Auteur : DeeDeeINFJ

Traductrice : Moi

Spoilers : Tous les livres

Rating : M

Genre(s) : Romance

Disclaimers : Tout l'univers de Sookie et Eric appartient à Charlaine Harris. L'histoire que vous allez lire appartient à DeeDeeINFJ. Quand à moi, je ne suis qu'une humble traductrice.

Notes : Pour ceux que ça intéresse de lire cette histoire en version originale, le lien se trouve dans mon profil.

Je rappelle que vous pouvez désormais me trouver sur Facebook sous le nom de Saw Trombone... Si vous voulez discuter de mes fics ou vous tenir au courant de ma vie :D Vous êtes les bienvenus!


- Chapitre 11: Vaincu -

Ils étaient à mi-chemin de la Lincoln lorsque le caissier ajouta, "Une Lincoln blanche avec un trou dans le coffre, ça passe pas inaperçu!"

Eric jeta un coup d'oeil au métal déchiré mais haussa les épaules. Ils étaient près de Bon Temps et ils n'auraient plus besoin de s'arrêter. Alors qu'ils montaient dans la voiture, il remarqua que Sookie avait nettoyé son cou ensanglanté dans les toilettes de la station. Il mit le contact et roula vers la route qui les remettrait sur l'I-20. Dans le rétro, il vit deux voiture de patrouille arriver à la station, les sirènes hurlantes.

"Il a raison," dit Sookie.

"J'aurais dû prendre le pick-up de ces deux crétins," répondit-il facilement. C'était trop tard maintenant, et il n'était pas vraiment inquiet.

"Et tes brûlures? Ça va? "

Il porta une main à son visage, qui ne lui faisait plus mal. Il sentit les lignes laissés par le filet mais elles disparaissaient rapidement. "Beaucoup mieux. "

Il y eut un moment de silence, puis elle lui demanda prudemment, "Qu'est-ce qui s'est passé?"

Une autre voiture de patrouille passa à toute vitesse sur la voie d'en face, illuminant le visage de Sookie de rouge et de bleu lorsqu'il se tourna vers elle. Il reporta son regard sur la route et lui raconta, brièvement, ce qui s'était passé jusqu'à ce qu'ils lui jettent le filet dessus.

"Tu devais avoir l'esprit ailleurs," remarqua-t-elle.

Il garda les yeux droit devant lui. "Oui. Tout à fait ailleurs." Son esprit avait été 'ailleurs' depuis la première fois où elle était entrée à Fangtasia.

"Et alors? Que s'est-il passé ensuite?" demanda-t-elle.

"Le plus costaud des deux m'a donné un coup de crosse derrière la tête. Il m'a fallu un petit moment pour m'en remettre."

"Oui, j'ai vu le sang."

"J'ai saigné, en effet," dit-il en se touchant l'arrière du crâne, là où il avait été frappé. Il lui expliqua comment il s'était débarrassé du filet.

"Donc, tu as réussi à te libérer?"

Le ton de sa voix l'invitait à continuer, donc il lui dit qu'il s'était rincé le visage avant de se lancer à sa recherche. Il la regarda mais elle ne semblait pas avoir envie d'ajouter quoi que ce soit. "Raconte-moi ce qui t'es arrivé," lui demanda-t-il enfin.

"Ils m'ont confondue avec la femme qui est entrée en même temps que moi, quand je suis allée aux toilettes," dit-elle. Il se rappela de l'autre blonde qui était entrée avec elle. " Ils ne semblaient pas bien savoir si j'étais encore à l'intérieur," continua-t-elle. "Et le caissier leur a dit qu'il n'avait vu qu'une seule femme blonde et qu'elle était déjà repartie. Je savais qu'il avait un fusil dans son pick-up – je l'avais lu dans ses pensées. Alors, je suis allée le récupérer. J'en ai profité pour leur crever un pneu. Et puis, moi aussi, je t'ai cherché. J'avais peur qu'il te soit arrivé quelque chose. "

Voulait-elle se faire tuer? Et quel genre de protecteur était-il si c'était lui qui devait être sauvé? Il serra les dents. "Tu avais l'intention de nous sauver tous les deux? Le caissier et moi?"

