Coucou à tous !

Merci à tous pour vos reviews auxquelles j'ai répondus pour les inscrits par un petit teaser qui a mis l'eau à la bouche. Merci à tous les anonymes et à tous ceux qui mettent ma fic dans leurs alertes.

Merci à ma Mumu pour tes corrections !

Voilà mon chapitre est enfin prêt, j'espère qu'il vous plaira.

Robisous

Sabi

Chapitre 4 – Complices quoi qu'il arrive

Rappel fin de chapitre précédent

- Alice ? L'appelai-je dans un murmure. Tu avais raison, on va devenir folles si on reste ici. Il faut que l'on sorte de cet endroit.

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Quelque part ici ou ailleurs…

« Tout mon être n'était que souffrance. La douleur s'insinuait partout dans mon corps, dans mon cœur, dans mon âme. Il fallait que cela cesse et que la mort m'emporte pour apaiser cette souffrance. Pourtant une chose m'intimait de me battre pour rester de ce monde. »

POV Bella

J'avais très peu dormi. Mon dos me faisait souffrir. J'étais à bout et n'avait plus de force. J'étais dans l'incapacité de me lever. De plus un mal de ventre me déchirait les entrailles tellement j'avais faim. J'avais l'impression que l'accumulation de tous ces maux m'amenait petit à petit à l'agonie. Mon être était dans le même état, rempli de peine, de manque et de culpabilité. Malgré que quelques mois fussent passés, les images des derniers instants d'Edward n'arrêtaient pas de passer en boucle dans ma tête. Toute cette culpabilité et cette souffrance étaient un mal qui me rongeait de l'intérieur.

- Bella ? S'approcha Alice.

J'ouvris les yeux sans lever la tête. Elle se pencha vers moi.

- Bella, tout le monde est levé, il faut que tu te lèves.

- Je ne peux pas Alice, j'en suis incapable. Je n'ai plus de force. J'ai mal partout. Mon dos me brûle, mon estomac a des crampes tellement il est vide, mes mains sont recouvertes de plaies. J'en ai assez, qu'elles fassent de moi ce que bon leur semblera, je les laisserai faire. Je n'ai plus la force de me battre. Je veux le rejoindre là-haut. Là-bas, au moins, je trouverai le repos et la quiétude. Me lamentai-je au bout du rouleau.

- Hey, Bella, reprend-toi ! Je n'aime pas t'entendre parler ainsi ! As-tu déjà oublié ce que tu m'as dit hier soir ?

Je baissai les yeux.

- Alice, je…

- Non, Bella, je ne vais pas te laisser abandonner aussi facilement. Tu dois te battre. Je sais que tu souffres et que tu es faible mais tu dois penser à tes parents, ils seraient peinés de te voir dans cet état et pense à Edward qui te regarde d'où il est, je ne pense pas qu'il apprécierait de voir une Bella aussi abattue.

- Je sais mais…

- Il n'y a pas de mais, regarde j'ai une surprise pour toi qui va te remonter le moral. Me dit-elle avec un grand sourire et des yeux pétillants.

Elle sortit quelque chose de sous son oreiller et me le tendit. Je me mis à cligner des yeux pour vérifier que je ne rêvais pas.

- Alice…Comment as-tu fait ? Où as-tu trouvé cela ? M'étonnai-je en réalisant que mon ventre réclamait énergiquement ce que me tendait mon amie.

- Et bien je me suis levée cette nuit pendant que tout le monde dormait et j'ai longé les long couloirs et descendu toutes les marches pour arriver à me faufiler enfin en cuisine où j'ai trouvé le pain frais des sœurs. Me conta-t-elle fièrement.

- Tu as pris d'énormes risques.

- Ne t'inquiètes pas j'ai fait très attention. Allez, ne te fais pas prier mange à ta faim, je me suis déjà servi et j'en ai fait profiter aussi Rosalie pendant que tu dormais encore.

A cet instant elle leva les yeux et fixa quelque chose ou quelqu'un derrière moi. Je me retournai à demi et constatai que Rose se tenait juste au bord de mon lit et me regardait. Elle devait être là depuis le début de ma conversation avec Alice.

Elle se pencha vers moi et me sourit

- Allez mange Bella, tu as besoin de reprendre des forces et tu as à peine dix minutes pour le grignoter et te préparer.

- Oh, merci beaucoup. Leur dis-je reconnaissante de ce qu'elles faisaient pour moi.

