire le point sur cette affaire.
Un instant plus tard, un homme de haute taille fit son entrée dans la salle de réception, marchant d'un pas assuré et très martial, sa cape voltigeant derrière lui. Son visage était dur et ses traits secs trahissaient une personnalité inflexible, de même que ses yeux qui dévoilait à la fois l'intelligence et l'absence de pitié de cet homme.
Le roi d'Alabasta le reconnut sur le champ comme Aka Inu, le chien rouge. La rumeur de ses "exploits" lui était parvenue il y a quelques années. Il était connu pour être un fervent défenseur de la justice absolu, poursuivant sans merci les ennemis du Gouvernement Mondial, n'hésitant pas à employer les grands moyens pour arriver à ses fins. Néanmoins, cet aspect de lui avait coûté cher à de nombreux civils : il y a six ans, selon la rumeur, il avait transformé une partie d'une île en gigantesque brasier avec son fruit du Magma alors qu'il poursuivait un criminel. Il avait fallu des mois avant que le brasier ne s'éteigne, la catastrophe avait créé des dégâts inimaginables, causé plusieurs dizaines de victimes et obligé des milliers de personnes à quitter leurs foyers. Évidemment, l'affaire avait été étouffée aux oreilles des civils, mais les souverains du sommet étaient intervenus pour exiger qu'une telle chose ne se reproduise plus, chacun voyant d'un très mauvais œil de tels agissements.
Mais il semblerait que l'amiral Sakazuki avait des soutiens très haut placés au sein du Gouvernement Mondial et au lieu d'être renvoyé de l'armée, il avait juste été mis de côté, momentanément. Malheureusement, il était désormais de retour dans le service actif et le roi Cobra se sentait que cela ne présageait rien de bon pour l'avenir. Qu'un tel personnage ait pu parvenir à l'un des plus hauts grades de la marine était en soi une indication du tournant qu'avait pris le Gouvernement Mondial depuis plus de dix ans. Autour du monarque de Alabasta, quelques souverains semblaient partager ses préoccupations et fronçaient les sourcils devant celui qui avait gagné le surnom officieux et fort peu reluisant du "Molosse Sanglant". Ce dernier, indifférent à l'aversion et à l'écœurement qu'il pouvait provoquer, s'installa sur le siège délaissé par le roi d'Illusia et prit la parole :
Souverains appartenant au Gouvernement Mondial, il m'a été demandé par les conseil des Cinq de vous exposer le danger que représentent les Révolutionnaires. Sachez tout de suite que je suis le plus à même d'en parler car cela fait onze ans que je poursuis sans relâche cette organisation terroriste.
Il fit un signe de tête et des domestiques distribuèrent des dossiers aux membres du conseil. Le roi Nefertari Cobra ouvrit le sien et tomba sur la photo d'un homme : celui-ci avait les traits taillés à la serpe, ses longs cheveux noirs étaient tirés en arrière, le côté gauche de son visage était orné de tatouages rouges sombres d'aspect tribal. Il arborait un sourire narquois et défiant, ses yeux semblaient ceux d'une personne déterminée et prête à tout. D'autres photos du même homme suivaient, de plus ou moins bonnes qualités, le montrant avec une cape d'un vert sombre sur de nombreuses îles différentes.
"Dragon le Révolutionnaire", déclara Aka Inu d'une voix froide mais où l'on pouvait sentir la haine percer. "Il s'agit d'un D, donc il était déjà condamné à mort."
Le roi d'Alabasta haussa un sourcil en entendant cette nouvelle information : cela faisait très exactement onze ans que les individus porteurs de la lettre D dans leurs noms avaient été condamnés à mort sur ce simple fait. Pas d'informations supplémentaires n'avaient été données aux souverains quant à cet ordre d'extermination et ce dernier concernait aussi bien les adultes que les femmes et enfants. Tous les monarques avaient été prévenus des conséquences désastreuses qui s'ensuivraient s'ils dissimulaient l'une de ces personnes et chacun avait donc dû organiser un recensement pour découvrir ces "criminels par naissance", ainsi que les qualifiait le Gouvernement Mondial. Cobra avait ressentit un intense soulagement quand le recensement dans son royaume n'avait dévoilé aucune trace de porteurs du D : sacrifier la vie d'une personne à priori innocente pour le bien de son pays aurait pesé lourd sur sa conscience.
"Il possède le pouvoir du logia du vent, ce qui le rend excessivement dur à combattre. Il n'a en tête qu'une idée : abattre le Gouvernement Mondial afin d'imposer son idéologie corrompue !"
