Auteur : DeeDeeINFJ

Traductrice : Moi

Spoilers : Tous les livres

Rating : M

Genre(s) : Romance

Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.


- Chapitre 5 : Orgie -

L'une des premières choses dont il dût s'occuper lorsqu'il retourna à Shreveport fut la ménade à proximité de Bon Temps. Si elle était comme Phryne, elle voudrait du bétail et du vin. Les deux étaient faciles à obtenir, et au cours d'une nuit claire, il se trouva dans le comté de Renard, conduisant un pickup emprunté, avec Pam et Indira à côté de lui, et une remorque.

"L'animal sent mauvais," observa Pam quand ils se garèrent sur le bas-côté de la route.

Eric l'ignora. "D'après Bill, c'est là qu'il s'était arrêté la nuit où Sookie a été attaquée. Il faut qu'on emmène le taureau dans les bois et qu'on l'attache à un arbre. Elle saura que ça vient de moi."

Il descendit du pickup, déverrouilla la remorque, et ouvrit les portes en grand. Le taureau le regarda avec ennui, mais obéit à la secousse de la corde. Ça faisait de nombreuses années qu'il ne l'avait pas fait, mais il savait toujours comment s'occuper des animaux. Pam resta sur le côté en fronçant le nez.

"Où est Indira ?" demanda-t-il.

"Elle a peur de descendre du pickup," rigola Pam. "Je pense que tu va devoir t'occuper de lui tout seul."

"Il semblerait. Tu as le vin ?" Elle leva la bouteille, et il hocha la tête. "Allons-y."

Le taureau s'arrêta à l'orée de la forêt, mais Eric tira fermement sur la corde, et l'animal le suivit à contre-coeur. Pam le suivit encore plus à contre-coeur, et elle perdit rapidement le rythme. Eric lançait occasionnellement un regard amusé par-dessus son épaule alors qu'elle se frayait un chemin à travers les branches et les ronces. Il pouvait sentir la ménade alors qu'ils s'enfonçaient plus profondément dans les bois, et il s'arrêta dans la clairière où son odeur était la plus forte.

"Ici."

"Dieu merci," grommela Pam.

Le fait que Pam marcha dans le fumier du taureau sur le chemin du retour ne rendit la soirée que plus agréable.


Le lendemain, un vendredi, son courrier incluait une note écrite à l'encre sombre qui sentait le sang - celui du taureau, supposa-t-il : 'Réessaye, Sheriff." Il passa cette nuit et la suivante dans son bureau, à réfléchir à une autre offrande à faire à la ménade. Un plus gros taureau ? Deux taureaux ? Un vin d'une année différente ? Quand Pam entra sans frapper, il lui lança un regard meurtrier, et tout aussi vite, il lui pardonna lorsqu'elle lui tendit le téléphone en chuchotant, "Sookie."

"C'est moi," dit-il. Il se recula dans son fauteuil et lança son stylo en l'air.

"Et c'est moi," répondit-elle.

Il eut un large sourire. "Sookie, ma petite suceuse de balles."

"Eric, mon grand manipulateur."

Alors Bill lui avait dit qu'elle n'aurait pas eu besoin d'aspirer la balle. Sa voix était dure, mais il y avait aussi une pointe de tendresse qu'elle ne pouvait pas déguiser.

"Que puis-je pour toi, ma chérie ?" demanda-t-il plaisamment.

"Pour commencer, je ne suis pas ta chérie, et tu le sais pertinemment. Ensuite..." Ici, sa voix perdit sa certitude, et il sentit qu'elle en venait à la raison de son appel. "Bill m'a dit que tu venais ici demain soir ?"

Se pourrait-il qu'elle veuille le voir ? Non, décida-t-il. D'après son ton combatif jusque là, il était évident qu'elle ne lui avait pas encore cédé. Mais elle le ferait, et il pouvait se montrer très patient.

"Oui," dit-il en souriant malgré lui, " pour arpenter les bois à la recherche de la ménade. Elle a estimé nos offrandes de grands crus millésimés et d'un jeune taureau insuffisantes."

Il y eut une pause. "Tu lui as amené un taureau vivant ?"

"Absolument. Nous avons même dû nous y mettre à trois : Pam, Indira et moi."

