Coucou à tous !

Bon je suis une vilaine, je voulais répondre à toutes vos reviews avant de poster mais je n'ai pas eu le temps alors pour ne pas vous faire patienter plus longtemps, je poste de suite mon chapitre !

Merci à toutes vos reviews qui m'ont fait super plaisir, je vous adore !!

Alors je tenais à clarifier une chose, cette fic est totalement All-humans, pas de vampires, pas de loups et pas d'extraterrestres non plus !

Vous êtes nombreuses à me demander si Edward est vraiment mort, alors pour celles qui me lisent déjà sur ma 1ère fic, je pense qu'elles ont la réponse, sinon, regardez les personnages principaux que j'ai sélectionnés ici sur fanfiction !

Bon fini de blablater !

Merci à ma mumu qui à la corvée de devoir corriger mes nombreuses fautes !

Bonne lecture !

Sabi

Chapitre 3 – Bienvenue en enfer

Quelque part ici ou ailleurs…

« La souffrance physique n'était rien par rapport à ce que je ressentais en la voyant liée à jamais à cette pourriture qui l'éloignait de moi. J'étais fou de rage du simple fait qu'il puisse poser un seul doigt sur elle. Elle, si innocente, si pure, si belle entre les mains de ce monstre. J'aurai voulu la secourir et l'éloigner de lui mais j'étais impuissant face à ces quatre hommes de mains que rien n'empêcherait de parvenir à leur fin. Ce fut, finalement, la douleur physique qui me terrassa. Mon corps, ne supportant plus la torture, avait cessé de lutter entrainant mon esprit dans son abandon. Mon âme errait entre ce monde et l'au-delà lequel saurait me retenir ? Lequel saurait m'attirer… Tout était sombre et lumineux à la fois, j'apercevais tout au fond le bout du tunnel …le début ou la fin… »

POV Bella

Mon front cognait par à-coups contre la vitre de la voiture qui me conduisait, sur le chemin chaotique parsemé de nids de poule, vers mon austère prison.

Mike avait confié la lourde tâche à Démétri et Félix de m'accompagner jusqu'au couvent. Pour justifier mon absence, il prétexta que j'étais tombée malade et que j'avais dû m'éloigner dans un pays chaud qui augmenterait mes chances de guérison.

La voiture ralentit et nous arrivâmes devant un mur très haut bordé de barbelés où trônait un immense portail cadenassé.

Je vis une sœur approcher et ouvrir la grille. Les hommes de Mike me firent descendre de la voiture. Ils m'accompagnèrent pour franchir le portail et déposèrent une valise à mes pieds. Ils s'éclipsèrent ensuite rapidement pour rejoindre la voiture et me laissèrent ainsi seule avec cette sœur.

Elle referma la grille et enfouit la clef dans son aube.

- Veuillez me suivre. Ordonna-t-elle d'un ton très froid.

Je pris ma valise qui contenait les quelques effets personnels auxquels je tenais et dont je ne me séparais jamais et la suivis à distance.

Nous arrivâmes dans cette énorme bâtisse constituée de plusieurs étages qui paraissait très froide d'extérieur. La sœur ouvrit une grande porte en chêne pour me laisser entrer puis elle referma à clef derrière nous. Elle ouvrit une autre porte qui donnait sur une petite pièce où se trouvait sur une table un caisson vide ainsi qu'un vêtement plié.

La sœur le prit et le déplia pour me le tendre.

- Retirez tout ce que vous portez sur vous : corset, robe, bijou sauf votre alliance. Tout le reste vous le déposerez dans cette boîte et enfilez cette blouse.

Je portai aussitôt ma main à mon médaillon.

- Est-ce que je peux garder mon médaillon, c'est ma mère qui me l'a offert il m'est très précieux ? Demandai-je.

- J'ai dit tout ce que vous portez, quelque qu'il soit, et d'autant plus ce médaillon. Vous apprendrez à ne pas vous attacher aux choses et faire don de votre personne à Dieu. Me répondit-elle en haussant le ton qui était tranchant.

