Auteur : DeeDeeINFJ
Traductrice : Moi
Spoilers : Tous les livres
Rating : M
Genre(s) : Romance
Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
Okay, j'ai décidé de tenter le coup avec la page FaceBook! Vous m'y trouverez sous le nom Saw Trombone et il y a un lien direct vers la page sur mon profil! On va voir ce que ça va donner!
- Chapitre 7: Créateurs et Rois -
Eric n'eut aucune nouvelle de Bill ou Sookie jusqu'à la nuit où Pam fit irruption dans son bureau, d'une manière qui ne lui ressemblait vraiment pas et s'exclama, "Bill est retourné auprès de Lorena!"
Il releva la tête de la liste de stock sur laquelle il était entrain de travailler sur son ordinateur portable. "Quoi?" réussit-il à dire.
Pam s'assit sur le bord de son bureau et lui fit un large sourire qui ne pouvait être décrit que comme jubilatoire. "Lorena a convoqué Bill à Jackson, et il a accepté de se remettre avec elle. Il a dit qu'il rentrerait demain pour faire des arrangements" - elle étira le mot et le savoura - "pour Sookie. Il veut que tout soit réglé avant de la revoir. Je suppose qu'il veut faire passer la pilule plus facilement quand il lui le dira."
A ce moment-là, l'ordinateur était fermé et repoussé et Eric tournait le dos à Pam, les bras croisés sur le torse. "Merde," marmonna-t-il.
"Il a dit qu'il appellerait demain soir pour nous laisser savoir quand il serait arrivé, et puis il viendra te voir la nuit suivante. Je suppose que tu es concerné par ces arrangements." Elle secoua la tête et rigola. "Au moins, maintenant, elle saura qu'elle est de nouveau sur le marché."
Eric fit soudainement volte-face et lui lança un regard noir, à un cheveu de son visage. "Prend garde à ce que tu dis."
Elle eut la grâce de paraître confuse. "Désolée."
Bill n'appela pas la nuit suivante, et la nuit d'après ne fut que plus silencieuse. Alors que Bubba était assis dans son bureau à jouer à déplier et à replier des trombones, Eric appela ses contacts humains dans le manoir du Roi du Mississippi, Russell Edgington. Ils lui confirmèrent ce qu'il savait déjà. Bill avait disparu, et Sookie était en danger.
"Bubba," dit-il sombrement en raccrochant le téléphone. Bubba était un idiot, mais au moins il était loyal et fort - comme un gros chien.
"Oui, monsieur?"
"Ramène ta fraise à Bon Temps et va protéger Sookie de ta vie jusqu'à ce que l'un d'entre nous arrive. Je m'en moque si elle râle. Compris?" Bubba hocha la tête. "En partant, dis à Pam de venir ici."
Il se laissa tomber sur sa chaise. Pam entra et s'assit silencieusement, apparemment capable de sentir son humeur. Il croisa son regard.
"Voilà ce qu'on sait," commença-t-il. "Bill a été convoqué à Jackson par Lorena, et elle a entendu parler d'un projet sur lequel il travaille."
"Est-ce que c'est le projet pour Sophie-Anne, celui dont il ne peut pas te parler?"
"Peut-être. Je ne sais pas. Je ne pense pas qu'elle sache qu'il a disparu, et je veux que ça reste comme ça. Pour notre sécurité à tous."
"Et quelle est la place de Sookie dans tout ça?" lui demanda Pam. Leur méthode de question/réponse marchait généralement bien pour régler leurs problèmes, et Pam se glissa dans son rôle avec autant de facilité que d'habitude.
"Je ne peux que supposer qu'elle a entendu parler de ce projet. Je vais passer quelques coups de fils et débourser un peu d'argent."
"L'un de tes nombreux talents," remarqua Pam avec un petit sourire.
"Va chez Sookie et dis-lui ce qu'on sait." Avant qu'elle n'atteigne la porte, il ajouta, "Ne mentionne pas Lorena."
Il ne voyait pas comment ils pourraient avoir le moindre espoir de trouver Bill sans Sookie, et pas seulement à cause de son don, mais parce qu'il lui avait probablement parlé de ce projet qui avait commencé toute cette embrouille. Si elle entendait parler de Lorena, elle refuserait probablement de les aider - et il ne pourrait pas vraiment lui en vouloir pour ça. A sa plus grande surprise, il découvrit qu'il redoutait aussi le risque de la blesser, ce que la vérité au sujet de Lorena ferait probablement.
Chow surveilla le bar pour le reste de la nuit alors qu'Eric passait des heures au téléphone, à proférer des menaces et à offrir des pots de vin. Entre deux de ces coups de fils, il reçut un appel du portable de Pam.
"Elle est en sécurité?" demanda-t-il, sans même prendre la peine la saluer.
"Oui. Mais Bubba a dû la sauver d'une agression au bar."
"Déjà? Putain. Est-ce qu'elle a la moindre idée de ce qu'il se passe?"
"Non. Elle croyait que Bill était à Seattle."
Eric serra et desserra les poings. "Où est-elle maintenant?"
"Elle est devant moi. Elle ne parle pas."
