Coucou me revoilà avec un nouveau chapitre sous le bras !
Je sais que vous êtes tous impatients de découvrir ce cow-boy mystère avec toutes les reviews que j'ai reçues. Cela me fait vraiment plaisir et m'incite à continuer !
Je fais de gros bisous à mes TPAs chéries ( Béa j'ai pas réussi à répondre à ta review ça marchait pas !), à mes vilaines (si elles passent par ici), à mes folles de mangeuses de claviers (attention aux blouses blanches les filles !) et à toutes mes choupettes des différents forums, j'espère vous voir toutes en juillet à la convention et à l'avant première d'Eclipse !
Je voudrais remercier ma Mumu qui continue toujours à me corriger et qui fait du super boulot !
Voilà j'ai fini de blablater, je vous laisse et vous retrouve plus bas !
Bonne lecture et Robisous
Sabi
Chapitre 6 – Entre rêve et réalité.
Au contact de sa main contre la mienne je reçus comme un courant électrique qui parcourut chaque parcelle de mon être. Je levai progressivement les yeux détaillant sa tenue, il portait un déguisement de cowboy. Mon cœur commença à battre plus fort. Je continuai mon examen découvrant une bouche pleine, je me mis à déglutir. Le restant de son visage était caché par un masque et un chapeau cachait sa chevelure.
Lorsqu'il posa son regard sur moi et qu'il esquissa un sourire, mon cœur s'arrêta de battre, il lui ressemblait tellement...
Les bougies parsemées ici et là, donnaient une pénombre au centre de la piste. Toutes les chandelles des lustres n'étaient pas allumées. Cela donnait un côté intimiste à la piste de danse. Je ne pensais pas que c'était l'effet qu'avait recherché Mme Newton en faisant la décoration de cette façon mais c'était en tout cas l'effet que cela me faisait.
Ses yeux, dont l'émeraude m'envoutait, avaient la même couleur que les siens. Ce sourire charmeur était la réplique parfaite du sien. Comment était-ce possible ? Avait-il finalement un frère jumeau ? Tout en lui me rappelait Edward, mais comment cela pourrait-il être vrai, je l'avais vu à l'agonie devant mes yeux. Son père lui-même m'avait confirmé sa mort.
Il se rapprocha de moi et posa son bras autour de ma taille pour coller mon corps au sien. Je plaçai de mon côté ma main sur son épaule et il commença à me faire danser dans un rythme bien plus lent que celui que jouaient les musiciens. Sa main aux longs doigts tenait fermement la mienne, elle me réchauffait toute entière, moi, mon corps, mon cœur et mon âme.
Je pouvais deviner le contour de son visage sur lequel dansaient les ombres des bougies et même la courbe de son visage me rappelait Edward. Je maudissais ma mémoire qui à cet instant était un puits de souffrance car mes souvenirs les plus sombres remontaient à la surface. Cet homme face à moi me rappelait Edward comme jamais je ne m'étais souvenu de lui auparavant et cela faisait très mal sachant qu'il n'était plus de ce monde. Mais malgré ce que je pouvais savoir, une part de moi-même se prit à espérer qu'il soit encore en vie et en bonne santé, que l'homme qui me serrait à cet instant contre lui était bien Edward. C'était un espoir complètement fou et insensé qui m'assaillait mais je ne pouvais contrôler mon subconscient qui me jouait ce merveilleux tour.
Je n'arrivai pas à décrocher mon regard du sien, j'étais comme hypnotisée par ses prunelles vertes. Lui aussi me fixait intensément. Qui était-il ? Que me voulait-il ? Pourquoi voulait-il danser avec moi ? Pourquoi Carlisle m'avait-il confiée à lui sans aucun problème ? J'avais besoin de réponses pour comprendre ce qu'il m'arrivait et ce qu'il se passait.
Je décidai alors de briser le silence et d'en savoir un peu plus sur cet homme dont les traits me rappelaient mon amour perdu.
- Nous sommes nous déjà rencontrés ? Commençai-je par lui demander hésitante.
Il se mit de nouveau à sourire et l'effet ne se fit pas attendre. Ma respiration devint saccadée et mon cœur envoya des salves de pulsations jusque dans mes tempes. Tout en lui me faisait penser à Edward. Ils avaient les mêmes mimiques. Il était sa copie conforme mise à part la majeure partie de son visage qui était cachée.
