A/N: note spéciale de l'auteur pour Naomily-fan: je suis très heureuse que tu me dises franchement ton opinion, c'est très important pour moi :) Et je t'en remercie ! Tu verras dans les prochains chapitres que tout n'est justement pas si rose... ;) J'avais prévu depuis longtemps d'inclure des passages plus tristes, et c'est justement pour contrebalancer de la lune de miel que j'ai écrit une troisième partie :) Je vous promets une fin heureuse, mais je donne effectivement raison à Naomily-fan sur ce coup-là :) En attendant, bonne lecture ! :P
Chapitre 3 : Naomi. - Sophia.
JJ m'avait appelée ce matin pour me confirmer le rendez-vous à Londres avec les réalisateurs du film ainsi que le reste du casting. Je devais y être en début d'après-midi, mais j'avais prévu d'avoir un peu de retard pour pouvoir passer encore un peu de temps avec Em. Je savais qu'elle vivait mal le fait que j'allais devoir filmer pendant sa grossesse. Cette idée ne me plaisait pas davantage, mais JJ me promit qu'il arriverait à regrouper mes heures de tournage le mieux possible pour que je puisse passer plus de temps avec elle.
Dans le train, JJ dormait à poings fermés et je commençai à sérieusement m'ennuyer. Je ne pouvais pas non plus discuter avec Emily par sms car c'était aujourd'hui qu'elle devait accompagner Katie pour son test de grossesse. Je sortis donc un petit carnet que j'avais acheté la veille pour pouvoir y annoter mes premiers ressentis lors de la grossesse de ma femme.
02/03/17 - Voilà maintenant presque deux semaines qu'Emily est enceinte de notre futur enfant. Je suis en ce moment-même dans un train qui doit me conduire à Londres, loin d'Emily; et c'est dur d'être séparée d'elle. Surtout en ce moment quand je sais qu'elle a besoin de moi. Je pense à elle tout le temps. Et je pense au bébé tout le temps. C'est dur de penser à autre chose, à vrai dire… L'idée du journal a été initiée par Emily. Au début, je n'en voyais pas réellement l'utilité, mais je me rends compte maintenant que ça permet d'extérioriser ce que j'ai sur le coeur. Non pas que je ne peux pas en parler à Emily, mais je pense que pour l'instant, le mieux à faire est de ne pas l'apeurer.
Avoir des enfants a toujours fait partie de mes projets; et ceux, même après tout ce que j'ai vécu. Entre le départ soudain de mon père et ma fausse-couche, rien de tout cela n'a posé de frein à cette volonté. On a discuté pendant longtemps avec Emily pour savoir laquelle de nous deux porterait l'enfant. On était toutes les deux pour, mais il semblait plus logique qu'elle soit enceinte; d'abord parce que je ne pouvais pas me permettre de tomber enceinte, car mon contrat stipulait clairement que je ne le pouvais pas. Le médecin nous a aussi conseillé de choisir Emily, puisque mes antécédents auraient peut-être joué en ma défaveur.
Nous voilà donc au début de la grossesse de ma femme, et même si j'en suis quelque peu préoccupée, je ne peux pas m'empêcher de penser que les mois à venir vont être merveilleux, tout comme vont l'être le reste de ma vie à ses côtés. À leurs côtés.
Le train s'arrêta et je rangeai à nouveau le carnet dans mon sac avant de réveiller JJ. Je n'étais pas spécialement enthousiaste à l'idée de passer la journée entière à simplement signer des contrats et à écouter des explications que j'avais déjà entendu des centaines de fois au moins, mais comme me l'avait précisé JJ, je ne pouvais pas passer outre ces dispositions. Le plus vite on aura bouclé cette affaire, le plus vite je pourrai la rejoindre.
Je rentrai, lessivée. La journée avait été incroyablement longue il était tard lorsque je passai le pas de la porte. Il faisait nuit-noire dans la maison et je me demandai si Emily était déjà couchée ou si elle comptait passer la soirée avec Katie en fin de compte. C'est lorsque je vis un sceau à champagne avec une bouteille que je compris qu'elle était certainement à l'étage. Il y avait une carte qui accompagnait le tout; elle était parfumée.
Monte :-)
Bingo. Je ne la connaissais que trop bien, mais elle arrivait cependant toujours à me surprendre. Je pris le champagne avec moi et montai les escaliers.
En ouvrant la porte, je fus accueillie par la même odeur que celle de la carte; et Emily était allongée sur le lit, dans une lingerie des plus sexy. À mon grand regret, elle était déjà endormie et je me sentais coupable d'être rentrée si tard.
Je posai le sceau au pied du lit, retirai ma veste et le reste de mes habits pour me retrouver en sous-vêtements et me blottir contre elle. Elle frissonna légèrement lorsque ma peau entra au contact de la sienne; et se réveilla doucement.
