Coucou à tous !
Bon je sais vous ne l'attendiez plus, il est pourtant arrivé : le nouveau chapitre de cette fic !
Pourquoi avoir attendu aussi longtemps pour écrire la suite me direz-vous ? Pour plusieurs raisons :
- la derrière fois que j'ai posté j'étais enceinte, j'ai donc eu un deuxième petit garçon qui a à présent 17 mois, 2 enfants c'est deux fois plus de taf à la maison (surtout des petits mecs !). Mon homme a changé de taf, du coup c'est une toute autre organisation qui s'est installée qui prend une grande partie de mon temps, il ne m'en reste que très peu pour écrire.
- j'ai mis intentionnellement cette fic de côté pendant un temps pour me consacrer à ma première fic « Et si Edward et Bella s'étaient rencontrés en 1918… », j'ai tenue à la terminer avant de reprendre celle-ci.
Mais à présent me voici prédisposée, à reprendre l'écriture et à la terminer dans un délai raisonnable.
Merci à toutes celles qui sont encore là et continuent de me suivre.
Merci à ma Mumu qui continue de me corriger.
Bonne lecture…
Chapitre 10 – Le cavalier mystère
Il élança sa monture d'un grand coup de talons. Son bras enlaçait toujours ma taille et son autre main se détacha de ma bouche pour tenir fermement les rênes.
- Dépêchons-nous. Ordonna l'autre homme. Nous avons très peu de temps avant qu'ils ne donnent l'alerte.
Sa voix me disait quelque chose, j'avais l'impression de l'avoir déjà entendue quelque part, mais où ? Je n'en avais aucune idée.
Je jetai un rapide coup d'œil en arrière et je vis que Félix relevai la tête pour nous voir nous éloigner. Le temps qu'il retourne sans cheval jusqu'à la propriété des Newtons pour les prévenir, je serai déjà loin. Mais voulais-je vraiment qu'ils me retrouvent ? A présent que mes parents avaient disparus, je n'avais plus rien à perdre. Et qui étaient ces hommes qui venaient de m'enlever ? Devais-je avoir peur d'eux ? Trouverai-je un moment pour tromper leur vigilance afin de m'enfouir et être enfin libre.
C'est ainsi que je m'éloignai, n'ayant pas d'autre choix que de suivre mes ravisseurs.
Cela faisait à peine quelques minutes que nous chevauchions mais mon esprit s'égarait déjà et divaguait au rythme du trot des chevaux. Je laissais la fatalité s'emparer de moi et me guider vers mon destin que je savais ne jamais pouvoir maîtriser. Peu importait qui étaient ces hommes qui m'emmenaient je ne savais où. A cet instant, je me moquai complètement de ce qui pouvait m'arriver. Mes parents n'étaient plus de ce monde. J'étais devenue orpheline en l'espace d'une seule nuit. Les seules personnes pour lesquelles je me battais et me sacrifiais, n'existaient plus. Encore une fois, je perdais tout. J'étais désespérément destinée à perdre tous les gens que j'aimais malgré que je fasse tout pour les protéger.
Que me restait-il à présent ? Edward ? Il était quasiment mort par ma faute et mes idées farfelues. Pour sa sécurité, il était peut-être préférable que je m'éloigne de lui. Il avait assez souffert. Même si cela me coûtait de l'accepter, je préférais le savoir en vie et loin de moi, plus tôt que mort en étant resté à mes côtés. Alors pourquoi ne pas suivre mes deux ravisseurs ? Cela avait l'avantage de m'éloigner de Mike qui ne pouvait plus exercer son chantage crapuleux sur moi. De plus, je ne pouvais pas connaître pire que ce que je venais de vivre : un mariage forcé, la mise à mort du seul homme que j'avais jamais aimé, une séquestration dans un couvent tyrannique ou les assauts d'un mari brutal ? Plus rien ne me faisait peur, alors autant me laisser aller et accepter mon sort quel qu'il fût.
Sur cette idée, je me détendis complètement et laissait mon dos se reposer contre le torse de mon ravisseur qui me tenait toujours fermement entre ses bras. Il dut apprécier ma soudaine décontraction car ses muscles se détendirent à leur tour. Le sommeil commença à s'emparer de moi, bercée par les pas réguliers de notre monture qui n'avait quasiment pas ralenti son allure. Entendre les battements de son cœur collé à mon oreille, m'apaisa d'une étrange manière. C'était comme si j'étais en sécurité avec lui et que je pouvais avoir pleinement confiance en lui alors que j'ignorai complètement qui il était.