J'obtempérai donc aussitôt. Je lui tournai le dos et retirai mon médaillon et mes vêtements que je déposai dans le petit caisson. Je me retournai ensuite vers elle une fois habillée.

- Bien. Dit-elle, puis elle posa les yeux sur ma valise. La valise était inutile. Enfin, elle sera entreposée avec le reste de vos affaires que vous récupérez à votre sortie. Me fit-elle remarquer toujours aussi glaciale. Suivez-moi à présent.

Je laissai donc à regret tous les objets auxquels je tenais et la suivis. Nous longeâmes plusieurs couloirs avant de nous arrêter enfin devant une grande porte en chêne. Elle frappa et attendit l'autorisation de pénétrer.

- Attendez-moi ici. M'ordonna-t-elle.

Je patientai, regardant tout autour de moi du sol au plafond, tout était froid et austère. Il y avait des courants d'air dans chaque couloir dont le souffle sifflait à mes oreilles et me faisait frissonner.

- Sœur Victoria va vous recevoir, entrez. Me dit la sœur.

Je pénétrai dans cette immense pièce au fond de laquelle se trouvait la sœur assise derrière son bureau.

- Ma sœur, voici Isabella Swan Newton qui nous a été envoyé par son époux. Me présenta-t-elle.

- Merci Sœur Catherine, vous pouvez disposer. Lui ordonna-t-elle sans lever le nez de ses papiers.

Je patientai un long moment debout face à elle mais elle n'avait pas l'air de remarquer ma présence. Au bout de dix minutes, je me risquai à prendre la parole.

- Ma sœur, je…

- Il ne me semble pas vous avoir autorisé à parler. Me coupa-t-elle toujours sans lever les yeux.

- Je…non…

Elle releva enfin la tête et me détailla de la tête au pied. Elle se leva de son siège, contourna le bureau et m'examina en tournant autour de moi.

- Encore une pécheresse que l'on m'envoie. Déclara-t-elle sèchement. Je sais les reconnaitre d'emblée depuis le temps que l'on m'en envoie. Mais je dois dire que j'ai été choquée par votre cas en lisant la lettre que m'a fait parvenir votre époux. Aller forniquer avec le premier venu, le jour de vos noces, c'est l'attitude d'une prostituée, quelle honte pour votre mari ! Me réprimanda-t-elle.

- Ma sœur…

- Ne me coupez pas la parole quand je parle et écoutez. Votre mari m'a demandé de vous remettre dans le droit chemin. Cela ne sera pas facile mais ici dans le couvent Sainte Madeleine, par l'action de la prière, la propreté et le travail, les pécheresses peuvent retrouver le chemin de notre seigneur, notre sauveur, et peut-être se voir octroyer une seconde chance. Vous l'ignorez probablement mais Marie-Madeleine la sainte patronne des couvents fut elle-même une pécheresse de la pire espèce qui vendait son corps aux dépravés. Elle ne trouva le salut qu'en se repentant de ses pêchés, en renonçant à tous les plaisirs de la chair, à la nourriture et au sommeil et en travaillant au delà de l'endurance humaine afin de pouvoir offrir son âme à dieu et ainsi accéder au paradis et à la vie éternelle. Ici vous vous rachèterez et échapperez à la damnation éternelle. Un silence se fit puis elle reprit. J'en ai terminé avec vous, maintenant au travail. Sœur Catherine ? Cria-t-elle.

La sœur fit son entrée promptement.

- Sœur Catherine, veuillez montrer à cette jeune femme ses nouvelles fonctions.

Elle m'invita à la suivre et nous parcourûmes à nouveau de longs couloirs avant de franchir une porte vitrée qui menait à une grande cour avec un jardin dans le fond. Nous le traversâmes et arrivâmes devant un lavoir où deux jeunes femmes faisaient la lessive.

- Mesdemoiselles, votre attention, je vous présente Isabella qui vient d'arriver. Elle se joindra à vous désormais pour toutes les tâches quotidiennes.

Elles levèrent toutes les deux la tête vers moi sans un mot, puis retournèrent à leurs occupations.

Sœur Catherine me tendit un tablier, une brosse et du savon et m'indiqua le panier rempli de linge posé au bord du lavoir.

