Auteur : DeeDeeINFJ
Traductrice : Moi
Spoilers : Tous les livres
Rating : M
Genre(s) : Romance
Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.
Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.
- Chapitre 8: Jackson -
L'appartement d'Alcide Herveaux à Jackson fut facile à trouver avec les directions qu'il avait; même s'il n'avait pas connu la ville, il l'aurait trouvé sans problème. La plupart des volets avaient été baissés pour la nuit, mais il lévita et tourna autour de l'immeuble jusqu'à ce qu'il ressente fortement sa présence derrière une fenêtre. Il toqua doucement en espérant que le Lycanthrope n'avait rien entendu.
Sookie, cependant, ruina son plan en poussant un cri aigu. Quelques secondes plus tard, le volet fut levé, et Sookie se tenait derrière le double-vitrage, ses cheveux luisant presque dans les ténèbres. Elle fronça les sourcils avant de se tourner vers l'interrupteur et d'allumer la lumière. Il lui fit signe d'ouvrir la fenêtre et elle commença à se battre avec la poignée.
"Qu'est-ce que tu viens faire ici, bon sang ?" lui demanda-t-elle. Derrière elle, le Lycanthrope entra en courant dans la chambre, torse nu. Sookie l'ignora. "Tu ferais mieux de me laisser tranquille. J'ai besoin de dormir, moi, figure-toi ! Et puis, il va falloir que tu perdes l'habitude de te pointer n'importe où, au beau milieu de la nuit, et de compter sur moi pour te laisser entrer !"
Il eut un large sourire en entendant sa tirade. Lorsqu'elle eut fini, il lui dit simplement, "Sookie, ouvre-moi."
"Non!" répliqua-t-elle, avant d'ajouter. "De toute façon, je ne suis pas chez moi, ici. C'est à Alcide de décider."
Eric n'en avait rien à foutre de ce qu'Alcide décidait, vu que rien ne l'empêchait de parler à Sookie de là où il était maintenant. Mais il préférerait être dans la chambre, donc il ravala les insultes qu'il avait sur le bout de langue. Alcide avait l'air résigné; il semblait savoir qu'il n'avait pas d'autre choix que d'inviter Eric. Ils avaient un marché, après tout. "Que voulez-vous, Eric?"
"Nous avons à parler."
Le Lycanthrope se tourna vers Sookie, "Si je lui donne l'autorisation d'entrer maintenant, est-ce que je pourrai la lui retirer après ?"
Sookie haussa un sourcil à l'attention d'Eric et lui fit un sourire moqueur. "Et comment! Tu peux revenir sur ta décision quand ça te chante."
"Okay," soupira Alcide. "Vous pouvez entrer, Eric." Il ouvrit la moustiquaire, et Eric entra aussi gracieusement que possible par la fenêtre.
Alors qu'il étudiait la pièce du regard, Sookie referma la fenêtre. Il se tourna vers elle et découvrit que ses yeux étaient fixés sur le torse d'Alcide et que le rouge lui montait aux joues. Puis ses yeux croisèrent ceux d'Eric et ne bougèrent plus. S'était-elle envoyée en l'air avec le Lycanthrope? Sûrement pas. Il se convainquit qu'elle était bien trop honorable pour ça parce qu'il ne pouvait pas digérer l'alternative.
"As-tu découvert quelque chose, Sookie ?" lui demanda-t-il.
Elle avait croisé ses bras sur sa poitrine, et elle frissonnait. "Oui. Les vampires d'ici retiennent Bill en otage."
Il s'y attendait, mais en avoir la certitude était différent. Si Edgington était mêlé à tout ça, alors ça compliquait encore plus les choses. Cette situation devrait être gérée avec prudence et finesse, au moins, songea-t-il avec ironie, il était connu pour une de ces deux qualités.
"Dites, ce n'est pas risqué, pour vous, de vous balader sur le territoire d'Edgington incognito ?"
Eric cligna des yeux et regarda le Lycanthrope qui venait de le sortir de ses pensées. "Oh, si," répondit-il, incapable de retenir un large sourire, "très risqué."
Sookie bailla bruyamment et ostensiblement. Apparemment, le fait qu'il se mettait en grand danger l'ennuyait. "Tu as besoin de quelque chose d'autre, Eric?"