"Eh bien... euh... oui," répondit-elle comme si ça aurait dû être évident ou compréhensible. "Je ne voyais pas comment j'aurais pu faire autrement. Je n'avais pas vraiment le choix."

Il ne dit rien. Le fait qu'elle n'ait pas eu le choix - le fait qu'elle ait dû se mettre en danger - n'était que parce qu'il avait été négligent. Mais là encore, elle serait impossible à protéger si elle ne prêtait aucune attention à sa propre sécurité.

Ils restèrent silencieux pendant une quinzaine de minutes avant que Sookie ne reprenne la parole. "On dirait qu'il y a quelque chose qui te tracasse."

Il ne lui répondit toujours pas. Il ne savait pas quoi dire. Devait-il s'excuser d'avoir été si distrait par elle qu'il avait laissé deux petites frappes, qui voulaient devenir des assassins, lui jeter un filet d'argent à la tête? La disputer parce qu'elle avait insisté pour qu'ils sauvent le caissier alors qu'il n'était personne? Une autre demi-heure de silence gêné s'en suivit.

"Qu'y a-t-il? Ça aurait posé un problème si je vous avais sauvés tous les deux?" insista Sookie lorsqu'ils arrivèrent à Bon Temps.

Son allée était une disgrâce, avec de profonds nids-de-poules qui pouvaient détruire les suspensions de n'importe quelle voiture. Il serra les dents et jura dans un souffle. Elle le regardait avec insistance, et il sut qu'il ne pourrait pas éviter de lui répondre plus longtemps.

"Oui, ça aurait posé un problème," lui dit-il, bien que sa fierté ne lui permit pas d'être plus précis. Il coupa le contact de la voiture. "Et quand vas-tu enfin te décider à faire refaire cette satanée route, bon sang? " Oh, bien joué. Transferts ta colère sur elle.

Elle ouvrit sa portière brusquement et il en fit autant. Pendant un moment, ils se dévisagèrent par-dessus la voiture avant qu'elle ne la contourne pour venir lui faire face, les yeux brûlants. Ils s'emplissaient aussi de larmes, et il se sentit immédiatement désolé.

"Quand j'en aurai les moyens, voilà quand!" dit-elle au bord de l'hystérie. "Je n'ai pas un rond, bon Dieu! Et vous passez votre temps à me demander de prendre des jours sur mon boulot pour vous aider dans vos petites magouilles, tous autant que vous êtes! Je ne peux plus faire ça! Je ne peux plus! C'est terminé, compris? Ter-mi-né! Je rends mon tablier!"

Si seulement ils étaient complètement liés par le sang, il pourrait la calmer. Si elle n'avait pas eu l'air si prête à lui planter un pieu en plein coeur, il aurait toujours pu la prendre dans ses bras pour la réconforter. Il mentionna prudemment le nom de Bill, mais ça n'aida certainement pas.

Ses yeux se plissèrent et des vagues de colère le submergèrent à travers leur maigre lien. "Bill file tout son fric à ces tarés de Bellefleur! Ça ne lui traverserait même pas l'esprit de m'en donner. " Elle releva le menton et croisa son regard avec défiance. "Et puis, comment pourrais-je l'accepter, son pognon, de toute façon? Ça ferait de moi une femme entretenue. Je ne suis pas sa pute. Je suis sa..." Sa voix se brisa. "J'étais sa petite amie." Seule, seule, seule, lui cria son sang, et ce fut douloureux.

Pourquoi ne pouvait-elle pas voir qu'accepter un cadeau de son amant ne faisait pas d'elle une pute? Si elle était à lui, il la chérirait et la couvrirait de cadeaux, pas comme un vulgaire payement, mais parce que ça lui ferait plaisir. Il ne faisait aucun doute que Bill était pareil. Avant qu'il ne puisse exprimer cette pensée à voix haute, elle était passé à un autre sujet.

"Qu'est-ce qui t'a pris, d'abord, d'aller raconter que j'allais devenir ta maîtresse?" Ses joues rosirent. "D'où ça sort, ça encore?"