- Voici votre part de travail qui consiste à bien plus que de laver du linge sale. En plus de blanchir le linge, vous blanchissez votre âme et effacez la souillure de votre vie de pécheresse. M'expliqua-t-elle sèchement me montrant clairement qu'elle n'appréciait pas mon attitude qui avait précédé mon entrée dans ce couvent. Vous ne rentrerez avec vos deux camarades que quand tous ces draps auront été lavés et étendus. Bien entendu, tout ceci doit se faire dans le plus strict silence, je ne veux pas entendre un mot, il est formellement interdit de copiner au sein de notre couvent. Suis-je bien claire ? Me demanda-t-elle.

- Oui, ma sœur. Répondis-je les yeux baissés.

- Bien, alors au travail. On se retrouvera pour la prière juste avant le dîner, tachez d'être prêtes, nous n'apprécions pas les retardataires.

Sur ces dernières paroles, elle se retira me laissant avec ces deux jeunes femmes. Je pris le premier drap qui me vint et le trempait dans l'eau puis le savonnai. Je me mis ensuite à frotter pour faire partir toutes les tâches apparentes.

Je me risquai à lever les yeux vers mes deux camarades et croisait le regard de la première. Cette dernière esquissa un sourire en signe de bienvenue. C'était une petite brune aux cheveux noirs corbeau dont les pointes rebiquaient.

Je tournai la tête pour jeter un œil à sa voisine qui semblait très appliquée à sa tâche. Elle était très belle, avec des cheveux blonds remontés en un chignon très strict et il se dégageait d'elle une grâce naturelle.

- Je m'appelle Alice. Intervint la première, rompant ainsi le silence et la requête de la sœur par la même occasion.

- Alice, tais-toi ! Elles vont encore nous étriper si elles nous surprennent à parler ! La réprimanda la seconde.

- Ne t'inquiète pas Rosalie, elles préfèrent se tenir éloignées de cet endroit car il est trop humide et les moustiques prolifèrent. La rassura-t-elle. Alors Isabella d'où viens-tu ? Et quel péché as-tu commis pour te retrouvé dans cette prison ?

Elle était plutôt directe et je ne savais pas si je pouvais répondre impunément à sa question.

- Je viens de Forks, près de Port Angeles. Lui dis-je.

- Je connais bien car je viens moi-même de Port Angeles et Rose de Seattle. Alors pourquoi t'a-t-on envoyé ici ? Réitéra-elle sa question.

J'hésitai à lui répondre, je ne la connaissais pas et je ne me voyais pas lui dire que j'avais commis un adultère le soir de mes noces.

- Tu peux avoir confiance en moi, je ne dirai rien, promis. Je restai toujours muette à sa requête. Bon très bien, je vais te dire pourquoi je suis ici, cela t'incitera peut-être à me faire confiance.

- Je veux bien.

- La maison de mes parents se trouve assez loin du centre de Port Angeles. Nous habitons la campagne. Il y a deux ans, de fortes pluies ont endommagé la toiture de la maison, il nous fallait donc un charpentier au plus vite. Mon père a donc fait appel à celui du village et ce dernier s'est présenté dès le lendemain accompagné de son fils, Jasper. Je suis tombé aussitôt sous son charme en le voyant donner des coups de marteau qui le faisait transpirer et mouiller sa chemise. Pendant les quelques jours qu'ils passèrent à réparer la toiture, nous n'avions cessé de nous regarder, lui aussi avait un penchant pour moi, j'en étais sûre. Le dernier jour, alors que son père et le mien s'occupait de régler les dernier détails de la facture, Jasper vint me rejoindre dans le jardin où je cueillais des fleurs. Nous avons discuté énormément et de fil en aiguilles, nous nous sommes rapprochés. J'étais adossée contre l'arbre qui me protégeait du soleil et il s'est penché au dessus de moi, s'appuyant sur le tronc de chaque côté de mon visage. A cet instant, je n'ai pas pu résister, je l'ai embrassé. C'était mon premier baiser et le plus beau jour de ma vie jusqu'à ce que ma mère n'hurle en nous voyant enlacés sous cet arbre, et n'avertisse mon père. Ce dernier quémanda à Jasper et son père qu'un mariage soit arrangé dans les plus brefs délais. Le père refusa car son fils était déjà fiancé à la fille d'un commerçant avec qui il traitait de nombreuses affaires et qu'il ne voulait pour rien au monde annuler les fiançailles. Jasper a essayé d'intervenir en plaidant son amour pour moi. Il lui a dit qu'il était prêt à casser ses fiançailles pour se marier avec moi mais son père n'a rien voulu savoir et lui a assené un grand coup de poing en pleine figure pour soi-disant lui remettre les idées en place. Mon père décida donc de m'envoyer au couvent pour le restant de mes jours, car pour lui j'étais une fille perdue que personne ne voudrait épouser, pour avoir simplement embrassé un garçon. C'est ainsi, je me retrouve enfermée dans ce couvent depuis deux ans. Termina-t-elle.