J'ai besoin que le Lycanthrope retourne dans sa chambre, et ensuite, j'ai besoin de te débarrasser de cette robe de chambre et de tout ce que tu portes en-dessous, de t'allonger sur le lit, et de te sauter jusqu'à l'aube.
"Tu as autre chose à m'apprendre, Sookie?"
"Oui." Ses yeux se posèrent sur un coin imaginaire de la moquette. "Ils l'ont torturé."
"Ils ne le lâcheront plus alors," dit-il doucement en la regardant. A la façon dont ses yeux brillèrent et son menton trembla, il vit qu'elle avait comprit ce qu'il lui disait.
"Vous allez attaquer?"
C'était une bonne question. Attaquer serait la réponse appropriée, mais ça créerait un sacré bordel. Il ne voulait pas réfléchir à tout ça maintenant, surtout pas devant Alcide Herveaux. "Je vais réfléchir à la question," lui dit-il. "Tu retournes au club demain soir?"
"Oui," dit-elle, "Russell nous a expressément invités."
Alcide, qui était resté respectueusement silencieux, ajouta, "Sookie a attiré son attention ce soir."
"Mais c'est parfait!" dit-il avec un peu trop d'enthousiasme, en essayant de lui remonter le moral. Tout ce que le sang de Sookie lui disait pour le moment, c'était à quel point elle se sentait impuissante. Il ne pouvait pas la laisser baisser les bras parce qu'il avait toujours besoin d'elle. "Donc, demain soir, Sookie, tu iras t'asseoir avec les hommes d'Edgington et tu leur tireras les vers du nez," lui dit-il.
Elle croisa à nouveau son regard. "Eh bien, vois-tu, Éric, si tu ne me l'avais pas dit, ça ne me serait jamais venu à l'esprit. Je suis drôlement contente que tu m'aies réveillée pour m'y faire penser."
Son manque de politesse était préférable à sa dépression, donc il laissa courir assez facilement. "Tout le plaisir est pour moi." Il sourit. "Si tu as envie que je vienne te réveiller une autre fois, tu n'as qu'à demander. C'est quand tu veux, Sookie." De n'importe quelle façon que tu voudras.
"Va-t'en, Eric." Elle se tourna vers le Lycanthrope. "Et encore bonne nuit, Alcide."
Elle ne se débarrasserait pas de lui aussi facilement. Il resta où il était, à attendre qu'Alcide les laisse seuls, mais le Lycanthrope avait un as dans sa manche.
"Je vous retire l'autorisation de pénetrer dans mon appartement."
Merde. Il fut incapable de s'empêcher d'ouvrir la fenêtre et de ressortir. Mais il se força à sourire alors qu'il se tournait en faisant un signe de la main à Sookie.
Sa destination suivante fut chez Pat, un petit bar à vampires à Raymond, juste à l'extérieur de Jackson. Le club réussissait à tenir, principalement grâce à sa location aux abords du campus de l'Université Communautaire de Hinds. Il avait de grandes chances de rencontrer au moins un vampire qui pourrait lui donner des informations utiles sur Edgington.
"Leif," dit-il simplement en faisant un signe de tête au videur. Il fut admit sans problème.
Le club n'avait pas changé depuis la première et seule fois où il y avait mis les pieds, de nombreuses années auparavant. Ça ressemblait plus à un bar d'étudiants qu'à un club de vampires, avec des photos dédicacées de sportifs et de coachs célèbres encadrées, ainsi que de fanons de Hinds et d'autres écoles supérieures à proximité. Un grand panneau à l'entrée proclamait que le wi-fi était gratuit. C'était plutôt calme ce soir, et ses yeux se posèrent sur une vampire qui semblait tout droit sortie d'une sororité. Elle était blonde et mince, et ses longues jambes et ses petites fesses rondes étaient mises en valeur par un jean moulant. Elle se tourna vers lui lorsqu'il s'approcha, et il vit qu'elle portait un pull de Hinds.
"Salut," dit-elle en le regardant de sous ses longs cils épaissit par le mascara.
"Leif," dit-il. Il lui prit la main et l'embrassa. "Et ton nom est?"
"Lauren. Je ne t'ai jamais vu ici avant." Son ton impliquait que si elle l'avait vu avant, elle l'aurait baiser ici-même, sur le comptoir.
Il lui fit son sourire le plus charmeur. "Je serais peut-être venu ici plus tôt si j'avais entendu parler des nombreuses...attractions de cette ville." En terminant sa phrase, il fit clairement courir ses yeux le long de son corps avant de les reposer sur son visage. "On va s'asseoir?"
