Ciao !
Merci à tout ceux qui commentent, follow, favorite cette petite histoire, que vous ayez un compte ou pas, ça fait waaahou dans ma poitrine :)
Apple : Ah ! L'une de tes théories n'est pas fausse ! Enfin je ne spoilerai rien... Ca arrivera bien assez vite ;)
Captainbell : Eh oui ! La Calie qui dit toujours Monsieur monsieur ça doit être insupportable au bout d'un moment. Elle nous cache des choses la petite ! Peut-être que ce chapitre éclaircira tes pensées...
Bonne lecture :)
Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz
Calie sort tout droit de mon pays imaginaire personnel. Enfin, presque...
Chapitre 3 : Dans un autre monde
Comme tous les matins, Calie se réveillait avant le soleil. Elle se tordait dans son lit pour éteindre le réveil dont elle trouvait la sonnerie affreuse et désagréable. La chambre du Granny était plutôt mignonette mais petite. La route passait juste en bas et les phares des voitures traversaient facilement les rideaux fins. La chambre ne disposait pas de tout le confort que Calie aurait souhaité mais l'alléchante odeur du café dès 5h30 du matin effaçait ces défauts.
Comme tous les matins, la blonde se levait, farfouillait dans son sac à main et sortait un petit flocon cylindrique orangé. Elle engloutissait un cachet blanc avant de se préparer. Au moins, le petit déjeuné était inclus, et Granny faisait les meilleurs pancakes qu'elle n'ait jamais goûtés. Calie s'asseyait à la même table, commandait la même chose, à la même heure. Autour d'elle, les mêmes visages de jour en jour. Chacun à sa place habituelle, chacun semblant ne pas se soucier d'elle. Elle était comme transparente.
Mais pas comme tous les matins, un petit garçon s'assit en face d'elle. Il était bien tôt mais il était déjà debout.
« Tiens, je t'ai jamais vu ici toi.
- Je ne suis pas là depuis bien longtemps.
- Comment tu trouves Storybrook ? »
Le petit garçon s'aperçu que Calie était un peu étonnée. Après tout, personne ne venait lui parler le matin. Les deux seules personnes à qui elle s'adressait dans la journée étaient Jefferson et une jeune femme répondant au nom de Ruby, sa serveuse de pancake. Cette dernière apporta un chocolat chaud parsemé de cannelle au petit brun.
« C'est… sympa. »
Ces mots semblaient sortir bizarrement de sa bouche comme si elle ne les pensait pas du tout. Le garçon tordit la bouche. Il avait l'impression de déranger la blonde alors il se tut et amena la tasse chaude à ses lèvres. Après quelques instants il sortit de son sac un grand livre en format paysage, l'étala sur la table et commença à le lire en gardant bien ses mains au chaud sur la tasse. Calie avala un pancake avant d'oser lui parler à nouveau.
« Qu'est ce que c'est ? demanda-t-elle en désignant le livre.
- Juste des contes de fée.
- Vraiment ? De quelles histoires il parle ?
- Ce n'est pas des histoires très connues. »
Le brun avait abrégé la conversation et Calie replongea dans son assiette avec regret. Pour un premier contact humain autre que Jefferson et Ruby, c'était plutôt raté. Lorsqu'elle releva les yeux, elle vit le petit garçon la dévisager.
« Pourquoi t'es venu ici ?
- Pardon ?
- Pourquoi t'es venu à Storybrook ? »
Calie était un peu déstabilisée. Il paraissait très sérieux et elle avait l'impression d'être à un interrogatoire de police.
« Heu… Je me suis enfuie en quelque sorte, hésita-t-elle.
- D'accord, mais pourquoi ici ? Pourquoi Storybrook ?
- Je ne sais pas, j'ai juste conduit plusieurs centaines de kilomètre et j'ai décidé de m'arrêter dans cette ville.
- Mais pourquoi ?