Ce sujet n'était pas matière à débattre pour le moment. Il lui répondit d'une voix qu'il espérait calme. "Où est passé l'argent que tu as gagné à Dallas?"

Une larme roula sur sa joue mais elle ne sembla pas le remarquer. "J'ai payé ma taxe d'habitation avec."

Il la regarda avec un mélange de surprise et d'affection. "Il ne t'est donc jamais venu à l'esprit," dit-il lentement, "que si tu me disais où l'ordinateur de Bill était caché, je te donnerais tout ce que tu voudrais?" Je le ferais même sans ça si tu me laissais faire. "Tu n'as pas pensé une seule seconde que Russell te paierait une fortune pour obtenir cette base de données?" Elle souffla avec indignation et il lui sourit. "Je vois que tu n'y as même pas songé."

"Mais oui, c'est ça! Je suis un ange," cracha-t-elle. "Il y a quelqu'un dans la maison, Eric."

Elle s'éloigna de lui et se pencha sur le vieux rocking-chair qui se trouvait sous le porche, pendant qu'il restait stupidement debout là, son esprit incapable de se concentrer sur quoi que ce soit. Mais ensuite la réalisation le frappa comme une gifle et le remit en mouvement.

"Sookie!" cria-t-il en courant déjà vers elle.

Mais c'était trop tard. Elle ouvrit la porte et quelqu'un à l'intérieur de la maison sombre l'assomma avec un objet qu'il ne put pas discerner. Il grogna, les crocs sortis lorsqu'elle tomba au sol. Il courut vers la maison mais fut stoppé par la douleur vive de deux balles de pistolet déchirant sa jambe et son torse. Jurant, il courut vers les arbres et sortit son portable.

"Maître?" répondit Pam. "Es-tu ren-"

"Pam, qui est près de Bon Temps? Il faut que je le sache maintenant."

Elle reconnut le ton de sa voix et ne tourna pas autour du pot. "Bill. Il a téléphoné y'a pas longtemps pour voir si t'étais revenu à Fangtasia. Je pense qu'il va aller directement chez Sookie. Il est peut-être déjà là-bas.

Parfait. Pam ne serait pas offensée qu'il lui raccroche au nez, pas que ça l'inquiétait. Il ferma son portable et l'enfonça dans sa poche. Les balles étaient sorties de son corps et ses blessures commençaient à guérir. Bill apparut à ses côtés lorsqu'il arriva sous le porche sombre. Ils hochèrent la tête et Eric ouvrit la porte.

Avec un rugissement, il attrapa la première personne qu'il vit et lui arracha la gorge. Il n'aurait aucune pitié pour ces bâtards. Aveuglé par la rage, il réduisit plusieurs autres corps en lambeaux, en jetant à peine un coup d'oeil à leurs visages. Bill fut tout aussi vicieux que lui, et leur besogne fut rapidement finie. Il se surprit lui-même en se sentant soulagé que la maison de Sookie n'ait pas de moquette.

Ils se précipitèrent ensuite tous les deux vers elle. Elle était couverte de sang. "Sookie?" appela-t-il anxieusement. "Sookie?" Il pressa ses doigts contre son poignet. "Crois-tu qu'il faille l'emmener à l'hôpital?" Il ne pouvait détecter aucune émotion - rien - venant d'elle.

Bill prit son pouls et eut l'air clairement soulagé. "Le pouls est bon. Je vais essayer de la retourner."

Il envoya une prière silencieuse à des dieux qui n'existaient probablement même pas. "Elle est vivante?"

"Oui."

Eric se pencha en avant, essayant de voir le visage de Sookie "C'est son sang?" Il ne voyait aucune blessure, et avec tout le sang qui avait été versé autour d'eux, c'était dur d'isoler son odeur pure et alléchante.

"Oui, en partie," répondit Bill en montrant une vilaine coupure sur la joue de Sookie.

Il respira son odeur et la savoura. "Le sien... c'est différent." Rien à voir avec la saleté qu'il avait encore sur la langue.

"Oui, Je sais. Mais j'imagine que tu es rassasié, maintenant."