Elle hocha la tête et le suivit jusqu'aux tabourets placés au comptoir. Elle était lourdement parfumée mais il sentait toujours une trace de Lycanthrope sur elle. Intéressant.
"Alors, qu'est-ce qui t'amène dans notre coin paumé, Leif? Affaires ou plaisir?"
"Affaires," répondit-il, "bien que je dois bien avouer que j'espère prendre un peu de plaisir aussi."
Lauren eut l'air plus que ravie par cette possibilité, mais elle se contenta de lui dire, "Cool."
"J'ai un rendez-vous avec le roi demain soir." Il posa sa main sur le bras de Lauren et le caressa doucement du bout des doigts. "L'as-tu déjà rencontré?"
"Nan, mais je ne pense pas être son type de toute façon."
"Et pourquoi ça?"
"Ben, il est homo. Mon copain va souvent chez lui pour des fêtes et des trucs de ce genre."
Il enleva sa main du bras de Lauren. "Ton copain?"
"On n'est pas sérieux ni rien," dit-elle avec hâte, et ses yeux ajoutèrent, Merci Seigneur, parce que je t'inviter chez moi ce soir et lécher chaque parcelle de ton corps. "Il vient me voir parfois après une de ces fêtes, et je sais qu'il a couché avec l'un d'entre eux."
"Ton copain est humain, alors?"
"Lycanthrope." Elle posa sa main sur la cuisse d'Eric et se pencha vers lui. "Il ne vient pas ce soir."
"J'aimerais pouvoir prendre sa place," mentit facilement Eric, en fixant sa bouche couverte de gloss. "Mais on m'attend ailleurs. Pourquoi tu ne m'écrirais pas ton numéro de téléphone sur l'une de ces serviettes, et je t'appellerais la prochaine fois que je suis en ville."
La fille salivait pratiquement en exécutant sa demande, et Eric glissa la serviette dans sa poche pour la jeter plus tard. Il sortit du club et retourna à Jackson, frustré parce qu'il n'avait rien apprit d'utile - à moins que les préférences sexuelles d'Edgington ne lui soient utiles, ce dont il doutait. Il lui restait de nombreuses heures avant l'aube, et il s'en servit pour fouiller Jackson jusqu'à ce que les premières lueurs d'orange éclairent l'horizon. Il ne trouva rien.
Il se leva immédiatement au couché du soleil et enfila le costume qu'il avait emmené. S'il devait se rendre au club d'Edgington, il voulait être aussi attirant pour le roi que possible. Et il voulait être séduisant pour Sookie, qui pourrait devenir sienne ce soir. Il n'y avait que très peu de chances que Bill soit encore vivant, et elle se tournerait - enfin - vers Eric pour être réconfortée et protégée. Il ferait les deux avec plaisir. Avec une expertise qu'il avait perfectionné au cours des siècles, il tressa ses cheveux et enfila une paire de lunettes dans une maigre tentative de se déguiser.
Lorsqu'il s'approcha de la fenêtre de Sookie cette fois, il entendit les voix d'Alcide et d'un autre homme, donc il toqua juste assez fort pour qu'elle soit la seule à l'entendre. Elle apparut quelques instants plus tard, avec un doigt sur ses lèvres. Souriant, il lui fit signe de le laisser entrer, mais elle secoua la tête et lui fit à nouveau signe de rester silencieux. Il la regarda retourner vers la porte pour y presser son oreille. Elle le regarda et lui fit signe d'attendre encore un peu. Il se demanda vaguement qui était l'autre homme, surtout en voyant à quel point Sookie faisait bien attention de ne pas interrompre leur conversation.
La voix de l'autre homme disparut et Alcide entra dans la chambre de Sookie, et grimaça lorsqu'il regarda par-dessus son épaule et qu'il vit Eric flotter dehors.
"Alcide, j'ai entendu la plus grande partie de ta conversation avec Terence," disait Sookie au Lycanthrope. "Je suis désolée d'avoir écouté aux portes, mais j'ai cru comprendre que ça me concernait un peu. Et... euh... Eric est là."
"Je vois. J'imagine que je ne peux pas le laisser dehors plus longtemps." Il se dirigea vers la fenêtre et l'ouvrit. "Entrez, Eric."
Sookie l'admira et il fut ravi de sentir un peu d'attirance provenir d'elle. "C'est censé être une tenue de camouflage?"