- Tu nous remercieras plus tard, dépêche toi. De mon côté, je vais faire le guet pour m'assurer que personne ne viendra nous surprendre. Malgré que j'y sois habituée, je n'ai pas envie de passer sous la poigne de fer de Sœur Victoria. Ironisa-t-elle toute guillerette.

Elle se redressa et se dirigea promptement vers la porte me laissant seule avec Rosalie qui venait de prendre place sur mon lit.

Je croquai à pleine dents dans le moelleux du pain que j'avais entre les mains. Je fermai les yeux pour en apprécier tout l'onctuosité. Je redécouvrais le goût du pain, moi qui étais habituée à cette espèce de boule toute sèche sans aucun goût que l'on nous servait tous les jours.

- C'est délicieux. Dis-je la bouche pleine.

J'entendis Rosalie rire. Je rouvris les yeux et voyais son sourire.

- Je préfère te voir ainsi plutôt que dans l'état dans lequel tu étais tout à l'heure. Me dit-elle.

- Je suis désolée, cet endroit est un tel enfer que j'ai perdu tout espoir.

- Je sais, j'étais comme toi il y a encore quelques heures.

- Plus maintenant ?

- Non.

- C'est la première fois que je te vois sourire Rosalie, qu'est-ce qui t'as fait changer ainsi ? M'enquis-je.

- Toi et Alice, et votre décision de quitter coûte que coûte ce cloître. J'ai retrouvé espoir grâce à vous, je peux enfin penser à mon avenir en dehors de ces murs.

- Oh, c'est juste pour cela…Tu sais, je ne sais pas du tout comment on arrivera à sortir d'ici.

- Je sais mais on y arrivera. Alice est si optimiste et on éprouve tellement ce désir de retrouver notre liberté que nous y arriverons. Nous sommes toutes passées par des moments difficiles avant d'entrer dans ce couvent et nous nous sommes endurcies ici. La force de notre volonté nous mènera à notre but.

- Toi aussi, Rosalie, tu as eu des moments difficiles avant d'entrer dans ce couvent ? Demandai-je hésitante.

- Oui…Répondit-elle en baissant les yeux.

- Rosalie, si tu ne souhaites pas m'en parler, tu n'es pas obligée.

- Non, non, je veux que tu saches pourquoi je suis ici. Après tout Alice et toi, vous êtes bien confiées à moi alors c'est à mon tour de me confier.

- Très bien je t'écoute.

- D'accord, mais n'oublie pas de manger et de t'apprêter en même temps, nous ne devons pas être en retard.

- Je ferai tout en même temps, j'avais l'habitude à la maison. Observai-je.

- Alors, par où vais-je commencer ? Réfléchit-elle. Surement par le jour où ma vie a basculé…

Elle prit une grande inspiration et se lança dans son récit.

« C'était il y a un peu moins de deux ans, au mariage de ma cousine. J'étais venue avec mes parents. Le mariage se tenait dans la propriété des beaux-parents de ma cousine qui étaient très riches et de hautes naissances. Le frère du marié, Royce, était le témoin et moi j'étais la demoiselle d'honneur de ma cousine. »

« Nous nous sommes rencontrés juste devant l'église, au moment d'avancer pour traverser l'allée menant à l'autel, il était mon cavalier attitré, en quelque sorte. Lorsque je l'ai vu me sourire, mon cœur a chaviré. Il s'est ensuite penché au dessus de ma main pour y déposer un baiser, ce qui bien évidement m'a fait rougir. C'était la première fois qu'un homme me touchait ainsi. »

« Au moment de pénétrer dans l'église, il m'a tendu son bras que j'ai pris. Il paraissait si bien sous tout rapport. Il se dégageait de lui beaucoup de prestance, d'élégance et je devais l'avouer il était incroyablement beau. J'étais sous le charme au premier regard de sa part. Il m'a accompagné jusqu'à l'autel où je me suis placée sur le côté gauche, celui correspondant aux invités de la mariée et lui fit de même de l'autre côté. Nous nous sommes séparés à ce moment mais sans jamais nous quitter des yeux. »

« A cet instant, j'avais l'impression d'être sur un petit nuage et je pensais être victime d'un coup de foudre. Au cours du repas, nous étions placés côte à côte. Il ne cessa de marquer toutes sortes d'attentions à mon égard et de me complimenter sur ma beauté. Lorsque le bal débuta, il m'invita à danser et mon conte de fées continua. Il dansait divinement bien et me faisait tournoyer tout autour de la piste. »

« Après quelques danses, il me proposa d'aller faire un tour dans les bois tout proches. J'acceptai aussitôt sans aucunes craintes ni aucun doute à son encontre. J'avais confiance en lui et ne voyais que lui. Je le suivis sans réfléchir, je ne voulais pas que cette journée, ce conte de fée, se termine. C'est à ce moment-là que tout bascula… » Me dit-elle la voix tremblante.