Même s'il buvait le sang de tous les habitants de Shreveport, il serait toujours assoiffé par le sang de Sookie, mais certaines choses devaient être faites maintenant. Il se releva et observa les dégâts qu'ils avaient fait. "Ah, oui! Cela faisait beau temps que je n'avais pas bu de vrai sang à satiété," remarqua-t-il.

"Moi aussi," répondit Bill en se préparant à déplacer Sookie. "Bon. Il va falloir faire le ménage dans la maison."

"Bien sûr."

Il s'assit à côté d'elle, le dos tourné au canapé lorsque Bill la fit rouler sur le dos. Ses larmes firent écho à ce que son sang lui disait: douleur. Elle les regarda l'un après l'autre, clignant des yeux pour repousser ses larmes afin de les voir plus clairement. Ce qu'ils avaient fait à ses assaillants n'étaient pas aussi terrible que ce que ces bâtards auraient mérité.

"Peux-tu parler?" lui demanda-t-il doucement.

Elle ouvrit la bouche pour lui répondre mais secoua ensuite la tête.

"Il faut qu'elle boive," observa Bill avant de partir lui chercher un verre d'eau.

Les cheveux de Sookie lui collaient au front à cause de la sueur et du sang, et il les repoussa délicatement. Il continua à caresser légèrement sa peau meurtrie et masqua la rage qu'il ressentait. Son corps avait été ravagé deux fois en une nuit - d'abord par son propre amant, et ensuite par les Loups-Garous. Si Bill n'avait pas été là pour l'en empêcher, il lui aurait encore donné son sang. Il ne serait pas surpris si elle ne voulait plus jamais voir aucun vampire après cette nuit.

Bill revint à ses côtés et la redressa légèrement pour qu'elle puisse boire.

Lorsqu'elle put parler, elle demanda d'une voix rauque, "Tous morts?" Eric hocha la tête en se demandant comment elle réagirait au massacre sanglant qui avait eu lieu dans sa propre maison. Mais sa voix fut plus forte lorsqu'elle répondit fermement, "Bien fait!" et il ne put pas retenir un petit sourire. "Combien?" demanda-t-elle.

Bill et lui regardèrent autour de la pièce, bien que ce soit difficile à dire avec tellement de corps - en tellement de morceaux - dans le noir.

"Sept?" suggéra Bill. "Deux dehors et cinq à l'intérieur?"

Eric ne savait pas combien de fuyards Bill avait poursuivi dans le jardin avant de les tuer, mais il y en avait définitivement six dans la maison. "Je pencherais plutôt pour huit," dit-il.

Bill se tourna ensuite vers Sookie. "Pourquoi s'en sont-ils pris à toi comme ça?"

Elle prit une autre gorgée d'eau à travers sa paille. Le verre était presque vide maintenant, "Jerry Falcon," dit-elle.

"Ah, oui! Je l'ai déjà rencontré," leur dit Bill, et son visage était plus sombre qu'Eric ne l'ait jamais vu. "Dans la salle de torture. Il est en première ligne sur ma liste noire."

Eric sourit sombrement. "Eh bien, tu peux le rayer tout de suite. Alcide et Sookie se sont débarrassé de son corps dans les bois hier."

Une semaine semblait s'être écoulée depuis hier. Depuis qu'ils s'étaient débarrassé du corps de Jerry Falcon, Sookie s'était faite poignardée par un pieu et guérie, ils avaient presque couché ensemble, il lui avait donné son sang, elle avait sauvé Bill qui l'avait ensuite attaqué (et violé?) dans le coffre d'une voiture, ils s'étaient échappé de la station essence et maintenant ça. C'était presque assez incroyable pour en devenir comique.

"Vous l'avez tué?" demanda Bill en retournant l'attention d'Eric au présent.

"Ils prétendent que non," expliqua Eric. "Ils ont retrouvé le corps dans un placard, chez Alcide, et ils ont mis sur pied tout un stratagème pour aller le cacher je ne sais où. "

Bill cligna des yeux avec incrédulité. "Ma Sookie a fait disparaître un cadavre!"

"Je crains que l'emploi de cet adjectif possessif ne soit un peu abusif, en l'occurrence," lui dit Eric. Il ne prit pas la peine de dissimuler sa furie envers Bill. Mais ils discuteraient de ça plus tard.