J'avais déjà ressenti ce sentiment, deux fois seulement dans ma vie : lorsque mon père me prenait dans ses bras avec son écusson de shérif accroché à son uniforme et lorsque je m'étais trouvée dans les bras d'Edward. Je poussai un soupir d'aise et sombrai dans un sommeil profond où mon ange m'attendait comme à chaque fois que je m'endormais. Que c'était bon de le retrouver avec son magnifique sourire, ses bras grands ouverts prêts à m'accueillir et à m'enlacer. « Edward, lui murmurai-je, serre-moi fort ». Et la seconde d'après ma requête fût exaucée. Je sentis son étreinte se resserrer et il posa sa tête contre la mienne. Il huma mes cheveux ce qui me fit frissonner pour mieux me pelotonner contre lui. Puis je l'entendis me susurrer « Tu es désormais en sécurité, Bella, dors mon ange ». Et il déposa un baiser sur ma tempe.
J'étais pleinement apaisée, envahie par un sentiment de bien-être. Je l'avais retrouvé pour un temps et ne voulait plus le quitter, je souhaitai restée endormie tout le restant de ma vie blottie ainsi dans les bras d'Edward.
Des larmes coulèrent subitement sur mon visage, pourtant c'était étrange, je ne pleurai pas ou plus. Ce n'était pas moi qui pleurais, cela venait de plus haut, du ciel. Je me blottis un peu plus contre cette source de chaleur qui je l'espérai allait me protéger de la pluie.
- Il se met à pleuvoir, on ne va pas pouvoir continuer, elle va attraper la mort. Allez vous abriter dans cette grotte. Je vais faire un tour aux alentours pour chercher un abri plus grand et plus sec, de toute façon on ne devrait plus être très loin. Entendis-je proposer cette voix familière, juste avant que les bruits de sabots sur la terre humide ne décroissent pour disparaître.
Je pris alors conscience de la situation dans laquelle je me trouvais et tout me revins en mémoire y compris cette blessure dans mon cœur qui saignait et pleurait la perte de mes parents.
Je tentai d'ouvrir les yeux pour voir à qui appartenait cette voix mais je ne reconnus que le cavalier qui avait assommé Félix et Laurent. Il était déjà loin, je ne pouvais le distinguer à cette distance malgré que son visage fût désormais à découvert. Il faisait déjà trop sombre, avec tous ces nuages noirs qui chargeaient le ciel. Le jour n'allait pas tarder à faire place à la nuit.
La pluie commença à tomber de plus en plus fort. Notre cheval stoppa sous un arbre et je sentis l'homme derrière moi passer ses bras sous moi tout en glissant de notre monture. Je levai alors les yeux vers lui mais l'ombre de son chapeau masquait toujours son visage, je ne pouvais toujours pas découvrir qui était mon ravisseur. Si tôt ses pieds à terre, il s'approcha du côté le plus obscur de la forêt sans me lâcher. Où m'emmenait-il ? Que voulait-il me faire dans ces bois ?
La pluie s'intensifiait et traversait mes vêtements en quelques secondes. L'angoisse monta à une vitesse folle. Je me débattis, soudainement comme une furie pour qu'il me lâche, ce qu'il fit rapidement, probablement surpris de ma soudaine rébellion. Je tombai à terre sur les fesses mais me relevai aussitôt pour fuir aussi vite et aussi loin que possible de cet inconnu.
Pourquoi m'étais-je laissé emmener au loin avec eux, sans même avoir tenté quoi que ce soit. Où avais-je la tête ? Où m'avait-il amené ? Où pouvais-je aller ? Je tentai de courir aussi vite que possible à l'opposé de lui mais ma blessure à la cheville se réveilla et me fit grimacer de douleur.
- Bella ! Pas par là. C'est dangereux ! L'entendis-je me prévenir derrière moi de sa voix grave qui faisait écho dans ses mains autour de sa bouche.
Pensait-il vraiment que j'allais croire ses avertissements pour me ramener de force à lui ? Je poursuivis en boitillant sur un pied, la douleur augmentant à chaque pas sur cette terre qui devenait boueuse et sinueuse. Je l'entendis derrière moi, il allait vite me rattraper mais je n'abandonnai pas et tentai d'augmenter ma vitesse.
