Bonjour à tous, comme tous les mercredi, me voilà de retour pour un nouveau chapitre de la dernière Volonté.

Comme d'habitude, je remercie tous ceux qui m'ont laissé une review, ça m'a beaucoup encouragé.

J'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre qui commence...maintenant :


Chapitre 20

Luffy et Vivi venait de passer leur matinée à flâner dans les rues de la ville et se dirigeaient à présent vers le palais Gouvernemental aux mille tourelles où avaient lieux les conférences des souverains. Luffy cachait mal sa nervosité à l'idée de s'approcher de cet endroit bien trop fréquenté à son goût. Mais Vivi tenait absolument à retrouver son père là bas et il était difficile de lui résister. Le regard de la jeune princesse était attiré par tous les monuments et boutiques de luxe et elle ne pouvait s'empêcher de regarder les merveilles exposées dans les vitrines.

Luffy, lui, prêtait plus attention aux rois qui sortaient les uns après les autres du château somptueux d'un pas majestueux et avec la profonde dignité de leur statut…Sauf pour l'un d'entre eux qui marchait rapidement d'un pas rageur, avec sur son visage disgracieux l'expression d'une fureur et d'une humiliation intense. Derrière lui, deux de ses gardes semblaient encourager cet état d'esprit tandis que le plus grand semblait plongé dans une profonde réflexion et paraissait soucieux. Le jeune garçon élastique le reconnut comme étant l'un des gardes du royaume de Drum et qui, d'après ce qu'il avait entendu, aurait le pouvoir d'un fruit du démon.

Luffy vit soudain la manière malsaine dont le regard du roi se porta sur Vivi qui continuait de regarder innocemment la vitrine devant elle sans s'apercevoir de ce qu'il risquait de se passer. S'il s'était agit d'un autre endroit et d'un autre moment, le jeune garçon aurait mis le type hors d'état de nuire d'un simple coup de poing avant même qu'il n'ait mis son idée à exécution. Mais il ne le pouvait pas ici et il opta donc pour une autre option. Au moment où la main de la grosse brute épaisse allait se porter sur la petite princesse, le porteur du D, sans hésiter un seul instant, se plaça devant la fille et se reçut à sa place une baffe monstrueuse qui l'envoya rouler au loin.

D'un seul coup, autour d'eux, la tension devint très lourde. Beaucoup de dignitaires avaient été témoins de la tentative de Wapol de frapper la princesse royale du royaume d'Alabasta, d'un rang bien plus élevé que le piètre souverain de Drum. Déjà, tous observaient la scène, se demandant par quelle réaction la future souveraine allait réagir face à une agression aussi délibérée et chacun retenait son souffle, sentant qu'une parole ou un geste malvenue pouvait déclencher une guerre. D'autres observaient le jeune garde qui venait d'être frappé et qui pouvait fort bien décider de venger l'affront qui venait d'être fait.

Luffy, à une autre époque plus favorable aux porteurs du D, aurait sans doute été le genre de garçon prêt à frapper sans réfléchir la personne ayant osé s'en prendre à l'un de ses amis. Mais l'éducation donnée par son père l'avait contraint à se servir de sa cervelle et côtoyer la princesse Nefertari même quelques jours avait également contribué à placer en lui quelques notions de diplomatie et de politique en lui. Tout le monde avait bien insisté pour qu'il ne commette aucun accident diplomatique et il ne serait pas celui qui romprait sa promesse. Il se releva donc calmement, les yeux obscurcis par ses mèches brunes, et se contenta de s'incliner devant la fillette choquée en disant :

"Pardonnez moi, princesse Vivi, je n'ai pas regardé où j'allais."

Les larmes aux yeux, la petite fille se contenta d'acquiescer, sachant parfaitement le rôle qu'elle devait jouer. Elle se tourna vers le roi Wapol qui semblait rageur à l'idée d'avoir raté sa cible et déclara :

"Permettez nous de nous excuser de notre maladresse, votre majesté. Nous ne regardions pas où nous allions."

