A/N : Merci pour votre lecture régulière et vos commentaires/messages ! :) J'espère que ce chapitre vous plaira; beaucoup de péripéties ! ;)
Chapitre 12 : Emily. - Ne pars pas.
Elle était resplendissante. Pourquoi je la trouvais si belle alors qu'elle était en train de menacer une autre personne, je ne savais pas; mais je la trouvais absolument magnifique. Elle rayonnait de mille feux sous mes yeux et j'étais tellement fière de pouvoir aujourd'hui la considérer comme ma femme, j'en avais les larmes aux yeux.
On sortit de la maison de cette barge à toute allure, et je vis dans le regard de Naomi qu'elle était encore bien trop énervée pour prendre le volant. Je me désignai donc pour conduire sur le chemin du retour et elle accepta sans me contredire.
C'est en entrant chez nous que je me rendis compte à quel point j'avais envie de l'embrasser. À quel point j'avais envie de la sentir contre moi pour lui faire comprendre que j'étais désolée de ne pas l'avoir crue.
"Naoms, je suis désolée…" dis-je alors qu'elle retirait ma veste.
"Pourquoi ?"
"Ne pas t'avoir écoutée quand tu m'as dit qu'elle ne disait pas la vérité. Je suis tellement désolée…"
"Je t'en ai voulu un moment, c'est vrai." admit-elle. "Mais cette période n'a pas duré. Tu connais la vérité maintenant. À moi de me faire pardonner pour tout le reste."
"Je n'ai pas été juste avec toi non plus."
"C'est du passé, Em." répondit-elle en souriant. "Mais si tu trouves un moyen pour que je pardonne cette part de petite enfant bornée qui est en toi, je n'y verrais aucun inconvénient."
"Je suis une petite enfant bornée ?" dis-je, non sans un sourire.
"Oui, ça t'arrive pas mal ces derniers temps." affirma-t-elle avec un clin d'oeil.
"Je vais voir ce que je peux faire dans ce cas." murmurai-je en m'approchant d'elle.
Mes bras s'enroulèrent autour de son cou et je rapprochai très doucement mes lèvres des siennes en gardant le contact visuel. Lorsqu'elle ferma les yeux, je n'hésitai plus à propulser mes lèvres contre les siennes. Je l'entendis relâcher un souffle sous forme de gémissement et je ne pus contenir le mien lorsqu'elle me rapprocha d'elle en plaçant sa main droite dans le bas de mon dos. Son autre main caressa ma joue; et il ne me fallut pas longtemps avant d'insérer ma langue dans sa bouche au moment où ses lèvres se sont entrouvertes.
Elle me déplaça légèrement pour pouvoir me plaquer (gentiment) contre la porte d'entrée. Ses lèvres attaquaient les miennes avec force et conviction tandis que ses mains caressaient mon dos de façon sensuelle. C'était si bon de la sentir contre moi et de sentir ses lèvres chaudes contre les miennes.
"Je t'aime tellement…" chuchota-t-elle entre deux baisers.
Et je l'embrassai encore. Et encore. Et encore. Je ne pouvais plus m'arrêter. Je savais que le fait d'être enceinte allait accentuer ma libido, mais je ne m'étais pas encore rendue compte à quel point j'avais envie d'elle à ce moment-là. Ses simples caresses me rendaient dingues, et je n'avais qu'une seule envie : qu'elle me fasse l'amour ici et là, sans aucune retenue.
"J'ai envie de toi." dis-je à bout de souffle.
Elle déposa alors des baisers brûlants dans mon cou et j'eus l'impression que mon corps allait s'enflammer la seconde suivante. Je la rapprochai encore plus de moi pour que je puisse ressentir au maximum chaque baiser qu'elle déposait sur ma peau. Elle se détacha de moi presque au même moment et je fus confuse par son geste, en demandant encore.
"J'en connais un qui n'a pas l'air d'accord avec ce qu'on est en train de faire." dit-elle en touchant mon ventre.