Je restai inerte subjuguée par le charme qu'opéraient un simple regard, un simple sourire de sa part. J'avais l'impression qu'il n'y avait que lui et moi, que nous étions seuls dans une bulle, inconscients de tout ce qui nous entourait.
Nous continuâmes à danser à ce rythme pendant toute la longueur du morceau. Lorsque les dernières notes touchèrent à leur fin, il s'arrêta et s'écarta doucement de moi. Il ne lâcha pas mes yeux une seule seconde. Il prit ma main, la retourna pour déposer un baiser sur ma paume, comme l'avait fait Edward lors de notre rencontre le soir de mes noces. Tout mon corps frissonna à ce contact. Lorsqu'il lâcha ma main pour s'éloigner à reculons, j'eus comme un énorme pincement au cœur.
Il se détourna de moi et commença à fendre la foule en direction de l'une des fenêtres qui menaient dans le jardin. Le sillon qu'il avait tracé pour traverser parmi les invités s'était refermé aussitôt derrière lui. Je ne le voyais plus, il avait disparu de mon champ de vision. Je commençai à paniquer le cherchant désespérément du regard mais il s'était évanoui dans le gouffre de la foule qui me l'enlevait. Je ne pouvais pas le laisser s'éloigner ainsi sans savoir qui se cachait derrière ce masque. Il fallait que j'en eusse le cœur net même si cela devait me faire souffrir à nouveau, j'en avais besoin. Je ne pouvais pas rester dans l'ignorance.
A ce moment, la mère de Mike vint se placer devant les musiciens pour leur demander se stopper la musique afin qu'elle puisse commencer son discours. Pour l'avoir entendu le préparer l'après-midi même je savais qu'elle en avait pour un bon moment. Je remarquai qu'au même instant tous les invités avaient leur regard braqué sur elle.
Je profitai de cette occasion pour me faufiler entre les invités sans que personne ne le remarque pour gagner à mon tour la fenêtre du jardin.
Après avoir bousculé une multitude de personnes pour passer, j'accédai enfin à la fenêtre. Lorsque j'arrivai tout près de la balustrade, je cherchai dans la nuit cette silhouette qui me faisait tant rêver. La lune étant pleine, sa luminosité éclairait tout le parc. Mais mes yeux avaient beau balayer ce jardin de gauche à droite et de droite à gauche, je ne le voyais pas. Mon cœur commença à se serrer. Etait-il déjà parti ? M'étais-je trompée sur l'identité de mon cavalier mystère ? N'aurais-je jamais de réponse ? Avais-je rêvé, comme je le redoutais depuis le début ?
Les larmes commencèrent à envahir mes yeux et je ne fis aucun effort pour les retenir. Elles glissèrent sur mes joues avant de se faufiler jusque dans mon décolleté. Ma vision de la lune était complètement brouillée et m'éblouissait. Je me retournai donc pour me cacher de sa luminosité et en profitai pour essuyer mes larmes.
Je me rendis compte alors que je n'étais pas seule. Quelqu'un était adossé négligemment contre le mur sous la lumière de la lanterne juste au dessus de lui. Seul son visage était dans la pénombre, son chapeau faisant de l'ombre.
L'espoir naquit à nouveau en moi et j'esquissai un pas puis un autre pour le rejoindre. Il me regardait sans bouger, les mains dans les poches. Je m'arrêtai à quelques centimètres de lui et le détaillai à nouveau.
- Vous êtes ici. J'ai cru que vous étiez parti. Commençai-je. J'ai eu très peur car j'avais quelque chose d'important à vous demander. Poursuivis-je intimidée, ma respiration se faisait difficile.
Il se redressa et se pencha tout près de mon oreille.
- Eloignons-nous de la fête. Me proposa-t-il dans un chuchotement si bas que je ne pus percevoir le timbre de sa voix.
Il prit ma main et nous dirigea dans les longues allées du parc jusqu'à ce que la voix de Mme Newton ne soit plus qu'un murmure. Il s'arrêta au pied d'un grand chêne et lâcha ma main pour s'adosser au tronc, reprenant la même position que tout à l'heure en glissant les mains dans ses poches et en fixant ses prunelles vertes sur moi.
