Auteur : DeeDeeINFJ

Traductrice : Moi

Spoilers : Tous les livres

Rating : M

Genre(s) : Romance

Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 4 : Verre et balles -

Le vendredi soir, Eric roula jusqu'à Dallas et arriva au nid de Stan Davis avant même Bill et Sookie. Il se présenta sous le nom de Leif, de Californie - un pseudo qu'il utilisait souvent - et fut poliment accueilli par les autres vampires. Après sa brève visite de la maison, il attendit son Investigateur et sa télépathe et dissimula son impatience en se montrant spécialement bavard.

Il sentit la présence de Sookie bien avant que la rumeur ne se répande dans la pièce que Stan recevait des visiteurs de Louisiane. Son odeur était fraîche, tranchante contre la puanteur des égouts.

Quelques temps plus tard, celle appellée Isabel arriva dans la pièce où il était occupé à discuter avec plusieurs autres vampires. "Le sheriff souhaite vous voir, Leif," dit-elle.

Il suivit Isabel dans la pièce où les attendait les autres. Il prit bien garde de ne pas regarder Bill et Sookie, et il sourit lorsque Isabel le présenta à Stan.

Stan lui fit un rapide signe de tête. "Bienvenue dans mon nid, Leif. Désolé de ne pas vous avoir mieux accueilli, mais nous avons un problème, ce soir."

"En quoi puis-je vous être utile ?" demanda Eric, en se glissant dans la peau du visiteur innocent et plein de bonne volonté. Il s'autorisa à jeter un coup d'oeil dans la pièce, mais ne laissa pas ses yeux se poser sur la personne qu'il voulait voir plus que tout. Elle se tenait près de Bill, et ils avaient tous les deux l'air bien trop tendus.

"Il semble que quelqu'un soit entré ici pour m'espionner."

Eric sourit et répondit calmement, "Je ne suis qu'un simple visiteur, et je n'ai, pour l'heure, aucun désaccord avec vous ni avec l'un des vôtres." Il était sur le point d'expliquer pourquoi il était soi-disant venu de Californie, mais Sookie prit la parole.

"Excusez-moi. Le...euh...matériel en question n'a pas pu être mis en place aujourd'hui, puisqu'il devait fournir toutes les données sur notre vol à destination de Dallas." Elle hésita, presque comme si elle attendait que Stan réponde, mais le sheriff ne dit rien. "Et désolée," continua-t-elle après un moment, "mais je suis vraiment épuisée. Est-ce que Bill pourrait me raccompagner à l'hôtel, maintenant ?"

"Isabel va s'en charger,"

Eric ravala ses protestations. Ils n'avaient aucune raison valable de séparer Sookie de Bill. Si elle partait effectivement avec Isabel, il devrait sortir discrètement pour les suivre.

"Non, monsieur," dit fermement Sookie. Brave fille.

"Non ?" répéta Stan.

"Non. Selon les termes de mon contrat, je ne peux pas me déplacer sans être accompagnée par un vampire de ma zone." Elle releva le menton, et Eric espéra qu'il ne rayonnait pas de fierté. "Bill a été choisi pour cette mission," continua-t-elle. "Je n'irai nulle part sans lui cette nuit."

Eric regarda Stan, qui regardait Sookie comme si elle venait d'un autre monde. C'était le cas, bien sûr. Elle était quelque chose d'entièrement différent d'eux tous.

Quand Stan leur donna finalement la permission de partir, Bill et Sookie sortirent hâtivement de la pièce, suivis par Isabel. Eric croisa le regard de Bill lorsqu'ils passèrent, mais Sookie ne lui jeta même pas un coup d'oeil.

"Les humains," marmonna Stan en levant les yeux au ciel. "Mais c'était une petite chose appétissante cependant, non ?"

Je suis juste content que tu ne saches pas à quel point elle est appétissante. "J'imagine," répondit-il en haussant les épaules.

"Et combien de temps resteras-tu avec nous, Eric ?"

Ainsi Stan méritait bel et bien sa position. Eric croisa calmement le regard de l'autre sheriff. "Jusqu'à ce que son travail ici soit fini. Je n'interviendrais pas dans ton nid."

"Très bien," acquièsca Stan. "Je ne veux pas avoir plus de problèmes que je n'en ai déjà."


Il loua une chambre au Silence Eternel et hypnotisa le réceptionniste pour découvrir le numéro de chambre de Sookie. Après avoir jeté son sac dans sa propre chambre, il se dirigea vers la chambre en question. Juste au moment où il levait la main pour frapper, il entendit les gémissements, halètements et mouvements caractéristiques indiquant du Sexe sur le Point d'Arriver. Il toqua.

"Fichez le camp," s'exclama Bill.

Pas moyen. "Il faut que je vous parle," dit-il en parlant à travers la porte.