"Et vous vous êtes bien amusés ?" demanda-t-elle.

Elle semblait bavarder avec lui, quelque chose qu'elle n'avait jamais fait auparavant. Une si petite chose, mais ça l'enchantait. "Moi, oui. Ça m'a rappelé l'époque où je m'occupais du bétail, il y a des siècles de ça. Pam est une citadine. Quant à Indira, elle éprouve presque de la vénération pour les bovins. Autant dire qu'elle ne m'a pas été d'un grand secours non plus. Mais si tu veux, la prochaine que j'aurai des bêtes à transporter, je t'appellerai. Tu pourras venir avec moi."

"Merci," répondit-elle. "J'en serais ravie." Et puis le bavardage fut fini. "Si j'ai appelé, c'est parce que j'ai besoin que tu m'accompagnes à une soirée demain."

Il aurait pu jurer que son coeur mort venait de faire un bond dans sa poitrine. "Bill ne partage plus ton lit ?" demanda-t-il prudemment. "Le différend que vous avez eu à Dallas s'est finalement soldé par une séparation définitive ?"

"Je me suis mal exprimée. J'aurais dû dire que j'avais besoin d'un garde du corps pour m'accompagner demain soir." Pour le business donc, pas pour le plaisir. "Bill est à Dallas. Enfin, c'est un peu compliqué à expliquer. Toujours est-il que je dois aller à une soirée, demain, qui ressemble plutôt, en fait, à une..." Elle interrompit son babillage et commença à chercher ses mots. "Eh bien, c'est une...une sorte d'orgie, disons, et que j'ai besoin que quelqu'un m'accompagne au cas où...où... Bref, au cas où."

"Fascinant ! Et comme tu savais que je serais justement dans le coin, tu as pensé que je pourrait te servir de cavalier ?" Il sourit malgré sa déception. "A cette orgie ?"

"Tu peux avoir l'air presque humain ?" dit-elle sans vraiment répondre à sa question.

"C'est une orgie humaine ? Une orgie qui exclut les vampires ?" L'histoire devenait de plus en plus intéressante.

"C'est une orgie humaine qui ne sait pas qu'un vampire va venir."

"Donc," clarifia-t-il, "plus j'aurais l'air humain, moins j'aurais l'air effrayant ?" Serais-je moins effrayant pour toi aussi ?

"Oui. Le truc, c'est que j'y vais pour lire dans les pensées des participants. Pour leur soutirer certaines informations. Il suffit que je les incite à penser à une chose précise pour récolter les renseignements que je cherche sur le sujet en question. Ensuite, il ne nous restera plus qu'à filer en douce."

Une fois de plus, il lança son stylo en l'air avant de le rattraper. "Donc, tu veux que je t'accompagne à une orgie à laquelle je ne suis pas invité et où je ne serai pas le bienvenu. Et tu veux, de plus, qu'on parte avant même que j'aie eu la moindre chance de commencer à m'amuser. C'est bien cela ?"

"Oui, et..." Elle s'interrompit avant de reprendre d'une voix faible, "Est-ce que tu crois que tu pourrais te faire passer pour un homo ?"

Il sut à cet instant que quoi qu'elle lui demande, il le ferait. Cette pensée était choquante, inconcevable...dangereuse. Plus il essayait de se dire que cette femme ne signifiait rien pour lui, et plus il réalisait qu'elle le faisait sien sans même le savoir. Pam revint dans le bureau, le ramenant au présent.

"A quelle heure dois-je être chez toi ?" demanda-t-il rapidement.

"Euh... 21h30 ? Le temps que je te mette au courant ?"

"21h30 chez toi," accepta-t-il.

Sans un autre mot, il tendit le téléphone à Pam.


Puisqu'il allait faire ça, il était déterminé à le faire bien. Et il s'amuserait définitivement en cours. Quand il arriva chez Sookie, il portait le costume en Lycra rose qu'il avait mit pour une faire une blague à la Saint Valentin, il y a quelques années. Il n'aurait jamais cru remettre ce costume un jour, et encore moins pour une orgie. Il vérifia son imperméable pour s'assurer qu'il ne révélerait rien avant le bon moment.

