Coucou à tous !

Merci énormément pour tous vos pronostics vous m'avez bien fait rire ! Beaucoup ont souhaité qu'elle s'en sorte mais très peu pense qu'il va y arrivé ! Pauvre Bella et sa poisse légendaire !

Certaines d'entre vous ont été très perspicaces et ont trouvé la suite des événements.

Merci à toutes pous vos reviews auxquelles j'ai répondu et merci à tous les anonymes.

Je fais d'énormes bisous à mes TPAs chéries, mes vilaines adorées et toutes mes choupettes qui me suivent sur forum !

Merci à ma Mumu pour ses superbes corrections très pointilleuse. Et pour info, elle ne trouve pas ma fin sadique.

Serez-vous du même avis qu'elle ?

Bonne lecture et je vous retrouve en bas !

Robisous

Sabi

Chapitre 5 - Le goût amer de la liberté

- Allez Bella, c'est à toi. M'ordonna-t-elle.

- Oui j'arrive. Leur dis-je.

Je pris une grande inspiration et posai ma main sur la première branche.

J'étais complètement tétanisée à l'idée de monter dans cet arbre. J'avais toujours eu horreur de cela depuis que j'étais toute petite. Je fermai les yeux et me concentrai. Il fallait que je prenne sur moi, c'était le seul moyen de sortir de cet enfer.

Je rouvris les yeux et fixai les branches une à une, ne regardant pas en bas ni trop haut et je me concentrai sur chacun de mes gestes et de mes membres. C'est ainsi que j'avançai petit à petit et de plus en plus haut.

- Bella, tu en mets du temps. Rouspéta Alice.

- Je n'y peux rien j'ai le vertige. Grognai-je.

- Oh Bella, il fallait me le dire, je t'aurai aidé !

- Je préfère me débrouiller seule et aller à mon rythme.

- Je sais bien mais on ne dispose pas de beaucoup de temps alors si tu pouvais accélérer un peu car là tu avances de cinq centimètres par minute à ce rythme dans une heure, on sera encore là !

- Arrête d'exagérer et de me mettre la pression tu me déconcentres.

- Très bien, je me tais.

Je tentai d'accélérer mon avancée car je savais qu'Alice avait raison. Je décidai d'allonger le bras plus loin pour me faire ramper le long de la branche un peu plus vite. Au bout de quelques minutes interminables, je dépassai enfin le muret et me retrouvai juste au dessus de Rose et Alice.

- C'est bien Bella maintenant saute ! Me dis cette dernière.

Je préférais ne pas regarder en bas et je me laissai glisser tout doucement.

- Non, Bella pas comme cela, retiens-toi avec tes mains !

- Hein ?

Trop tard, je basculai dans le vide et j'atterris violement sur mes pieds avant de tomber au sol. Ma cheville fut frappée de violentes vibrations lorsqu'elle percuta le sol et une douleur atroce traversa mon pied.

- Ma cheville me fait terriblement mal. Me plaignis-je en la massant.

- Fais-moi voir. Me dit Alice en s'approchant, Rosalie à ses côtés.

Elle la manipula dans tous les sens avant de la reposer.

- Je pense que tu as dû te faire une entorse. Me dit-elle.

- Oh non, ce n'est pas vrai ! Grognai-je.

- Est-ce que tu peux te mettre debout ?

J'essayai aussitôt mais lorsque je posai mon pied au sol, je ressentis comme une décharge et poussai un gémissement.

- Bon au moins tu arrives à tenir debout. Il faut que l'on s'éloigne d'ici le plus vite possible. Rosalie et moi allons te soutenir de chaque côté pour que tu poses le moins possible ton pied au sol. D'accord ?

J'hochai la tête en guise d'assentiment.

- Courage. Me dit Rosalie. Nous avons déjà fait le plus dur.

Elle avait raison le plus dur était derrière nous : sortir de ce couvent. Il ne restait plus qu'à poursuivre. Elles me maintinrent donc de chaque côté et nous filâmes le plus vite possible vers les bois les plus proches.

Au bout d'une demi-heure à courir à ce rythme, nous étions en nage et complètement essoufflées.

- Stop ! Arrêtez, je n'en peux plus. Leur dis-je.

- Moi non plus. Souffla Rosalie

- Bon, on fait une pause de dix minutes. Cela nous donnera le temps d'enfiler nos tenues.

- Et ensuite on va où ? Demanda Rosalie.