"Exactement. Je voyage incognito. Qu'en dis-tu, Sookie ? À quoi je ressemble ?"
Elle déglutit. "A Eric Northman en costume."
"Il te plaît, mon costume ?" demanda-t-il, avec un large sourire, parce qu'il savait déjà que oui. Beaucoup.
"Beaucoup." Ses yeux et le rouge qui lui monta aux joues soulignèrent sa courte réponse. "Qui t'a fait cette coiffure ?"
"Oh oh! Jalouse?" Son sourire s'élargit, et il songea distraitement qu'il souriait toujours comme un fou en sa présence.
"Non," dit-elle en levant les yeux au ciel, mais elle souriait quand même. "Je me disais juste que j'aimerais bien qu'on m'apprenne à en faire autant sur moi."
Il était sur le point de lui assurer qu'il le ferait avec plaisir, mais Alcide parla avant lui. "À quoi avez-vous voulu jouer exactement, en abandonnant un cadavre dans mon placard ?"
C'est quoi ce putain de délire...? Il observa silencieusement le Lycanthrope, mais ne reçut aucune explication. "Ne me dites pas que c'était Bubba?" demanda-t-il finalement. Bubba l'avait aidé à fouiller la ville pendant quelques heures la nuit d'avant mais il n'avait reçut aucune nouvelle du vampire déficient mental depuis.
Ils l'observèrent, abasourdis, pendant un moment avant que Sookie ne répète, "Bubba? Mais..." Elle se tourna ensuite vers Alcide et lui expliqua, "En fait, Bubba est Elvis. Il a été transformé par un fan juste au moment où il était sur le point de mourir de cette fameuse overdose. Son cerveau en a prit un coup."
"Ah ! Ça explique toutes les apparitions mystérieuses. Bon sang... C'était donc vrai !"
Eric eut un sourire amusé. "Les vampires de Memphis voulaient le garder, mais c'était impossible. Il ne cessait d'essayer de rentrer chez lui. Il aurait fini par y avoir des incidents. Alors, on a commencé à se refiler la patate chaude..."
Alcide répondit au sourire d'Eric par le sien. "Et maintenant, vous l'avez perdu."
"Les copains du type qui a attaqué Sookie à Bon Temps ont très bien pu s'en prendre à Bubba." Et malheur à eux s'ils l'avaient fait. Il sourit malgré lui et lissa son costume qui avait été froissé lorsqu'il était passé par la fenêtre.
"Alors," dit-il vivement en revenant sur le sujet qui avait éveillé sa curiosité, "C'était qui dans le placard?"
"Un motard qui a marqué Sookie hier soir. Il l'a draguée un peu trop lourdement pendant j'étais aux toilettes."
"Marqué?" répéta Eric. L'homme devrait être heureux, où qu'il soit maintenant, d'être déjà mort.
"Oui," dit Alcide. Il regarda Eric avec sérieux. "Un outrage de sang."
Eric se tourna vers Sookie. Tu ne m'en as pas parlé la nuit dernière."
"Je n'avais pas envie d'en parler," répondit-elle d'une petite voix. Puis son expression se fit provocante. "Et puis, je n'allais pas faire toute une histoire pour trois gouttes de sang."
"Montre-moi," lui dit-il d'une voix qui ne laissait aucune place aux objections.
Elle fit glisser son pull et sa bretelle de soutien-gorge pour lui révéler quatre lacérations rouges et gonflées. "Tu vois, pas de quoi faire une scène," dit-elle d'une voix légère. "J'étais plus en colère qu'effrayée ou blessée."
Il fixa les blessures. Bien qu'elles soient petites, la colère et la haine s'y reflétaient. La peau saine de son épaule était comme il s'en rappelait, lisse et douce. Il sentit sa lotion. Sookie relâcha son col pour recouvrir les marques, et Eric se sortit de sa rêverie.
"Et vous avez retrouvé l'agresseur de Sookie mort dans votre placard?"
"Exactement. Ça faisait déjà plusieurs heures qu'il était mort."
"De quoi?"
Sookie répondit à la question qu'il n'avait pas posé. "II n'a pas été mordu. Il semblait avoir la nuque brisée. Mais on n'a pas regardé de trop près non plus." Elle l'étudia pendant un moment avec une expression sceptique sur le visage. "Donc ce n'est pas toi qui l'as supprimé?"