"Laisse-moi lui parler." Il y eut un moment de silence, puis il entendit la douce pulsation de son sang dans son cou. "Sookie, tu m'entends?" demanda-t-il. Il ne reçut aucune réponse. "Je sais que tu m'écoutes. Alors tu vas faire ce que je te dis: pour le moment, ne parle à personne de ce qui s'est passé. Comporte-toi normalement. Ne change strictement rien à ta façon de vivre. Quelqu'un veillera constamment sur toi, même dans la journée, que tu t'en aperçoives ou pas." Il s'interrompit avant d'ajouter d'une voix plus douce. "Nous vengerons Bill et nous assurerons ta protection jour et nuit."
"Je ne savais pas qu'il devait rentrer hier soir," dit-elle à la fin de son speech, et sa voix était si minuscule.
A ce moment-là, il aurait aimé que Bill soit là juste pour avoir le plaisir de le tuer. Alors Bill n'avait rien dit à son amante. Pas de 'Ma créatrice m'appelle, et je dois obéir." Rien. Il essaya de trouver quelque chose à lui dire, pour lui offrir un peu de réconfort, mais Pam reprit la parole avant lui.
"Il avait...de mauvaises nouvelles à t'annoncer."
Eric entendit le souffle de Sookie se couper dans sa gorge, un bruit qui lui dit tout ce qu'il avait besoin de savoir.
"Dis à Pam de la fermer," aboya-t-il.
Sookie ne passa pas le message - pas que ça aurait été nécessaire. "Donc, tu connaissais ces mauvaises nouvelles et tu savais qu'il devait rentrer," lui dit-elle d'une voix blanche.
Avant qu'il ne puisse lui répondre, il l'entendit disparaître, et Pam avait récupéré le téléphone.
"Pardonne-moi, Maître," lui dit Pam. "Je ne-"
"Reviens ici. Il y a beaucoup à faire."
Il devait aller à Jackson; ça c'était clair. Et il avait besoin que Sookie y aille aussi si possible. Après avoir hésité pendant un moment, il attrapa son téléphone et composa le numéro d'Alcide Herveaux. Alcide accepta d'accompagner Sookie à Jackson et de la protéger pour annuler la dette de son père. S'étant occupé de ça, Eric resta au téléphone avec différents contacts à lui au Mississippi jusqu'à ce que l'aube l'interrompe.
La maison de Sookie était sombre et silencieuse lorsqu'il toqua à sa porte la nuit suivante. Il ne reçut aucune réponse et la porte était vérouillée. Il lévita jusqu'à ses fenêtres pour pouvoir l'apercevoir. Il ignora pratiquement une des fenêtres avant de réaliser que c'était celle de sa chambre et qu'elle était allongée sur son lit dans une longue chemise de nuit. Sans faire le moindre bruit, il ouvrit la fenêtre, se glissa dans la chambre et referma la fenêtre.
L'odeur qui régnait dans sa chambre était délicieuse, comme la dernière fois où il avait été là, un mélange de linge propre, de parfum, et d'elle. Sookie était couchée sur le côté avant les genoux remontés, presque dans une position foetale. Son visage était couvert de larmes séchées, et ses longs cheveux reposaient sur l'oreiller en une masse emmêlée. Même si elle dormait, il était assez près d'elle pour que son sang lui dise qu'elle était dans un état très fragile. Elle était terrifiée et seule. Son corps souffrait de ne pas en ressentir un autre derrière elle.
Après s'être débarrassé de son t-shirt, il se glissa derrière elle dans le lit. Il effleura le bras de Sookie du bout des doigts puis enroula son bras autour de sa taille, pour la serrer contre lui. Même si ses cheveux ne lui offraient pas leur habituelle odeur propre, ils sentaient toujours elle, et il y enfonça son nez jusqu'à ce qu'il touche sa nuque. Sa peau était si chaude et si douce alors qu'il faisait courir son nez et ses lèvres contre son épaule. Il ferma les yeux et absorba la vague de plaisir qu'il ressentait à être près d'elle comme ça, à la serrer dans ses bras dans son propre lit. Des minutes ou des heures auraient pu s'écouler; il avait perdu toute notion du temps. Si Lorena avait été sa créatrice, il l'aurait tué sans hésiter avant de retourner dans ce lit, aux côtés de cette femme.
Sookie gigota et sembla atteindre un niveau de conscience lorsqu'elle réalisa qu'elle n'était plus seule. Elle se tourna sur le dos et enroula ses bras autour de lui pour l'attirer plus près. Il avait trouvé le bonheur absolu, réalisa-t-il, après avoir passé des siècles à croire que c'était une chose après l'autre. Il fit glisser sa main le long de la jambe de Sookie, remontant sa chemise de nuit au passage, et il sentit son souffle chaud et moite sur son torse alors qu'elle se collait contre lui. La plaisir de Sookie nourrissait le sien alors que son coeur s'emballait, et il pressa son corps contre le sien. Alors qu'il baissait la tête pour goûter ses lèvres, il réalisa que la main de Sookie avait erré jusqu'à sa braguette. Peut-être qu'il n'avait pas menée une vie entièrement corrompue parce que les dieux semblaient avoir décidé de le récompenser ce soir.
Puis Sookie reprit complètement conscience, détruisant l'illusion de bonheur d'Eric en le repoussant brusquement avec un halètement de choc et de déplaisir.
"C'est moi," lui assura-t-il d'une voix calme.
"Eric! Qu'est-ce que tu fais ici?" lui demanda-t-elle avec colère.
N'était-ce pas évident? "De gros câlins," dit-il.