- C'est insensé, on ne peut pas te condamner à vie dans un couvent pour avoir juste embrassé un garçon ! Répliquai-je consternée par son récit.

- En fait, on a imaginé que Jasper ne devait pas être le premier garçon que j'avais dû séduire et que je devais en avoir séduit d'autres avant lui, ce qui remettait en cause ma vertu et ma réputation. J'étais une fille perdue pour mes parents, ils n'ont trouvé que cette solution : m'enfermer pour éviter la honte et le déshonneur que j'aurai fait peser sur notre famille. M'expliqua-t-elle.

- C'est ignoble de te faire cela alors que tu aurais pu trouver le bonheur.

- Tu sais, je préfère être sans mari plutôt que d'en avoir un envers lequel je ne ressentirai que du mépris car dans mon cœur il n'y aura que Jasper et personne d'autre. Me dit-elle sûr d'elle.

- Comme je te comprends de ce point de vue.

- Vraiment ?

- Je me suis marié, il y a quelques jours, à un homme que je déteste, j'ai dû accepter de m'unir à lui parce qu'il faisait chanter mon père. Commençai-je à me confier.

- Oh ma pauvre, comme je te plains. Mais, si tu es mariée pourquoi es-tu ici ?

- J'ai voulu me venger de lui en offrant ma virginité à un homme que j'ai rencontré le jour du mariage.

- Tu t'es offerte à un inconnu ? S'étonna-t-elle.

- Oui, cela peut paraître surprenant, mais comme toi, lorsque tu as vu Jasper pour la première fois, je suis tombée sous son charme. Il était beau, gentil et doux. Je n'ai pas réfléchi longtemps avant de lui faire ma proposition. Plutôt offrir ma virginité à cet homme pour une unique fois plutôt qu'à Mike, cette brute sans cœur et sans état d'âme. Edward s'est montré tellement tendre et attentionné que je n'ai pas eu de regret à ce moment.

- Mais tu en as maintenant, tu regrettes de t'être donné à lui ?

- Oui, car il s'est passé de graves événements suite à cela. Je commençai à sentir une boule se former dans ma gorge et mes yeux me piquèrent en évoquant Edward.

- Que s'est-il passé ?

- Mike, nous a surpris tous les deux et…et a ordonné l'exécution d'Edward... Lui dis-je la voix tremblante et les yeux bordés de larmes.

- Oh mon dieu. Je suis désolée te t'avoir incité à nous parler de lui. J'imagine combien il doit être douloureux de l'évoquer. Compatit-elle.

- Taisez-vous les filles, quelqu'un arrive. Nous coupa Rosalie.

J'essuyai rapidement mes larmes ne voulant pas que l'on remarque que j'avais pleuré.

Quelques secondes après, Sœur Catherine fit son apparition.

- J'ai entendu des voix. Tu ne peux donc pas t'empêcher de parler Alice ! Et bien soit, quand tu auras terminé tes corvées, tu me rejoindras et nous irons voir sœur Victoria pour ta correction. S'emporta-t-elle immédiatement.

- Non, ma sœur s'il vous plait ne m'emmener pas voir Sœur Victoria, je vous en prie.