- Je n'en sais rien, je ne connais pas cet endroit, le carrosse était voilé lorsque l'on m'a amené ici. Lui répondit Alice.

- Le mien aussi.

- Il faut que l'on rejoigne la route pour tenter de trouver quelqu'un qui pourra nous emmener loin d'ici. Proposai-je.

- Oui bonne idée.

Nous enfilâmes nos tenues de sœur et nous camouflâmes nos blouses sous un tas de feuilles pour ne pas laisser de trace de notre passage dans ces bois.

Les sœurs, à ce moment, avaient dû remarquer notre disparition et les recherches devaient avoir commencé, nous n'avions pas de temps à perdre.

Je profitai du temps de notre petite pause pour masser ma cheville qui me faisait terriblement souffrir mais je m'efforçai de ne pas y penser, je ne pourrai supporter que l'on nous retrouve à cause moi et que l'on nous revoie dans cet enfer.

Nous nous remîmes en route, Rose et Alice de chaque côté de moi. Je me sentais comme un boulet. Je nous retardai toutes à cause de ma blessure, nous devrions être beaucoup plus loin si je ne faisais pas diminuer le rythme de notre course.

Nous continuâmes ainsi pendant une heure, je ne savais combien de kilomètres nous avions parcouru, peut-être cinq ?

- J'ai l'impression que l'on approche de la route car les arbres ont l'air d'être plus espacés là-bas. Nous indiqua Rosalie.

- Vite, dépêchons-nous. Nous pressa Alice.

Plus nous nous rapprochions, plus je distinguai les cailloux qui parsemaient le chemin de la route.

Puis soudain, Alice se figea.

- Ecoutez. Nous dit-elle en murmurant.

Nous fîmes silence quelques secondes avant de la questionner.

- Qu'entends-tu ? Lui demandai.

- Des bruits de sabots. Un cheval approche à vive allure.

Nous nous approchâmes jusqu'au bord du chemin lorsque nous l'aperçûmes. Il se dirigeait du côté opposé où nous allions.

Le cavalier se rapprochait très rapidement. Je pouvais distinguer d'où je me tenais qu'il portait une veste sombre et un chapeau recouvrait sa tête. Il était penché sur son cheval de façon à lui donner plus de vitesse. De toute évidence, il avait l'air très pressé, nous ne pourrions pas lui demander de s'arrêter.

Il arrivait à une vitesse folle et je pus à peine distinguer ses traits car le col de son manteau était relevé et dissimulait son visage. Cependant, je captai l'espace d'une seconde, une image. Mon cœur cessa de battre à cet instant et ma respiration se bloqua. Cette image, était-elle réelle ou bien mon subconscient me jouait-il des tours ? Ce nez droit et volontaire, ses yeux envoutant baignés d'émeraudes…

- Edward… Murmurai-je très bas dans un souffle.

Mais je revins vite à la réalité, comment ce cavalier aurait-il pu être mon amour perdu. Edward était mort. Il ne pouvait pas être sur ce cheval.

- Oh mais c'est Emmett Mc Carty ! Remarqua Rosalie.

Cette réflexion me sortit complètement de mes pensées pour regarder le second cavalier qui passait devant nos yeux à vive allure aussi. En effet, il n'y avait aucun doute, c'était bien le bûcheron qui était venu le matin-même abattre l'arbre du couvent.

Il devait sûrement y retourner pour terminer son travail et l'homme qui était passé juste avant lui devait venir pour le seconder dans sa tâche.

- Dommage, qu'ils n'aillent pas dans la bonne direction et qu'ils allaient trop vite pour nous car sinon ils auraient pu nous aider à nous éloigner d'ici, j'en suis sûre. Soupira Alice.

C'était ainsi que nous reprîmes la marche mais cette fois-ci en longeant la route pour s'assurer de pouvoir stopper le prochain voyageur sur notre chemin.

Mon cœur battait toujours à une vitesse folle, je n'arrivai pas à me remettre de la vision que je venais d'avoir. Ma poitrine me faisait mal, mon cœur souffrait de nouveau, ma blessure s'était ré-ouverte. J'avais besoin de lui et de le savoir vivant. Qu'allais-je devenir à présent que j'étais libre mais sans aucun but, sans pouvoir espérer le grand amour qui était déjà passé et avait déjà disparu.

Je ne pus retenir mes larmes qui perlèrent sur mes joues. Je me dépêchai de les essuyer pour ne pas que mes amies les voient mais ce fut sans penser à la perspicacité d'Alice.