Elle ne répondit pas lorsqu'il frappa. Il entendit une voix masculine quelque part dans la maison, donc il entra. Bill n'était-il pas supposé être à Dallas ? "Sookie ?" appela-t-il prudemment. Il n'eut pas de réponse, donc il se précipita vers la provenance de la voix et s'arrêta lorsqu'il réalisa que c'était la voix de Bill sur le répondeur.

"...Velasquez te saluent. Ainsi que Barry, le groom. Je n'ai pas oublié la nuit de vendredi. Je ne l'oublierai jamais."

Sookie était assise sur son lit, en sortie de bain, et entrain de brosser ses longs cheveux. D'après son sourire et le rouge qui était entrain de lui monter aux joues, elle n'oublierait pas la nuit de vendredi non plus. Il sentit le désir de Sookie, et ça provoqua la même réponse chez lui. "Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé vendredi ?" demanda-t-il.

Elle poussa un cri de surprise, et sa brosse tomba par terre. Elle se reprit rapidement, sauta sur ses pieds et s'approcha de lui en serrant les poings. "Tu es assez grand pour savoir qu'on n'entre pas chez les gens sans frapper !" le disputa-t-elle. "En plus, quand t'ai-je jamais invité chez moi ?"

"Quand je suis passé le mois dernier pour voir Bill," lui rappela-t-il. "J'ai frappé. Je t'ai même appelée. Tu n'as peut-être pas répondu, mais j'ai bel et bien cru entendre ta voix. Alors, je suis entré."

"Ce n'est pas parce que tu as, soi-disant, murmuré mon nom que ça te donnait le droit de débarquer directement dans ma chambre ! Et tu le sais très bien !"

Il n'en savait rien du tout, mais il ne voulait pas se disputer avec elle - aussi attirante soit-elle lorsqu'elle rougissait de colère ou que ses yeux brûlaient. Il pouvait sentir qu'elle n'était pas en colère, mais effrayée et embarrassée. "Que vas-tu mettre pour cette soirée ?" demanda-t-il d'une voix légère. "Comment une petite fille bien élevée s'habille-t-elle quand elle se rend à une orgie ?"

Toute combativité disparut en un instant, et il put voir et ressentir à quel point elle redoutait cette soirée. "Aucune idée," répondit-elle. "Je suppose que je dois avoir le profil de la fille qui participe régulièrement ce genre de chose, vu qu'on m'a invitée, mais je n'y connais rien et je ne sais pas par où commencer - quoique j'imagine assez bien la façon dont les choses sont censées finir."

"Moi, je suis déjà allé à des orgies."

Un sourire taquina l'un des coins de sa bouche d'une manière particulièrement ensorcelante, et elle leva les yeux au ciel. "Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ? Bon, que faut-il porter, alors ?"

"La dernière fois, j'avais revêtu une simple peau de bête. Mais, cette fois, j'ai opté pour ça." Il ouvrit son imperméable, le jeta au loin, et rejeta ses épaules en arrière, appréciant pleinement l'expression de son visage lorsqu'elle vit son costume.

"Wow," dit-elle finalement. "Wow. Ça pour une tenue, c'est une tenue."

"Je ne pensais pas être très crédible en drag queen, mais je me suis dit que cette tenue serait suffisamment ambiguë pour laisser le champ libre à toutes sortes d'interprétations." Il battit des cils avant d'agiter ses sourcils, enchanté par le fait que son désir habituel pour elle soit partagé pour le moment.

Elle était presque aussi rose que le Lycra alors que ses yeux parcouraient nerveusement la pièce. "Oh ! Certainement !"

Il regarda à nouveau sa sortie de bain et réalisa qu'elle n'était pas habillée. "Veux-tu que je fouille dans tes tiroirs pour essayer de te trouver quelque chose ?" Il ouvrit le premier tiroir qu'il vit et ferma les yeux alors que l'odeur de Sookie lui parvenait en concentré des vêtements.

"Non, non !" s'exclama-t-elle. "Je vais me débrouiller !"

Il la regarda avec un véritable intérêt alors qu'elle fouillait dans sa commode, examinant et rejetant plusieurs tenues.