- Tu savais à quoi t'attendre en enfreignant les règles, je ne peux plus rien pour toi. Quant à vous deux après la prière vous irez directement vous coucher, pas de dîner pour vous. Cela vous remettra les idées en place. Nous lança-t-elle en nous fusillant du regard.

- Oui ma sœur. Se soumit Alice.

La sœur hocha la tête, l'air satisfait et repartit.

- Merci Alice, à cause de toi, on est encore privées de nourriture ! Lui reprocha Rosalie dans un murmure.

- Je suis désolée, je la croyais loin. Répondit-elle en me regardant de ses yeux implorants.

- Ce n'est pas grave, je ne t'en veux pas. Lui dis-je en la voyant si désolée.

Nous continuâmes d'accomplir nos tâches en silence, ne voulant pas risquer de nous faire prendre une seconde fois. Lorsque Rosalie et Alice eurent terminé les leurs, elles vinrent m'aider à achever les miennes n'ayant pas réussi à rattraper mon retard puisque je les avais rejointes une heure après le début de leur travail mais on m'avait octroyé la même quantité de linge. J'avais du mal à garder un rythme soutenu car mes bras étaient endoloris à force de frotter tout l'après-midi et mes mains me brûlaient pour les avoir trempées dans l'eau et le savon un nombre incalculable de fois. Je leur fus très reconnaissante de m'avoir proposé leur aide même si elles n'avaient pas trop eu le choix si nous voulions être à l'heure pour la prière.

Lorsque nous eûmes terminé d'étendre tous ces mètres de draps sur les fils qui étaient tendus, nous nous hâtions d'aller à la chapelle pour rejoindre toutes les autres pensionnaires ainsi que les sœurs pour prier.

Un silence de mort régnait à l'intérieur lorsque le prêtre Aro faisait son sermon, même les chants étaient morbides et déprimants à souhait. Mes pensées n'avaient de cesse de s'évader des hautes murailles de cet endroit pour revenir à Forks chez le Docteur Cullen qui devait enterrer son fils ce jour-même. Les seules prières que je faisais, étaient pour Edward, dont je n'arrivai pas à accepter la mort. Je priai pour me réveiller bientôt et réaliser que tout ceci n'était qu'un cauchemar, qu'il était vivant et en bonne santé, que je pourrai revoir ce sourire qui m'avait charmé au premier regard, de l'entendre me murmurer à l'oreille des mots tendres, de pouvoir un jour retrouver la chaleur de ses bras.

- Isabella, essuie tes larmes. Les sœurs n'aiment pas nous voir pleurer sans aucune raison. Si elles te voient pleurer, elles trouveront à ta place la bonne raison pour te faire pleurer. Murmura Alice sans desserrer les dents.

J'essayai donc de me reprendre et maitriser mes larmes sur ses conseils.

Au bout d'une heure nous sortîmes de la chapelle et Sœur Catherine se dirigea vers nous.

- Alice, tu me suis, quant à vous deux vous filez au dortoir et je ne veux pas vous revoir avant demain matin. Rosalie tu lui octroieras le lit juste à côté du tien. Allez ! Filez ! Nous ordonna-t-elle.

Nous obéîmes sans demander notre reste mais avant de nous éclipser, je jetai un dernier coup d'œil en arrière vers Alice qui me fit un sourire sans joie. Je me sentais coupable de ce qui allait lui arriver. Encore une personne qui allait souffrir à cause de moi.

Je suivis Rosalie qui nous emmena dans un escalier en colimaçon avec de nombreuses marches en bois qui grinçaient à chacun de nos pas. Au fond d'un long couloir sous les combles se trouvait une porte en bois un peu usée par le temps. Rosalie me fit entrer et je découvris une immense pièce où une quinzaine de lits étaient alignés les uns à côté des autres. Elle m'indiqua un lit sur lequel étaient posé un oreiller, des draps et une couverture ainsi qu'une chemise de nuit. Voici donc le lit où je passerai toutes mes nuits.

- Voici ton lit. Murmura Rosalie.