- Non ! L'entendis-je crier juste derrière moi.
C'est alors qu'en faisant un pas de plus, je me trouvai au bord d'un précipice, haut d'au moins une centaine de mètres, avec un pied dans le vide et l'autre qui me faisait souffrir atrocement. J'allai tomber, c'était certain, je ne tenais pas mon équilibre. Des images de ma vie défilèrent à une vitesse inouïe dont les derrières furent le sourire de mes parents et le visage d'Edward les yeux remplis d'amour mais aussi d'une profonde peine. Je fermai les paupières et je lui dis un dernier « je t'aime » avant de sombrer.
Mais un bras providentiel enlaça ma taille pour me ramener en arrière. Je reculai de quelques pas toujours déséquilibrée et chutai au sol, sur le dos, l'emportant avec moi dans ma chute. Je sentis son poids s'écraser sur moi et n'osai pas ouvrir les yeux. Je devinais son visage à quelques centimètres du mien, j'étais désormais sa prisonnière. Je venais d'échapper à un saut dans le vide mais pour payer quel tribut ?
Je restai figée, ne sachant quelle attitude adopter mais je ne pouvais plus fuir. Je m'attendis à être violentée d'une seconde à l'autre et priai intérieurement pour que ce fût rapide.
- Ouvre les yeux, Bella. L'entendis-je me dire de sa voix de velours.
De velours ?
Mes yeux s'ouvrirent alors brusquement et se perdirent dans cet océan d'émeraude qui sublimait ses yeux. Il était là, à quelques centimètres de mon visage. C'était lui. Il m'avait sauvée.
- Edward !
Je m'accrochai désespérément à son cou à la fois soulagée et émue de le retrouver. Ses bras m'enlacèrent pour resserrer son corps contre le mien. Puis il releva la tête et fondit sur mes lèvres pour m'offrir un baiser plein de passion auquel je me soumis avec bonheur et beaucoup de soulagement.
- J'ai cru te perdre en te voyant te lancer de cette falaise, mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? Me demanda-t-il complètement perdu en quittant mes lèvres, les yeux plein de souffrance.
- Oh Edward, si tu savais, j'ai eu si peur qu'il me violente ! Lui confiai-je incapable de contenir mes émotions et mes larmes.
- La, la, chhhh, je suis là, tu n'as plus rien à craindre. Me rassura-t-il en caressant mes cheveux et déposant un baiser sur mon front. Mais de qui parles-tu ? Qui a voulu te violenter ? Newton ? Me demanda-t-il en fronçant les sourcils et se redressant.
- Non, l'homme qui m'a enlevé et qui me poursuivais…Je me relevai à mon tour et scrutai les alentours à sa recherche. Où est-il ?
- Bella ? Mais c'est moi qui t'ai enlevée. M'avoua-t-il d'un ton calme, son visage s'étant détendu pour me sourire.
- Comment est-ce possible ?
- Je pensais que tu avais deviné que c'était moi, puisque tu as prononcé mon nom et m'a demandé de te serrer plus fort. Je n'ai donc pas pris la peine de nous arrêter pour te rassurer, sinon crois-moi bien que je l'aurais fait dès que nous aurions eu assez de distance entre toi et les hommes de Newton. Ensuite, tu t'es assoupie, je n'ai pas voulu te réveiller.
J'écarquillai les yeux et approchai ma main pour frôler sa joue.
- C'était toi ? C'était réel ? Je pensais que tu étais un rêve.
Il sourit
- Arrête de penser que je suis un rêve à chaque fois que j'apparais dans ta vie. Je suis bien réel et près de toi à cet instant présent. Tu n'as pas à en douter. Me dit-il son regard pénétrant le mien pendant que ses doigts couraient sur ma joue pour glisser une mèche de mes cheveux derrière mon oreille.
J'emprisonnai sa main dans la mienne pour presser mon visage plus intensément et ressentir tout sa chaleur et sa présence. Il était bien là. La chance venait-elle de tourner enfin en ma faveur ? Le destin avait-il enfin décidé de me ficher la paix ?
- Merci…Soufflai-je comme pour moi-même, ou à l'attention d'une quelconque aide divine, ou bien simplement à l'attention d'Edward.