"Non," dit-il d'une voix sombre. "Quoique je l'eusse fait avec un immense plaisir." Ça aurait été plus qu'un plaisir. Ça aurait été sublime.
"Alors qui l'a mis là?" demanda-t-elle.
Eric se demanda pourquoi ils ne lui avaient pas encore proposé de voir le corps. "Serait-ce trop indiscret de ma part de vous demander où il se trouve à l'heure qu'il est ?" demanda-t-il séchement.
"Euh..." dit Sookie, "eh bien..."
Il leva légèrement la tête et flaira l'air. Rien. "Le corps n'est plus là," dit-il lentement. "Vous avez appelé la police?"
"Euh...eh bien...non," admit Sookie. Elle jeta un coup d'oeil à Alcide. "En fait, on..." Sa voix s'éteignit.
"On l'a balancé dans la nature," dit calmement Alcide, comme si ça aurait dû être évident.
Eric voulait sourire à nouveau, mais il s'en empêcha avec difficulté. "Vous ne manquez pas d'esprit d'initiative à ce que je vois."
"On a pris nos précautions." La voix de Sookie était tendue et il aimait ça.
Cette fois-çi, il s'autorisa à lui sourire. "Je l'espère pour vous deux."
Les coins de sa bouche s'étirèrent, mais Alcide parla avant qu'elle ne puisse lui répondre. "Le chef de meute est venu me voir aujourd'hui. Il sort d'ici, en fait. Et il ne savait pas que Jerry - l'agresseur de Sookie - avait disparu. En fait, Jerry est allé se plaindre auprès de Terrence après s'être fait virer du club, hier soir. Il est allé lui dire que j'avais des torts envers lui. L'essentiel en ce qui nous concerne, c'est qu'il a été vu et entendu après la bagarre du Club Dead, hier soir."
"Donc vous sortez de cette histoire lavés de tout soupçon."
Alcide hocha la tête et croisa les bras sur son torse. "C'est bien parti pour."
"Vous auriez dû brûler le corps. Vous auriez éliminé tout risque qu'on retrouve votre odeur sur le cadavre." Et l'odeur de Sookie était reconnaissable entre mille.
"Je ne crois pas qu'on puisse repérer notre odeur," lui assura Sookie. "Je ne pense pas qu'on l'ait touché une seule fois à mains nues."
Le lycanthrope hocha à nouveau la tête. "C'est vrai, et je suis un hybride."
Les vampires pouvaient sentir les humains sur des personnes ou des objets qui n'étaient pas entré en contact avec eux, mais ça lui semblait inutile de mentionner ça. Les vampires ne rechercheraient pas un Lycanthrope ayant disparu de toute façon. "Je n'ai aucune idée de l'identité du tueur," leur dit-il, prêt à en finir avec ce sujet. "Mais c'est vraisemblablement quelqu'un qui voulait vous faire accuser du meurtre."
Sookie fronça les sourcils. "Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir appelé les flics en leur disant qu'il y avait un cadavre planqué dans la penderie du 504 ?" demanda-t-elle.
"Bonne question, Sookie, à laquelle je ne peux pas répondre pour l'instant. Je serai au club, ce soir," dit-il en changeant brusquement de sujet pour se concentrer sur le plus important. "Si Russell s'étonne de ma présence, Alcide, vous lui direz que je suis un fraîchement arrivé à Jackson et que vous m'avez invité pour rencontrer Sookie, votre nouvelle petite amie." Ça le dégoûtait de dire ça, mais il était un expert dans l'art de faire semblant d'être distant et brusque.
"D'accord. Mais je ne comprends pas pourquoi vous voulez venir. C'est dangereux. Si un des vampires vous reconnaissait ?"
Eric haussa nonchalamment les épaules. "Je n'en connais aucun."
"Mais pourquoi prendre un tel risque?" lui demanda Sookie après un bref instant de silence. Ses yeux cherchèrent ceux d'Eric. "Pourquoi tiens-tu tellement à y aller?"
"Je peux comprendre des choses que ni Alcide ni toi ne remarqueriez parce que vous n'êtes pas des vampires," lui expliqua-t-il. Elle ne savait pas encore à quoi s'attendre, et il était temps qu'il lui le dise. Mais pour ça, le Lycanthrope devait partir. "Et maintenant, si vous voulez bien nous excuser un instant, Alcide... Sookie et moi avons une petite affaire à régler."