"Peut-être ça," marmonna-t-elle en attrapant un short en jean. Elle entra dans la salle de bain et en émergea quelques minutes plus tard dans un short si serré qu'on l'aurait cru en Lycra. "Qu'est-ce que tu en penses ?" demanda-t-elle en tournant sur elle-même pour lui.

Ce qu'il pensait c'était qu'il voulait la baiser, mais ça c'était pas nouveau. "Comme une chenille enlace un papillon," approuva-t-il.

"Plutôt comme un Daisy Dukes (1)," répondit-elle, le nez à nouveau dans la commode. Il ne savait pas ce que ça voulait dire, donc il ne dit rien.

Lorsqu'elle fut prête, elle se tint devant lui dans ce short et un minuscule débardeur blanc qui révélait un soutien-gorge bleu très sexy. Elle ressemblait à ce que les humains locaux appelaient une 'traînée'. Il ne faisait aucun doute qu'elle ne détonnerait pas des autres à la 'fête' de ce soir.

Il se plaça derrière elle dans le miroir et ils se regardèrent.

"Hé ! Mais on a les cheveux de la même couleur !" dit-elle.

"Exactement, ma belle amie," la taquina-t-il. "Mais es-tu blonde partout ?"

Elle haussa un sourcil. "Tu aimerais bien le savoir, hein ?"

"Oui." Oh putain, comme il aimerait le savoir.

"Eh bien," dit-elle malicieusement, "tu n'auras qu'à continuer à te le demander."

"Je le suis." Entrain de me le demander, ajouta-t-il mentalement. "Blond partout."

Elle regarda rapidement le col en v de son débardeur. "Vu la toison que tu as sur la poitrine, ce n'est un secret pour personne," dit-elle.

Il lui souleva le bras, mais son aisselle était complètement épilée. "Les femmes ! Idiotes que vous êtes," soupira-t-il. "à vous raser partout." Les aisselles et les jambes, c'étaient pas si terrible, mais les autres zones...pourquoi les femmes pensaient-elles que les hommes voulaient coucher avec des petites filles imberbes ? Ça le dépassait.

"Il faut y aller," dit-elle brusquement.

Il se dirigea vers sa commode et regarda les petites bouteilles aux formes différentes posées dessus. "Tu ne te parfumes pas ?" Pendant qu'elle le regardait, il souleva chaque bouteille, en enleva le couvercle et en renifla le parfum. Il y en avait une qui portait le nom 'Obsession' et il ne prit même pas la peine de la sentir. "Oh ! Mets celui-là !" Il lui lança la bouteille une fraction de seconde avant qu'il n'ait réalisé qu'elle ne lui prêtait pas attention, mais sa main s'envola et la rattrapa. Il la fixa avec surprise. "Tu as dans les veines plus de sang de vampire que je ne le pensais, ma chère Sookie."

Elle ignora sa remarque et regarda la bouteille. "Obsession. Oh, okay."

Le désir assombrit sa vision lorsqu'il la regarda mettre une goutte de parfum entre ses seins et à l'arrière de ses genoux. Il adorait la peau à l'arrière des genoux d'une femme. Il aimait les seins encore plus. Il se lécha les lèvres.

"Quel est le programme, Sookie ?"

"Voilà l'idée," expliqua-t-elle en refermant la bouteille de parfum. "On va aller à cette soirée débile et en faire le moins possible dans le registre sexuel, pendant que je récolterai un maximum d'informations en lisant dans les pensées des participants."

"Des informations sur quoi ?"

"Sur le meurtre de Lafayette Reynold, le cuistot de Chez Merlotte."

Alors que Sookie repliait certaines des tenues qu'elle avait sortit de sa commode, Eric ramassa son imperméable et le posa sur son bras. "Et pourquoi devons-nous faire une chose pareille ?"

"Parce que j'aimais bien Lafayette. Et pour blanchir Andy Bellefleur."

Le nom de Bellefleur réveilla quelque chose dans sa mémoire. "Bill est au courant ? Que tu fais tout ça pour disculper un Bellefleur, j'entends ?" demanda-t-il prudemment.

Elle détourna le regard du haut qu'elle était entrain de plier. "Pourquoi me demandes-tu ça ?"

"Tu sais bien que Bill déteste les Bellefleur."