- De rien, me répondit-il juste avant de plaquer ses lèvres possessives sur les miennes. Désormais tu ne seras plus jamais seule sans défense, je serais là pour te protéger, personne ne te touchera jamais plus. Me susurra-t-il déterminé entre deux baisers.
Puis il rompit notre étreinte bien trop tôt à mon goût et se mit debout. Il me tendit la main pour m'inciter à faire de même.
- Ne reste pas sur le sol boueux, tu vas attraper froid.
- Je suis déjà trempée jusqu'aux os, je ne vois pas ce que cela va changer de plus. Dis-je en posant ma main dans la sienne qu'il tira.
Ma cheville devint de nouveau douloureuse mais je me contins et enfouis ma douleur au plus profond de mon être.
Il garda ma main prisonnière et m'incita à le suivre.
- Viens, allons nous mettre à l'abri en attendant le retour d'Emmett.
- Emmett ? M'arrêtai-je soudainement. Tu veux dire que l'homme qui t'accompagnait c'était lui ?
- Oui bien sûr que c'était Emmett. Tu sais depuis qu'il m'a trouvé à l'article de la mort dans les bois, nous ne nous quittons presque plus.
- C'était donc lui, la voix familière, songeai-je à voix haute.
J'étais loin d'imaginer que mes deux ravisseurs étaient en fin de compte, les deux êtres qui n'avaient jamais cessé de me chercher pendant toute ma période enfermée au couvent : Edward et Emmett.
Edward nous trouva un petit abri dans le renfoncement d'un rocher, une petite grotte.
- Attends-moi, ici je vais chercher une couverture dans la sacoche, ne bouge pas. M'ordonna-t-il en lâchant ma main délicatement.
- Je n'ai l'intention d'aller nulle-part sans toi, Edward. Lui confiai-je obéissante.
Il fit quelques pas en arrière, en me souriant de ce sourire qui faisait chavirer mon cœur, avant de se retourner pour rejoindre sa monture.
Il ne s'éloigna que quelques secondes et fût de retour à mes côtés très rapidement. Il me regarda intensément de la tête aux pieds avant de me demander :
- Retire ta robe et ta chemise, avant que ta peau ne soit transie de froid. Je vais t'envelopper dans cette couverture pour te réchauffer.
J'obtempérai de suite et levai les bras vers l'arrière de ma nuque. Je me rendis compte alors d'un problème, qui se révéla ne pas en être un…
Je me retournai, lui présentant mon dos.
- Peux-tu m'aider à défaire le lacet de ma robe ?
Il s'approcha.
- Bien sûr, murmura-t-il juste derrière moi, ses lèvres effleurant la base de mon cou. Tiens-moi juste la couverture. Me demanda-t-il en passant ses bras autour de ma taille.
Je m'en saisis et sentis ses doigts s'affairer avec douceur le long de ma colonne vertébrale, faisant frissonner chaque parcelle de ma peau qui réagissait au moindre effleurement.
Ma robe tomba lentement de ma poitrine à mes hanches, pour finir sa course à mes pieds, ma chemise suivit le même chemin quelques secondes après. Les mains chaudes d'Edward se posèrent sur mes épaules et glissèrent le long de mes bras jusqu'à emprisonner mes mains. Sa tête se posa sur la mienne et je le sentis humer ma chevelure.
- Comme tu m'as manqué. Susurra-t-il enlaçant mon corps de nos bras.
Je me laissai aller contre lui, fermant les yeux, savourant mon corps collé au sien, mon dos contre son torse, mes hanches contre les siennes. Seigneur, quel bien fou cela faisait de se retrouver là où l'on souhaitait être depuis cela semblait être des siècles.
Je relevai la tête et l'inclinai légèrement pour voir son si beau visage. Mon regard heurta le sien qui était si profond, prouvant l'intensité de sa déclaration.
J'accrochai ma main à son cou et me hissai sur la pointe des pieds pour atteindre sa bouche. Au premier effleurement, je me retournai entièrement pour approfondir notre baiser auquel il répondit avec ardeur encadrant mon visage entre ses mains. J'étais aussi avide de ses lèvres qu'il l'était des miennes. Dans cet échange passaient tous nos sentiments et nos émotions : la joie comme la peine, l'euphorie comme la colère, la passion comme la souffrance… Nous devenions possessifs l'un envers l'autre car malgré nos retrouvailles, sommeillait, en nous, la crainte de se perdre à nouveau.