"Espèce de salaud!" s'énerva-t-elle. "Je t'ai pris pour Bill! J'ai cru qu'il était rentré!"
C'était comme une gifle pour lui, et de nombreuses réponses et insultes lui vinrent à l'esprit. Mais il se mordit la langue, et se contenta de lui dire, "Sookie, tu as besoin d'une douche."
Elle ne s'attendait pas à ça. "Quoi?"
"Tu as les cheveux sales et une haleine à assommer un cheval." Ce n'était pas vraiment vrai mais ça la convaincrait de prendre une douche, où elle pourrait se préparer à voir Pam et Chow, qui étaient déjà en route.
Elle pinça les lèvres. "Je m'en fous royalement."
"Va te laver," dit-il, plus fermement cette fois.
"Pour quoi faire?"
"Parce que j'ai à te parler et que je doute que tu veuilles avoir une longue conversation avec moi dans de telles conditions." Il sourit et se pencha à nouveau sur son corps, en sachant que son désir serait bien évident. "Quant à moi, je ne verrais absolument aucun inconvénient à rester au lit avec toi, mais, dans ce cas, je préférerais que ce soit avec l'hygiénique Sookie que je connais et que j'appréciais tant jusqu'à présent."
Il ne lui fallut qu'une demi-seconde pour bondir loin de ses bras. Elle ouvrit chaque tiroir de sa commode et attrapa la première chose qui lui tombait sous la main avant de se précipiter dans la salle de bain. Eric ne put pas s'empêcher de sourire et de secouer la tête en entendant l'eau couler presque immédiatement après qu'elle soit entrée dans la pièce. Il prit un instant pour l'imaginer sous la douche avec de la vapeur tout autour d'elle. Il pouvait presque voir et goûter l'eau qui coulait sur sa peau et se transformait en gouttelettes au bout de son nez, à la pointe de ses cheveux, sur ses oreilles, ses tétons...Ces pensées ne l'aidaient pas vraiment vu son état d'esprit actuel.
Il se leva du lit, et le refit parfaitement, lissant les draps et les couvertures et regonflant les oreillers. Il pouvait entendre que Pam et Chow étaient arrivés, mais il les laissa attendre. En entendant le sèche-cheveux de Sookie rugir dans la salle de bain, il remit son t-shirt puis regarda par la fenêtre. Il y eut soudainement un grand bruit dans la salle de bain, puis un cri de douleur. "Espèce de salaud!"
Il ne pouvait qu'espérer qu'elle parlait de Bill.
Quelques minutes de silence gêné suivirent avant qu'elle n'émerge de la salle de bain. Elle avait l'air parfaitement calme, comme s'il ne s'était rien passé. Il fut heureux de la voir comme ça, avec du maquillage et ses cheveux propres et brillants, et même un pull ridicule avec un renne dessus. Il ne manqua pas son observation satisfaite de lui non plus.
"Pam et Chow peuvent-ils entrer?"
Elle ne dit rien mais fit volte-face et se dirigea vers la porte d'entrée.
Une fois qu'elle les eut invité à entrer, Pam et Chow passèrent le pas de la porte et prirent la liberté d'explorer le rez-de-chaussée de la maison. Ça ne sembla pas déranger Sookie. Eric perdit patience et lança un regard perçant à Pam, et ils le suivirent à la table de cuisine de Sookie. Elle réchauffa des bouteilles de TrueBlood pour eux alors que Chow lorgnait Sookie tout en parlant à Pam en Japonais de 'notre petit animal de compagnie'. Eric les ignora. Il allait devoir faire du mal à Sookie dans quelques minutes, et il n'avait vraiment pas hâte d'y être.
Elle posa une bouteille de sang devant chacun d'eux. Eric en but une gorgée par courtoisie, il n'avait pas faim, et il ne voulait certainement pas cette saloperie alors qu'un tel délice était assis à côté de lui.
"Vous avez du nouveau, pour Bill?" Elle avait l'air de ne pas savoir si elle voulait entendre la réponse ou non.
"Quelques petites choses, oui," lui dit-il. "Je sais qu'il a été enlevé."
Les émotions de Sookie étaient si confuses qu'il n'arrivait pas à se concentrer sur une d'entre elles. "Par qui?"
Ce fut Chow qui lui répondit. "Nous n'en sommes pas sûrs. Les déclarations des témoins ne sont pas concordantes."
C'était peu de le dire. Plusieurs d'entre eux se contredisaient complètement.
La colère brûla à travers le mix d'émotions de Sookie. "Laissez-les-moi. S'ils sont humains, je me charge des vérifications d'usage."
Eric réussit à retenir un sourire, mais il ne put pas empêcher son admiration de pointer dans sa voix. "S'ils étaient sous notre tutelle, nous n'hésiterions pas une seconde. Malheureusement, ce n'est pas le cas." Ils étaient sous la tutelle d'Edgington, et s'il était dans le coup, il n'avait aucun espoir de recevoir la moindre coopération de sa part.
"Tu pourrais être plus explicite?" lui demanda-t-elle sèchement.
"Ces humains doivent allégeance au roi du Mississippi."
Bill avait apparemment très peu parlé de son monde à Sookie. Elle sembla surprise d'apprendre qu'il y avait un roi dans l'état voisin. Eric se demanda si elle avait entendu parler de Sophie-Anne, ici, dans son propre état. Est-ce que Bill essayait de la protéger, ou la gardait-il dans le noir pour une autre raison?