J'y déposai aussitôt ma main et sentis que le bébé s'agitait à nouveau à l'intérieur. Je ne pus contenir mon rire et une larme involontaire coula le long de ma joue. Naomi l'essuya délicatement et embrassa mes lèvres.
"Il faut que tu dormes, Em. Le bébé doit être fatigué."
J'avais dormi très longtemps aujourd'hui et je n'étais donc en rien fatiguée, mais j'allais tout de même l'écouter pour la rassurer. Je hochai la tête et pris la direction des escaliers en empoignant sa main. Lorsqu'elle opéra une résistance, je me retournai vers elle, perplexe.
"Tu ne viens pas ?"
"Je pense que c'est mieux si on évite de dormir ensemble ce soir." répondit-elle. "Après ce qui vient de se passer, je ne sais pas si j'arriverais à me contenir encore longtemps. Et je veux qu'on fasse les choses comme il faut."
Malgré ses intentions admirables, j'étais tout de même nettement déçue. Se rendait-elle compte à quel point je la désirais à ce moment précis ?
"D'accord." dis-je, peu convaincue.
"Bonne nuit, Em."
Elle s'avança une dernière fois pour capturer mes lèvres avec les siennes et je ne voulais pas que ce baiser s'arrête, mais elle recula plus tôt que je ne l'aurais voulu, me laissant la voir s'éloigner vers la cuisine.
Arrivée dans notre chambre, je me déshabillai et mis une fine nuisette, car ce baiser m'avait donné chaud. Sachant pertinemment que je n'arriverai pas à dormir, je pris mon carnet et commençai à rédiger…
26/06/17 - Je crois que les choses avancent particulièrement bien avec Naomi. Ce soir a été un tournant capital dans notre relation. Elle m'a prouvé que tout ce que Sophia avait dit et insinué n'était que mensonge, et elle m'a répété combien elle m'aimait. C'était tout ce dont j'avais besoin d'entendre ce soir. Je me rends compte à quel point j'ai été dure avec elle; à quel point elle ne méritait pas ma réaction, que je jugeais aujourd'hui de bien trop exagéré. J'aurais dû l'écouter dès les premiers instants; notre couple ne serait pas dans cet état aujourd'hui… Mais les choses vont changer. Elles doivent changer. Je veux qu'on forme le même couple qu'on était avant. Dans l'intérêt du bébé, mais aussi et surtout parce que je sais qu'une vie sans elle n'est pas envisageable.
Reposant le carnet sur la table de nuit, je me rendis compte que j'avais envie, maintenant encore plus qu'avant, de combler mes désirs sexuels. Ce n'était même plus une envie, c'était un besoin. Si je ne me touchais pas dans l'instant, mon corps allait exploser.
Ma main se glissa donc automatiquement sous ma lingerie et je me retrouvai rapidement entrain de me satisfaire sexuellement moi-même, seule sur notre lit. J'avais d'abord opté pour un rythme lent, mais je me rendis très vite compte que j'avais besoin de jouir le plus rapidement possible, tant mon désir et mon plaisir étaient grands.
Accélérant la cadence, ma respiration commença à devenir lourde et je n'arrivais plus à contenir mes gémissements plus longtemps. Je pris rapidement le coussin à ma gauche et hurlai dedans. Je savais que le bruit sourd ferait probablement écho, mais j'avais besoin de faire ressortir tout ce plaisir qui me submergeait. Plaisir entraîné par la personne qui dormait probablement en ce moment-même à l'étage en-dessous.
Retrouvant calmement ma respiration, je reposai le coussin à sa place et retirai ma main droite de mon entre-jambe en expirant longuement. Je m'allongeai ensuite sur mon flanc, car je commençais à avoir du mal à dormir sur le dos. Fermant les yeux, je ne pensais plus qu'à une seule chose : Naomi.
L'horloge murale annonçait 08:47. Je n'allais probablement pas pouvoir me rendormir, aussi décidai-je de me lever et peut-être pourrais-je préparer le petit déjeuner pour toutes les deux.