- Rose, si cela te fait trop de peine d'en parler ou bien réveille de douloureux souvenirs, tu peux t'arrêter là. Lui proposai-je.

- Non, ne t'inquiète pas, le fait d'en parler m'aide à extérioriser ma souffrance. Cela m'aide à aller mieux contrairement à ce que tu pourrais penser.

- Très bien, je t'écoute.

- Nous marchâmes environ dix minutes dans les bois en longeant la rivière. Il me prit la main dès le tout début du trajet et se rapprocha de plus en plus de moi. Il continua à me dire que j'étais belle à tout bout de champ, cela en devenait gênant. Je commençai à me poser des questions. Ne voyait-il en moi que mon enveloppe charnelle ? Ne voulait-il pas voir ce que je cachais à l'intérieur ? Il ne cherchait aucunement à me connaitre.

« Nous nous étions arrêtés au pied d'un immense chêne. Il s'était rapproché encore un peu de moi et je remarquais que son regard avait changé. Ses yeux étaient emplis d'une lueur qui m'effrayait légèrement. J'esquissai un pas de recul mais me retrouvai adossée contre le tronc du grand chêne. J'étais piégée entre cet arbre et ses bras qui étaient placés de chaque côté de mon corps. »

« Il s'est alors penché sur moi et m'a embrassée. Au début, je me suis laissé faire, pensant qu'il s'arrêterait là mais il a ensuite plaqué ses mains sur mes hanches pour ensuite les remonter sur ma poitrine. Son baiser n'était plus tendre à cet instant et son corps était collé au mien, m'écrasant le dos contre l'écorce dure. Je commençai alors à le repousser de mes mains et je tournai la tête pour rompre notre baiser. »

« Il empoigna mon menton et me força à lui faire face. Il écrasa ses lèvres sur les miennes avec brutalité cette fois-ci. Je le repoussai de toutes mes forces mais il ne recula pas alors dans un ultime recours, je le giflai. Il s'arrêta enfin, surpris par ma réaction. »

« Il me regarda, la colère inondait ses yeux et il me renvoya ma gifle. Je tombai au sol sous le choc, je pouvais sentir ma joue gonfler à vue d'œil tellement elle me brulait.

- Tu ne vas pas jouer à ta petite sainte ni touche après m'avoir aguiché toute la journée. Me dit-il hors de lui.

- Je…je, excusez-moi si je vous ai induit en erreur mais…

- Non, non, tu ne vas pas t'en tirer comment cela, petite allumeuse…

Il s'est alors jeté sur moi et je t'épargne les détails de ce qu'il s'est passé ensuite. »

- Oh mon Dieu, comment a-t-il pu…M'offusquai-je choquée par son récit.

« Lorsqu'il en eu terminé avec moi, il m'abandonna, me laissant seule, allongée sur les feuilles mortes, mes vêtements déchirés et le visage tuméfié. J'étais complètement effondrée, souillée et détruite. Je n'étais plus personne, seulement un corps qui bougeait encore sans rien à l'intérieur. »

« Je réussis à me relever et à faire le chemin inverse pour revenir à la fête, mais il faisait déjà nuit. Ma mère était complètement paniquée lorsqu'elle me vit dans cet état mais je ne lui dis pas ce qu'il s'était passé. Je voulais protéger encore ce qu'il me restait de ma vertu. Alors j'ai menti et prétexté que j'étais partie faire une balade à cheval et que j'avais fait une chute. Elle me crut et nous partîmes sur le champ soigner mes blessures. »

- Si personne n'a su la vérité, pourquoi es-tu ici ? Lui demandai-je.

