Coucou :)
Voilà le chapitre 6 du thé en folie. En me relisant j'ai remarqué que Jefferson abusait vraiment sur le thé... Enfin bon, c'est le chapelier fou, hein.
Merci encore pour vos revieeeews !
Pour ceux qui n'avait pas deviné Gernad = garden = jardin. Oui oui je suis tordue dans ma tête, je l'avoue.
Bonne lecture !
Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz
Calie sort tout droit de mon pays imaginaire personnel. Enfin, presque...
Chapitre 6 : Etonnante
« Pourquoi tu restes tout le temps enfermé ? Allez, viens dehors avec moi ! »
Le soleil cognait les magnifiques cheveux blonds de Calie, ce qui la faisait rayonner encore plus que d'habitude. Assit à la petite table ronde de la cuisine, Jefferson regardait la jeune femme s'amuser dans le jardin. Elle sentait les fleurs une à une après avoir rangé le cabanon en bois usé par le temps. Le chant de la sirène triturait le brun, il replongea alors son visage dans son livre pour essayer de l'ignorer.
« Le jardin est superbe depuis que Monsieur Gernad est passé, il faut en profiter ! »
Pourquoi sortir ? Pourquoi profiter de la vie sans Grace ? Le visage de sa fille inondait ses pensées. Ce matin elle avait semblé ravie de partir à l'école sous un soleil aussi radieux. Elle, elle avait le droit d'en profiter, lui non. C'était sa punition. Attendre, isolé, dans l'obscurité, à observer, jusqu'à ce qu'un jour, éventuellement, quelqu'un brise la malédiction. Il l'avait abandonné, pourrait-elle lui pardonner ?
« Ecoute, lança Calie en s'approchant du chapelier. La pelouse est uniforme, les fleurs ne font plus la gueule et les buis n'ont jamais, et ça j'en suis convaincue, ils n'ont jamais été aussi sphériques de toute leur vie. »
Se tutoyer n'avait jamais été aussi facile. Depuis le premier jour de la « réincarnation de Calie », comme Jefferson aimait l'appeler, tout semblait simple, épuré, lavé de tout problème. Parfois, la vouvoyer lui brûlait les lèvres, mais le naturel de cette jeune femme lui enlevait tout souci.
« Calie, c'est très gentil, mais je n'aime pas sortir, je suis très bien ici.
- Mais le soleil est dehors !
- Merci, j'avais remarqué. Je n'aime pas le soleil, mentit-il.
- Tu sors que quand il pleut ou quand il fait nuit, on dirait un dépressif ! A quoi ça sert d'avoir un aussi beau manoir si c'est pour se terrer au moment le plus beau de la journée ? Il faut être complètement malade pour faire ça. Ou fou !
- Alors c'est que je dois être dépressif. Et fou.
- C'est idiot. Le jardinier a fait des merveilles plus loin, on ne peut rien voir d'ici. Et bien tant pis pour toi, tu ne les verras jamais ! »
Calie s'empressa de disparaître dans l'épaisse barrière végétale visible par Jefferson. Ce dernier soupira et replongea, tête la première, dans son livre.
Graham s'affairait depuis plusieurs jours sur le dossier de la mystérieuse Calie Skyeling. Au poste de police, il avait commencé par taper son nom-prénom dans la barre de recherche de son ordinateur. Ce nom lui semblait fictif, et pourtant deux résultats s'étaient affichés. La première dame était brune et sa corpulence ne correspondait pas du tout à celle de la jeune femme qu'il avait rencontrée. En plus de ça, cette première Calie était en prison depuis cinq ans, jugée coupable pour le meurtre de son voisin et amant. La deuxième fiche était celle d'une dame âgée qui aurait facilement pu être la mère du shérif. Elle n'avait commis dans sa vie qu'un simple vol à l'étalage. Retraitée, elle vivait à présent sur la côte ouest dans une petite ville de l'Oregon au bord de l'océan pacifique.
La blonde n'apparaissait pas dans la base de données, elle n'avait donc commis aucun crime et la connaitre s'annonçait de plus en plus difficile. Après cette première recherche non fructueuse, le brun avait joué les équilibristes sur son fauteuil pour attraper son petit calepin dans la poche intérieur de sa veste. Une fois la plaque d'immatriculation entrée dans son ordinateur, Graham avait été choqué en découvrant que c'était un certain Docteur Quin qui était propriétaire du véhicule. Il savait que son amante le détesterait : il avait été incapable de relever une plaque d'immatriculation correctement.
