Auteur : DeeDeeINFJ
Traductrice : Moi
Spoilers : Tous les livres
Rating : M
Genre(s) : Romance
Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
- Chapitre 3 : La Ménade -
L'email de Sophie-Anne - enfin, de l'un de ses assistants - l'attendait quand il retourna à son bureau. Alors Bill Compton était maintenant un Investigateur de la Cinquième Zone. "Considèrez-le, lui et ses possessions, officiellement sous votre protection." Eric ne pu pas empêcher un sourire moqueur d'étirer ses lèvres. Raisons personnelles, en effet. Bien joué, Bill. Laisse ta petite-amie toute seule alors qu'elle est danger pour courir chez la Reine afin de m'empêcher de te voler cette fameuse petite-amie. Apparemment, mes charmes sont une plus grande menace pour le bien-être de Sookie qu'un serial killer. Ça hurlait insécurité, et pourtant, le jeune vampire semblait parfaitement convaincu que Sookie ne le quitterait jamais volontairement. Les humains n'étaient pas exactement des 'possessions', vu qu'ils pouvaient choisir d'appartenir à quelqu'un d'autre. Bill pensait-il vraiment que c'était impossible ? Et Eric n'avait-il pas déjà dit à Bill qu'il voulait que Sookie soit sous sa protection ? Eric leva les yeux au ciel et supprima l'email.
Un autre message, celui-là d'un de ses sujets de Monroe. Une ménade avait été aperçue dans les bois à environ dix kilomètres de la ville. Des images de St. Petersbourg et du vampire fou, Gregory, flottèrent dans son esprit, mais il les bannit. Par les dieux, il espérait que celle-là resterait loin de Fangtasia. Mais si quelqu'un pouvait se vanter d'attirer les Bacchantes, ce serait lui. Il sourit malgré lui et sauvegarda l'email.
Quelques semaines plus tard, il reçut un appel de Stan Davis. Il était tôt, à peine dix-neuf heures, et le bar n'était pas encore envahi par la clientèle. Eric était tranquillement installé dans un des box, assit en face de Pam, entrain d'entrer des chiffres dans un tableur sur son ordinateur alors qu'elle feuilletait un Redbook.
Ses yeux tombèrent sur l'une des pages du magasine. "Nourriture à emporter, Pam ?" demanda-t-il avec un sourire amusé. "Pas dur à trouver dans le coin."
"T'en sais quelque chose," répliqua-t-elle.
Il rigola avant de retourner à son tableur. Pam était toujours de bonne compagnie : intelligente, amusante, sans bagage émotionel. Pas d'émotions quelles qu'elles soient, mais il trouvait ça relaxant. Il se demandait parfois ce que ça lui ferait d'être aussi blasé. Plus pratique pour lui, certainement, mais il imaginait que ça rendrait sa vie encore plus ennuyeuse qu'elle ne l'était déjà.
Le téléphone, qui était posé entre eux, commença à sonner, et Pam répondit. "Fangtasia, où tous vos rêves les plus sombres d-Oh, hey. Ouais, il est là." Elle lui tendit le téléphone et retourna à son magasine.
"Je suis là."
"Sheriff, bonsoir. Je vous appelle de la part de Stan Davis de la Sixième Zone du Texas." La voix s'interrompit, comme si la personne s'attendait à une réaction de sa part, mais Eric n'en eut aucune donc la personne reprit. "Un vampire a disparu du nid, et Stan aimerait savoir s'il pouvait vous emprunter un Investigateur."
"N'y a-t-il pas plusieurs Investigateurs à Dallas ?" demanda Eric.
"Aucun de vraiment doués, Monsieur Northman. Mais vous semblez n'avoir des problèmes que très rarement par chez vous, donc on en a conclu que vous deviez avoir des personnes douées."
Eric sourit. "Oh, j'ai des personnes très douées. Des personnes très chères." Pam releva la tête et lui fit un large sourire alors qu'il attendait patiemment que le long silence à l'autre bout du fil prenne fin.
"Définissez 'très doués'," dit enfin la voix.
"J'ai une télépathe."