Comme s'il avait eu la même pensée que moi, il ajouta.
- A présent que je t'ai enfin retrouvée, je te garde avec moi à jamais, tu es mienne et je suis tien. Déclara-t-il.
- C'est tout ce que je souhaite aussi Edward.
Il me sourit, ses yeux se plissant en même temps que ses lèvres s'étiraient : il était heureux en cet instant, sous cet abri de fortune, un déluge de pluie tombant à quelques centimètres de nous. Mais peu importait, rien de comptait à part lui et moi à cet instant si intense et intime.
Alors que je me noyai dans l'océan de ces yeux, il me prit la couverture que je tenais encore de ma main libre et m'enveloppa à l'intérieur.
- Emmett ne devrait pas tarder à revenir. Tu seras bientôt à l'abri et au chaud.
- Je le suis déjà, lui répondis-je en me pelotonnant un peu plus contre lui, ce qui le fit sourire.
- C'est vrai. En convint-il.
Ces retrouvailles étaient une bénédiction après la journée que j'avais vécue. Elles auraient été parfaites si mon cœur ne saignait pas, si je ne souffrais pas terriblement de la perte de mes parents. Une larme s'échappa de mon œil pour rouler sur ma joue et disparaître dans mon cou. Je fermai les yeux comme pour fuir cette souffrance et me concentrait sur les battements de cœur d'Edward qui me rassuraient et m'apaisaient.
- Viens, assied toi, tu vas pouvoir te reposer un peu. Me proposa-t-il en me montrant une roche plate incrustée dans le sol.
J'obtempérai, mais lorsque je me penchai, ma cheville m'envoya une foudroyante décharge de douleur me faisant brusquement tomber sur le côté de ma hanche contre la dureté de la roche.
- Ah ! Criai-je, ne pouvant plus me contenir.
- Bella, qu'est-ce que tu as ? S'inquiéta immédiatement Edward.
- C'est ma cheville, elle me fait de nouveau souffrir, j'ai l'impression qu'elle est plus douloureuse que le jour où je me suis enfuie du couvent.
- Laisse-moi regarder. Me dit-il en prenant mon pied entre ses mains à genoux devant moi.
Il effleura ma cheville du bout de ses doigts habiles.
- Mon père t'avait conseillé de te ménager ?
- Oui.
- Mais cet imbécile de Newton n'en a fait qu'à sa tête ! Gronda-t-il. Il pressa un peu plus sur mon pied. Ta cheville est à nouveau déboitée, Bella.
Il me regarda, confus.
- C'est en voulant m'échapper tout à l'heure, que tu t'es de nouveau blessée, n'est-ce pas ?
- Oui, je crois. Lui répondis-je hésitante.
Il semblait fautif.
- Edward, tu n'es pas responsable. Ma cheville était fragile, je ne me suis pas ménagée, ce n'est pas surprenant qu'elle ait lâché au moindre effort. Tentai-je de le rassurer.
Il ferma les yeux et inspira, puis les rouvrit.
- J'aurais dû m'arrêter et te rassurer. S'insista-t-il.
- Edward, je…
Il me fit taire en posant son doigt sur ma bouche.
- Je veux te protéger, j'ai failli dans ma tâche, il n'y a rien d'autre à justifier ou à défendre, mais je te promets que je ne faillirai plus. Me jura-t-il puis revenant à ma cheville. Tu es prête ?
Je hochai la tête incapable de répondre, terrorisée à l'idée de souffrir encore comme la dernière fois que Carlisle me l'avais remise.
- N'est pas peur, mon amour, je serai doux. Me dit-il en encrant ses yeux dans les miens.
Il posa mon pied sur son genou le tenant de ses deux mains tout en le caressant sans me lâcher du regard. Je restai stupéfaite par ce que je venais d'entendre…« mon amour ».., il m'avait appelé « mon amour »…
- Et voilà ! Me dit-il, juste après que j'ai senti ma cheville bouger mais sans douleur.
- Tu as terminé ? M'enquis-je surprise. Je n'ai rien senti !
- Normal, c'est parce que tu es entre les mains d'un bon médecin. Me dit-il faussement fier de lui.
- Oh c'est vrai j'oubliai presque que tu étais médecin, toi aussi. Réalisai-je.