Il avait donc passé la semaine suivante à arpenter Storybrook à la recherche de la petite voiture bleue, sans succès. Se rappelant du lieu de travail de la blonde, il avait espionné le manoir de loin sans apercevoir ne serait-ce une seule fois le véhicule. A force de persévérance, il avait finalement été réveillé au petit matin par le bruit d'un moteur. Il avait chopé plein d'adresse son appareil photo reflex et avait capturé la plaque sur plusieurs clichés.
« Je touche au but ! »
Une tornade brune pénétra dans le bureau du maire de Storybrook.
« C'est pas trop tôt. J'ai cru que tu t'étais perdu dans la forêt et fais dévorer par un loup.
- Il n'y a pas de loup ici.
- Qui sait ? »
Régina était plus glaciale que d'habitude. Le temps passait. Et plus le temps passait, plus ses chances de cerner ce problème s'estompaient. Graham commença à raconter son processus de recherche. Il voulait qu'elle sache que, pour elle, il serait près à n'importe quoi, même à rester six jours d'affilée dans une voiture caché dans la forêt de Storybrook.
« Viens-en aux faits Graham », le coupa-t-elle sèchement.
Le brun soupira et tira l'une des chaises du bureau de la brune pour s'installer en face de son visage glacial et curieux.
« La voiture appartient à un certain Hugh Quin, docteur dans une maison de fou dans le Vermont. J'ai trouvé ça étrange au début donc j'ai prit contact avec lui et je lui ai envoyé une photo de notre inconnue. Il a répondu qu'elle était l'une de ces patientes et qu'elle s'était échappée il y a un petit moment déjà.
- Et j'imagine qu'elle ne s'appelle pas Calie Skyeling.
- Exactement. Voilà le numéro du docteur. »
Régina récupéra le petit papier que Graham lui tendait. Le sourire qui se dessina sur son visage montrait facilement son goût pour la victoire. Il annonçait aussi le quart d'heure de plaisir qu'elle allait faire subir à son amant après son coup de fil.
La balançoire grinçait. C'était juste deux grosses ficelles avec une planche accrochés à un arbre dans un coin du jardin, mais c'était agréable. Calie se rappelait son enfance, ou plutôt des brides de son enfance. En tout cas, cette sensation de vent dans les cheveux et l'impression de tomber en arrière ou de s'envoler lui étaient connues.
Les bourgeons des arbres avaient éclos et les immenses fleurs roses du magnolia l'abritant avaient un parfum fantastique. Le blonde posa sa tête sur l'une des cordes de la balançoire et se laissa bercer par le vent qui dansait avec les feuilles.
Un craquement se fit entendre et Calie leva le nez.
« Jefferson ? »
Devant elle, le grand brun lui sourit à moitié tout en plissant les yeux. Il n'était plus habitué à tant de lumière.
« Tu avais raison. Gernad a fait des merveilles. »
La jeune femme se sentait fière, elle avait bien fait d'appeler un jardinier par elle-même, ou rien de tout ça n'aurait vu le jour. Jefferson ne l'aurait jamais appelé, il est trop distrait pour ça.
« Tu as vu le bassin ?
- Le quoi ? »
Sans tarder, la blonde prit le chapelier par la main et commença à courir sur le petit chemin à travers les arbres. Après plusieurs bonds, ils atterrirent dans une zone déboisée ou un petit étang ovale se dévoilait en son centre. Un pont en bois très arqué le franchissait et des nénuphars s'emparaient de la surface de l'eau. Le brun s'approcha mais son reflet fut vite troublé par des ondes créées par un gros poisson rouge orangé. Il sourit.
« Qui aurait cru que ce manoir cachait de tel trésor dans ses bois. Vu ta tête, j'imagine que tu n'étais jamais allé aussi loin pour trouver ce bassin. »
Calie arracha un rire au chapelier. Elle l'emmena ensuite vers une autre zone du jardin. Cette fois-ci ce n'était plus le coté asiatique qui ressortait, mais le côté grec. Ils descendirent un grand escalier creusé dans la terre et arrivèrent près d'une fontaine dans un décor fait de colonnes antiques. Les statues de dieux et déesses avaient délaissé leurs habits de lierre. Finalement un autre chemin les mena vers l'entrée d'un mini labyrinthe, voisin d'une roseraie rouge et blanche dont le brun commença l'exploration.
« Ne me dis pas que Monsieur Gernad a fait ça tout seul. Je ne te croirais pas.
- Bien sûr que non, ils étaient une petite équipe quand même.
- C'est magnifique Calie, merci.
- Tu sortiras plus souvent maintenant ? »
La blonde s'était arrêtée sous une arche fleurit et semblait préoccupée par le chapelier. A la base, elle avait fait tout ça pour lui. Peut être que quelque chose le maintenait à l'intérieur et le repoussait de l'extérieur, maintenant il avait une bonne raison de sortir. L'ennui le dévorait et le menait à la mort chaque jour un peu plus. Ce dont il avait besoin, c'était d'une renaissance. Il l'avait aidé et là c'était son tour à elle.