Il attendait que je pose ma question. C'était le moment de vérité. Mon cœur se mit à battre fortement, mes oreilles pouvaient l'entendre. Je pris une grande inspiration et me lançai.
- Il y a quelques mois, j'ai perdu une personne très chère à mon cœur dans des circonstances dramatiques, on m'a même annoncé qu'il était mort. Ma voix trembla sur ce dernier mot. Seulement ce soir, en vous voyant, j'ai cru et je crois encore le voir en vous. Je ne sais si ce sont mes yeux qui me jouent des tours ou bien si je dis vrai mais j'ai besoin de savoir qui se cache derrière ce masque. Je veux découvrir les traits de votre visage pour enlever cette part de doute qui s'est insinué en moi depuis que vous m'êtes apparu. Lui révélai-je enfin.
Qu'allait-il penser de moi. Me prenait-il pour une folle de le prendre pour quelqu'un d'autre, mort de surcroit ?
Il resta figé sans esquisser le moindre mouvement. Je poursuivis donc dans mon plaidoyer pour atteindre mon but.
- Permettez-moi de retirer votre masque pour me prouver que je me trompe et que c'était une idée complètement surréaliste. Après cela, je vous promets de ne plus vous importuner.
Je soufflai enfin, soulagée d'en avoir terminé avec ma requête. Il ne restait plus qu'à attendre sa réponse. J'avais l'impression qu'il prenait tout son temps pour me répondre et qu'il se jouait de moi en malmenant mes nerfs. Cette attente allait finir par me faire perdre patience, c'était insupportable Il hocha enfin la tête pour me donner son assentiment. J'avais son autorisation, je pouvais me lancer.
Je me rapprochai un peu plus de lui, nos corps se touchaient presque. Je tendis les mains vers son visage et j'attrapai son chapeau que je fis glisser sur son dos, il était juste retenu par une lanière à la base de son cou. Je découvris alors une chevelure tout en désordre, de couleur assez foncée. Je ne pus en voir d'avantage, la luminosité étant trop faible.
Je m'attaquai ensuite à la partie la plus importante : son masque. Mes doigts s'y posèrent de chaque côté et doucement je le fis glisser vers le sommet de sa tête pour le retirer complètement.
Il était à présent à découvert, je n'avais plus qu'à baisser les yeux et la vérité ferait jour. Mon cœur était à la limite de la rupture, ma respiration était saccadée, j'étais complètement envahie par la peur. J'avais peur de découvrir que je m'étais trompée et que tout n'avait été qu'imaginaire, j'avais peur de perdre cet espoir fou qui m'avait assailli.
Je pris sur moi en prenant une grande inspiration et je baissai lentement mon regard sur son visage. Je découvris alors ses traits si bien dessinés, il était magnifique et d'une beauté renversante. Il me sourit. Mon cœur s'arrêta soudain de battre et je me sentis défaillir.
- Mon Dieu…je dois rêver…Murmurai-je en plaquant mes mains sur ma bouche.
Il dut sentir mon malaise car il me retint de son bras qu'il posa sur ma taille.
Je ne pouvais détacher mon regard larmoyant du sien. Mes doigts se posèrent sur son visage et détaillèrent chaque centimètre qui constituait ses traits. Je ne pouvais pas ne pas le toucher. J'avais besoin de le faire pour croire en cet instant magique.
- Edward…Soufflai-je. Edward, est-ce bien toi ? Suis-je en train de rêver ? Demandai-je cherchant une solution rationnelle à l'être divin qui se matérialisait devant mes yeux.
De sa main libre, il ôta à son tour le masque qui encerclait mes yeux pour me détailler.
- Non, tu ne rêves pas, Bella, je suis là, c'est bien moi. Me répondit-il de sa douce voix de velours en esquissant ce sourire qui m'avait fait fondre au premier regard et qui me rassurait en cet instant où j'étais plongée en pleine incertitude.
L'entendre me parler, m'acheva émotionnellement et les larmes perlèrent de plus belle le long de mes joues avant que je ne fonde en sanglots en me jetant à son cou.
Il m'entoura de ses bras et me serra très fort contre lui en posant sa tête au dessus de ma chevelure pour en humer le parfum. Puis il me plaqua doucement contre l'arbre sur lequel il s'appuyait encore la seconde précédente.