- Bella, tu pleurs ? Qu'est-ce qu'il ne va pas ?

- Oh, ce n'est rien, c'est juste ma cheville qui me fait souffrir. Mentis-je à moitié.

- Dès qu'on trouvera une maison, on s'arrêtera pour te soigner. Me promit-elle.

- Merci Alice.

Nous reprîmes encore une fois la marche et au bout d'une demi-heure, nous perçûmes au loin le bruit d'un moteur puis une voiture apparut quelques instants plus tard.

Très peu de gens pouvaient se permettre de posséder une voiture, car cela coûtait très cher. Il devait donc sûrement s'agir de quelqu'un de riche.

Le véhicule approcha à une vitesse raisonnable, le propriétaire devait surement prendre soin de sa voiture et ne pas vouloir l'abimer avec tous ces trous le long de la route.

- Les filles, il faut arrêter cette voiture, peut-être pourra-t-on nous aider. Proposa Alice. Peut-être qu'il pourra nous emmener loin d'ici rapidement.

Elle sortit des bois et se plaça en plein milieu du chemin, nous la suivîmes pour nous mettre à ses côtés. La tenue que nous portions allait probablement nous faciliter la tâche pour obtenir de l'aide.

Le véhicule commença à ralentir avant de stopper à quelques mètres de nous. Alice s'approcha du conducteur dont la carrure imposante emplissait l'habitacle. Le faux jour masquait son visage. Je distinguai malgré tout qu'une autre personne se tenait sur la banquette arrière. Il portait un chapeau et se tenait très droit.

Rose et moi rejoignîmes Alice qui interpella le chauffeur.

- Bonjour Monsieur, nous sommes des sœurs du couvent Sainte Madeleine et nous devons nous rendre en ville. Auriez-vous l'âme assez charitable pour nous y conduire. Quémanda-t-elle

J'étais épatée de voir à quel point elle se débrouillait bien pour une fille qui avait vu très peu vu d'hommes, elle avait beaucoup d'assurance.

Sur sa requête, le chauffeur se retourna vers l'homme derrière lui.

- Monsieur, ses sœurs souhaiteraient être conduites en ville, dois-je les prendre ? S'enquit-il.

Il leva la tête vers nous au moment où il allait répliquer.

- Félix, je suis pressé, je n'ai pas le temps de…Il s'arrêta lorsque ses yeux croisèrent les miens.

Ce regard me disait quelque chose. Mon cerveau se mit à fonctionner à plein régime et fit le lien.

- Oh mon Dieu, non ! Dis-je surprise. Les filles, éloignons-nous d'eux très vite. Leur intimai-je sans desserrer les dents.

Je commençai à esquisser quelques pas de retrait.

- Pourquoi veux-tu que l'on s'éloigne, on n'a peut-être…

- C'est Mike. La coupai-je la voix tremblante. L'angoisse s'empara de mon corps.

Mike se redressa rapidement et se mit à crier.

- Félix, attrape-la de suite !

- Courez-les filles. Leur criai-je.

Nous nous précipitâmes vers les bois, soulevant nos aubes pour ne pas nous prendre les pieds dedans au risque de tomber. Nous courûmes aussi vite que possible mais ma cheville me faisait souffrir et me ralentissait. Je décuplai pourtant mes efforts pour élancer mon pied douloureux et j'essayai de faire abstraction de la douleur qui se faisait de plus en plus importante.

Je sentis soudain une poigne ferme se refermer sur mon bras et stopper net ma course. Je me débattis dans tous les sens pour essayer de me libérer mais il m'enferma très fortement dans la forteresse de ses bras puissants.

- Ne bouge plus ma jolie, je ne vais pas te lâcher. Ricana Félix.

Je vis les filles s'arrêter et tenter de revenir vers moi.

- Non, fuyez, ne vous préoccupez pas de moi, sinon ils vont vous enfermer de nouveau ! Fuyez ! Leur criai-je.

Elles étaient complètement en pleurs à l'idée de m'abandonner mais elles suivirent mon conseil, elles savaient qu'elles ne pourraient rien faire pour me libérer. Un poids se retira de moi en les voyant s'éloigner, au moins, elles auraient une chance.

Félix me ramena vers la voiture où nous attendait Mike négligemment appuyé contre la carrosserie.

- Bella, ma femme ! M'accueillit-il avec un grand sourire. Quelle joie de te retrouver enfin !