- J'en sais rien, au hasard ! »
Ah, les enfants. Toujours là pour poser des questions enquiquinantes. Toujours là pour demander le pourquoi du comment. Mais le brun semblait convaincu de la dernière réponse de Calie.
« Moi c'est Henry.
- Calie.
- Ca raconte l'histoire de tous les personnages de conte de fée. Il y a Blanche-Neige, la belle au bois dormant, Mulan, Cendrillon, Robin des bois, et plein d'autres. Mais ce ne sont pas les histoires traditionnelles. Dans ce livre, la Méchante Reine n'est pas morte et elle veut encore se venger.
- Ok, donc c'est une espèce de remix de conte…
- Oui, mais il y a plus que ça.
- C'est-à-dire ?
- La Méchante Reine a décidé de se venger d'une manière bien particulière, raconta-t-il en retournant le livre face à Calie pour qu'elle puisse regarder les images correspondantes. Elle a jeté une malédiction sur toute la Forêt Enchanté condamnant tous les habitants, elle y comprit, à vivre sans mémoire dans un monde sans magie où les fins heureuses n'existent pas.
- Ça c'est diabolique. Et comment l'histoire finit ?
- Hum… Je ne pense pas que tu sois prête pour ça.
- Pas prête ? ria-t-elle. T'as commencé alors tu devrais finir de me raconter cette histoire.
- T'as pas un meilleur argument ? T'es pas très convaincante. »
Calie s'affala sur sa chaise. Elle venait de se faire remballer par un gamin de 10 ans. C'est du moins l'âge qu'elle lui donnait.
« Elles les auraient envoyé… Au pays imaginaire ? Oui, je suis désolée, mais à chaque fois que j'ai regardé Peter Pan je trouvais cette île plus démoniaque que merveilleuse et pourtant j'étais une gamine quand j'ai vu le dessin animé. »
Le garçon rigola.
« Ecoute il faut que j'aille travailler…
- Il y a de la magie au pays imaginaire, faut revoir tes classiques. Moi je pensais plutôt à un monde comme le notre.
- Je vais y réfléchir », s'amusa la blonde.
Elle lui laissa son dernier pancake et fila dans sa petite voiture bleue. Après avoir dépassé la mairie et le Rabbit Hole, elle s'enfonça dans la forêt vers le manoir.
Jefferson lisait tranquillement un livre sur le canapé du salon blanc. Ce matin là était différent. Il avait bien regardé sa petite Grace partir à l'école mais il s'était retrouvé tout seul lorsqu'il était descendu au rez-de-chaussée. Calie arrivait toujours à l'heure et les quelques minutes passées à l'attendre, assit devant sa tasse de thé vide, s'étaient avérées d'une longueur interminable.
Il crut dans un premier temps qu'elle ne viendrait plus, qu'elle l'avait abandonné dans son miséreux manoir avec sa folie et sa vaisselle cassé. Puis, une once d'optimisme l'avait gagné. Il s'était dirigé vers la cuisine et avait mit l'eau à chauffer. Ensuite, il s'était réfugié dans le salon blanc avec un bon livre qu'il avait déjà parcouru une vingtaine de fois.
Finalement, une portière claqua et au bout de cinq minutes, Calie apparu avec une tasse et une théière.
« Veuillez excuser mon retard, Monsieur. »
Jefferson ne répondit pas mais pour lui elle était déjà pardonnée. Elle était restée, c'est tout ce qui comptait.
Le brun regarda sa domestique lui verser du thé. L'épisode de la veille l'avait travaillé pendant la nuit. Il n'avait pas été perturbé par leur baiser mais plutôt par le comportement sans véritable sens de Calie. Une farandole de question dansait dans sa tête. Ces longues heures de réflexion l'avaient mené à un plan et il avait décidé de le mettre à exécution lorsque Grace serait couchée.