Tandis que des murmures approbateurs et emprunts d'admiration s'élevaient de la foule autour d'eux, le roi Wapol s'empourprait à nouveau devant le respect qui était prodigué à la princesse de dix ans. Son acte était en train de se retourner contre lui et le nouveau monarque sans aucune expérience politique chercha un moyen de se dédouaner. Désireux de réaffirmer sa place et son rang devant ses pairs moqueurs, il choisit d'attaquer sans scrupule les deux enfants en s'enfermant dans son bon droit et en déclarant d'un ton hautain et suffisant:

"Une telle grossièreté envers une personne royale est impardonnable ! J'exige que ce garde soit puni pour sa faute inexcusable !"

L'atmosphère devint à nouveau très tendue tandis que des regards méprisants étaient lancés vers le souverain imbécile, des nobles diplomates et certains monarques commençaient même à se diriger vers Wapol afin d'exprimer leur façon de penser. Perdue au milieu de l'agitation qui grondait autour d'elle, Vivi lança un regard suppliant vers Igaram, quêtant désespérément un conseil pour empêcher la guerre d'embraser son royaume. Le conseiller savait qu'il n'y avait qu'un seul moyen d'étouffer dans l'œuf le conflit qui menaçait, mais comment pouvait il demander une chose pareille à un enfant qui avait déjà tant fait pour la princesse par simple altruisme ?

Mais le jeune garçon prit la décision pour eux et jeta un regard confiant à Vivi avec un petit sourire, celui que la jeune fille interprétait comme disant : "ne t'inquiète pas, je m'en charge !". Puis, il se tourna vers le roi Wapol, ses yeux considérablement plus froids, et déclara d'un ton neutre :

"Je suis prêt à me soumettre à la punition que vous jugerez bon."

Sachant parfaitement qu'il ne pouvait émettre devant tant de monde le même genre de punitions démesurées qu'il avait coutume d'infliger chez lui sans déclencher une émeute, Wapol, l'air grinçant et rageur, ordonna :

"Dalton, administrez vingt coups de cravache à cet impudent !"

Luffy, sans un mot, se débarrassa calmement du haut de sa djellaba pour exposer son dos, déjà bien couturé par les cicatrices récoltées durant des combats et par des traces de brulure suite à l'incendie du Gray Terminal. Il en avait vu bien d'autres en matière de blessures graves depuis qu'il était petit et il savait que vingt coups de cravache seraient fort peu payés en comparaison des conséquences s'il commettait un pas de travers durant son séjour ici. Il releva seulement la tête pour regarder droit dans les yeux celui qui allait infliger sa punition et comprit que cet homme faisait cela à regret : la honte transparaissait dans son regard et il murmura un "désolé" pratiquement inaudible.

Puis il administra les coups de fouet : il faisait cela rapidement, donnant l'impression de les administrer avec une force considérable en montrant bien ses muscles et en faisant des gestes exagérés. Mais en réalité, ce garde devait avoir un immense contrôle car la plupart du temps, la cravache ne faisait qu'effleurer en surface la peau du garçon et faisant couler le sang en abondance, mais sans jamais causer des dommages irréversibles à ses muscles. Avec ses capacités physiques hors du commun et son Fruit du Démon, une fois soigné, Luffy serait rapidement sur pied.

Quand le châtiment public fut terminé, le roi Wapol se contenta de renifler avec un air méprisant et d'éclater d'un rire arrogant et grotesque avant de tourner les talons, fier comme Artaban, sans se préoccuper des regards sombres lancés par l'assistance. Daltion regarda les deux enfants et leur accompagnateur avec un immense respect teinté de regret et s'inclina devant eux brièvement en murmurant une nouvelle fois "désolé". Luffy, calmement, remettait le haut de sa tunique tandis que Vivi ne semblait avoir qu'une seule envie, se jeter dans ses bras en pleurant, mais elle craignait de réveiller les blessures de son ami.