Je la vis se dévêtir puis enfiler sa chemise de nuit. Elle se faufila ensuite sous les couvertures et me tourna le dos. Je ne cherchai pas à parler avec elle car je savais qu'elle craignait que l'on nous surprenne et peut-être, m'en voulait-elle aussi du fait que nous ayons été privées de diner.

Je me chargeai donc de faire mon lit puis je fis comme ma voisine, j'enfilai mon vêtement pour la nuit et me glissai dans les draps en coton.

Malgré que j'eusse très peu dormi les nuits précédentes, je n'avais pas sommeil et n'arrivais pas à m'endormir. Alors mon esprit vagabonda une nouvelle fois hors de cette forteresse. Je me demandai ce que mes parents devenaient, s'inquiétaient-ils pour moi à propos de ma pseudo-maladie? Et le Docteur Cullen, comment survivait-il à la mort de son fils. Certainement aussi difficilement que moi. En repensant à Edward, la culpabilité refit surface ainsi qu'une grande sensation de manque pour quelque chose que je n'avais connu que l'espace de quelques heures. Il me manquait, c'était indéniable et maintenant il fallait que j'apprenne à survivre sans lui et me faire à l'idée qu'il ne reviendra jamais se présenter devant moi pour m'inviter à danser de nouveau.

Le grincement d'une porte me sortit de mes pensées ténébreuses. Je remarquai alors que mon oreiller était complètement mouillé par mes larmes. Je relevai la tête et vis une ombre passer. En scrutant un peu plus dans la pénombre, je remarquai qu'il s'agissait d'une jeune fille qui s'arrêta juste devant le lit de l'autre côté du mien. Je l'entendais renifler comme si elle pleurait et elle était toute recroquevillée sur elle-même. Lorsqu'elle leva les bras pour retirer sa blouse, elle poussa un petit gémissement.

- Alice ? Murmurai-je, en me levant d'un bond pour la rejoindre.

Elle tourna la tête vers moi et baissa les yeux. Je posai les miens alors sur son dos nu et remarquai de longues traces rouges.

- Oh mon Dieu ! M'épouvantai-je en voyant son état. Quels êtres ignobles, ces sœurs ! Grondai-je.

Je posai délicatement mes mains sur ces épaules et la guidai vers la salle d'eau.

- Viens, je vais nettoyer tes plaies. Lui dis-je.

- Merci. Murmura-t-elle.

Je plongeai une serviette dans l'eau froide de la petite cuvette et la pressai par petits à-coups sur les marques violacées laissées par le fouet de son bourreau.

Elle se recroquevillait sur elle-même et tremblait. Des larmes silencieuses glissaient sur ses joues.

- Je suis désolée, Alice. C'est de ma faute si l'on t'a infligé cette torture. Chuchotai-je.

Elle se tourna vers moi.

- Non, Isabella, tu n'as pas à te sentir responsable. Je savais ce que je risquai en enfreignant leurs règles, mais c'est plus fort que moi, je n'accepterai jamais de me soumettre à leur dictature, quitte à subir leur courroux.

- Tu prends beaucoup de risques pour au final en subir les pots cassés.

- Ne t'inquiètes pas si je le fais c'est que je peux le supporter car j'ai un objectif : pouvoir sortir un jour de cette prison. Je ne souhaite pas rester indéfiniment dans ce cloître. Un jour, je trouverai l'occasion de m'échapper et de m'enfuir loin d'ici, pour qu'elles ne puissent jamais me retrouver. De nombreuses pensionnaires sont enfermées ici depuis des décennies. Je ne veux pas devenir comme elles et accepter mon destin, j'en perdrai la raison après autant de temps.

- Comme je te comprends, je suis ici depuis seulement quelques heures et je n'ai qu'une envie, fuir cet endroit maudit.

Elle me sourit.

- Merci Isabella, je pense que l'on va être de grandes amies.

- Alors si tu veux être mon amie, appelle-moi Bella, tout simplement. Lui recommandai-je.

- Très bien, Bella. Sourit-elle.

Une présence derrière Alice attira mon attention.