Un but qui était plutôt compréhensible compte tenu du fait qu'il avait été déclaré criminel par le simple fait de porter cette initiale…Quant à la tyrannie… Il ne savait qu'en penser. Après tout, le Gouvernement Mondial empêchait ces idées de se répandre dans les royaumes sous son autorité, donc, comment juger les idées de cet homme ? Décidément, songea CobraNefertari, mes pensées prennent un tour plutôt révolutionnaires, elles aussi. La fatigue et la lassitude pouvaient sans doute expliquer cela, sans parler des propres excès du Gouvernement Mondial…
"Moi, je ne vois pas en quoi cette affaire me regarde, mon empire est parfaitement à l'abri de tout cela…" déclara Wapol en se curant le nez, peu intéressé par cette affaire.
Voyant une sombre lueur briller dans les yeux de Aka Inu qui fixait désormais le roi de Drum d'un air inquiétant, le roi Cobra intervint le plus rapidement possible. Même si Wapol était un abruti doublé d'un égocentrique de première classe, il ne méritait pas de se retrouver en cendres à cause de cet amiral. Bien sûr, en temps normal, jamais un Marine ne s'en prendrait à un roi, mais il ne pouvait savoir comment un homme comme Sakazuki pouvait réagir…Il ne voyait qu'un moyen de régler la crise qui menaçait : faire taire lui-même cet imbécile, sans déclencher une guerre.
"Wapol ! Vous êtes si égoïste ! Pourquoi pensez vous que nous tenons ce genre de conseil ?!"
Puis, sans tenir compte du regard offusqué du pitoyable souverain, il se rassit et se tourna vers l'amiral dont les yeux fixaient le conseil et plus particulièrement Wapol et Cobra. Il reprit alors la parole, l'air de nouveau impassible.
"Ne les sous-estimez pas. Dragon a déjà commencé à rassembler des troupes, des hommes et des femmes dangereux, qui le suivent, corps et âmes et lui sont loyaux jusqu'à la mort. Aucun royaume n'est à l'abri et certains ont déjà commencé à fléchir face à eux. Il a des hommes sur toutes les mers qui rassemblent des informations et attendent le bon moment pour frapper. Vous trouverez une liste de personne confirmées comme appartenant à l'armée révolutionnaire."
Le roi Nefertari feuilleta le dossier, s'attardant sur certains noms : Kuma dit le Tyran, Ivankov, la (ou le ) tristement célèbre monarque de Kedétrav… Des personnages pour le moins originaux, qui ne semblaient avoir leur place nulle part. Certains avaient des fruits du démon, d'autres des spécialités intéressantes. L'armée révolutionnaire recrutaient dans toutes les sphères de la société : hommes, femmes, gens du peuple ou nobles, faibles et forts, jeunes et vieux… L'une des photos les plus récentes montrait même un garçon blond qui ne devait même pas avoir quinze ans…
Qu'est ce qui poussait ces gens à s'embarquer dans une aventure aussi périlleuse ? La misère ? Le désespoir ? La soif d'aventures ? Le désir de justice ? Au fond, c'était les mêmes raisons qui poussaient les pirates à prendre la mer. Sauf que ces révolutionnaires avaient décidé d'attaquer directement le système qu'ils jugeaient responsable de leur situation au lieu de se lancer dans une vie de pillages et de massacres. Mais n'auraient ils pas pu trouver un moyen plus pacifique de remettre en cause le système gouvernemental au lieu de tenter de le mettre à bas ? Visiblement non. Comment l'auraient ils pu quand leur chef était recherché rien qu'à cause de sa naissance ?
Revenant à son dossier, le roi vit que la dernière feuille ne comprenait pas de photos mais une simple signalement : à l'emplacement du nom, il pouvait lire Monkey D ? Puis suivait une description assez imprécise de la personne recherchée : sexe : masculin, âge : onze ans (né le 5 Mai 1505), taille estimée : inconnue, poids estimé : inconnu. L'enfant, puisqu'il s'en agissait d'un, avait apparemment des yeux bruns, des cheveux noirs. Mais ce fut le dernier élément qui retint son attention : selon certaines sources, le jeune garçon porterait un chapeau de paille. Cobra fronça les sourcils : certes, de nombreuses personnes et surtout les enfants, pouvaient porter un chapeau de paille mais il devait admettre que la coïncidence était étrange…
"Un problème, Roi Nefertari ?"
Aussitôt, le souverain d'Alabasta se reprit et sans se troubler, il demanda :
"Oui… C'est au sujet de la dernière page du dossier. La personne décrite sur ce feuillet est encore un enfant. Comment se fait-il qu'une personne aussi jeune soit recherchée ?"