« A ce moment, personne ne savait ce qu'il m'était arrivé et je pensai pouvoir garder le secret et l'emporter jusque dans la tombe. Seulement, un élément survint sans que je n'y eu songé. Environ trois ou quatre semaines après ma rencontre avec Royce, j'ai commencé à être très fatiguée, à avoir des vertiges et des nausées. Oui, j'étais tombé enceinte de lui. Et très peu de temps après, ma mère le remarqua et en parla à mon père qui pris la décision de m'envoyer dans ce couvent jusqu'à ma délivrance. »

Elle s'arrêta le temps d'essuyer ses larmes qui coulaient le long de ses joues.

- Qu'est-il advenu ensuite ?

« Ensuite, les sœurs m'ont accueillie ici très froidement comme tu peux t'en douter et m'ont donné les tâches les plus ingrates à faire. Pour elles, ce qu'il m'arrivait était uniquement ma faute, j'étais une petite allumeuse qui avait eu ce qu'elle méritait et qui maintenant devait payer pour ses péchés. J'étais très vite épuisée et bientôt je fus incapable de me lever, je n'étais pourtant qu'à trois mois de grossesse. En voyant mon état, elles décidèrent de me laisser à l'infirmerie où une sœur venait m'apporter mon déjeuner tous les jours. La nourriture était infâme comme à son habitude mais elle avait en plus ce petit goût amer que je retrouvai dans chaque plat. »

« Quelques jours plus tard j'eu de très grosses crampes dans le bas de mon ventre et je me mis à saigner. J'avais perdu mon bébé. Malgré les circonstances dans lesquelles j'étais tombée enceinte j'avais appris à aimer ce petit être qui grandissait en moi, je voulais cet enfant et je voulais m'en occuper mais il a disparu et a emporté avec lui tous mes espoirs. Et bien évidement, mon père n'ait jamais revenu me chercher, il a préféré me laisser ici et m'oublier.» Termina-t-elle.

- Oh Rosalie, je suis tellement désolée que tu ais dû passer par cette épreuve. Tu crois…tu crois que les sœurs ont cherché délibérément à te faire perdre ton enfant ?

- Je ne crois pas, j'en suis sûre. Je suis certaine qu'elles ont ajouté du poison ou de la mort aux rats dans mes repas. Elles ont tué mon enfant, Bella, ce sont des meurtrières. Je ne veux plus rester à côté de ses femmes sans cœur et sans humanité, je les hais.

- Rosalie, nous allons sortir de cet enfer, crois-moi. La rassurai-je.

Elle me regarda et me sourit, reconnaissante.

Les rôles venaient de s'inverser, c'était moi qui la réconfortais. Mais j'avais la conviction que nous arriverions à nous échapper de ce couvent. Nous avions chacune tellement souffert que notre détermination demeurerait sans faille.

- Les filles, vous êtes prêtes, l'heure du petit déjeuner ne va pas tarder à sonner ! Intervint Alice.

- Je suis prête Alice, nous pouvons y aller. Lui répondis-je.

Avant le repas, nous fîmes notre prière quotidienne, pour ma part je sollicitai le ciel de nous venir en aide lorsque nous nous échapperons de notre prison puis nous prîmes notre petit déjeuner avant de nous rendre au lavoir malgré qu'il faisait à peine un peu plus de zéro dehors. Nous étions en plein hiver.

Cela faisait près d'une heure que nous nous appliquions à notre besogne lorsque nous vîmes un homme, une hache sur l'épaule, accompagné d'une sœur, s'approcher tout prêt de nous. Ils continuèrent un peu plus loin et s'arrêtèrent devant un grand chêne que la dernière tempête avait fragilisé.

En écoutant les bribes de conversations qui me parvinrent aux oreilles, je compris que cet homme avait pour mission d'abattre l'arbre pour ensuite le couper en bûches. Il était plutôt grand avec une carrure très imposante et il dégageait de lui beaucoup de charme.

Nous étions toutes les trois figées en train de détailler ce bûcheron aux traits parfaits et dont la chemise moulait chacun de ses muscles. La sœur dut nous remarquer car elle nous interpela.

- Mesdemoiselles, assez rêvassé, remettez-vous au travail et interdiction d'approcher Mr Mc Carty. Est-ce bien clair ? Nous héla-t-elle.

- Oui, ma sœur. Répondîmes-nous à l'unisson replongeant le nez dans nos tâches.