Il s'avança vers moi et approcha son visage. Je tournai la tête pour éviter ses lèvres qui quémandaient les miennes. De sa main, il prit mon menton pour me forcer à lui faire face et écrasa sa bouche sur la mienne.

- N'es-tu pas heureuse de retrouver ton époux après ces longs mois passés dans ce couvent. Je suis venu en personne de chercher, j'avais hâte de te revoir.

Il se recula pour mieux m'observer.

- Le couvent te réussit à merveille, tu es magnifique à part cette tenue de sœur, qui ne te va vraiment pas du tout. Puis il fronça soudainement les sourcils. Bon alors fini de plaisanter. Que fais-tu ici en dehors du couvent, déguisée en bonne sœur ?

Je détournai le regard pour ne pas croiser le sien et pour éviter de lui répondre. Que pouvais-je lui dire, les faits étaient là, il savait très bien ce que je venais de faire. Il se mit à rire.

- Ne me dis pas que tu viens de t'échapper et qu'en arrêtant notre voiture, tu pensais trouver de l'aide pour t'enfuir loin.

Je sentis une boule se former dans ma gorge sous son sarcasme.

- Tu n'as vraiment pas de chance, mais heureusement pour toi que je sois tombé sur toi, car sinon je crains que tes parents auraient passés un très mauvais quart d'heure, si tu avais disparu.

Il ne me laissa pas le temps de répliquer qu'il me poussa dans la voiture.

- Allez, grimpe, je te ramène à la maison. Tu peux t'estimer heureuse que je sois de bonne humeur et donc que je passe l'éponge sur ta fuite. Ma mère a insisté pour que tu reviennes dès maintenant car elle est en plein préparatifs pour les festivités à l'occasion de son anniversaire. Elle voulait que tu sois absolument rentrée pour cette occasion car les gens se seraient posés pas mal de questions sur ton absence prolongée.

- Tu n'avais qu'à pas m'enfermer dans ce couvent. Lui répondis-je sèchement.

- Dois-je te rappeler les raisons pour lesquelles tu t'y trouvais. Me dit-il avec un regard sévère et insistant.

Je baissai les yeux ne voulant pas me confronter à lui au risque de le mettre en colère et d'en payer les conséquences. Seulement, j'étais en rage contre lui, je venais juste de m'échapper de cette prison infernale pour retourner dans une autre où je me trouverai enfermée à vie. Tout espoir était perdu, cette fois-ci. Il ne me lâchera jamais et je suis quasiment sûr qu'il fera surveiller mes parents, si ce n'était pas déjà le cas. Il savait que j'avais soif de liberté et il ferait tout pour m'empêcher de la recouvrer.

Félix se remit au volant de la voiture et fit demi-tour sur les directives de son patron. Nous roulâmes une bonne heure sur cette route qui me ramenait chez les Newtons. Je ne voulais pas y aller, je voulais être libre et aller où bon me semblait comme Alice et Rosalie.

J'espérais qu'elles avaient réussi à s'éloigner et à trouver de l'aide dans de la ville la plus proche. Je priai pour qu'elles puissent se créer une nouvelle vie et enfin être heureuse en toute liberté. Et pourquoi pas peut-être qu'au détour d'un chemin, elles rencontreraient l'amour. C'était tout le bonheur que je leur souhaitais.

Bien sûr je les enviais énormément, elles étaient libres et pas moi, elles n'étaient liées à personne et moi si. Je ne savais pas ce que je donnerais pour pouvoir être délivrée de Mike. S'il ne menaçait pas la vie de mes parents, cela ferait très longtemps que je me serai saisie d'un couteau pour m'entailler les veines et attendre la mort. Je l'aurais probablement fait à la mort d'Edward et l'aurais rejoint dans l'au-delà.

Nous arrivâmes dans la propriété des Newtons, bien trop tôt à mon goût. Félix m'ouvrit la porte pour m'inviter à descendre. Mike était déjà sorti de la voiture de son côté. Je me glissai hors du véhicule mais lorsque je posai mon pied au sol, ma cheville me fit atrocement souffrir. Je ne pus retenir un cri et je perdis l'équilibre en tombant à genoux au sol.

Un de mes genoux se mit aussitôt à saigner et ma peau me brûla mais ce n'était rien comparé à la douleur que je ressentis au niveau de ma cheville. Chaque pulsation m'envoyait des salves de souffrance de mon pied jusqu'à mon cœur.

Dans ma fuite pour échapper à Mike, j'avais dû endommager encore plus ma cheville d'où mon incapacité à poser le pied par terre. Je tentai de masser mon pied mais le moindre effleurement sur ma peau était insupportable.