Il entendit ensuite la voix frustrée de Sookie. "Nooon. Faites que ce ne soit pas Eric."

Souriant largement à la porte, il répondit, "C'est Eric."

Quelques secondes plus tard, Bill déverouilla et ouvrit la porte en regardant méchamment Eric. "Eric...Quoi ?"

"Puis-je entrer ?"

Bill s'effaça, et Eric entra dans la pièce, ses yeux tombant sur les lambeaux de sous-vêtements de Sookie. Eh bien, eh bien.

"Qu'est-ce que tu veux, Eric ?" demanda Bill.

"Je suis juste venu vous dire que vous vous êtes bien débrouillés ce soir." Il y eut un petit clic en provenance de la salle de bain, et Eric regarda Sookie en sortir dans un petit peignoir. "Bravo à toi aussi, Sookie. Tu as été merveilleuse." Sa gorge s'était soudainement assechée. Il se demanda ce que seraient les conséquences s'il forçait Bill à sortir de la pièce, vérouillait la porte et apprenait à Sookie ce qu'était le vrai plaisir.

Elle plissa les yeux. "Oh ! Mille fois merci d'être venu jusque dans notre suite pour nous le dire. Nous n'aurions pas pu nous endormir sans te savoir satisfait de nos services."

"Ô mon Dieu, serais-je arrivé au mauvais moment ?" demanda-t-il avec un sourire. Il ramassa un des lambeaux. "Ceci serait-il à toi, par hasard, Sookie ?" Ce lui fut difficile de continuer à sourire maintenant qu'il était distrait par une vision d'elle portant un string.

La seule réponse de Sookie fut un regard noir, donc Bill répondit pour elle. "En un mot comme en cent, oui. Y'a-t-il autre chose dont tu veuilles discuter avec nous, Eric ?"

"Nous n'en avons plus le temps, hélas. L'aube est proche, et j'ai encore quelques petites affaires à régler avant de me coucher." Comme faire monter une serveuse dans ma chambre et la baiser contre le mur. "Mais il faut qu'on se voit demain. Quand vous aurez appris ce que Stan attend exactement de vous, laissez-moi une note à la réception et nous conviendrons d'un rendez-vous."

"Bonne nuit, donc," dit Bill.

Eric regarda autour de lui avant de reposer ses yeux sur Sookie. "Tu ne me proposes pas un dernier verre pour la route ?"

Ils restèrent tous les deux silencieux et Eric sortit à reculons sans jamais quitter Sookie des yeux jusqu'à ce que Bill feme la porte. Le verrou fut tourné.

"Tu crois qu'il écoute derrière la porte ?" demanda Sookie.

Il ne s'attarda pas plus longtemps.

A son étage, une blonde attirante portant l'uniforme de l'hôtel releva la tête de son chariot. "Un dernier verre avant l'aube, monsieur ?" demanda-t-elle.

Il regarda la bouteille de TrueBlood qu'elle lui tendait avant de la regarder elle. "Ton cou ou ta cuisse ?" murmura-t-il en se rapprochant.

"Oh mon Dieu," souffla-t-elle.

Elle appela son dieu de nombreuses fois avant qu'il n'en eut fini avec elle.


La première chose dont il fut conscient ensuite, fut que son téléphone sonnait. "Quoi ?" marmonna-t-il dans le combiné.

"Sookie," dit la voix de Bill. "La Confrérie tient Sookie."

"Merde." Il bondit hors du lit, toujours nu, et ouvrit son sac avec une telle brutalité qu'il le déchira presque. La couture intérieure baillait un peu, mais ce serait suffisant pour ses besoins. "Comment tu le sais ?" demanda-t-il alors qu'il s'enfilait ses vêtements à toute hâte.

"L'un des employés de l'hôtel, Barry, est un télépathe, apparemment. Sookie...ben, s'est connectée à lui et lui a dit où la trouver. Je suis en route."

"Garde-moi quelques-uns de ces connards," grogna Eric.

"Je pense que tu devrais rester à l'hôtel. Et si elle recontactait Barry ?"

Il soupira et s'assit sur son lit. Il détestait devoir accepter, surtout si il y avait une tuerie potentielle impliquée. "Très bien. Est-ce que Stan est au courant de ce qui se passe ?"

"Oui."

"Bien. Appelle-moi dès que tu l'auras récuppéré." Il avait déjà raccroché avant même que Bill ne puisse lui répondre. "Merde," répéta-t-il en se laissant tomber sur le lit bancal. "Merde."

Il passa quelques minutes allongé là, à imaginer les moyens les plus créatifs de tuer quiconque ayant osé blesser Sookie, puis il quitta sa chambre pour chercher Barry. Il fut dirigé vers l'accueil où il trouva le jeune homme occupé à discuter avec une autre employée.