Lorsqu'elle fût partie, je vis Alice mais aussi Rosalie, pour mon plus grand étonnement, relever les yeux pour regarder de nouveau cet homme. Ce dernier s'était mis au travail et donnait de grands coups de hache à la base du tronc. Les filles étaient complètement subjuguées par ce spectacle qui s'offrait à elle et qui je devais l'avouer était très intéressant ! Mais le plus inattendu fut quand il retira sa chemise pour ne garder que son maillot, je cru que leur mâchoire allait se décrocher et que leur yeux allaient sortir de leurs orbites.

- Les filles, soyez plus discrètes, il va vous remarquer, sans oublier les sœurs qui risquent de vous surprendre ! Les prévins-je gentiment.

- Tu…tu as raison Bella. Se reprit Rosalie en baissant la tête pour cacher la rougeur de ses joues.

Alice se mit à rire.

- Rose, tu n'as pas à te cacher ou avoir honte de regarder cet homme et quel homme ! Sortit-elle.

Nous nous mîmes toutes les trois à rire. Je les comprenais, cela faisait près de deux ans qu'elles n'avaient pas vu un homme hormis le prêtre du couvent. Je comprenais tout à fait leur émoi.

- Alice, parle moins fort, les sœurs risquent de nous entendre et lui aussi. La réprimanda Rosalie.

- Tu sais, Rosalie, si elles nous ont entendu, tu peux être sûre que lui aussi, puisqu'il est plus proche de nous. Lui répondit Alice.

- Oh mon Dieu. Se mit-elle à rougir de nouveau.

C'était dans cette bonne humeur qui nous fit du bien à toutes que passa la matinée, nous avions presque terminé nos corvées. Il ne nous restait plus qu'à étendre le linge sur le fil tout proche de l'arbre que l'homme avait abattu.

Plus nous nous approchions de lui et plus j'entendais Alice glousser et Rosalie enfuir sa tête dans ses épaules. J'eus un sourire en coin, en les voyant dans un tel état d'excitation provoquée par la seule présence de ce bûcheron.

Lorsqu'il nous vit nous rapprocher de lui, il s'arrêta de travailler reposant sa hache sur son épaule. Il courba la tête en guise de salut et nous offrit son plus beau sourire.

Nous lui rendîmes son salut et lui sourîmes à notre tour. Il empala alors sa hache sur une bûche, enfila sa chemise et se dirigea droit vers nous.

- Les filles, il vient vers nous. Nous fit constater Rosalie.

- On avait remarqué, Rose. Répondit Alice sans desserrer les dents.

- Bonjour mesdemoiselles. Nous salua-t-il.

- Bonjour…Répondîmes-nous un peu intimidées et hésitantes.

Il était très impressionnant d'aussi près. Il était encore plus grand et plus large qu'il ne le paraissait.

- Excusez-moi de vous importuner mais malgré la fraicheur de l'hiver, j'ai très chaud à casser du bois, je voulais savoir où puis-je trouver de l'eau pour me désaltérer. Nous demanda-t-il.

Il y eut un silence qui dura quelques secondes avant qu'Alice ne reprenne ses esprits la première.

- Oh, ne bougez pas, je vais aller en chercher au puits juste un peu plus loin, je reviens. Lui dit-elle juste avant de s'éclipser, nous laissant seules avec lui.

- Merci. Lui dit-il alors qu'elle était déjà loin.

Il se tourna vers nous et porta sa main à sa poitrine.

- Pardonnez-moi mes manières, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Emmett Mc Carty, je suis bûcheron et on m'a envoyé ici pour abattre ce vieux chêne qui menaçait de tomber sur le toit du couvent. Se présenta-t-il.

- Enchantée, je m'appelle Rosalie. Lui dit-elle en lui tendant la main, sortant complètement de sa position de replis de l'instant précédent.

Il prit sa main et se pencha pour poser délicatement ses lèvres sur sa peau. Je la vis aussitôt rougir à ce contact et baisser les yeux.

- Charmé, Mademoiselle, vous êtes très belle. La complimenta-t-il. Quel dommage d'enfermer d'aussi jolies jeunes femmes dans cet endroit si triste et si austère. Remarqua-t-il.

Puis il se redressa et posa les yeux vers moi.

- Et vous, mademoiselle, vous vous appelez ?

- I…Isabella…Répondis-je hésitante.

Il prit ma main et y déposa un baiser.

- Enchanté de vous rencontrer Isabella. Me dit-il en me fixant intensément.

- « Isabella », c'est trop conventionnel pour moi, si cela ne vous ennuie pas, je préfère que l'on m'appelle Bella. Le corrigeai-je.