Le repas avait été délicieux. Comme toujours. Jefferson commençait à penser que Calie était une fée du logis. Il s'essuya la bouche discrètement avec la serviette de table pendant que sa domestique débarrassait. Une fois tous les couverts dans l'évier, la blonde ouvrit le robinet pour faire la vaisselle. Une main se posa sur sa hanche, la poussant avec légèreté à l'opposé de la fontaine d'eau.
« Laissez Calie. Allez vous assoir dans le salon, je vais faire du thé.
- Mais…
- Pas de mais, vous avez besoin de repos. »
La jeune femme n'osa pas contredire son patron une deuxième fois et obéit à contre cœur. Elle s'installa dans le canapé que Jefferson aimait le moins pour lui laisser son préféré. Les mains sur les genoux et le dos droit, elle attendait patiemment le brun. Pendant que l'eau chauffait, le chapelier saisit une éponge et commença à faire le boulot de Calie. Cette dernière tordit le nez dans l'autre pièce en le voyant faire.
Clic. Le liquide chaud versé dans les tasses, Jefferson en tendit une à sa domestique qui le remercia d'un sourire coincé. La conversation était pauvre. Voir inexistante. Ils savouraient chacun le thé réchauffant leur corps à leur manière : l'un regardait l'horloge, inquiet comme toujours, l'autre fixait la table basse gênée par la situation.
Calie ferma les yeux et les rouvrit avec difficulté. Elle affrontait son mal de tête les sourcils froncés et posa sa tasse avant de faire une gaffe qui bousillerait plusieurs heures de son temps pour ravoir le tapis à ses pieds. Ses yeux se fermèrent à nouveau et elle les écarquilla aussitôt pour les forcer à rester ouvert. Mais rien n'y faisait.
« Quelque chose ne va pas Calie ? »
Troisième fermeture-ouverture des paupières.
« Calie ?
- Je… Je ne me sens pas très bien… confia-t-elle avant de se lever du canapé. Je devrais peut-être rentrer. »
Sa tête tournait à présent pour de bon. La pièce semblait tourner aussi, enfin elle ne savait plus qui ou quoi tournait. Son regard avait du mal à trouver un point fixe pour se stabiliser.
« Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. »
Jefferson se leva pour rattraper la jeune femme au moindre vertige. La main de Calie se posa sur son torse pour stopper son geste mais déjà le haut de son corps commençait sa chute. Le chapelier la retint avant qu'elle ne heurte le sol et l'allongea sur le canapé qu'elle venait de quitter. Il s'assit à ses côtés et essaya de saisir son regard encore perturbé et divergent.
« Tout va bien ? »
Le visage de Calie passa de l'incompréhension à une joie euphorique en un instant. La jeune femme se mit à rire bêtement en acquiesçant et Jefferson sourit. C'était parfait, exactement ce qu'il voulait.
« Dites-moi Calie, je me demandais… D'où venez-vous ?
- Wou, la curiosité est un vilain défaut Jefferson ! »
L'homme rit en voyant la blonde se tortiller sur le canapé. Le simple fait qu'elle prononce son prénom affirmait qu'elle était dans un état second.
« Vous savez, c'est l'ennui qui vous mène à tant de curiosité, c'est comme si c'était son remède. Mais le problème, c'est que la curiosité n'en a pas.
- Une vraie philosophe quand vous êtes droguée…
- Comment ça droguée ?
- Pardon ?
- Quoi ?
- Où habitiez-vous ?
- A Denrow dans le Vermont. Je ne vous l'ai pas dit ?
- Non.
- Etonnant. »
Calie pouffa en voyant le visage sérieux de Jefferson. Elle frappa son épaule comme si c'était son ami de toujours.
« Et qu'est ce que vous faisiez à Denrow ?
- J'ai toujours voulu avoir un lapin, divagua-t-elle. Un blanc. Mais pas un avec les yeux rouges, ils me font peur.
- Vous vouliez élever des lapins ?