"Puis-je vous aider, monsieur ?" demanda l'autre, la femelle.

"Barry," dit-il simplement. "Viens avec moi." Il entraîna Barry dans la petite salle où l'hôtel servait son petit-déjeûner continental aux clients humains chaque matin. Jetant quelques centaines de dollars sur la table, il dit, "Assied-toi."

"P...puis-je vous aider ?" demanda Barry. Sa peur ne semblait pas l'avoir empêché d'empocher les billets.

Eric commença à faire les cent pas. "Dis-moi tout ce que tu as entendu de Sookie. Les moindres détails dont tu te rappelles."

Alors que Barry relatait sa 'conversation' décousue avec Sookie, Eric continua à faire les cent pas, l'interrompant occasionnellement avec une question. Il n'y avait rien de plus qu'il pouvait faire pour le moment, réalisa-t-il avec frustration. Barry partit, et Eric s'assit sur la chaise qu'il avait occupé.


Il passa les quelques heures suivantes à l'extérieur de l'hôtel, se tenant sur le trottoir avec ses mains dans ses poches. Foutrement inutile, songea-t-il. Bill l'avait appellé deux fois : tout d'abord, pour reporter que Sookie avait, d'une manière ou d'une autre, réussi à échapper à la Confrérie, bien qu'elle ait été blessée et qu'elle ait dû être conduite à l'hôpital; ensuite pour dire à Eric que Sookie avait quitté l'hôpital et était...dieu seul savait où. Il reçut aussi un coup de fil de Stan qui lui parla du raid qu'avait fait son nid à la Confrérie. Godfrey, qui avait commencé tout ce bordel, leur avait échappé.

Et lui ? Rien à faire à part attendre. Mais finalement, il fut content d'être là.

Une voiture se gara en double file. La porte s'ouvrit, et Sookie - les yeux recouvert d'un bandeau - en sortit. "Sookie !" s'exclama-t-il en avançant vers elle. La portière claqua, la voiture redémarra en trombe, et Sookie fut abandonnée là, à essayer de dénouer son bandeau de ses doigts tremblants. "Sookie ?" répéta-t-il.

"Eric ?"

Elle n'avait toujours pas réussi à se débarasser de son bandeau donc il tendit la main et le dénoua facilement. Elle était amochée. Son visage était couvert de bleus et ensanglanté, et sans parler de son corps. Elle semblait avoir des éclats de verre dans le bras. Ses vêtements étaient en lambeaux. En une autre occasion, il aurait peut-être prit le temps d'admirer la naissance de ses seins sous sa chemise aux boutons manquants et les douces courbes de ses jambes sous sa jupe déchirée mais il était trop concentré sur sa colère.

Il l'attrapa par le bras - doucement, espéra-t-il - et la soutint. Pourrait-elle être convaincue de prendre son sang ? Non, Bill serait furieux, et Bill pouvait la soigner tout aussi bien que lui. Il baissa les yeux vers elle et essaya de comprendre pourquoi il voulait lui donner son sang. Comme à chaque fois qu'il y pensait, il ne trouva aucune réponse.

"Que t'est-il arrivé ?" lui demanda-t-il.

"J'ai été..." Elle s'interrompit et secoua la tête. "Eh bien, c'est un peu long à expliquer. Où est Bill ?"

Il lui raconta les aventures de Bill, frustré une fois de plus, de ne pas y avoir prit part. "Par conséquent, il a perdu ta trace," conclut-il. "Et le chasseur de l'hôtel n'avait pas eu d'autre contact...psychique avec toi."

"Pauvre Barry ! Est-ce qu'il va bien ?"

Eric lui fit un sourire ironique. "Plus riche de quelques centaines de dollars, et il en était content. Maintenant, il ne manque plus que Bill." Cette fois-çi, son sourire se fit plus doux. "Quelle empoisonneuse tu fais, Sookie," dit-il en sortant son portable pour composer le numéro de Bill.

"Qu'as-tu appris ?" demanda Bill sans préambule.

"Bill, elle est avec moi. Des changelings l'ont ramenée à l'hôtel."

"Est-elle blessée ? Ils ont dit qu'elle n'aurait pas dû quitter l'hôpital."

"Un peu esquintée, mais entière," répondit-il. Il réalisa qu'il lui tenait toujours le bras.

"Est-ce qu'elle a sa clé ?"

Eric répéta la question à Sookie, qui fouilla dans ses poches. "Oui," répondit-elle alors que du soulagement apparaissait sur son visage.

"Bien," dit Bill en l'entendant.

"Oh, mais attends !" s'exclama-t-elle. "Et Farrell ?"

"Oui, dis-lui qu'ils-" commença Bill, mais Eric l'interrompit en levant la main pour faire comprendre à Sookie qu'elle devrait attendre une minute. Il connaissait déjà l'histoire, et il pourrait tout lui raconter en montant dans la chambre. Elle devait souffrir, et plus tôt il commencerait à la soigner, mieux ce serait.