- Tu es blessée ? Me demanda Mike en s'accroupissant.

- Je crois que j'ai dû me fouler la cheville. Répondis-je.

Il posa sa main sur mon pied sans m'avertir et je poussai un cri de douleur en le repoussant de toutes mes forces.

- Hum, je vais prévenir le médecin pour qu'il regarde ta cheville. Il faut que tu sois rétablie pour demain soir pour les festivités. J'espère que ce n'est pas trop grave.

Il se redressa et s'adressa à Félix.

- Emmène-la dans sa chambre et poste un garde juste devant sa porte. Je vais envoyer quelqu'un chercher le Docteur Sloan. Ordonna-t-il en jetant un œil sur moi avant de se diriger vers la grande bâtisse qui se trouvait être ma nouvelle demeure.

Félix se pencha et me souleva dans ses bras. Je n'avais pas d'autres choix que d'obtempérer puisque je ne pouvais pas marcher. Il me conduisit jusque dans ma chambre et me posa sur le lit. Il fit appeler Démétri pour qu'il garde un œil sur moi et ferma la porte me laissant enfin seule.

Quelques instants plus tard, Constance, la femme de chambre, entra dans la pièce avec une chemise de nuit à la main. Elle m'aida à retirer mon aube et nettoya ma blessure au genou. Elle me fit ensuite enfiler mon vêtement pour la nuit même s'il n'était pas encore l'heure de dormir.

Après son départ, je restai allongée sur mon lit ne pouvant rien faire d'autre avec ma cheville qui me faisait toujours autant souffrir. Je refaisais le point sur ma journée catastrophique. Elle avait démarré avec beaucoup d'espoir pour se terminer dans le plus grand désespoir. Qu'avais-je à espérer à présent de cette vie aux côtés d'un homme que je haïssais plus que tout? Rien.

Un coup frappé à la porte me sortit de mes réflexions. Quelqu'un pressa la poignée et pénétra à l'intérieur. C'était Démétri.

- Voici le docteur qui va regarder ta cheville. Me dit-il.

Je ne le regardai même pas, les souvenirs de sa participation au passage à tabac d'Edward me revenaient encore en mémoire. Je sentis peu de temps après une autre présence, quelqu'un d'autre pénétrait dans la pièce, ce devait être le médecin qu'avait fait chercher Mike. Qu'il regarde ma cheville et qu'il s'en aille, je voulais être seule et que l'on me ficha la paix.

- Bonjour Bella, cela fait plaisir de vous revoir. Entendis-je.

Mon cœur bondit dans ma poitrine en reconnaissant cette voix douce et grave. Je me redressai aussitôt pour m'asseoir afin de pouvoir voir son visage.

- Dr Cullen. Le saluai-je en pénétrant ses prunelles.

Comment allait-il depuis notre dernière entrevue, depuis qu'il m'avait appris que son fils était mort. Comment se remettait-il de la perte de son fils unique ? Arrivait-il à vivre ? Survivait-il ?

Il me souriait et approcha de mon lit.

- Je vous en prie, Bella, appelez-moi Carlisle. Me reprit-il avec douceur.

- Très bien, Carlisle. Comment allez-vous ? Lui demandai-je, ne pouvant m'empêcher de lui poser la question même si je savais qu'elle pouvait le blesser.

Il me regarda et d'un rapide coup d'œil me signala quelque chose derrière lui. Démétri était debout, adossé contre la porte, les bras croisés, et nous regardait ou plutôt nous surveillait. Ainsi donc je ne pourrais pas avoir de conversation privée avec cet homme qui devait souffrir autant que moi de la perte d'Edward.

- Je vais bien. Me répondit-il rassurant avant de poursuivre. Mais on m'a demandé de venir vous ausculter, que se passe-t-il ?

- Je crois que je me suis foulée la cheville, je n'arrive plus à poser le pied.

- Je vais regarder cela.

Il remonta le bas de ma chemise de nuit et posa ses doigts délicatement sur mon pied. Il l'effleurait à peine de ses doigts au premier abord. Puis il la massa tout en douceur pour trouver enfin le point sensible qui me faisait souffrir.

- Votre pied est déboité, c'est pour cela que vous souffrez autant. Je vais essayer de le remettre en place mais il ne faut surtout pas que vous bougiez. Prête ? Me demanda-t-il avant de commencer quoi que ce soit.