"Sans blague ? J'ai entendu dire qu'ils en avaient eu un dans le Montana dans les années-"
"Je m'en moque complètement," l'interrompit Eric. "Qu'êtes-vous prêt à payer pour elle ?"
"Um...puis-je vous rappeler ?"
"Bien sûr. Et tant que vous y êtes, je veux un logement, un moyen de transport et tous les frais compris aussi. Pas que pour la télépathe, mais pour son escorte aussi. Elle ne vous sera pas envoyée toute seule."
"Compris. Je vous rappelle bientôt."
Eric raccrocha le téléphone et reprit son travail. Il ignora studieusement le regard de Pam jusqu'à ce qu'elle abandonne et qu'elle retourne à son magasine. C'était une autre des qualités de Pam. Rien ne l'intéressait assez pour qu'elle embête qui que ce soit, elle y compris.
Il fut surpris lorsque moins de cinq minutes plus tard, son téléphone sonna à nouveau. Cette fois, il décrocha lui-même. "Oui."
"Dix mille, en plus de tout ce que vous demandez."
"Conclus. Je vous contacterais quand j'aurais réglé tout ça." Il raccrocha et sourit à Pam. "Il est temps d'appeller Bill. Sookie part à Dallas."
Pam haussa un sourcil. "Tout comme toi, je suppose."
"Qu'est-ce que ça veut dire ?"
"Oh, je pense que tu le sais," dit-elle, en reportant son regard sur la colonne 'courrier du coeur' de son Redbook.
Oui, Pam était très intelligente.
Sookie devait arriver avec Bill plus tard ce soir-là, et Eric n'était pas satisfait du tout par l'étendue de son anticipation. Une nuit, il devrait simplement la prendre et en finir pour que sa fascination irrationnelle disparaisse. Il se dit que si son désir était satisfait, il serait capable d'arrêter de penser aussi souvent à elle. Mais si il la prenait, si il couchait avec elle sur son canapé en cuir ici dans son bureau, alors ne voudrait-il pas l'avoir dans d'autres positions, dans d'autres lieux ? Ses yeux se posèrent sur le canapé en question, et il l'imagina là, à enrouler ses jambes douces et bronzées autour de ses hanches...Ses crocs sortirent, et il ferma les yeux. Qu'elle soit maudite.
Il y eut du bruit dehors, et il entendit clairement les voix de Pam et de Bill. Juste au moment où il se levait, Bill se précipita dans son bureau avec Sookie sur l'épaule. Sookie était couverte de sang, et ça sentait comme le Valhalla. Les crocs d'Eric étaient toujours sortis, et il se lécha les lèvres en attendant une explication de la part de Bill.
Bill secoua Sookie, et Eric se dit que ça ne devait pas être agréable. "C'est ta faute !" dit-il furieusement.
Avant qu'Eric ne puisse répondre, la voix faible de Sookie résonna par-dessus son épaule. "Va te faire voir."
"Quoi, ma chérie ?" demanda Bill.
"Va te faire voir !" répéta-t-elle.
Eric eut un large sourire. A chaque fois qu'il voyait cette femme, elle gagnait encore plus de points en sa faveur. Mais il n'avait pas le temps de penser à ça. Elle perdait du sang et elle devait souffrir terriblement. Il pourrait se disputer avec Bill - et fantasmer sur Sookie - plus tard.
Il contourna son bureau et approcha le duo. "Il faut la coucher sur le canapé. Laisse-moi faire," ajouta-t-il en attrapant ses jambes. Ils l'allongèrent doucement, et Eric retint un sourire lorsqu'il réalisa qu'elle était, en effet, sur son canapé. Pas vraiment les circonstances qu'il avait en tête, mais quand même. Il releva la tête et vit Pam dans l'entrée, elle regardait le corps ensanglanté de Sookie avec désir. "Pam, va chercher le médecin," lui dit-il fermement avant de s'accroupir à côté du canapé. Il voulait lécher le sang sur son visage, lui parler, caresser ses cheveux du bout des doigts. Il voulait lui faire l'amour; il voulait la baiser. Plus tard. Patience. A la place, il demanda, "Que t'est-il arrivé ?"
