Bien le bonjour !
Merci encore à Mrs. Gold et Liline37, toujours présentes au rendez-vous (!) ainsi qu'à tous les lecteurs anonymes qui suivent cette petite histoire :)
J'espère vous surprendre encore un peu...
Bonne lecture :)
Disclamer : Les personnages de Once Upon A Time ainsi que l'univers de la série sont la propriété exclusive de Edward Kitsis et Adam Horowitz
Calie et Hugh sortent tout droit de mon pays imaginaire personnel. Enfin, presque...
Chapitre 8 : Try me
La blonde connaissait le jardin comme sa poche et se faufilait à toute allure sur les petits sentiers si bien pensés de Monsieur Gernad et son équipe. Lorsqu'elle avait rendu visite au pays des merveilles, elle ne se rappelait pas avoir autant couru avant de tomber dans l'hypothétique terrier du lapin blanc qu'elle poursuivait. Tous ses souvenirs étaient flous. Les années qu'elle avait passé enfermé avaient fini par la rendre folle. Non, elle ne voulait pas retourner là-bas.
L'homme qu'elle fuyait s'était invité dans le manoir et parcourait à présent le jardin où la blonde tentait de se cacher. Après avoir passé le bassin des poissons rouges, il traversa l'allée aux statues grecques et galopa en direction de la roseraie.
Pan. Un bruit tonnant retentit, stoppant ainsi la course de l'inconnu et de la blonde. Alice chuta sur ses genoux et couvrit ses oreilles avec ses mains. Le coup de feu lui faisait tourner la tête, le temps et l'espace était déformés, plus rien n'était à sa place. Son corps tremblait comme jamais et sa respiration saccadée lui brulait les poumons.
L'inconnu se retourna brutalement, apeuré. Le révolver de Jefferson pointait le ciel mais son bras se rabattit très vite vers son ennemi. Les traits colériques de son visage n'annonçaient rien de bon. Ses muscles étaient contractés par la rage et son index frôlait inconsciemment la gâchette.
En voyant la peur dans les yeux d'Alice, il avait tout de suite comprit ce qui se tramait et s'était précipité sur le tiroir du meuble d'entrée où le révolver se trouvait. Le brun ne voulait pas l'abattre – même si l'envie lui brulait les doigts. Il ne devait pas céder à la facilité, à sa folie.
Les deux hommes se regardaient en chiens de faïence.
« Qu'est ce que vous voulez ?
- Où sont mes bonnes manières… Je m'appelle Hugh Quin, je suis son docteur.
- Son docteur ? s'amusa le chapelier. Vous n'avez rien à faire ici, elle va très bien.
- Ecoutez, peut être que nous pourrions parler intelligemment comme deux grandes personnes responsables… »
Hugh faisait signe à Jefferson de baisser son révolver ce qui le fit rire nerveusement. Au lieu de ça, il joua avec l'arme en la pointant dans toutes les directions possible et en la ramenant toujours à son point initial : le docteur. Le révolver virevoltait dans les mains ingénieuses du chapelier, ses gestes suivaient son humeur et ses paroles.
« Deux « grandes personnes responsables », s'amusa le brun.
- Elle a besoin de se faire aider. Calie doit revenir…
- Son prénom n'est pas Calie ! s'emporta le chapelier à l'écoute de ce nom.
- Alors comme ça elle vous a convaincu aussi ? »
Jefferson fronça les sourcils et renforça sa poigne autour du révolver. Il ne pouvait pas lui affirmer qu'il avait tord. Le brun savait très bien que le pays des merveilles existait bel et bien et qu'Alice disait la vérité. Il ne pouvait pas être autrement.
« Elle pense être l'héroïne d'Alice au pays des merveilles. Depuis toute petite elle s'est focalisée sur ce conte et s'est identifiés comme étant Alice. Elle est convaincue depuis tout ce temps que le pays des merveilles existe, cette femme à besoin d'aide.
- Vous dites des conneries, cette fille est tout à fait normale. Elle est bien mieux ici qu'avec vous. Ce sont vos médocs qui la rendent cinglé.
- Elle doit se faire soigner et vous, vous ne faites qu'entretenir son délire paranoïaque en la croyant. Si elle reste ici ce sera de pire en pire.
- Partez immédiatement.
- Pas sans ma patiente. »
Le chapelier gloussa et le revolver se remit à danser.