Il sentit sa réponse avant de l'entendre. "Non. Non, je n'en savais rien." Elle ferma tous les tiroirs de sa commode et s'assit sur la chaise près de son lit. Il put entendre le tissu de son short s'étirer. "Pourquoi les déteste-t-il ?"

"Tu n'auras qu'à l'interroger directement, Sookie," dit-il. Il l'ignorait, et il s'en moquait. Il examina son visage et se demanda..."Et c'est la seule raison pour laquelle tu veux aller à cette soirée en ma compagnie ? Tu n'aurais pas finement invoqué ce prétexte pour provoquer un rapprochement plus...intime avec moi ?"

Une fois de plus, il sentit le désir naître en elle, mais elle dit, "Je ne suis pas aussi fine, Eric."

Il sourit. "Je crois que tu te sous-estimes, Sookie."

Elle attrapa un pull, et ils sortirent de la maison en silence. Elle s'arrêta sous le porche. "Ecoute, Eric."

Faisant volte-face, il la regarda et attendit qu'elle continue. Il sentait sa peur plus fortement qu'il n'avait ressentit quoi que ce soit chez elle jusque là. Ça lui tomba dessus presque comme une vague physique, et il se demanda comment un petit corps comme le sien pouvait contenir ça.

Quand elle reprit finalement la parole, sa voix était douce. "Je compte sur toi pour qu'il ne m'arrive rien, okay ? Je n'ai pas l'intention d'avoir des relations intimes avec ces gens. Mais j'ai peur que ça puisse se produire quand même, que quelqu'un veuille aller trop loin. Même pour venger la mort de Lafayette, il est hors de question pour moi de coucher avec qui que ce soit."

"Tu as confiance en moi ?" Si elle avait enfin décidé de placer sa confiance en lui, c'était une occasion inhabituelle pour le faire, sachant qu'il la désirait lui-même.

"Oui."

Il sentit sa certitude et ça le rendit heureux. "C'est...insensé, Sookie."

Elle secoua la tête. "Non, je ne pense pas."

Il enfila son imperméable, et elle en fit de même avec son pull, puis il lui ouvrit la portière de sa voiture. Elle avait déjà attaché sa ceinture lorsqu'il la rejoignit. "Où allons-nous ?" demanda-t-il.

Il mémorisa les directions qu'elle lui donna et appuya sur l'accélérateur, souriant légèrement lorsqu'il la vit agripper la poignée suffisamment fort pour que ses phalanges blanchissent.

"Explique-moi quel rapport cette orgie a avec la mort de ton ami," dit-il.

Plus elle lui raconta son histoire, et plus il fut convaincu que la ménade avait joué un rôle dans tout cela. Peut-être que le tribut qu'elle voulait était une vengeance. Ils prirent un virage particulièrement serré, et les pneus crissèrent.

"Je te rappelle que je suis mortelle," lui dit Sookie, ses phalanges plus blanches que jamais.

"J'y pense souvent." La fragilité de son corps, les rides qui finiraient par dessiner de plus en plus son visage chaque année. Sa mort. Une sensation de calme et de contentement l'emplit malgré ces pensées, et il réalisa que ça venait de Sookie. "Tu es contente," observa-t-il.

"C'est vrai."

"N'aie crainte : tu seras en sécurité." S'il avait pensé que ce serait accepté, il lui aurait prit la main. Sa confiance en lui était peut-être illogique, mais bien placée. Il ne laisserait jamais rien lui arriver - ni ce soir, ni toutes autres nuits.

"Merci. Je sais."


Leur destination fut une petite maison au bout d'une courte allée de gravier. Eric se gara derrière plusieurs autres engins et coupa le contact. Il regarda Sookie, qui prenait de longues inspirations pour se calmer. Quand elle fut prête, elle hocha la tête et ils sortirent de la voiture et marchèrent jusque devant le capot pour se retrouver face à face. Eric avait enlevé son imperméable pour révéler sa tenue en Lycra dans toute sa gloire, mais Sookie enfouit ses mains dans les poches de son pull et frissonna.

Il entendit deux voix masculines à l'intérieur. L'une remarquait qu'il n'aurait jamais cru qu'il aurait l'occasion de baiser Sookie Stackhouse, et que vu que son compagnon semblait être un homo, ce soir serait peut-être le grand soir. L'autre répondit avec un éloquent, "Putain, ouais."