"Bill, je vais l'emmener dans votre chambre et commencer à la soigner."

"Non !"

Il pensa à de nombreuses insultes qui pourraient qualifier Bill Compton, mais il se contenta de dire, "Bill..." Il n'avait pas le temps de subir la jalousie puérile du jeune vampire. Sookie avait besoin de soins et elle ne devrait pas avoir à attendre que son petit-ami arrive pour les recevoir.

Bill soupira. "Ne lui donne pas de sang."

"Très bien. Au revoir." Il referma son portable et fit un signe de tête vers les portes de l'hôtel. Il marcha lentement alors qu'elle boitait à côté de lui, et il garda sa main sur son coude pour la soutenir. "Oui, Farrell a été libéré," lui dit-il alors qu'ils marchaient. "Une escouade de vampires a attaqué le centre."

"Est-ce que...il y a eu beaucoup de victimes ?" demanda-t-elle en relevant la tête pour le regarder de ses grands yeux bleus.

"La plupart d'entre eux ont eu trop peur pour approcher. Ils ont pris la fuite et sont rentrés chez eux. Farrell était dans une cellule avec Hugo."

"Oh, oui, Hugo," dit-elle. "Qu'est-il arrivé à Hugo ?"

Il la regarda en se demandant comment elle pouvait penser à toutes ces personnes pathétique alors qu'elle était aussi secouée et blessée. Elle ne devrait penser qu'à elle. Elle était certainement la seule personne ou chose que lui avait à l'esprit.

"Puis-je te porter ?" demanda-t-il. Ils atteignirent l'ascenseur et il appuya sur le bouton. Ils avaient encore un long chemin à faire pour arriver jusqu'à sa chambre.

"Oh, je crois que ça ira," dit-elle d'une voix légère. "J'ai bien réussi à marcher jusque-là."

Il étudia les lumières qui indiquait la position de l'ascenseur dans les étages. Elle était fière et tétue, des traits de caractères qu'il admirait habituellement. En l'occurence, ces traits le frustrait, bien qu'il comprenne son besoin de reprendre le contrôle de la situation après qu'elle ait été retenue contre sa volontée et maltraitée. Se pourrait-il aussi qu'elle ne lui fasse pas confiance ? Avait-elle peur de lui ?

L'ascenseur s'ouvrit enfin et il la suivit dedans. Il appuya sur le bouton du troisième étage et s'adossa contre le mur pour la regarder. Elle croisa son regard un instant, puis ses yeux se posèrent sur le mur derrière lui. L'ascenseur était rempli de miroirs et il sut qu'elle se voyait pour la première fois.

"Oh, non...oh, non." Elle se toucha les cheveux - les cheveux ! - et son visage se couvrit de larmes.

Il ne pouvait pas supporter de la voir pleurer, pas quelqu'un d'aussi courageuse et fière qu'elle. Pas quelqu'un dont les larmes avait probablement le goût le plus doux au monde. "Sookie, un bon bain, des vêtements propres et il n'y paraîtra plus," dit-il gentiment. Résisterait-elle s'il essayait de la prendre dans ses bras ?

Elle cligna des yeux et se força à sourir. "Le loup-garou qui conduisait t'a trouvé à son goût." Sa tentative de se remonter le moral ne fonctionna pas parce qu'elle commença à pleurer encore plus fort.

Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent. Ils sortirent dans le long couloir et il la prit dans ses bras, la serrant contre lui.

"Un loup-garou ?" répéta-t-il., en parlant contre ses cheveux emmêlés. "Il t'en est arrivé, des aventures, ce soir."

C'était la première fois qu'il la tenait dans ses bras, qu'il la tenait vraiment, seul avec elle, et il eut l'impression qu'il absorbait sa chaleur comme une éponge. Alors qu'elle sanglotait contre lui, ses larmes libérèrent l'odeur du sang séché sur son visage. Il se mordit la langue, refusant de permettre à ses crocs de sortir.

Elle se recula soudainement. "Oh, je suis si désolée," dit-elle rapidement. Il ne réalisa pas qu'elle parlait de son costume jusqu'à ce qu'elle commence à tamponner sa chemise avec l'écharpe qui lui avait servit de bandeau.

"Ne pleure plus. Cesse de pleurer, et je ne penserai plus à mon costume taché. Je m'en achèterai même un autre, si tu veux." Les coins de sa bouche s'étirèrent et ensuite, ses sanglots tremblotants se transformèrent en un petit rire. "Il y a quelque chose de drôle ?" demanda-t-il avec curiosité.

