Yo ;)

Me revoilà avec un 7ième chapitre. Je sais que la dernière fois je vous avais laissé un peu sur votre fin, mais le dénouement s'approche !

Sachez que cette petite fic s'arrêtera au chapitre 10 qui est en fait plus un épilogue qu'un chapitre en plus... Alors profitez en bien parce que c'est bientôt la fin !

Bonne lecture :)


Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz

Calie sort tout droit de mon pays imaginaire personnel. Enfin, presque...


Chapitre 7 : Quand l'escalier fait crac

Quelques larmes dégringolaient sur les joues de Calie mais elle souriait en même temps.

« Comment ça « alors c'est vrai » ? Qu'est ce que…

- C'est vrai ! coupa Calie. Ca existe réellement. Le pays des merveilles, il existe bel et bien. Et toi, toi, tu es le chapelier fou, tu as vécu là bas. La reine de cœur t'as coupé la tête, c'est ça ? Je ne suis pas folle. Ca existe. Je ne suis pas démente ! »

Jefferson acquiesça difficilement. Des tonnes de questions se bousculaient dans sa tête. Comment Calie pouvait-elle être au courant ? Elle paraissait si sûre d'elle, comme si elle l'avait toujours su, comme si elle venait d'un autre monde et pas de la Terre, elle aussi. Il l'observa s'agiter dans tous les sens, immobile et un peu surpris par tout ce qui venait de lui tomber dessus.

« Calie, comment…

- Toutes ces années… Toutes ces années ils ont cru que je délirais ! Ils me bourraient de médocs pour soit disant me soigner. Me soigner ?!

- Te soigner de … ?

- Depuis quand la vérité est une folie ? Je savais que le pays des merveilles existait et ils ne m'ont pas cru. Ils m'ont enfermé et drogué pendant dix-neuf ans.

- Ils croyaient que t'étais folle alors que tu n'étais qu'une gamine ?

- Je savais que j'avais raison, j'aurais juste du fermer ma grande gueule. J'étais trop entêtée. »

Le brun s'empara des poignets de la blonde pour qu'elle arrête de brasser de l'air. Elle avait grand besoin de se calmer. Jefferson avait l'impression qu'elle allait tout casser autour d'elle.

« Tu en étais convaincue ? Pourquoi ? »

Calie s'arrêta nette et le chapelier la libéra. Elle s'éloigna de lui en soufflant. Son problème était le temps. Trop rapide, ou trop lent selon les moments. Elle comprenait Jefferson qui en avait si peur. Là, tout de suite, la blonde aurait juste voulu que les piles de l'horloge grillent et que les aiguilles se stoppent.

« Jefferson… Je t'ai menti. »

Sa voix tremblait et elle prit une pause.

« Je ne m'appelle pas Calie Skyeling. Ce n'est qu'une anagramme pour Alice Kingsley... »

Le brun resta bouche-bée un petit moment devant la jeune femme gênée. Puis, il examina attentivement son visage, ses cheveux blonds, ses yeux bleus, son nez, ses lèvres. Il l'avait observé tellement de fois sans comprendre, sans émettre ne serait-ce qu'un simple doute. Il avait été trop préoccupé par sa personne, par sa malédiction, par le temps qu'il devait gaspiller quand il en avait trop, par le temps qui passait trop vite parfois, par le thé, par son télescope. Maintenant, tout était clair. Un mot avait tout changé.

« Alice ? Ma Alice ? »

La blonde dessina un sourire sur son visage triste. L'homme en face d'elle ne semblait pas déçu ou contrarié, il semblait heureux, heureux de l'avoir retrouvé. Jefferson prit Alice dans ses bras et la serra si fort qu'elle crut étouffer. Mais on n'étouffe pas de l'amour, du moins pas comme ça. Elle sentit son cœur gonfler et prendre de plus en plus de place dans sa poitrine brulante. Son battement résonnait dans ses oreilles. Ses pieds ne touchaient plus le sol, le brun l'avait soulevé dans les airs en la gardant collé contre lui. Les lèvres de la blonde se posèrent dans son cou, sur la cicatrice qu'il détestait tant et qu'il n'avait jamais autant aimé qu'à cet instant.


« Petit déjeuner salé ! Œufs au plat, bacon, toasts et jus d'orange.

- C'est donc pour ça que tu t'étais faufilé jusqu'à la cuisine tout à l'heure !

- Comment tu sais que je suis allée dans la cuisine ?

- La quatrième marche de l'escalier grince.

- En partant du haut ou du bas ?