Que c'était bon de se retrouver là où je n'espérai plus jamais me retrouver, dans le cocon de ses bras. Sentir la chaleur de son corps à travers sa chemise était enivrant et emplissait mon être d'un bien-être soudain. Son odeur envahissait tout mes sens et me faisait frissonner de plaisir. Quel don du ciel venais-je de recevoir, moi qui le croyais au ciel et disparu de ce monde à jamais.
- Je te croyais mort, tout le monde me disait que tu étais mort. Pleurai-je mon visage enfui contre son torse.
- Moi aussi, je me suis cru mort pendant un moment mais je suis en vie et tout va bien aller maintenant. Me rassura-t-il.
Il prit mon visage entre ses mains, essuya mes joues de ses pouces et encra son océan d'émeraude dans mes prunelles chocolat.
- Je suis tellement heureux de t'avoir enfin retrouvée. Si tu savais depuis quand je te cherche. J'ai cru que jamais plus je ne te reverrai. Je me suis même demandé si Mike ne t'avais pas tuée quelques jours après s'être débarrassé de moi. Nous ne trouvions plus aucune trace de toi.
- Tu m'as cherchée ? Repris-je surprise.
- Je n'ai fait que cela à partir du moment où j'ai pu ouvrir les yeux de nouveau jusqu'à ce que je te retrouve ce soir. Je ne vivais que pour ce moment que nous sommes en train de vivre : pouvoir te revoir, te prendre dans mes bras et t'embrasser. Murmura-t-il en se baissant pour atteindre mes lèvres que je lui tendis aussitôt avec une infinie douceur.
J'avais oublié à quel point ses lèvres pouvaient être douces. Son baiser était à la fois tendre et passionné. Je répondais avidement à l'appel de sa bouche et je me pressai contre lui voulant me fondre en lui pour ne faire plus qu'un.
Il se pressa un peu plus contre moi, m'écrasant contre lui et l'arbre mais je m'en moquai et aurai plutôt souhaité qu'il se fonde encore plus en moi. Nous glissâmes petit à petit contre le tronc pour atteindre le sol. Nous restâmes un moment ainsi, enlacés l'un contre l'autre ne pouvant détacher nos bouches et ne pouvant arrêter de nous toucher.
J'étais heureuse à cet instant et respirais le bonheur. Je n'aurai jamais cru que cela fut encore possible après tous les événements dramatiques des derniers mois. Edward était vivant et j'étais actuellement dans ses bras. En parcourant son visage de mes doigts, je remarquai une cicatrice au niveau de son sourcil droit qui le coupait en deux. C'était probablement une des marques indélébile laissée par la torture qu'il avait subit auprès de Mike et de ses sbires. Comment avait-il fait pour survivre après de telles blessures ?
Entre deux baisers, j'essayai de lui parler.
- Edward ?
- Hum…
- Comment as-tu survécu à ton passage à tabac par les hommes de mains de Mike ? Lui demandai-je dans un murmure.
Il cessa de m'embrasser et se raidit. Ses yeux s'assombrirent aussitôt et se dirigèrent vers le ciel étoilé.
- Cela n'a pas été facile mais on peut dire que la chance a été de mon côté…Sourit-il sans joie.
Flashback
POV Edward
13 septembre 1918
Tout était devenu noir, après que Mike l'ai emmenée avec lui pour se l'approprier. Je n'étais plus qu'un pantin entre les mains de ses sbires. Pourtant la souffrance physique n'était rien par rapport à ce que je ressentais en la voyant liée à jamais à cette pourriture qui l'éloignait de moi. J'étais fou de rage du simple fait qu'il puisse poser un seul doigt sur elle. Elle, si innocente, si pure, si belle entre les mains de ce monstre. J'aurai voulu la secourir et l'éloigner de lui mais j'étais impuissant face à ces quatre hommes de mains que rien n'empêcherait de parvenir à leur fin. Ce fut, finalement, la douleur physique qui me terrassa. Mon corps, ne supportant plus la torture, avait cessé de lutter entrainant mon esprit dans son abandon. Mon âme errait entre ce monde et l'au-delà. Lequel saurait me retenir ? Lequel saurait m'attirer… Tout était sombre et lumineux à la fois, j'apercevais tout au fond le bout du tunnel …le début ou la fin…
- Cela suffit, il a son compte. Déclara l'un d'entre eux.