J'hochai la tête en guise d'acquiescement. Mes doigts s'enfoncèrent dans les draps et je pris une grande bouffée d'oxygène. Soudain, je poussai un cri de douleur, j'avais senti un craquement et je souffrais énormément.

- Voilà c'est terminé. Me rassura-t-il en reposant mon pied délicatement.

- Merci mon Dieu. Répondis-je soulagée en regardant vers le ciel, contente que ce soit terminé.

- Je vais faire un bandage pour vous éviter de bouger votre cheville par mégarde.

Il farfouilla dans sa mallette et en sortit une bande qu'il enroula délicatement et avec douceur autour de ma blessure.

- J'en ai terminé pour de bon avec votre pied. Y-a-t-il d'autres maux à soigner ? S'enquit-il.

- Mon cœur. Répondis-je sans réfléchir la voix tremblante et une boule se formant dans ma gorge.

Il s'approcha de mon visage et de sa main caressa ma joue.

- Cela va aller, tout ira bien à présent. Ayez confiance en l'avenir. Me dit-il sûr de lui et rassurant.

- Vous avez confiance vous ? Lui demandai-je en retour.

- Oui.

Comment arrivait-il à me dire cela après avoir perdu son fils. Il donnait l'impression d'avoir complètement surmonté sa peine et d'avoir fait son deuil.

En ce qui me concernait, je n'étais arrivé à aucune de ces deux étapes et j'avais l'impression que je n'y arriverai jamais.

- Je dois m'en aller. M'avertit-il.

- Je vous en prie, restez un peu. Lui demandai-je en retenant sa main au moment où elle se retirait de ma joue.

- Dr Cullen ? Que faites-vous ici ? Nous interrompit la voix de Mike.

- Mr Newton. Le salua Carlisle d'un ton assez froid.

Je m'étais peut-être trompée. Peut-être que ce n'étais qu'une façade que voulait montrer Carlisle en démontrant qu'il allait bien, car à cet instant, je voyais le mépris et la rancœur qu'il vouait à Mike.

- Il se trouve que l'on est venu me chercher pour soigner votre femme. L'informa-t-il.

- Je croyais avoir demandé à ce que l'on aille chercher le Dr Sloan. Répliqua Mike.

- Le docteur Sloan étant parti visiter ses patients dans le village d'à côté, un de vos hommes est venu me chercher me pressant de me rendre au chevet d'Isabella. Le cloua-t-il.

- Ah. Et votre diagnostic est ?

- Elle s'est déboitée l'os au niveau de sa cheville.

- L'avez-vous remis ?

- Oui

- Alors elle pourra être sur pied demain.

- Elle a surtout besoin de se reposer et de ménager sa jambe. Préconisa Carlisle.

- C'est impossible. Demain soir, c'est l'anniversaire de ma mère et elle doit être présente.

- Je suis au courant pour l'anniversaire puisque j'ai reçu un carton d'invitation de la part de Madame votre mère.

- Quelle étrange idée a eu ma mère de vous ajouter à la liste des invités mais après tout c'est son anniversaire, c'est elle qui décide.

- Elle avait l'air très peinée lorsqu'elle a appris la mort de mon fils, elle m'avait témoigné toute sa sympathie à l'époque et elle m'a donc invité espérant que l'espace d'une soirée j'oublie mon deuil. Mike ne répliqua pas à l'évocation d'Edward et Carlisle poursuivit. Mais quoi qu'il en soit c'est impossible. Son pied est trop fragile et je doute que sans le bandage sa cheville ne tienne le coup.

- Eh bien, dans ce cas, elle gardera son bandage et le problème sera résolu. Nous camouflerons sa bande sous ses jupons. Décréta Mike.

- Elle doit faire attention. Il se tourna vers moi. Bella, il faut vous ménager et éviter un maximum d'appuyer sur votre cheville sinon elle risque de se déboiter à nouveau. Me dit-il prévenant et inquiet.

- Bella ? Reprit Mike. Je vous interdis de vous adresser à ma femme de façon si familière Dr Cullen. Elle est mariée et répond au nom de Mme Newton.

- Veuillez me pardonner si j'ai pu vous paraître déplacé, ce n'était pas mon intention. S'excusa-t-il auprès de Mike toujours froidement mais ses traits se détendirent lorsqu'il posa les yeux sur moi. Madame surtout reposez-vous et éviter de bouger votre cheville. Me dit-il d'un ton très formel qui contrastait toutefois avec son regard plein de douceur et de chaleur.