- Et surtout, tu dois ménager ta cheville, interdiction de courir ! C'est le conseil de ton nouveau docteur.
- Très bien Docteur, je vais essayer de vous écouter. Suis-je ta première patiente ? M'enquis-je.
- Depuis que je suis diplômé ? Oui.
Je lui souris fière d'être la première personne qu'il soignait.
Il ouvrit son grand manteau et déchira le bas de sa chemise pour l'utiliser comme bandage autour de ma cheville. Il me fit faire un ou deux allers-retours pour contrôler que ma cheville était bien remise et que son bandage était sûr.
Des bruits de cavalcade nous sortirent de notre cocon. Edward dans un geste protecteur me fit passer derrière lui, faisant de son corps un barrage pour me protéger de tout danger qui pourrait surgir.
Au loin deux cavaliers apparurent derrière les fourrés et se rapprochaient à très grande vitesse. Edward serra fort ma main sans les lâcher une seule seconde du regard. Il était prêt à tout pour me défendre, cela se sentait dans tout son corps tendu à l'extrême.
Puis soudain, sa main se détendit ainsi que le reste de son corps.
- Tout va bien, c'est Emmett. Et il ne vient pas seul. M'informa-t-il.
- Qui l'accompagne ?
- Une surprise pour toi. Me dit-il, se retournant pour me sourire.
- Pour moi ? M'étonnai-je.
Je focalisai alors mon regard sur le fameux cavalier. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait mon cœur battait de plus en plus vite et mes yeux s'écarquillaient.
- Mon dieu…ce n'est pas possible…murmurai-je la gorge nouée, les mains plaquées sur ma bouche.
- Bella, je suis désolé de t'avoir fait subir une telle souffrance mais c'était la seule solution. Entendis-je Edward s'excuser à mes côtés, mais ses paroles ne prirent pas de sens dans ma tête car j'étais complètement focalisée sur le cavalier qui venait de stopper sa monture juste à côté d'Emmett.
Il mit un pied à terre, retira sa capuche et se retourna vers nous.
- Papa ! Criai-je en le reconnaissant pleinement.
Je lâchai la main d'Edward pour agripper ma couverture qui me recouvrait et me précipitai dans les bras protecteurs de mon père que j'avais cru ne jamais pouvoir retrouver un jour.
- Bella, ma chérie ! M'accueillit-il en refermant ses bras.
Un flot de larmes se déversa sur mes joues mais à contrario de l'instant précédent, c'était des larmes de joie : mon père était vivant !
Mais une question vint très vite s'imposer dans mon esprit.
Je m'écartai légèrement de lui pour lui demander sans plus attendre.
- Et maman ? Que…
- Elle va bien aussi, elle a hâte de te retrouver aussi. Me confia-t-il ému de nos retrouvailles.
Un grand soulagement s'insinua en moi et je pus enfin sourire pleinement. Pour la première fois depuis de nombreux mois, j'étais comblée de bonheur. Je retrouvais tous les gens que j'aimais sans aucune ombre qui planait au-dessus de nous, sans aucun poids, ni aucun fardeau à porter.
Je laissai exploser ma joie en même temps que mes sanglots et j'enfouis mon visage contre l'épaule rassurante et réconfortante de mon père.
- Chef Swan, nous ne devons pas nous attarder ici, la pluie a cessé, il nous faut reprendre la route pour nous mettre à l'abri d'éventuels poursuivants. Intervint Edward.
- Oui vous avez raison, il nous faut quitter les lieux au plus vite, allez en selle. Approuva le shérif qui sommeillait en mon père.
Au moment où nous rejoignions nos montures, il remarqua.
- Il nous manque un cheval pour Bella.
- Ne vous inquiétez pas pour elle, je la prends avec moi sur ma monture.
Mon père releva un sourcil de surprise, me détaillant de la tête au pied. Je me mis à rougir en réalisant que j'étais toujours nue sous ma couverture qui ne dissimulait pas mon épaule. Mais il ne fit aucune remarque et se contenta d'acquiescer d'un « hum hum » puis monta sur son cheval.
Edward revint à mes côtés et remonta la couverture sur mon épaule avant de m'emporter dans ses bras. Il m'assit sur sa monture, rangea mes vêtements mouillés dans la sacoche et sauta lestement juste derrière moi. Il se saisit des rennes d'une main et me colla contre lui contre de l'autre.