- Emmenez-le en bas de la falaise dans les bois, on croira à une chute accidentelle. Répliqua un autre.
Ensuite tout s'embrouilla, j'avais l'impression que l'on me déplaçait. Je percevais des piétinements de sabots contre la terre poreuse. Mon corps était secoué dans tous les sens. Puis soudain on me fit glisser et je m'écroulai au sol tombant de tout mon poids. Je ne pus pousser un hurlement de douleur, tellement mon corps ne m'obéissait plus.
Tout mon être n'était que souffrance. La douleur s'insinuait partout dans mon corps, dans mon cœur, dans mon âme. Il fallait que cela cesse et que la mort m'emporte pour apaiser cette souffrance. Pourtant une chose m'intimait de me battre pour rester de ce monde.
J'ignorai combien de temps, je restais ainsi allongé au sol, sans bouger, dans cette position inconfortable telle qu'ils m'avaient jeté de leur cheval, probablement jusqu'au matin. J'étais à l'agonie et j'attendais que le trépas m'engloutisse et que cesse enfin cette souffrance.
Je perçus au loin les sabots d'un cheval, piétiner le sol jonché de feuillages. Revenaient-t-ils s'assurer que j'étais bien mort, allaient-ils m'achever. Si j'avais pu parler, je crois que je leur aurais dit moi-même que j'étais encore en vie pour qu'ils terminent leur sale besogne.
Il s'arrêta et posa pied à terre et je le sentis s'approcher de moi. Il posa ses doigts à la base de mon cou, probablement à la recherche de mon pouls.
- Est-ce que vous m'entendez ? Demanda-t-il.
J'essayai de parler mais aucun son ne sortit à part un faible gémissement.
- Au moins vous êtes vivant. Constata-t-il. Je vais vous porter et vous installer sur mon cheval, je risque de vous faire mal, je m'en excuse d'avance mais je ne peux pas vous laisser ici pour aller chercher un médecin, j'ai trop peur de vous retrouver mort à notre retour.
Il me prit sur son épaule avec, semblait-il, une aisance déconcertante puis me posa sur sa monture. Je souffrais à chaque pas que faisait l'animal pour me conduire chez un médecin. J'aurais voulu lui crier de stopper tout et d'abréger mes souffrances mais encore une fois aucun son ne sortit de ma bouche. Je ne pouvais que me contenter de subir.
Lorsqu'il s'arrêta enfin, je pus enfin souffler. Il me porta dans ses bras et tambourina avec son pied contre une porte.
- Dr Cullen ! Ouvrez-vite ! Je vous apporte un blessé grave ! Cria-t-il pour bien se faire entendre.
Ce nom crié m'apporta une once d'espoir, l'homme venait de m'amener chez mon père. Peut-être saura-t-il soulager ma souffrance rapidement.
Un verrou se fit entendre puis un grincement de porte.
- Emmett ? S'étonna une voix encore alourdie par le sommeil. Tu es bien matinal pour un dimanche matin, mais qu'est-ce…Pose-le sur la table. Lui ordonna-t-il en reprenant très vite contenance.
Il m'allongea en prenant le plus de précaution possible mais pour moi cela n'était pas suffisant, j'avais trop mal.
- Que lui est-t-il arrivé ? Questionna mon père.
- Je n'en sais rien, je l'ai trouvé au pied de la falaise dans cet état en faisant ma ronde dans les bois. Peut-être est-il tombé de là-haut. Supposa-t-il.
- C'est probable, sais-tu qui est cet homme. Lui demanda-t-il.
Je fus surpris de réaliser qu'il ne m'avait pas reconnu. Etais-je dans un état si grave que cela pour que même mon propre père ne me reconnaisse pas ?
- Non, je n'en sais rien. Faut dire aussi avec la tête toute pleine d'ecchymoses c'est difficile à deviner.
- Fais-lui les poches, peut-être que l'on trouvera quelque chose.
Pendant que mon père m'auscultait, le dénommé Emmett farfouillait dans mon pantalon.
- J'ai trouvé un document. Déclara-t-il.
- Ouvre-le et vois si un nom est noté dessus.