Ses yeux brûlaient, et il admira son esprit. "Je suis censée être un message à ton attention. Une femme, dans les bois, a provoqué la panne de la voiture et peut-être même qu'elle est à l'origine de notre dispute. Puis elle est venue vers moi avec son espèce de cochon sauvage."
Les yeux d'Eric s'écarquillèrent alors qu'il repensait au mail qu'il avait récemment au sujet d'une ménade. "Un porc ?" répéta-t-il.
"Un énorme sanglier en fait," dit séchement Sookie. "Elle a dit qu'elle voulait te transmettre un message. J'ai juste eu le temps de protéger mon visage, mais elle m'a frappée dans le dos. Ensuite, elle est partie."
La colère brûla en lui à la pensée de la ménade défigurant l'adorable visage provocateur de Sookie. Ça aurait été un crime contre les arts, contre les dieux quels qu'ils soient, contre lui. Il suspectait la ménade de se lancer à sa poursuite, mais Sookie n'était jamais entrée dans l'équation.
Bill faisait les cent pas dans le bureau. "Ton visage ! Elle a voulu te défiguer. Eric, les plaies de Sookie ne sont pas si profondes. Qu'est-ce qu'elle a ?"
Eric ignora Bill et s'adressa à Sookie aussi tendrement qu'il le pût à travers sa furie. Son visage était si près du sien, il n'aurait à combler que quelques centimètres pour l'embrasser. "Sookie, à quoi ressemblait cette femme ?"
"Elle avait l'air d'une folle, voilà à quoi elle ressemblait. Et elle t'a appelé Eric Northman."
"C'est le nom dont j'use ces derniers temps dans mes rapports avec les humains," expliqua-t-il. Pendant des siècles, il avait été Eric l'Homme du Nord. Il avait besoin qu'elle se reconcentre sur la ménade. "Par «folle », qu'entends-tu au juste ?" Il savait ce que signifiait le mot 'folle', mais il avait besoin d'une description plus détaillée pour être certain.
"Ses vêtements étaient déchirés, et elle avait du sang autour des lèvres et sur les dents, comme si elle venait de dévorer un animal." Ce qui était probablement le cas. "Et elle portait une sorte de bâton," continua-t-elle, "avec un truc au bout. Elle avait les cheveux longs, tout emmêlés." Elle s'interrompit, sa misère clairement visible sur le visage. "A ce propos, mes cheveux... dans mon dos."
Eric regarda les chairs gonflées et ensanglantées de son dos et nota que ses longs cheveux adhéraient effectivement à ses blessures. "Oui, je vois." Il se permit de la toucher et enleva doucement ses cheveux de sa peau à vif.
Juste comme il finissait, Pam revint avec le Docteur Ludwig. Eric se releva et lui fit place, croisant ses bras sur son torse tout en observant son travail sur Sookie.
"Quel genre de docteur êtes-vous ?" demanda Sookie.
Eric sourit lorsque la petite femme répondit, "Du genre qui soigne. Vous avez été empoisonnée."
La voix de Sookie était morose. "Alors c'est pour ça que je n'arrête pas de me dire que je vais mourir."
"Et dans très peu de temps, oui." Le Docteur Ludwig, toujours directe. C'était l'une des raisons pour lesquelles Eric l'appréciait et la gardait à son service. Il n'avait pas de temps à perdre avec les alternatives.
"Merci pour les encouragements, doc," dit sarcastiquement Sookie, tirant ainsi un autre sourire à Eric, bien qu'elle ne puisse pas le voir. "Et qu'est-ce que vous comptez faire pour remédier à ça ?"
Son esprit s'égara alors que le docteur expliquait les morsures de ménades à Sookie. Il avait été mordu à St. Petersbourg, et il n'en avait pas oublié la douleur. Ça devait être encore pire pour un humain. La mention du sang le ramena à l'instant présent.