"Je pourrais être bisexuel, non ?" demanda-t-il d'une voix légère. Il ne savait pas si elle avait entendu ces commentaires ou non.

"Okay," dit-elle en haussant les épaules. Son regard se tourna vers l'une des fenêtres ouvertes de la maison. "On nous observe."

"Alors je vais me conduire comme il se doit," dit-il.

Bien déterminé à prouver qu'il méritait sa confiance, il l'embrassa doucement au début, sans même la toucher avec ses mains. C'est elle qui se rapprocha, glissa ses bras autour de son cou et lui offrit sa langue en lui effleurant les lèvres. Il posa ses mains sur ses hanches et l'attira encore plus près. Elle poussa un petit gémissement de plaisir - de vrai plaisir, parce qu'il le sentit et qu'il ne fit que s'ajouter au sien - et son érection tendit le Lycra. Elle lui embrassa la lèvre une dernière fois, avant de se reculer un peu, tout en gardant prudemment ses yeux sur son visage.

"Prêt ?" demanda-t-elle.

"Pas vraiment, mais je suppose qu'il faut y aller," réussit-il à dire. Il sourit. "Au moins, j'aurais déjà l'air dans l'ambiance." Au moins, il tenait son imperméable dans les bras, ça aiderait un peu.

Ils traversèrent la cours et Eric ouvrit la porte-fenêtre grinçante alors que Sookie toquait.

"Qui est-ce ?" a demandé une voix féminine.

"C'est Sookie, avec un ami."

"Oh, chic ! Entrez donc !"

Lorsque la porte s'ouvrit, les odeurs de l'intérieur leur parvinrent et assaillirent ses sens. Mauvais alcool, mauvais sexe, transpiration. Il se pencha un peu vers Sookie en espérant que sa douce fragrance resterait un peu plus longtemps avec lui et ils entrèrent.

Quand tous les invités le virent, l'expression de leurs visages fut sans prix. Leur surprise se transforma en une plus grande surprise lorsqu'ils réalisèrent qu'il était un vampire, et leurs yeux devinrent vitreux et leurs bouches s'entrouvrirent lorsque leur désir apparut. Leurs yeux voyagèrent de haut en bas sur son corps mis ça ne le mit pas mal à l'aise. Il avait l'habitude d'être regardé comme ça.

"Hey, Sookie ! Qui est cet apollon qui te sert de chevalier servant ?" demanda une femelle, apparemment l'hôtesse de ce pathétique rassemblement.

"Voici Eric. J'espère que vous ne m'en voulez pas de l'avoir amené ?"

L'hôtesse fixait la bosse dans son pantalon en Lycra lorsqu'elle répondit, "Oh non. Plus on est de fous, plus on rit. Eric, puis-je vous servir à boire ?"

"Vous avez du sang ?"

"Bien sûr ! Enfin, je crois qu'il me reste un peu de O quelque part. Il nous arrive de...faire semblant."

Tu n'es pas la seule qui peut faire semblant, songea-t-il en répondant à son oeillade lubrique dégoûtante par la sienne. "Plus besoin de faire semblant, maintenant," dit-il d'une voix rauque.

Sookie semblait prête à explorer un peu la pièce, donc il suivit l'hôtesse jusqu'au réfrigérateur, en caressant l'épaule d'un homme au passage. Il parla distraitement avec l'hôtesse tout en gardant un oeil sur Sookie. Elle semblait avoir trouver des visages familiers parce qu'elle resta avec eux et sembla leur parler. Comme si elle sentait que l'attention d'Eric était détournée, l'hôtesse fit courir ses doigts sur son torse, et il répondit par un grognement séducteur.