"Où as-tu appris la grammaire, Northman?"

Je parlais ce langage des siècles avant ta naissance, trou du cul. "J'ai pris anglais deuxième langue à l'université, dans les années soixante-dix," répondit-il à la place. Il avait suivi ce cours, ça c'était vrai.

"Elle est à moi!" dit Bill à voix basse, et Eric vit ses crocs pointer.

A la plus grande surprise et pour le plus grand plaisir d'Eric, Sookie fit un doigt d'honneur à Bill. Des deux mains. Il éclata bruyamment de rire et essaya de décider ce qui lui avait donné le plus de plaisir: le geste en lui-même ou le "Sookie!" horrifié de Bill.

Ça l'avait bien amusé, mais il était temps de redevenir sérieux. "Je crois que Sookie entend par là nous faire comprendre qu'elle n'appartient à personne d'autre qu'à elle-même." Il la regarda avec une affection grandissante avant de retourner son attention sur Bill pour lui expliquer qu'il pensait que le meutre de Jerry Falcon avait probablement été mis en scène pour faire accuser Alcide.

"Donc, toute cette affaire pourrait n'avoir aucun rapport avec nous? Elle n'aurait été mise sur pied que pour piéger Alcide?" demanda Bill en fronçant les sourcils alors qu'il essayait de comprendre la situation.

"Difficile à dire," admit Eric. "D'après ce que les braqueurs de la station-service nous ont rapporté, le reste de la bande de Falcon aurait engagé tout ce que Jackson compte de crapules et les aurait placées en faction sur l'autoroute pour nous intercepter."

Bill étudia le sang qui recouvrait la pièce. "Mais comment ces types sont-ils arrivés là?" demanda-t-il. "Comment savaient-ils où habitait Sookie et qui elle était en réalité?"

Eric comprit lorsqu'il prononça les mots. "Elle s'est présentée sous sa véritable identité au Club Dead." Il croisa le regard de Bill. "C'était risqué, mais les vampires de Jackson ignoraient le nom de la compagne de Bill Compton, puisqu'ils n'avaient pas réussi à te l'arracher."

Mais Bill, toujours le martyre, refusa d'accepter son admission. "Je l'avais déjà assez trahie comme ça. C'était bien le minimum que je pouvais faire pour elle."

"Donc, les lycanthropes ne sont pas censés savoir qu'elle était ta compagne," continua Eric en réfléchissant à voix haute. "Ils savent seulement qu'elle était chez Alcide quand Jerry a disparu." Il ajouta ensuite qu'aucun membre de la Meute, y compris l'Alpha ne croyait qu'Alcide l'avait tué.

"Cet Alcide," dit songeusement Bill. "Il semble avoir une relation plutôt houleuse avec sa petite amie, non?"

"Elle est déjà fiancée à un autre, mais elle le croit amoureux de Sookie et elle n'aime pas ça." C'était approprié qu'un Loup sorte avec une chienne.

"Et c'est vrai?" demanda Bill. Il ne semblait pas vouloir vraiment connaître la réponse. "Il a eu le front de dire à cette virago que Sookie faisait l'amour comme une reine."

"Il voulait la rendre jalouse. Il n'a pas couché avec Sookie." Ça, il le savait aussi certainement qu'il connaissait son propre nom.

"Mais il l'aime bien."

Eric sourit légèrement. "Qui ne l'aime pas?"

"Vous venez juste... de massacrer... un paquet de types... qui ne m'aimaient pas du tout," intervint Sookie. "Comment es-tu... venu ici, Bill?"

Bill leur dit qu'il avait passé un marché avec Edgington - une décision intelligente - et qu'il avait donc récupéré sa voiture. Les Lycanthropes avaient utilisé internet pour découvrir où vivait Sookie.

Eric secoua la tête. "Ces ordinateurs sont vraiment dangereux." Il appréciait les nouvelles technologies comme n'importe quel autre vampire, mais la vie était définitivement moins compliquée et inquiétante avant.

"Le visage de Sookie enfle à vue d'oeil," observa Bill.