- On y va ! Cria-t-il.
Emmett prit la tête du convoi alors que mon père le refermait.
- Où allons-nous ? M'enquis-je.
- Dans une auberge, juste après les bois, nous y rejoindrons Madame Swan. Me répondit Emmett avant de se tourner vers moi avec un grand sourire. Je suis très heureux de te revoir enfin Bella.
Je lui souris à mon tour.
- Moi aussi, je suis heureuse de vous revoir Emmett.
Sur ces mots il donna un coup de talons sur les flancs de sa monture et accéléra pour nous guider au fin fond de la forêt.
Edward le laissa prendre un peu de distance en reconnaissance, nous donnant un petit instant d'intimité entre lui et moi sachant que mon père n'était pas loin derrière.
- L'incendie dans la grange et dans la maison de mes parents, c'était toi, n'est-ce pas ? Lui demandai-je reformant petit à petit les pièces du puzzle des derniers événements.
- Oui, comme je te l'ai dit, c'était la seule solution, pour te délivrer de Newton. Je ne pouvais supporter l'idée de te laisser à ses côtés, qu'il te touche… alors quand je me suis éclipsé juste au moment où il est entré dans la chapelle, je me suis caché dans la grange. C'est lorsque j'ai mis la main dans ma poche et que j'ai trouvé mes allumettes que l'idée est apparue. « Voilà qui allait occuper Mike une bonne partie de la nuit. » Ricana-t-il.
- On peut dire que ton plan a très bien fonctionné. Il était dans une colère noire quand il a vu la grange en flamme. Lui confiai-je.
Je souris en revoyant les images de Mike furieux, il n'avait eu que ce qu'il méritait. Je relevai les yeux vers Edward et remarquai qu'il était sérieux.
- Qu'y-a-t-il ?
Il baissa les yeux vers moi où je voyais de la souffrance mélangée à de la colère se dessiner.
- T'a-t-il touchée la nuit dernière? Me demanda-t-il la voix rauque.
Mon sourire se fana aussi et je baissai les yeux.
- L'ordure, je vais le tuer ! Grinça-t-il son poing serrant les rênes. J'ai échoué, je n'ai pas réussi à te délivrer à temps !
- Attends Edward. Le stoppai-je en relevant les yeux vers lui. Oui, il m'a touchée et ma peau se glace d'horreur sur ce souvenir mais grâce à ton intervention, il n'a pas pu aller jusqu'au bout. Il ne m'a pas prise. Je n'ai pas été souillée par lui. Tentai-je de le rassurer en prenant conscience de toute la culpabilité qu'il ressentait.
- Est-ce vrai ?
- Oui, bien sûr, j'ai toujours appartenu à un seul et cet homme c'est toi. Lui confiai-je ma main caressant sa joue.
- J'aurai tellement préféré qu'il ne pose pas un seul doigt sur toi, j'aurais dû faire plus et...
Je posai mes doigts sur ses lèvres l'incitant à se taire. Il s'arrêta net mais son regard en disait bien assez.
- Edward, ne t'en veux pas. Tu m'as évité le pire. Ce que j'avais toujours cru impossible depuis le jour où Mike avait décidé de m'épouser. Tu as failli payer de ta vie le fait de m'avoir approché et…et déflorée. Tu en as fait bien assez, même trop, pour une fille que tu connais à peine.
- Je te connais bien assez pour savoir que désormais tu seras toute ma vie.
Je lui souris et m'apprêtai à poser mes lèvres sur les siennes quand je croisai le regard de mon père. Je m'arrêtai net et me replaçai correctement sur ma monture, Edward ne fit aucune objection même s'il avait remarqué mon changement de comportement.
Cette fois-ci, je voulais faire les choses correctement avec mon père, comme cela aurait dû se passer s'il n'avait pas été victime du chantage de Mike. Je voulais lui présenter Edward dans les formes, lui prouver nos sentiments réciproques. Lui montrer qu'il pouvait avoir confiance en lui, que je pourrais être heureuse avec lui et qu'il sache que je serais en sécurité avec lui. Je ne voulais pas qu'il se sente inutile en tant que père que je savais très protecteur.