Sur cette dernière réplique, il se figea. Ses yeux était grands ouverts, écarquillés, et son sourire s'était effacé. Il me dévisageait comme s'il était horrifié de me rencontrer.

- Bella…Répéta-t-il dans un murmure. Non…c… comment est-ce possible, Bella ainsi donc il te cachait ici. Dit-il comme s'il se parlait à lui-même.

- Je ne crois pas vous avoir déjà rencontré, Monsieur Mc Carty, je m'en souviendrais. Je n'oublie jamais les visages que je croise. Lui répondis-je.

Puis il se détendit soudain et se réjouit.

- Oh c'est incroyable, quel hasard, il ne me croira jamais quand je lui dirais où tu te trouves, il…

- Mr Mc Carty ! Il me semblait vous avoir bien précisé de ne pas approcher les pensionnaires de ce couvent. Intervint sœur Catherine avant qu'il n'est pu terminer sa phrase. Et vous ! Qu'est-ce que je vous ai dit ! Vous serez toutes privées de diner pour votre désobéissance. Gronda-t-elle pleine de venin.

- Oh non ma sœur, ne les réprimandez pas, c'est moi qui suis venu me présenter à elles. Lui expliqua Emmett.

- Et vous pensiez trouver quoi en posant vos lèvres sur leurs mains ?

Il se mit à sourire sous l'œil désapprobateur de la sœur.

- Oh, je me présentai juste pas simple courtoisie, je ne…

- La courtoisie n'a pas lieu d'être dans cet établissement. Vous avez juste à vous tenir à l'écart de ces jeunes femmes, point. Répliqua-t-elle sèchement.

- Très bien, je…

- Voilà, Monsieur, de quoi soulager votre soif. Arriva Alice entre temps pour lui tendre une coupelle remplie d'eau.

- Merci Mademoiselle. La gratifia-t-il d'un sourire en prenant la coupelle.

- Alice ! Gronda la sœur. Je vous avais prévenu de ne pas vous préoccuper de cet homme. Je vois que vous avez encore toutes désobéis à mes ordres et que vous n'en avez fait qu'à votre tête !

- Ma sœur, permettez-moi d'intervenir. La coupa-t-il. Cette jeune femme, Alice en l'occurrence, est allée, suite à ma requête, chercher de l'eau pour me désaltérer. Ce qu'elle a gentiment accepté de faire. Tout le blâme me revient de droit, ne les punissez pas. Nous défendit-il.

- Comment avez-vous eu le toupet de leur demander cela alors que je vous avais indiqué où se trouvait le puits ! Gronda-t-elle.

- Je sais ma sœur, c'est un vilain pêché d'avoir feint l'ignorance mais en toute sincérité, je voulais faire la connaissance de ces demoiselles. Se confia-t-il toujours avec son sourire charmeur aux lèvres.

Elle se mit à rougir et fronça les sourcils. La colère paraissait envahir tout son être.

- Vous êtes ici dans un couvent et non pas dans un bordel ! Lui répondit-elle sèchement.

Il fut surpris de sa réponse car il se défendit en levant les mains en signe de reddition.

- Loin de moi, ma sœur, l'idée de prendre ces jeunes femmes pour ce qu'elles se sont pas. Insista-t-il lourdement.

- Assez ! Veuillez tous retourner à votre travail et M. Mc Carty, je vous demande de rester à votre place sans quoi nous serrions obligées de nous passer de vos services.

- Très bien. Abdiqua-t-il en retournant à son poste la coupelle d'eau à la main.

Nous retournâmes à nos tâches aussi sous le regard sévère de la sœur.

- Pour cette fois, je passe l'éponge, vous viendrez quand-même diner ce soir mais le moindre écart de conduite de votre part sera sanctionné, vous voilà prévenues. Nous menaça-t-elle avant de faire demi-tour et de s'en aller.

- Quel démon, cette femme ! Ragea Alice.

- Tu as raison, je n'en peux plus de ce tyran ! Lui dis-je complètement d'accord avec elle.

- Elle n'a pas été très correcte avec Mr Mc Carty. Souligna Rosalie. Mais Bella ? En parlant de cet homme, il a l'air de te connaitre. Sais-tu de qui il parlait?

- Je n'en sais rien, peut-être qu'il connait mon père et que ce dernier me fait rechercher. Peut-être qu'il n'a pas cru aux mensonges de Mike sur mon séjour dans un pays chaud. Supposai-je.