Il avait raison; au cours des quelques dernières minutes, sa pommette avait viré au violet, et des bleus étaient apparus sur tout son visage. Il pouvait à peine imaginer à quoi ressemblait le reste de son corps.

"Eric, ça va?" lui demanda-t-elle d'une voix faible.

Il tendit à nouveau la main pour lui caresser les cheveux du bout des doigts, touché qu'elle s'inquiète pour lui. "Je vais guérir," lui assura-t-il. "Surtout avec tout ce bon sang." Les yeux de Sookie se fermèrent. "Sookie?" murmura-t-il.

"Bien," dit Bill. "Elle s'est endormie. Aide-moi à la mettre au lit."

"Donne-moi une minute." Il appela à nouveau Fangtasia et dit à Pam d'envoyer quelques-uns de leurs employés chez Sookie avec tout le nécessaire pour faire le ménage. Pam sut exactement de quel genre de 'ménage' il parlait.

Bill prit Sookie dans ses bras et suivit Eric qui repoussa les cadavres qui se tenaient sur le chemin du bout du pied. Il alluma les lumières dans chaque pièce qu'ils traversaient jusqu'à ce qu'ils arrivent dans la chambre de Sookie. Bien que Bill ne sembla pas vraiment ravi par ça, ils se mirent à deux pour lui enlever ses vêtements ensanglantés, pour nettoyer le sang de sa peau, et pour lui enfiler une chemise de nuit. Son corps était aussi amoché et gonflé que son visage. Eric tira les couvertures de son lit et les remonta ensuite sous son menton après que Bill l'ait allongé. Bill la borda et ils se retrouvèrent à la regarder en silence.

"On ferait mieux de commencer à nettoyer," dit finalement Bill.

Ils travaillèrent en silence et sortirent les cadavres de la maison. A part le tapis, rien d'autre ne semblait avoir été ruiné ou tâché définitivement. Les employés de Fangtasia arrivèrent peu de temps après et Eric leur montra la maison du doigt sans prononcer le moindre mot. Bill et lui se retrouvèrent ensuite seuls sous le porche.

"Est-ce que tu l'as violé?" demanda Eric. "Dans la voiture."

Un long silence. "Oui."

Le direct du droit qu'il envoya dans la mâchoire de Bill fit tomber le jeune vampire mais il ne protesta pas. Eric croisa ses bras sur son torse et regarda droit devant lui. "Rentre chez toi. Je m'assurerais que tout est nettoyé."

Son équipe fut rapide et efficace, les bénéfices d'une longue expérience, et une heure plus tard, il était sur la route de Fangtasia. L'aube était très proche, mais il avait une dernière chose à faire. Il allait passer son coup de fil, et ensuite il irait dormir dans son cercueil d'urgence sous son bureau. L'annuaire de Shreveport n'incluait pas Bon Temps, donc il alluma son ordinateur portable pour trouver le numéro qu'il cherchait.

"Randy Burgess," dit l'homme d'une voix irritée.

"Eric Northman. Trouvez quelque chose pour écrire, Randy. Je veux que vous refassiez l'allée de Sookie Stackhouse, et je veux que ce soit fait à la première heure demain. Je m'en fous des autres commandes que vous pourriez avoir. Suis-je clair?"

Il avait déjà engagé Randy Burgess auparavant, donc l'homme savait qu'il ne devait lui poser aucune question. "O-oui, monsieur."

"Utilisez votre matériel le plus cher, refaites toute l'allée, et je veux que ce soit magnifique. Je me fous du prix. Ajoutez tous les extras que vous voulez et envoyez moi la facture. Avez-vous écrit tout ça?"

Il pouvait entendre le grattement d'un crayon de papier à l'autre bout du fil. "Compris," dit Randy.

"Ne toquez pas à la porte. Elle est malade et je ne veux pas qu'elle soit dérangée. Ce sera tout."

"Tout sera fait à votre satisfaction, Mr. Northman." Randy était bien réveillé maintenant. La promesse de gagner de l'argent avait ce genre d'effet sur les gens.


Lorsqu'il se réveilla la nuit suivante, Pam était déjà dans son bureau. "Enfin!" s'exclama-t-elle. "Raconte-moi tout ce qui s'est passé."