Il se fit un long silence avant que je n'entende de nouveau parler.
- Qu'est-ce qu'il se passe Emmett ? Pourquoi me dévisages-tu ainsi ? Qu'y-a-t-il sur ce document ? S'impatienta mon père tout en continuant à examiner mes blessures.
- Il s'agit d'un diplôme en médecine. Déglutit Emmett.
- Et ensuite ?
- Il est décerné au Docteur Cullen Edward…
Un long silence se fit avant que je n'entende du matériel tomber par terre.
- Tu dois sûrement faire erreur, donne-moi ce document. Gronda mon père. Oh mon Dieu, Edward…
Je sentis sa main effleurer mon visage.
- Edward, tu m'entends mon garçon ? S'enquit-il auprès de moi, la voix tremblante d'angoisse.
J'essayai de toutes mes forces de sortir un son mais je ne pus émettre qu'un faible râle.
- Tiens bon mon garçon, reste avec nous et bats-toi, je vais te soigner. Je vais t'injecter de la morphine pour alléger ta douleur. Tu verras cela ira mieux après.
Il ne perdit pas une seconde, et m'injecta le produit salvateur directement dans mon bras. Je sentis quelques instants plus tard, tout mon corps s'engourdir et je sombrai dans l'inconscience.
Je ne sais pas combien de temps je me trouvai entre rêves et réalité. Mon père m'injectait des quantités de morphine pour palier ma souffrance ce qui me faisait énormément dormir. Je revivais sans scène la même scène où Bella se faisait gifler par Mike, nous nous battions, j'avais le dessus et entrainais Bella avec moi vers la sortie mais les hommes de mains de Mike nous attrapaient et me tabassaient à mort. Mais contrairement à la réalité des faits, je ne perdais pas connaissance et voyais Bella qui pleurait en me voyant dans cet état. Alors Mike fou de jalousie sortait son canif et le lui enfonçait en plein cœur. NONNNNNNNNN !
Ma réaction éveilla mes blessures encore vives qui me ramenèrent à la réalité et je réalisai alors que la dernière partie de mon rêve n'était qu'un cauchemar ou tout du moins, je m'efforçai de le penser.
Le lendemain ou peut-être le jour d'après, je ne savais plus trop, je remarquai qu'il faisait jour à travers mes paupières et tentai d'ouvrir les yeux. La luminosité m'éblouit mais, j'eus l'agréable surprise de constater que je pouvais enfin voir le monde qui m'entourait. Mes yeux mirent un petit moment à s'accoutumer puis j'entendis quelqu'un s'agiter à côté de moi. Je tournai doucement la tête et découvrit un homme grand et très carré avec une musculature très imposante.
Il m'offrait un très large sourire lorsqu'il me vit.
- Hey ! Te revoilà enfin parmi nous mon ami ! S'exclama-t-il.
- Qu…qu…qui…êtes…vous ? Lui demandai-je, essayant de parler pour la première fois depuis des jours.
- Ah c'est vrai tu ne me connais pas. Je m'appelle Emmett Mc Carthy, je suis bûcheron et je surveille les bois des environs. Je suis arrivé peu de temps avant ton père dans cette bourgade. C'est moi qui t'es trouvé dans les bois entre la vie et la mort. Et j'aurais dit que tu étais plus proche de la mort. Tu reviens de loin, mon ami et ton père y est pour beaucoup, il ne s'est pas ménagé pour te soigner.
J'esquissai un léger sourire.
- M…erci. Me contentai-je de dire.
Mes yeux balayèrent la pièce à la recherche de mon père mais je ne le trouvai pas.
- Où…où est…mon…père ? Lui demandai-je.
- Oh il est parti rendre visite à l'épouse de M. Newton.
Je me figeai soudain sous sa révélation et une succession d'images se matérialisa devant mes yeux. Elle, en mariée, évoluant sur la piste au rythme de la musique. Elle et moi dans cette grange, allongé sur cette simple couverture, ses yeux chocolats me regardant avec tendresse sans aucune peur mais avec détermination et désir.
- B…Bella ?
- Oui, c'est elle, Isabelle Newton.
- P…pour…q…quoi…? M'enquis-je, ne comprenant pas pourquoi il était allé la voir.