- Tu crois que ton père pourrait te faire sortir de là ? Demanda Rosalie.

- Je ne suis pas certaine qu'il y arriverait même s'il me retrouvait. Mike et surtout son père sont très influents et ont beaucoup de monde dans leurs poches. Avec un peu d'argent, ils achètent tout le monde. Je suis certaine que Sœur Victoria ne refuserait pas une coquette somme d'argent en échange de ma captivité ici.

- Nous n'avons plus qu'àattendre pour savoir.

- Non Rose, nous n'allons pas attendre. Intervint Alice.

- Que veux-tu faire d'autre Alice ?

- Nous allons mettre notre projet à exécution, aujourd'hui. Nous allons quitter ce couvent pour ne plus jamais y revenir.

- Mais comment, tu as une idée ?

- Oui, je viens de faire une découverte. S'exclama-t-elle toute excitée. Tout à l'heure, lorsque je suis allée puiser de l'eau au puits tout près de la clôture dans le fond du jardin, je suis allé jusqu'à la limite de la propriété. J'ai remarqué qu'un arbre, probablement grâce à la tempête de cet hiver, penchait au dessus du mur d'enceinte. Si nous arrivons à grimper sur cet arbre et longer la branche qui passe au dessus de la clôture, nous serons libres.

- Oh mon Dieu, tu crois que cela peut marcher ?

- Oui, cela va marcher.

- Et si on se faisait prendre. Tu sais ce que l'on afflige aux fuyardes. On leur coupe les cheveux pour que tout le monde nous reconnaisse.

- Ne t'inquiète pas Rosalie, tu garderas tes beaux cheveux longs. Nous y arriverons. Il nous reste juste à trouver le bon moment pour nous éloigner d'ici sans éveiller les soupçons des sœurs.

- Le bon moment ? Quand serait-ce le bon moment. M'enquis-je.

- Pourquoi pas maintenant ? Suggéra-t-elle.

- Tu plaisantes Alice ?

- Pourquoi toutes les conditions sont réunies. Il n'y a pas une sœur à l'horizon, nous sommes seules, les draps étendus masqueraient notre fuite.

- Sauf que tu oublies que midi va sonner au clocher dans deux minutes, nous n'avons pas assez de temps pour monter toutes les trois dans l'arbre et passer la clôture avant que l'on commence à nous chercher. Nous avons besoin de plus de temps une fois sortie de l'enceinte du couvent pour nous éloigner le plus possible avant que l'on se mette à nous chercher.

- Tu as probablement raison Bella. Nous tenterons notre chance alors cette après-midi lorsque nous reviendrons au lavoir lessiver les tenues des sœurs. Décréta Alice.

Nous nous sourîmes toutes les trois, le regard complice, notre décision était prise et était irrévocable.

Ma soif de liberté me redonnait goût à la vie malgré que mon cœur me fasse toujours souffrir. Je commençai déjà à préparer des plans lorsque je serai sortie de cet endroit. Il allait falloir faire vite pour arriver chez mes parents avant que Mike ne les trouve. J'allais devoir trouver un moyen de leur faire quitter la région pour les éloigner des Newtons qui n'hésiteraient pas à leur faire du mal suite à mon évasion.

Nous nous retirâmes lorsque midi sonna. Emmett Mc Carty était déjà parti, probablement pour aller déjeuner de son côté, le couvent ne devait pas lui offrir le couvert. Nous nous rendîmes à la chapelle pour prier comme chaque jour sauf que cette fois-ci je priai de toute mon âme implorant le très haut de nous aider dans notre évasion que le ciel soit avec nous.

Nous passâmes à table où la nourriture dans notre assiette était toujours nauséabonde. Alice s'éclipsa prétextant une envie pressante pour récupérer le reste du pain sous son oreiller qu'elle alla cacher dans son panier à linge.

Le moment de retourner à nos labeurs arriva. Mon cœur se mit à battre plus fort tellement j'étais envahie par plusieurs émotion. J'étais excitée à l'idée de sortir de cet endroit mais j'avais peur aussi. Peur de nous faire découvrir par les sœurs, de notre échec et de devoir rester encore dans ce cloître même si je savais que dans mon cas, un jour Mike reviendrait me chercher lorsqu'il aura réalisé que je ne portais pas l'enfant d'Edward. D'ailleurs son retour ne devrait pas tarder, cela faisait près de trois mois que j'étais ici.