Il lui fit plaisir et fit ensuite disparaître son sourire satisfait en lui donnant ses ordres pour la nuit. "Va chez Sookie. Elle a peut-être été capable de se laver et de s'occuper d'elle-même aujourd'hui, mais j'en doute. Elle pourrait utiliser l'aide d'une autre femme."

Pam le regarda avec la bouche grande ouverte. "Tu veux que je joue à l'aide-soignante pour une humaine?" Il n'eut pas besoin de répondre parce que son visage parla pour lui. Elle connaissait cette expression. "Je le ferais, Maître. Rien d'autre?"

"Bill et moi arriverons à dix-neuf heures. Assure-toi qu'elle sache qu'on vient."


Il arriva chez elle à l'heure annoncée et fut surpris de voir Bubba lui ouvrir la porte. Sookie était assise sur le canapé, en pyjama rose et avec la robe de chambre et les savates assorties. Son visage avait un peu dégonflé, mais pas assez pour qu'il en soit satisfait. Bill était assis derrière elle et il était entrain de lui brosser les cheveux pendant que Pam regardait la scène avec amusement. Il s'imagina à la place de Bill, prenant soin d'elle de cette façon étrangement intime, et il découvrit qu'il était jaloux. C'était une émotion dont il se rappelait à peine.

Après que Bubba leur ait souhaité une bonne nuit à tous et soit parti, Eric se tourna vers Pam. "Qu'est-ce qu'il faisait là?"

Ce fut Sookie qui répondit. "C'est Bubba qui a tué Jerry Falcon." Il écouta Sookie lui raconter ce qui s'était passé avec satisfaction, et Pam éclata de rire lorsque l'histoire toucha à sa fin.

"Qu'il t'ait suivie jusqu'à Jackson," dit-elle avec surprise, "alors que les ordres qu'il avait reçus se limitaient à une nuit de surveillance ici, qu'il ait continué à jouer son rôle de garde du corps coûte que coûte, ce n'est pas très vampiresque, mais le moins qu'on puisse dire, c'est que c'est un vaillant petit soldat!"

Eric ne pouvait être que d'accord avec elle, même si le vaillant petit soldat avait interrompu leur délicieux intérlude deux nuits auparavant. "Il aurait quand même mieux valu qu'il dise à Sookie ce qu'il avait fait et pourquoi il l'avait fait."

Sookie leva les yeux au ciel. "Oui, il aurait au moins pu me laisser un petit mot. Ça m'aurait moins traumatisée que d'ouvrir ce placard et de me retrouver avec un cadavre sur les bras!"

Pam rigola à nouveau. "J'imagine ta tête. Le lycanthrope et toi obligés de cacher le corps! Oh! C'est à mourir de rire."

"Dommage que je n'aie pas su ça quand Alcide est venu, cet après-midi." Sookie ferma les yeux et pencha la tête en arrière pendant qu'Eric et Bill absorbait cette information.

"Alcide Herveaux est venu ici?" demanda finalement Eric, bien conscient de mordre à l'hameçon.

"Oui, il m'a rapporté ma valise," dit-elle. "Il est resté une petite heure pour me tenir compagnie et m'aider à faire quelques trucs. Vu l'état lamentable dans lequel il m'a trouvée, il s'est sans doute senti obligé..."

Bill avait arrêté de lui brosser les cheveux et Eric surprit Sookie entrain de sourir à Pam. Il vit aussi Pam lui faire un clin d'oeil. Ce serait donc ça leur punition, à lui et Bill. Supporter ce que les deux femelles décideraient de dire.

Ce fut Pam qui ouvrit le jeu. "Au fait, j'ai défait tes bagages et rangé tes affaires pour toi, Sookie. Où as-tu trouvé ce superbe châle noir en velours frappé?"

"Eh bien, celui que je portais a été abîmé au Club Dead," expliqua Sookie. Elle sourit à nouveau. "Et Alcide est gentiment allé m'en acheter un autre. Il me l'a offert au moment où je m'habillais pour sortir, le deuxième soir. Il m'a dit qu'il se sentait responsable de ce qui était arrivé au premier. Debbie l'avait brûlé avec une cigarette."