Jefferson plongea son regard dans ses grands yeux bleus. Hypnotisant. Il s'approcha d'elle jusqu'à sentir son parfum. Envoûtant. Elle ne bougeait pas et attendait juste le dénouement. Étonnant. Ses lèvres se posèrent lentement sur les siennes. Il en mourrait d'envie depuis toujours, depuis une éternité. Le baiser était simple, doux. Un baiser qui voulait tout dire sans en faire trop. Un baiser où l'univers est suspendu, où le temps s'arrête, où le souffle se coupe.
Ils restèrent un petit moment, front contre front, sans bouger, les lèvres s'effleurant, profitant du moment présent. Ils voulaient se remémorer chaque odeur, chaque bruit, chaque sensation.
La roseraie n'était pas immense ils en firent vite le tour. Puis, ils empruntèrent un autre petit chemin pour retourner vers l'étang. Assit sur le banc en pierre, les heures passèrent plus vite qu'ils ne l'auraient pensé. Ils parlaient de tout et de rien. Mais surtout de rien, le silence parlait pour eux.
Les yeux de Calie se posèrent sur le cou du chapelier.
« J'ai une question qui me trotte dans la tête depuis un petit moment…
- Je t'écoute.
- Tu ne quittes jamais ce foulard ? Je ne t'ai jamais vu sans. Et puis maintenant on est en plein milieu du printemps, t'as pas chaud avec ? »
Le sourire du chapelier décrut.
« Tu caches quelque chose ? C'est ça hein ? » s'amusa la blonde.
Calie regarda le visage du chapelier se décomposer un peu plus. Il essayait de maîtriser sa colère et ses pulsions.
« Oh, tu essaies vraiment de cacher quelques chose ?
- Une cicatrice, avoua Jefferson après un instant d'hésitation.
- A bon ? Tu ne devrais pas la cacher.
- Elle est affreuse.
- Tu crois que je vais prendre peur ? Que je vais m'enfuir ? »
Calie approcha sa main du foulard pour découvrir le cou de Jefferson. La curiosité lui fera toujours défaut. Jefferson saisit son poignet pour l'empêcher d'aller plus loin et plongea des yeux assassins dans ceux de la jeune femme. Mais elle ne frissonna même pas.
« Elle est vraiment affreuse.
- Laisse-moi en juger par moi-même. »
Le conflit visuel ne faiblissait pas. Chacun voulait gagner, personne ne voulait lâcher. Les pupilles de la blonde étaient dilatées, elle était apaisée malgré la tension. La jeune femme sourit au chapelier et son étreinte se desserra, libérant sa main curieuse.
Calie dénouait le foulard mais Jefferson restait tendu. Il avait agrippé le banc en espérant trouver de l'aide. Il ne pouvait rien lui refuser, il était plus faible que ce qu'il pensait quand elle le regardait. Son regard à lui ne pouvait pas se détacher du visage de la jeune femme sur le point de découvrir son secret.
Le bout de tissu laissa apparaître une cicatrice qui faisait le tour de la tête de Jefferson. Elle était rose, bien voyante, peu élégante, un peu sordide. Sa tête était comme recousue à son corps. Calie l'examina avec attention. Ses doigts effleuraient la liaison, ses yeux étaient plissés pour observer le moindre détail. Le brun pensait être un phénomène de foire. Il était prêt à tout envoyer valser, à rejeter la blonde et à s'enfuir dans son manoir pour disparaître. Comme toujours.
« Qu'on lui coupe la tête… murmura Calie.
- Tu viens de dire quoi là ? »
La jeune femme sursauta. Ses mains regagnèrent leurs places habituelles et ses yeux divaguèrent vers les nénuphars. Elle se releva, prise de panique. Jefferson pensait que c'était lui qui allait fuir mais au lieu de ça c'était elle qui fuyait. Il rattrapa la blonde et la saisit une nouvelle fois par le poignet, la forçant à le regarder. Mais ces yeux fuyaient encore en se noyant dans ses larmes.
« Alors c'est vrai ? »
Je vous laisse sur votre faim, je-sais ! Je plaide coupable... et j'en frétille hihi !
Par pitié rangez vos hache et vos couteaux, une semaine c'est pas long, j'vous jure. Pour ma défense : je suis toujours dans les temps !
Sinon... Une petite idée du passé de Calie ? Le docteur Quin ? La connexion ?
Ça vous plaît toujours ? Vous pouvez critiquer aussi hein.
Bonne semaine et à mercredi prochain, Kizzie !