Nous nous dirigeâmes toutes les trois, notre panier à la main vers le lavoir. Je tentai de regarder d'un œil discret du côté de l'arbre abattu mais il n'y avait personne. Il n'était pas encore revenu. Dommage, je n'aurai pas l'occasion de lui demander plus de détails sur ce qu'il avait insinué et ne saurai pas de qui il parlait.

Nous commençâmes la lessive en se pressant le plus vite possible et en survolant les tâches de façon à nous retrouver le plus tôt possible près des fils à linge qui nous rapprochaient de notre issue de secours.

- Vous êtes prêtes les filles ? Nous demanda Alice.

Nous lui fîmes un signe de la tête en guise assentiment. Je jetai un dernier regard tout autour de nous pour nous assurer que nous étions bien seules et soudain mon regard accrocha un voile noir.

- Oh mon Dieu, Sœur Catherine ! Murmurai-je. Les filles attendez ! Les appelai-je tout bas. Le démon arrive.

Alice et Rosalie regagnèrent très vite leur panier et firent semblant d'étendre le linge.

- Ah mesdemoiselles, je vois que vous êtes efficaces cet après-midi. Mon petit sermon de ce matin porte ses fruits ! Avez-vous vu Mr Mc Carty cet après-midi, je m'étonne de ne pas le voir de retour au travail ?

- Non, ma sœur, nous ne l'avons pas vu. Répondis-je.

Elle parut réfléchir quelques instants et s'en retourna satisfaite de ma réponse.

- Ouf, c'était moins une, un peu plus et elle nous prenait en flagrant délit. Soupira Alice.

- On devrait peut-être abandonner pour aujourd'hui. Proposa Rosalie.

- Ah non, jamais plus belle occasion de se présentera. Répliqua Alice décidée à aller jusqu'au bout.

Elle se pencha au dessus de son panier de linge et sortit trois tenues de sœur qui étaient cachées tout au fond.

- Tenez, prenez ses tenues, elles nous permettrons de passer plus discrètement à l'extérieur du couvent. En tout cas, ce sera toujours mieux que nos blouses. Vous êtes prêtes cette fois-ci ?

- Oui, allons-y, avant que quelqu'un d'autre n'arrive. Préconisai-je.

Alice prit le pain dans le fond de son panier et s'éloigna en courant en direction du fond du jardin. Rosalie et moi la suivîmes de près.

En quelques enjambées, nous fûmes au pied de l'arbre. Lorsque je levais les yeux pour estimer la hauteur, je fus prise d'un léger vertige que je camouflai aussitôt.

- Alors qui grimpe en premier ? Demanda Alice.

- Allez-y d'abord, je passerai en dernier. Répondis-je peu sûre de moi.

- Très bien je commence. Se dévoua Rosalie.

Elle s'accrocha aux premières branches qui étaient à portée de main et grimpa lestement. En quelques secondes elle se retrouva sur la branche qui la mènerait en dehors de l'enceinte. Elle longea la branche à califourchon en rampant sur celle-ci et passa au dessus du muret. Elle s'agrippa enfin à la branche pour se laisser tomber de l'autre côté.

- Tout va bien, Rose ? S'enquit Alice.

- Oui, tout va bien. Répondit-elle rassurante. Venez vite.

Alice me regarda comme si elle attendait quelque chose.

- Donne-moi ton pain, je te le passerai quand tu seras grimpée. Lui dis-je en la laissant passer devant.

- D'accord.

Elle escalada l'arbre comme l'avait fait précédemment notre camarade. Je lui tendis le pain et elle continua son chemin jusqu'au dehors du mur et disparut.

- Allez Bella, c'est à toi. M'ordonna-t-elle.

- Oui j'arrive. Leur dis-je.

Je pris une grande inspiration et posait ma main sur la première branche.

Alors oui je sais encore une fin sadique, je sais mais sinon le chapitre aurait été trop long !

Dites-moi tout, de qui parlait Emmett, vous avez une idée ?

Charlie

Edward

Carlisle

Mike

Autres…

Leur projet d'évasion va-t-il fonctionner ?

Vont-elles se faire prendre ?

Bella arrivera-t-elle à passer le mur ?

Alors appuyez sur le petit bouton bleu pour me donner vos pronostics…

A bientôt

Sabi