"Votre circulation sanguine a été compromise," disait le Docteur Ludwig. "Il faut vous faire une transfusion complète : vous vider de votre sang pour le changer intégralement. C'est un boulot pour les vampires." Elle se détourna de Sookie et s'adressa aux vampires en question, qui - si les sentiments d'Eric ressemblaient aux leurs - étaient positivement pris de vertiges à cette idée. "Si l'un d'entre vous avale une seule goutte de ce sang empoisonné, il le paiera très cher. C'est l'un des éléments de la magie de la ménade. Par comparaison, une morsure de dragon de Komodo ne serait qu'une simple formalité pour vous, les enfants. Donc, quand j'en aurai fini, chacun de vous lui fera une prise de sang à tour de rôle. Quelques centilitres, pas plus. Ensuite, je lui ferai la transfusion."
Eric regarda Sookie, qui pleurait maintenant. Il voulait secouer le minuscule docteur et exiger qu'elle se dépêche, putain. Sookie souffrait, et il salivait pratiquement à l'idée de goûter au sang de cette femme pour la première fois. Les circonstances n'étaient certes pas idéales, mais il s'en moquait à ce stade-là. Mais il lui faudrait toute sa concentration et toute sa retenue pour ne prendre que 'quelques centilitres'.
La voix douloureuse de Sookie émergea du canapé. "De sang humain," dit-elle avec résolution. Elle ne réalisait pas vraiment ce qu'elle demandait, mais Eric accèderait à sa requête. Il n'y avait pas grand chose qu'il refuserait de faire pour cette humaine, et ça le perturbait fondamentalement.
Ce fut le Docteur Ludwig qui lui répondit. "Si Eric peut faire jouer ses relations pour l'obtenir. La transfusion pourra être, sans problème, pour moitié synthétique. Au fait, je suis le Docteur Ludwig."
Eric avait toujours des relations à faire jouer. "J'aurai le sang. On lui doit bien ça. De quel groupe sanguin es-tu, Sookie ?"
"O, positif."
Parfait. "Ça ne devrait poser aucune difficulté. Tu peux t'en occuper, Pam ?" Il croisa le regard de sa progéniture à travers la pièce, et elle disparut en un instant.
Il se tourna à nouveau vers le canapé, là où le Docteur Ludwig commençait à désinfecter le dos de Sookie. Comme il enviait cette minuscule femme à cet instant ! Sookie fit un bruit aigu de protestation, et Bill essaya de l'apaiser avec une explication.
"Mais elle va s'empoisonner !" protesta Sookie.
Eric lui parla fermement, comme si elle était une enfant prise de panique. "C'est un guérisseuse. Tu dois accepter son traitement."
"Oh, bon, d'accord," dit-elle d'une voix qui était à la fois soumise et provocante. "Au fait, je n'ai pas encore eu droit à des excuses de ta part, je crois."
Il était amusé, mais il garda une voix conciliante, avec juste une pointe de moquerie. "Je suis désolé que ce soit tombé sur toi."
"Ça ne suffit pas."
Il voyait bien qu'elle était sur le point de perdre connaissance. Un peu de taquinerie l'aiderait à s'accrocher, et, après tout, il ne pouvait pas s'empêcher de sourire largement à son audace. "Angélique Sookie," chantonna-t-il, "toi qui es la beauté et la grâce incarnées, pardonne-moi. Je suis accablé que cette ménade malfaisante et démoniaque ait pu violenter ce corps parfait et voluptueux qui est le tien, dans l'intention de faire parvenir un message à mon indigne et misérable personne." D'une certaine manière, c'était vrai, songea-t-il. Elle pleurait toujours de douleur, et il voulait s'agenouiller à ses côtés et lécher ses larmes.
"Je préfère ça," dit-elle. "Je suppose que le sens de ce message est une déclaration de guerre contre toi ?"
"Non, pas exactement," dit-il vaguement en remarquant qu'elle perdait rapidement ses couleurs. Son visage était presque complètement blanc. Si le Docteur Ludwig laissait cette femme mourir...Il serra les poings. Où était ce foutu sang ? "Pam ?"
Pam le rejoignit. "Ça arrive. C'est pas bon."
"Commencez maintenant ! Elle est entrain de changer de couleur," exigea Bill, le visage tendu par l'inquiétude.
Ils la perdaient. Seule la douleur la gardait consciente, et elle avait commencé à pleurer plus fort. Eric lança un regard noir au Docteur Ludwig qui examinait les yeux de Sookie.