L'autre homme se tourna vers Sookie pour voir si c'était acceptable, et Eric ravala une insulte. Il n'avait pas besoin de la permission d'Alcide Herveaux pour quoi que ce soit; il n'avait demandé que par pure politesse. Sa bonne humeur avait elle-aussi sa limite. Finalement, le Lycanthrope les laissa seuls.
Les yeux d'Eric se posèrent sur l'épaule de Sookie, comme s'il pouvait voir les blessures sous son pull. "Veux-tu que je soignes tes blessures?" Il salivait presque à l'idée de la goûter à nouveau - et peut-être même de pouvoir lui donner un peu plus de son propre sang.
"Comment expliquerais-je ça, Eric?" demanda-t-elle. "Il m'a agressée devant tout le bar."
Si elle avait été à lui, elle n'aurait rien eu à expliquer. Tout le monde saurait que c'était son sang qui aurait soigné ses blessures, son sang dans les veines de Sookie, la liant à lui. Bientôt, elle serait à lui. Pour le moment, il devait la laisser garder ces horribles marques. "Oui, bien sûr, tu as raison. Tu n'es ni un lycanthrope ni une immortelle. Comment aurais-tu pu guérir si vite en effet?" Il écouta son coeur battre régulièrement pendant quelques secondes, puis il attrapa sa main et la serra entre les siennes. Au lieu de soigner ses blessures, il allait maintenant devoir la faire souffrir encore plus. "J'ai passé toute la région de Jackson au peigne fin," dit-il lentement en gardant ses yeux plongés dans ceux de Sookie. "J'ai fouillé les cimetières, les hangars déserts, les fermes isolées, tous les endroits qui portaient la plus subtile odeur de vampire, toutes les propriétés qu'Edgington et ses sujets possèdent." Il serra sa main si chaude dans les siennes, glacées. "Je n'ai trouvé aucune trace de Bill. J'ai bien peur qu'il faille nous rendre à l'évidence, Sookie : Bill est mort. Définitivement mort."
Ses jambes tremblèrent, mais il la rattrapa avant qu'elle ne tombe, et il la porta jusqu'à la chaise la plus proche. Il s'assit, et la serra dans ses bras comme un bébé, repoussant ses cheveux de son visage. La dernière fois qu'il avait tenu quelqu'un comme ça, ça avait été un bébé: son plus jeune fils. "Je t'ai bouleversée," dit-il en lui soulevant le menton pour qu'elle le regarde. "Je voulais être délicat, au lieu de ça, je me suis montré..."
"Brutal," finit-elle pour lui.
Des larmes roulèrent sur les joues de Sookie, et il les goûta avant qu'il ne puisse s'en empêcher. Ça ne sembla pas la déranger; en fait, elle ferma les yeux et resta immobile après s'être un peu penchée vers lui. Puis elle posa à nouveau sa tête sur l'épaule d'Eric, laissant tout son poids reposer sur lui. Ça serait sa vie, désormais, réalisa-t-il, si Bill était vraiment mort. Elle le laisserait finalement lui donner tout ce qu'il voulait lui donner: protection, sécurité, argent, plaisir. Même de l'affection. Il lui donnerait tout ce qu'elle voudrait.
Mais elle voulait Bill.
Bon, alors, si ce bâtard était toujours vivant, elle l'aurait lui aussi. "J'ai fouillé tous les endroits...sauf un: le domaine royal de Russell Edgington," réfléchit-il à voix haute. "Sa propriété privée et ses dépendances. Il faudrait qu'il soit fou pour emprisonner un vampire sous son propre toit. Mais ça fait plus d'un siècle qu'il règne sur le Mississippi: il se pourrait qu'il pèche par excès de confiance. Je réussirais sans doute à franchir le mur d'enceinte, mais je n'en ressortirais pas entier. Son domaine est constamment surveillé par des patrouilles de loups-garous. Il est fort peu probable que nous parvenions à pénétrer à l'intérieur d'une telle forteresse. Et il est encore moins probable qu'Edgington nous y invite, sauf circonstances extrêmement particulières." Il resta silencieux pendant quelques minutes, puis ajouta prudemment, "Je crois que tu devrais me dire tout ce que tu sais du projet sur lequel Bill travaillait."