Tout en secouant la tête, elle ouvrit la porte de sa chambre. Elle entra en boitant et en grimaçant et jeta l'écharpe sur le lit. Il sut instinctivement qu'elle voulait un bain. Cette idée l'excita malgré lui. Il n'avait jamais prétendu être parfait. Et il voulait vraiment l'aider.

"Je vais te faire couler un bain et t'aider à entrer dans la baignoire."

Sa voix fut légère et calme lorsqu'elle refusa, comme il savait qu'elle le ferait. "Oh, non, non ! Ça ira."

Il sourit. "Je parie que tu es délicieuse dans le plus simple appareil."

"Tu le sais déjà," répondit-elle en se laissant tomber sur une chaise. "Je suis aussi délicieuse qu'un éclair au chocolat, pour vous autres vampires. Mais pour l'instant, je me fais plutôt l'effet d'un vieux boudin tout racorni"

Il rapprocha l'autre chaise d'elle et plaça sa jambe dessus. Alors qu'elle ajustait son pack de glace et essayait de se détendre, il décrocha le téléphone et appela la réception.

"Récéption. Comment pouvons-nous vous aider ?"

"J'ai besoin d'une pince à épiler, d'un bol, d'une crème antiséptique et d'une chaise à roulette. Tout de suite, s'il vous plaît."

Sans même attendre une réponse, il reposa le téléphone sur son socle. Dans la petite salle de bain, il attrapa un des gants de toilettes parfaitement pliés posé sur une étagère au-dessus des toilettes, le passa sous l'eau chaude et l'essora légèrement. Une fois fini, il n'eut plus rien d'autre à faire jusqu'à ce que le room service arrive. Il s'assit sur le lit près de Sookie et se pencha en avant, les bras sur les genoux. Elle était appuyée contre le dossier de sa chaise avec les yeux fermés, et il profita de l'opportunité pour admirer la vue.

"Je suis désolé que tout ça te soit arrivé, Sookie," dit-il finalement.

Elle ouvrit les yeux et tourna légèrement la tête vers lui pour le regarder. "Ce n'est pas de ta faute."

"Non, mais je suis quand même désolé."

Ils restèrent ensuite silencieux jusqu'à qu'un des employés de l'hôtel arrive avec le matériel demandé posé sur la chaise. Eric donna un pourboire au jeune homme avant de se mettre immédiatement au travail. Il approcha le petit bureau de Sookie et posa prudemment son bras droit dessus avant d'allumer l'applique au-dessus d'eux.

Il utilisa le gant de toilette pour nettoyer sa peau autant que possible sans lui faire mal, avant d'attraper la pince à épiler et de se pencher sur son bras. Chaque minuscule fragment de verre atterrit dans le bol vide avec un petit bruit. Elle se mordait les lèvres.

"Si tu étais une fille ordinaire, je t'hypnotiserais et tu ne sentirais absolument rien." Il la regarda. "Courage !" Le mot le plus inutile que quiconque ait jamais dit à Sookie Stackhouse, mais il n'y avait rien d'autre à dire pour la réconforter. Ça devait faire un mal de chien.

Elle acquièsca, se renfonça sur sa chaise et ferma à nouveau les yeux. Même avec les yeux fermés, des larmes coulèrent continuellement sur ses joues, et il lui fallut toute sa volonté pour ne pas les lécher. Occasionnellement, elle poussait un geignement presque inaudible ou un halètement, mais elle resta pratiquement silencieuse alors qu'il la soignait. Une ou deux fois, il se pencha en avant pour lécher son sang, ce qui aiderait aussi la blessure à cicatriser.

Ils entendirent Bill insérer sa clé, puis il entra, grimaçant quand il vit le visage de Sookie. Eric compatit. Après que Bill ait vérifié le travail d'Eric, il toucha la joue de Sookie.

"Comment t'es-tu fait ça ?" demanda-t-il. Eric avait hâte de le découvrir lui-même.

Alors qu'Eric continuait à enlever les morceaux de verre du bras de Sookie, Bill tira une chaise jusqu'à eux et ensuite Sookie commença son histoire.

"Ben, on est arrivé là-bas et on a rencontré les Newlin. Et ils ont voulu nous faire visiter l'endroit. J'ai essayé de trouver des excuses pour nous sortir de là, mais ils continuaient à nous entraîner de plus en plus profondément dans le bâtiment. On a fini par arriver dans un genre de donjon. J'ai commencé à me sentir vraiment claustrophobe donc j'ai essayé de courir vers les escaliers. Mais ce type, Gabe, m'a attrapé par la cheville. Ça m'a fait tomber et c'est là que la plupart de tout ça..." Elle s'interrompit et désigna son corps d'un geste de la main. "...est arrivé. Bref, ils savaient qui on était vraiment parce que Hugo nous a trahi. Et on a tous les deux été enfermés. Hugo m'a expliqué pourquoi il a fait ça et tout. Et puis Gabe est revenu." Sa voix s'essouffla, et elle arrêta de parler.