L'un des hommes qui était avec Sookie essayait de lui déboutonner son short, et Eric la rejoignit agilement. Il se glissa derrière elle, et lui enroula les bras autour de la taille pour l'éloigner de l'autre homme, et elle se laissa aller contre lui, son soulagement le submergeant comme si c'était le sien. Puis elle bougea son corps contre lui, et il gémit. Toujours serrée contre lui, elle se tourna et enroula une fois de plus ses bras autour de son cou. Elle lui offrit ses lèvres pour un autre baiser, et il n'avait jamais refusé une bonne proposition. Il sut qu'elle n'était pas 'avec' lui parce qu'elle ne répondit pas au baiser de la façon dont elle l'avait fait dehors. Sa langue rencontra la sienne distraitement, et il ne sentit ni plaisir ni désir émanant d'elle. Elle écoutait les esprits des gens autour d'eux. Soudainement son corps se tendit, et il sentit à nouveau sa peur. Il interrompit doucement le baiser et plaça sa bouche contre son oreille.

"Sookie...Sookie, détends-toi. Je te tiens."

Le plaisir soudain qu'il ressentit lorsque ses doigts lui caressèrent la nuque fut ruiné par une autre personne - l'hôtesse, il semblerait - qui essaya de l'embrasser par derrière. Il la laissa faire, meilleur acteur que n'importe qui d'autre présent. Et alors qu'elle essayait de l'embrasser, elle commença aussi à caresser Sookie.

Sookie était raide et mal à l'aise dans ses bras, mais elle ne lui donna aucun signe lui indiquant qu'elle voulait être sauvée pour le moment, donc il répondit au baiser maladroit de l'hôtesse pour la distraire.

Après quelques minutes, Sookie s'empara à nouveau de sa bouche et chuchota, "Il faut que je sorte de là." Elle était perturbée et désespérée.

"Suis-moi." Il la souleva facilement de terre et l'installa sur son épaule comme s'il portait un tapis, avant de se tourner vers l'hôtesse. "On va faire un petit tour dehors." Il se pencha en avant et lui donna le dernier baiser qu'elle pourrait jamais espérer recevoir d'Eric Northman.

"Est-ce que je peux venir aussi ?"

Il lui fit un clin d'oeil et susurra, "Laisse-nous deux minutes. Sookie est encore un peu farouche."

Un homme hideux releva la tête d'une paire de sein et dit, "Chauffe-la bien. On a tous hâte de voir notre Sookie s'enflammer."

A n'importe quel autre moment, il aurait détruit le visage de ce bâtard. Mais au lieu de ça, il fit un clin d'oeil et dit, "Elle sera brûlante."

"Foutrement brûlante," dit une autre voix mâle derrière lui alors qu'il portait Sookie dehors.

Le pull de Sookie et son imperméable était encore à l'intérieur, et elle frissonna alors qu'il l'allongeait sur le capot froid de sa voiture. Il posa une partie de son poids sur elle, a peine capable de penser à quoi que ce soit autre qu'au fait qu'il la désirait. Comme cette première nuit à Fangtasia, elle semblait être séparée du reste de l'humanité et de sa répugnance. Elle était bonne et pure comme le sang de fée; elle était chaude et magnifique.

"C'était..." Elle sembla s'étrangler avec les larmes qu'elle refusait de verser. Ses yeux étaient plongés dans les siens, les yeux les plus innocents et honnêtes qu'il ait jamais vu. "Tu peux me traiter de sainte nitouche hypocrite si ça te chante, et je ne t'en blâmerai pas : après tout, c'était mon idée. Mais tu veux que je te dise ? Je trouve ça horrible." Ça l'est. "Les hommes aiment réellement ça ? Et les femmes aussi ? On s'éclate vraiment quand on couche avec quelqu'un qu'on n'aime même pas un peu ?"

Ses émotions étaient un mélange de confusion, de solitude, et d'un besoin d'affection réelle. Il pouvait certainement l'aider pour ça.

"Est-ce que tu m'aimes un petit peu, Sookie ?"

"Eric," dit-elle doucement, "tu te rappelles la raison pour laquelle on est venus ?"

"On nous regarde." Et je te veux. Je te veux plus que j'ai jamais voulu quiconque auparavant.

"Tu t'en souviens ?"

A travers son désir, il réalisa que la peur la submergeait à nouveau, et cette peur était en partie à cause de lui. Il souleva une partie de son poids.

"Oui, je m'en souviens," dit-il.

"Alors, on peut s'en aller."

"Tu as des preuves ?" demanda-t-il. "Tu as trouvé ce que tu cherchais ?"