Autour d'eux, certains hauts dignitaires semblaient les considérer avec un air pensif et un mélange de respect et de considération, certains se permettant même un hochement de tête approbateur. Toutes les personnes ayant assisté à la scène n'oublieraient pas de sitôt la scène à laquelle ils venaient d'assister. Vivi, à l'exemple de son père, venait de rehausser encore plus le prestige de sa nation par sa dignité et son sens politique et Luffy, en acceptant une punition injustifiée, avait également permis à la future reine d'acquérir un soutien politique massif qui lui serait sans doute bien utile lorsqu'elle deviendrait la reine d'Alabasta.

Derrière les enfants, une voix âgée s'éleva :

"Vous avez réagi de façon admirable, princesse Nefertari."

Les deux enfants et Igaram se retournèrent et virent, assis tranquillement sur un banc public à l'aspect confortable, deux vieillards qui semblaient avoir assisté discrètement à toute la scène. L'un avait une longue moustache blanche qui retombait sur sa poitrine et le second avait aussi une moustache et une barbe plus courte et ses cheveux soigneusement coiffés semblaient former des rouleaux. On aurait pu les prendre pour de simples personnes âgées prenant tranquillement le soleil dans un parc s'il n'y avait pas eu leurs yeux perçants et subtils qui fixaient leurs interlocuteurs.

La délégation d'Alabasta reconnut immédiatement deux des cinq doyens, la plus grande instance politique du monde, deux des personnes les plus puissantes du monde. Pour Luffy, il s'agissait également de ceux responsables de la mort d'un grand nombre de gens, dont sa mère, de deux des hommes qui l'avaient condamné à mort du simple fait de son nom. Le porteur du D fixa l'espace d'un instant ceux qui avaient tenté de dicter son destin en le faisant mourir alors qu'il venait à peine de naitre, puis il suivit l'exemple de Vivi et d'Igaram en s'inclinant. Ses mèches noires, par chance, dissimulèrent la révolte qui brilla dans ses yeux l'espace d'un instant.

"Je ne peux que vous féliciter de votre grand sens politique, princesse Nefertari, Rêverie comptera très certainement un membre d'une grande sagesse dans moins d'une dizaine d'année et nous ne pouvons que nous en réjouir." Ajouta le second membre des doyens.

"Je n'ai fait que suivre l'exemple que mon père m'a montré depuis ma naissance", répondit humblement la princesse en s'inclinant avec une petite rougeur embarrassée sur ses joues.

Au même moment, le roi Nefertari Cobra approchait, alerté par certaines connaissances qui avaient assisté à la scène avec le roi Wapol et s'était empressé de mettre au courant le père mort d'inquiétude

"J'imagine que vous devez être fort fier de votre fille", complimenta le vieillard à la longue barbe en s'adressant cette fois au souverain d'Alabasta.

"Je remercie le ciel chaque jour pour me l'avoir donnée." Répondit poliment le roi en s'inclinant respectueusement.

"Vous avez également des serviteurs d'une grande valeur et très dévoués" Commenta l'autre doyen en fixant cette fois Luffy qui tâchait de ne pas trembler en sentant l'attention se porter sur lui. Il restait courbé comme l'exigeait le protocole.

"En effet. Ils m'ont rendu des services inestimables depuis le jour de leur engagement." Répondit le roi Cobra.

"Néanmoins, je m'interroge de la présence d'un enfant aussi jeune parmi des gardes d'élite", fit remarquer le vieil homme courbé sur sa canne.

"Il m'a sauvé la vie lors d'une tentative d'enlèvement et…" déclara respectueusement la princesse Vivi qui n'aimait pas voir mettre en doute les capacités de son ami et s'apprêtait à dévoiler le fruit du démon de Luffy.