- Cela suffit, elle sait ce qu'elle a à faire. Le rabroua Mike.

- Très bien alors je m'en vais. Au revoir, Madame. Me dit-il en baissant la tête pour me saluer.

- Au revoir, Docteur et merci. Lui souris-je faiblement, gratifiante mais honteuse de la façon dont Mike le traitait.

Puis il se redressa et fit face à Mike.

- M. Newton.

- Dr Cullen.

Après ces salutations glaciales, Carlisle ouvrit la porte et disparut suivi par Démétri, me laissant ainsi seule avec mon époux.

- J'espère que tes messes basses avec cet homme ne me porteront pas préjudice sinon il t'en cuira. Me menaça-t-il avant de tourner les talons et de s'en aller à son tour.

Personne ne revint dans ma chambre de toute la soirée mise à part Constance pour m'apporter mon repas et pour m'aider à me préparer pour la nuit.

Je dormis d'un sommeil agité, le moindre souffle de vent ou le moindre volet qui claque me réveillait. Je craignais qu'à tout moment Mike fasse irruption dans ma chambre pour exiger de moi de qu'il était en droit de me demander en tant qu'époux. Je priai pour que les conseils du Dr Cullen aient pris un sens dans son esprit et qu'il me laisserait me reposer avant les festivités du lendemain.

Je fus soulager de me réveiller le matin en réalisant qu'il n'était pas venu.

Le lendemain tout passa trop vite à mon goût, je ne voulais pas participer à cette fête où je verrai les gens s'amuser et être heureux alors que j'étais mélancolique.

Constance m'apporta en fin d'après-midi la tenue ou plutôt le déguisement que je devais porter pour l'occasion car il se trouvait que la mère de Mike organisait un bal masqué. C'était elle qui avait choisit mon déguisement dans lequel j'apparaîtrai en ange. Elle, de son côté, sera habillée en Cléopâtre, Reine d'Egypte, car d'après ce que m'avait dit Constance, elle était passionnée par ce pays.

La femme de chambre m'aida à enfiler ma robe toute blanche, elle arrangea ma coiffure en dégageant mes tempes par des tresses qui se rejoignirent à l'arrière de mon crâne et elle boucla le reste de ma chevelure en de longues anglaises. Elle accrocha ma paire d'ailes à ma robe et mon corset pour qu'elle tienne bien en place dans mon dos. Pour terminer, elle plaça un masque très fin qui cachait à peine le contour de mes yeux. Et voilà j'étais prête, il ne me restait plus qu'à attendre mon cavalier que je ne souhaitai pas voir venir.

La soirée commençait déjà car j'entendais de plus en plus de monde discuter en bas dans la grande salle de réception. Je percevais les moteurs des voitures et le piétinement des chevaux qui tiraient les carrosses. L'orchestre commença à jouer sur des violons qui donnaient juste un petit fond musical. Et soudain on frappa à ma porte.

Mike apparut, déguisé en pirate, ce qui me fit sourire intérieurement car il avait l'air ridicule. Il entra dans la pièce, l'air mal à l'aise dans son costume, et m'intima de le suivre. J'avançai en boitillant vers lui et je suivis les conseils de mon docteur, j'appuyai le moins possible sur mon pied. Il ne dit mot, ce qui m'arrangea car la moindre parole provenant de lui me mettait en colère et m'insupportai. Comment allais-je faire pour vivre toute une vie à ses côtés ?

Il me guida dans le couloir et dans les escaliers avant de pénétrer dans un autre couloir qui menait à la salle de réception. Lorsque nous pénétrâmes à l'intérieur, je fus stupéfaite encore une fois de voir tout ce luxe. Il n'y avait aucun recoin qui ne manquait de décoration, la mère de Mike avait encore dû dépenser sans compter comme au mariage.

- Rah, je hais les bals masqués, j'ai horreur de ne pas savoir qui se cache derrière son masque. Ronchonna-t-il.

Pour une fois j'étais du même point de vue que lui, je n'aimais pas ne pas savoir qui se trouvait en face de moi et d'ailleurs je détestais les bals tout court et je détestai danser, mise à part avec mon père et lorsque pour une seule danse j'avais pu me retrouver dans les bras d'Edward.

Il me guida jusqu'à l'autre bout de la pièce, piétinant sur place à cause de ma vitesse d'escargot, je sentais bien que je l'exaspérais. Il me proposa de m'asseoir et s'éclipsa à mon plus grand soulagement. Il devait regretter de devoir trainer derrière lui le boulet que je devais représenter.