"Pardon? J'ai bien entendu? Tu as dit le...le roi?" Les coins de sa bouche s'étirèrent. "Le roi du Mississippi?" Il hocha la tête et regarda une vague d'amusement apparaître sur son visage. Elle réaliserait bientôt qu'il n'y avait rien de drôle là-dedans. "Pour de vrai?" Il hocha une fois de plus la tête, imité par une Pam et un Chow ennuyés. "Tu veux dire que tu es le roi de Louisiane?" En prononçant ces mots, elle éclata de rire.
Ce n'était pas vraiment un rire amusé, mais un rire nerveux et hystérique. Elle en avait besoin donc il la laissa rire tout en lui disant ce qu'elle savait déjà. "Oh, non! Je ne suis que le sheriff de la Cinquième Zone."
Son rire hystérique empira jusqu'à ce que des larmes coulent sur ses joues. Chow se lécha les lèvres, et Pam observa Sookie comme si elle était une attraction de cirque. Sookie se leva et alla se faire chauffer une boisson dans le micro-onde. Quand elle les rejoignit, elle semblait s'être calmée.
"Tu ne m'avais jamais parlé de ça avant," dit-elle. Non, Bill ne t'a jamais parlé de ça avant. "Alors, comme ça, vous avez découpé les Etats-Unis en royaumes?"
Eric ignora les regards disant 'Elle est vraiment si ignorante que ça?' de ses partenaires, et il se concentra sur Sookie. "Oui. Cela date de l'arrivée des premiers vampires en Amérqiue." Certains arguaient que des Vampires Natifs Américains existaient, mais la plupart d'entre eux s'accordaient à dire que le vampirisme était apparu en Eurasie pour ensuite migrer vers le Nouveau Monde. "Bien sûr," continua-t-il, "le système politique a évolué au fil du temps. Nous n'étions que quelques-uns, au début. Et notre population ne s'est guère accrue, au cours des deux premiers siècles. La traversée était extrêmement périlleuse." Et ils ne voulaient pas souffrir de l'extrémisme religieux des puritains; ils avaient vu ce qui était arrivé aux sorcières. "Difficile de tenir toute la durée du voyage avec le peu de sang disponible à bord. Et l'achat de la Louisiane a grandement changé les choses." Sa maison était passé de colonie Française à Etat des Etats-Unis, provoquant un grand bouleversement dans leur monde.
"Et les royaumes sont divisés en...?" demanda Sookie.
"Zone," expliqua-t-il patiemment. "Appellation qui a remplacé celle de 'fiefs', récemment jugée trop désuète. Chaque zone est sous le contrôle d'un sheriff. Comme tu le sais, nous sommes ici dans la Cinquième Zone du royaume de Louisiane. Stan, que tu as rencontré à Dallas, est le sheriff de la sixième zone du royaume de..." Il s'interrompit en se rappelant qu'il devait garder cette explication dans son monde à elle. "Au Texas."
Elle resta silencieuse pendant quelques minutes, et il pouvait voir qu'elle ne se sentait pas bien - dans tous les sens du terme. Elle était fatiguée et terrifiée, blessée et en colère, confuse et seule. S'ils avaient eu un vrai lien, il aurait pu lui offrir du réconfort, mais il ne pouvait rien faire d'autre que de l'observer pour le moment.
"Donc," dit-elle en se reprenant, "Bill a été enlevé. Ça s'est passé de jour, j'imagine?" Eric hocha la tête, tout comme Pam et Chow. "Et plusieurs témoins ont assisté à la scène, des humains qui vivent dans le royaume du Mississippi. Et ces humains sont sous le contrôle d'un roi vampire. C'est bien ça?"
"Russell Edgington," précisa Eric. "Oui, ils vivent dans son royaume, mais je ne doute pas de parvenir à faire parler quelques-uns de ces humains. Moyennant finance." Un prix exorbitant.
"Le roi ne te laissera pas les interroger?" lui demanda Sookie en fronçant les sourcils.
"Nous ne le lui avons pas demandé. Il n'est pas impossible que Bill ait été enlevé sur son ordre."
"Et comment pourrais-je trouver ces témoins?" demanda-t-elle. "Si je le voulais, évidemment."
Il était fier d'elle, et il espérait que ça ne se voyait pas trop sur son visage. "Nous avons déjà pensé à un moyen de te mettre en contact avec eux. Je ne parle pas seulement des gens que j'ai achetés pour qu'ils me parlent de ce qui s'est passé, mais de toutes les personnes qui sont, de près ou de loin, en contact avec Russell." Il s'interrompit brièvement. "C'est risqué. Je devais te dire tout ça, pour que ça ait une chance de marcher. Et tu pourrais refuser. On a déjà essayé de te neutraliser. Apparemment, pour l'heure, ceux qui retiennent Bill ne savent pas grand chose-sur toi. Mais tôt ou tard, Bill parlera. Et si tu trouves dans les parages à ce moment-là...cette fois, ils ne te rateront pas."
Acceptant ça avec une contenance parfaite, elle répondit, "Si Bill a déjà craqué, ils n'auront plus vraiment besoin de moi."
Pam lança un rapide coup d'oeil prudent à Eric, "Pas nécessairement," dit-elle à Sookie.