"…Et il a amplement prouvé sa force lors de cette situation pour le rendre digne d'appartenir à l'élite du royaume." Poursuivit le souverain Nefertari en empêchant sa fille de trop en dévoiler sur son ami.

"Je peux comprendre qu'un fin politique tel que vous préfère garder secret ses futurs atouts" commenta le doyen le plus grand avec un sourire subtile.

"Ma foi, n'est ce pas pourquoi nous sommes ici ?" dit Cobra avec exactement le même sourire madré que son interlocuteur.

"Certes, certes…" répondit le vieil homme avec approbation avant de s'adresser au roi avec beaucoup de sérieux :

"Nous avons pris bonne note des qualités diplomatiques et politiques de votre dynastie et nous souhaiterions envisager un partenariat plus rapproché entre votre royaume et MariJoa. Accepteriez vous, vous et votre charmante fille, une invitation de l'un des Dragons Célestes à assister à une petite fête donnée officiellement en l'honneur de l'anniversaire de son fils ? Les autres chefs des grandes familles seront là et vous pourrez discuter d'un éventuel partenariat financier."

Le roi Cobra savait qu'une telle invitation ne pouvait se refuser sans graves répercussions diplomatiques. Accepter l'invitation et négocier avec succès pourrait, à terme, provoquer l'envoi d'agents gouvernementaux et de Dragons Célestes qui pourraient fouiner dans son royaume et s'immiscer dans les affaires politiques. Refuser pouvait laisser penser au Gouvernement Mondial qu'il avait quelque chose à cacher.

Techniquement, c'était parfaitement le cas : si le Conseil en venait à apprendre qu'ils avaient un Ponéglyphe dissimulé dans le mausolée royal, on pouvait fort bien leur envoyer la Marine et occuper "officieusement" le royaume, voir, dans le pire des cas, déclencher un Buster Call. Si les doyens avaient connaissance que lui, le roi Cobra, savait pertinemment où se trouvait Pluton…les conséquences seraient catastrophiques pour le monde.

Dans tous les cas, Cobra savait qu'il valait mieux accepter l'invitation et répondit respectueusement par l'affirmative. Les deux doyens semblèrent ravis et lui tendirent un carton d'invitation avec, inscrits en lettres d'or, le lieu et la date. Ils précisèrent que la Princesse était autorisée à venir accompagnée de son petit garde car il ne s'agissait apparemment pas d'une bizarrerie ici.


En rentrant dans leur suite, Vivi ne comprenait pas pourquoi son père avait l'air si sombre alors qu'ils étaient invités par les personnes les plus puissantes du monde. Même si elle n'appréciait pas du tout les coutumes des Dragons Célestes, est ce que ainsi, son père n'aurait pas plus d'influence pour faire bouger les choses ? Quand elle exprima ses interrogations à haute voix, son père poussa un profond soupir avant de lui expliquer la notion de "cadeau empoisonné" tout en évitant de donner trop de détails sur le sujet précis. Il l'informa avec gravité que le moindre faux pas à cette fête pourrait s'avérer catastrophique pour le royaume, ce qui signifiait que la jeune princesse allait devoir éviter à tout prix tout travers.

Il faudrait également acheter à sa fille les mêmes types de vêtements ridiculement chers que ceux portés par les Dragons Célestes sous peine de la voir méprisée par les autres enfants des Nobles Mondiaux. Il s'agissait d'une dépense supplémentaire non prévue qu'il aurait préféré consacrer à la recherche hydraulique pour trouver des sources d'eau potable pour le royaume désertique et non pour des futilités tel que la mode. Mais les Nobles Mondiaux avaient un orgueil aussi monumental que Redline et jamais ils ne se donneraient la peine d'adresser la parole à une personne d'aspect commun.