« Vous êtes un rigolo vous. Vous vous invité sur ma propriété, vous poursuivez mon employé et lui faites peur, et voilà que vous n'écoutez pas votre hôte quand il vous demande gentiment de vous éclipser ? Donnez-moi une bonne raison de ne pas vous tirer dessus.
- Vous ne pouvez pas, vous irez en prison !
- Bien sûr que non, vous êtes chez moi. Aux yeux de la justice j'empêche juste un intru d'envahir mon espace personnel, de me cambrioler ou encore de m'agresser. Légitime défense. »
Le docteur esquissa un sourire. L'homme en face de lui aimait jouer ça se voyait sur son visage, dans son comportement.
« J'essaie d'aider votre amie, vous ne pouvez pas faire ça.
- Vous voulez essayer ? Imaginez. »
Jefferson glissa le canon du révolver sur sa cuisse.
« Pan. Vous venez de me blesser ? Laissez-moi me défendre, docteur Quin. »
L'arme pointait à présent Hugh avec bien plus d'assurance que la minute précédente. L'homme rit une nouvelle fois tout en ramenant ses mains devant lui pour lui servir de bouclier.
« Très bien, je m'en vais. Mais avant permettez-moi de vous donner ceci. »
Le docteur sortit de la poche arrière de son pantalon son porte feuille. Il en tira une petite carte de visite rectangulaire avec ses coordonnées, puis il s'empara d'un flocon orangé à l'intérieur de sa veste. Jefferson le regarda faire avec un œil mauvais. Quin s'avança pour remettre les objets dans la main du chapelier mais s'arrêta très vite lorsqu'il vit le canon toujours braqué sur sa tête. Après un moment d'hésitation, il les lâcha dans l'herbe et s'en alla sur le chemin pavé. Le brun ramassa la boite et la carte et le suivit, toujours sur ses gardes, jusqu'à sa voiture pour le regarder partir.
Un thé. C'est tout ce que Jefferson pouvait faire pour s'apaiser. Alice était partie se cacher dans le jardin et la chercher dans plusieurs hectares de forêt lui paraissait impossible. Sa main tremblait, il avait failli tuer un homme. Sa raison avait été plus forte que sa volonté, pour une fois il avait su se maîtriser.
La chaleur pressait dangereusement sa tête. Il sentait qu'il pouvait vriller à tout instant alors il s'appuya sur le plan de travail de la cuisine et ferma les yeux. L'eau de la bouilloire crépitait, ce son était rassurant pour lui. Le vent soufflait les feuilles des arbres à l'extérieur qui chantaient et dansaient à l'unisson.
Clic. Jefferson sursauta au bruit métallique puis versa l'eau chaude dans sa tasse. Il s'installa au salon et admira la fumée s'échapper de la porcelaine pour mourir dans les airs.
Deux tasses de thé et un tour d'aiguille plus tard, Jefferson soufflait enfin. Il ne ressentait plus la colère qu'il avait éprouvé une heure plus tôt. Il était seul, dans son manoir, serein. Il lui fallut quelques minutes pour voir qu'Alice avait passé la tête par la porte de la cuisine.
« Il est parti.
- Tu es sûr ? demanda-t-elle avec une voix chancelante.
- Il est parti.
- Peut-être qu'il s'est caché et que…
- Il est parti Alice ! »
Le cœur de la blonde sauta. En temps normal les cris de Jefferson ne l'affectaient pas, mais tout en elle était chamboulé à ce moment là.
Le regard du chapelier s'adoucit et il lui fit signe de venir vers lui. Alice ne se fit pas prier plus longtemps. Elle se précipita dans les bras du brun assit sur le canapé. Son parfum, sa peau, c'est tout ce qui lui fallait.
« Je ne veux pas y retourner Jefferson.
- Je sais… »
L'homme caressa le bras de la blonde et posa ses lèvres sur ses cheveux. Ils avaient besoin de contact pour voir qu'ils étaient bien là, tout les deux.
« Là-bas tu ne peux pas sortir, tout est fermé à clé, il n'y a pas de jardin, tout est blanc, même les habits, tout est mort. La journée est tellement lente. Quand tu te réveilles le matin tu as l'impression que c'est une mauvaise blague, que la nuit n'est pas finie, mais le soleil est bien là. Il se faufile comme il peut par les fenêtres miniatures mais il est là. Les docteurs te regardent bizarrement, comme si on ne pouvait rien faire pour toi, comme si tu faisais partie d'un cirque.