- Les filles, vous cherchez vraiment les ennuis ! On vous entend papoter jusqu'à l'autre bout du dortoir ! Si elles vous surprennent en train de copiner, elles vont vous étriper. Exagéra Rosalie.

- J'ai terminé. Dis-je à Alice en lui tendant sa chemise de nuit. Viens allons-nous coucher avant de nous faire sanctionner encore une fois par les sœurs.

Sur mes conseils, nous filâmes toutes les trois nous mettre au lit et un silence s'installa dans le dortoir, où seul régnait le souffle de la respiration de mes camarades. De mon côté, le sommeil me fuyait encore. Dès que mes paupières se fermaient, je revivais sans cesse la torture infligé à Edward et cela m'était insupportable, les larmes se mirent à couler comme à chaque fois que je pensais à lui.

Ce ne fut que très tard que, à bout de force, le sommeil m'emporta. Mais mon répit ne fut que de courte durée car à cinq heures trente du matin, Sœur Catherine arriva dans notre pièce et avec sa cloche sonna le gong qui nous sortit de force des bras de Morphée.

A six heures précises, nous étions toutes assises devant notre bol de lait en train de réciter notre prière. Nous avions droit à une tartine de pain rassis depuis trois jours, les invendus du boulanger du village ! Les sœurs, elles, avaient droit au pain frais. Avec la diète imposée de la veille, mon estomac criait encore famine mais je devais me contenter des miettes que l'on voulait bien nous accorder !

On nous affecta à nos tâches pour la journée. Nous étions donc de corvée des sols toute la semaine. Les parquets devaient être impeccables lors de l'arrivée de l'Evêque Saint-Marcus, prévu pour le dimanche suivant. Les sols étaient tellement encrassés que nous en aurions pour des jours et des jours à tout brosser étant donné la longueur de couloirs que regorgeait ce couvent.

J'étais de nouveau avec Alice et Rosalie, chacune dans un coin à genoux en train de frotter et frotter chaque centimètre de parquet. C'étaient des corvées très exténuantes qui nous fatiguaient énormément surtout lorsqu'on avait l'estomac presque vide.

Pour nous sustenter le midi, on nous donna un bouillon ainsi qu'un morceau de pain. A ce rythme, je ne me voyais pas tenir des jours. Nous eûmes le même festin le soir même.

Les jours se suivaient et se ressemblaient, toujours ces mêmes tâches épuisantes à accomplir avec de pauvres rations de nourriture. Je sentais mon corps s'affaiblir de plus en plus et je commençais à être prise d'étourdissements. Mon corps n'était pas habitué à effectuer autant de labeur dans cet état.

Après nous êtes occupées des sols pendant de nombreux jours, on nous donna toutes les tenues des sœurs et des prêtres à lessiver, puis se fut les vitres et vitraux du couvent à astiquer, ensuite se fut la corvée de jardinage des légumes de saisons desquels nous ne gouterions que le bouillon.

C'était ainsi que s'écoulèrent de nombreuses semaines. Je ne reconnaissais plus mon corps, j'étais déjà maigre d'avance mais à présent je n'avais que la peau sur les os, j'avais constamment faim et mes mains étaient meurtries par tout ce que je leur faisais faire. J'étais exténuée et je ne tenais debout que par miracle, les filles aussi n'en pouvaient plus. J'étais devenue l'ombre de moi-même et fonctionnais comme un automate.

Un jour, cela faisait déjà trois mois que je vivais dans ce cloître, j'étais en train d'étendre un drap sur le fil à linge lorsque je fus prise d'un étourdissement. Je tombai directement au sol entrainant dans ma chute tout le fil de draps étendus qui se retrouvèrent étalés sur le sol terreux.

- Bella ! Comment vas-tu ? S'inquiéta Alice en accourant vers moi.

- Je vais bien Alice, c'était juste un petit étourdissement. La rassurai-je

- Que se passe-t-il ici ? Alice retourne à tes tâches ! Ordonna Sœur Catherine.