Etait-elle blessée ? S'en était-il pris à elle ensuite ? Mon poing douloureux se referma de rage mais Emmett me sortit de ma colère en répondant à ma question.
- Et bien pendant que tu étais inconscient, la morphine t'as fait pas mal délirer et tu ne cessais de répéter le même mot.
Je ne sourcillai pas attendant la suite. Il dû remarquer mon impatience car il poursuivit.
- « Bella ». M'avoua-t-il. Voilà ce que tu répétais sans cesse. Le Docteur, ne pouvant te poser directement ses questions pour savoir ce qu'il t'était arrivé, a pensé qu'elle devait savoir quelque chose. Et puis, au fur et à mesure qu'il soignait tes blessures et qu'il constatait une quantité indéfinissable d'ecchymoses et de fractures, il en a déduit que ce n'était pas un accident et que quelqu'un était responsable de ton état. Il est alors parti à la première heure ce matin.
Si j'avais su qu'il allait là-bas, je lui aurai demandé de l'enlever et de me la ramener pour la protéger du monstre qui lui servait d'époux. La seule évocation de ce monstre me suffit à me mettre dans une colère noire.
J'essayai de relever la tête pour pouvoir me lever mais tout mon corps me fit trembler de douleur et Emmett se précipita vers moi.
- Non, non, tu ne dois pas bouger et encore moins te lever, tu es trop faible et tes plaies sont à peine refermées. Le Dr Cullen m'a ordonné de veiller sur toi en son absence et je ne veux pas qu'il te retrouve encore plus mal en point que tu ne l'es.
Il posa délicatement ses mains sur mes bras pour m'inciter à me tenir tranquille. Je me laissai faire alors et je sombrai de nouveau dans l'inconscience.
Je fus réveillé par des chuchotements. Ce timbre bas qui murmurait, je l'aurais reconnu entre mille, mon père.
- J'ai pu la rencontrer, son mari était parti chasser.
- Alors vous avez pu lui demander ? S'enquit Emmett.
- Oui, elle était complètement désemparée et tétanisée à ma venue, elle était pâle comme la mort avec d'énormes cernes qui soulignaient ses yeux si tristes. La décrivit mon père.
Malgré les propos peu rassurants de mon père, je sentis mon cœur souffler de soulagement, elle était toujours en vie contrairement à mes cauchemars et dès que je pourrais être debout j'irai la chercher.
- Vous avez pu apprendre ce qu'il s'était passé ?
- Oui. Il marqua une pause avant de poursuivre. Je sais qu'Edward a une part de responsabilité dans ce qu'il lui est arrivé mais cela n'explique en rien la barbarie dont il a été victime.
- La barbarie ? Repris Emmett interloqué.
- Le fils Newton a surpris sa femme avec Edward, le soir de son mariage.
- Votre fils et sa femme ?
- Je sais Emmett, je ne sais pas ce qu'il lui a pris de séduire une jeune mariée, il me devra des explications à ce sujet. Mais ce que Newton a décrété était vraiment monstrueux. Il a ordonné à ses hommes de le battre à mort. Voici la raison pour laquelle nous l'avons retrouvé dans cet état. Je ne pense pas qu'ils s'attendaient à ce qu'il survive à ses blessures, ils le croyaient mort lorsqu'ils l'ont abandonné au pied de la falaise et Bella le croyait mort elle-aussi.
- Elle a dû être soulagée lorsque vous lui avez dit qu'il était vivant. En conclut Emmett.
- Non, je ne lui ai rien dit, elle ne sait pas qu'il est vivant.
- Comment ? Mais pourquoi la laisser dans l'ignorance ?
- C'est la seul façon de pouvoir protéger mon fils.
- Je ne pense pas qu'elle lui veuille du mal.
- Pas elle, mais son mari.
- Elle n'en parlerait pas et garderait cela pour elle.
- Même si elle ne dit rien, je ne veux prendre aucun risque d'autant plus que sa peine ne fera que conforter Newton dans sa certitude qu'Edward est bien mort. Je…
J'émis un faible gémissement en réagissant à ce que je venais d'entendre. Je voulais manifester mon désaccord envers la décision de mon père. Pourquoi faire souffrir inutilement Bella ? Elle devait se sentir si coupable.