- Elevez des lapins ? Pfiou, heureusement que non, sinon j'aurais fini au bar de Storybrook à jouer au billard avec des mecs pas nets en me bourrant la gueule. »
Son plan déraillait. Il avait un peu trop forcé la dose. Il se mordit la lèvre pour s'empêcher de rire. Sans succès.
« Qu'est ce que vous êtes mignon Jefferson », gloussa Calie avec un air timide et joueur.
Il avait vraiment trop forcé la dose ce qui le fit rire de plus belle, au grand bonheur de la blonde.
« Ok ok Calie. Calmez-vous. Heu… Oui donc. Pourquoi… Pourquoi êtes vous venue travailler ici ?
- Pour gagner de l'argent et partir en voyage. Loin. Trèèèès loin.
- Et votre paie d'ingénieur ne suffisait pas ? s'amusa-t-il.
- Ingénieur ? Moi ? Vous êtes fou ou quoi ? »
Calie arrêta de glousser brutalement, se redressa et posa sa main sur la joue du brun. Elle le fixa droit dans les yeux avec un air sérieux troublant et caressa sa peau mal rasé avec douceur. Son index finit sa course sur ses lèvres, suspendant le temps entre eux.
« Qu'est ce que vous êtes sexy Jefferson. »
Ses yeux bleus et sa bouche rose hypnotisait le brun. Il se perdit un instant entre réalité et fantasme et commença à s'avancer vers le visage de Calie. De plus en plus proche l'un de l'autre, la blonde attendait tout simplement le contact brulant des lèvres de cet homme sur les siennes. Jefferson ne comprenait pas pourquoi son cœur s'emballait aussi vite. C'était son employée, elle était dans un moment de faiblesse, complètement ailleurs, dans un monde utopique et parfait, et pourtant il n'était qu'à quelques centimètres de son bonheur.
« J'y suis ! » s'exclama Calie en écrasant sa tête sur le coussin.
Jefferson eut un moment de recule et pinça ses lèvres pour se ressaisir.
« Vous, vous êtes le Chapelier fou !
- Hein ? demanda le brun un peu sonné par ce qu'il entendait.
- Ce serait drôle, non ? Si l'histoire d'Henry était vraie, vous seriez le Chapelier fou ! Il a une imagination débordante ce gamin, il ferait un très bon écrivain, je lui dirais demain. Enfin bon, ce ne sont que des histoires. Ce n'est pas parce que vous avez une pièce remplie de chapeaux haut de forme et que vous passez votre temps à boire du thé, du thé, du thé, que vous devez être le Chapelier fou, non ? »
La blonde touchait du doigt le secret de cette ville maudite mais se moquait de cette théorie. Jefferson imita son attitude pour éviter de lui mettre le doute. Même si elle était dans un autre monde à ce moment là et que le lendemain elle ne s'en rappellerait surement pas, il valait mieux assurer ses arrières.
Ses paupières commençaient à s'agiter à nouveau devant ses yeux bleus. Son corps qui se tortillait comme un vers depuis le début de l'interrogatoire commença à s'immobiliser dans une position peu probable et ses mots devinrent de plus en plus flous.
Jefferson tapota sa joue, il avait besoin qu'elle reste consciente encore un peu, il avait tellement de questions.
« Calie, restez avec moi. Enfin, si c'est réellement votre nom… Comment vous appelez-vous ? »
Juste avant que la blonde ne sombre dans un sommeil profond, elle ne put articuler que deux mots sans en avoir conscience. Deux petits mots peu convainquant qui laissèrent le brun perplexe.
« Calie Skyeling. »
Sacré Jefferson. Il sait comment arriver à ses fins. Assez salement mais bon c'est une méthode comme une autre.
La drogue c'est le mal.
N'hésitez pas à faire les fous dans les reviews parce qu'après tout "il y a toujours du bon dans la folie humaine" [Auguste Villiers de l'Isle-Adam], et à mercredi prochain !
Ciao, Kizzie :)