Après avoir expliquer toute la situation à sa fille, le roi Cobra décida que le moment était venu de découvrir qui était réellement Luffy. Les indications sur le dossier correspondaient parfaitement au jeune garçon, ce qui aurait pu n'être qu'une simple coïncidence. Mais c'était sans compter en plus les informations beaucoup trop précises que Luffy avait dévoilé par inadvertance : aucun enfant, encore moins un qui paraissait avoir grandi dans les rues, ne devrait être aussi informé politiquement des us et coutumes des nobles. Et surtout, il n'aurait pas dû être savoir au sujet de l'esclavage du Pont de Tequilla Wolf sur lequel même lui était à peine au courant.

D'autres indices avaient pratiquement confirmé cette hypothèse : dans son délire, Luffy avait mentionné un père qui serait furieux d'apprendre que son fils se soit trouvé à MariJoa. Il y avait eu aussi l'air de profond désespoir et de résignation quand le garçon avait compris que pour espérer survivre, il n'avait d'autre choix que de les accompagner lors du sommet des Rois. Tous les signes concordaient, il e lui restait plus qu'une chose à obtenir : l'aveu par la bouche même du jeune garçon.

Il fit donc signe à Luffy de le suivre d'un geste et ils rejoignirent le bureau mis à sa disposition. Il avait bien pris soin de le débarrasser de tout type de mouchard et les murs étaient trop épais pour que les conversations soient interceptées par escargophones noirs. Il plaça le dossier qu'il venait de recevoir sur le bureau, juste devant Luffy en lui faisant signe de le lire. Le jeune garçon sembla hésiter avant de prendre l'épais dossier et de commencer à le parcourir.

Il eut la réponse pratiquement dès que l'enfant eut déchiffré les premières lignes : il se figea comme un gibier surpris par un prédateur impitoyable. Au fur et à mesure de sa lecture, il devenait de plus en plus livide et d'infimes tremblements l'agitaient et il devint évident pour Cobra que le garçon était certainement très mauvais quand il s'agissait de dissimuler ses véritables sentiments : ils étaient d'une franchise presque brutale, d'une honnêteté rare dans ce monde, il était incapable de mensonge et son seul moyen de défense était de ne rien dire sur lui-même. Qu'un tel enfant ait pu survivre dans un monde aussi hostile pour lui et ses pairs relevait du miracle.

Quand Luffy eut terminé la lecture du dossier, visiblement avec sa propre fiche, il ressemblait à un animal traqué : prêt à la fuite ou à l'attaque, prêt à tout faire pour survivre. Quand il releva les yeux, c'était ceux de quelqu'un de résolu et prêt à se battre, avec de la détermination brulant dans son regard, ainsi qu'un désir féroce de vivre. Rien qu'en voyant la force contenue dans ce regard, le roi Cobra comprit pourquoi le Gouvernement désirait tant mettre fin à cette lignée : rien ne pourrait arrêter une personne animée par une telle volonté. Néanmoins, le roi Nefertari n'était pas le Gouvernement Mondial, c'est pourquoi il s'adressa à Luffy avec douceur :

"Quel est ton nom complet ?"

Après une infime hésitation, le jeune garçon répondit d'un ton ferme et fier mais sans hausser le ton :

"Monkey D Luffy."

"Et ton père est bien Dragon, le révolutionnaire ?" Demanda à nouveau le souverain d'Alabasta.

"Monkey D Dragon. " Corrigea Luffy.

"Est ce que tu te rends compte dans quelle situation tu es à présent ?" Soupira le monarque d'un air las.

"Bien sûr, mais ce n'est pas comme si j'avais eu le choix." Répondit le garçon en haussant les épaules.

"Sais tu seulement ce qu'ils te feront exactement si jamais ils découvrent qui tu es exactement ?" murmura Cobra en se demandant si l'enfant connaissait vraiment toutes les implications le concernant.