- Edward, mon garçon, te revoilà parmi nous. Se réjouit-il en prenant instinctivement mon pouls et en posant son stéthoscope sur mon torse endolori pour s'assurer de ma santé. Ton état à l'air de s'améliorer, comment te sens-tu ? Souffres-tu ? S'enquit-il aussitôt soucieux de mon bien-être.
- …J…rrr…m…mal. Me contentai-je de répondre après plusieurs essais pour finir par ne sortir que de faibles gémissements.
- Je vais t'injecter un peu de morphine pour t'épargner la douleur.
Je me concentrai alors et poussai de toutes mes forces sur mes cordes vocales pour protester.
- Non ! Répondis-je pour la première fois, clairement et assez fort.
Je ne voulais pas de ce somnifère qui allait me faire sombrer de nouveau j'avais besoin d'être lucide et de parler à mon père.
- Pourquoi n'en veux-tu pas, cela te soulagerait ?
- Peut-être qu'il aime souffrir. Intervint Emmett.
Je lui jetai aussitôt un regard noir.
- Pardonne-moi Edward, je ne sais pas ce que je dis. Cela fait trop longtemps que je suis enfermé ici et que je n'ai pas pris l'air. S'excusa-t-il.
Je souris faiblement pour accepter ses excuses et revins vers mon père.
- B…Bella…Me justifiai-je.
- Que veux-tu dire Edward ? Me demanda-t-il ne comprenant pas où je voulais en venir. Tu viens d'entendre notre conversation sur elle ?
J'acquiesçai faiblement d'un regard.
- Tu n'as pas à t'inquiéter pour elle, elle va bien, elle est juste un peu mélancolique et se sent responsable de ta mort mais elle est forte, elle surpassera sa souffrance.
- V..vér…rit…té. Crachai-je.
- Vérité ? Tu veux que je lui dise la vérité ?
J'acquiesçai de nouveau.
- Non Edward, personne ne doit savoir que tu as survécu à part nous trois. C'est dans ton intérêt et pour te protéger. Tant que l'on te croit mort personne de te cherchera pour venir terminer le travail. J'ai d'ailleurs rédigé moi-même l'acte de décès en tant que médecin. Tu es mort il y a 2 jours et demi, suite à une chute au bord de la falaise. Tu y resteras tant que nous n'aurons pas éclairci cette affaire. Décréta-t-il.
- V..vér…rit…té. Quémandai-je de nouveau.
- N'insiste pas Edward. C'est pour la protéger elle aussi. Dieu sait ce que Mike pourrait faire d'elle s'il savait que tu étais encore en vie.
- J…jus…ste…elle. Insistai-je.
- Juste elle, cela veut dire que je dois retourner la voir. Tu sais que je ne suis pas le bienvenu chez le fils Newton.
- S…s…plait.
Il me regarda avec reproche mais céda enfin.
- Très bien, j'irai la voir demain pour lui dire la vérité. Tu es satisfait ?
J'esquissai un sourire plus large de contentement.
- Maintenant, acceptes-tu que je t'injecte de la morphine ? Me demanda-t-il de nouveau.
Cette fois-ci j'acquiesçai et me laissai aller pour sombrer encore une fois dans le néant.
Je fus sorti de mon sommeil, le lendemain matin, par la voix inquiète de mon père.
- …elle n'était plus là…est partie…je ne sais que penser.
Les quelques brides de conversation me suffirent pour me réveiller complètement et j'ouvris grand les yeux. Etais-je encore endormi lorsque j'avais entendu mon père parler ou bien étais-ce réel ? Bella serait partie ?
- Tiens, Edward, te voilà réveillé. Remarqua Emmett qui me faisait face juste à côté de mon père.
Ce dernier se rapprocha de moi et m'examina.
- Comment te sens-tu Edward. Me demanda-t-il.
Je n'avais que faire de mon état, à cet instant, il y avait plus important.
- Où...est…Bella ? Demandai-je inquiet.
Et voilà alors pas trop sadique la fin, vous avez appris pas mal de chose dans ce chapitre et je suis sûre que beaucoup d'entre vous sont ravies !
Alors dites-moi ce que vous en avez pensé en me laissant une petite review, et n'oubliez pas review = teaser !
A très vite pour le prochain chapitre !
Robisous
Sabi