"Racontez-moi tout depuis le début," dit Sookie, avec une pointe de résignation dans la voix.
Elle quitta la table pour aller chercher une autre bouteille de sang pour Chow. Eric avait à peine touché à la sienne. Il le sirota alors que Pam raconter à Sookie la longue histoire qu'ils avaient déduits de ses nombreux coups de fil de la nuit précédente. L'histoire était tirée par les cheveux, mais elle avait l'air raisonnable dans la bouche de Pam. Sookie remit en question la sécurité de la compagnie Anubis. Pam lui expliqua leur théorie, qui n'était probablement qu'une connerie, et parla à Sookie du feu 'accidentel'. Finalement, Sookie posa la question critique - la question qui les avait fait venir ici.
"Et pourquoi voudrait-on capturer Bill?"
Il l'étudiant attentivement, cherchant le moindre signe prouvant qu'elle savait quelque chose. Elle croisa calmement son regard et attendit une réponse.
"Bill travaillait sur un projet très spécial. Tu ne saurais pas quelque chose à ce sujet?"
"Quel projet?" demanda-t-elle.
Il lança un regard d'avertissement à Pam et Chow, leur faisant clairement comprendre de ne rien dire, et ils hochèrent silencieusement la tête. Il se tourna à nouveau vers Sookie et parla lentement. "J'ai du mal à croire que tu ne sois au courant de rien, Sookie." En fait, en sachant qu'il avait découvert ce soir à quel point elle était ignorante de leur monde, c'était assez facile à croire. Mais il devait la pousser. C'était trop important.
Sur la défensive, elle répliqua avec colère, "Ah oui? Depuis quand les vampires vident-ils leur sac devant un humain? Et Bill est bien un vampire, que je sache, non?"
Après un autre regard d'avertissement à ses partenaires, il demanda, "Tu veux nous faire croire que Bill ne t'a pas dit ce sur quoi il travaillait?"
"Oui." Elle baissa les yeux, mais il y vit de la douleur au lieu de malhonnêteté. "Pour la bonne et simple raison que c'est vrai."
Une tentative de plus. Ravalant toute l'affection qu'il avait pour elle, il la fixa avec l'expression la plus dure qu'il réussit à faire apparaître sur son visage. "Voilà ce qu'on va faire. Je ne peux pas savoir si tu mens ou non - ce qui, en soi, est déjà extrêmement étonnant. Mais j'espère pour toi que tu ne me trompes pas. Je pourrais te torturer jusqu'à ce que tu m'avoues tout ce que tu sais, ou jusqu'à ce que j'aie acquis la certitude que tu me dis la vérité." Il s'interrompit pour la laisser absorber ça. Elle avait l'air suffisamment effrayée. "Mais, si tu étais trop abîmée, cela pourrait compromettre la suite de mon plan. Et puis, à vrai dire, que tu sois ou non au courant de ce que Bill manigançait derrière notre dos ne nous importe pas tant que ça."
A sa plus grande surprise, sa peur se transforma en choc et en colère. C'était inattendu. Bien évidemment, elle savait quelque chose.
"Cette fois, ça a provoqué une réaction," dit Pam, comme si Sookie ne pouvait pas les entendre.
Eric fronça les sourcils et étudia le visage de Sookie. "Mais pas celle que j'attendais..."
Peut-être qu'elle avait vu le projet, ou peut-être qu'elle avait découvert sur quoi son amant travaillait. Ce qu'elle ne semblait pas comprendre, c'était les implications de tout ça, le fait que c'était secret.
"Je ne suis pas très emballée par l'option de la torture," murmura-t-elle, d'une voix qui commençait à s'éteindre. "Et Bill me manque." Sur ces mots, elle perdit toute contenance et commença à pleurer. "J'espère au moins que vous allez m'expliquer pourquoi il m'a menti, si vous le savez," leur dit-elle à travers ses larmes. "Pam m'a parlé de mauvaises nouvelles."
Pam et sa grande gueule. Il lui lança un regard noir. Si cette découverte décidait Sookie à ne pas les aider, il s'assurerait que Pam le paye cher.
"Elle fuit à nouveau," dit Pam, mal à l'aise. Puis elle prit une expression convaincue. "Je crois qu'on devrait l'avertir avant son départ pour le Mississippi. De plus, si elle garde encore certains secrets pour Bill, ça va..."
Maintenant, ça avait du sens. Si Sookie connaissait la vérité, peut-être qu'elle voudrait leur dire tout ce qu'elle savait si elle pensait que ça pourrait attirer des ennuis à Bill. Son désir de vengeance pourrait être aussi utile que son désir de le sauver l'aurait été. Mais là encore, Sookie ne lui avait jamais semblé être ce genre de créature. Peut-être qu'elle avait une profondeur inconnue.
"Pam et Chow, allez attendre dehors," dit-il finalement, et ils lui obéirent sans dire un mot. Sookie vacilla légèrement sur sa chaise, et il sut immédiatement qu'elle allait s'évanouir. "Tu n'as pas intérêt." Tu es plus forte que ça. Et elle l'était: elle se redressa et la vie revint dans ses yeux.
Il n'aimait pas qu'une table les sépare, il se leva et prit la place de Pam, avançant la chaise pour faire face à Sookie. Il se pencha vers elle et plaça sa main sur celles de Sookie. Elles semblaient inhabituellement petites et froides, et il fit courir son pouce d'une manière apaisante sur sa peau. Le visage d'Eric était très près de celui de Sookie, mais elle ne le regardait pas. L'avait-elle prit au sérieux lorsqu'il avait menacé de la torturer?