- Chut… »
Jefferson essuya à l'aveuglette les larmes du visage d'Alice. Cette dernière s'allongea sur le canapé et posa sa tête sur les genoux du chapelier. Il s'amusait avec ses cheveux.
« Dis-moi Alice, quel âge avais-tu quand on t'a amené là-bas ?
- Environ six ans.
- Et qui t'y a emmené ?
- Je ne m'en souviens plus… »
Toute cette histoire tournicotait dans l'esprit de Jefferson. Quelque chose n'allait pas. Quelque chose le dérangeait. Commençait-il à avoir des doutes ? Il secoua sa tête pour enlever les mauvaises idées qui dansaient dans son crâne.
Six ans. Cette fille aurait donc passé plus des trois quart de sa vie dans un asile. A vingt-cinq ans, elle aurait passé dix-neuf années entre ses murs complètement fous. Vingt-cinq ans. Jefferson bloquait sur son âge. Vingt-cinq ans. Depuis quand était-il ici, lui, déjà ?
Le chapelier marchait d'un pas décidé dans la forêt. Autour de lui, les herbes étaient immenses et les papillons avaient des ailes en pain de mie toastés, parfois elles étaient même badigeonnées de confiture pour les colorer un peu. En arrivant devant sa chaumière, il remarqua que les théières chantaient avec les invités autour d'une table d'une longueur interminable dans son jardin.
Alors que ses jambes s'activaient pour aller les rejoindre, il distingua une fillette blonde, une tasse de thé à la main. L'image était de plus en plus petite, le brun avait beau courir, il reculait à chaque pas supplémentaire. Bientôt, la chaumière n'était plus qu'un tout petit point à l'horizon et des murs de buis l'entouraient. Il parcourait le labyrinthe en long en large et en travers tout en criant le nom d'Alice à chaque recoin. Jefferson la cherchait sans relâche mais les murs végétaux commencèrent à grandir, le rendant minuscule. Il se sentit impuissant et tomba aspiré dans le noir sous ses pieds. Le ciel bleu n'était plus et tout était sombre.
« Allez, debout ! Il est presque sept heures et demi tu vas louper Grace ! »
Jefferson se retourna dans son lit et enfouit sa tête sous l'oreiller. Il n'avait presque rien dormi, ses cauchemars avaient prit le dessus et l'avait épuisé. Son esprit avait passé des heures à chercher Alice alors qu'elle était juste là, dans ses bras.
Le pays des merveilles, ce n'était pas la première fois qu'il s'y perdait pendant son sommeil. Mais cette fois tout avait été plus intense, plus angoissant.
Le temps de s'installer devant le télescope, Alice s'était déjà préparée.
« J'ai mis l'eau à chauffer, je vais faire un tour en ville.
- Alice, appela Jefferson.
- Oui ? »
La jeune femme apparut devant la porte de la salle de confection.
« Tu te rappelles du pays des merveilles ?
- Je me souviens surtout de cette grande forêt aux fleurs géantes, des couleurs incroyables et aussi du chat de Cheshire, il voulait que je l'appelle Chester, il était marrant.
- Et le lièvre de Mars ? Il n'arrêtait pas de paniquer et ça te faisait rire à chaque fois qu'il tirait sur ses oreilles. A chacun de tes non-anniversaires il t'offrait une fleur d'une couleur différente.
- Vraiment ? J'aimerais me rappeler de tout les détails… »
Le regard du chapelier retourna à son télescope alors qu'Alice essayait de se remémorer cet élément de son passage au pays des merveilles. Le temps. Une petite brunette embrassa ses « parents » et s'élança vers son arrêt de bus les cheveux au vent. Sa robe blanche à fleurs bleus lui rappelait étrangement le pays des merveilles et cela lui donnait des frissons. Grace était figée à l'état de petite fille depuis combien de temps ? Combien de millier de fois avait-il regardé sa fille sortir de cette maison au loin ? Le temps.
« Tu pourrais me ramener un journal s'il te plaît ?
- Un journal ? C'est bien la première fois que tu me demandes ça, s'amusa la blonde. Ca marche, à tout à l'heure. »
Si vous avez des hypothèse ou des trucs comme ça je serai ravie de les lire ! On m'a bien fait rire la semaine dernière, d'ailleurs Liline t'as troisième hypothèse était presque bonne ! Chapeau ;)
Le dernier chapitre et l'épilogue c'est pour la semaine prochaine :P
++, Kizzie !