- Mais ma sœur, Bella…

- Bella ? Je ne crois pas connaître cette jeune fille sous ce nom mais plutôt sous celui d'Isabella ! Je n'ai pas le temps de m'occuper de ton cas pour le moment, estime-toi heureuse que je me montre magnanime ! Allez va ! La chassa la sœur.

- Isabella, peux-tu m'expliquer ce que tu fais par terre au milieu de tous ces draps ?

- Je…j'ai eu un étourdissement ma sœur. Expliquai-je.

- Un étourdissement, pauvre petite ! Se moqua-t-elle. Relève-toi. Elle inspecta tout le linge étalé au sol. Maintenant tu es bonne pour recommencer toute la lessive, regarde-moi ces draps qui sont tout sales à cause de toi ! Allez au travail !!

Je tentai de me redresser mais ma tête se mit à tourner de nouveau.

- Ma sœur, je… je suis incapable de pouvoir m'exécuter pour le moment, je suis trop lasse, je ne…

- Tiens donc ! Mais regardez-moi cette petite paresseuse qui ne veut pas travailler ! Elle se retourna soudainement. Alice, Rosalie, effacez-moi les tâches qu'a fait votre camarade, que ce soit terminé avant le diner. Ordonna-t-elle, puis elle me fit de nouveau face. Quant à toi, suis-moi.

Après plusieurs tentatives, je me relevai enfin et suivis Sœur Catherine en titubant jusque dans le bureau de Sœur Victoria. Sœur Catherine lui fit un résumé peu élogieux de ce qu'il s'était passé et me laissa seule face à cette femme au regard cruel.

- Alors ainsi tu ne veux déjà plus travailler et tu désobéis à Sœur Catherine. Très bien ma fille, je vais te remettre les idées en place. Tourne-toi et soulève ta blouse.

Je m'exécutai sachant que rien de ce que je pourrais dire ne plaiderait en ma faveur. Mon bourreau se trouvait donc derrière moi face à mon dos nu, une cravache à la main. Je fermai les yeux et serrai des dents très fort lorsque les coups plurent sur ma peau, m'arrachant un cri à chacun d'eux. Je me retrouvai très vite au sol à quatre pattes, incapable de tenir debout sous ses assauts. Mon visage était baigné de larmes sous la douleur que m'infligeait la sœur sans aucun état d'âme.

Elle appela Sœur Catherine lorsqu'elle eut terminé, pour qu'elle m'emmène dans ma chambre. Elle fut aidée de deux autres sœurs car j'étais incapable de marcher. J'étais dans un état de semi-conscience. Elles pénétrèrent dans le dortoir et me lâchèrent au dessus de mon lit sur lequel je m'étalai incapable de bouger tellement mon dos me brûlait puis elles disparurent sans se préoccuper de mon état.

Je sentis soudain l'apaisement lorsqu'une serviette froide se posa sur mon dos meurtri.

- Je m'occupe de toi, Bella, je vais te soigner. Me susurra Alice au creux de l'oreille.

- Merci. Lui dis-je en sanglotant, ne pouvant m'empêcher de pleurer.

- De rien, tu as fait la même chose pour moi. Me rappela-t-elle. Elle ne t'a pas ménagée en tout cas ! Constata-t-elle.

Lorsqu'elle eut terminé et qu'elle m'eût aidé à passer ma chemise de nuit. Elle m'allongea dans le lit et glissa, à l'aide de son index, une mèche de mes cheveux derrière mon oreille. Elle me fixa intensément.

- Je vais prendre soin de toi, dors ma belle, une autre journée de torture nous attend demain...

Elle allait s'éloigner lorsque je la saisis par le poignet.

- Alice ? L'appelai-je dans un murmure. Tu avais raison, on va devenir folles si on reste ici. Il faut que l'on sorte de cet endroit.

Bah quoi elle était prévenue Bella qu'elle irait en enfer alors ne me dites pas que je ne suis pas tendre avec elle ! Et puis après tout elle l'a bien cherché en commettant un adultère le jour de son mariage ! nah !

Alors dites-moi tout laissez-moi une review et promis je répondrai avec un teaser, il faudra juste être patient car je n'ai pas écrit une seule ligne du prochain chapitre !

Robisous

Sabi