"Bonsoir." chuchotai-je.
"Tu rentres tard." affirma-t-elle, les yeux encore fermés.
"Je sais. Je suis désolée."
"C'est pas grave."
Puis elle ouvrit les yeux et je dus retenir mon souffle tant elle était belle. J'embrassai le bout de son nez et elle frissonna à nouveau, puis m'agrippa par le coude.
"Tu es glacée." dit-elle en riant.
"Désolée."
"Viens par là."
Elle me serra plus fort contre elle jusqu'à ce que nos deux corps ne fassent plus qu'un et je sentis ma température augmenter à son contact. C'était incroyablement agréable de la sentir contre moi et son parfum était exquis.
"Tu sens bon." affirmai-je. "C'est un nouveau parfum ?"
"Oui, on a fait les boutiques avec Katie aujourd'hui. L'ensemble te plaît ?"
"Oui, beaucoup." répondis-je en caressant ses formes. "Mais tu seras encore plus jolie sans cet ensemble."
"Une chose en son temps, perverse !" dit-elle en riant de plus belle.
"Tu as ramené le champagne ?"
Je hochai la tête, me défit de son étreinte et pris le sceau que j'avais précédemment posé au sol. Je m'en servis une coupe, mais ne sus pas quoi faire de l'autre…
"Il est sans alcool." dit-elle. "Ce ne sera probablement pas bon, mais c'était pour qu'on puisse être deux à boire cette fois. Il y a du vrai champagne au frigo si tu veux…"
"Non non. Ça me convient parfaitement."
Elle me sourit et je l'embrassai du bout des lèvres. Je lui servis ensuite une coupe et on trinqua.
"Katie est enceinte alors ?" demandai-je.
Elle secoua la tête pour dire non et soupira doucement. Il y eut un léger blanc, puis Emily m'expliqua qu'elle avait simplement envie de passer un moment romantique avec moi, ce soir; d'où le champagne. Je me rendis bien sûr compte que j'avais un peu gâché l'ambiance à cause de mon retard, mais elle semblait cependant toujours encore avoir envie de moi, malgré le fait qu'elle soit fatiguée.
On fit l'amour, doucement, tendrement, et je caressais son corps avec la plus grande délicatesse possible, comme si un mouvement brusque risquait de la casser. J'essayais de lui prouver à quel point je faisais attention à elle et à quel point je tenais à elle.
La sonnerie de mon téléphone nous réveilla toutes les deux en sursaut. Je n'avais pas eu le temps de l'éteindre hier soir et j'étais en train de le maudire ce matin. La tête d'Emily, précédemment posée sur mon torse nu, se cacha sous les coussins pour atténuer le bruit.
"Oooh, éteins ça !" grommela-t-elle.
Je sortis mon téléphone du sac et fit comme elle le demanda en mettant mon téléphone sur OFF. Je remarquai en même temps que l'appel provenait du producteur et qu'il m'avait laissé trois messages; mais pour l'heure, je n'allais pas me préoccuper de lui.
Plus tard dans la semaine, j'appris que je devais me rendre sur les lieux du tournage plus tôt que prévu, car les conditions météo étaient parfaites. Je ne savais pas mon texte à la perfection, mais cela ne posait apparemment pas un problème majeur, étant donné que je ne ferai que seconder l'actrice principale pour cette scène.
C'était seulement une fois sur les lieux que je me rendis compte de mon retard. Ils étaient déjà tous prêts à filmer et le producteur, John Foster, semblait énervé. Il marchait dans ma direction, les sourcils froncés.
"Excusez mon retard, j'ai eu un léger contre-temps." dis-je.
"Les retards ne sont pas tolérés ici, madame Campbell."
"J'en ai conscience, mais ma femme-"
"Quel qu'en soit le motif." ajouta-t-il en me coupant dans ma phrase.
"Si mes horaires ne vous conviennent pas, je n'aurai aucun mal à vous remplacer."
Je baissai le regard. Je ne voulais pas que mes retards causent mon renvoi; ce film comptait beaucoup pour moi et allait jouer en ma faveur pour mes rôles futurs.
"Vos attitudes de diva ne marcheront pas avec moi." continua-t-il. "J'exige donc un respect total de mes exigences de travail. Suis-je clair ?"
"Très clair."
"Bien. Maintenant, dépêchez-vous de vous changer. Je vous veux présente dans dix minutes."
Je hochai la tête et me dirigeai vers les loges au pas de course. Ce mec était un véritable crétin. Mais puisque c'était lui le boss, je pouvais difficilement le contredire.
Sept minutes plus tard (oui, j'avais effectivement chronométré mon temps), je me retrouvai entourée de caméra, prête à tourner une scène où je ne prononcerai pas un mot. On m'avait donné quelques instructions précises, mais cela n'avait rien de compliqué.