"Ils me tueront après m'avoir torturé pour découvrir où se trouve mon père ou bien ils se serviront de moi comme d'un appât pour l'attirer afin de le tuer" Répondit Luffy. "Et ils tueront sans doute aussi ceux qui m'ont protégé. Peut-être vous aussi." Ajouta t-il après réflexion.

Le pire, c'était que Luffy en parlait comme si cela allait de soi, comme si c'était normal de savoir qu'on allait vous faire subir mille souffrances pour découvrir vos secrets avant de vous tuer. Comme si c'était normal qu'on puisse se servir de lui comme d'un appât pour attirer l'un de ses proches. Qu'un enfant de l'âge de onze ans puisse considérer cela aussi calmement était quelque chose de terrible car cela signifiait qu'il avait dû vivre toute sa vie en se sachant menacé, lui et les siens. Ce n'était tout simplement pas une vie mais uniquement de la survie.

Le plus étonnant, c'est que l'enfant ne soit pas devenu rancunier ou amer envers le monde dans lequel il vivait. Il restait capable de gestes purement altruistes, savait se réjouir des petites joies de l'existence, pouvait lier des amitiés, y compris avec des personnes envers lesquelles il aurait dû ressentir de la haine. Il y avait en lui une nature optimiste, teintées de réalisme, comme si ce garçon parvenait encore à cultiver de l'innocence même après avoir subi l'aspect le plus sombre du monde. C'était vraiment quelque chose de déconcertant.

"Je tiens à ce que tu le saches, Luffy, pour qu'au moins tu sois prévenu : un amiral est venu aujourd'hui faire un exposé sur le mouvement de ton père et il est bien résolu à te tuer."

"Je sais, murmura Luffy avec un petit air sérieux en ajoutant : "Sakazuki, l'amiral Aka Inu. Il nous hait vraiment et mon père m'a dit qu'il ne s'arrêtera pas avant de nous avoir effacé de la surface de la terre."

"Pourquoi le Gouvernement Mondial veut il tuer Luffy ?" Demanda tout à coup une petite voix.

Cobra leva les yeux vers sa fille qui descendait de la conduite d'aération, toute couverte de toiles d'araignées : il aurait dû se douter qu'il ne pourrait pas lui cacher cette conversation. Vivi avait toujours été futée quand il s'agissait de se trouver des cachettes complètement improbables et elle avait dû s'y faufiler juste après qu'il les ait vérifiées. Mais pour le moment ses grands yeux étaient fixés sur eux, quêtant désespérément des réponses.

"Je ne sais pas, ma fille." Répondit le roi Cobra en baissant les yeux.

"Ils disent juste que toute personne portant l'initiale D dans son nom doit être exterminée, ils n'ont pas besoin d'expliquer pourquoi", répondit Luffy en haussant les épaules et Cobra s'étonna encore une fois du ton presque nonchalant avec lequel il affirmait cela.

"Mais on leur dira rien ?" demanda Vivi avec sa voix exigeant la vérité.

"Bien sûr que non, jamais je ne pourrais livrer la personne qui a sauvé ma fille unique" déclara le roi en regardant Luffy droit dans les yeux pour qu'il sache qu'il ne mentait pas.

Ce dernier sembla un peu rassuré. Un peu. Puis il afficha un grand sourire beaucoup plus confiant. Le même que celui qu'il affichait d'ordinaire.

Rassuré d'avoir gagné la confiance de Luffy, le roi envoya les enfants se coucher : demain, la journée serait rude.


Voilà pour ce chapitre... Comme vous pouvez le voir, la rencontre entre Vivi s'est faite, bien que d'une autre façon... Sans compter que j'en fais voir des vertes et des pas mûres à Luffy... Je me demande si certains d'entre vous ont des hypothèses sur ce que sera la suite...

Dans tous les cas, jespère que ce chapitre vous a plu et si vous avez des critiques, questions, suggestions remarques à faire, n'hésitez pas à laisser une review, cela fait toujours plaisir !

Bonne journée et à mercredi prochain !