"La réponse est très simple, votre majesté. Il a l'initiale D dans son nom. En fait, il s'agit même du fils de Dragon, le leader des révolutionnaires. Cela fait onze ans depuis la dernière fois que je l'ai aperçu de mes propres yeux. Malheureusement, les mauvaises herbes ont la vie dure…"
Le roi Nefertari n'eut aucun mal à interpréter les paroles de l'amiral. Elles signifiaient clairement que cet homme avait tenté de mettre fin aux jours de cet enfant alors qu'il devait être un nourrisson, voir à sa naissance, puisque la date de sa venue au monde était incroyablement précise dans ce rapport pourtant vague. Quel genre de monstre pouvait ainsi s'en prendre à un bébé ? L'âme de père du souverain d'Alabasta en était révoltée et il savait que, sur cet aspect, jamais il ne pourrait être d'accord avec le Gouvernement Mondial. Rien ne pouvait justifier le meurtre d'un enfant.
Il ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'avait pu être la vie d'un tel enfant, poursuivi dès sa naissance pour un crime qu'il ignorait, pour le simple fait d'exister… Une telle existence devait rendre une personne incroyablement dure envers le monde, ou tout le moins, extrêmement paranoïaque. Même une belle âme optimiste comme celle de sa fille en serait marqué et ne pourrait voir la vie avec l'insouciance de la jeunesse…
Le souverain ne pouvait s'empêcher de ressentir une profonde compassion envers cet enfant qui devait avoir l'âge de sa fille, de Kohza ou du jeune Luffy. Et en même temps, il nourrissait une étrange sympathie envers celui qui se dressait comme un ennemi, ce Dragon, une sympathie due à leurs rôles de pères et de protecteurs de leurs enfants. Et il éprouvait également une petite admiration, presque malgré lui, envers un homme qui était parvenu à préserver la vie de son fils pendant plus de dix ans tout en étant poursuivi par les forces du monde entier…
Les douze coups de la pendule interrompirent ses pensées alors que tous les dirigeants se levaient pour aller déjeuner. Prenant le temps de rassembler ses affaires au lieu d'attendre un domestique pour cela, il se dirigea vers la sortie mais fut bloqué par l'amiral Sakazuki qui s'adressa à lui :
"Vous n'approuvez pas cette mesure, n'est ce pas ?"
"Je ne peux cautionner le meurtre d'enfant, amiral," répondit Cobra, sachant parfaitement ce que son interlocuteur entendait pas "cette mesure".
J"e vois. Vous avez un enfant, n'est ce pas ?"
"Ma fille Vivi, elle a dix ans," répondit le roi, très tendu.
"Voilà qui explique ce sentimentalisme", soupira Sakazuki avec une touche imperceptible de dérision face à cette compassion. "Néanmoins, pour assurer la Justice dans ce monde, des sacrifices doivent être faits. Et si jamais ce garçon atteignait l'âge adulte, il deviendrait une menace terrible envers nous."
"Je ne pense pas être capable de m'abaisser à un acte aussi détestable qu'un infanticide", déclara Cobra d'une voix froide et sans ambigüité, ne pouvant plus masquer la réalité de ses sentiments sur la question.
"Mais rassurez vous, nul autre que moi n'accomplira cet acte ô combien nécessaire. Et au sujet d'actes nécessaires, je vous félicite pour avoir fermer le clapet de cet imbécile tout à l'heure", ajouta Aka Inu en prenant congé.
Peu enclin à accepter ce compliment, le roi se retira à son tour, repensant à toutes ces informations. Et ses pensées se tournaient vers la toute nouvelle recrue de l'escorte de sa fille Vivi alors que dans son esprit, une série de faits, apparemment sans grands rapports les uns avec les autres, s'emboitaient, formant ainsi une hypothèse, une hypothèse si énorme qu'elle ne pouvait être vraie. Mais plus il y réfléchissait, plus la vérité devenait éclatante de par son évidence. À la fin, il ne pouvait plus nier ces faits.
Déterminé, il prit le chemin le conduisant vers l'extérieur : ce soir, il allait avoir une sérieuse discussion avec le jeune Luffy.
Voilà pour ce chapitre, j'espère qu'il vous a plu.
Comme d'habitude, si vous avez des remarques, questions, critique ou suggestions, n'hésitez pas à me laisser une review. De même si vous désirez à tout prix vous faire spoiler à mort dan la limite du raisonnable...
Merci de m'avoir lu et à mercredi prochain !