Elle dormait encore paisiblement sur le canapé, un bras pendant dans le vide, l'autre plaquée derrière sa tête; à en voir sa position peu confortable, j'avais beaucoup de peine pour elle, car notre lit devait lui manquer.
J'étais donc en train de brouiller les oeufs lorsque je l'entendis remuer sur le canapé. Je ne me retournai pas, mais l'entendis se lever doucement en baillant bruyamment. Je déposai ensuite les oeufs dans une assiette et me tournai vers elle avec un sourire.
"Bonjour." dit-elle, avec une petite voix.
"Bien dormi ?"
"Ça peut aller…" dit-elle. "Et toi ?"
"Euuuh… Oui ! Très bien ! Très très bien, oui !"
Trop enthousiaste, Emily… Tu vas paraître suspecte.
"J'en conclus que le bébé ne t'a pas maintenue éveillée ?" demanda-t-elle en souriant.
"Non, pas le bébé non…" dis-je en me raclant la gorge. "J'ai préparé le petit-déjeuner, tu as faim ?"
Elle hocha la tête en se pinçant les lèvres et je me demandai si elle m'avait entendue hier soir. Je me demandai aussi si j'étais autorisée à l'embrasser ou non, après les baisers échangés hier soir. Probablement que oui, mais j'étais bien trop fière pour faire le premier pas.
"Tu as quelque chose de prévu aujourd'hui ?" demanda-t-elle en attaquant son assiette.
"Je vais faire les boutiques avec Katie, oui. Pourquoi ?"
"Je comptais rendre visite à JJ et Lara…" dit-elle.
"Katie avait l'air préoccupé… Mais je peux toujours passer avec elle plus tard dans l'après-midi ?"
"Ta soeur a sûrement besoin de passer un peu de temps seule avec toi. JJ et Lara comprendront tout à fait."
"Tu es sûre ?"
"Tout à fait." répondit-elle avec un sourire.
Je me retrouvais donc assise en face de Katie dans un café du coin. Elle était anormalement silencieuse depuis son arrivée et je commençais à en avoir assez de lui raconter ma vie. Bien sûr, j'étais heureuse de pouvoir lui raconter ce qui était arrivé récemment avec le bébé et Naomi, mais j'étais, en général, habituée à l'inverse : ma soeur qui monopolisait le dialogue, et moi qui l'écoutais faire son monologue.
"J'ai repéré un magasin pour bébés qui vient d'ouvrir, on pourrait-"
"Katie, qu'est-ce qui se passe ?" demandai-je lorsque je vis qu'elle essayait de camoufler son malêtre.
Elle fixa sa tasse, devenue soudainement intéressante, puis releva doucement ses yeux contenant leurs larmes.
"On a des problèmes concernant l'adoption…"
"Comment ça ?"
"Cook…" commença-t-elle. "Il a… Il a des antécédents judiciaires… Et je n'étais pas au courant jusqu'à ce qu'elle nous déballe son casier judiciaire devant les yeux."
"Il a un casier judiciaire ?! Mais qu'est-ce qu'il a fait ?"
"Il a traîné dans le trafic de drogues étant plus jeune, et pas mal d'autres trucs dont il n'est vraiment pas fier aujourd'hui… Je sais que ce temps-là est révolu, mais… C'est ses antécédents qui nous empêchent d'adopter…"
Alors on discuta de ce problème pendant la plus grande partie de l'après-midi, cherchant à trouver des solutions en creusant ce problème dans le détail. J'avais d'abord peur que cela ne porte atteinte à leur couple, mais Katie m'assura que cet incident n'avait fait que renforcer les liens qui les unissaient.
C'est en rentrant à la maison que je me rendis compte à quel point j'étais fatiguée. Naomi n'était apparemment pas rentrée, je lui envoyai donc un texto pour la prévenir que j'allais me coucher plus tôt que prévu. Sa réponse fut presque immédiate et fit apparaître un sourire sur mes lèvres.