"Ne crois pas que je prenne plaisir à te faire peur. J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour toi." Il ne crachait pas vraiment le morceau mais presque. Il lui sourit. "Sans compter que j'ai envie de te sauter." Il crachait une partie du morceau et était honnête à la fois. Et pourtant, elle n'eut toujours aucune réaction? "Quand on s'embrasse..." Ses yeux se posèrent sur les lèvres de Sookie, et ses crocs sortirent. "C'est très excitant." Il se pencha plus prit et respira son odeur, en repensant à la sensation du corps de Sookie sous le sien sur le capot de sa voiture, en repensant à la façon dont le corps de Sookie, chaud et doux, s'était moulé au sien dans son lit. Toutes pensées de Bill et du projet secret avaient disparu.
"Bizarrement, le plan torture ne me branche pas plus que ça," dit-elle.
Il plaça sa bouche près de l'oreille de Sookie et sourit. "Ah! Cette perspective a pourtant eu un effet tout à fait palpable sur Chow."
"Tu ne pourrais pas abréger le suspense?" demanda-t-elle sèchement. "Tu vas me torturer, oui ou non? Tu es mon ami ou mon ennemi? Tu vas tout faire pour retrouver Bill ou tu vas le laisser tomber?"
Il se recula, reprenant sa position initiale, et eut un rire sans joie. Comment pouvait-elle même lui demander s'il était son ami ou son ennemi alors qu'il avait prit son parti à chaque tournant depuis qu'il l'avait rencontré? Et croyait-elle vraiment qu'il pourrait toucher au moindre cheveux sur sa tête? Peut-être que ce n'était pas les vampires qui ne 'vidaient pas leurs sacs' à Sookie, mais qu'elle ne le réalisait tout simplement pas lorsqu'ils le faisaient.
"Sookie," soupira-t-il, "tu es vraiment incroyable. Je n'ai absolument pas l'intention de te torturer." Il sourit. "D'abord, parce que cela abîmerait cette peau de satin que je compte bien, un jour, caresser dans son intégralité. Ensuite, parce que, tout comme tu n'auras pas toujours aussi peur de moi, tu ne seras pas toujours aussi dévouée à Bill que tu l'es maintenant." L'heure de lui faire du mal était venue, et il haïssait Bill de le forcer à faire ça. "J'ai quelque chose à te dire." Il fit glisser ses doigts à travers ceux de Sookie, et agrippa sa main, ravi lorsqu'elle serra la sienne en retour. Les yeux de Sookie furent clairs et résolus lorsqu'ils croisèrent les siens. Ça lui ferait peut-être moins mal si elle savait que Bill n'avait pas eu le choix, donc il choisit ses mots prudemment. "Bill a été appelé dans le Mississippi par un vampire, une femelle qu'il a connu il y a des années." Il s'interrompit au cas où elle voudrait dire quelque chose, mais elle resta silencieuse. "J'ignore si tu t'en es rendu compte, mais les vampires ne s'accouplent jamais entre eux, mis à part pour de brèves rencontres d'une nuit. Il y a une bonne raison à cela: le partage du sexe et du sang donne aux deux amants une formidable emprise l'un sur l'autre, une emprise irrésistible et éternelle."
Ses relations sexuelles occasionnelles avec Pam était une rare exception; en fait, la plupart des exceptions étaient entre des vampires et leurs créateurs. De nombreux vampires étaient créés spécialement à cause d'un attachement sentimental, et le lien entre un vampire et son créateur était déjà si fort que leurs rapports sexuels ne changeaient pas grand-chose.
Il continua, "Cette vampire..."
"Son nom."
Il avait espéré que Sookie ne rendrait pas ça plus personnel que ça ne l'était, mais elle était humaine après tout. "Lorena." Au bout d'un moment, il continua. "Elle est dans le Mississippi, en ce moment. Je ne sais pas si elle y réside de façon permanente ou si elle s'y est rendue uniquement pour y attirer Bill. Elle habitait Seattle, auparavant. Je le sais parce que Bill et elle y ont vécu ensemble de longues années. J'ignore quelle était son intention en l'invitant à la rejoindre là-bas, comme j'ignore quel prétexte elle a invoqué pour ne pas venir le voir ici...peut-être Bill a-t-il préféré, par égard pour toi..." Ça semblait stupide de dire que Bill n'avait pas voulu lui faire du mal, quand il l'avait si clairement fait, que ce soit intentionnel ou non. Il décida de souligner à nouveau le fait que Bill n'avait pas eut le choix. "Il est aussitôt redevenu complètement...intoxiqué par sa simple présence. Au bout de quelques nuits, il a appelé Pam pour lui dire qu'il rentrait en Louisiane en avance, sans t'en avertir. Il voulait régler la question de ton avenir avant de te revoir."
Elle déglutit et répéta, "Mon...avenir?"
"Bill tenait à s'assurer que tu ne manquerais de rien après votre séparation." Et, il ne faisait aucun doute qu'il avait eut l'intention de demander à Eric de veiller sur elle, même si ça allait sans dire.
"Me verser une pension."