- Les deux. »

Alice rit et déposa le plateau sur les genoux de Jefferson, dans son lit. Ce dernier se lécha les babines. Il était bien déterminé à profiter de la cuisine de ce monde là. En même temps, les plats que préparait la blonde lui mettaient l'eau à la bouche à chaque fois. Il s'essayait à la cuisine à ses heures perdues sous les conseils avisés d'Alice. Le temps passait plus vite avec elle. Il n'aurait jamais imaginé profiter autant de la vie il y a de cela quatre jours.

Elle s'installa en tailleur à côté de lui et attrapa son assiette pour dévorer un toast.

« Tu m'étonneras toujours, Alice. »

La jeune femme sourit au chapelier et elle le regarda dévorer son petit déjeuné. En le voyant profiter de la vie et de ses bonnes choses, le visage de la blonde se fana un peu. Elle n'avait jamais eu une chambre comme celle-là. Même si les couleurs n'étaient pas chaudes et accueillante, au moins la pièce était vivante. Jefferson s'arrêta dans sa dégustation.

« Tout va bien ? »

La blonde reprit ses esprits.

« Hein ? Oui, bien sûr, pourquoi ça n'irait pas ?

- Tu observes la chambre depuis tout à l'heure, j'ai presque fini de manger, tu divagues complètement, tu as les yeux un peu rouges et, ah oui, tu mens très mal.

- Mauvais défaut.

- Jolie qualité. »

Leurs yeux bataillèrent pour savoir qui avait raison mais le duel s'arrêta bien vite. Le chapelier attrapa la douce et tremblotante main d'Alice. Il prit une voix velouteuse et rassurante.

« A quoi tu pensais ?

- A toutes ces années gâchées… Tout ce que j'ai manqué et tout ce que je n'ai pas pu faire, voir, entendre, découvrir, aimer, détester, apprendre. Quand je vois la vie que tu as, j'ai mille et une choses qui me viennent à l'esprit.

- Donc pour toi ma vie est parfaite ?

- Pour moi oui, tu as tout ici. Non mais regarde ce manoir, il est fantastique ! A côté de toi, j'ai l'impression d'avoir raté ma vie. »

Jefferson se mit à rire nerveusement. Une douloureuse chaleur grimpa avec vitesse jusqu'au sommet de sa tête et ses poings se serrèrent pour rester calme. Il réfléchit posément à ce qu'il allait lui dire.

« Alice, on a plus en commun que ce que tu crois. Ce vieux manoir, pour toi, il ressemble à la liberté ? Si c'est le cas, alors c'est une cage dorée. Une prison dorée. »

Le chapelier regarda sa montre et esquissa un sourire rapide. Il vira le plateau de son petit déjeuné et sauta du lit. Calie le suivit sans même poser la moindre question. Le brun traversa le couloir et s'engouffra dans la salle de confection.

La blonde hésita. Il était rare que Jefferson la laisse entrer pour nettoyer cette pièce et elle se sentit presque gênée d'y pénétrer avec lui. La multitude de chapeaux hauts de forme l'étonnait à chaque fois et Jefferson les rangeait toujours avec classe. Ce dernier s'approcha du télescope vers la fenêtre et observa l'image qu'il renvoyait. Alice essaya de distinguer à l'œil nu ce que le chapelier contemplait mais elle ne voyait que des arbres.

Le visage de Jefferson semblait serein dans un premier temps. Mais plus le temps passait, plus sa peau se colorait en rouge. Son sourire essayait de camoufler sa colère. Le brun avait une boule au ventre criant « révolution » même s'il savait très bien qu'il était cloitré dans ce manoir pour une durée encore indéterminée – peut-être même à jamais. La rage qu'il cumulait depuis toutes ces années accroissait sa folie comme des mauvaises herbes pousseraient dans un jardin non entretenu.

Le chapelier s'écarta du télescope pour que Calie jette un coup d'œil.

« Je suis emprisonné ici depuis déjà trop d'année. 10 ans, 15 ans, peut-être 20. Trop d'années à me demander si le réveil suivant changera quelque chose. Trop d'années à voir ma petite Grace dire au revoir à ses soi-disant « parents » chaque matin avant d'aller à l'école. Trop d'années à regarder cette ville figée, ou chaque jour ressemble au précédent et où personne ne s'en rend compte. Trop d'années à être conscient de cette supercherie sans pouvoir rien faire. »

La blonde se redressa pour voir les larmes embuer les yeux de Jefferson.