"Oui," dit le docteur, "si tant est que ça serve encore à quelque chose."
Ignorant tous les autres, Eric se précipita auprès de Sookie. Il passerait en premier. Il en avait assez de perdre du temps. Alors qu'il se penchait vers elle, il croisa son regard et lui fit un clin d'oeil. Il n'avait pu trouver rien d'autre, à cet instant, pour lui assurer qu'il prendrait soin d'elle et pour essayer de l'apaiser. Mais elle ne résista plus qu'une seconde avant de sombrer avec soulagement dans l'inconscience.
Ses crocs sortirent. "Ce t-shirt va devoir disparaître," dit-il. Bill poussa un son de protestation, mais Eric leva une main pour le faire taire. "Il n'y a pas d'autre solution."
Il souleva légèrement Sookie alors que Bill les rejoignait et enlevait doucement le tissu. Eric l'aida avec son dos, vu que des fragments du tissu étaient collés par le sang. Ce fut une chance qu'elle dorme. Eric prit un moment pour admirer ses seins; ça aurait été une insulte de ne pas le faire. Ils étaient tout ce qu'il avait imaginé, et c'était pas peu dire.
"Eric !" s'exclama Bill.
Avec un large sourire pour le jeune vampire, Eric baissa la tête vers le dos de Sookie et commença à drainer le sang empoisonné de ses plaies. Alors qu'il aspirait, Bill souleva légèrement le corps de Sookie et se glissa sous elle, plaçant le haut du corps de la jeune femme contre ses genoux.
Même à travers l'horrible magie de la ménade, il pouvait goûter la douceur de son sang. Il se sentit durcir, mais il ne put rien y faire. Il grogna de plaisir alors que son sang emplissait sa bouche, et il se passa la langue sur les dents pour ne pas en perdre une seule goutte. Au bout d'un moment, avec une grande réticence, il releva la tête, les yeux vitreux de désir.
"Je ne devrais pas en prendre plus," dit-il. "Bill ?"
Alors que Bill bougeait pour prendre la place d'Eric, Eric commença à s'installer là où Bill avait été. Il voulait la tenir comme l'avait fait Bill, et non, ses raisons n'étaient pas entièrement pures. Mais, se dit-il, elles n'étaient pas complètement impures, non plus.
"Qu'est-ce que tu fais ?" demanda Bill en plissant les yeux.
"C'est plus facile comme ça," dit Eric. "Tu auras un meilleur accès à son dos."
"Et tu auras un meilleur accès à sa poitrine," marmonna Bill, mais il ne dit rien de plus et il se pencha pour drainer plus de sang empoisonné hors du corps de Sookie.
Eric fut fier de lui d'être aussi correct; il ne posa pas la main sur ses seins. Non : la première fois où il leur mettrait la main dessus, il serait seul avec elle, et elle serait consciente. Il se lécha à nouveau l'intérieur de la bouche en espérant que son goût serait toujours là.
Il vit Pam les regarder avec intérêt. "Tu devrais aller chercher Chow," dit-il. "On devra être plus que trois pour ça."
Ils prirent tous les quatre des gorgées de son sang à tour de rôle.. Quand le Docteur Ludwig revint pour lui faire la transfusion, elle dût être très amusée à l'idée d'être en présence d'une femme agonisante et de quatre vampires très excités et très frustrés.
Pam se pencha vers lui pour lui chuchoter à l'oreille. "Elle est si..." Sa voix rauque s'éteignit.
"Oui," dit-il.
Après quelques minutes d'anxiété, le Docteur Ludwig se tourna vers eux. "Elle s'en sortira."
Bill poussa un soupire de soulagement bien audible avant de se passer la main dans les cheveux. "Merci."
"Reste avec elle," ordonna Eric à Pam. "Je vais aller dans le bar avec Bill et Chow. Elle pourra mettre une de mes chemises quand elle se réveillera."
"Pourquoi moi ?" demanda Pam.
"Elle se sentira plus à l'aise, je pense, avec une femme plutôt qu'un homme."
Pam eut un sourire amusé. "Pas avec son petit-ami ?"