Ce n'était pas exactement ça, mais il ne savait pas comment lui dire ça d'une manière réconfortante. "Il voulait...Laissons cela pour l'instant. Je n'aurais pas été obligé de t'en dire autant si Pam ne s'était pas mêlée de ce qui ne la regarde pas. Je t'aurais envoyée là-bas sans rien dire, préférant te laisser dans l'ignorance plutôt que de devoir retourner le couteau dans la plaie, te blesser avec des mots sortis de ma propre bouche. Et je n'aurais pas eu à te supplier comme je vais devoir le faire maintenant." Elle resserra sa main autour de celle d'Eric, et il ne put pas s'empêcher d'en être enchanté, malgré les circonstances. "Ce que je vais faire..." Il s'interrompit et se demanda ce qu'il devrait lui dire concernant sa propre implication dans tout ça. Est-ce que ça changerait quelque chose? Si elle connaissait les implications politiques, est-ce que ça la convaincrait ou la dissuaderait de l'aider? "Et tu dois bien comprendre que je risque ma peau autant que toi, dans cette affaire, Sookie." Ses yeux s'écarquillèrent, et son expression se fit interrogatrice. "Oui, Sookie, il n'y a pas que ta vie et celle de Bill qui soient en jeu. Mon poste et peut-être même ma propre existence le sont tout autant."
Voilà, il l'avait dit. Il lui avait admit qu'il - celui qu'elle ne savait pas si elle devait le considérer comme un ami ou un ennemi - avait besoin d'elle. Et il vit dans les yeux de Sookie que ça comptait. Il lui caressa gentiment les doigts et lui expliqua son arrangement avec Alcide Herveaux, et elle hocha silencieusement la tête.
"Le type qui t'a attaqué, l'autre soir, était de Jackson," continua-t-il, "d'après les factures que l'on a retrouvées dans sa voiture. Et c'était un lycanthrope, comme la tête de loup sur son blouson le laissait supposer. Je ne sais pas pourquoi il en avait après toi. Mais, d'après moi, cela signifie que Bill est vivant. Ceux qui ont envoyé ce lycanthrope voulaient sans doute se servir de toi pour faire pression sur lui."
"Dans ce cas, ils auraient mieux fait de s'en prendre à Lorena," observa-t-elle avec amertume.
Même malgré sa douleur et sa confusion, elle était brillante. "Peut-être l'ont-ils déjà fait. Mais peut-être Bill a-t-il également compris que Lorena l'avait trahi. Il n'aurait pas été enlevé si elle n'avait pas révélé le secret qu'il lui avait confié. Une autre pièce du puzzle nous manque: la raison pour laquelle Lorena se trouvait là, justement. Si elle était un membre régulier de la communauté du Mississippi, je l'aurais su, j'imagine. Mais je réfléchirai à cette nouvelle énigme à mes moments perdus. Si ce plan ne marche pas, nous serons obligés d'en venir aux représailles, c'est-à-dire de kidnapper l'un des leurs. Ce qui nous conduira presque obligatoirement à la guerre ouverte. Et une guerre - même avec le Mississippi - coûte toujours très cher, en effectifs, en temps et en argent. De toute façon, au bout du compte, ils tueraient Bill quand même. Mais il faut que tu saches une chose : s'ils ont kidnappé Bill - et s'il est encore en vie -, nous le récupérerons d'une manière ou d'une autre." Les doigts d'Eric s'immobilisèrent. "Vous serez bientôt réunis. Si c'est toujours ce que tu veux." Ou tu pourrais être à moi, comme tu devrais l'être. Comme tu le seras un jour. "Pour répondre à ta question, je suis ton ami.. Et je le resterai aussi longtemps que je le pourrais sans mettre mon existence ou l'avenir de ma zone en danger."
Il n'avait jamais rien dit de tel à un humain, et il avait à peine réalisé ce qu'il racontait jusqu'à ce qu'il ait fini. Si Sookie avait la moindre compréhension de l'importance de ce qu'il venait de lui dire, elle n'en montra rien.
"Aussi longtemps que ça t'arrangera, tu veux dire."
Il se serait sentit moins insulté si elle l'avait giflé, et elle sembla lire clairement sa réaction. Ce n'était pas sa faute, se rappela-t-il. Elle ne savait rien de leurs habitudes...ce que ça signifiait pour lui de tenir à elle comme ça, et encore moins ce que ça signifiait de le lui dire. Il lui caressa lentement l'avant bras. Son attachement à elle devrait le troubler, mais il réalisait qu'il l'appréciait au contraire.
"Laisse-moi te poser une question, Eric." Il ne dit rien et attendit qu'elle continue. "Si je t'ai bien compris, Bill travaillait sur un projet tenu secret, mais tu ne le savais pas. C'est bien ça?"
Pour ce qu'il en savait, c'était bien ça. Sophie-Anne lui avait parlé d'un projet secret, et il ne pouvait pas croire que Bill ait plusieurs projets secrets. Au bout de quelques secondes de réflexions, il répondit, "La reine de Louisiane m'a dit qu'elle avait un travail à confier à Bill...mais elle ne m'a pas précisé de quelle mission il s'agissait...ni pourquoi c'était à Bill qu'elle voulait la confier, ni combien de temps ça lui prendrait."
"Mais alors pourquoi la reine n'a-t-elle pas lancé des recherches pour retrouver Bill elle-même?"
Eric garda ses yeux plongés dans les siens. "Parce qu'elle ne sait pas qu'il a disparu."