- Bella, ma chérie ! Entendis-je une voix familière m'appeler.

Et en l'espère d'une fraction de seconde mon visage s'illumina.

- Maman ! Criai-je heureuse de la voir.

Elle couru jusqu'à moi et me plaqua contre elle.

- Oh ma chérie, quel bonheur de te retrouver après tout ce temps. Me murmura-t-elle à l'oreille.

- Bella, quel plaisir de te revoir. Arriva mon père juste derrière.

- Papa ! Moi aussi je suis heureuse de vous retrouver.

- Comment vas-tu après ta longue convalescence à la chaleur ? S'enquit ma mère.

Ainsi donc mes parents avaient cru aux mensonges de Mike.

- Je vais mieux, je me suis juste blessée à la cheville en rentrant mais rien de méchant. Continuai-je dans le mensonge de Mike, je préférai qu'ils ne sachent rien des événements des derniers mois.

- Nous sommes si heureux que tu ailles mieux !

Pendant près d'une heure ils restèrent à mes côtés sans que l'on vienne nous déranger. Le bal avait commencé et les danseurs évoluaient sur la piste au rythme de la musique. Ils me parlèrent de ce qu'ils avaient fait pendant tout ce temps. Ma mère avait trouvé un travail dans un commerce du centre ville et mon père avait beaucoup à faire avec des malfrats qui étaient de plus en plus nombreux.

- Bonsoir Bella, Renée, Charlie, comment se porte votre cheville ? Intervint Carlisle qui apparut juste à côté de ma mère.

- Bonsoir Carlisle. Elle me fait encore souffrir mais je suis vos conseils et essaie de me ménager. Lui répondis-je fière de moi.

- Très bien. Puis il se redressa et regarda vers la piste avant de revenir vers moi. Vous sentiriez-vous capable de venir danser avec moi. Bien évidement nous irions très doucement et à votre rythme ?

Cette requête me surprenait surtout de la part de mon médecin mais quelque chose dans la façon qu'il avait eue de poser cette requête m'incita à accepter.

- Je vais essayer de faire de mon mieux. Lui dis-je en posant ma main sur celle qu'il me tendait.

Je saluai mes parents et le suivis jusqu'au centre de la piste. Les musiciens entamèrent une valse mais Carlisle me faisait presque piétiner sur place. C'était l'occasion de pouvoir lui parler sans avoir d'oreille indiscrète à nous écouter.

- Comment allez-vous Carlisle. M'enquis-je.

- Je crois vous l'avoir déjà dit, je vais bien et tout va aller bien. Réitéra-t-il sa réponse comme la veille.

J'étais confuse et perdue.

- Je…je ne comprends pas votre attitude, vous avez perdu votre fils, il y a quelques mois. Je ressens par moment la rancœur que vous vouez à Mike pour ce qu'il a fait mais vous ne semblez pas souffrir de son absence.

- Bella, croyez-moi j'ai souffert bien plus qu'un père ne peut le supporter mais comme je vous l'ai dit hier, tout va bien aller et ayez confiance en l'avenir.

- Mais…

Je n'eus pas le temps de poursuivre que son attention fut attirée par quelque chose derrière moi et il se mit à sourire.

- Bella, permettez-moi de vous laissez continuer cette danse avec un jeune homme qui à l'air très impatient de vous inviter. Puis il s'adressa à quelqu'un derrière moi. Je te la confie. Prends-en soin et fait attention à sa cheville.

Il s'écarta de moi et posa ma main dans celle de l'invité qui se substitua à la place de Carlisle. Au contact de sa main contre la mienne je reçus comme un courant électrique qui parcouru chaque parcelle de mon être. Je levai progressivement les yeux détaillant sa tenue, il portait un déguisement de cowboy. Mon cœur commença à battre plus fort. Je continuai mon examen découvrant une bouche pleine, je me mis à déglutir. Le restant de son visage était caché par un masque et un chapeau cachait sa chevelure.

Lorsqu'il posa son regard sur moi et qu'il esquissa un sourire, mon cœur s'arrêta de battre, il lui ressemblait tellement...

Alors alors ? Fin sadique ou pas ?

Qui est ce jeune homme mystère ?

Est-ce un revenant ?

Bella a-t-elle des allucinations ?

Est-elle en train de rêver ?

Je veux tout savoir allez cliquez sur le petit bouton bleu pour tout me dire le bon comme le mauvais !

Robisous et à bientôt !

Sabi