"Je n'ai pas plus de preuves que je n'en avais avant d'arriver," admit-elle. "Pas de preuves qu'on puisse brandir devant un tribunal, en tout cas." Elle le surprit en enroulant ses bras autour de lui et son désir pour elle se fit douloureux. "Mais je sais qui a tué Lafayette," continua-t-elle. "Mike, Tom, et peut-être Cleo."

Ces noms ne signifiaient rien pour lui. Il ne connaissait aucun d'entre eux. Ce qu'il savait par contre, c'était que Sookie était sous lui, son corps doux et invitant, et son sang lui disant qu'elle voulait se sentir aimée.

"Intéressant," murmura-t-il distraitement. Il se demanda si elle accepterait de l'amour si ça venait de lui. Il lui taquina l'oreille du bout de la langue, et se surprit à espérer lorsque son rythme cardiaque accéléra. Une fois de plus, le désir et le plaisir de Sookie nourrirent les siens.

"Non," protesta-t-elle. "J'ai horreur de ça. Je déteste ça." Elle le poussa et il interrompit ses attentions, bien qu'il ne bougea pas. "Eric, écoute-moi bien. Même si le résultat n'est pas brillant, j'ai fait tout ce que je pouvais pour Lafayette et pour Andy Bellefleur. Il ne lui restera plus qu'à enquêter à partir des maigres infos que j'ai collectées pour lui. C'est un flic, après tout. A lui de trouver des preuves. Je ne suis pas altruiste à ce point-là."

Sa bouche disait une chose alors que son sang lui en disait une autre. "Sookie." Il la fixa, souhaitant qu'elle reconnaisse et accepte ce qu'il savait qu'elle ressentait. "Cède-moi."

"Non...Non.

"Je te protégerai contre Bill," lui assura-t-il.

"C'est toi qui aurais besoin de protection !"

Il fut surprit par sa facilité à le menacer et se demanda ce que Bill en penserait. "Tu crois que Bill est plus puissant que moi ?"

"Je refuse de poursuivre cette conversation." Elle se mordit la lèvre puis continua. "Eric, j'apprécie l'aide que es prêt à m'offrir et je te remercie d'avoir accepté de m'accompagner dans un endroit pareil."

Il la regarda sérieusement, touché par sa gratitude, aussi inutile soit-elle. "Crois-moi, Sookie," lui dit-il, "ce dérisoire lupanar de campagne n'est rien...mais alors vraiment rien à côté de certains lieux que j'ai fréquentés."

"Peut-être, mais pour moi, c'est un véritable enfer. Je me rends bien compte, maintenant, que cette...petite sauterie devait fatalement...euh...attiser ton désir. Mais tu sais parfaitement que je ne suis pas venue ici pour chercher des sensations fortes. J'ai déjà un petit ami, et ce petit ami, c'est Bill."

Cette déclaration fut suivie par la voix la moins agréable au monde à cet instant : celle du petit ami en question.

"Ravi de te l'entendre dire. Cette scène aurait pu prêter à confusion, sinon."

Eric se redressa de toute sa hauteur, et Sookie sauta au bas de sa voiture à vitesse presque vampirique. Ça le tua qu'elle puisse l'oublier aussi rapidement, allant étreindre Bill comme si son ancien compagnon - celui qui avait mis ce Lycra d'un rose ridicule et qui l'avait protégé au cours de la soirée - ne signifiait rien.

"Sookie, je commence à croire que je ne peux pas te laisser seule cinq minutes," dit Bill en la prenant dans ses bras.

"C'est vrai que j'ai fait une sacrée bourde," dit-elle d'une voix douce, et Eric voulut lui demander quelle erreur elle avait fait exactement. Elle avait trouvé les assassins de son ami. Elle était indemne. Elle n'avait pas trahi son amant.

"Tu sens comme Eric," maugréa Bill.

Eric retint un sourire, mais son amusement disparut rapidement lorsqu'il entendit des branches se briser dans le sous-bois, juste avant de voir apparaître un homme pointant un revolver sur Bill.


(1)Daisy Duke est le personnage féminin phare de la série 'Shérif, fais-moi peur'. Elle était connue pour porter des shorts en jean très courts et très serrés. Son nom est donc entré dans la langue courante pour désigner un short en jean extrêmement moulant.


Prochain chapitre : Folie

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