"Comment est-ce possible?"
Elle était sur le point de découvrir pourquoi il avait besoin d'elle - pourquoi il était prêt à la supplier. Elle le savait, et il la laissa faire à son rythme.
"Nous ne l'en avons pas informée."
"Pourquoi?"
"Elle nous châtierait."
"Pourquoi?"
"Pour ne pas avoir su assurer la sécurité de Bill, alors même qu'il était en mission spéciale pour elle."
Les yeux de Sookie s'écarquillèrent. "Et ce serait quoi, ce châtiment?"
"Oh," dit-il d'une voix légère avec un petit rire étranglé, "avec elle, difficile à dire. Quelque chose de très déplaisant, en tout cas." Et cette déplaisance se terminerait probablement par la mort.
Il se pencha à nouveau vers elle, incapable de s'en empêcher. Elle était comme le nord de sa boussole, et il voulait être près d'elle. Elle avait bu du chocolat chaud, et l'odeur de son souffle était entêtante. Chaque centimètre de sa peau, chaque pulsation de son sang l'appelait. Il voulait la toucher partout. Il pressa sa joue contre celle de Sookie et ferma les yeux en sentant sa chaleur.
"Eric," dit-elle, sans bouger alors qu'il profitait d'elle.
"Mmm."
"Sérieusement, qu'est-ce que la reine va te faire, si Bill ne se présente pas à la date prévue?"
Quelque chose dans sa voix le sortit de sa rêverie et il se recula à nouveau. Avait-elle réalisé, finalement, le pouvoir qu'elle avait sur lui? C'est avec un véritable malaise qu'il répondit, "Sookie, il vaut mieux que tu l'ignores, crois-moi." Ou peut-être qu'elle devrait...? Il savait qu'elle avait souhaité ne jamais le revoir. "De toute façon, la présence de Bill n'est pas indispensable, pour peu que le dossier lui soit remis en temps voulu."
Sa mâchoire se serra d'une manière qu'il aurait admiré à n'importe quel autre moment. "Et si j'accepte de faire ça pour toi, qu'est-ce que j'aurai en échange?"
Là, il sourit. Elle avait été blessée, et elle était effrayée, mais elle n'était pas une victime. C'était la qualité que Bill n'avait pas su voir en elle. Elle ne voulait pas 'd'arrangements'. Elle voulait une chance de se battre.
"Si Pam n'avait pas fait d'allusion déplacée, le retour de Bill sain et sauf t'aurait suffi. Tu aurais sauté sur l'occasion, trop contente de pouvoir lui venir en aide."
"Oui, mais maintenant, je suis au courant, pour Lorena."
"Et sachant cela, es-tu prête à coopérer?" Il connaissait déjà la réponse. Ça brillait dans ses yeux depuis quelques minutes, déjà, et il sentait sa résolution.
"Oui." Elle serra les dents. "A une condition."
Il avait l'impression qu'il savait déjà, Pam avait eu raison. La vengeance était tout aussi forte que l'amour. "Et quelle est cette condition?"
"Si jamais je n'en réchappe pas, je veux que tu la supprimes."
Pendant un moment, il fut surpris que ses soupçons soient confirmés, et puis il éclata de rire. "Mais je serais obligé de payer une amende colossale! Et j'aurais intérêt à frapper le premier. Plus facile à dire qu'à faire. Elle a plus de trois cents ans." L'amende n'était pas un problème; il avait déjà payé une fois pour sa vie, et il le referait avec plaisir.
"Tu m'as bien dit que si la reine devait te châtier, ce serait extrêmement désagréable, non?
"Exact."
"Et tu m'as bien dit que tu avais désespérément besoin de moi pour te sortir de là?"
"Exact."
"Donc, c'est ce que je demande en échange."
Sa nature impitoyable était délicieuse. "Tu sais, Sookie, tu ferais une vampire tout à fait acceptable. Soit. Marché conclu. Si tu n'en réchappes pas, tu peux être sûre qu'elle ne baisera plus jamais Bill." Il lui fit un large sourire.
"Oh, il n'y a pas que ça qui me contrarie," dit-elle.
Il arqua un sourcil. Ça devrait être intéressant. "Ah non?"
"C'est parce qu'elle l'a trahi."
Ce fut à cet instant qu'il sut qu'il prendrait n'importe quelle balle pour elle. Il était perdu.
"Dis-moi, Sookie," demanda-t-il doucement, "me demanderais-tu une chose pareille si Lorena était humaine?" Pas que ça comptait; il ferait ce qu'elle demandait, et il y prendrait grand plaisir.
"Si elle était humaine, je m'en chargerais moi-même."
Elle se recula et se leva, et il la suivit hors de la cuisine. Il prit son TrueBlood avec lui, vu qu'il n'en avait bu que quelques gorgées. Il était certainement affamé maintenant.
"Nous aidera-t-elle?" demanda Chow alors qu'ils se dirigeaient vers leurs voitures.
"Oui," répondit-Eric, "mais elle le fait pour elle-même. Pas pour Bill. Et pas pour nous." Et c'est comme ça que ça devrait être.
J'pars en vacance! Trois semaines en Italie... Plage, restau, boîte de nuit :D Et pas de connexion internet! Je serais de retour le 21 août!
Prochain chapitre : Jackson
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Vous voulez la suite ? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire !
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