En moins de trois heures, la scène était bouclée. L'actrice principale, Sophia, avait accompli un travail remarquable et je l'en félicitai.
"Tu as été incroyable, bravo." lui dis-je avec un sourire sincère.
"Merci !" s'exclama-t-elle. "Tu es ma première source d'inspiration, tu sais."
"Ah oui ?" demandai-je, surprise par sa révélation.
"Oui. À vrai dire, je suis une grande fan de tes films, c'est un peu grâce à toi que je suis là aujourd'hui. J'ai vraiment travaillé dur pour avoir ce rôle à tes côtés…"
"C'est très flatteur, merci." déclarai-je. "Tu t'en sors vraiment bien en tout cas."
"Mon actrice préférée me complimente, c'est définitivement l'un des plus beaux jours de ma vie !"
Je ris. Cette fille avait vraiment l'air sympa et j'étais contente de voir qu'on s'entendrait bien; c'était important et nécessaire de conserver une bonne ambiance entre acteurs.
Deux semaines plus tard, je fus conviée à une soirée organisée par Foster, essentiellement pour signer des autographes et répondre aux questions des journalistes. J'étais venue accompagnée d'Emily, qui s'était plainte du fait qu'elle commençait à avoir du mal à rentrer dans l'une de ses robes qui lui allaient pourtant très bien il y a encore quelques mois. La raison semblait évidente, mais je savais qu'il ne fallait pas que je la dise à voix haute.
C'est en arrivant sur place que je me rendis compte qu'on était les dernières invitées attendues. Les flashs des appareils photos n'arrêtaient pas de nous éblouir et déjà une horde de journalistes nous accueillaient en nous demandant comment se passait la grossesse d'Emily. Il y a encore quelques jours, on répondait à ce genre de questions avec joie, mais lorsque la même question vous est posée une vingtaine de fois par jour, vous commencez à en avoir ras le bol.
John Foster m'avait présentée à l'un de ses collègues, lui aussi producteur, qui semblait intéressé par ma participation dans l'un de ses courts-métrages. Je lui tendis donc les coordonnées de JJ, qu'il prit volontiers.
Je présentai ensuite Emily à Sophia; j'aurais sérieusement pensé qu'elles s'entendraient bien, car elles avaient beaucoup de points communs. Mais c'était en réalité tout le contraire : tout au long de la soirée, Sophia n'a cessé de rabaisser le métier de journaliste, et plus encore, celui de photographe, tandis qu'Emily mettait tout en oeuvre pour lui faire comprendre qu'elle ne devait pas être une excellente actrice, car elle n'avait jamais entendu parler d'elle.
Emily s'excusa ensuite en prenant la direction des toilettes, en me faisant comprendre qu'elle subissait à nouveau des maux de ventre; bien entendu, je l'accompagnai et fermai la porte des toilettes derrière nous. Elle se posta devant le miroir, en s'appuyant sur le lavabo.
"Sophia…" dit-elle soudainement. "Je ne l'aime pas."
"J'ai cru comprendre."
"Non, je veux dire… Je la sens pas."
"Pourquoi ?" demandai-je en fronçant les sourcils.
"Il y a quelque chose qui ne me plaît pas chez elle…"
"Tu veux que j'arrête de lui parler ?"
"Non, bien sûr que non. Je te demande juste de faire attention."
"À quoi ?" demandai-je, perplexe.
"Naoms…" commença-t-elle en se retournant vers moi. "Je sais que tu ne vois pas comment elle te regarde, mais moi je le vois… Je te demande simplement de ne pas te faire avoir."
Elle avait l'air sincèrement touchée par ce problème; et je savais que je devais lui prouver que Sophia ne représentait pas un danger. Je comprenais ses craintes, mais elles devaient disparaître; ce n'était pas bon pour le bébé.
"Mon coeur…" dis-je en m'approchant d'elle avant de la prendre délicatement dans mes bras. "Tu n'as aucun soucis à te faire. C'est toi que j'aime, tu le sais ça, non ?"
"Oui… Désolée, ça doit être les hormones."
Je ris et embrassai sa tempe en la serrant contre moi. Elle déposa un baiser dans le creux de mon cou en murmurant un "Je t'aime." puis nous fûmes interrompues par la porte des toilettes qui s'ouvrit brusquement.
"Ah, vous voilà !" s'exclama Sophia. "Naoms, Foster aimerait que tu le rejoignes dès que possible dans la grande salle, les journalistes aimeraient vous interviewer."
Je hochai la tête, puis elle sortit presque aussitôt.
"Elle t'appelle Naoms ?" demanda Emily en crispant la mâchoire.
"C'est la première fois que je l'entends m'appeler comme ça, je te le promets."
"Je t'en prie mon amour, sois prudente." murmura-t-elle en se blottissant contre moi.
"Toujours."
A/N: Sophia ? :O Laissez des commentaires, mes chéris !