"Il a besoin de se calmer," dit raisonnablement Eric.
"C'est toi le patron."
Quelques heures plus tard, Pam les rejoignit pour leur dire que Sookie était réveillée et douchée, et qu'elle attendait dans le bureau. Bill sauta sur ses pieds pour la rejoindre, et Pam prit sa place.
"Comment va-t-elle ?" lui demanda Eric.
"Oh, elle va bien. Plutôt véxée qu'on ait tous vu sa poitrine, mais autrement elle n'a pas été endomagée."
Eric rigola. "Bien. Vas fermer le bar. Paye ce que le Docteur Ludwig demande." Pam partit et il appela par-dessus son épaule, "Chow ! Viens avec moi."
Le nouveau barman le suivit dans son bureau où ils trouvèrent Bill entrain de démêler les cheveux encore humides de Sookie. Eric se mordit presque la langue. Sookie était assise dans son fauteuil, portant sa chemise et ne portant ni soutien-gorge, ni pantalon. La chaleur de la douche avait réchauffé son sang et intensifié son parfum, et la pièce en était emplie. Il n'avait jamais voulu qui que ce soit, humaine ou vampire, autant que ça.
"Tout est bouclé," annonça Pam en se glissant dans le pièce et elle le sortit de sa rêverie. "Le Docteur Ludwig est parti aussi."
Sookie eut l'air embarrassée mais elle croisa le regard de chacun d'entre eux. "Vous m'avez sauvé la vie. Merci."
"Tout le plaisir était pour moi," dit Chow avec satisfaction. "Sans le poison ç'aurait été parfait."
"Ça a même valu la peine d'avaler le poison." Eric lui fit un large sourire et il s'embrassa le bout de doigts.
"On recommence quand tu veux, Sookie," ajouta Pam.
Sookie posa sa tête contre le torse de Bill et le remercia aussi. Bien que Bill soit clairement irrité que trois autres vampires aient goûté sa petite-amie au cours de la soirée, il répondit, "Trop honoré."
Assez de ce sentimentalisme. "Vous vous êtes disputés, avant que Sookie ne fasse cette mauvaise rencontre ? J'ai bien entendu ?"
Sookie lui lança un regard noir. "Ça, ce sont nos affaires." Ah, susceptible. Eric se détourna et fit un léger sourire à Pam. Tout n'était pas parfait entre Bill et son humaine. "Au fait, pourquoi voulais-tu nous voir ce soir ?"
Stan Davis et le membre disparu de son nid était la dernière chose qu'il avait à l'esprit pour le moment, mais il se concentra pour les ramener à l'avant. "Tu te souviens de la promesse que tu m'as faite, Sookie ?" demanda-t-il gentiment. Il désirait sincèrement ne pas l'irriter encore plus; elle avait déjà traversé assez de choses ce soir, et il voulait qu'elle soit de bonne humeur quand il lui parlerait de sa mission. "Celle d'utiliser tes talents particuliers pour moi, en cas de besoin, à condition que je laisse la vie sauve aux humains concernés ?"
"Bien sûr que je m'en souviens," dit-elle et elle avait l'air d'être sur la défensive.
"Depuis que Bill a été nommé Investigateur de la Cinquième Zone, nous n'avons pas eu beaucoup de problèmes dans la région. Mais nos confrères de la Sixième Zone, au Texas, ont des petits soucis que tes dons pourraient peut-être contribuer à régler. Nous leur avons donc loué tes services."
Elle semblait analyser tout ça, mais elle ne détourna pas les yeux. Finalement, elle dit, "Je refuse d'aller là-bas sans Bill."
Il lui fit un large sourire avant de réaliser que ses crocs étaient toujours descendus. Bien, il n'y avait pas de mal à ce qu'elle sache qu'il la désirait. "Il t'accompagnera. Nous avons négocié ferme. Nous avions peur qu'ils veuillent te garder ou te tuer. Nous avons donc prévu d'emblée que quelqu'un t'escorterait, et qui serait plus à même de remplir ce rôle que Bill ?" Moi ! "Si Bill rencontre un problème, nous t'enverrons un autre garde du corps immédiatement. Et les vampires de Dallas mettront à ta disposition une voiture et un chauffeur. Ils prendront aussi en charge tes repas et ton hébergement. Et, bien entendu, tu recevras de jolis honoraires. Bill en touchera un pourcentage. Vous vous arrangerez ensuite entre vous. Je suis sûr qu'il te récompensera au moins pour le temps que tu auras passé sans travailler."