Nous fîmes le reste du court trajet en silence. Nous arrivâmes à l'auberge dont Emmett avait parlé, tout semblait calme. Edward se pressa de descendre de son cheval pour ensuite me tendre les bras et posa ses mains sur mes hanches. Je me laissai aller et glisser le long de son corps, mes yeux dans les siens, avant de poser pied à terre.
Edward se détachait à peine de moi que j'entendis crier mon nom.
- Bella !
Je levai les yeux par-dessus l'épaule d'Edward et aperçu ma mère qui courait droit vers moi. Je m'avançai vers elle, boitillant, tenant fermement ma couverture, et nous nous jetâmes dans les bras l'une de l'autre.
- Maman !
- Oh ma chérie ! J'ai eu si peur pour toi ! Je suis si heureuse de te retrouver saine et sauve.
- Moi aussi je suis si heureuse de te retrouver en vie. …Merci. Soufflai-je à la petite étoile au-dessus de ma tête qui s'était enfin décidée à me donner du bonheur.
Elle desserra l'étau de ses bras tout en me gardant contre elle.
- Merci, à vous Edward et Emmett de nous avoir ramené notre fille. Vous avez tenu votre promesse.
Ils hochèrent tous les deux la tête acceptant ses remerciements.
- Vous avez l'air de bien vous connaître. Remarquai-je.
- Et bien disons qu'on a appris à se connaître rapidement lorsqu'ils ont décidé de brûler notre maison !
- Oh …Souris-je gênée.
- Mais sans hésitation, je referai brûler ma maison. Ils avaient un très bon motif : ta liberté, ma fille. Me dit-elle les larmes aux yeux, sa main caressant mes cheveux comme elle l'avait toujours fait depuis ma plus tendre enfance.
- Ma liberté, mais votre disparition pour tous les gens que vous aimiez. Lui rappelai-je en me détachant d'elle.
- C'est un sacrifice qui en valait le coup, nous aurions préféré faire croire à ta mort aussi mais nous manquions de temps. Il est fort probable que Mike ne va pas lâcher de sitôt les recherches qu'il a déjà dû entamer pour te retrouver.
- Je sais, il ne s'avoue jamais vaincu.
- N'ayez aucune crainte madame Swan, tant que je vivrai, il ne la touchera plus, je la protégerai. Intervint Edward en me rejoignant.
- Pourquoi faire tout cela pour Bella, après tout, vous la connaissez à peine, si je me souviens bien vous ne l'avez vu qu'une seule fois, c'était le jour de son mariage. Remarqua mon père plutôt méfiant.
Edward ne lui avait pas raconté notre histoire. Cela valait mieux s'il ne voulait pas frôler la mort une seconde fois.
- Papa…
- Non, Bella, ce n'est rien. Un père a bien le droit de protéger sa fille surtout après qu'elle ait vécu l'enfer avec un homme qui ne l'a jamais mérité. Me coupa Edward. Shérif Swan, nous manquons de temps pour que je puisse m'expliquer mais sachez pour le moment que votre fille compte énormément pour moi et que pour rien au monde je ne lui ferai de mal, plutôt mourir. Lui confia-t-il déterminé.
- Je suis curieux de connaître vos intentions la concernant, vous savez que malgré sa pseudo liberté, elle reste une femme mariée. Souligna-t-il.
- J'en suis totalement conscient et c'est une situation que je corrigerai un jour ou l'autre. J'aimerai beaucoup poursuivre cette conversation mais le temps nous rattrape et il nous faut repartir au plus vite.
- Nous repartons? M'enquis-je.
- Plus nous mettrons de distance rapidement entre toi et Mike, plus ses chances de te retrouver s'amenuiseront. Nous allons partir en fiacre d'ici une ou deux heures. Le temps de trouver un cocher qui accepte de nous emmener et des vêtements propre pour toi. Me dit-il dans un murmure. Puis nous rejoindrons mon père, Alice et Rosalie qui ont une bonne longueur d'avance.
- Je vais revoir Alice et Rosalie. Me réjouis-je.
- Si tout se passe comme prévu, tu seras à leur côté demain soir. Me promit-il.
Bon voilà la plupart d'entre vous avaient trouvé qui étaient les cavaliers mystères et pourquoi ils avaient agi ainsi.
Je vous dis à très bientôt pour la suite qui est déjà en partie écrite.
N'oubliez pas une petite review ou commentaire pour me donner votre avis !
Gros bisous
Sabi