Eric finit son travail sur son bras et commença à répandre doucement la pommade, effleurant à peine sa peau du bout des doigts. Il se fit une petite entaille sur le doigt avec l'un des bris de verre et il étala son sang avec la pommade. Ni Bill, ni elle ne s'en aperçurent.

"Continue, Sookie," dit doucement Bill.

"Il a mit Hugo dans la cellule avec Farrell, et ensuite, il est revenu pour moi." Elle avala sa salive. "Il a essayé de me violer. Je l'ai repoussé avec une chaise, mais il avait un pistolet paralysant et - il a ouvert son pantalon...Il a déchiré mon chemisier...arrêtait pas de me traiter de salope..."

A nouveau, sa voix lui fit défaut. Bill se pencha vers elle et souleva ce qui restait de son chemisier. Son soutien-gorge était lui aussi déchiré. "Et qu'est devenu ce Gabe ?" La voix de Bill était étranglée par le self-contrôle qu'il s'efforçait de garder.

"Eh bien, il est mort. Godfrey l'a tué."

Eric haussa les sourcils et se pencha en avant. "Tu as vu Godfrey ?"

Elle hocha la tête. "Tu avais raison, Bill. C'est bien lui qui était responsable de l'enlèvement de Farrell, bien que je n'ai entendu aucun détail. Mais c'est aussi lui qui a empêché Gabe de me violer." Elle releva le menton et sourit un peu. "Enfin, je l'avais déjà bien amoché, ce salaud."

Eric eut un large sourire. Il enviait Godfrey d'avoir eut le plaisir de tuer ce misérable connard. L'idée que Sookie soit violée par un tel...Il serra les poings mais ne dit rien.

"Arrête de te vanter," dit Bill, en souriant lui-même. "Donc ce fumier est mort."

"Sans l'intervention de Godfrey, jamais je n'aurais pu échapper à Gabe et c'est aussi grâce à lui que j'ai réussi à m'enfuir," dit Sookie. "Surtout qu'il n'avait qu'une seule idée en tête, 's'offrir au soleil'. Où est-il ?"

"Il s'est enfui pendant l'attaque de la Confrérie. Personne n'a pu le rattraper."

"Que s'est-il passé à la Confrérie ?" demanda-t-elle.

Elle avait clairement fini de parler, et tout le reste n'était plus que des informations qu'Eric connaissait déjà. Il se leva, attrapa le bol, le gant de toilette, la pommade et la pince à épiler et il alla les déposer près de l'évier.

"Je te ferai un rapport détaillé, Sookie," dit Bill, "pendant que tu prendras ton bain. Mais, d'abord, on va dire bonne nuit à Eric."

"Okay. Bonne nuit, Eric. Merci d'avoir joué les infirmières pour moi."

Alors c'était tout ? Il regarda Bill, attendant quelque chose de plus, mais comprit qu'il ne serait pas satisfait. Bill avait l'air déterminé. Et Sookie devait vouloir désespéremment prendre un bain. C'est la seule pensée qui l'apaisa et il se dirigea vers la porte.

"Je pense que tu sais l'essentiel," dit Bill. "Si j'en apprends davantage, je passerai dans ta chambre plus tard."

Tu rêves. "Parfait," dit Eric. Il regarda à nouveau Sookie, sans savoir quoi lui dire. Il se sentait inexplicablement attiré par elle, encore plus qu'avant. "Repose-toi bien, Sookie," dit-il finalement.

"Oh !" dit-elle soudainement. "Vous savez, on doit une fière chandelle aux changelings." Elle dût voir l'expression sur leurs deux visages parce qu'elle continua. "Enfin, peut-être pas vous, mais moi, oui."

Eric sourit. "Oh, ils ne tarderont pas à se manifester. Les changelings ne sont pas du genre à rendre service pour la beauté du geste." Et il leur payerait ce qu'ils demanderaient avec plaisir, vu qu'il lui l'avait ramenée en vie et en assez bon état. "Bonne nuit, Sookie. Je suis vraiment heureux que tu n'ais pas été violée et tuée." Il lui fit un large sourire; il pensait vraiment ce qu'il avait dit, mais il l'avait dit principalement pour lui remonter le moral.

"Et bien, euh, merci, c'est gentil. Bonne nuit." Elle s'était rappuyée contre le dossier de sa chaise et ferma à nouveau les yeux, et Eric se demanda si elle arriverait jamais à prendre un bain cette nuit-là.

Il utilisa le reste de la nuit pour consulter ses emails et gérer ses affaires depuis son ordinateur portable avant de se soumettre au lever du soleil.