Son corps, qui avait été détendu et lourdement pressé contre le sien, se raidit. "C'était pour ça la gentillesse et les bras secourables?" demanda-t-elle froidement. Elle se dégagea de ses bras et s'éloigna de lui. "Tu voulais me faire parler?"
C'était si injuste et ingrat que son esprit vacilla pendant un instant. Puis il se leva, et lui lança un regard noir. "Je pense que Bill est mort, et j'essaie simplement de sauver ma peau, et la tienne par la même occasion, espèce d'idiote," siffla-t-il.
Elle ne détourna pas les yeux des siens, contrairement à ce que tous ceux qui étaient sous ordres faisaient lorsqu'ils étaient intimidés. "Je. Vais. Trouver. Bill."
La colère d'Eric disparut aussi rapidement qu'elle était arrivée. Il adorait son esprit, mais le pragmatisme n'était définitivement pas l'un des points forts de Sookie. "Ne compte pas faire les yeux doux à Edgington, Sookie," lui expliqua-t-il. "Les femmes ne l'intéressent pas. Et si je flirtais avec lui, il se méfierait. Un vampire avec un vampire...c'est inhabituel. Edgington n'est pas né de la dernière pluie. Sinon, il ne serait pas arrivé là où il est. Son bras droit, Betty Joe, pourrait peut-être me trouver à son goût. Mais c'est une vampire aussi, et la même règle s'applique. Tu ne peux pas imaginer à quel point la fascination de Bill pour Lorena est étrange. En fait, c'est très mal vu pour un vampire de fréquenter un autre vampire."
Bien que ça n'en empêchait pas certains de le faire; la reine de Louisiane elle-même était amoureuse d'un autre vampire, et Edgington était connu pour avoir des relations sérieuses avec d'autres rois. Ça ne dérangeait pas certains vampires de se rendre vulnérable et soumis comme un humain pourrait l'être. Un tel comportement chez un roi ou une reine était tout particulièrement de mauvais goût, mais ce n'était pas à lui de changer ça.
"Comment as-tu découvert tout ça?" lui demanda-t-elle.
"J'ai rencontré une jeune vampire, hier soir. Son petit ami a été invité aux soirées qu'Edgington donne chez lui."
"Oh, il est bi?"
Il n'avait ni le temps ni l'envie de lui expliquer que la plupart des créatures surnaturelles - et surtout les vampires - étaient bi. Quand quelqu'un vit pendant des siècles, ce genre de lignes finit par fondre. Comme leur humanité disparaissait, disparaissait aussi leur perception de race et de sexe...ainsi que toutes autre caractéristiques humaines. Il lui dit simplement, "C'est un loup-garou. J'en déduis qu'il est hybride à plus d'un titre."
"Je croyais que les vampires ne sortaient pas plus avec les loups-garous qu'avec ceux de leur propre espèce," lui dit-elle.
"C'est une petite perverse. Les jeunes aiment bien tenter de nouvelles expériences."
"Donc, si je te comprends bien, il faut que je me concentre sur la façon de parvenir à me faire inviter chez Edgington, puisque c'est le seul endroit de tout Jackson où Bill peut se trouver?"
Elle parlait toujours de Bill comme s'il était encore en vie. Si c'était ce qu'elle avait besoin de croire pour continuer à résoudre ce mystère, alors qu'il en soit ainsi. "Il est peut-être retenu ailleurs dans la ville...mais je ne le pense pas. Il y a très peu de chance." Même s'il était vivant, ils n'avaient aucune idée de l'état dans lequel il était. Il choisit prudemment ses mots. "Et n'oublie pas qu'ils le retiennent depuis des jours, maintenant."
"Je comprends," dit-elle en hochant la tête.
Debout là, dans son vieux pull, elle avait soudainement l'air aussi petite et fragile qu'elle l'était vraiment. Il tendit la main et attrapa l'une des siennes. "Fais-toi belle," lui dit-il avec un sourire. "On a des gens à séduire." Il manqua d'ajouter, "Ne t'inquiète pas, on le trouvera," mais il ne lui mentirait pas. Les platitudes n'étaient prononcées que pour les personnes trop faible pour affronter la vérité.
"Okay," dit-elle. Elle relâcha sa main et repoussa une mèche de cheveux derrière son oreille. "Je te verrais bientôt."
Il se glissa à nouveau par la fenêtre, et se fondit dans les ténèbres, maintenant illuminées par la pleine lune. Direction le Club Dead.
Prochain chapitre : Haut Risques
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