Désolée, je n'ai pas vu le temps passer, Ellie est vraiment adorable :P Je vais rentrer dans ce cas. Je t'aime Emily. xN
En me dirigeant dans la cuisine pour prendre mon petit déjeuner, je remarquai que Naomi n'y était pas et qu'elle n'était pas non plus en train de dormir sur le canapé. Les draps n'étaient même pas défaits et je ne voyais pas sa veste, généralement accrochée dans l'entrée.
Alors que je commençais à sérieusement paniquée en me demandant où elle était, la porte d'entrée s'ouvrit et je fus soulagée en voyant de qui il s'agissait.
"Hey." la saluai-je. "T'étais où ?"
"Qu'est-ce que ça peut te faire ?" demanda-t-elle, sèchement.
Choquée par le ton qu'elle venait de prendre, je ne répondis pas et fronçai les sourcils. Elle monta les escaliers au pas de course en jetant son sac dans l'entrée. Perplexe et énervée, je la suivis pour connaître la raison de son changement soudain de comportement.
"Qu'est-ce que tu fais ?!" m'énervai-je en voyant qu'elle préparait une valise.
"Je me casse; ta présence m'étouffe." affirma-t-elle.
Quoi ?! Mais pourquoi réagissait-elle comme ça tout à coup ?!
"Naomi, qu'est-ce qui se passe ?" m'exclamai-je.
Elle ne répondit pas et ferma la valise. Elle la porta ensuite à bout de bras et passa la porte sans même me regarder. Je restai un moment figée sur place, abasourdie par ce qui était en train de se passer, et me demandant ce qui avait pu la mettre dans cet état.
Je descendis les escaliers la découvris en train de sortir par là où elle avait fait irruption quelques minutes auparavant. Je la suivis immédiatement, bien qu'il m'était difficile de descendre les marches à vive allure.
Elle marchait avec sa valise le long de la rue d'un pas décidé et je la regardais partir en pleurant, incrédule. Je hurlais son prénom de toutes mes forces, la suppliant de revenir. Elle se retourna alors vers moi lorsqu'elle arriva à niveau du carrefour et ses yeux rencontrèrent les miens.
Soudain, tout arriva trop rapidement. Un coup de klaxon retentit bruyamment avant qu'une voiture percute de plein fouet ma femme, qui s'écrasa contre le goudron une dizaine de mètres plus loin. J'essayai de courir, mais mes jambes refusèrent de coopérer. Je ne pouvais que rester immobile devant la scène horrible qui se déroulait devant mes yeux. Je hurlai son prénom lorsque je vis qu'elle ne bougeait plus et que son sang gisait partout autour d'elle.
"NAOMI !" m'exclamai-je plus fort encore, ma voix coupée par les larmes.
Des bras me retinrent par l'arrière et j'essayai de me débattre, car j'avais besoin d'aller la voir, besoin d'aller lui apporter mon aide et d'appeler les secours, mais ces deux mains puissantes me retenaient.
Lorsque je voulus me retourner pour voir de qui il s'agissait, la rue devint soudainement très sombre et le décor changea brusquement. Le sol était devenu étrangement confortable et la lumière du soleil était à présent remplacée par la lumière artificielle d'une lampe de chevet.
"Emily, c'est moi, calme-toi."
"Naomi ?" m'exclamai-je en pleurant toutes les larmes de mon corps.
"Chhhh…" dit calmement la blonde en me prenant dans son étreinte. "Ce n'était qu'un rêve mon amour, calme-toi…"
Elle embrassa ma chevelure et je m'agrippai fermement à elle, continuant de pleurer dans ses bras. Elle caressait tendrement mon dos, mais je n'arrivais pas à me calmer.
"J'ai… J'ai rêvé que… Que tu étais partie…" dis-je, la respiration coupée.
"Je suis là."
"Ne pars pas." ordonnai-je. "Ne me quitte jamais."
"Je te le promets."
A/N: Que dîtes-vous de ce chapitre ? ;)