Eric serra les dents, bien déterminé à ne rien dire. Le Lycanthrope lui avait offert un châle. Il lui avait offert une nouvelle allée...au sujet de laquelle elle n'avait encore rien dit.

"Il a bon goût, pour un loup-garou. Tu me le prêteras, si je t'emprunte ta robe rouge?" Pam payerait pour ça plus tard. Elle devait déjà le savoir.

"Bien sûr," répondit Sookie d'une voix bien trop joyeuse pour l'état dans lequel elle était.

"N'est-ce pas agréable de recevoir des cadeaux?" soupira Pam. "Surtout offerts par des hommes séduisants." Sookie gloussa mais ne dit rien. Pam sembla réaliser qu'il ne se passerait plus rien d'amusant, donc elle se leva brusquement et annonça, "Je crois que je vais rentrer à travers bois. La nuit est belle. J'ai envie d'en profiter."

Les yeux de Sookie s'écarquillèrent. "Tu vas rentrer à pied jusqu'à Shreveport?"

"Oh! Ce ne sera pas la première fois," répondit Pam en haussant les épaules. "J'ai une jolie foulée." Elle fit quelques pas avant de se tourner à nouveau vers eux. "Au fait, Bill, la reine a appelé Fangtasia pour savoir pourquoi tu ne lui avais pas remis ton travail en temps et en heure. Elle a dit qu'elle essayait de te joindre en vain depuis plusieurs nuits."

"Je la rappellerai plus tard, de chez moi," dit Bill. Il avait recommencé à brosser les cheveux de Sookie, et Eric se demanda pendant combien de temps il pourrait encore le faire avant qu'il ne finisse par arracher les cheveux de Sookie. "Elle sera sans doute heureuse d'apprendre que j'ai fini."

Pendant l'échange entre Pam et Bill, Eric avait serré convulsivement les poings. Finalement, sa colère le submergea. "Tu as failli tout perdre," dit-il à Bill dans un grognement. Tout signifiant Sookie, ajouta son esprit, apparemment malgré lui, et ça ne fit que le mettre encore plus en colère.

Pam partit rapidement, et Sookie eut l'air mal à l'aise.

Bill lui lança un regard noir. "Oui, j'en suis parfaitement conscient."

"Comment as-tu pu être assez stupide pour te remettre avec ce démon en jupons?"

"Hé, les gars!", dit Sookie en agitant la main. "Je suis là, au cas où vous l'auriez oublié." Pas grâce à lui, songea Eric. Il n'allait pas se calmer, pas maintenant, et à en juger par l'expression de Bill, lui non plus. Sookie se leva. "Bon. J'avais espéré ne pas en arriver là, mais puisque c'est comme ça..." Elle se tourna vers Bill. "Bill, je te retire l'autorisation d'entrer chez moi."

Eric sourit avec bonheur alors que les pieds de Bill l'entraînaient hors de la pièce. Sookie avait choisi, et elle l'avait choisi lui - celui qui avait été tout le temps à ses côtés.

Puis elle se tourna vers lui et prononça son nom sur le même ton, et il sut qu'il avait eu tort. Elle les rejetait tous les deux. Comme elle lui l'avait dit dans la voiture, elle ne voulait plus rien avoir à faire avec eux. Et comment lui en vouloir? Il l'entendit à peine prononcer les mots avant qu'une force irrésistible ne le pousse en arrière. Elle les regarda pendant une seconde, côte à côte sous son porche, et leur claqua ensuite la porte au nez.

"Maintenant, on l'a tous les deux perdu," dit Bill.

Eric se détourna de la porte et regarda la toute nouvelle allée. Il s'était promis qu'il ne la laisserait pas le fuir, et il avait été sincère. Quoi qu'il reste de son coeur, il la voulait, et il n'accepterait pas de refus.

"Pas moi," dit-il, puis il s'envola.


Voilà, on passe au tome 4 maintenant... Vous savez ce que ça veut dire :D


Prochain chapitre : Vide

[Mode Saw-v2 ON]

Vous voulez la suite? Moi, je veux des reviews... Vous savez ce qu'il vous reste à faire!

[Mode Saw-v2 OFF]