« Trop d'années à voir tourner le monde sans avancer. Trop d'années de remord pour avoir abandonné ma fille et pour être un père détestable. »

Sa voix était de plus en plus faible, les mots avaient du mal à s'affirmer, sa gorge était nouée. Une larme s'abandonna sur la joue du brun. Il avait prit l'habitude de laisser la colère parler pour lui mais cette fois, et pour la première fois, c'était la tristesse qui s'était montrée. La blonde enroula ses bras autour de sa nuque. Jefferson ne dit rien et garda les bras le long du corps. Il laissa cette étreinte guérir ses maux et ses pensées troubles. C'était tellement plus simple quand elle était à ses côtés.

Alice avait comprit leur situation : ils étaient tous les deux prisonniers de leurs passés, prisonniers de leurs actions et de leurs volontés. Ils étaient impuissants, livrés à un futur incertain qui se moquait d'eux.

Son souffle sur sa peau le tranquillisa. Ils avaient besoin l'un de l'autre pour survivre, pour oublier et réapprendre à vivre. Le brun sentait le cœur d'Alice faire trembler sa poitrine et il l'attira un peu plus vers lui. Il vibrait aussi de cette étreinte et il poussa un soupire de soulagement quand il sentit les bras de la blonde se resserrer un peu plus autour de son cou.

La jeune femme glissa ses lèvres jusqu'à l'oreille du chapelier.

« Je t'aime, Jefferson » murmura-t-elle.

Un frisson parcourut l'échine de l'homme à ces mots et il eut un mouvement de recule. Le temps avait effacé les sentiments chaleureux qu'engendrait l'écoute de cette mélodie. Un sourire radieux et perplexe illumina son visage.

« Dis pas des mots aussi gros comme ça, s'amusa-t-il.

- Je suis sérieuse. Tu es tout pour moi. Tu es ma vérité. Tu es tout ce que j'ai toujours désiré. Je t'aime. »

Jefferson prit le visage d'Alice entre ses mains et plongea ses yeux bleus dans ceux de la jeune femme. Ce regard le foudroyait, il lui transperçait l'âme. Leurs fronts se collèrent et leurs lèvres se frôlèrent mais un bruit de portière les sépara.

Le brun râla en s'approchant de la fenêtre.

« Encore un qui s'est perdu ou quoi ? »

L'étranger arrangea sa veste et ajusta ses lunettes. Il tordit la bouche en observant le manoir et se décida à avancer dans la cour. Examinant le moindre recoin de cette entrée gigantesque, il arborait un air déterminé et sûr de lui.

« J'y vais bouge pas, je vais régler ça vite fait bien fait », annonça Jefferson avec un visage crispé.

Alice s'approcha à son tour de la fenêtre pour étudier l'étranger qui fut très vite en dehors de son champs de vision. Ce visage lui disait quelque chose. Crac. Elle l'avait déjà vu, elle en était sûre. Peut être que c'est un habitant de Storybrook qu'elle a aperçu lorsqu'elle faisait ses courses en ville. Crac. Jefferson avait raison, les deux marches de l'escalier craquaient et elle en sourit.

Ses yeux s'écarquillèrent. Non, ça ne pouvait pas être lui.

« Vous avez besoin de quelque chose Monsieur ? demanda poliment le brun avec le regard vide.

- Bonjour, je suis à la recherche de…

- Non Jefferson ! N'… »

Alice aurait voulu rajouter « N'ouvre pas la porte ! », mais c'était déjà trop tard. Elle avait déballé les escaliers en tapant les marches tellement fort avec ses pieds que tous les regards étaient rivés sur elle. La blonde s'échappa du manoir par la porte de la cuisine. Les yeux de l'inconnu brillèrent à travers ses lunettes, les quelques secondes de présence que la jeune femme lui avait accordé lui avait suffit pour la reconnaitre. Il bouscula son hôte et se faufila à travers le manoir à la poursuite d'Alice.

Le jardin faisait l'objet d'une véritable course poursuite et pendant que l'une courrait pour la vie, l'autre s'acharnait pour restaurer la vérité.

Pan.


Voilà voilà. J'ai recommencé. C'est la dernière fois, promis.

J'avais l'impression de stagner en me relisant. En même temps je traite seulement deux persos (ne comptons pas Régina, Graham et Henri qui font qu'une brève apparition), et un seul lieu d'action : le manoir. Pas évident tout ça :/

Mais heureusement, les choses vont s'accélérer pour nos deux petios dans les chapitres qui suivent...

N'hésitez pas à me faire part de vos commentaires, je note tout très précieusement dans un coin de ma tête pour avancer...

Bonne vacances à ceux qui ont la chance de l'être et à mercredi prochain, Kizzie :)