Sookie avait l'air en bien meilleure forme lorsqu'il la revit le soir suivante dans le nid de Stan. Son visage était toujours salement amoché, et elle boitait, mais elle avait reprit des couleurs. Elle portait une petite robe mordorée et pas de soutien-gorge. Sa bouche s'assècha. Une mordue venait juste de la laisser seule sur le canapé et il en profita pour s'asseoir à côté d'elle.

Pas de culotte non plus, lui confirma son nez. Elle aurait été embarassée si elle avait su que tous les vampires à cinq mètres à la ronde en étaient conscients. Il se força à ignorer le désir qui venait de naître en lui.

"Comment vas-tu ?" lui demanda-t-il en regardant son bras.

"Mieux que je n'en ai l'air," éluda-t-elle.

"Tu as vu Hugo et Isabel ?" Un trait de génie de la part de Stan, avait-il décidé.

"Oui."

"Approprié, tu ne trouves pas ?"

"En un sens, oui," admit-elle. "A supposer que Stan s'en tienne là."

Eric lui fit un large sourire. "Tu ne lui as pas dit ça, j'espère ?" Une partie de lui souhaitait qu'elle ait dit ça à Stan, et qu'il ait été là pour voir ça.

"Non. Enfin, pas aussi directement. Vous êtes tous tellement fiers."

Elle n'était peut-être pas capable de lire dans leurs pensées, mais elle les connaissait certainement. "Oui," dit-il lentement, "j'imagine qu'on ne peut pas dire le contraire."

"Est-ce que tu es venu juste pour veiller sur moi ?"

"A Dallas ?" demanda-il, ignorant si elle parlait juste de ce soir ou de tout le voyage. Elle acquiesça. "Oui." Il haussa les épaules, comme s'il aurait fait ça pour n'importe qui d'autre. "C'est la première fois que nous louons tes services à l'extérieur. Je voulais m'assurer que les choses se dérouleraient normalement, sans pour autant faire jouer ma position officielle." C'était des bobards, et absolument pas logique, mais elle l'accepta.

"Tu crois vraiment que Stan ignore qui tu es ?" demanda-t-elle.

"Ce n'est pas trop difficile à deviner," dit-il après avoir décidé qu'il lui donnerait une réponse neutre. "Il aurait sans doute fait comme moi, à ma place."

"Et maintenant que tu es rassuré, tu ne penses pas que tu pourrais tout simplement me laisser mener une petite vie sans histoires, à Bon Temps, avec Bill ?"

Il reçut la question comme un coup de poing à l'estomac, mais il se força à sourire. "Non. Tu m'es trop utile. En outre, je suis persuadé que, plus tu me verras, moins tu pourras te passer de moi." C'était plus que ce qu'il s'attendait à dire ce soir.

"Tu es pire que la mauvaise herbe," répliqua-t-elle en lui souriant aussi.

Tout ce à quoi il pouvait penser était de l'attirer sur lui, relever un peu cette robe, et la prendre au milieu de cette foule. Au lieu de ça, il éclata de rire.

"Tu es absolument à croquer dans cette robe. Surtout sans rien en dessous." Bien qu'il voulait juste flirter avec elle, ses pensées se firent plus sérieuses. "Tu sais, si tu quittais Bill pour moi de ton plein gré, il serait bien obligé de s'incliner."

"Mais je n'ai absolument pas l'intention de faire une chose pareille."

Il était sur le point de lui suggérer qu'elle pourrait changer d'avis un jour, mais elle posa soudainement ses doigts sur sa bouche. Il les aurait léché si elle n'avait pas eu l'air aussi sérieuse. Elle bougeait la tête comme si elle essayait d'entendre quelque chose...ce qui, bien sûr, était le cas.

"Aide-moi à me lever." Il fit ce qu'elle lui demandait et il la fixa, attendant le moindre indice pouvant lui indiquer ce qu'il se passait. "Eric..." murmura-t-elle, puis elle cria, "Couchez-vous !"

Il se jeta sur elle alors que différents types d'armes faisaient feu sur eux. Sookie avait les yeux fermés, mais il se sentait revigoré. Il avait voulu affronter ces bâtards, et il en avait la chance maintenant. Quand il baissa à nouveau les yeux vers Sookie, elle le regardait.

Elle avait l'air terrifiée, donc il lui fit un large sourire. "Je savais bien que j'aurais le dessus un jour," la taquina-t-il.

"Tu cherches à me mettre en colère pour me faire oublier la trouille qui me noue les tripes, c'est ça ?" lui demanda-t-elle d'une voix tremblante.

"Non. Simplement, je ne laisse jamais passer une bonne opportunité quand elle se présente." Elle se débattit pour se libérer, mais elle n'était pas encore en sécurité, donc il souffla, "Oh ! Continue comme ça. C'est divin !"