La fin de son petit discours était naturellement destiné à ennuyer Bill, et par l'expression sur le visage du jeune vampire, il semblerait que ça ait marché.
Mais Sookie avait déjà changé de sujet. "Pourquoi une ménade ?" demanda-t-elle. "Les naïades sont les nymphes des rivières, les dryades celles des arbres. Alors, pourquoi une ménade ? Qu'est-ce que cette créature fabriquait dans les bois ? Je croyais que les ménades étaient des prêtresses du dieu Bacchus, des espèces de furies nymphomanes adeptes du culte dionysiaque ?"
Il l'étudia attentivement, cette petite serveuse qui connaissait la mythologie classique - sans mentionner sa capacité à ignorer le fait qu'un vampire avait décrit son petit-ami comme un souteneur. "Sookie," dit-il lentement, "tu es pleines de ressources insoupçonnées." Il ne savait pas quoi dire d'autre. En fait, il ne se rappelait pas vraiment de la question.
Chow fut celui qui lui répondit, lui expliquant pourquoi une ménade aurait un problème avec un fier propriétaire de bar.
"Le bruit courait qu'il y en avait une dans les parages. Mais nous n'en savions pas plus, avant que Bill ne t'amène ici ce soir," ajouta Eric.
"Et alors ? Pourquoi m'a-t-elle attaquée ?" demanda Sookie. "Que veut-elle ?"
"Un tribut. Du moins, c'est ce que nous pensons," dit Pam.
"Quel genre de tribut ?" Personne ne répondit. "Et si vous n'obéissez pas ?" Une fois encore, la pièce resta silencieuse. Sookie commençait à s'impatienter. "Que va-t-elle faire si vous ne lui payez pas ce tribut ?"
"Libérer sa folie destructrice," répondit sombrement Bill.
"Dans le bar ? Chez Merlotte ?"
Eric regarda Chow et Pam et leur donna silencieusement l'autorisation d'être plus ouvert avec elle, donc Chow répondit, "Ou chez l'un d'entre nous. C'est déjà arrivé. Le massacre de Halloween à Saint Pétersbourg en 1876."
Eric frissonna. "J'y étais. Nous avons dû nous y mettre à plus de vingt pour faire le ménage, puis pour planter un pieu dans le coeur de Gregory. La ménade, Phryne, a reçu son tribut après ça, tu peux me croire."
Sookie le regardait avec des yeux écarquillés. Il était surpris d'avoir été aussi direct au sujet d'une période aussi déplaisante de son passé. Mais il y en avait encore tellement d'autres.
"Vous allez donc payer un tribut à cette ménade ?" demanda Sookie.
"Oui, c'est préférable," répondit-il.
Bill eut l'air mal à l'aise. "J'imagine que les ménades ont la vie dure."
Il pensa à Phryne et aux ruines sanglantes qu'elle avait laissé derrière elle. Elle était probablement encore en vie aujourd'hui, et les dieux seuls savaient où elle se trouvait. "Oh, oui." Il regarda Sookie, qui avait enfin l'air d'avoir peur, comme elle aurait dû. "Oh, oui." Regardant les mouvements de sa gorge alors qu'elle avalait sa salive, il ajouta d'une voix plus légère, "Dallas. Est-ce que tu iras ?"
Elle hocha la tête mais ne dit rien.
"Quand ?" demanda Bill.
"Bientôt. Je vous contacterais."
Ils partirent peu après, et Eric se réinstalla dans son fauteuil, qui avait gardé la chaleur du corps de Sookie. Il avait quelques préparations à faire, vu qu'il allait lui aussi à Dallas.
Prochain chapitre : Verre et balles
[Mode Saw-v2 ON]
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[Mode Saw-v2 OFF]