Elle s'immobilisa alors que ses yeux se remplissaient de larmes. "Eric," dit-elle lentement, "la fille à laquelle je parlais il n'y a pas cinq minutes gît à deux pas, avec la moitié de la tête arrachée."

Il souleva une partie de son poids d'elle, mais se maintint au-dessus de son corps. Il y avait une douleur lancinante dans son épaule, mais il l'ignora. "Sookie, ça fait des siècles que j'ai rendu mon dernier soupir. Je suis habitué. Mais elle n'est pas encore tout à fait morte. Il reste en elle une minuscule étincelle. Veux-tu que je la ramène à la vie ?" Elle ne dit rien pendant un long moment, et il sentit la vie de la fille disparaître pour de bon. "Trop tard," murmura-t-il.

La maison devint très silencieuse lorsque les coups de feu s'arrêtèrent et que les pneus crissèrent, puis les cris et les sanglots rompirent le silence comme les coups de feu l'avaient fait.

Eric fit semblant de soupirer en se relevant. "Aucune bonne excuse pour m'attarder davantage." Notant son propre sang imbibant sa chemise autrefois immaculée, il ajouta avec désinvolture, "C'est une malédiction. Chaque fois que je m'approche de toi, ma chemise se retrouve dans un sale état."

"Oh, merde ! Mais c'est du sang ! Tu as été touché !" répéta-t-elle, comme s'il ne s'en était pas rendu compte. "Bill ! Bill !"

Il savait pertinemment que Bill était partit avec les autres pour tuer leurs assaillants. Ça ne fit que renforcer sa résolution de lui donner son sang. Bill ne serait pas toujours là, et elle avait besoin d'une protection supplémentaire. Il se dit que son propre désir pour elle n'était qu'une petite fraction des raisons pour lesquelles il s'apprétait à faire ce qu'il allait faire.

Il enleva sa chemise couverte de sang. "La balle est encore dans la plaie, Sookie. Aspire-la."

Sa réaction fut exactement celle à laquelle il s'attendait. "Quoi ?"

"Si tu ne la retires pas, la blessure va se refermer et elle restera à l'intérieur," mentit-il. "Si tu es si délicate, va donc chercher un couteau !"

"Mais je ne peux pas faire une chose pareille," dit-elle, en partie pour elle-même.

"J'ai pris cette balle à ta place," grogna-t-il. "Alors tu peux bien me l'enlever, non ? Tu n'es pas lâche."

Elle semblait résignée, donc elle prit sa chemise et enleva l'excès de sang avant de presser sa bouche contre sa plaie.

Ce n'était pas les circonstances qu'il aurait choisi, mais la sentir prendre son sang fut un vrai plaisir. Il fut incapable de retenir un gémissement. Elle se recula avec la balle entre les dents, et elle se tourna pour la cracher - ainsi que la plupart de son sang - par terre. Mais il sut instantanément qu'il était désormais une part d'elle. Elle avait avalé un peu de son sang, comme il l'avait voulu, et alors que son sang entrait dans son corps, il la sentit se répandre dans sa conscience.

Peur, frustration, inquiétude...

"Tout ce sang embaume la pièce," s'entendit-il dire d'une voix qui n'était qu'un chuchotement.

Elle le regarda comme si elle ne l'avait pas entendu. "Eh bien ! C'est le truc le plus dég-"

A ce moment, il la désirait plus qu'il n'avait jamais désiré qui que ce soit au cours de sa longue vie. L'excitation de la bataille, la nouvelle sensation de devenir une part d'elle, le désir qu'il éprouvait pour elle depuis cette première nuit à Fangtasia, le désir qu'il éprouvait pour elle ce soir alors qu'elle était assise à côté de lui avec rien d'autre qu'un simple morceau de tissu le séparant de ce qu'il voulait - tous exigeaient une réponse. "Et tes lèvres en sont pleines," dit-il, d'une voix qui n'était toujours qu'un chuchotement.

Sans plus y réfléchir, il prit son visage entre ses mains et l'embrassa avec toute la passion qu'il avait à lui offrir. Ses crocs étaient sortis sans qu'il s'en rende compte à un moment ou à un autre - pendant l'attaque peut-être ? - et il gémit à nouveau quand il sentit la langue de Sookie s'enrouler autour de l'un d'entre eux. Elle répondait à son baiser, et ça l'excita encore plus.

Mais elle rompit le baiser. Il sentit son désir comme si c'était le sien...c'était le sien, et celui de Sookie, aussi. Mais sa peur et son inquiétude refirent surface.

Il se lécha les lèvres et goûta son propre sang. "Va chercher Bill," réussit-il à dire. Il reconnut à peine le son de sa propre voix.

Avant qu'elle ne parte, il la regarda ramasser la balle, l'envelopper dans un lambeau de sa chemise et la glisser dans sa poche.


Prochain chapitre : Orgie

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